Disclaimer : Harry Potter appartient à J. K. Rowling, Avengers appartient à licence Marvel et je ne fais aucun profit sur cette histoire
Rating : Evolutif : T
Genre : Hurt/Comfort, Action, Romance
Crossover : Harry Potter & Avengers
Pairing : Harry x Tony
Warning : Magic!Harry ; Agent!Harry ; Dead!Coulson
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L'Anonyme
Partie 2 - Chapitre 3 : L'Homme en deuil
Novembre 2012
Des nuages sombres s'agglutinaient depuis plusieurs jours et un vent de déprime soufflait sur la Tour Avengers, comme certains journaux l'appelaient. Le morale de ses habitants était au plus bas.
Pourtant un seul d'entre eux n'était plus que l'ombre de lui-même ces derniers temps, toutefois cela touchait tout le monde, bien plus qu'il ne l'aurait cru et bien plus qu'eux-mêmes ne l'auraient crus.
Ensio était en effet étrangement silencieux et même s'il n'avait jamais été très bruyant en temps normal, son silence en était presque pesant. Il était parti ce matin sans donner d'autre explication qu'un congé, laissant derrière lui des Héros en proie à une humeur maussade.
Tony était sûrement celui qui se trouvait être le plus touché par l'attitude de son ami. Il avait essayé de lui en parler, mais ce dernier lui avait demandé du temps. Il lui en avait donné, mais il avait tout de même fini par s'inquiéter. Il ne se souvenait que trop bien de sa dernière déprime, lorsque Pepper l'avait quitté... Il n'avait pas été mieux qu'un zombie et il aurait sûrement plongé dans la dépression s'il ne s'était pas réveillé avec Ensio déjà à ses côtés.
L'Agent du S.H.I.E.L.D. avait été sa bouée de sauvetage, aussi bien pour l'affaire de Pepper, que pour son syndrome de stress post-traumatique. Il avait tellement fait pour lui depuis qu'il avait prit le poste d'assistant, il voulait lui rendre la pareille ! Mais Ensio s'était enfermé dans son silence et dans sa solitude, refusant le contact avec les autres.
Tony reconnaissait un comportement de défense lorsqu'il en voyait un et Ensio ne pouvait pas le tromper. Ce n'était pas comme s'il avait essayé de toute façon de se cacher ou de jouer le jeu. Sa détresse transpirait presque par tous les pores de sa peau, mais il n'avait laissé personne essayer de le consoler. C'était à peine s'il leur avait parlé durant la semaine passée.
C'était sans aucun doute pour cette raison, que lorsque Ensio lui demanda un congé pour la journée, Tony accepta tout de suite, après le choc de l'entendre lui parler. Il avait juste murmuré à son patron et ami qu'il serait chez son père avant de partir.
L'homme connu pour être Iron Man, avait attendu de nombreuses heures son retour. Il ne savait même pas s'il dormirait chez Andrus, ou s'il reviendrait. Son inquiétude n'avait fait que grandir durant ces quelques heures. Il n'avait pensé qu'à cela depuis le départ d'Ensio... Puis il avait craqué. Il en avait eu assez de tourner en rond dans son salon et il avait attrapé son manteau pour descendre le plus rapidement possible jusqu'à son garage.
Il sauta dans la voiture la plus proche et fit rugir le moteur pour s'élancer dehors. En moins de temps qu'il ne fallut pour le dire, il se retrouva dans la rue de la maison des Davis père et fils. Il sortit de son véhicule, sûr de lui, avant de soudain se dégonfler.
Il s'installa contre le capot de sa très chère Audi R8. Tony n'était plus sûr de sa démarche. Il avait l'impression que s'il allait toquer à la porte d'Andrus et Ensio, il franchirait une limite. Une autre mais pas encore la dernière. Il ne serait plus seulement l'employé d'Ensio et son ami occasionnel, il entrerait dans la sphère privée de cette famille. Le voulait-il ? Oui, assurément ! Mais qu'en était-il d'Ensio ?
L'Agent du S.H.I.E.L.D. était très secret et percer ces mystères nécessiteraient plus qu'un peu de jugeote. Tony était très conscient de cela, et qu'il ne pourrait pas juste s'arrêter après avoir tout découvert de son ami. Il savait aussi que sa détermination à forcer les portes qu'Ensio s'efforçait de garder fermer, pourrait aussi bien blesser son ami, que renforcer leur amitié. Pourrait-il prendre ce risque... ?
« Tony ? Tu as besoin d'Ensio pour quelque chose ? »
L'Iron Man n'arriva pas à se retenir de sursauter lorsque le père de son ami arriva derrière lui. Il passa rapidement une main dans ses cheveux qu'il avait un peu ébouriffé, perdu dans ses pensées, pour se redonner une contenance et se calmer un instant.
Andrus lui sourit faiblement quand le génie milliardaire se tourna enfin vers lui. Lui-aussi avait l'air épuisé et mélancolique... Ensio n'était pas avec lui, Tony savait qu'il avait encore une chance de faire demi-tour, de retourner à la Tour et d'attendre son ami, mais... Il ne voulait pas le faire... Il ne pouvait pas laisser Ensio se refermer sur lui-même alors qu'il était là pour lui.
« Pas vraiment mais il n'avait pas l'air bien et... Je m'inquiétais pour lui. »
Le sourire d'Andrus s'agrandit un peu plus, il était cette fois reconnaissant et un peu plus heureux.
« C'est vrai que nous ne sommes pas beaux à voir, lui et moi. » Rigola-t-il, le coeur n'y étant cependant pas. « Viens. Je ne pense pas qu'il soit encore rentré à la maison cela dit. »
Tony le suivit docilement, proposant aimablement de lui tenir les courses qu'il portait, pendant qu'il ouvrait la porte de la petite maison cosy.
Ils s'installèrent tous les deux dans la cuisine, autour de la table carré en bois. Le regard de l'Avengers fit le tour de la pièce fonctionnelle. Il reconnut immédiatement le rangement qu'utilisait son ami dans leur propre cuisine, à travers les portes de verre. Cependant, comme le lui avait annoncé Andrus, il n'y avait aucune trace de l'Agent. Tony s'inquiétait de savoir où il se trouvait en ce moment...
« Il est au cimetière. »
Le milliardaire sentit ses traits se décomposer, ses yeux s'écarquiller et son visage perdre de ses couleurs.
« C'est l'anniversaire de mort de sa mère, ma femme Rhéa... » Continua doucement Andrus, le coeur au bord des lèvres. « Je me suis receuillis ce matin sur sa tombe, mais Ensio a besoin d'y aller seul. »
« Je... Je suis désolé... Toutes mes condoléances... » Murmura Tony, la gorge nouée.
Il comprenait maintenant l'ambiance lourde de la maison et le visage sombre de son ami... Lui-même n'était pas dans son meilleur état lorsqu'arrivait la date fatidique de la mort de ses parents. Il n'avait juste pas pensé à une telle possibilité. Que la femme d'Andrus, Rhéa, ne soit plus de ce monde, n'avait pas été sa première pensée lorsqu'il avait fait connaissance du médecin.
Il semblait si heureux en temps normal. De ce qu'il avait vu d'Ensio et de son père, ils semblaient bien installés dans leur vie juste à deux, et il s'était dit qu'Andrus avait juste divorcé, comme cela se faisait maintenant beaucoup, et qu'il avait élevé seul son fils.
« Cela remonte à un certain temps maintenant. Vingt ans à vrai dire cette année. C'est peut-être pour cette raison que cela nous touche plus que les autres années... Vingt ans... Ça fait beaucoup... »
Tony se contenta de hocher la tête, ses mots refusant de sortir. Il n'était pas très bon pour parler des sentiments et il ne se voyait pas parler de sa propre douleur à la perte de ses parents. Pas à Andrus en tout cas. Ce dernier sembla s'en rendre compte et il lui sourit de nouveau.
« Tu devrais aller le voir. Je pense que cela lui ferait du bien que tu sois là-bas avec lui. »
« Vous avez dit qu'il avait envie d'être seul... Je ne sais pas si... » Fit Tony, indécis.
Il voulait être là pour son ami, il le voulait vraiment ! Mais il ne voulait pas non plus s'imposer... Pas dans un tel moment.
« Il en a besoin. Je ne pense pas être la bonne personne pour le soutenir aujourd'hui, pas dans mon propre état, mais si c'est toi qui y va, ça ira. »
L'homme sous l'armure hésita encore un peu avant d'acquiescer avec conviction. Il prit l'adresse du cimetière et sortit de la maison pour monter dans sa voiture.
Andrus le regarda partir, le soulagement détendant son visage. C'était un jour difficile pour lui-aussi, mais sa vie avec Ensio avait finit par chasser peu à peu sa mélancholie et il s'était concentré sur sa vie avec son fils. Son garçon était sa bénédiction, celle qui lui permettait de vivre sa vie sous son meilleur jour et le voir dans un tel état, était ce qui l'attristait le plus.
oOo
Les Vengeurs avaient finalement décidés de prendre leurs distances, lorsque Tony et Ensio étaient finalement rentrés. L'Agent du S.H.I.E.L.D. n'était toujours pas au meilleur de sa forme, mais ils avaient au moins eu le soulagement de voir qu'il avait accepté de laisser Tony veiller sur lui. Au moins pour cette fois.
Ils avaient donc donnés un peu d'air aux deux amis en cessant d'être constamment sur le dos d'Ensio, même s'ils ne s'étaient non plus montrés intrusifs auparavant. Ils se doutaient que le jeune homme pourrait ne pas l'apprécier.
Ensio leur en était reconnaissant. Sentir constamment leur sollicitude dans son dos, avait été un poids supplémentaire pour lui, car il ne voulait pas les inquiéter. C'était juste plus fort que lui. Il ne pouvait s'empêcher de devenir mélancholique à cette période de l'année. Il regrettait toujours la mort de sa mère qu'il n'avait pas vraiment eu le temps de connaître.
D'ordinaire, il préférait penser aux bons côtés des choses, à ce qu'il avait gagnées et non à ce qu'il avait perdues, mais arriver à ce moment-là, cela ne semblait plus avoir la même importance. De plus, il s'en voulait toujours d'inquiéter son entourage, ce qui n'améliorait pas son état...
Quand Tony était venu le trouver au cimetière, Ensio avait sentit son corps s'alleger. L'homme sous l'armure n'était pas forcément plus costaud que lui, il était au contraire aussi fragile qu'il l'était. Pourtant il s'était sentit mieux. Il n'arrivait pas clairement à l'expliquer...
Voir son père partager sa peine et le soutenir ne lui faisait pas le même effet, sûrement car il ressentait une part de culpabilité et le voir prendre sur son propre chagrin... Tony lui n'avait pas connu sa mère, il n'était pas non plus triste de sa mort pour la personne qu'elle était – il ne l'avait après tout jamais connu – mais plus pour ce qu'elle représentait pour Ensio.
Cela lui enlevait sans aucun doute une partie du blâme qu'il s'infligeait.
« Tu veux que je demande à JARVIS de te commander quelque chose pour te remonter le moral ? Je peux sinon envoyer Happy chercher la glace que tu préfères ? Ou bien Clint tiens ! Pour que tu te venges de toutes les fois où il t'a fait courir jusqu'à l'autre bout de la ville ! » S'exclama Tony, n'arrivant pas à rester sans rien faire.
Ensio sourit, s'amusant du débit de parole du génie. Il lui proposait plein d'idées – certaines franchement loufoques, d'autres très alléchantes – pour lui remonter le moral. Il était d'ailleurs très tenté d'accepter cette glace que Tony lui offrait.
« Je veux bien de la glace. Mais tu me fais bien plus courir dans la ville que Clint. » Précisa quand même Ensio avec un sourire en coin devant l'air offusqué du milliardaire.
Tony était ravi de voir enfin Ensio sortir de son semi-silence – il lui avait répondu lorsqu'il lui posait des questions, mais il ne considérait pas réellement une suite d'onomatopés comme une conversation. Il avait presque été apathique depuis leur retour et il voyait enfin une amélioration. D'ici la fin de la journée de demain, l'homme sous l'armure voulait croire que tout serait fini.
« D'accord, alors JARVIS, il nous faut un pot extra large de crème glacée à la vanille avec des éclats de noix de macadamia caramélisées, la même chose pour du caramel au beurre salé et de la noix de coco au chocolat. »
« Dois-je également prendre un grand pot de glace à la vanille, au caramel et au brownie, monsieur ? »
« Tu lis dans mes pensées JARVIS ! » S'exclama Tony avec un grand sourire enfantin.
Ensio souriait lui-aussi, heureux et gêné à la fois, car son ami se souvenait de ses goûts. C'était un peu bête de sa part de se réjouir pour une si petite chose, mais Tony était son premier ami à y faire attention, en dehors des adultes qu'il avait cotoyé dans sa vie.
Il n'aurait jamais cru que son patron deviendrait un jour son ami, son meilleur ami oserait-il dire ? Il avait toujours une certaine admiration pour le millionaire et il ne pensait pas être un jour à sa hauteur, mais Tony lui avait prouvé qu'il était plus humain que l'image qu'il se donnait et qu'au final ils se ressemblaient plus qu'Ensio ne l'aurait cru.
L'Agent était vraiment heureux de l'avoir comme un ami. Il s'agissait d'un sentiment indescriptible qu'il n'avait plus ressenti depuis très longtemps. Être l'ami de Tony lui faisait un bien fou chaque jour. La complicité qu'ils partageaient ne cessaient de grandir, lui permettant aujourd'hui de le laisser l'aider pour faire face à son chagrin.
« Merci Tony. » Lui dit-il simplement
« Pas de quoi. Si tu t'effondrais, je ne sais pas ce que je ferais sans toi. » Avoua le génie avec un visage crispée.
Il n'était pas trop porté sur les sentiments, ou plutôt il n'aimait pas parler des siens devant les autres. C'était quelque chose avec lequel il avait assez de mal. Il faisait des efforts pour s'améliorer, mais pour l'instant, seul Ensio et Rhodey avaient sû voir sous son masque et ils étaient les seuls avec lesquels il pouvait espérer se laisser aller. Ensio plus que le militaire d'ailleurs, mais sûrement parce que son ami d'enfance ne passait pas autant de temps avec lui que son secrétaire personnel.
Il était donc sincère en disant cela à l'Agent. Il ne faisait pas simplement que plaisanter, pour détendre l'atmosphère, il en pensait chaque mot. Si jamais Ensio devait également partir loin de lui, il s'effondrerait sûrement, définitivement. Il continuerait son travail à la Stark Industries, il continuerait d'être Iron Man, mais il serait impulsif et se mettrait en danger de mort sans y repenser à deux fois. Il se mettrait à brûler sa vie par les deux boûts et il en serait rapidement fini de lui.
Ensio préféra ne pas répondre à sa déclaration. Il savait que Tony ne tiendrait pas le coup, serait la fois de trop pour lui, mais pour l'Agent du S.H.I.E.L.D. aussi quelque part. Cependant il ne savait pas s'il pourrait toujours être aux côtés des Avengers, aux côtés de Tony... Si Fury le destituait de cette mission, peut-être aurait-il le courage de quitter l'organisation et de demander au génie de l'engager officiellement ?
« Bon, assez parlé de malheur, cela porte la poisse. »
« C'est toi qui a commencé. » Répliqua Ensio.
« Eh ! Ce n'est pas moi qui me morfond dans le canapé ! C'est toi qui créé cette ambiance ! »
« Tant pis. » Fit l'Agent en faisant mine de se redresser. « Je vais aller me morfondre dans ma chambre alors ! »
« Non ! » S'exclama de nouveau Tony. « Si tu vas dans ta chambre, je ne saurais pas comment ouvrir la porte pour te suivre ! Or on doit se gaver de glaces ensemble ! C'est nul de le faire tout seul. »
Ensio se laissa retomber dans le canapé en rigolant silencieusement.
« Nous allons donc juste nous contenter de devenir gros en mangeant de la glace ? »
« Non, bien sûr que non. Il faut regarder un film aussi ! De préférence comique. Tu as de la chance, j'ai des chef d'oeuvres français d'exception, avec un acteur qui s'appelle Louis De Funès, il est hilarant, tu vas voir. »
L'Agent ne retint pas son rire cette fois et Tony sourit, fier de lui.
Ils allaient laissés ce soir leurs pensées noires s'envoler et le lendemain, le ciel leur paraitrait déjà moins morose. Ensio savait qu'il ne pouvait pas continuer à pleurer la mort de sa mère. Cela faisait déjà longtemps qu'elle n'était plus là et cela ne devait pas l'empêcher de continuer à vivre. Il serait toujours un peu triste lorsque le mois de novembre arriverait, mais il n'y avait aucune raison pour que cela dure plus longtemps.
Il devait continuer d'avancer, encore et toujours... Comme il n'avait jamais cessé de le faire.
A suivre...
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Et voilà pour ce nouveau chapitre, la suite Vendredi !
