Etape 6 : Apprendre à vous connaître

Elle se retourna pour enfoncer sa tête dans son épais oreiller, un peu plus loin. Elle grogna en entendant tout ce bruit. La boule emmitouflée dans la grosse couverture, laissa passer son bras, tâtonnant sur sa gauche à la recherche de quelque chose. La main sur sa table de nuit, elle attrapa enfin son réveil rouge qu'elle ramena en dessous de son oreiller pour voir quelle heure il était. 08:45.

La boule grogna et se mit à haïr le monde entier. Elle n'avait qu'une envie : se rendormir pour des jours. Pour une fois qu'elle pouvait dormir longtemps et qu'elle en avait vraiment besoin. Elle se releva avec toute la plus mauvaise volonté du monde pour observer par la fenêtre, juste au dessus de son lit, ce qu'il pouvait bien se passer.

Elle fronça ses sourcils et finit tout de même par se lever, en enfilant rapidement un jean et un gros pull en laine blanche. Elle attrapa un élastique et noua ses cheveux dans un chignon rapide avant de sortir. Le temps était doux, contrastant avec les températures des jours précédents.

-Hey ! Qu'est – ce – que tu fais ?! Ce ne sont pas des animaux de compagnie ! Je te l'ai déjà dit. Cria Regina en voyant Henry jouer avec ses chiens qui s'amusaient à lui rapporter une petite balle, pendant que d'autres réclamaient des caresses.

Le petit garçon cessa immédiatement et se leva pour courir vers la jeune femme. Trop occupée à observer le garçon, Regina n'avait même pas remarqué sa mère blonde, assise sur un vieux fauteuil à bascule aux couleurs scandinave, et sursauta lorsque celle – ci se manifesta.

-Désolé. Henry s'est levé super tôt et il a absolument tenu à se balader. Granny en a profité pour nous demander de vous déposer ça. Du coup, on apporte le p'tit déj'. Indiqua la journaliste dans un grand sourire, en montrant ses mains pleines de sacs.

-Bonjour, Regina. Salua Henry.

-Vous vous invitez chez moi si je comprends bien ? Remarqua Regina.

-Yep. Affirmèrent les deux citadins en même temps, tout en entrant dans la maison.

En réalité, ils étaient plus là en opération commando que par hasard. Emma avait confié à Granny avoir dû mal à gagner la confiance de la brune. Si celle – ci lui avait montré différent coin, elle n'avait pas encore pu découvrir ni son métier ni elle – même. Sans compter que dès qu'il y a avait du monde, Regina en profitait à chaque fois pour s'esquiver et éviter à tout prix les caméras. Si bien qu'Emma et August n'avaient encore réussi à ne prendre aucune prise de la brune.

Emma avait fini par se résigner et décider de faire son reportage avec Jefferson, mais l'accident de la veille avortait toutes ses idées. Et elle refusait de faire ça avec Leroy, l'autre musher qu'elle avait rencontré. Il était encore plus brut que Regina et surtout, toujours avec un coup dans le nez.

Granny lui avait alors conseillé de forcer sa présence.

-Tu n'obtiendras rien avec elle si tu ne fonces pas, ma p'tite. Lui avait dit l'aînée. Regina est de ce genre de personne qu'il faut forcer, si tu veux obtenir quelque chose. Rentre – lui dedans. Imposes - toi. Sinon, tu n'obtiendras rien d'elle. Il faut juste qu'elle est un peu plus confiance en toi, qu'elle te connaisse mieux. Je suis certaine qu'elle ne sait rien de toi. Si tu la laisses se contenter de ses préjugés, alors elle refusera de t'aider.

Granny avait donc préparé des croissants et des pains au chocolat, ainsi qu'un repas pour le midi et avait envoyé Emma et Henry les lui apporter en leur ordonnant de ne revenir qu'une fois la mission réussie.

Henry avait appelé cette mission : l'opération confiance.

Henry et Emma avaient un peu traîné, jouant dans la neige et était finalement arrivés. Ils avaient toqué, mais personne n'avait répondu. Ils en avaient déduits que la jeune femme dormait encore, se souvenant encore de son épuisement de la veille, et avaient donc décidé de la laisser dormir, tout en restant dans les parages.

Et voilà qu'il était dans la maison dans la brune. Une petite cuisine ouverte tout au fond à droite avec une grande table en bois parsemé de différente carte se trouvait. Sur la gauche, il y avait un canapé en tissu et de chaque côté de gros fauteuil en cuir, le tout en face d'une très grosse cheminée et d'une petite table basse en gros bois. La maison était à la fois très simple et très rustique, le strict nécessaire.

La brune fit chauffer du lait pour Henry et Emma et se fit un long café noir.

-Vous savez que le café noir comme ça, c'est carrément un truc des gens surbookés dans les grandes villes. Plaisanta Emma.

-Sans mon café, je ne suis bonne à rien et de mauvaise humeur toute la journée. C'est d'ailleurs une habitude que j'ai prise quand je vivais au Texas. Renseigna la brune.

-C'est quoi ? Demanda soudainement Henry en tournant au tourd'une grosse machine posée sur un petit meuble à côté d'une grande bibliothèque de disque.

-C'est un tourne - disque. Indiqua la maîtresse de maison.

-Un tourne - disque ?

-C'est comme un poste radio, sauf que là, au lieu de mettre des CD, tu y mets des vinyles. Renseigna – t – elle en sortant un des disques de sa pochette pour le mettre en route.

-Pourquoi tu n'as pas une radio, alors ?

-Parce que ça ne produit absolument pas le même son. Le crépitement, les sons sont tellement plus purs que sur des disques. Écoute, c'est une de mes chanteuses préférées : Aretha Franklin.

Le disque se mit en route et le temps d'une chanson, un silence tranquille s'installa. Les trois écoutant les notes de la chanteuse. Puis, ils se mirent à manger, Henry monopolisant essentiellement la conversation en posant diverses questions à Regina et en racontant ses aventures à l'école.

Finalement, il demanda à Regina s'il pouvait nourrir les chiens et elle accepta. Elle l'accompagna dans la grande grange qui était située dans la cour, à côté de la maison et ils remplirent un sac de graines (des compléments alimentaires avait – elle expliquée) et des gros morceaux de viande.

Café en main, appuyée sur un poteau en bois, la brune observait Henry nourrir les bêtes, seul. Emma s'appuya de l'autre côté du poteau en bois et observa son fils s'amusait avec les chiens.

-Il vous aime bien, vous savez.

-Je l'aime bien aussi. Il est très gentil et adorable.

-Ouais, il ressemble à sa mère. Répondit la blonde en levant le menton vers le haut, faussement arrogante, faisant rire la brune.

-Et son père ? Où est – il ?

-Aucune idée. Il s'est barré quand j'étais enceinte de 6 mois.

-Désolé.

-Oula, non. J'ai étais, certes, carrément déprimé à l'époque. Mais je sais aujourd'hui que c'était la meilleure chose qu'il pouvait m'arriver. C'était un drogué, voleur et bon à rien. Franchement, s'il est encore en vie aujourd'hui, j'en serai carrément étonné.

-Ça m'étonnes que vous soyez sortis avec quelqu'un comme ça.S'étonna Regina.

-A l'époque, j'avais rien de ce que je suis aujourd'hui. Répondit la blonde qui poursuivit en voyant le regard interrogateur de la jeune femme. J'ai eu Henry à 17 ans. Et à l'époque, j'étais une vraie paumée. Je ne savais pas qui je voulais être, je détestais l'école, le collège et je ne supportais pas mes parents. En gros, j'étais en pleine crise d'adolescence, en pleine crise existentielle. Et puis, j'ai fini par rencontrer Will et j'en suis tombé désespérément amoureuse. Bien sûr, mes parents étaient contre et donc, j'ai continué de le voir. Tous les moyens étaient bons pour aller contre eux. Et puis, quand j'ai eu 16 ans, j'ai demandé mon émancipation. Il avait des contacts, ce qui a permis d'aller carrément plus vite que la normale, et on s'est pris un taudis pourri qu'il payait en vendant sa drogue. Quand j'y pense, je me dis que j'étais vraiment conne : j'étais carrément sa bonne et j'avais pas intérêt à broncher. Quand je suis tombé enceinte, il a rien dit. Il était d'accord. Il a même trouvé ça génial. J'ai trouvé un taf pour pouvoir élever mon bébé. Et puis un soir, je suis rentrée, Will était parti avec mes économies.

-Pfff, typique. Que s'est – il passé ensuite ?

-J'ai d'abord pensé à accoucher sous X. Mais, j'étais beaucoup trop attaché à mon bébé, il m'était impensable de l'abandonner. Alors j'ai rangé mon ego et je suis retourné chez mes parents.

-Comment ont – ils réagit ? Demanda la brune, intéressée parle récit.

-Franchement, je m'étonnerais toujours de leur réaction. Je suis rentrée, ma mère a pris mon sac pour mettre mes habits dans la machine à lavée, elle a fait des chocolats chaud à la cannelle et on s'est tous installés dans le canapé, à regarder un match de base-ball. Mon père en est fan. Et c'est tout. On a passé l'après - midi à faire ça. On en a jamais reparlé. Ils ont étaient là pour moi, alors que je les avais pratiquement reniés. Je m'en suis tellement voulu, que j'ai commencé à partir en dépression. Je me sentais tellement mal d'avoir fait souffrir mes parents, alors que je me rendais compte qu'ils étaient géniaux en fait. J'ai vu un psy qui m'a conseillé décrire mes pensées. Et je me suis mise à écrire, encore et encore. Et j'ai fini magrossesse avec un blog dans lequel j'écrivais tous les jours. August, qui à quatre ans de plus que moi, était en stage au Mirror. C'est le journal dans lequel je travaille. Il est tombé sur mes écrits, les a adoré, les a fait lire et a fait en sorte de me former au métier. J'ai pas fait d'études, j'ai appris sur le tas.

-Vous avez eu de la chance.

-Oui. Répondit Emma tout en souriant en voyant Henry caresser les chiens et leur parler d'on ne sait quoi. Et vous ? Demanda la jeune maman après quelques instants.

-J'ai pas fait d'études, non plus. J'aimais bien aller à l'école ici, ceci dit. Mais, lorsque j'ai eu onze ans, j'ai dû rejoindre ma sœur, qui est en réalité ma demie – sœur, au Texas.

-Oui, Zelena m'en a rapidement parlé.

-J'ai détesté. Je n'avais qu'une envie, revenir ici. Et tous les moyens étaient bon. Comme vous, j'ai fait en sorte d'être quelqu'un d'insupportable en espérant être renvoyé ici. Mais ils ne l'ont jamais fait et j'ai attendu d'avoir dix – huit ans pour revenir. Deux jours après mes dix – huit, on débarquait avec Zelena. Abrégea la brune.

Un nouveau silence s'installa durant lequel les deux femmes observèrent Henry jouer avec la meute. Jusqu'à ce qu'il ne demande s'il pouvait apprendre à diriger un traîneau. Plus ou moins rapidement, Regina accepta, se surprenant elle même. Elle sortie un petit traîneau qui appartenait à Margot, plus à la taille d'Henry et deux autres gros traîneaux. Emma refusa de se prêter à cette activité, ayant bien trop peur, mais elle finit par accepter sous les yeux de chiens battus des deux bruns.

Regina montra à Henry comment enfiler les harnais aux chiens et comment les attacher. Le petit était très appliqué et intéressé. Puis elle attela les huit autres chiens. Elle avait décidé que quatre chiens par traîneau suffiraient pour une petite balade comme celle qu'elle voulait faire. Regina leur montra comment faire pour guider leurs chiens et expliqua rapidement les termes qu'il fallait employer : mush pour partir, gauche, droite, stoppour s'arrêter, ho pour ralentir, on by pour accélérer.

Et bientôt, ils se préparèrent à partir. Pieds sur les patins, mains serrer autour du guidon, le cœur battant la chamade. Pour l'un d'excitation, pour l'autre de peur. Et ils se mirent en route. Les dents crispées, les mains crispées, le ventre crispé. Le corps tendu, autrement dit, Emma tenta de suivre son fils et la musher qui commençaient à sérieusement la semer. Elle n'était pas à l'aise et plus ils s'éloignaient, moins elle se sentait en sécurité. Tout l'inverse d'Henry, qui lui, était littéralement aux anges. Ils avaient l'impression de voler, comme le père Noël. Il suivit Regina qui s'arrêta un peu plus loin après un petit virage. Henry arriva freina assez brusquement et ils attendirent Emma. Regina la vit arriver à toute vitesse et récupéra Henry dans ses bras à la dernière minute, le traîneau de sa mère se renversant sur le côté, dans le virage. Les deux bruns coururent vers la jeune blonde et Henry ne put s'empêcher de rire à l'air béat de sa mère, de la neige plein les cheveux et un peu sonnée.

-Vous allez bien ? Demanda la brune avec un grand sourire entendant sa main vers la blonde.

-Ouais, merci. Grogna Emma en acceptant la main de Regina. Mais plus jamais je remonte dessus.

-Quand on tombe de traîneau, la meilleure chose à faire est de remonter immédiatement sur ses patins. Récita la musher.

-C'est quand on tombe de cheval, la meilleure chose à faire est deremonter immédiatement en selle. Se moqua le petit garçon.

-Tu as déjà vu des cheveux, ici ? Demanda Regina.

Le petit garçon secoua négativement la tête tout en continuant de rire. Et Regina reprit :

-Vous êtes beaucoup trop tendu. Les chiens le sentent, et vous, vous empêchez le traîneau d'être libre de ses mouvements. Venez. Dit Regina en tirant Emma jusqu'à son traîneau après avoir relevé le traîneau renversé.

Elle positionna Emma sur ses patins et se mit derrière elle, collée dans son dos. Emma sentit sa respiration se bloquer en sentant le souffle chaud de la brune dans son cou et ses joues s'échauffer.

-Vous placez vos mains ici et vous vous détendait. Ils connaissent la route, ils connaissent le traîneau. Nous, on ne sert qu'à les encourager et à les aider pour certains efforts, mais ce sont eux qui nous guident en réalité...Respirez et fermez les yeux. Emma obéit. Mush !

Les chiens se mirent tous en route sans exception et Emma bloqua sa respiration. Elle se détendit doucement en entendant les paroles rassurantes de Regina derrière elle. La jeune femme lui demanda d'ouvrir les yeux et elle le fit. Son cœur se serra doucement et des picotements apparurent dans son bas ventre. Elle ressentie une plénitude supérieure à celle qu'elle avait pu ressentir la dernière fois qu'elle était monté à traîneau. Elle se laissa totalement guider avec l'impression de survoler la neige à une vitesse folle. Elle baissa la tête pour voir si ses pieds étaient toujours sur terre. Oui. Impossible. Elle se sentait plus que jamais libre. Ils retournèrent tous à grande vitesse jusque chez Regina et c'est totalement euphorique et déçue à la fois, qu'Emma descendit du traîneau.

-Putain ! Okay, c'était vraiment génial ! S'exclama Emma sous le regard rieur de la grande brune.

Pendant qu'Henry et Regina s'occupaient de la meute, Emma en profita pour sortir sa petite caméra afin de les filmer tous les deux. Henry était vraiment passionné par cette nouvelle vie. En réalité, loin de sa famille et de ses livres, il ne connaissait pas grand chose de la vie. A 11 ans, rien de plus logique. Mais il n'en demeure pas moins, que l'enfant découvrait ce nouveau monde avec les plus grands yeux du plus grand explorateur. Il vivait enfin une aventure géniale, dans sa vraie vie et non dans ses livres. Et puis, il ne savait pas vraiment pourquoi, mais il adorait passer du temps avec Regina. Il était de nature à s'attacher et s'enticher de tout le monde, mais la brune l'occupait vraiment. Tout comme Emma, qui ne pouvait s'empêcher d'observer la jeune brune, elle se sentait plus qu'attirer par cette native ténébreuse.

Et pour tout dire, et même si Regina ne l'avouerait jamais, elle adorait aussi passer du temps avec ces citadins. Elle aimait beaucoupHenry et Emma l'attirait également beaucoup.

La journaliste rangea sa caméra et partie rejoindre son fils qui avait du mal à rouler une corde. Emma l'aida et ils discutèrent un petit moment ensuite, ne retrouvant pas la brune. Une chose en entraînant une autre, ils se retrouvèrent dans une bataille de neige au milieu de la cour. Les boules fusaient de partout et si vite que la mère et le fils avaient à peine le temps de voir où ils jetaient leurs boules, s'abaissant immédiatement après. Si bien que Henry lança une boule et loupa sa première cible, sa mère. La boule atteignit une seconde cible : Regina.

Le musher fut saisi de surprise par le froid de la boule qui venait de s'écraser tout droit sur son visage. Les deux comparses s'arrêtèrent. Plus un cil ne bougea. Attendant la réaction de la jolie brune. Henry mordit l'intérieur de ses joues ne sachant pas vraiment s'il était heureux ou inquiet d'avoir lancé cette boule. Il regarda la brune monter lentement ses mains à son visage pour l'essuyer tout en fronçant durement les sourcils. Henry joignit ses deux mains et baissa la tête, persuadé qu'il allait se faire gronder. Mais ce fut à son tour d'être brusquement surpris par une boule, non deux boules à la suite, qui s'écrasèrent sur lui. Puis une troisième et une quatrième avant qu'il ne sorte de sa torpeur et ne se mette à courir. Il n'avait pas vu, en baissant les yeux, le clin d'œil de la brune à la blonde. Les deux femmes s'étaient entendues discrètement et s'étaient avancées vers le petit, tout en formant leurs boules et partir à l'assaut. Désormais, elles couraient derrière le petit garçon qui hurlait à l'aide. Il sauta au dessus de ce qui semblait être une plaque de glace et partis se cacher derrière une grosse meule de paille. Regina, qui le talonnait, n'avait vu la plaque qu'au moment où elle vit le garçon sauter, mais il était trop tard pour s'arrêter. Un pied à peine de posé sur la plaque qu'elle tomba à la renverse. Emma essaya bien de la rattraper, mais elle ne réussit qu'à suivre la brune. Dans un bruit sourd, elles s'écroulèrent.

Les yeux dans les yeux, poitrine contre poitrine, leur souffle se mélangeant, elles se figèrent à nouveau un instant. Perdues dans les prunelles de l'autre. Leur regard dérivait sur les lèvres de l'une. Emma n'avait jamais remarqué à quel point les lèvres de Regina étaient rouges et pulpeuses. Regina n'avait jamais remarqué à quel point les lèvres d'Emma étaient rose et alléchantes. Les deux femmes n'avaient jamais remarqué à quel point elles étaient attirées par ces lèvres. Ces lèvres qui semblaient aussi douces que sucrées. Ces lèvres appétissantes. Ces lèvres ...

-Bon, vous êtes collées ou quoi ? Demanda le petit brun, mains sur les hanches, faisant sursauter les deux femmes.

Emma se leva rapidement, manquant de glisser à nouveau et Regina en fit de même. Leur regard se recroisa et Emma rougit violemment tandis que Regina faisait demi – tour, les jambes flageolantes.

-Tu vas où ? Demanda Henry.

-J'ai faim. Répondit la brune sans se retourner, voulant fuir la blonde et les sentiments qu'elle ne comprenait pas.

-Cool. Moi aussi. Répondit le petit garçon en rattrapant Regina.

-Euh, qu'est – ce – que tu comptes faire, là ? Demanda labrune, sceptique.

-Bah, on va manger. Sourit le petit garçon en courant jusqu'au porche pour retirer ses grosses bottes et entrer dans la maison.

-Je suis désolé, je ne sais pas ce qui lui prend. Il vous aime bien et prend carrément ses aises. Désolé, je le récupère et on part. S'excusa Emma en partant elle aussi devant Regina.

La brune s'arrêta un instant pour regarder la tête blonde s'engouffrer dans le chalet. Son chalet. Elle avait la nette impression de perdre le contrôle face à ces deux – là et elle ne savait vraiment pas si c'était une bonne chose ou non. Ceci dit, leur présence lui faisait du bien. Elle n'était pas vraiment seule au monde avec ses amis et familles qui s'invitaient souvent, mais elle avait l'impression d'être encore moins seule avec Emma et Henry. Comme s'ils comblaient un vide dont elle n'avait pas totalement conscience. Elle sourit et rentra à son tour dans sa maison, surprenant Emma qui demandait à Henry de se rhabiller pour s'en aller. Elle allait le regretter, elle en était sûre, mais une Regina qui ne répond pas à l'inconnu n'est pas Regina. Alors, elle se lança ...

-J'ai pas grand chose à manger, mais je peux faire des pâtes. Ça te va, Henry ? Demanda Regina, l'air de rien en se dirigeant vers la cuisine.

-Oui carrément. Est – ce – que tu as de quoi faire des pâtes carbonara ?

-Peut - être, je ne sais pas ce que c'est.

-Quoi ?! S'exclamèrent les deux Nolan en écarquillant tant les yeux qu'ils étaient à deux doigts de sortir de leur orbite.

-C'est pas possible. S'étonna plus encore Henry.

-C'est pas vraiment un plat d'ici. Se justifia la brune.

-Ouais, mais là, navrée de vous dire Regina, que vous avez raté votre vie si vous n'avez jamais tenté les pâtes carbonara. Répliqua vivement Emma, toujours sous le choc. On ne plaisante pas avec la nourriture !

-Bon et qu'est – ce – qu'il faut pour ce fabuleux plat ?

-Des pâtes, bien sûr, des lardons, des oignons, de la crème fraîche et des œufs. Cita Henry en comptant sur ses doigts.

-J'ai pas d'œufs.

-Tant pis, on fera sans. Décida Emma en remontant ses manches.

-Mmh. D'accord. Mais je vais me changer avant, je suis trempé. Si vous voulez vous changer, j'ai de quoi. Proposa Regina.

-Ouais, je veux bien.

Regina donna alors un jogging à Henry qui appartenait à Margot et prêta un leggings à Emma. Emma quant à elle, ne put s'empêcher de laisser échapper un raffiné « putain » en voyant Regina arriver, elle aussi dans un leggings noir moulant parfaitement ses formes, qui tressait ses longs cheveux noirs en une seule tresse. Elle attrapa un long gilet en laine blanche et rouge aux motifs aztèques et l'enfila.

-Bien, alors qu'est – ce – qu'on fait ? Demanda - t - elle.

Et les trois mirent la main à la pâte pour ne pas dire autrement. Tout en riant et en racontant des anecdotes de chez eux, Emma expliqua la recette et toutes les histoires de famille autour de ce plat. Une quarantaine de minutes plus tard, ils étaient tous attablés pour manger. Les deux Nolan observèrent attentivement Regina prendre sa première bouchée, impatients et stressés de connaître le verdict de la jeune femme.

-Alors ? S'impatienta Henry, Regina les faisant languir.

-C'est pas mal. Répondit négligemment la brune.

-Pas mal ?! Vous vous moquez ou vous êtes folle ?

-Je vous remercie. Ironisa Regina. Bon d'accord, c'est vraiment très bon. Abdiqua Regina après les avoir fait mariner encore quelques instants.

-Pfff. Vous êtes difficile. C'est pas bon. C'est génial, extraordinaire, époustouflant. Râla Emma faisant ricaner Regina.

Ils mangèrent tranquillement, Regina renseignant Emma sur quelques notions de survie, comme par exemple le fait de faire le moindre effort possible lorsque l'on est piégé dans le blizzard afin de ne pas transpirer. La transpiration était une des choses les plus dangereuses, notamment quand les températures avoisinent – 50°. Emma quant à elle, raconta un peu son reportage et Henry fut ravi de raconter tout ce qu'il avait pu découvrir.

-D'ailleurs, je ne sais même pas d'où vous venez. Remarqua Regina après qu'Henry avait expliqué que le samedi après - midi, ils passaient régulièrement chez le meilleur vendeur d'hot - dog de toute l'Amérique, en toute objectivité bien entendu.

-On vient de Boston. Répondit Henry.

-Ah oui. C'est vraiment la grande ville, alors. Remarqua Regina en grimaçant.

-Ça, c'est sûr que par rapport à ici, c'est une ville immense. La différence est radicale. Répondit Emma.

-Au moins, vous voyez la vraie nature, ici. Loin de tout.

-Y a pas plus loin que Storybrooke. Ironisa la blonde. Mais la ville à ses charmes aussi, vous savez. C'est beau et grand, avec plein de couleurs. Et la nuit, c'est encore mieux. Quand vous allez à Franklin Park, c'est vraiment génial. Les lumières qui se répercutent sur le lac, les quelques jeunes qui jouent au frisbee.

-T'auras qu'à venir nous dire bonjour à Boston et on pourra te faire visiter tous les plus beaux endroits de Boston. Tous nos endroits préférés. Proposa Henry.

-C'est gentil, mais non. Refusa gentiment la brune.

-Pourquoi ?

-Je n'ai pas envie d'y aller. Je n'aime pas ça et je ne suis vraiment pas à l'aise dans les grandes villes. Plus loin j'en suis, mieux je me porte.

-C'est dommage. Soupira le petit garçon déçu avant se lever afin d'aller dehors.

-Henry... Appela Regina en commençant à se lever, comprenant qu'elle avait blessé le petit garçon.

-Laissez. L'arrêta Emma par le bras. Il est juste déçu.

-Je ne voulais pas le blesser. Je suis désolé, Emma.

-Non, c'est bon. Ne le soyez pas. Henry s'est juste beaucoup attaché à vous et il n'a pas envie de vous laisser, c'est tout.

-Je l'aime beaucoup aussi. Il est vraiment génial.

Elle s'était finalement attaché au petit garçon plus que prévu. Et elle savait qu'elle serait déçue et triste lorsqu'il(s)partirai(en)t.

-Il est bientôt 16:30 et je voulais passer un peu de temps avec Jefferson. Mais peut – être que ce soir, vous pourriez revenir ici et nous pourrions manger ensemble. Proposa la brune, espérant se rattraper un peu.

-J'accepte. D'accord. A quelle heure devons nous revenir ?Demanda Emma, ravie de passer à nouveau plus de temps avec la brune.

-Je ne sais pas, disons 19:30. Si je ne suis pas encore revenue, entrez directement. Je ne ferme jamais. Informa Regina tout ensortant, suivie d'Emma.

-Vous ne fermez jamais à clef ? Demanda Emma, surprise.

-Y a jamais personne, encore moins des voleurs.

-Nan mais, même si y a personne. Ça ne veut rien dire. C'est dangereux, vous êtes folle.

-On croirait entendre ma sœur. Rétorqua la brune en levant les yeux aux ciel. Et puis j'ai dû perdre les clefs, il y a quatre ans.


Tandis que Regina était partie rendre visite à Jefferson, Emma en profita pour continué à écrire sa voix off pour son reportage. Henry quant à lui, lisait un livre au comptoir du Granny's, toujours déçu.

-Hé ben, alors gamin. Tu en fais une tête. Ton livre est si chiant ? Demanda Ruby en s'accoudant sur le comptoir, la tête dans ses mains.

-Si, il est bien. Répondit - il simplement.

-Alors pourquoi tu fais cette tête ?

-Quand on sera tous partis, vous allez nous oublier ?

-Non, pourquoi ?

-Ca veut dire qu'on se verra à nouveau ?

-Ca ne veut pas dire ça. Ca veut juste dire qu'on vous gardera dans nos cœurs.

-Mais moi, je veux pas partir. Je veux rester ici. C'est trop génial.

-Tu pourras toujours revenir. On serait ravis de vous revoir.

-Regina m'a dit qu'elle ne voulait pas venir nous voir à Boston.

-Et c'est ça qui te perturbe ? Demanda la serveuse.

-Je pensais qu'on s'entendait bien. Dit - il tristement.

-Oh, mais crois moi, c'est le cas. Le problème, c'est qu'elle a peur. Et oui. Dit - elle en voyant les grands yeux étonnés du garçon. Ça t'es déjà arrivé d'avoir si peur, que tu es incapable de passer au - dessus ?

-J'ai super peur des araignées. Comme maman. Dès que y en a à la maison, maman appelle papi pour qu'il s'en débarrasse. Dit - il en riant, sachant lui - même la situation drôle après coup.

-Et ben voilà. Regina, elle, c'est des villes dont elle a peur. Les grandes villes, leur effervescence, c'est son araignée. Tu comprends ?

Le petit garçon hocha la tête, se sentant bien sachant désormais que ce n'était pas lui qui repoussait la brune. Il se remit à lire un petit quart d'heure jusqu'à ce que Margot ne vienne lui demander s'il souhaitait faire du hockey. Il alla chercher sa mère qui le suivit jusqu'à la dite patinoire. À vrai dire, c'était simplement un petit lac gelé entouré de gradins mobiles sur lequel quelques enfants et couples patinaient ou jouaient au hockey.

Margot leur donna à tous les deux une paires de patins et sortit les siens de son sac.

-Vous avez déjà fait du hockey ?

-Jamais. Mais avec maman, on patine chaque année, à Noël.

-Cool, c'est pas compliqué, tu vas voir. Mais mettez ça, quand même. Dit - elle en tendant deux casques afin de protéger leur visage d'un palet perdu.

Ils allèrent au fonds de la patinoire, là où plusieurs autres jeunes s'entraînaient et Margot leur expliqua les règles avant de commencer à jouer. Ils jouèrent à trois durant une heure, s'adaptant à la glace et au maniement de la crosse. Jusqu'à ce que d'autres ne se joignent à eux. Finalement, ils firent un petit match, enfants contre parents. Les adultes gagnèrent haut la main (tout en trichant haut la main, également).

Puis Emma et Henry rentrèrent se changer et repartir au chalet de Regina Mills. Comme prévus, ils arrivèrent alors que personne n'était encore là. Puisqu'il faisait noir et froid, Emma et Henry entrèrent et se permirent même de raviver la cheminée. Ils auraient bien fait un tour du propriétaire, mais il y avait si peu de chose qu'en quelques secondes, ils en avaient fait le tour.

-Oh, vous êtes déjà là ! Je suis désolé, mais Jefferson n'en finissait plus de parler. Déclara Regina entrant en trombe chez elle.

-Pas de soucis. Vous nous aviez prévenus de toute façon. Déclara Emma en se levant du canapé. Comment va Jefferson ?

-Oh, très bien. Les calmants le font un peu délirer, ceci dit. Marmonna la brune en levant les yeux au ciel, se souvenant de quelques divagations de Jefferson.

-On avait voulu faire réchauffer les lasagnes que Granny nous avait passée ce matin, mais je me suis rendu compte que vous n'aviez pas de four. Remarqua la blonde, passant une main nerveuse derrière sa tête.

-Comment tu fais pour faire réchauffer des plats ? Demanda Henry, agenouillé sur le canapé, les coudes sur l'appui - tête.

-J'ai une gazinière et sinon, je fait ça à la cheminée.

-À la cheminée ?

-Oui. Tu n'as jamais mangé autour d'une cheminée ?

-On n'en a même pas à la maison.

-C'est à mon tour, donc, de vous dire que vous avez raté votre vie tous les deux. Déclara Regina en se dirigeant dans sa cuisine pour récupérer le plat de lasagne.

Elle fit demi - tour pour rejoindre Henry et Emma qui l'observaient et sortit une grosse boîte en métal de sous la cheminée où elle y mit le plat. Elle referma la boîte qu'elle mit au milieu des cendres et y déposa une bûche par - dessus.

-Et voilà, comment je fais. La chaleur va tourner autour et réchauffer le plat. Expliqua - t - elle.

-Trop bien. S'émerveilla Henry.

-Qu'avait - vous fait cet après - midi ? Demanda le musher en s'asseyant sur le canapé, aux côtés d'Emma.

-J'ai un peu travaillé et ensuite Margot nous fait découvrir les joies du hockey. Expliqua Emma.

-Cool. Et ça vous a plus ?

-Oui, c'était super. J'ai réussi à marquer un but !

-Vraiment ? Bravo Henry.

-Vous faites du hockey, aussi ?

-A moins d'être trop vieux, tout le monde sait faire du hockey par ici. Dès qu'on est en âge de tenir sur nos pattes, on reçoit nos premiers patins. C'est même un cours à l'école. Expliqua Regina.

-J'aimerais bien faire ça aussi à l'école.

Ils continuèrent un peu à parler du hockey jusqu'à ce que le repas soit prêt. Pendant que Regina sortait le plat de la cheminée, Emma alla chercher les assiettes, couverts et verres, là où Regina lui avait indiqué pour les déposer sur la petite table basse. Ils mangèrent dans le salon, Regina leur expliquant les règles du hockey. Puis, en dessert, Regina sortit trois grandes piques avec un sachet de chamallows qu'ils firent fondre autour de la cheminée.

C'était étrange de voir de quelle façon le courant passait si bien. Comme si, ils se connaissaient depuis toujours. Henry finit par revenir sur son incontournable Harry Potter, n'en revenant toujours pas que Regina n'ait jamais vu son héros favori. Sans même vraiment s'en rendre compte, Regina proposa de voir le premier volet. Elle sortie son vidéoprojecteur qu'elle projeta sur sa cheminée et enroulés dans un plaids, ils regardèrent le film. 2h39 plus tard, le second se mettait en route, les trois acolytes captivés par ce monde féerique.

Lorsque le second se termina, les deux femmes décidèrent de s'arrêter là.

-Il s'est endormi. Sourit Emma, assise par - terre, caressant la joue de son fils.

-Il est tard.

-Oui. Merci pour cette superbe journée. C'était vraiment bien.

-Oui, j'ai trouvé ça très agréable aussi. Déclara Regina en s'asseyant à côté d'Emma.

-On n'est pas si horrible que ça, vous voyez. Plaisanta Emma en donnant un léger coud d'épaule à Regina.

-C'est vrai. Et je tiens à m'excuser pour mon comportement un peu froid. J'ai souvent tendance à juger assez vite les gens et à mettre tout le monde dans la même catégorie.

-C'est ce que Granny m'a dit.

-Granny parle trop.

-Zelena aussi.

-Elles sont chiantes, vraiment. Soupira lourdement Regina en laissant tomber sa tête en arrière. J'adorais vivre, ici. Jusqu'à mes onze ans, je n'étais jamais sortie de l'Alaska. À la mort de mes parents, j'ai vécu quelques temps chez Granny, mais un jour, les parents de Zelena ont envoyé une assistante sociale pour que je vienne chez eux. Légalement, je leur revenais. Livra - t - elle en levant les yeux aux ciels sur les derniers mots.

-C'est un terme un peu bizarre pour dire qu'ils vous voulaient.

-Parce que ce qui était le plus attrayant, c'était l'argent qu'il allait recevoir en m'accueillant. Je me souviens de la première fois où j'ai débarqué dans cet énorme aéroport. Je me suis sentie immédiatement écrasée. Je n'avais jamais vu autant de monde. Les parents de Zelena vivaient dans un ranch, donc c'était assez calme. Mais à l'école, c'était plutôt dur, je n'avais pas les mêmes codes ni les mêmes références. Et Zelena et moi on se détestais.

-On ne dirait pas aujourd'hui.

-Et bien, Zelena était jalouse de moi. Elle pensait que j'allais prendre sa place. Et moi, je la trouvait méchante et par principe, je me suis mise à détester tout le monde ne venant pas de chez moi. Jusqu'au jour où j'ai découvert que si moi, je bénéficiai de l'indifférence la plus totale de la part des parents de Zelena; Zelena, elle, bénéficiait des coups que pouvait lui infliger son père et des moqueries de sa mère parce qu'elle était rousse. J'ai dû passer un an sans m'en rendre compte. Et un jour, je me sentais vraiment mal et j'étais terrifié. Je perdais du sang et je me suis fait tout un tas de film. Alors je me suis décidé d'aller les voir.

-Vous ne viviez pas dans la même maison ? Demanda Emma effarée.

-Non, jamais de la vie. Ils ne m'ont pris juste comme ça, mais ils m'ont détestais dès mon arrivée. Surtout la mère de Zelena pour la simple et unique raison que mon père avait préféré ma mère à elle. Ils s'étaient rencontrés dans un salon agricole je crois et sont sortis ensemble. Puis mon père a préféré retourné auprès de son véritable amour, ma mère. Il a jamais su qu'il avait eu une fille. Du coup, je vivais au - dessus de la grange. Mais c'était carrément mieux ainsi.

-Je ne comprendrais jamais comment des gens peuvent faire ça. Surtout si c'est pour ensuite maltraiter son enfant.

-Je ne comprends pas non plus. Je disais donc, lorsque je suis arrivée dans la maison je suis tombée sur Zelena en boule dans le salon pendant que son père la fouettait avec sa ceinture. J'avais jamais vu ça de ma vie, je ne pensais même pas que ça pouvait exister. Je n'ai pas réfléchi et je me suis jeté sur son père pour qu'il s'arrête. Je me suis battu avec lui et il m'a jeté en arrière, je me suis cogné la tête tellement fort que j'ai perdu connaissance. Lorsque je me suis réveillé, j'étais dans ma chambre et Zelena dormait à côté de moi. J'ai veillé toute la nuit sur elle et au matin, on a parlé. C'était la première fois qu'on se parlait vraiment. Elle m'a rassurée en me disant que je n'allais pas mourir, mais que j'avais simplement mes premières règles. Après ça, on a commencé à s'entre - aider. Je l'aidais dans toutes les tâches qu'elle devait faire afin que ça aille plus vite et qu'elle ne se fasse pas gronder et elle, me ramener à manger et me protégeait à l'école ou lorsque je faisais des crises d'angoisse.

-Et vous avez débarqué, ici.

-J'ai économisé tout ce que je pouvais et j'ai attendu d'être majeure pour pouvoir partir. Zelena est restée avec moi afin qu'on parte ensemble. On a économisé durant des années pour pouvoir partir, mais aussi survivre ensuite. Le jour de mes dix - huit ans, on est partis sans se retourner. Sans aucun regret. C'est Jefferson qui nous a récupérer à l'aéroport et on s'est installées ici.

-C'est la maison de votre enfance ?

-Oui. J'ai racheté des chiens de traîneaux et petit à petit, j'ai créé mon élevage. Cette fois ci, c'est pour Zelena que ça était dur. Elle n'était pas du tout habitué au climat et ne savait pas vraiment quoi faire. Jusqu'à ce qu'elle fasse nos propres habits et équipements afin d'économiser un maximum. Elle s'est révélait super douée et Jefferson et Leroy ont passés commande et petit à petit, elle s'est retrouvée à faire des habits pour tout le monde. Gratuitement.

-Gratuitement ?

-C'était un service. Et puis, le jour de son anniversaire, avec l'aide de la ville, je lui ai offert sa boutique. Et elle a créé sa marque.

-C'est vraiment cool, d'avoir pu se reconstruire ainsi.

-Oui.

-Et vous ? Vous n'avez personne ? Jamais voulu avoir d'enfant ?

-J'ai quelques conquêtes, mais rien de bien sérieux. Le rêve de Zelena était de se marier et de fonder sa famille. Ca n'a jamais été le mien. Je n'ai jamais voulu d'enfant et encore moins me marier. Mes chiens sont ma famille, mes enfants de toute façon. Et vous ? Pas de mariage ?

-J'aurais bien aimé. Mais ce n'est probablement pas fait pour moi ces trucs là. J'ai Henry et c'est bien comme ça. Après si ça frappe à ma porte, je ne la fermerais pas. Mais, moi non plus, je ne vis pas pour ça.

-Tant mieux. Sortis Regina sans vraiment sans rendre compte.

-Pourquoi ? Souffla Emma dans les yeux chocolat, le regard plus proche que jamais.

-Parce que. Abrégea la brune. Bon, il est tard et vous n'allez pas rentrer. Venez, je vais vous conduire dans la seconde chambre. Déclara Regina en se levant brusquement.

Elles firent le lit ensemble, en silence. Puis Regina laissa Emma pour partir, elle aussi, dormir. Toutes les deux, dans la même maison, mais dans une chambre différente, elles imaginèrent ce qu'il pourrait bien advenir si elles étaient dans la même chambre.

Que se passait - il exactement ? Pourquoi se sentaient - elles si mal à l'aise et si bien à la fois, lorsqu'elles étaient si proches ? Pourquoi leur cœur battait si vite ? Pourquoi toutes ses questions, d'ailleurs ?

Cela ressemblait fortement à un de ces scénarios banals de films à l'eau de rose. Mais ce genre de scénario n'est qu'une invention de quelques romantiques, n'est ce pas ? Ça n'arrive pas dans la vraie vie...

C'est avec toutes ces questions qu'elles finir par s'endormir, apaisées. Un sommeil doux et protecteur ...

Jusqu'à être réveillé en sursaut par un énorme tambourinement.