Voici le nouveau chapitre ! Il y a pas mal de "flash-back" dans ce chapitre et dans les prochains, c'est pour mettre un peu en place l'histoire. J'espère que ce chapitre vous plaira ! Bonne lecture à tous :)

-Rose, viens par ici chérie.

La jeune fille en pleurs s'approcha de nous après avoir entendu la voix de sa mère.

-Papa m'a encore dit des choses méchantes, pleurnicha-t-elle entre deux sanglots.

-Ma puce, tu sais bien que ton père ne le pense pas, il est stressé depuis qu'il travaille au ministère.

-N'écoute pas ta mère Rosie, ton père est un idiot. Viens dans les bras de tante Ginny.

-Ginny ! S'exclama Hermione, choquée.

-Tu sais bien que j'ai raison, répondis-je en berçant délicatement la petite fillette, Ron vient à peine de partir au travail qu'il rend déjà ta fille malheureuse. Il vous rend malheureuses…

Le regard d'Hermione s'embua, les larmes lui montèrent aux yeux.

-Mon amour, tu sais tout ce que je donnerais pour être à sa place… Il a tellement de chance de vous avoir, murmurais-je doucement.

Hermione me fit un petit sourire triste et regarda Rose qui s'était endormie dans mes bras.

-Il n'y a que toi qui arrive à la calmer… Pourtant je ne sais pas comment elle fait pour s'endormir alors qu'elle n'est debout que depuis une heure.

-Elle n'a pas fermé l'œil de la nuit, elle vous a entendu vous disputer toi et mon crétin de frère hier soir. Je vais la coucher, tu viens avec moi ?

-Non, je vais nous préparer le petit déjeuner.

- Hors de question ! Ce n'est pas parce que tu dois faire la boniche pour mon frère qu'il en sera de même pour moi ! Tu as 22 ans, tu es une femme brillante et le seul rôle que tu tiens c'est celui de femme au foyer pour un idiot qui ne travaille au ministère que parce qu'il a été pistonné par notre père ! Je vais coucher la petite, je reviens.

Une fois ma tirade terminée je m'étais dirigée dans la chambre de Rose et l'avais posée doucement dans son lit pour ne pas la réveiller. Hermione m'attendait, assise sur le canapé. Elle pleurait, une fois de plus. Elle n'aimait pas mon frère, elle m'aimait moi mais ce n'est qu'après être sortie avec lui qu'elle s'en était rendue compte. Pendant un moment elle avait caché ses sentiments. C'est à la fin de la guerre qu'on avait enfin eu une liaison en cachette. Elle avait pensé quitter Ron pour moi mais elle voulait me protéger. Elle avait perdue sa famille en s'effaçant de leurs mémoires pour les protéger, elle ne voulait pas que je perde aussi la mienne à cause d'elle. Puis elle était tombée enceinte à 18 ans et avait dû se marier avec Ron par la suite.

Je m'étais approchée d'elle en douceur. Elle était pâle, des cernes se dessinaient sous ses yeux et ses cheveux étaient négligemment relevés à l'aide d'une pince. Elle paraissait dix ans de plus, elle paraissait malheureuse et malade pourtant à mes yeux elle restait la plus grande merveille de ce monde. J'ai passé ma main dans ses cheveux et je lui ai dis à qu'elle point je l'aimais. Elle s'était calmée, m'avait embrassée tendrement et m'avait dit qu'elle m'aimait aussi. Je ne supportais pas de la voir dans cet état, je voulais lui prouver à quel point elle m'était chère alors j'ai pris sa main et je l'ai faite s'allonger sur le tapis. J'ai continué à l'embrasser tout en la déshabillant. Nos corps collés l'un contre l'autre nous avions fait l'amour pendant un long moment. Ce n'était pas du sexe, c'était bien plus. Ron se contentait de sexe, il se servait d'elle pour son plaisir personnel allant parfois jusqu'à être violent et abuser d'elle. Ce qu'on vivait était plus beau, plus doux, plus intense. C'était l'amour au sens vrai, au sens fort.

Exténuée par le train de vie que lui imposait mon frère et se sentant enfin en sécurité elle s'était endormie dans mes bras. Je l'avais couverte et j'avais admiré le soleil matinal se reflétant sur son visage. Un moment plus tard elle s'était réveillée et nous nous étions rhabillées en vitesse. Il était presque midi, nous avions préparé le déjeuner ensemble, rigolant, profitant de la joie d'être réunies.

La petite fille de bientôt quatre ans s'était réveillée et était venue nous rejoindre, elle avait sourit devant le bonheur apparent de sa mère.

Je l'ai prise dans mes bras, lui proposant de se joindre à nous pour préparer à manger. Elle avait accepté avec joie.

-Maman ne rigole que quand elle est avec toi, m'avait-elle dit.

J'avais sourit à Rose, Hermione aussi souriait. Elle s'était penchée vers moi et pour la première fois elle m'avait embrassée devant sa fille.

-Peu importe qu'on ne puisse pas être ensemble, mon grand amour c'est toi, m'avait-elle murmuré à l'oreille tout en me serrant contre elle.

Malgré le fait que je savais que ce moment ne durerait qu'un temps, malgré le fait que je savais que Ron ne tarderait pas à rentrer et que je devrais partir et laisser les deux femmes que j'aimais le plus au monde aux mains de cet idiot violent j'étais heureuse. J'étais épanouie de pouvoir vivre de tels instants de bonheur.

J'ai ouvert les yeux. Je les avais fermés à peine cinq secondes. Il m'a fallu cinq secondes pour revivre une matinée de bonheur s'étant produite trois ans auparavant. Cinq secondes de rêve pour retomber dans l'horreur de la réalité.

Réagissant enfin je me précipite vers elle, tentant dans un désespoir extrême de la sortir des décombres.

J'ai l'impression que mon cerveau est un automate. Je ne peux plus penser à rien, je ne pense qu'à mes mains serrant fort ma baguette avec laquelle j'essai de dégager les décombres d'immeubles qui se sont écroulés sur elle. Alors que je commence à être à bout de force je sens une présence à mes côtés et vois Jim, lui aussi la baguette à la main, tentant de m'aider. Le savoir prêt de moi me redonne du courage et je redouble mes efforts, tentant de faire passer le plus de force possible à travers ma baguette. Je suis tout d'un coup assise à côté d'elle, en larmes. Elle ne respire plus. Nous avons enfin réussi à dégager les décombres qui étaient sur elle, je pointe ma baguette sur son thorax et envoi quelques décharges électriques sur sa poitrine pour tenter de faire rebattre son cœur. Je pose ensuite ma main sur son cou et sens des pulsations, je me retiens de sauter de joie. Ce serait assez mal vu que je me mette à hurler de bonheur alors qu'il y a des cadavres partout autour de moi.

Merci Merlin, elle est blessée mais vivante. Le reste va si vite. J'ai l'impression d'être dans un rêve, tout ce que j'éprouve est le soulagement. On la transporte à Sainte-Mangouste, la laisse aux mains d'autres médecins. Jim et moi retournons sur le terrain, nous avons d'autres vies à sauver.

Je ne vois plus le temps passer, je ne pense qu'à elle. Il me tarde de finir, il me tarde de la voir. Je veux m'assurer qu'elle va bien, je veux la serrer contre moi et lui montrer à quel point j'ai eu peur.

Enfin fini, on a sauvé le plus de monde que l'on pouvait. Bien sûr, vu la force de l'explosion il y a eu énormément de morts mais on a réussi à sauver quelques vies. On a réussi à la sauver elle. Je sais, c'est égoïste mais elle est la seule chose qui compte pour moi.

On se rend à l'hôpital et je me retrouve au bout de quelques minutes devant la porte de sa chambre. J'hésite à l'ouvrir, j'appréhende. Jim est à mes côtés, il me prend la main. Je lui souris. Nous avons passé toutes nos études de médicomage ensemble et à aucun moment il ne m'a laissée tomber. Sans le vouloir un autre souvenir me vient en tête.

Hermione tenait dans ses bras Rose qui n'était encore qu'un bébé. On venait de sortir d'un bar moldu et on marchait sous le ciel gris, en pleine rue de Londres. Tout l'après-midi elle avait eu un sourire forcé face au jeune homme que je lui avais présenté.

-Il est très mignon, vous avez l'air de vous entendre à merveille.

La jalousie se lisait sur son visage. Bon, il faut aussi avouer que Jim est un très bel homme. Il faut dire qu'avec ses cheveux châtains clairs ébouriffés, sa petite barbe de quelques jours, ses yeux verts malicieux, son élégance naturel et son côté protecteur, nombre de filles tombaient à ses pieds. Mais ça n'a jamais été mon cas. Jim est mon ange gardien, mon confident, mon meilleur ami.

-Oui, on est très proches, répondis-je du tac au tac.

Hermione pressa le pas, les lèvres pincées.

Je lui attrapais le bras. Elle s'arrêta de marcher et fit volte face.

-Qu'est-ce qu'il y a entre vous ? Me demanda-t-elle brusquement.

-Je le considère seulement comme un autre frère. Il n'y a rien de plus.

Elle hocha la tête peu convaincu.

-Epouse-moi.

-Quoi ? Je ne peux pas je suis déjà mariée.

-Laisse tomber Ron, il ne te mérite pas. Il ne te fait que du mal. Laisse-le et venez vivre avec moi, Rose et toi.

-Ginny…

Sa voix se brisa.

-Tu sais à quel point j'aimerais… Mais c'est impossible. Ca détruirait tout, Gin, ça détruirait ta famille ! J'aurais tellement aimé être ta femme et pas la sienne mais je t'aime et je sais que tu serais malheureuse et que ça détruirait ta vie si j'abandonnais Ron pour toi.

J'avais passé ma main dans mes cheveux, perdue dans mes pensées. Elle avait prit ma main dans la sienne et m'avait chuchoté à voix basse :

-Peu importe le temps que ça prendra mais je sais que je vivrai mes derniers instants avec toi. Ron va rentrer tard ce soir, viens à la maison. On couche la petite et on passe un peu de temps ensemble rien que toi et moi.

-Tout va bien se passer.

Je redescends sur terre en entendant la voix de Jim. J'hoche la tête, inspire un grand coup et ouvre la porte. Jim me sourit pour m'inciter à entrer dans la chambre puis s'en va dans la salle d'attente.

J'avance à petits pas dans la chambre, ne sachant comment Hermione va réagir à ma présence.

Elle est là, allongée sur le lit. Des tonnes de tuyaux et de machines sont reliées à son corps. Je m'assois à côté du lit et prends sa main dans la mienne puis la presse contre mon front. La douceur de sa peau m'avait tellement manqué…

Elle ouvre difficilement les yeux au contact de nos mains. Elle me regarde, l'air perdue. Elle n'a pas l'air dans son état normal, elle a l'air en pleine hallucination. C'est sûrement l'effet des médicaments.

-Comment as-tu fais ? Me demande-t-elle avec difficultés.

-Pardon ?

Je lâche sa main, surprise.

-Pour t'en sortir indemne alors que tu étais toi aussi dans le bâtiment lorsqu'il a explosé.

Elle ferme les yeux et se rendort. Je me sens tout d'un coup nauséeuse et cours me réfugier dans la première salle de repos que je trouve. Je m'allonge sur le lit et ferme les yeux, j'essai de me calmer du mieux que je peux, j'essai de faire partir les vertiges que je ressens de plus en plus.

Je sens une main sur mon bras et ouvre les yeux brusquement. Jim me regarde, l'air inquiet.

-Je vais bien, dis-je même si mon ton est loin d'être convainquant.

-Je sais que tu haïs ton frère depuis ce qui s'est passé ce jour là mais… Mais ça reste son mari. Tu devrais peut-être le prévenir.

-Hors de question ! Répondis-je en me levant brusquement.

Je me rassois en sentant les vertiges revenir de plus belle.

-Je ne lui pardonnerais jamais, dis-je.

C'était il y à trois mois. Il faisait déjà nuit et il pleuvait. Elle m'avait demandé de venir, elle devait me parler. C'est important, m'avait-elle dit. On s'était installées sur son canapé mais elle avait laissé de la distance entre nous, ce qui ne présageait rien de bon étant donné que dès qu'on avait un peu de temps à nous elle en profitait pour se blottir dans mes bras.

-Où est Rose ? Demandais-je, tendue.

-En haut, entrain de jouer dans sa chambre.

Sa voix était glaciale. Ses traits étaient tirés. Je savais qu'elle allait m'annoncer une mauvaise nouvelle. Et je n'avais pas eu tort. Elle avait juste prononcé quelques phrases mais c'était quelques phrases qui me hantaient encore. J'en ai des frissons quand je me dis qu'elle peut mourir d'un instant à l'autre et que notre dernière vraie conversation pourrait être ces quelques phrases.

-Je ne peux plus Ginny… Je suis désolée, je ne peux plus faire ça à Ron. Pas avec sa propre sœur… On à construit une famille lui et moi et j'ai beau t'aimer comme une folle j'ai choisi de devenir fidèle à mon mari. Je suis désolée Ginny, oublie moi…

Je m'apprêtais à lui répondre, à la supplier de ne pas faire ça au moment où la porte d'entrée claqua. Ron referma son parapluie et posa son imper sur le porte manteau. Il m'aperçu et me jeta un regard noir.

Depuis ma liaison avec Hermione ma relation avec mon frère s'était dégradée, la jalousie aidant. Bien sûr lui aussi suspectait quelque chose, lui aussi me voyait comme une rivale et se méfiait de moi mais il ne savait expliquer pourquoi. Sa femme amoureuse de sa petite sœur ? Quelle blague, un macho comme Ron vous aurait ri au nez si vous le lui avait dit. Enfin ça dépend de la façon de lui annoncer, apparemment j'ai dû être assez convaincante dans les minutes qui ont suivis puisqu'il n'a pas ri.

Il ne m'avait pas salué et s'était directement adressé à Hermione.

-Le dîner n'est pas encore prêt ? Grogna t-il

-Non... Je vais le faire, répondit Hermione en baissant les yeux.

-Tu passes tes journées le cul terré ici à ne rien faire et tu oses ne pas avoir préparé le dîner quand je rentre du travail ? Feignasse, bonne à rien ! Hurla t-il en l'attrapant sauvagement par le bras.

S'en était trop. Je me suis levée et avant que Ron ne puisse faire quoi que ce soit il avait reçu mon poing en pleine figure. Je ne pouvais plus m'arrêter, il fallait que ça sorte. Toutes ces années à le haïr parce qu'il traitait la femme que j'aime comme une merde. Je ne pouvais plus m'arrêter, il était à terre, je ne pouvais plus arrêter mes poings qui se déchaînaient sur son visage.

-Ginny, arrête ! Me supplia Hermione

Je m'étais calmée en entendant la peur dans sa voix. Je la regardais, à bout de souffle.

Un nouveau bruit ce fit entendre dans l'entrée.

-Que se passe t-il ici ? Demanda une voix que je reconnu immédiatement, la voix de ma mère.

Elle s'était arrêtée et nous avait regardés, tous, l'air en état de choc.

-Pourquoi ? Avait faiblement demandé Ron, le visage en sang.

-Parce que je ne supporte plus de te voir faire souffrir la femme que j'aime depuis des années. Je te hais, Ron. Je te hais parce que c'est moi qui devrais être à ta place, c'est moi qui fait son bonheur alors que toi tu la tues à petits feux.

Et je suis partie. Je ne supportais pas le regard déçu de ma mère, le regard choqué de Ron et surtout le regard horrifié d'Hermione. Je ne les avais plus revu depuis, je m'étais plongée dans le travail et passais la plupart de mon temps avec Jim pour essayer de ne plus penser à eux.

Je passe ma main sur mon visage, me sentant désemparée.

-Tu devrais laisser le passé de côté et l'appeler, me conseille doucement Jim. Je ne porte pas ton frère dans mon cœur après tout ce qui s'est passé entre vous mais si c'était lui qui était à ta place et toi à la sienne en ce moment même tu aurais souhaité qu'il t'appelle pour te prévenir.

-C'est vrai…

Je me lève doucement, vais à l'accueil des urgences et demande qu'on me mette en relation avec le ministère de la magie. Votre frère n'est pas là, me dit-on, mais le ministre souhaite vous parler. J'accepte et attends.

-Vous avez fait du bon travail, Miss Weasley, me dit alors une voix sifflante que je reconnaitrais parmi mille autres.

Je lâche le combiné et me retiens de crier. Je suis sûrement en état de choc, j'ai sûrement dû imaginer cette voix. C'est la seule raison valable, je ne peux pas entendre la voix d'un mort, c'est insensé… La vielle infirmière me regarde, l'air inquiet.

Je repose le combiné et vais retrouver Jim, chassant l'idée stupide que j'ai entendu cette voix et me rassurant en me disant que j'ai sûrement rêvé. Jim attend patiemment devant la porte de la chambre d'Hermione.

-Comment va-t-elle ? Demandais-je.

-Toujours dans le coma. Tu sais, Gin, tu devrais peut-être te préparer à… à l'éventualité qu'elle parte.

Je ferme les yeux.

-Ce n'est pas la première fois, elle est déjà partie une fois, dis-je dans un murmure.

-Oui mais elle est revenu. Je sais tout de ta vie, tous les détails. Il n'y à que son mariage que tu ne m'as pas raconté…

-Tu veux vraiment savoir ?

Il hoche la tête. J'inspire un coup et me prépare à raconter le moment le plus douloureux de ma vie.