Merci pour les reviews et aux lecteurs anonymes! :) Nouveau chapitre, j'espère que vous allez aimer !
Hermione se tenait dans sa robe de mariée, face à un grand miroir. J'avais ouvert la porte en douceur pour ne pas la surprendre mais elle avait aperçu mon reflet. Elle s'était retournée, m'avait fait un grand sourire noyé dans des larmes. Un sourire faux, un sourire triste.
-Alors, ça y est c'est le grand jour, avais-je dit la voix brisée par la tristesse.
-Ginny… avait-elle seulement murmuré.
J'ai passé ma main sur sa joue pour essuyer ses larmes. Mon autre main caressait son ventre où un magnifique petit être commençait à prendre vie.
-Je n'ai que 18 ans, j'ai la vie devant moi… Je ne sais pas quoi faire, c'est avec toi que je veux faire ma vie ! J'ai peur Ginny, j'ai tellement peur…
-Ce jour est le plus beau de ta vie, mentis-je. Tout va bien se passer.
-C'est la dernière fois que l'on se voit Ginny… Ron et moi partirons après la cérémonie.
Je n'avais pas répondu et étais descendu. Elle m'avait rappelée mais j'avais ignoré ses cris. Ron se trouvait devant l'autel. Il n'avait pas l'air heureux. J'aurais été la personne la plus heureuse du monde à sa place, lui paraissait seulement agacé et impatient.
Je m'étais placée près d'Harry qui était le témoin de Ron. Je regardais les différents visages qui se trouvaient dans la salle. Je voyais les larmes de joies de ma mère, les figures ravies des membres de ma famille, sauf de George qui était encore sous le choc de la mort de Fred, je voyais les visages radieux de mes anciens camarades de Poudlard. Je voyais tous ces gens, heureux pour Ron et Hermione. J'étais la seule à souffrir secrètement de ce jour. Mais je devais jouer mon rôle de demoiselle d'honneur alors j'avais souri, pendant plusieurs minutes j'avais réussi à afficher un faux sourire sur mon visage. J'avais réussi à masquer le vide que je ressentais au fond de moi, l'envie de crier au monde entier que ce mariage ne devait pas avoir lieu. Je voulais tout stopper, je voulais remonter le temps. Je voulais dire à Hermione que je l'aimais, qu'elle ne devait pas faire ça, que sa vie était avec moi. Mais je n'ai rien dit.
« Que celui qui s'oppose à cette union parle maintenant ou qu'il se taise à jamais. » disent les prêtes moldus. Je m'étais tu à jamais.
Hermione était arrivée, Minerva McGonagall la conduisant jusqu'à l'autel.
Elle était si belle avec sa longue robe de mariée blanche et ses cheveux relevés en un magnifique chignon. D'après les commentaires et les regards auxquels j'ai eu droit j'étais magnifique moi aussi. Je portais une robe couleur crème qui possédait une ceinture noire avec un petit nœud, j'avais aussi de très beaux escarpins compensés noirs. Mes longs cheveux roux étaient parfaitement lisses et tombaient souplement sur ma poitrine. Je m'étais faite belle pour le pire jour de ma vie, quelle ironie.
Le prête magique avait commencé à parler, un silence trépignant d'impatience planait dans la pièce. Tous attendaient le grand moment. Hermione s'était tournée et m'avait regardée. Un regard d'adieu. Je savais que le mariage signait l'arrêt de notre liaison, qu'il signait l'arrêt de mon bonheur. Son regard m'avait transpercée, il avait transpercé le peu d'espoir qu'il me restait et accentué le vide qui grandissait en moi. J'avais alors pris la fuite, devant la centaine d'invités qui me regardaient sans comprendre, j'avais fuis.
Comment auraient-ils pu comprendre ? Savaient-ils ce que l'on ressent lorsqu'on perd l'amour de sa vie ?
J'avais couru, sans me préoccuper du reste, seulement couru pour ne plus penser à elle. Le mariage se passait au Terrier, il y avait une petite forêt à un kilomètre de là, je m'y étais réfugiée. Harry m'avait rattrapée.
-Ginny ? Ginny que se passe t-il ? Me demanda t-il essoufflé.
J'avais laissé éclater ma peine. Je ne pouvais plus retenir mes larmes. Je n'arrivais plus à respirer, l'air ne rentrait plus dans mes poumons. Mais cela m'était égal. Je voulais mourir. Je ne voulais plus ressentir cette douleur terrible. Je ne voulais pas vivre avec le fait d'avoir laissé partir l'amour de ma vie. Ma vue se brouillait, j'étouffais de plus en plus et pourtant mes larmes ne cessaient de couler, mes cris de désespoirs ne cessaient de résonner en échos contre les arbres.
-Je l'aime… Je l'aime tellement… Criais-je, gaspillant le peu d'air qu'il me restait. Je ne peux pas la laisser partir ! Je l'aime, Harry. Je l'ai toujours aimé.
Il n'avait rien dit, se contentant de me prendre dans ses bras alors que j'évacuais ma peine. L'air recommençait à remplir mes poumons mais moi je ne voulais pas, je ne voulais pas continuer à vivre dans un monde où elle serait loin de moi. Au bout d'un long moment je me calmais enfin.
-Personne ne doit savoir, dis-je à l'Elu.
-Je ne dirai rien, me promit-il.
-Je dois en être certaine. Oubliettes, murmurais-je en pointant ma baguette sur lui.
Quelques secondes plus tard Harry me regarda, perdu.
-Que s'est-il passé ? Pourquoi on est dans cette forêt ? Le mariage est déjà fini ?
-Non, j'ai eu des nausées alors je suis sortie. Tu t'inquiétais pour moi alors tu m'as suivi mais tu as trébuché et tu t'es cogné la tête.
Je regardais autour de moi, il faisait déjà nuit. Harry et moi nous rendîmes jusqu'au chapiteau qui était installé à côté du Terrier. La fête battait son plein. Les gens dansaient, buvaient, riaient. Je me faufilais parmi les invités et vit ma mère. Je lui donnai la même excuse qu'à Harry. En temps normal elle aurait été suspicieuse mais là elle semblait trop heureuse de voir son dernier fils marié pour faire attention au reste. J'aperçu enfin Hermione dans un coin, discutant joyeusement avec Fleur Delacour. Elle s'était changée. Elle portait une magnifique robe bleu nuit qui mettait sa silhouette parfaite en valeur. Ses cheveux étaient toujours relevés en chignon, un magnifique chignon d'où s'échappaient volontairement quelques mèches. Elle s'était un peu maquillée, seulement un peu d'eye-liner et du mascara, et cela lui allait à ravir. J'ai sentis mon cœur rater un battement. Comment laisser partir la plus belle des créatures ?
Elle aussi m'avait repérée et s'était avancée vers moi. Elle avait regardé le groupe de musique présent dans la salle et avait hoché la tête. Ils hochèrent la tête à leur tour, comme s'ils avaient répondu à un signe secret. Ils jouèrent un nouveau morceau. Un morceau dont je reconnu directement les premières notes. C'était la chanson d'un groupe moldu qu'Hermione m'avait faite écouter. Cette chanson représentait tant pour nous… Elle m'avait tendu ses mains, m'invitant à danser. Alors que nos mains s'entrelaçaient, les premières paroles se firent entendre. Je ne pensais plus aux autres invités, la seule chose qui m'importait à ce moment là était son corps collé au mien.
-Alors ça y est tu t'en vas… Tu pars loin de moi, dis-je.
Elle se mordit la lèvre et son regard s'embua.
-C'est ce qu'il y a de mieux à faire, pour nous tous. Il n'y à qu'en étant loin de toi que je pourrais être heureuse avec Ron.
C'était le « pacte ». Je devais la laisser partir loin avec mon frère pour qu'elle puisse vivre une vie heureuse avec sa famille.
-Est-ce qu'on se reverra ?
Elle ne répondit pas. Des larmes commencèrent à couler sur ses joues, elle tenta de les essuyer.
-Je n'ai pas envie que les gens gardent de moi l'image d'une femme malheureuse lors de son mariage, me dit-elle avec un petit sourire triste.
-L'image que je garderai de toi sera celle de la jeune fille pleine de vie et d'espoir en l'avenir, celle avec qui je vivais les plus beaux instants de ma vie. Celle qui, pour la première fois de sa vie, a dit « je t'aime » un beau jour ensoleillé de printemps, dans un parc. Les joues roussies après ta première déclaration d'amour, un grand sourire, des brindilles d'herbe dans les cheveux. C'est ainsi que je me rappellerai de toi.
Ses larmes redoublèrent, elle enfouit sa tête dans mon cou.
-La nuit quand je me réveillerai en entendant ta voix, enchaînais-je, ce ne sera pas parce que j'aurais entendu tes mots d'adieu, ça sera parce que tes éclats de rire de ce jour là, ce 21 avril, ce jour de bonheur où tu m'as dis pour la première que tu m'aimais, me hanteront.
Don't let me go
Don't let me go
Don't let me go
C'est ce que disait la chanson. J'aurais aimé que ces mots soient les siens. J'aurais aimé que ce soit elle qui me supplie de ne pas la laissée partir. J'aurais aimé que la chanson dure éternellement, que le moment où on devrait se dire Adieu n'approche pas. Mais évidemment la chanson ne dura que quelques minutes. Nos corps toujours collés l'un à l'autre, nos yeux ne pouvant se quitter, on avait profité des dernières secondes qu'il nous restait alors que les notes de fin retentissaient. Mais je ne pouvais me résoudre à la laisser partir, je ne pouvais lui dire au revoir comme si au fond cela ne me faisait rien qu'elle parte. C'était bien trop dur de faire comme si tout allait bien. Alors, une fois la chanson terminée et après un dernier regard je suis simplement partie.
Oui je sais, j'ai fui à nouveau. Je suis lâche.
J'ai simplement lâché ses mains, décollé mon corps du sien et je me suis dirigée vers la sortie d'un pas qui se voulait tranquille et assuré même si en réalité mes jambes tremblaient. Mais alors que je m'éloignais petit à petit du chapiteau en pleurant je sentis deux bras m'enlacer la taille. Pensant qu'il s'agissait encore d'Harry qui tentait une énième approche de drague je m'étais retournée, prête à l'insulter, mais j'étais restée bouche bée en la voyant, elle, qui pleurait aussi. Elle m'avait embrassé fiévreusement, comme si sa vie en dépendait, et j'avais répondu au baiser avec avidité. Pendant un long moment on est restées ainsi, à s'embrasser avec passion les lèvres, le cou, les épaules, les joues, le front… On ne pouvait plus s'arrêter. Puis la magie s'était brisée.
-Je ne pouvais partir sans te voir une dernière fois, m'avait-elle dit. Je t'aime Ginny, ne pense jamais le contraire.
Puis elle était partie quelques heures plus tard avec Ron. Je ne savais pas où ils étaient allé. Je pensais ne plus la revoir de ma vie, c'est ce qui était prévu, seul un miracle aurait pu me la ramener. Je m'étais alors plongée entièrement dans mes études et je passais tout mon temps avec Jim pour éviter de penser à elle. J'étais malheureuse, j'étais malade d'amour, j'étais désespérée mais la vie continuait. Seul l'espoir de la revoir un jour me gardait en vie.
Mais un an et demi plus tard le miracle avait sonné à ma porte. Ron avait été muté au ministère et ils étaient de retour sur Londres. Voilà pourquoi une nuit je la vit se tenir sur le palier de ma porte. Ses yeux brillaient, ses cheveux étaient longs et ondulés. Elle avait un petit air coquin et impatient sur le visage. On ne s'était pas parler, on s'était embrassées et comme une évidence je l'ai poussée à l'intérieur. Elle avait alors laissé tomber son trench noir à terre, laissant apparaitre la magnifique robe de soie rouge qu'elle portait. On ne s'arrêtait de s'embrasser que pour reprendre notre respiration. Nos mains étaient avides du corps de l'autre, c'était comme si on se redécouvrait. C'était passionné. Au diable les bonnes résolutions, on avait seulement besoin d'être ensemble à nouveau.
Je soupire et prends une bière-au-beurre dans le frigo. Je me laisse tomber sur le canapé et ferme les yeux. Raconter tout ça à Jim a ravivé la douleur. Peut-être que pour vous ce n'est rien de grave mais je peux vous affirmer que ça a été le moment le plus horrible de ma vie. Je ne sais pas ce que je serais devenue si elle n'était pas revenue. Je n'avais parlé de ce moment à personne, même pas à Jim, à l'époque je lui avais juste dit que c'était terminé avec Hermione.
Hermione… Je suis rentrée chez moi, dans mon appartement londonien. Je ne sais pas comment elle va. Les médecins m'ont ordonné de partir. Elle est en bonne voie de guérison apparemment… Merlin, pitié faites qu'elle s'en sorte. Je donnerais tout ce que vous voudrez mais gardez-la en vie.
Je me sens comme un lion en cage. J'enfile ma veste en cuir et sort prendre l'air. Il fait frais mais qu'importe, je me sens bien. L'air froid qui s'engouffre péniblement dans mes poumons me donne l'impression d'être en vie. Je me rends jusqu'au ministère. Malgré ma haine je dois prévenir mon frère. Je connais l'endroit comme ma poche, je me rends directement dans le bureau de Ron mais il n'est pas là. L'endroit est vide. Il n'y a qu'une vielle femme. J'ai l'impression de l'avoir déjà vu mais je ne sais pas d'où. Sûrement une fois où je suis venue rendre visite à mon père lorsqu'il travaillait encore ici. Elle sourit tendrement devant mon air perdue.
-Votre frère n'est pas là, Miss Weasley. Il n'y a personne à part le ministre, celui-ci souhaite d'ailleurs s'entretenir avec vous.
J'hausse les épaules même si en réalité je suis intriguée. C'est étonnant de voir que cette femme sait qui je suis et puis entre ça et le coup de téléphone je me demande ce que me veut le ministre. Je me dirige donc jusqu'à son bureau et y entre après avoir frappé deux coups. Après tout, vu comment il insiste pour me voir il ne va pas se formaliser pour un petit manque de politesse. Je reste sur le pas de la porte, immobile. Mon sang bout dans mes veines et durant quelques secondes mon cœur se stoppe lorsque je l'aperçois.
Ses yeux rouges semblables à ceux d'un serpent, sa peau pâle comme la mort, ses narines en forme de fentes. Voldemort, le défunt seigneur des ténèbres se tient devant moi. Il est vêtu avec élégance et aborde un rictus en me voyant entrer.
-Cela fait un moment que j'essai de vous joindre, dit-il de sa voix sifflante. Je vous avais sous estimé à l'époque, quelle grossière erreur. Vous êtes quelqu'un de tellement extraordinaire.
Je glisse ma main dans la poche de ma veste et empoigne ma baguette. Il prend la sienne, qui est sur son bureau, dans sa main et l'envoi à l'autre bout de la pièce.
-Nous ne sommes pas ici pour nous affronter, Miss Weasley. Je suis sans défense, rangez votre baguette.
-Bien monsieur le ministre, répondis-je ironiquement. Où est mon frère ?
-Chez lui je suppose.
Il joint ses deux mains et me regarde d'un air perçant.
-Comment avez-vous fait pour revenir du monde des morts ?
-Je n'en suis jamais revenu.
-Arrêtez de jouer aux devinettes, hurlais-je. Que voulez vous ? Pourquoi êtes-vous là ?
-J'ai fais tellement d'erreurs dans mon passé, j'ai pris le mauvais chemin mais je m'en suis rendu compte bien trop tard. Je n'ai plus l'intention de faire de mal. Ni à vous ni à personne d'autre.
Il se lève et regarde par la fenêtre les passants moldus avant de reprendre la parole.
-La mort est une vrai prise de conscience vous savez ?
-Non je ne sais pas, je ne suis pas morte souvent, dis-je avec ironie.
-Elle a été pour moi une deuxième chance et je l'ai saisie.
Il se tourne vers moi avant d'enchaîner.
-Vous pourriez avoir votre deuxième chance si vous étiez prête à l'accepter.
Je ne comprends rien à son charabia, peut être veut-il me tuer. Je le regarde avec dédain et tourne les talons. Je sors du ministère et une fois à l'abri dans les rues de Londres je me mets à courir. Je ne comprends plus rien, tout s'embrouille dans ma tête. Par Merlin, mais c'est quoi ces conneries ? Pourquoi le monde semble tourner à l'envers ? Je fais les cent pas, parcours les rues londoniennes sans but précis. Je ne fais que réfléchir mais je n'ai aucune réponse. Comment a-t-il pu revenir à la vie ? Que me veut-il ? La nuit tombe, je ressens alors l'envie tenace de revoir les miens. Je veux laisser le passé de côté, je veux leur dire que je les aime. Après tout l'autre face de reptile est peut-être venu dans le but de m'achever. Je transplane jusqu'au terrier. Je m'approche lentement de la maison dans laquelle j'ai passé mon enfance, passant inaperçue dans la pénombre de la nuit. Je les vois par la fenêtre. Mon père lit le chicaneur dans le salon, confortablement installé dans le canapé et ma mère est entrain de préparer le dîner. La porte est fermée alors je tape contre la fenêtre de la cuisine dans le but qu'elle me remarque mais elle m'ignore. Je tape de plus en plus fort, je cris mais elle ne me remarque toujours pas.
-Maman c'est moi ! Maman, ouvre-moi ! Je sais que tu m'en veux, que vous m'en voulez tous pour ce qui s'est passé mais ne m'ignore pas je t'en prie.
En vain, je n'arrive toujours pas à capter son regard. Elle passe près de la fenêtre et j'essai à nouveau de capter son attention, elle est si près de moi, impossible qu'elle ne m'ait pas remarquée.
-MAMAN ! Je t'aime maman… Dis-je en posant ma main sur la vitre et en sentant ma gorge se nouer.
Je m'assois, le dos contre la fenêtre et pleure. Pourquoi ? C'est horrible de voir que votre propre mère vous renie, de voir qu'elle ne prend même plus la peine de vous regarder. Il m'a semblé qu'elle a frissonné et que les larmes lui sont montées aux yeux lorsque je lui ai dis que je l'aimais, donc elle m'a entendu. Je prends ma tête entre mes mains et essuie mes larmes.
-C'est l'heure d'aller au lit ma puce, dit alors une voix grave.
Je me lève et vois Ron prenant Rose dans ses bras. Lui aussi m'ignore, il me tourne même le dos et se dirige vers l'escalier mais Rose me fixe. Elle paraît d'abord perdue puis elle me fait coucou avec sa main. Je souris et lui fais un signe moi aussi. Ca me réchauffe le cœur de voir ma nièce, elle a tellement grandit en quelques mois. Je sens alors quelque chose vibrer dans une des poches de ma veste. J'en sors une petite boule de cristal. La tête de Jim apparait à l'intérieur.
-Hermione s'est réveillée, tu ferais mieux de venir.
J'hoche la tête et transplane jusqu'à Sainte-Mangouste. Je me précipite dans les couloirs des urgences et me rends jusqu'à sa chambre. Je ralentis un peu en arrivant. Elle est assise sur le lit et me tourne le dos. Je m'approche en douceur.
-Hermione ? Dis-je, encore essoufflée.
Elle se tourne et me regarde, elle a l'air sous le choc. Je la serre contre moi. Elle se laisse aller et je la sens se détendre dans mes bras. Je la berce quelques secondes et dépose un baiser sur son crâne. J'ai eu si peur qu'il lui arrive quelque chose…
-L'explosion… Dit-elle difficilement.
-Oui, je sais mais c'est fini maintenant. Tout va bien mon cœur, tout va bien.
Je demande alors au médicomage présent si elle est en état de partir, il me répond que théoriquement oui mais qu'elle doit être surveillée. Je lui dis que, étant moi-même médicomage, je l'emmène chez moi et que je la surveillerai. Il accepte. Hermione se rhabille et je récupère le reste de ses affaires. Nous sortons quelques minutes plus tard de l'hôpital et nous marchons jusqu'à mon appartement, transplaner serait beaucoup trop éprouvant pour elle étant donné son état. On marche côte à côte, en silence, elle perdue dans ses pensées et moi les mains dans les poches de mon jean slim déchiré, cherchant une solution pour la rassurer après tout ce qu'elle a vécu. On arrive enfin chez moi. Je sors mes clés et ouvre, elle entre la première et regarde l'appartement, un petit sourire aux lèvres. Je sais que cet endroit lui rappelle de bons souvenirs… Je lui dis de s'installer et de se mettre à l'aise, que j'ai une chambre d'ami et qu'elle n'a qu'à mettre ses affaires là-bas. Pendant qu'elle s'exécute, je pose mon front contre la grande porte vitrée qui donne sur le balcon. Mon regard se perd sur la rue, sur les passants qui grouillent dans cette nuit noire, comme si rien n'avait changé, comme si aucune catastrophe ne s'était produite quelques heures plus tôt. Quelle journée… Je crois que c'est le jour le plus étrange de ma vie. Je ne comprends plus rien. Alors que je soupire je sens un corps se coller contre mon dos et deux bras m'enlacer la taille. Hermione pose alors sa tête sur mon épaule et je la vois fermer les yeux dans le reflet de la vitre. Elle est pâle et à l'air extenuée.
-Va te coucher, tu as besoin de te reposer, murmurais-je doucement.
Elle s'écarte et me regarde, elle se mordille la lèvre et prend ensuite la parole.
-C'est pour te voir que j'étais là-bas. Je voulais te dire que j'avais parlé à Ron, que c'était fini entre lui et moi.
-Pourquoi ? Pourquoi est-ce que c'est fini ?
-Parce que j'ai fais un choix et que mon choix c'est toi.
-Et pour Rose ?
-Ron ne m'aimait plus non plus, il avait aussi une maîtresse et ça ferait mauvais genre pour un homme haut placé du ministère d'être infidèle alors on a fait une sorte de pacte lui et moi. On a la garde partagée, je ne dis rien sur son infidélité et il me laisse vivre en paix avec toi.
-Il n'a pas mal pris le fait que tu le laisse pour moi ?
-Il s'y préparait depuis des mois. Et puis tu sais, ça faisait un moment qu'il se comportait comme un goujat mais ton frère n'est pas méchant. Ce qui s'est passé entre vous l'a fait se remettre en question et il a fini par comprendre que je serais plus heureuse avec toi.
J'hoche la tête d'un air indifférent. Une partie de moi a envie de sauter de joie mais l'autre me dit que je ne dois pas retourner avec elle. Il y a peu de temps j'aurais été la femme la plus heureuse du monde, j'aurais tout fait pour être avec elle. J'ai rêvé de ce moment tellement de fois, celui où elle me dirait qu'on pourrait enfin vivre notre histoire au grand jour, mais aujourd'hui je ne suis rien d'autre qu'une femme inquiète. Si Voldemort veut me tuer il risque de s'en prendre à elle, il risque de lui faire du mal pour m'atteindre. Elle me regarde et, voyant qu'elle n'obtiendra aucune réponse de ma part ce soir, se dirige dans le couloir pour aller au lit. Pour ma part c'est vers le minibar que je me dirige, j'en sors une grande bouteille de whisky pur-feu et un verre. Je m'assois sur le canapé et me sers le whisky que j'avale ensuite d'une traite. L'alcool me brûle la gorge mais bizarrement cela me fait du bien. Je bois un cul-sec, puis deux, puis trois… Au bout d'une heure j'ai vidé les trois quart de la bouteille. Ma tête tourne, mes oreilles bourdonnent. J'entends alors un sifflement, venant comme de l'intérieur de ma tête. Le sifflement se transforme en paroles.
Accepte ta deuxième chance
Voldemort… Je me lève d'un coup et fais tomber le verre à terre. Le sifflement disparait enfin et je reprends mes esprits, haletante. Décidemment j'ai l'alcool plutôt mauvais… Je sors ma baguette et me débarrasse des débris de verre. Non, Voldemort n'aura pas ma peau et non, je ne le laisserai pas faire du mal à la femme de ma vie. Je vais dans ma chambre et vois Hermione dans mon lit, serrant fort mon coussin contre elle. Je souris. Elle m'a dit une centaine de fois qu'elle aimait se blottir dans mes draps et contre mon oreiller car ils avaient mon odeur. Apparemment la chambre d'ami ne lui a pas plu, elle a préféré dormir avec moi. Je me déshabille et enfile un tee-shirt large et un boxer. Je me couche dans le lit et la serre contre moi. Alors que je dépose de doux baisers sur son épaule et que ma main caresse doucement son bras je sens le sommeil me gagner. Tant que je suis à ses côtés le reste ne compte plus. Je ferme les yeux, succombant à la fatigue, et envisage enfin l'avenir avec sérénité.
