Nouveau chapitre avec beaucoup beaucoup de retard, excusez moi ! Dites moi ce que vous en pensez ! Bonne lecture :)

Au bout d'un long moment à évacuer ma peine, je remonte enfin. Heureusement, demain, ou plutôt tout à l'heure, est mon jour de repos. Je regarde Hermione qui dort paisiblement et l'envie. J'aimerais pouvoir trouver le sommeil moi aussi. Je m'assois mollement sur une chaise et soupire. Je regarde le bracelet que je tiens toujours fermement entre mes doigts et je ressens un pincement au cœur.

C'est le bracelet que j'avais fait à Fred pour son dixième anniversaire. J'étais petite, j'avais presque sept ans. C'était un petit bracelet fait avec de simples perles noires, un bracelet comme en réalisent tous les enfants. Pourtant Fred l'avait toujours gardé depuis. J'avais aussi offert un collier du même type à Georges, collier qu'il a gardé lui aussi, mais lui n'est pas mort… Jusqu'à la fin de sa vie Fred avait porté ce bracelet, il est même mort avec. Des fois, quand je lui disais en rigolant qu'il avait gardé cette vielle babiole il me répondait que c'était son porte bonheur et qu'il le garderait toujours sur lui. Il a même été enterré avec… Ca faisait plus de sept ans que Fred était mort mais j'y pensais tous les jours. De tous mes frères, Fred et Georges étaient ceux avec qui j'entretenais la meilleure relation. Ils étaient mes confidents, ils me protégeaient, ils me redonnaient le sourire. C'est eux que j'allais voir quand j'étais petite et que je faisais des cauchemars, c'est eux qui m'ont appris à voler sur un balai, c'est eux qui m'ont dit de ne jamais reculer, même quand j'avais peur. Et je n'avais jamais reculé, j'avais toujours relevé la tête. Et cette fois ne dérogera pas à la règle, j'ai juste besoin de souffler un peu, d'évacuer ma tristesse. Comment se fait-il que l'inconnu ait pu avoir le bracelet de Fred ? Pourquoi me l'a-t-il donné ?

Fred… S'il était là, il me conseillerait, il arriverait à prendre du recul sur la situation et me redonnerait le sourire. Bien sûr, il reste toujours Georges mais Georges n'est plus le même depuis la disparition de son frère jumeau. Quand Fred est mort, une partie de Georges s'est elle aussi éteinte. Georges, autrefois si blagueur, s'était renfermé sur lui-même depuis la mort de notre frère. Les instant si chéris vécus avec mes frères mes reviennent en mémoire. Les larmes menacent à nouveau de couler et je n'arrive pas à étouffer un sanglot. Hermione se réveille et s'approche doucement de moi. Elle me regarde, dans un premier temps surprise, puis aperçoit le bracelet de Fred et comprend ma peine. Elle n'a pas besoin de savoir ce qui se passe, elle sait combien ce bracelet représentait tant pour Fred et pour moi et elle se doute que le fait que je l'ai signifie quelque chose. Elle me sert fort dans ses bras et, en silence, je pleurs toutes les larmes de mon corps.

-Ginny… Murmure-t-elle au bout d'un long moment.

Mais je ne réponds pas. Je ferme les yeux et serre le bracelet contre ma poitrine. Ce bracelet appartient à un mort, il n'a pas pu atterrir là par miracle. Tout commence à se mettre en place, je commence à comprendre. Enfin je crois mais je n'en ai pas la certitude. Je me lève d'un coup et me rends dans la chambre. Je m'habille en vitesse, Hermione me regarde, sous le choc.

-Ginny, où vas-tu ? Me demande-t-elle, abasourdie.

-Je dois trouver les réponses à mes questions, dis-je simplement.

Elle ouvre la bouche, ne se contentant pas de ma réponse, et s'apprête à exiger une explication mais je la coupe dans son élan. Je m'approche d'elle et l'embrasse avec passion pendant un long moment. Elle me regarde, surprise.

-Je t'aime tellement… Murmurais-je à son oreille.

Ses yeux s'emplissent de larmes.

-Ne fais rien de stupide Ginny, je ne sais pas où tu vas mais j'ai la sensation que je risque de ne plus te revoir si tu pars…

Je fouille dans la poche de ma veste et en sors une bague en or sertie d'une discrète pierre d'émeraude. Un diamant vert, vert comme la couleur de l'herbe du parc où Hermione m'a dit pour la première fois qu'elle m'aimait. Je tends la bague vers elle et mets un genou à terre.

-Je serai toujours là. J'ai cette bague depuis des années. Depuis la première fois où tu m'as dit que tu m'aimais j'ai su que je ferai ma vie à tes côtés. Je voulais attendre pour te l'offrir mais maintenant que tu vas divorcer je pense que le moment est venu. Hermione, voudrais tu m'épouser ?

-Evidemment que je le veux ! Dit-elle, des larmes de joies ayant remplacé son air inquiet.

-Je reviens vite, dis-je en l'embrassant même si je ne suis plus sûre de rien.

Je transplane et me rends au Terrier. Il fait une nuit noire et le Terrier est plongé dans l'obscurité, signe qu'ils dorment tous. Je prends ma baguette et murmure un « accio balai », un balai sort alors de la petite cabane postée dans un coin du jardin et vient jusqu'à moi. Je l'enfourche et tape du pied sur le sol, prenant mon envol. Cela faisait tellement de temps que je n'avais pas volé, c'est si épanouissant de ressentir à nouveau cette sensation. J'inspire une grande bouffée d'air frais tandis que mes longs cheveux dansent contre le vent. J'arrive enfin à hauteur de la fenêtre de la chambre de Ron, au premier étage. Rose dort à ses côtés. D'un mouvement de baguette, j'ouvre silencieusement la fenêtre. Je m'infiltre avec agilité à l'intérieur de la chambre et descends de ma monture. Je prends Rose dans mes bras et celle-ci se réveille. Je lui fais signe de se taire et remonte sur le balai. Je l'installe devant moi et mon bras gauche encercle sa taille, de façon à l'empêcher de tomber. Nous nous engouffrons dehors et je l'amène jusqu'au petit lac se trouvant à l'autre bout du jardin du Terrier. Elle me regarde, l'air toujours endormie, alors que je fixe l'étendue d'eau se trouvant devant moi.

-Tante Ginny ? Pourquoi tu m'as réveillée ? Il fait encore nuit !

Mais je ne réponds pas. Mes yeux sont fixés sur le liquide limpide. J'entends des éclats de rire au loin. Mes éclats de rire. J'entends ma voix d'enfant se mélangeant à celle de mes frères, les suppliant de m'apprendre à voler quand je serai grande. Je ressens le soleil sur ma peau, je ressens l'eau m'éclaboussant quand Fred et Georges s'amusaient à faire des plongeons. Je les vois, me courant après pour me jeter à l'eau alors que nous n'étions encore que des enfants.

Je ferme les yeux alors que les larmes menacent à nouveau de couler. Ce lac est la clé de mon enfance, il est l'endroit de tous mes plus grands bonheurs, le jardin de tous mes éclats de rire. Je secoue la tête pour tenter de faire partir tous les souvenirs qui s'étaient emparés de moi en apercevant le lac.

-Que m'arrive-t-il Rose ? Qu'est-ce qu'il se passe, pourquoi personne ne veut me voir ?

-Ils ne peuvent pas te voir, me répond la petite en haussant les épaules.

-Comment le sais-tu ? Hermione me voit, Jim et les gens de l'hôpital aussi.

-C'est tonton Fred qui m'a dit que je ne devais pas avoir peur, que c'était normal si je le voyais et si je te voyais aussi, que j'avais un don…

- FRED EST MORT !

-Aurais-je entendu ta délicieuse voix susurrer mon prénom avec douceur, petite sœur ?

Je fais volte face tandis que mon cœur s'emballe. Fred se trouve devant moi. J'éclate en sanglots et cours vers mon grand frère qui me sert fort dans ses bras.

-Je ne comprends plus rien, Fred… Dis-je murmure.

- Nous allons tout t'expliquer, petite sœur.

-Nous ? Je demande en relevant la tête pour le regarder dans les yeux.

Il me sourit et regarde derrière moi. Je me retourne et vois plusieurs personnes postées devant moi.

-Tu les reconnais ? Me demande Fred.

Je les regarde, abasourdie. Jim me fait un sourire encourageant. Je vois aussi Voldemort, celui-ci ayant reprit son apparence de Tom Jédusor. Dumbledore se trouve à ses côtés, l'œil pétillant et mâchouillant une friandise. Il y a aussi Sirius et Lupin. Je fronce les yeux devant une vieille femme. C'est celle que j'ai vu à l'accueil des urgences, celle que j'ai vu au ministère et celle qui a été attaquée par son fils et qui m'a parlé de deuxième chance alors que je la soignais.

-Tu ne sais pas qui je suis, hein ? Me demande-t-elle en se rapprochant un peu de moi.

Je secoue la tête, perdue.

-C'est normal, me rassure-t-elle, tu étais petite lorsque je suis morte. Je suis Cedrella Weasley, ta grand-mère.

Je reconnais ensuite tous les collègues de l'hôpital que j'ai croisé ces derniers jours. Je vois aussi l'auror à qui j'ai parlé sur le lieu où j'ai « soigné » ma grand-mère mais avant que je ne puisse dire quoi que ce soit l'auror change d'apparence.

-Tonks ! Je m'écris choquée. Ce… C'était toi ?

-J'ai préféré changer d'apparence pour ne pas te perturber encore plus que tu ne l'étais, me dit-elle avec un sourire.

-Ils sont tous mort mais pourtant depuis l'explosion ils ont tous été là pour t'aider à accepter ce qui s'est passé, me dit Fred en souriant.

Mon cœur se serre et je regarde Jim, choquée.

-J'y été aussi Ginny… Je n'ai pas survécu. Eux aussi y étaient, me dit-il en désignant mes collègues de l'hôpital. C'était une urgence, la plupart du personnel qualifié s'était déplacé.

Je m'assois dans l'herbe et repli mes genoux contre ma poitrine.

-Je ne comprends plus rien…

-C'est le moment de lui expliquer, dit Voldemort à mon frère.

Fred hoche la tête et me regarde sérieusement.

- Comme Hermione te l'a expliqué, vous aviez rendez-vous pour parler. Elle venait de rompre avec Ron et voulait te demander de revenir avec elle. Tu es arrivée en avance, comme à ton habitude, et tu t'es assise à une table en attendant son arrivée.

La voix de Fred me parait lointaine alors que je commence à me souvenir de ce qui s'est passé.

Je me suis installée à la table d'un petit café en attendant l'arrivée d'Hermione. J'étais heureuse qu'elle m'est donné rendez-vous dans cette immense galerie marchande où se trouvaient nombre de restaurants, de cafés et de magasins. Il faisait tellement froid dehors, j'aurais eu du mal à attendre sous les rafales de vent glaciales.

J'ai commandé un cappuccino que j'ai bu tranquillement en attendant patiemment l'arrivée d'Hermione. De quoi voulait-elle me parler ? J'avoue que je stressais un peu vu comment s'étaient déroulées les choses la dernière fois que nous nous étions vu mais j'étais tellement heureuse de la revoir enfin, je me sentais mourir chaque jour un peu plus, n'arrivant pas à passer a autre chose et à oublier. Avec de la chance peut-être me demanderait-elle de revenir ? Machinalement j'ai touché l'écrin qui se trouvait dans la poche de ma veste. J'avais prit la bague de fiançailles que j'avais prévue de lui offrir depuis longtemps. Hermione était arrivée et s'était alors installée à la table d'un café se trouvant à quelques mètres de là. J'ai alors aperçu Jim, il portait sa blouse de médecin et semblait agité.

-Jim ! Tout va bien ? Dis-je en allant à son encontre.

-Il faut que tu sortes d'ici Ginny, le bâtiment va exploser !

Mes yeux sont alors tombés sur Hermione qui buvait tranquillement un verre d'eau et lisait la gazette du sorcier en m'attendant. Elle ne m'avait pas vu. J'ai couru vers elle. Il y eu un grand fracas et le sol trembla mais le bâtiment n'explosa pas encore. Les gens criaient, pleuraient, couraient, affolés.

-Ginny ! M'a-t-elle dit, apeuré, alors que j'arrivais tant bien que mal à son encontre.

-Il faut que tu partes Hermione !

-Et toi ?

-Je te rejoins dehors, répondis-je en lui donnant l'écrin. PARS ! Ai-je crié devant son hésitation.

J'ai à peine eu le temps de la voir se diriger avec hâte vers la sortie que l'immeuble a explosé. J'ai d'abord ressenti le souffle de chaleur de l'explosion sur ma peau puis j'ai été propulsée et l'immeuble s'est écroulé sur moi. J'ai eu un dernier regard pour Jim qui se trouvait dans la même situation. Puis plus rien. Rien d'autre que les ténèbres m'envahissant.

-Je… Je suis morte, dis-je d'une voix étranglée. Et tous les gens qui m'entourent aussi… Donc ce n'est pas vous qui êtes revenu parmi le monde des vivants, dis-je à Voldemort, c'est moi qui suis dans le royaume des morts… Et ma famille ? Ils n'étaient pas dans l'explosion, pourquoi je les vois ?

-Ce n'est pas le monde des morts, c'est une dimension entre le monde des vivants et celui des morts, explique Fred. Chacun vit cette « dimension » de façon différente mais dans tous les cas la personne qui vient de mourir vit un « scénario » avec les gens qu'elle a connu et qui sont morts et certains endroits qui ont marqués sa vie, comme l'hôpital pour toi, afin de comprendre et d'accepter le fait qu'elle n'est plus en vie. Parfois il n'y à pas que les morts, la personne peut voir aussi des gens vivants à qui elle tient mais eux ne peuvent la voir, c'est pour ça que tu arrives à voir papa, maman et Ron mais que eux ne te voient pas.

-Donc tout ce que j'ai vécu depuis l'explosion n'était pas réel, c'était une mise en scène pour me faire accepter ma mort ?

-En effet, Miss Weasley, répond Dumbledore en mangeant une nouvelle friandise.

-Et Rose ? Et Hermione ? Elles peuvent me voir, ça veut dire qu'elles sont mortes ? Demandais-je, attristée.

-Rose a un don, elle peut voir les morts, explique Lupin, quant à Hermione… C'est un peu plus compliqué.

-Elle venait à peine de sortir lorsque l'immeuble à explosé, elle n'a pas reçu l'explosion de plein fouet mais le bâtiment s'est, en partie, écroulé sur elle. Elle a été plongée dans un coma profond. Elle a aussi vécu cette dimension avec toi puisqu'elle se trouvait entre la vie et la mort, dit Samuel, un de mes collègues qui était aussi dans l'immeuble.

-Maintenant que vous avez compris ce qui s'est passé vous allez devoir faire un choix, Miss Weasley, dit Dumblore. Vous ne pouvez rester dans cette dimension indéfiniment.

-Pourquoi pas ? Je vis enfin mon histoire d'amour avec Hermione et j'ai retrouvé les gens qui sont morts et que j'aimais !

-On ne peut pas rester, il va falloir qu'on reparte, explique Sirius. Et en rentrant dans ton appartement tu seras seule, Hermione s'est réveillée, elle est de retour dans le monde des vivants.

Mes larmes commencent à couler. Je suis morte… Merlin, je n'arrive pas à me faire à cette idée !

-Quel est le choix que je dois faire ?

-Accepter ta deuxième chance ou te résigner et aller au royaume des morts. Ce n'est pas si terrible qu'on le croit et tu pourras enfin aspirer à la tranquillité que tu as toujours souhaitée, me répond ma grand-mère.

-C'est quoi la deuxième chance ?

-Ca dépend des personnes, m'explique Tonks. La mienne était de pouvoir être aux côtés de Remus pour toujours, la sienne était de ne plus avoir à se transformer en Loup-garou.

-Dumbledore, Cedrella et moi ainsi que la plupart de tes collègues avons choisi la mort, dit Sirius.

-Pourquoi ne pas avoir choisi la deuxième chance ?

-Parce que ça implique que tu dois faire certaines choses en retour et ils étaient exténués, ils voulaient juste connaitre le calme, explique Fred.

-Malgré mes atrocités j'ai eu droit à ma deuxième chance. Je peux, d'une certaine façon, réparer le mal que j'ai fait et aider les gens, me dit Voldemort. Ma deuxième chance a été de pouvoir réparer mes erreurs en étant éternellement dans cette dimension pour conduire les gens jusqu'à l'acceptation de leur mort.

-Et vous ? Je demande à Jim et à Fred.

-Eh bien… Commence Fred, gêné.

-Ton frère et moi avons demandé une faveur assez particulière. Nous avons sacrifié nos deuxièmes chances pour toi, afin que tu puisses en avoir une qui aille au-delà de toutes les autres.

-J'avais déjà prévu de sacrifier la mienne à l'époque au cas où un membre de ma famille en aurait besoin puis Jim est arrivé et m'a dit que tu étais morte, il a aussi décidé de sacrifier la sienne pour toi.

-Vous avez quoi ? Je demande, abasourdie.

-Vous êtes la première personne dont la deuxième chance est de pouvoir retourner dans le monde des vivants, dit Dumbledore.

-Tu vas pouvoir revivre et avoir la chance d'être au près d'Hermione, dit Lupin.

-Mais comme l'a dit Tonks il y à des inconvénients, continue Sirius.

-Vous aurez l'identité d'une autre personne, explique Voldemort. Et vous aurez pour mission de découvrir qui a provoqué l'explosion. Ce sera votre but, vous devrez être dévouée à cette tâche sans relâche. Quant à votre frère et à votre meilleur ami ils retourneront aussi dans le monde des vivants mais seule vous pourrez les voir. Ils vous accompagneront jusqu'à la fin de vos jours. Mais attention, si jamais vous n'accomplissez pas votre mission ils resteront coincés dans le monde des vivants pour toujours, seuls et invisibles pour tous.

Quel dilemme. Mon estomac se contracte, je ne sais pas quoi faire. Je… Je ne veux pas être morte, je veux revoir tous les gens que j'aime, je veux revoir Hermione et ma famille… Mais je ne peux obliger Jim et Fred à m'accompagner, ça serait tellement égoïste… Et si jamais j'échoue ? Ils seront condamnés à errer comme deux âmes perdues pour l'éternité…

-Accepte, me dit Jim devant mon hésitation. Ne pense pas à nous, on a fait notre choix.

Je les regarde tour à tour, Fred et lui. Mon frère hoche la tête pour m'encourager.

-J'accepte, je murmure.

Tous se regardent, d'un air entendu.

-Tout se passera bien, m'encourage Tonks.

J'observe les gens qui m'entourent. Tous ont fait parti de ma vie, tous sont morts et tous m'ont accompagné jusqu'au bout. Même Voldemort… Comment ne m'en suis-je pas rendu compte avant ? Comment ai-je pu ignorer qui ils étaient ? Alors que je les regarde tour à tour une dernière fois une lueur commence à m'éblouir puis m'aveugle petit à petit. Je me sens alors comme happée dans cette lumière blanche et j'ai l'impression que mon âme quitte mon corps. Tout devient alors noir, je nage dans un tourbillon de ténèbres, un tourbillon de vide. Je ne suis plus rien.

Je reprends alors conscience de ce qui m'entoure même si mes yeux sont toujours fermés. J'ai l'impression d'avoir dormi durant des années ! Je m'étire avec agilité, baille longuement et ouvre difficilement mes paupières. Je cligne des yeux plusieurs fois, ne comprenant pas où je me trouve. Je me redresse avec difficultés et regarde autour de moi. Ce que j'ai vécu était-il vrai ? Je n'ai plus conscience de la frontière entre rêve et réalité. Je me recouche et soupire. Qu'ai-je fait encore ? Que va-t-il se passer maintenant ? Ou plutôt que s'est-il passé ces derniers temps ? J'aperçois alors deux yeux d'un vert profond où se reflète l'inquiétude, juste au dessus de ma tête. Une tignasse rousse apparait à son tour juste au dessus de moi.

-Enfin ! On savait qu'il te faudrait du temps pour te remettre de ton passage entre la mort et la vie mais tout de même, on n'imaginait pas que tu dormirais autant ! Me dit Fred.

-Alors ce… C'était réel ? Je suis morte ?

-Plus maintenant ! Me répond Jim avec un grand sourire.

-Combien de temps suis-je resté inconsciente ?

-Quatre ans ! Dit Fred. Même nous qui ne sommes désormais que des fantômes nous avons trouvé ça plutôt long.

Ma tête tourne, je me lève et me dirige vers la salle de bain. Je m'asperge le visage d'eau. Je ne connais pas cet endroit, je ne suis pas chez qui je suis mais qu'importe. Je lève alors ma tête et pousse un cri en apercevant mon reflet. Jim et Fred arrivent derrière moi, inquiets.

-Ce… Ce n'est pas moi !

-On t'avait prévenu que tu devrais changer d'identité…

-Tu es morte, les gens ne comprendraient pas s'ils te revoyaient revenir à la vie du jour au lendemain ! S'exclame Jim.

J'observe à nouveau mon reflet attentivement. J'ai la peau mâte, de grands et magnifiques yeux verts, de longs cheveux couleur chocolat et un sourire tellement parfait qu'il ferait pâlir d'envie les star dans les pubs pour dentifrice moldus. Et j'ai beau porter un chemise de nuit assez large il n'y à aucun doute sur le fait que je possède un corps splendide, mince mais avec des formes juste là où il faut. Certes, je suis sexy mais en cet instant je ressemble beaucoup plus à une bomba latina qu'à une Weasley… Ca me fait tellement bizarre de vivre dans la peau d'une autre.

-Tu te réveilles à pic ! M'interrompt Fred en plein milieu de ma contemplation. Tu vas pouvoir commencer à aller travailler dès aujourd'hui !

-Commencer à… Travailler ? Où, à Sainte-Mangouste ?

-Non, me répond Jim en me balançant un badge.

Je l'attrape au vol avec agilité, les réflexes que j'ai acquiers grâce au quidditch étant toujours présent, et le regarde.

Milena Fuentes, Ministère de la magie, auror.

-Mais je n'ai aucune compétence pour être auror !

-Tu as vécu la guerre contre Voldemort et je t'ai déjà vu à l'épreuve, tu t'en sortiras très bien ! Me rassure Fred.

-Cette Milena… Elle a vraiment existé ?

-Non, c'est une identité nouvelle que tu as reçu, nous nous sommes débrouillés pour te trouver un logement et de quoi vivre, ce qui au passage est difficile lorsque tu es un fantôme et que personne ne te voit, m'explique Fred.

-Trêve de bavardages, interrompt Jim, tu ferais mieux d'aller te préparer.

A contrecœur je retourne dans la chambre, prends des vêtements et vais me doucher. Au moins j'ai toujours à peu près le même style vestimentaire… Je me prépare en vitesse tandis que les deux hommes m'attendent patiemment dans le salon. Une fois prête nous nous rendons jusqu'au ministère. Nous entrons tous trois dans une cabine téléphonique du centre de Londres, heureusement que les fantômes ne prennent pas beaucoup de place, et je donne le mot de passe qui donne accès au ministère.

Nous rentrons dans l'ascenseur puis nous nous dirigeons jusqu'à l'étage où se trouve le bureau des aurors.

-Nous te laissons ici, petite sœur, on se rejoint tout à l'heure.

-A tout à l'heure, me dit Jim avec un grand sourire.

J'hoche discrètement la tête mais ne réponds pas. Personne ne peut les voir et les entendre à part moi, j'aurai l'air d'une folle à parler toute seule. Je marche dans le couloir et tombe enfin sur le département des aurors.

-Vous devait être la nouvelle, me dit une femme d'une trentaine d'année qui doit être la secrétaire. La chef des aurors vous attend.

Je me rends jusqu'au bureau qu'elle indique et toque, bien que la porte soit ouverte. Soudain une femme apparait devant moi et j'ai l'impression de faire un arrêt cardiaque.

-Hermione Granger, chef des aurors. Vous devez être Milena Fuentes ? Ravie de vous rencontrer enfin !

Ma main tremble alors que nous nous serrons la main. Elle me dévisage un instant et parait tout à coup perturbée.

-Un problème ? Je demande poliment.

-Non, me répond-t-elle. Assoyez-vous, nous allons parler des formalités puis vous pourrez commencer à travailler.

Alors que nous commençons à bavarder je ne peux m'empêcher de remarquer son air vague et triste, comme se remémorant de douloureux souvenirs.