Note de l'auteur : Voici le nouveau chapitre ! Merci pour vos superbes reviews qui me font chaud au cœur et qui me motivent à écrire la suite ! J'adore voir vos impressions et savoir que vous êtes intrigués par ce que vous lisez. Sans plus attendre, voici la suite !

Gros bisous et bonne lecture.

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Chapitre 7 :

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Une fois de retour dans le manoir, un elfe m'informa qu'Éleanor m'attendait dans le petit salon pour effectuer ma première leçon de la journée. Je me précipitais dans ma chambre afin de cacher la couverture ainsi que de la poupée dans une malle qui se trouvait au pied de mon lit.

Je devais absolument devenir hermétique avant de retourner de Madame Croupton. Elle ne devait rien soupçonner avant que j'en sache plus sur cette affaire. Je manquais encore d'information avant de pouvoir espérer la confronter. Je fis le calme dans mon esprit, soufflant un bon coup et ainsi faire le tri sur ce que je savais et ce qu'il me restait à trouver.

Il en allait de ma vie, et de ma survit dans ce monde où je trouvais beaucoup plus dangereux que l'ancien. C'est vrai que je n'avais pas eu de chance par le passé, et que j'avais grandi dans la pauvreté, mais cela me semblait moins dur que d'être ici. En effet, je viens de tomber dans un monde en guerre, et où je ne connais aucun code pour évoluer correctement parmi les autres.

De plus, j'hésitais encore sur le fait de rester ici ou de m'enfuir dès que l'occasion se présentera. Je ne savais pas où je serais le plus en sécurité. Je devais penser à moi avant tout et faire en sorte que je puisse sortir de cette situation.

Ma journée se déroula, dans la mesure du possible, comme à l'accoutumer. J'appris l'existence de nouvelles créatures magiques, la potion de l'Amortentia et ses effets et j'ai dû apprendre un nouveau texte par cœur avant qu'on ne me le dicte pour que je le recopie.

Lors du repas, le silence était de mise, comme souvent. Eleanor n'était pas portée sur la conversation et le badinage. Elle était souvent perdue dans ses pensées, et depuis le départ de Kingsley ce matin, elle avait tendance à trembler des mains par moments. Je ne savais pas de quoi ils avaient parlé mais cela semblait la travailler.

La nuit venait enfin, annonçant le départ de la maîtresse de maison pour ses appartements. Elle partait très tôt se coucher, dès le coucher du soleil. Cela m'avait surprise au début et je m'étais vite dit que c'était une habitude garder de la prison pour se repérer dans le temps. Une journée se clôturait et une nouvelle allait bientôt prendre la place.

Une fois seule dans la salle à manger, je laissais les elfes de maison débarrasser la table alors que je partais en direction du salon où se trouvait le portrait de la jeune Gemma Croupton. Mais avant d'entrée, j'eus l'idée d'aller chercher la poupée que j'avais trouvée dans le chenil pour la lui montrer. Peut-être qu'elle pourrait me dire quelque chose sur elle.

Une fois dans la pièce, je vins me placer devant la toile de la jeune fille. Je la fixais du regard et celle-ci me sourit, comme elle le faisait habituellement à chaque personne qu'elle croisait. Elle bougeait mais elle n'était pas capable d'interagir verbalement avec ceux qui lui font face, d'après ce que j'avais vu. Je fis donc un signe de la main pour vérifier qu'elle me répondrait et celle-ci me le rendit de bonne grâce.

« Peux-tu parler ? Lui demandais-je doucement pour que personne ne m'entende dans la maison. »

Gemma me regarda pendant quelques secondes sans rien dire ni rien faire quand enfin elle me répondit par un signe négatif de la tête. Elle semblait surprise que je m'adresse directement à elle. Tout à coup elle sautilla doucement sur place, heureuse de ce nouvel échange que je lui proposais.

« Mais tu me comprends quand je te parle ? Vérifiais-je, peu sûr de moi au vu de son insouciance. »

Encore une fois elle me fit un signe de la tête, mais cette fois, pour émettre une réponse positive. Je devais donc choisir des questions où elle pourrait répondre par oui ou par non. Cela me compliquait les choses...

« Es-tu morte comme ta mère le prétend ? Osais-je lui demander, gêner de le faire de but en blanc. »

Elle se figea alors qu'une ombre passait dans son regard. Elle acquiesça avant de me sourire de nouveau mais celui-ci avait un petit pincement. Je sortis la poupée de derrière mon dos pour la lui montrer.

« Est-elle à toi ? Continuais-je, mais d'une voix plus douce comme pour s'adresser à un enfant, ce qui n'était pas tout à fait faux. »

Elle applaudissait alors que son sourire s'agrandit de nouveau. Elle émit une réponse positive tout en tendant ses mains vers la poupée.

« Je suis désolée, je ne peux pas te la rendre car elle ne pourra pas rentrer dans le tableau auprès de toi. Lui expliquais-je contrite, alors qu'elle se calma. »

Mais elle ne prit pas mal la chose, semblant comprendre que sa volonté était impossible à réaliser.

« Sais-tu dans quelle circonstance es-tu morte ? L'interrogeais-je alors que je détournais son attention de ma question en bougeant la poupée devant le tableau comme pour jouer avec elle. »

Elle chercha un instant, comme si elle retournait ses souvenirs afin de trouver l'information mais elle finit par baisser ses épaules avant de souffler. Elle secoua son visage de droite à gauche en me regardant avec des yeux désolés.

« Ce n'est pas grave ma puce, ne t'inquiète pas. La rassurais-je alors que jouait toujours avec elle et la poupée. »

Je ne pensais pas pouvoir tirer grand-chose de nouveau avec cette pauvre jeune fille. Elle semblait limiter dans ses souvenirs ainsi que dans ses capacités de réponse. Et pour finir c'est une enfant à peine âgée de 5 ans. J'osais une dernière question avant de retourner dans ma chambre pour la nuit.

« Te rappelles-tu de ton frère ? Barty ? La questionnais-je une dernière fois. »

Elle me fit oui de la tête tout en me montrant la poupée que je continuais de remuer dans tous les sens. Je ne comprenais pas ce qu'elle essayait de me dire...

« La poupée ? Essayais-je de la comprendre. »

Elle chercha comment me faire comprendre ce qu'elle essayait de me dire avant de mimer avec ses mains le fait d'être deux et de jouer.

« Ah ! Tu jouais beaucoup avec lui ? Devinais-je enfin, alors qu'elle acquiesçait. Tu l'aimais donc beaucoup, je suppose ? »

Son sourire se transforma encore une fois pour devenir plus doux et aimant alors qu'elle me répondit encore une fois positivement. Je saluais avant de lui promettre de revenir lui parler une prochaine fois. Elle me fit un signe de la main alors que je quittais la pièce.

De retour dans ma chambre, je fis la part des choses. Je n'avais pas gagné beaucoup d'information jusque-là. Malgré tout, je savais que la mort de Gemma cachait une issue tragique, et même un meurtre. Je ne vois pas d'autre explication sur le fait de cacher la mort de son enfant aux autorités. Si toute la famille cachait ce terrible secret, c'est que le coupable était permis eux. Et qui d'autre que Barty pouvait en être l'auteur ? En effet, le couple Croupton avait bien prouvé qu'ils étaient capables de tout pour protéger leur fils malgré les monstruosités qu'il avait pu commettre. De plus son comportement était réellement obsessionnel envers sa sœur, d'après ce que j'en avais vu. Il était en pleins dénis face à la mort de celle-ci, et la voit en moi. La culpabilité le poussait-il à voir ce qui l'arrangeait ? Malgré le fait qu'il sache que c'était faux ?

D'après ce que j'ai pu voir, Barty avait un gros problème psychologique avec une tendance aux changements d'humeur. Il avait des accès de violence, et cela avait très bien pu le pousser à tuer sa sœur sur un accès de rage.

Alors que j'étais perdue dans mes pensées, je n'entendis pas la personne qui pénétra dans ma chambre par la fenêtre que j'avais laissée ouverte un peu plus tôt, comme je faisais habituellement pour laisser l'air du soir entrée et ainsi m'éviter les cauchemars. Cette personne vint dans mon dos, et posa sa main sur mon épaule sans que je puisse remarquer sa présence jusque-là.

« Gemma... Tu m'as tellement manqué. Me dit une voix que je reconnut tout de suite comme étant celle de mon frère de substitution. »

J'eus un sursaut sur le côté et me tournai pour faire face à cet intrus. Barty se trouvait devant moi, habillé d'une robe brune de sorcier. Il semblait propre sur lui et un peu plus reposer que la dernière fois que je l'avais vu. Il me sourit doucement tout en faisant une tentative de venir me prendre dans ses bras. Ses mouvements étaient plus mesurés et on ne voyait aucun tremblement dû au stress.

« Non ! L'arrêtais-je en mettant mes mains devant moi pour le tenir à distance.

Que... ? Se stoppa-t-il, surprit.

Je ne veux pas que tu m'approches ! Tu es un meurtrier ! L'accusais-je directement d'une voix véhémente.

Oui, j'ai tué plusieurs fois dans ma vie mais toujours pour la bonne cause. Celle du maître. Me répond-il calmement, ne se doutant pas de l'horreur de ses propos.

Tu as même assassiné ton propre père ! M'écriais-je, folle qu'il reste si calme alors qu'il parlait de ses crimes sans aucun scrupule et sans une once de culpabilité.

Oui bien sûr, je t'ai toujours promis que je le ferais. Sous-entendait-il, sans que je comprenne ce qu'il voulait dire.

Comment as-tu pu faire ça ? C'est horrible ! Étais-je dégoûté de la personne qui se trouvait en face de moi. Comment ai-je pu t'aider à t'enfuir alors que la seule chose que tu mérites c'est de retourner en prison !

Mais... Gemma que se passe-t-il ? Je ne comprends pas... Chercha à comprendre Barty alors que sa langue vint lécher sa lèvre supérieure, signe qu'il perdait son contrôle.

Il n'y a rien à comprendre ! Je sais ce que tu as fait à ta sœur ! Bluffais-je dans l'espoir de le faire réagir.

Pardon ?! Se figea-t-il tout à coup très froid, des tremblements lui parcourant le corps.

Je sais que ta sœur a été assassiné et que c'est toi qui l'as fait ! Continuais-je mais mon courage me faisait défaut alors que je voyais que Barty commençait à trembler compulsivement tout en se léchant les lèvres.

Tu mens ! Elle n'est pas morte ! Me cria-t-il alors qu'il se jeta sur moi pour me plaquer contre le mur de chambre alors qu'il m'étranglait de ses deux mains. »

Ses yeux étaient comme fous. Je ne parvenais plus à voir le doux Barty qui avait fait irruption dans ma chambre, il y a encore un instant. Cela n'augurait rien de bon pour moi. Mais je ne put m'empêcher de continuer et d'essayer d'en savoir plus. Je devais absolument savoir si cet homme qui avait gagné ma confiance et ma pitié le méritait, si je ne m'étais pas trompé sur son compte. Barty me touchait beaucoup sur beaucoup de points, mais je ne voulais pas reconnaître qu'il pouvait être véritablement ce que l'on disait de lui. Je devais trouver une explication ! Je voulais le faire réagir et le pousser au-delà de ses limites pour voir ses réactions.

« J'ai vu ce que tu lui as fait subir... Tentais-je de lui dire avec le peu d'air qui parvenait à sortir de mes poumons à cause de ses mains sur moi cou.

Je ne lui ai jamais rien fait ! Me cracha-t-il au visage en resserrant ses doigts sur moi.

J'ai vu le chenil... Soufflais-je une dernière fois, sachant que je pourrais plus rien dire de plus, tant le manque d'air se faisait grand. »

Mais avant que je puisse tomber dans les pommes, je sentis qu'on me relâchais pour que je m'effondre au sol. Barty ne me tenait plus. Je tentais de reprendre une respiration normale, malgré la difficulté et la douleur que cela pouvait me faire. Chaque bouffé d'air était comme du feu entrant dans mes poumons. Je toussais compulsivement en cherchant à retrouver mon calme.

Quand je relevai mes yeux, je vis Barty accroupi contre le fond de ma chambre, ses mains entourant son visage. Il murmurait des mots sans suite, et je ne parvenais pas à les comprendre. Je tremblais encore de peur suite à la tentative de meurtre qu'il venait de me faire subir. Je ne savais pas quoi faire. Devais-je aller chercher de l'aide ? Appeler Eleanor pour dire que son fils était de retour dans le manoir ? Aller le voir pour savoir ce qu'il avait ?

« Tu as essayé de me tuer... Lui fis-je remarquer sans une once d'émotion dans la voix ni de reproche, faisant juste la constatation.

Je n'ai rien fait à Gemma... Me répéta-t-il comme un mantra. Ce n'est pas moi...

Alors qui ? Lui demandais-je, toucher par la voix d'enfant qu'il avait à cet instant. »

Comment pouvais-je encore ressentir de la pitié pour lui après ce qu'il avait tenté de me faire ?! Des fois je ne me comprenais pas, moi et mes ressentis. Je vis Barty se relever et regarder dans ma direction. Il avait yeux vides, hanter par de sombres pensées.

« Je ne te n'ai rien fait Gemma, je te le jure... Me promit-il tout en venant sur les genoux pour me rejoindre pour poser sa main sur mon visage, malgré mon geste de recul motivé par la peur. Je t'ai toujours protégé ma puce... Me lança-t-il une dernière fois avant de se redresser et de repasser par la fenêtre pour s'enfuir. »

Je voulus le rejoindre et le rattraper mais il avait déjà disparu. Je regardais dehors dans l'espoir de le voir dans le parc autour du manoir, mais je ne vis rien. J'eus un soupir, perdu face aux événements que je venais de vivre.

« Vous vous trompez complètement, Maîtresse. Intervint une voix à l'entrée de la chambre.

Pardon ?! M'exclamais-je, surprise de voir un elfe à l'entrée de ma chambre. Depuis quand êtes vous là ?!

Depuis le début de votre conversation, Maîtresse.

Comment vous nommez vous ? Et vous n'alliez rien tenter alors qu'il souhaitait me tuer ? Lui demandais-je comme une évidence.

Le Maître ne l'aurait pas fait. Me répondit-il simplement alors qu'il allait faire demi-tour. Je me nomme Berny Maîtresse.

Attendez ! Que vouliez vous dire sur le fait que je me trompe ? Sur quel point ? L'interrogeais-je.

Maître Barty n'aurait jamais fait de mal à Maîtresse Gemma, elle était toute sa vie. Me dit-il une dernière fois avant de partir.

Attendez ! Tentais-je de le retenir. »

Je n'eus pas le temps de lui poser plus de question avant qu'il ne parte à son tour, comme son maître avant lui. L'attitude de Barty m'avait beaucoup touché et fait douté. Il est vrai qu'il avait été violent et avait voulu me tuer, mais cela était comme motivé par la blessure qu'avaient causée mes mots et mes accusations. Il est vrai qu'il ressentait quelque chose de fort pour sa soeur, à la limite de la folie. Mais le lien qu'ils avaient aurait-il pu être si fort qu'il aurait été bénéfique non négatif auprès de Barty ? Gemma aurait-elle été la personne étant capable de la calmer envers et contre tout, comme une bouée de sauvetage qu'il aurait perdue, le poussant à la folie ?

Je sentais que je devais découvrir la vérité. Déjà, pour savoir si je devais me fier à cette famille et pour savoir si je devais continuer à me fier à ma première impression sur Barty. Mais même si je découvrais que Barty n'était pas fautif dans la mort de sa sœur, cela n'empêchait pas le fait qu'il avait tué plusieurs personnes de sang-froid. Quelles avaient été ses motivations ? Tout cela était poussé par mon envie de le comprendre. J'avais besoin de comprendre ! Pourquoi ? Moi-même je le savais pas...

Les jours qui suivirent, je fis en sorte de m'entraîner à la potion de vérité comme me l'avait conseillé Madame Croupton. Par contre, je fis la demande à ce que ça soit un elfe qui me poserait une liste de questions que j'avais pré-établie à l'avance. Je souhaitais pas qu'Éleanor essaie de me poser des questions pour découvrir des choses sur moi alors que je serais la plus vulnérable. Je ne savais pas encore si je pouvais lui faire confiance. Surtout avec ce que je découvrais petit à petit sur cette famille.

Je n'eus pas le temps de faire plus de recherches dans le manoir, car entre les visites de Kingsley, les protocoles, les cours de magie et enfin les testent avec la potion de vérité, je n'en avais pas le temps. J'avais bien tenté de m'éclipser plus tôt lors des repas, ou de sortir la nuit pour partir en exploration mais j'étais toujours interrompu par la venue de quelqu'un qui me cherchait ou bien cet elfe, Berni, qui avait défendu Barty cette fameuse nuit. Il devait se douter de quelque chose et m'empêchait d'en découvrir plus sur son maître. On pouvait lui accorder une chose, il lui était totalement fidèle malgré sa longue absence.

Mais la veille de ma convocation au Ministère, j'eus l'opportunité qu'il me fallait. Après une énième visite de Kingsley, où Éleanor me demanda de les laisser discuter entre eux, je la vis ressortir seule du petit salon, au bout d'une heure, complètement agiter. Elle se précipita dans le bureau de son mari, à l'étage. Les elfes étaient tous occupés par le repas à cette heure-là, et mon prochain cours ne commençait que dans une heure, donc j'avais le temps de partir en exploration.

Je fis attention à être discrète et partie à la suite d'Éleanor, dans l'aile des maîtres. Une fois à l'étage j'entendis la voix lointaine d'Éleanor parler dans le vide. Elle semblait perdue dans ses pensées qu'elle exprimait tout haut. De plus, la porte du bureau n'était pas totalement fermée, et je devais faire très attention à ne faire aucun bruit pour qu'elle ne m'entende pas.

Je pris la première portée sur ma droite et l'ouvris. Je ne rencontrais aucune résistance et je vis qu'elle cachait la bibliothèque de la famille. Elle semblait immense ! Plusieurs étagères se succédèrent les unes aux autres. La pièce était sombre et peu avenante. Je décidais de reprendre mes recherches et de pas m'attarder dans cette pièce pour revenir peut-être plus tard pour y faire des recherches sur le moyen de retourner dans mon monde.

La porte qui se trouvait en face était un petit boudoir à thé très raffiner. Sûrement un lieu d'accueil pour certains privilégiés de la famille. Je refermais cette porte pour m'enfoncer un peu plus dans le couloir. Des tableaux ainsi que des photos se trouvaient aux mûrs. Je pus enfin voir à quoi ressemblait toute la famille Croupton actuelle. Autant les toiles que les photos bougeaient, mais seules les photos n'interagissaient pas avec la personne qui lui faisait face, rejouant la scène capturer encore et encore.

Je voyais beaucoup de photo des enfants jouant ensemble, et à chaque fois qu'on voyait Barty avec sa sœur, celui-ci souriait, comblé et heureux. Des photos de lui plus jeune ainsi que de ses parents étaient présentes aussi. Sur celle-ci Barty semblait n'avoir que 5 ans et particulièrement moroses. Son père qui se trouvait derrière lui dans une attitude fière, avait le regard froid et vide. Il ressemblait beaucoup à son fils actuel dans son attitude.

Dans une autre, où Barty devait avoir juste un an de plus que la précédente, le père serrait fort l'épaule de son fils pour qu'il ne bouge pas. Sa mère jetait un regard inquiet en coin et le père était immobile. Cela ne dura que quelques secondes et la scène reprit du début, sans fin, me montrant continuellement ce jeune Barty grimaçant de douleur contenu.

Les seules photos où Barty souriait étaient celle avec sa sœur, d'autant plus quand il n'était que les deux. Ils jouaient beaucoup ensemble et sur certaines je vis la poupée que j'avais trouvée dans le chenil. Gemma la serrait contre elle et la tendait des fois à son frère pour qu'il joue avec devant elle avant de la lui rendre. Je n'en vis aucunes avec les parents se montrant gentil et aimant, avec des gestes d'affection envers leurs enfants. Tout était question d'apparence et de dignité dans les photos de famille.

Dans une autre, Barty tenait sa sœur bébé dans ses bras, ses yeux s'illuminaient de pur bonheur. Il avait les yeux remplis d'étoile et avait des gestes très doux envers sa sœur alors qu'il la serrait contre lui. Tout ce qu'on pouvait attendre d'un frère aimant envers sa jeune sœur. On comprenait que la venue de sa sœur avait comblé de bonheur le jeune Barty.

Dans la fin du couloir, on ne voyait plus Gemma et Barty semblait plus vieux. Je devinais que ces photos dataient d'après la disparition de Gemma. Barty avait le visage éteint et sans vie. Les photos de famille semblaient froides et surjouées, beaucoup plus que les premières en tout cas. Plus Barty devenait vieux, plus son regard se transformait, devenant froid et calculateur. On pouvait voir un sourire en coin dans certaines, un sourire qui donnait des frissons. La disparition de sa sœur a été un tournant dans l'état psychologique de Barty, d'après ce que je pouvais analyser des photos. Sa vie s'était éteint en même temps que celle de sa sœur.

Je décidais de ne pas aller plus loin dans le couloir au risque de m'approcher trop près du bureau et ainsi de me faire repérer par Éleanor. Je choisis de revenir sur mes pas et de rentrer dans une des pièces, encadrée de photo de Gemma. Une fois la porte ouverte je découvrais que la pièce était la chambre de la jeune fille, comme j'en avais eu l'intuition.

Je fis le tour, et je vis une belle chambre de petite fille, rester intacte comme si celle-ci ne l'avait jamais quitté. Tout était bien rangé, rien ne dépassait. Encore une fois des photos se trouvaient aux mûrs. Toutes représentaient soit des animaux magiques comme des licornes ou encore des fées, soit de son frère et elle jouant dans sa chambre. Sur toutes on voyait Barty avec sa patience et son envie de passer du temps avec sa jeune sœur.

Plus j'avançais dans mes recherches, plus je doutais de mes soupçons du début. Barty semblait beaucoup tenir à sa sœur, et n'avait aucune tendance à la violence avec elle. Après ce n'était que des photos mais je sentais que les sentiments qu'elles montraient étaient sincères.

Je fouillais dans le placard ou les malles mais je ne vis rien qui sortait de l'ordinaire, il y avait tout ce qu'on pouvait trouver dans la chambre d'une jeune fille bien traitée et heureuse. Je fis donc demi-tour pour sortir dans le couloir et partir à la recherche de la chambre de Barty quand les éclats de voix provenant du bureau montaient encore.

Je me rapprochais dans l'espoir de comprendre ce qu'ils se disaient, car je compris rapidement qu'il n'y avait pas qu'Éleanor qui parlait dans ce bureau. J'entendais la voix d'un homme qui m'était familière et j'avais peur de comprendre de qui il pouvait s'agir.

« Comment peux-tu lui faire confiance ? On ne sait rien d'elle ! S'exclama la voix en colère d'Eleanor.

Je ne t'ai rien demandé ! Lui répondit froidement la voix de l'homme.

Mais Barty... Tu as beau le vouloir, Gemma ne reviendra pas... Elle n'est pas elle ! S'évertua à dire sa mère en espérant ouvrir les yeux de son fils.

Si ! Cria-t-il fou de rage. C'est elle ! Elle est ma sœur ! Et je veux que tu l'aides ! Lui ordonna-t-il. »

Comment pouvait-il dire ça alors que la dernière fois que je l'avais vu, j'avais été aussi horrible avec lui. De plus, lors de notre entrevu, il avait semblé comprendre que je n'étais pas véritablement sa sœur, et pourtant il maintenait tout le contraire maintenant.

« Je n'ai pas confiance Barty... Je sens qu'elle te fera du mal... Lui confia-t-elle d'une petite voix. Elle te prend pour un monstre meurtrier, mon fils...

Je le sais. Dit-il simplement, sans laisser aucune émotion transparaître.

Comment ça ? Lui demanda-t-elle, suspicieuse.

Ce n'est pas tes affaires ! Fais seulement ce que je t'ai demandé ! Lui ordonna-t-il de nouveau avant de laisser place au silence. »

Je sentais que la conversation venait de finir et je fis rapidement demi-tour, rentrant dans la première pièce qui se présentait à moi. Juste au moment où je refermais la porte, j'entendis Eleanor prendre le couloir pour descendre en bas. Je savais que j'avais peu de temps avant qu'elle ne me cherche et veuille faire la leçon du jour.

Je regardais où je me trouvais avant de redescendre mais mes plans tombèrent dans l'oubli quand je vis ce qui se déroulait devant moi. Cette chambre ressemblait beaucoup à celle de mon enfance. Les murs étaient vides, on ne voyait qu'un lit avec une malle et des portes dans le mûr laissant pensée à une armoire. On ne ressentait pas la joie de vivre de l'enfance dans cette chambre. On ne voyait aucun jouet, seuls plusieurs livres et un bureau rempli de documents.

J'avançais dans la pièce, me dirigeant vers le bureau pour voir plusieurs feuilles provenant de prise de notes. Je n'y fis pas attention et fouillais les tiroirs. Je ressortait plusieurs feuilles dans le même genre que celles sur le bureau. Je poussais mes mains dans le tiroir dans l'espoir d'en extrait plus sans rien trouver. Mais je sentis qu'à l'intérieur, se trouvait quelque chose de caché. En effet, un petit livre se trouvait à l'intérieur du conduit du tiroir, coller sur la partie supérieure de celui-ci.

Je tirais sur celui-ci pour le décoller et une fois en main, je le rangeais dans ma robe pour le voir plus tard dans ma chambre. Je fis le tour de la chambre sans rien remarquer de particulier, et je décidais d'ouvrir le placard pour fouiller une dernière chose avant de retourner en bas et que ma disparition ne soit pas suspecte.

Le placard était vide et de premier abord on ne remarquait rien. Mais en faisant attention de plus près, on voyait un anneau sur le sol de celui-ci. Cette armoire ne disposait pas de penderie ni de vêtements, juste un anneau comme pour attacher les chevaux devant une étable. Sur les murs de l'armoire, on pouvait voir des griffures ainsi que sur les portes en bois.

M'étais-je complètement trompé ? Était-ce Barty qui avait subi toutes ces horreurs ? J'avais peur de comprendre toute l'étendue de ce que laissaient entendre ce que je découvrais. J'eus un hoquet de stupeur en voyant les griffures et le sang sécher sur les portes. Je passais délicatement mes doigts dessus comme pour ressentir le témoignage lourd que laissaient voir ces traces.

Des larmes me vinrent aux yeux et ma respiration se fit laborieuse. Une crise de panique me pris quand mes propres souvenirs se mélangeaient à ce que je voyais ici. J'avais beau avoir connu la terreur par le passé, je n'avais pas vécu ce que Barty avait ressenti durant le sien. Mais je pouvais le comprendre. Mes larmes allaient vers ce petit garçon qui n'avait pas mérité toutes ces choses que je pouvais deviner encore moins celles qui m'échappaient encore.

Je me fis violence pour me calmer et redescendre avant que mon absence ne soit remarquée. Je me précipitais dans le couloir faisant attention à ne pas faire de bruit pour rejoindre ma chambre. Je rangeais le carnet avec la poupée et la couverture dans la malle au pied de mon lit. J'entendis Éleanor m'appeler dans la maisonnée pour notre leçon.

Je me reconstituais un visage neutre avant de sortir de la chambre et de la rejoindre dans le petit salon. Je devais aussi sécher les larmes qui m'étaient montés aux yeux.

« Susanne ! M'appela-t-elle une énième fois.

Je suis ici Eleanor. Lui répondis-je alors que j'entrais dans la pièce.

Mais où étais-tu ?! Ça fait dix fois que je t'appelle ! S'impatienta-t-elle en tapant du pied dans une attitude très peu noble et employant un ton plus que familier avec moi.

J'étais sortie pour m'aérer l'esprit. Lui répondis-je simplement, comme une évidence.

Et bien tu es en retard ! Rajouta-t-elle en colère.

Je vous prie de m'excuser de mon retard. Lui dis-je, neutre. »

Elle semblait désarçonner par mon calme. Il était vrai que j'essayais de garder un maximum mes pensées en moi. Je tenais pas à juger encore une fois trop vite ou de tirer des conclusions hâtives. Donc je ne laissais rien paraître de mes soupçons ou de mes pensées et lui faisait face en mettant en action ce qu'elle m'avait apprise. Avoir l'air neutre et imperméable aux regards des autres.

Mais Éleanor, elle, ne semblait pas pouvoir retrouver son calme. Elle était agitée et en colère. L'objet de sa colère ? Moi d'après son regard fixait dans le mien. Elle réfléchissait depuis quelques secondes quand elle décida de se tourner vers moi et de m'annoncer ce qu'elle voulait me dire.

« Nous allons changer le programme de cette après-midi.

Ah ? Et que comptez-vous faire à la place ? Lui demandais-je calmement, ne laissant rien paraître de mes interrogations face à ce revirement.

Demain tu as rendez-vous au Ministère, donc je veux voir les progrès que tu as faits avec la potion de vérité. M'annonça-t-elle de but en blanc.

Pourquoi ? Voulus-je savoir car je sentais qu'elle me cachait quelque chose.

Car je veux vérifier si tu es bien préparée. Il est important que tu ne dises rien qui puisse nuire à mon fils ou à moi. M'expliqua-t-elle.

Les elfes vous font pourtant un rapport de nos essais, donc vous devriez savoir que je m'en sors plutôt bien depuis ma quatrième tentative. Lui soulignais-je.

Effectivement mais je veux le voir et ainsi en avoir le cœur net. Mon elfe te posera les questions, comme d'habitude, et on ne s'arrêtera que quand je le jugerais bon. Décida-t-elle. De plus, si tu as besoin de conseil, je serais plus à même de t'en donner que mes elfes, ayant déjà subi cette potion lors de mon arrestation à la prison d'Azkaban.

D'accord... Hésitais-je à répondre après un temps de réflexion, convaincu par la pertinence de ses arguments. »

L'elfe vint à ma rencontre et me tendit la potion comme chaque jour. Il commença la liste de questions que je lui avais donnée et je sue répondre sans rien laisser transparaître. Mais Éleanor vint se poster à côté de son elfe pour me regarder en face. La panique montait en moi, dans ses yeux je voyais qu'elle avait un plan.

« Comment te nommes-tu ? Me demanda-t-elle alors qu'elle n'en avait pas le droit.

Susanne Macbright. Lui répondis-je véritablement, surprise qu'elle soit intervenu.

Hm... Suis-je ta mère ? Continua-t-elle.

Non. Étais-je obligé de répondre.

Comment se nomme-t-elle ?

Arianna Macbright. Crachais-je entre mes dents alors que j'essayais de lutter.

Où étais-tu avant d'atterrir dans le cimetière ?

Sur la place de mon village, sur un bûcher. Répondis-je avec des larmes de rage dans les yeux.

Quelques secondes Madame. Intervint la voix de l'elfe.

Puis-je te faire confiance ? M'interrogea-t-elle une dernière fois.

Non ! Lâchais-je pleine de haine. »

Je sentis que je pouvais de nouveau contrôler mes pensées et mes réponses. Je me mis debout pour lui faire face, folle de rage.

« Comment avez-vous osé ?! M'écriais-je proche de son visage.

Je viens de te prouver que tu ne peux pas faire face au Ministère ! Ta panique t'a fait perdre tes moyens et tu ne pouvais plus organiser des pensées et les réponses que tu pouvais dire. M'expliqua-t-elle l'air de rien.

Je ne vous parle pas de ça ! Insistais-je en serrant les dents. Vous avez délibérément posé des questions que vous ne deviez pas alors qu'on avait un accord entre nous!

En effet, mais je devais savoir si je pouvais vous faire confiance, et déterminer si vous êtes dangereuse pour ma famille. Me raconta-t-elle comme si cela justifiait son acte.

Je vous interdis de vous approcher de nouveau de moi ! J'ai eu assez de conseil et je m'en sortirais très bien demain sans vous ! Je ne veux plus vous parlez ni qu'on reprenne les cours ensemble. Décidais-je d'une voix sans appelle.

Bien... Dit-elle hésitante face à ma rage.

Je vous conseille de ne plus tenter quelque chose comme ça sur moi de nouveau. Cela pourrait vous coûter très cher ! La menaçais-je dans l'espoir que sa la dissuade de m'approche à l'avenir. »

Je fis demi-tour, sans un regard en arrière et rejoignis ma chambre. Je ne pouvais pas rester plus longtemps ici ! Je devais absolument faire quelques choses pour sortir de ce manoir. Je ne pouvais me fier à personne.

Les larmes me montèrent aux yeux. J'étais épuisée de toujours me méfier des personnes qui m'entouraient. Je ne savais pas où aller ni vers qui je devais me tourner. Le seul qui a été véritablement gentil sans arrière-pensée, était Harry alors que celui-ci n'était qu'un enfant.

Demain, quand Kingsley viendra me chercher, je me renseignerais sur la suite des événements. Si j'avais l'obligation de rester dans le manoir après mon interrogatoire ou si je pouvais partir librement. Si l'interrogatoire se passait à mon avantage bien sûr. J'entendis Eleanor prendre de nouveau les escaliers pour partir à l'étage.

Alors, quand elle s'enfermait chaque jour dans le bureau de son mari, c'était pour parler avec son fils ? Mais Barty ne semblait pas très doux avec sa mère. Il avait été très agressif avec elle alors qu'ils discutaient. Pourtant elle avait fait beaucoup pour lui, allant jusqu'à se sacrifier.

Mais je ne savais pas si je voulais encore chercher à comprendre cette famille. Je voulais simplement les fuir et partir très loin. Il fallait bien dire, que depuis que j'avais rencontré Barty, je n'avais connu que des problèmes. Ma décision était prise ! Je ferais en sorte de partir rapidement d'ici, et ainsi trouver une solution pour retourner dans monde !

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Note de l'auteur : Alors ? Que pensez-vous de tout cela ? Que pensez-vous de Madame Croupton ? Et que va-t-il se passer ensuite ? À vous de me le dire hi hi. Rendez-vous le weekend prochain pour la suite ! Merci de vos futurs review, sans vous on n'aurait pas la motivation d'aller jusqu'au bout donc merci de vos encouragements ^^.

Gros bisous et bonne lecture.