Nouveau chapitre, un peu plus long que les autres! Merci pour les reviews, bonne lecture :)
-Pardon ? Dis-je, la gorge nouée.
-Ginny, me répond-t-elle la voix brisée. Tu m'as demandé si j'étais fiancée tout à l'heure. C'est elle… C'était Ginny. Elle m'a donné la bague avant de mourir.
Elle se met à pleurer, je n'arrive plus à résister, je la prends dans mes bras.
-Tout va bien Hermione, je suis là… Je suis désolée, je sais que c'est dur mais je suis là.
Elle se laisse aller quelques minutes contre moi puis finit par essuyer ses larmes et se redresse.
-Il faut que j'y aille, dit-elle en se levant. On se voit demain matin au ministère, bonne soirée.
Et sans un mot de plus elle transplane et s'en va. Je suis désemparée. Mes mots lui ont-ils mit la puce à l'oreille quant à mon identité ? Je sais que je n'aurais pas dû me laisser aller, que je n'aurais pas dû la prendre dans mes bras mais la voir ainsi était si douloureux… Je rentre à mon tour, Fred et Jim sont déjà là. Je pose mes clés sur le meuble de l'entrée et enlève ma veste en cuir.
-Tout va bien ?
-Ca va, ne t'en fais pas. J'ai juste eu un petit coup de blues, dit Fred en haussant les épaules.
-Dure soirée, hein ? Maintenant je sais très bien ce que tu ressens, répondis-je.
Je m'assois sur le canapé et ferme les yeux. Fred et Jim s'assoient à mes côtés, ils me prennent tous les deux la main.
-C'est dur mais on va s'en sortir ! S'exclame Fred.
-Peu importe les difficultés ou le temps que ça mettra mais on s'en sortira, renchérit Jim.
J'ouvre les yeux, souris et les serre tous les deux dans mes bras.
-Et puis, tu sais le plan dont je te parlais tout à l'heure ? J'ai trouvé de quoi le mettre en place, enchaîne mon meilleur ami.
Il me regarde et me montre un long cheveu roux, un de mes cheveux.
-J'en ai récupéré quelques uns sur ton oreiller avant de partir. Et j'ai tous les ingrédients pour faire du polynectar. Tu vas pouvoir dire ce que tu as besoin de dire à Hermione en étant la vraie Ginny.
-Merci Jim, si j'arrive à lui parler, à faire en sorte qu'elle aille mieux, ça serait déjà un lourd poids en moins.
Je me redresse et m'étire, le cœur un peu plus léger même si les émotions ressenties sont toujours présentes.
Le lendemain matin je me lève tranquillement et me dirige dans le salon. Jim et Fred sont attelés devant un chaudron. Ils commencent déjà à me préparer le polynectar, ils sont adorables. La préparation de cette potion dure un moi mais le jeu en vaut la chandelle.
Je fais ma toilette quotidienne, enfile un pantalon slim en toile gris et un pull noir ainsi que des ballerines et file au travail. Je prends un café en route et me dirige directement vers mon bureau mais Hermione m'y attend, adossée contre le meuble. Elle semble songeuse.
-Bonjour, dis-je l'air de rien.
-Ah bonjour Milena, je t'attendais.
-Ah oui ? Tout va bien ?
-J'aimerais te parler dès que tu auras ta pause, est-ce possible ?
-Bien sûr.
Elle hoche la tête et s'en va. Je soupire et commence à m'installer lorsque Ron vient me voir, tout sourire.
-Merci.
-Pardon ?
-Tu ressembles à ma sœur, pas physiquement mais sur le reste tu lui ressembles beaucoup. Ne serait-ce que ta voix… Tu as la même qu'elle. Ca a fait un bien fou à ma famille, surtout à ma mère, que tu sois là. C'est comme si pendant un instant une partie de sa fille était à nouveau présente.
-C'était avec plaisir, répondis-je, émue. Ta famille est vraiment formidable.
Il prend une chaise et s'assoit à côté de moi. Il tient un dossier dans ses mains.
-Tu me redonnes de l'espoir. Fini de me cacher derrière mes petites enquêtes, je vais vous aider à trouver le salaud qui m'a prit ma sœur !
Nous travaillons ensemble, un long moment. On épluche le dossier, détail par détail, pour trouver le moindre indice. On finit par avoir quelques pistes mais c'est bien trop maigre et on n'a pas de preuves pour pouvoir les exploiter. Mais tant pis, c'est déjà un début. L'heure de ma pause arrive. Hermione se tient devant la machine à café, comme d'habitude. Je vais à son encontre.
-Si je vous proposais de vous offrir un vrai café dehors, vous seriez ok ? Comme ça on pourrait parler en toute tranquillité et vous auriez droit à autre chose que ce café infect.
Elle hoche la tête et nous nous rendons dehors. L'Hermione que je connaissais était bavarde, un vrai moulin à paroles, cette Hermione là parle peu… Mais ça reste tout de même Hermione, mon cœur bat toujours autant en sa présence. On arrive enfin devant un petit café qui se trouve non loin du ministère. Nous nous installons et commandons deux cappuccinos. Hermione prend une des serviettes qui se trouvent sur la table et la fait tourner entre ses doigts, l'air ailleurs.
-Vous vouliez me parler ? Dis-je, l'extirpant de ses pensées.
-C'est par rapport à hier, comme tu dois t'en douter. Je n'ai pas l'habitude de me laisser aller ainsi, pas devant les gens…
-Oui je suis au courant, beaucoup de personnes m'ont demandé si moi aussi je pensais que vous étiez un robot incapable de ressentir des émotions.
-Et tu leur as répondu quoi ?
-Que si c'était le cas ils se sont vraiment améliorés quant à l'aspect physique des robots. Vous êtes plutôt sexy pour un tas de fer, dis-je en portant mon cappuccino à mes lèvres.
Je suis allée un peu trop loin. Elle devrait être outrée ou en colère mais à la place elle sourit. Un faible sourire, un sourire emplit de tristesse mais un sourire tout de même. Le premier que je vois depuis que je suis revenue …
-Je vais prendre ça comme un compliment, me répond-t-elle. Et je pense savoir pourquoi je me suis autant laissé aller avec toi. Tu lui ressembles énormément. On a sûrement dû te le dire plusieurs fois et ça ne doit pas être très agréable pour toi de l'entendre… Cela fait quatre ans que je me laisse plonger dans la dépression et depuis que tu es là j'ai l'impression que ça va mieux, tu me fais penser à elle et ça me fait un bien fou. En fait, j'ai l'impression que tu me comprends, comme si tu me connaissais.
- C'est vrai, on me l'a déjà dit mais ça ne me gêne pas. Et ça me fait vraiment plaisir de vous aider à aller mieux. Vous avez l'air d'être quelqu'un d'extraordinaire.
-Je ne sais pas vraiment pourquoi je voulais te parler, dit-elle en fronçant les sourcils, je n'ai plus l'habitude d'être sociable. Je crois que je voulais te remercier parce que tu as quand même réussi à me donner l'impression, durant un instant, que c'était elle qui me tenait dans ses bras pour me consoler. Alors merci d'avoir été là.
-Ne me remerciez pas. Et je suis toujours là, je le serai autant que vous en aurez besoin.
Elle esquisse à nouveau un petit sourire plein de tristesse, bois son café d'une traite et enfile sa veste de tailleur grise.
-Il faut que je retourne au boulot.
-Je vous accompagne, dis-je.
Je me lève à mon tour, paye l'addition malgré les protestations d'Hermione et nous sortons du café.
-Je ne suis pas pauvre, tu aurais pu me laisser payer mon café ! S'exclame-t-elle alors que nous marchons en direction du ministère.
Je pourrais me vexer face à autant de mauvaise foi mais je connais Hermione et surtout je commence à cerner la personne qu'elle est devenue. Je sais que ce n'est pas méchant, qu'elle est juste mal-à-l'aise et qu'elle ne sait pas comment me remercier. Elle l'a dit elle-même, depuis ma mort elle n'a plus l'habitude d'être sociable.
-Votre petit air boudeur est des plus mignons, dis-je d'un ton amusé.
Elle semble surprise un instant puis hausse les sourcils.
-Je ne sais pas ce qui m'a pris de t'embaucher, me répond-t-elle pour me taquiner.
-Sûrement mon charme naturel qui a encore fait des ravages.
Nous rendons jusqu'au ministère ainsi, tout en nous lançant des pics. Une complicité est entrain de naître. Je rentre et retourne voir Ron qui est à nouveau penché sur le dossier. Il me voit arriver avec Hermione et fronce les sourcils mais je ne m'en formalise pas. Une heure plus tard Hermione sort de son bureau et convoque tous les aurors, l'air agité.
-On a été prévenu de plusieurs meurtres, nous dit-elle une fois que nous sommes tous là. Il est probable que ça ait un rapport avec l'explosion.
Nous nous rendons sur les lieux, nous sommes tous dispersés en duos pour couvrir toutes les scènes de crime qui se situent un peu partout dans la ville.
Ron et moi enfilons nos gants et entrons à l'intérieur, baguette à la main. Une odeur de mort hante les lieux. L'appartement dans lequel se trouve le meurtre qui nous a été confié est sombre. Les vitres sont teintées d'une peinture noire, les meubles sont renversés et il y a des extraits de journaux moldus qui trainent un peu partout. J'en ramasse un et le lis avec effroi.
-Pourquoi nous a-t-on confié ce meurtre s'il s'agit d'un moldu ? Me demande Ron, perplexe.
-C'est un sorcier. Un sorcier fan de terrorisme…
-De quoi ?
-Un truc moldu qui consiste à faire des attentats afin de prôner la terreur et certaines valeurs religieuses ou culturelles par exemple. L'explosion était un attentat, quelqu'un avait volontairement placé une bombe dans la galerie pour tout faire péter, les gens qui étaient dedans avec.
-Donc cet homme pourrait être notre poseur de bombe ? Demande Ron avec espoir.
-Non, je ne pense pas. Juste un pion parmi ceux qui sont à l'origine de l'explosion, peut-être s'est-il renseigné pour eux sur la façon de s'y prendre ou quelque chose comme ça mais rien ne laisse présager que ce soit lui.
-Comment tu peux le savoir ?
Je fais quelque pas et m'accroupis. Par terre différents composants servant à faire une bombe « façon moldue » sont éparpillés.
-Il a tous les ingrédients pour faire une bombe mais apparemment pas la méthode. Tous les essais qu'il a fait sont des échecs.
-Peut être que, justement, c'était des échecs jusqu'à qu'il réussisse et que sa seule réussite fût la bombe placé dans la galerie.
-On ne place jamais une bombe dont on n'est pas sûr qu'elle explose, il n'y à aucun intérêt. En plus ces gens là sont des perfectionnistes, ils essaient jusqu'à être sûr que tout soit parfait. On va quand même ouvrir une enquête sur ce qui reste de lui mais à mon avis ce sera plus pour un acte de complicité que pour le crime lui-même.
Ron hoche la tête et s'approche du cadavre. Il devient extrêmement pâle et fait une mine dégoutée. Je m'approche à mon tour. La vue est horrible, cet homme a dû être torturé jusqu'à la mort pour être ainsi. Il n'a plus rien d'humain, c'est une carcasse constituée de lambeaux de chairs sanguinolents. Même moi qui ai l'habitude de voir toute sorte de choses avec mon passé de médicomage je trouve la vue insoutenable.
Nous sortons de l'appartement. Hermione nous attend dehors, pâle et perdue dans ses pensées, comme d'habitude.
-Les médicomages vont bientôt arriver, dit-elle. Une fois qu'ils auront fait un rapport vous pourrez ouvrir une enquête officielle sur ce qu'il s'est passé. Des idées ?
-Milena a une théorie, répond Ron.
Hermione me fixe, attendant que je m'exprime. J'hésite… Toutes les choses que je m'apprête à lui dire, sur le terrorisme et tout le reste, c'est elle qui me les a apprises. Et peut-être que je me trompe complètement dans mon raisonnement. J'inspire un grand coup et me lance. Hermione m'écoute attentivement tout au long de mes explications éventuelles sur ce meurtre.
-Intéressant, c'est une bonne piste qu'il faudra creuser. Mais où as-tu appris toutes ces choses sur le terrorisme ? Me demande-t-elle, surprise.
-Euh… J'avais une très bonne amie dont les parents étaient moldus. C'est elle qui m'a appris tout ça, répondis-je la gorge nouée.
Elle continue de me fixer d'un air soupçonneux mais fini par hausser les épaules.
-Rentrez chez vous, on continuera demain en fonction de ce qu'auront dit les médicomages.
Ron et moi hochons la tête.
-Tu veux venir prendre un verre chez moi ? Me propose t-il. Tu pourras rencontrer Harry, mon meilleur ami et accessoirement ministre de la magie.
-Le grand Harry Potter ? Dis-je, faussement surprise. Ca serait avec plaisir.
Ron sourit, me prend la main et nous transplanons jusqu'à chez lui. Il habite un appartement dans l'Est de Londres, plutôt petit et sobrement décoré. Beaucoup de photos sont accrochés sur les murs du séjour. Des photos de moi, durant ma jeunesse et lorsque je suis adulte, souriante, aux côtés de mes amis ou de ma famille. Des photos de Rose aussi, où on la voit enfant, courir ou encore entrain d'essayer d'apprendre à voler sur un balai. Je m'approche d'une des photos et la regarde, pensivement. Les larmes commencent à me monter aux yeux mais je les refoule. Il ne faut pas que Ron me voit pleurer sinon il comprendrait… On me voit dessus à ses côtés, tous les deux en tenue de quidditch et un balai à la main. Nous sommes entrain de rire et Ron a son bras autour des mes épaules, dans un élan fraternel et protecteur. C'était peu après la chute de Voldemort, quand mes sentiments envers Hermione étaient encore gérables et que ma relation avec mon frère ne s'était pas encore dégradée. La bonne époque…
-C'est ma sœur Ginny, comme tu peux t'en douter, m'explique Ron, me tirant de mes pensées. Il y à beaucoup d'autres photos mais elles sont chez Hermione.
-Vous aviez l'air proche, dis-je l'air de rien.
Il sourit et me tend un verre d'hydromel.
-Harry ne devrait pas tarder à arriver. Installe-toi.
J'hoche la tête et m'assois sur le canapé. Quelques minutes plus tard on frappe à la porte. Ron va ouvrir et me présente Harry. Toujours le même corps, grand, mince et musclé. Toujours les même cheveux bruns malgré qu'ils soient désormais bien coiffés, toujours les même yeux verts pétillants. Harry n'a pas vraiment changé, mit à part qu'il n'a pas ses lunettes et qu'il fait plus mature.
-Je te présente Milena, une collègue de travail, dit Ron.
-La nouvelle auror ? C'est un plaisir de te rencontrer, répond Harry en me baisant la main. Je suis désolé, je n'ai pas eu le temps de rentrer me changer.
Un ministre qui s'excuse d'être dans un costume classe et sûrement très cher, c'est une première.
-Le plaisir est pour moi. Et pour la tenue il n'y aucun soucis, au contraire, dis-je en souriant.
Harry s'installe à côté de moi tandis que Ron lui sert un verre de whisky-pur-feu. L'ambiance est détendue, nous parlons de tout et de rien. Harry essai d'en savoir plus sur moi, je lui raconte donc mon faux passé. Je lui parle de mon enfance à Miami, de mes études dans une école de magie américaine, de mes premières années en tant qu'auror puis pour expliquer mon accent « so british » je parle de membres de ma famille qui vivent en Angleterre, dont ma mère était originaire. J'explique que c'est grâce à elle que m'est venu mon intérêt pour ce pays. Harry me raconte son enfance, sa lutte contre Voldemort, sa vie à Poudlard…
Au bout de deux heures je sens la fatigue me gagner, je décide de rentrer. Je salue Harry chaleureusement tandis que Ron me raccompagne jusqu'à la porte.
-Nom d'un troll ! Dit-il en se tapant le poing contre le front. Je devais ramener un dossier au ministère et j'ai complètement zappé ! Et avec tout l'alcool que j'ai absorbé je ne suis pas en état de transplaner !
-Pas de problème Ron, je peux passer au ministère avant de rentrer pour le déposer, si tu veux.
-T'es sûre Milena ? Je ne veux pas te déranger…
-Non c'est bon, ça ne me dérange pas, répondis-je.
Il me sourit, attrape le dossier et me le donne. Nous nous disons au revoir et je transplane jusqu'à l'entrée du ministère. Il fait nuit noire et l'air est frais, j'aurais dû penser à prendre une veste. Je me frotte les bras et entre dans le ministère. De la lumière provient du bureau d'Hermione, signe qu'elle est toujours là.
-Hermione ? Dis-je.
Pas de réponse.
-Hermione, c'est Milena.
Apparemment il n'y a personne… Etrange. Je me rends dans le bureau d'Hermione et pose le dossier de Ron sur le meuble. Je m'apprête à partir lorsque mes yeux tombent sur le tiroir. Il est ouvert et le dossier qui avait l'air si confidentiel et que j'ai aperçu l'autre nuit est là. J'hésite un instant et, voyant qu'il n'y a personne d'autre que moi, l'ouvre.
Je m'assois sur le siège, sous le choc. Mon cœur est sur le point d'exploser dans ma cage thoracique, mes mains tremblent et j'ai de plus en plus de mal à respirer.
Tout est là. Des centaines d'indices sur l'explosion. Des dizaines de personnes dont les liens qu'ils ont avec l'explosion sont notés de façon précise et qui, pour la plupart, ont été retrouvés mortes. Si le bureau des aurors n'a pas de pistes depuis quatre ans c'est parce qu'Hermione les sabotait, de façon à les garder pour elle. Je n'arrive pas à y croire. C'est impossible, Hermione n'est pas une meurtrière ! Mais après tout ce n'est plus vraiment Hermione, elle est devenue si différente… Ma mort a-t-elle été si douloureuse pour elle au point qu'elle devienne une criminelle et qu'elle tue tous les gens en rapport avec l'explosion ?
J'entends un bruit derrière moi et fais volte-face. Je crois apercevoir une silhouette dans la pénombre mais je ne suis pas sûre. Je sors ma baguette et m'approche doucement mais il n'y à rien. Je secoue la tête, repose le dossier dans le tiroir que je referme avec précaution et m'en vais. Cette découverte me rend parano. Une fois arrivée Jim et Fred me regardent, les sourcils froncés, avec un air plein de reproches.
-Où étais-tu ? On s'est inquiété ! Me dit Fred.
Je ne réponds pas et les fixe, toujours sous le choc. J'ouvre la bouche, prête à leur expliquer ce que j'ai découvert mais les mots ne sortent pas. Jim se rend compte que quelque chose ne va pas et se radoucit.
-Gin', qu'est-ce qui se passe ?
Pour toute réponse je renverse les meubles rageusement et casse tout ce qui se trouve à porté de main. Je reste silencieuse et me dirige dans la salle de bain. Je me passe de l'eau sur le visage et regarde mon reflet dans le miroir au dessus du lavabo. Je suis pâle, j'ai l'air malade. Des larmes coulent toutes seules sur mon visage. Fred et Jim sont derrière moi et me regardent, désemparés.
-Elle les tue… Dis-je dans un murmure.
Je raconte toute ma journée, sans n'omettre aucun détail.
-Je vais envoyer un hibou à Ron, je ne vais pas au travail demain. Je dirais que je suis malade. J'ai besoin de réfléchir.
Sans un mot de plus je vais dans ma chambre et enfile mon pyjama. Je me couche dans le lit, perdue dans mes pensées. Je sombre dans un sommeil agité.
-Hermione ? C'est Milena ! Dis-je d'un ton désespéré.
Je soupire. Le ministère est vide. Je m'approche et vais dans son bureau. Elle est là, perdue dans ses pensées, le regard au loin, entrain de regarder par la fenêtre.
-C'est de ta faute. Tout est de ta faute, Ginny.
Je sursaute en entendant mon vrai nom et aperçoit mon reflet dans la vitre. Ces long cheveux roux, cette peau blanche, ces tâches de rousseurs. J'ai retrouvé mon identité, je suis à nouveau moi. Mon regard retombe sur Hermione et je ne peux m'empêcher de crier en la voyant couverte de sang.
-Tu aurais dû me dire que tu étais là, que tu n'étais pas morte. Tu as détruit ma vie. Je n'aurais jamais dû te rencontrer, je n'aurais jamais dû te donner mon amour. C'est fini Ginny.
-Qu'est-ce qui est fini Hermione ?
-Ma vie, répond-t-elle en pointant sa baguette vers elle. Avada…
Je me réveille en sursaut, couverte de sueur. Il fait déjà jour. Je ne peux pas laisser Hermione détruire sa vie et celle d'autres personnes, il faut que j'arrête ça. Mais comment ?
Je vais prendre une douche et réfléchis tandis que le jet d'eau froide me réveille complètement. Seule la « vraie » Ginny pourrait ramener Hermione à la raison, je dois donc attendre que le polynectar soit prêt. Par contre ce qui est étrange c'est que ce dossier soit mit en évidence de cette façon. Et le ministère était vide, Hermione n'aurait tout simplement pas laissé son bureau ouvert avec la lumière allumée en partant, elle est si minutieuse. A moins que… Peut-être voulait-elle que quelqu'un découvre son secret ?
Je m'habille en vitesse et sors de chez moi. Je me rends sur le lieu de l'explosion, sans trop savoir ce qui m'amène ici. Un énorme mémorial a été fait, avec des photos des personnes décédés et pleins de fleurs. Je trouve ma photo et la fixe un long moment. Il y a aussi des petits mots écrits à la main.
« On pense à toi Ginny, repose en paix. Seamus. »
« Une élève brillante, une personne extraordinaire, une héroïne attachante. Que Merlin vous garde. Minerva McGonagall. »
« Un mot ne suffirait pas pour tout te dire, pour décrire la fille merveilleuse que tu as été. Il y à tellement de choses que nous regrettons mais seuls les bons souvenirs restent. Nous t'avons aimé, nous t'aimons et nous t'aimerons toujours. Molly et Arthur Weasley. »
« Tu me manques ma tatie préférée. Rose. »
« Ton absence est un drame. J'ai perdu ma raison de vivre dans l'explosion. Je me suis réveillée ce matin à l'hôpital, mon premier réflexe a été de demander où tu étais et à l'instant même où j'ai su que tu étais partie pour toujours je me suis sentie vide. Je suis désolée pour tout, mon amour. Je ne me suis pas rendue compte de la chance que j'avais de t'avoir auprès de moi. Je jure que je ferai tout mon possible pour retrouver ceux qui t'ont fait ça. Je n'arrive toujours pas à réaliser, c'est si douloureux. Je m'attends toujours à te voir réapparaître un jour ou l'autre et j'attendrai éternellement parce que c'est ce mince espoir, cet espoir fou et infondé qui me tient en vie. Je ne t'oublierai jamais Ginny, ça serait nier mon existence même. Je t'aime tellement… »
Le mot est anonyme mais il n'y a pas besoin de signature pour deviner qui l'a écrit. Les larmes me montent aux yeux, une fois de plus. Il y a plusieurs centaines d'autres mots. C'est si émouvant de voir autant de personnes sensibles à ma mort.
-Tu ne trompes personne, Weaslette.
Je fais volte-face vers la voix trainante qui vient de me parler. Les cheveux blonds dansant au rythme du vent, un costume noir, des lunettes de soleil. Drago Malefoy se tient à un mètre de moi. De la tristesse et une sorte de résignation se lisent dans son mince sourire arrogant.
-Qu'est-ce que…
Mais avant que je n'ai pu finir de poser ma question il se tourne et s'en va. J'essai de le rattraper mais il a disparu au milieu de la foule londonienne. Je passe ma main dans mes cheveux, perplexe. Drago Malefoy sait qui je suis.., Comment est-ce possible ? Je soupire. Un mystère de plus à résoudre… J'en parlerai à Fred et Jim en rentrant, peut-être sauront-ils quelque chose à ce sujet. Mais je n'ai pas envie de rentrer tout de suite, je vais m'acheter un sandwich et me rends au Green Park. Il y a un peu de vent mais le soleil rayonne dans le ciel. Je m'assois tranquillement sur un banc de pierre et contemple l'étendue de vert qui m'entoure. Je ferme les yeux et profite de la sensation de chaleur sur ma peau.
-Tu savais qu'à l'origine ce parc était, avant sa création en 1668, un terrain marécageux servant à enterrer les lépreux de l'hôpital Saint James's ?
Un grand sourire étire mes lèvres et Hermione baisse la tête, rougissante.
-Désolée, dit-elle. J'ai tellement l'habitude que je n'arrive même pas à profiter d'un moment romantique avec toi sans étaler mes connaissances…
-Tu es une fille brillante, Hermione, il n'y a pas honte de avoir! Et je trouve ça mignon.
Elle sourit et se love dans mes bras. Je ferme les yeux et lui caresse affectueusement les cheveux. Etre couché dans l'herbe de The Green Park à ses côtés sous le soleil de printemps est un vrai bonheur. Elle relève un peu la tête et pose doucement ses lèvres sur les miennes. J'approfondis le baiser tout en la serrant un peu plus contre moi. Je sens sa main passer sous mon tee-shirt pour caresser avec tendresse mon ventre et remonter vers ma poitrine. Je la regarde, surprise. Je ne m'attendais pas à ce qu'Hermione soit si entreprenante alors que notre relation est récente et si compliquée. Je me redresse, la faisant se redresser au passage. Elle se mord la lèvre timidement mais son regard emplit de désir la trahit.
-Hermione, tu es sûre que c'est une bonne idée ? Si on fait ça on ne pourra plus reculer…
-J'en ai envie, Ginny.
-Tu es sûre de ne pas le regretter après ?
Elle m'embrasse pour toute réponse. Je prends ma baguette et lance un sort de Désillusion sur nous, de façon à paraître totalement inaperçues pour les autres promeneurs, bien qu'on se soit mises dans un coin isolé et peu fréquenté du parc. Hermione sourit et m'invite à m'allonger sur la petite couverture sur laquelle nous étions installées. Elle se couche sur moi et ses doigts replongent sous mon t-shirt pour me caresser tandis qu'elle m'embrasse dans le cou. Je ferme les yeux et soupire. C'est si bon… Elle finit par ôter mon t-shirt mais je me redresse et inverse la position, elle se retrouve à son tour allongée tandis que je lui ôte le haut. Mes doigts effleurent ses hanches, son ventre, sa poitrine, ses bras… Mes lèvres finissent par prendre le relais pour caresser chaque parcelle de sa peau qui s'offre à moi. Alors que nous savourons cet harmonieux moment je sens quelque chose passer près de moi et vois un ballon lancé par un enfant moldu me frôler le haut du crâne à toute vitesse. Je tombe sur le côté et pose ma main sur le cœur, surprise.
-Merde, il m'a foutu une de ces trouilles ! Dis-je.
On a beau être invisibles, je n'ai pas pensé à installer un bouclier autour de nous.
-Repello Moldum, murmure Hermione en pointant sa baguette sur le petit garçon moldu afin de le repousser.
Elle finit par éclater de rire et je me joins à elle. Elle s'arrête et me regarde, les joues roses et des brindilles d'herbe dans les cheveux.
-Je t'aime Ginny.
Je frissonne en entendant les mots qu'elle vient de chuchoter pour la première fois.
-Moi aussi, répondis-je en posant mon front contre le sien.
Cette fois-ci je n'oublie pas de lancer le Charme du Bouclier afin de nous protéger d'éventuels désagréments et nous reprenons là où nous nous étions arrêtés, concrétisant cet amour de façon physique pour la première fois.
J'ouvre les yeux et soupire, me sentant à la fois triste et heureuse en repensant à ce moment là. Je me lève et retourne chez moi. Je parle à Jim et Fred de mon « entrevue » avec Malefoy.
-Je n'en n'ai pas la moindre idée, dit Fred.
-Moi non plus… Tu veux qu'on retourne dans le monde des morts demander une explication ? Propose Jim.
-Non ça ira, je vais moi-même demander l'explication à Drago.
Je transplane et me rends jusqu'au manoir Malefoy. Je toque et le blond vient m'ouvrir, un sourire aux lèvres.
- Ne fais pas trop attention au bordel, mon fils Scorpius qui est en première année à Poudlard vient d'arriver pour les vacances scolaires et il n'est pas du genre très maniaque.
-Trêve de blabla Malefoy. Comment t'es au courant de mon identité ?
Drago serre les lèvres, comme s'il réfléchissait à la réponse qu'il allait donner et finit par soupirer avant de reprendre la parole.
-SCORPIUS ! On a de la visite mon grand, venez dire bonjour !
Un jeune garçon d'une dizaine d'années, les cheveux blonds en bataille et aux magnifiques yeux gris semblables à ceux de son père descend les escaliers avec classe et nonchalance puis vient à mon encontre, un grand sourire chaleureux aux lèvres. Avant que je n'aie le temps de le saluer une autre personne apparait derrière lui. J'ai l'impression de faire un arrêt cardiaque en l'apercevant.
-Rose ? Dis-je en la serrant contre moi.
-'Lut, tatie. Ca fait plaisir de te revoir enfin.
-Mais que fais-tu là ?
-Drago me garde le temps que maman travaille et il m'amènera chez elle quand elle rentrera.
-Malefoy est ton baby-sitter ? Dis-je, perplexe.
-C'est son jour de congé alors il me garde vu que Scorpius et moi sommes très amis.
-Mais euh… Comment ça se fait ?
Rose met son insigne de Poudlard en avant et je peux voir le blason de Serpentard présent sur sa robe de sorcière.
-Ron ne te l'a pas dit ? Demande Drago en rigolant. Il a encore du mal à se faire à l'idée, il était persuadé qu'elle finirait à Gryffondor !
-Ca a dû lui faire un choc ! Dis-je en riant à mon tour.
-Ecoute Weaslette, je sais que j'ai été un beau salaud dans le passé mais j'ai changé. Ta nièce s'est confiée à mon fils parce que c'est son meilleur ami et qu'elle était désemparée de ne pas te voir revenir accomplir ta mission et parce qu'elle voyait sa mère plonger dans la dépression. Ensemble ils ont décidé de venir m'en parler dans l'espoir que je puisse faire quelque chose. Je suis au courant de tout ce qui s'est passé et j'ai l'intention de t'aider, si tu veux bien.
-Merci Malefoy.
Il hoche la tête, gêné et esquisse un petit sourire timide.
-Ca fait des années que vous vous n'êtes pas revues Rose et toi, si vous voulez vous n'avez qu'à passer le reste de la journée ensemble et tu la ramèneras chez Hermione. Qu'en dis-tu ?
-Dis oui, dis oui ! Me supplie Rose en sautillant de joie.
-C'est d'accord. Merci pour tout Drago. Tu as changé, tu es quelqu'un de bien.
Rose et moi allons manger ensemble en ville, dans un petit restaurant. Nous rattrapons comme nous le pouvons le temps perdu. Elle me parle de son année à Poudlard, de Scorpius et de Drago qu'elle adore même si Ron n'en est pas très ravi, de la garde alternée depuis la séparation de ses parents qui se passe très bien, d'autant plus que ses parents sont désormais en bons termes, et d'Hermione. A mon tour je lui raconte tout ce que j'ai vécu depuis la dernière fois que l'on s'est vu dans le monde parallèle entre celui des morts et des vivants, en omettant de lui raconter ma découverte sur sa mère faite la veille. Je lui promets qu'elle pourra venir chez moi voir Jim et Fred avant la fin de ses vacances scolaires et je la ramène. Nous arrivons devant la maison d'Hermione. Rose entre et se jette dans les bras de sa mère.
-Ma puce ! Comment c'était chez Scorpius ? Et il faut que tu me racontes tout ce que tu as appris à l'école ! Dit Hermione en serrant sa fille contre elle.
Elle m'aperçoit alors.
-Milena ? C'est toi qui as ramené ma fille ? Tout va bien ?
-Drago est un ami à moi, j'étais chez lui tout à l'heure et je lui ai proposé de ramener Rose puisque je devais venir vous parler.
-Je vous laisse discuter ! Dit Rose joyeusement en prenant ses affaires et en allant dans sa chambre.
Hermione a l'air surprise, ça veut donc dire que ce n'est pas elle qui a laissé volontairement le dossier traîner sur son bureau hier soir.
-Je voulais m'excuser de ne pas être venue aujourd'hui.
-Ce n'est pas grave, tu es l'un de mes meilleurs éléments, je ne vais pas te licencier. D'autant plus que tu es une des rares personnes que j'apprécie, répond-t-elle en posant sa main sur mon épaule.
-Et je voulais vous dire que…
Les mots ne sortent pas. Sa main toujours présente sur mon épaule, sa voix douce et tous les souvenirs qui me reviennent en tête, tout ça me trouble. Je ne peux pas la condamner pour ce qu'elle fait, je me dois de l'aider et je ne peux pas le faire sous ma fausse identité. Alors je décide d'oublier ma raison et d'écouter mon cœur, je pose mon front contre le sien, comme autrefois, et me blottis contre elle. Elle reste dans un premier temps stoïque puis finit par se détendre.
- Excusez-moi, dis-je en me reculant. Je suis confuse, je ne sais pas ce qui m'a pris…
- Ce… Ce n'est pas grave, répond Hermione, l'air perdu.
-Je vais y aller… Je vous vois demain.
-A demain Milena. Mais arrête de me vouvoyer, je t'ai déjà que j'avais l'impression que tu étais la personne qui me connaissais le mieux.
Je souris et m'en vais, le cœur un petit peu plus léger.
