Note de l'auteur : Me voilà avec un nouveau chapitre ! Désolé pour mon retard ! Il est vrai que j'ai eu une baisse de motivation la semaine dernière, car mon histoire ne semblait pas emballer beaucoup de monde, mais mon entourage m'a beaucoup soutenu et me voilà avec un chapitre beaucoup plus long pour me rattraper et me faire pardonner ^^. N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, encore merci pour les plus fidèles comme Ciillya et Anonix.
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Chapitre 8 : Veritaserum
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Le jour se levait et je n'avais pas pu fermer l'œil plus d'heure, dans la nuit. J'avais ressassé ce qui avait été dit la veille avec Eleanor durant mon entraînement à la potion du Véritaserum. Malgré notre accord, elle avait profité d'un moment de faiblesse de ma part, pour m'interroger sur ce qu'elle avait souhaité savoir à mon sujet. Heureusement, elle n'avait pas cherché à savoir d'où je venais ni ce que je faisais dans le cimetière.
Plus tard ce soir-là, Berni l'elfe de Barty, était venu me voir pour savoir comment j'allais, car je ne m'étais pas rendu au dîner. Berni était un elfe à part. Il était très mature et réfléchi, alors que d'autres elfes peuvent être très soumis et apeurés. Il servait cette famille sans tomber dans la réduction ou l'apitoiement. Il avait l'allure d'un mentor, toujours près à rendre service à ceux qui détenait sa loyauté. Il pouvait être un grand allié et d'un grand soutient. Mais je savais que son allégeance allait avant tout à son Maître, Barty Croupton Junior et j'avais perdu son respect quand j'avais renvoyé son jeune Maître de ma chambre en l'accusant des pires horreurs sans avoir de preuves.
Mais mon avis changea lors de cette fameuse soirée, quand il vint me demander des nouvelles après mon refus de me rendre au dîner.
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« Mademoiselle ? Me demanda l'elfe qui venait d'apparaître dans ma chambre alors que j'étais allongée dans mon lit pour réfléchir.
Qu'y-a-t-il Berni ? Le poussais-je à poursuivre sans quitter le plafond des yeux.
Le repas est servi dans le salon. M'indiqua-t-il simplement, de son habituelle voix morne.
Je ne compte pas manger ce soir, merci. Lui répondis-je, neutre et sans bouger.
Cela n'est pas bien de sauter un repas, Mademoiselle. Décelais-je une once d'inquiétude en lui.
Je n'ai pas très faim Berni, je suis stressé pour demain et la perspective de faire face au Mangenmagot. Lui expliquais-je en soufflant. Malgré nos entraînements, Madame Croupton m'a très bien fait comprendre que je risquais de me faire avoir demain, lors de mon interrogatoire.
Je ne pense pas Mademoiselle. Vous vous en êtes très bien sortie lors de nos cours, je pense que les événements récents vous ont juste affecté et ainsi empêcher de vous préparer à l'attaque de ma maîtresse. Je sais que vous avez fouillé dans la maisonnée et que vos découvertes vous ont beaucoup touché, ce qui explique votre déconvenue face à ma Maîtresse et a son intervention. Demain, vous savez déjà que toutes les personnes dans la pièce auront la possibilité de vous poser des questions, donc vous y êtes préparer. Nous avons travaillé sur la surprise ou les questions qui peuvent être gênante pour vous. Je ne doute pas que vous sauriez faire face à toute situation.
Merci Berni. Lui dis-je, reconnaissante. Je sais que j'ai pu être méfiante avec toi au début et avoir une attitude froide, mais je tiens à m'excuser. Rajoutais-je en me redressant sur le lit pour m'asseoir en face de lui.
Ce n'est rien Mademoiselle. Me répondit-il en rougissant et en secouant les mains, dans une nouvelle attitude que je ne lui connaissais pas.
Si, je tiens à m'excuser, surtout quand je vois à quel point tu es fidèle auprès de ton maître malgré tout ce qu'il peut être. Continuais-je. Ta loyauté est toute à ton honneur.
Oui, c'est mon travail et j'ai toujours eu le jeune maître sous ma responsabilité. Me confia-t-il doucement, touché par le compliment que je venais de lui faire.
Berni, puis-je te poser une question ? Hésitais-je à aborder le sujet.
Oui bien sûr, Mademoiselle. Acquiesça-t-il d'un visage doux.
Comme tu le sais, j'ai essayé plusieurs fois de faire le tour de la demeure pour faire des recherches sur la famille. Commençais-je alors que je voyais son visage se crisper. Je te rassure, je n'accuse plus Barty d'avoir tué sa sœur ! Mais... j'ai vu des choses, comme tu t'en doutes vu ce que tu m'as dit plus tôt... Et tout ce que je peux en conclure, sont des choses horribles...
Vous tirez très vite vos conclusions Mademoiselle. Mais méfiez-vous, des fois, il faut prendre le temps de bien analyser la situation avant de porter des accusations qui peuvent être blessantes, qu'on pourrait regretter par la suite, ou qui pourrait vous mettre en danger. M'avertit-il, avec du souci perceptible dans la voix.
Vous voulez parler de mes accusations qui ont blessé Barty ? Vérifiai-je alors que la culpabilité montait en moi, sans faire plus attention au reste de son avertissement.
Oui Mademoiselle.
J'ai peut-être eut faux sur ce sujet, mais ça n'enlève pas le fait qu'il est un meurtrier. Essayais-je de me justifier par mauvaise foi alors que ma honte me rongeait petit à petit.
Effectivement et je ne dirais pas le contraire, mais j'ai juré de lui être fidèle alors qu'il n'était qu'un enfant, donc peu importe ce qu'il fera, je serais toujours derrière lui pour le seconder. Déclara-t-il, les yeux profonds et remplient de sa détermination.
Au point de commettre vous-même quelque chose d'illégale ? Supposais-je, quelque peu admirative de son lien avec son Maître.
Absolument. Me répondit-il sans détour. Il mérite qu'on soit là pour lui sans le juger et l'accepter pour ce qu'il est réellement.
Je vois que vous lui êtes très attachés. Constatais-je avec envie. Vous avez une attitude très paternaliste envers lui, d'après ce que je comprends.
En effet... J'ai essayé de faire de mon mieux pour l'aider lors de son développement alors qu'il n'était qu'un enfant. Me raconta-t-il alors que ses souvenirs revenaient à lui. La mort de sa sœur a été le tournant de sa vie, ce qui le plongea du côté sombre de sa personnalité. Il avait toujours eu cette part sombre en lui, mais il avait toujours su lui résister jusqu'à la disparition de sa sœur, qui l'anéantit complètement. Le désespoir peut nous faire faire beaucoup de chose Mademoiselle, une fois que notre limite a été franchi.
… Restais-je silencieuse pendant un moment. Berni, je suis allé dans les chambres de Gemma et Barty... Lançais-je sans en dire plus, en baissant ma tête tout en continuant de le fixer par-dessus mes cils pour qu'il ne me remarque pas alors que je scrutais ses réactions.
Je m'en suis douté. J'ai bien vu que vous cherchiez à fouiller la maison depuis quelques jours à la recherche d'élément autour de la mort de Mademoiselle Croupton. Consentit-il à m'avouer.
Pourquoi ne pas m'avoir laissé faire ? Pourquoi protéger les personnes qui sont coupables des crimes qui ont été perpétré dans cette demeure ? Lui demandais-je tout en me mettant debout pour aller à ma fenêtre.
Les vérités ne sont pas toujours bonnes à dire... Me dit-il simplement, comme une énigme dont je devrais trouver la réponse seule.
Barty... a subit des maltraitances durant son enfance, non ? L'interrogeais-je, hésitant à vouloir la réponse.
Pourquoi voulez-vous savoir ? Hésita-t-il à me répondre. Sachant ce que vous pensez de mon maître ?
Car... Je ne veux pas mal le juger. Lui répondis-je en lui faisant face pour qu'il voie la sincérité dans mes yeux. Je l'ai déjà beaucoup trop fait, et je deviens folle de ne rien savoir sur ce qui m'entoure ou les personnes qui sont auprès de moi. Je ne sais pas à qui m'en remettre ni à qui faire confiance.
Le jeune maître était dans le même état que vous, il y a de ça plusieurs années. Je vous répondrais donc la même chose qu'à lui. M'expliqua-t-il doucement, comme pour me rassurer et calmer la panique qui venait de naître en moi. Vous êtes une sang-pur maintenant, et donc vous devrez vous méfier des personnes qui vont vous entourer, car beaucoup seront là avec la volonté de vous soutirer quelque chose, ou bien de vous nuire. Vous devrez continuer d'arborer cette attitude froide et distante auprès des autres pour ne laisser filtrer aucune faiblesse et les empêcher de vous atteindre.
Donc vous me dites que je serais éternellement seule dans ce monde ? Lui demandais-je fataliste quant à mon avenir ici. Ne puis-je me confier à personne ?
Il vous faudra apprendre à mieux percevoir la valeur d'autrui, de ne plus juger hâtivement ou de faire trop facilement confiance. Vous pouvez être quelque peu naïve... Avoua-t-il du bout des lèvres, ayant peur de représailles après sa tentative d'honnêteté.
Oui... Ma mère me l'a souvent dit par le passé... Lui confiais-je tout en regardant de nouveau par la fenêtre, la mélancolie me gagnant.
Je serais là pour vous aider, le jeune maître m'a dit de tout faire pour vous servir au mieux. Me partagea-t-il les ordres que Barty lui avait donné.
Barty t'a demandé de me servir ? Répétais-je, surprise. Alors que je lui ai dit des choses horribles et que je ne fais pas réellement partie de cette famille ?
Oui. Il peut être très instable et d'humeur changeante, mais lorsque cela concerne sa sœur, donc ce qui veut dire vous, il n'a qu'une ligne de conduite. Le soutien et la protection pour elle envers et contre tous. Déclara-t-il solennel.
Mais je ne suis pas véritablement sa sœur, et je suis sûr qu'il le sait. Étais-je persuadée.
Une part de lui le sait, mais il est essentiel pour lui de croire que sa sœur vit en vous. Il a vécu des moments difficiles lors de la mort de sa sœur, et il ne parvient pas à faire face à la réalité de sa mort. Se désola l'elfe, mal pour son maître qui souffrait continuellement de la perte d'un être qui lui était chère.
Que s'est-il passé dans cette maison ? Quel est le secret derrière la mort de Gemma Croupton ? L'interrogeais-je, alors que les questions me rongeaient de l'intérieur.
Tout ce que je peux vous dire, c'est que le jeune maître n'y est pour rien, et que sa mort était un accident. M'avoua-t-il à demi-mot.
Un accident ? Qui en est l'auteur ? Continuais-je de lui demander.
Le jeune maître porte la culpabilité de cet incident sans pourtant en être la cause, il était une victime dans cette histoire. Me raconta-t-il en se détournant de moi, comme touché par les souvenirs qui lui revenaient. Mais je ne peux pas vous raconter ce qu'il s'est passé, seul le jeune maître le peu. Je suis tenu au secret.
D'accord... Pourriez-vous faire passer un message à Barty ? Lui demandais-je avant qu'il ne parte.
Quel est-il ? Me poussa-t-il à poursuivre, sa curiosité étant touché.
Je voudrais m'excuser auprès de lui pour les mots que je lui ai dit. Je ne pense pas qu'il soit le meurtrier de sa sœur et je lui demande pardon. Par contre, il a tué d'autre personne me l'avouant lui-même ce soir-là. Je ne cautionne pas ce qu'il a fait ni les raisons pour lesquelles il les a faits. Dis-je malgré tout, pour être clair avec Barty. Je ne lui ferais pas de mal, ni ne dirait quelque chose qui pourrait lui nuire auprès du Ministère, mais je ne souhaite plus l'aider à l'avenir. Je veux qu'il me garde éloigné de son groupe de Mages noirs.
Bien Mademoiselle. Me répondit-il d'un ton neutre. Il en sera fait selon votre volonté.
M'en veux-tu Berni ? De condamné ton maître pour les actes qu'il a fait ? Vérifiais-je l'état d'esprit de l'elfe, dans le but de déterminer s'il sera un de mes alliés à l'avenir.
Je comprends votre point de vue Mademoiselle, et je vous remercie de garder le secret sur sa venue dans le manoir ou sur son évasion de l'école de Poudlard. Reconnu-t-il avec amabilité avant de sortir de ma chambre, sans me répondre entièrement. »
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Kingsley allait bientôt arriver pour me conduire au Ministère afin que je subisse mon interrogatoire devant tout le Mangenmagot. Je n'avais pas quitté ma chambre depuis la veille, Berni m'apportant un plateau repas, car je ne souhaitais pas croiser Eleanor. L'elfe m'aidait pour me concentrer et sur ce que je pouvais dire ou non, récapitulant ce qu'on avait déjà dit tant de fois les jours précédents. Je travaillais mon self-contrôle et établissais un plan afin de prévoir ce qu'il pouvait arriver lors de mon interrogatoire.
Depuis notre conversation, Berni et moi avions découvert une complicité certaine autour d'un objectif commun : faire en sorte que ma rencontre avec le Magnenmagot se passe au mieux et ainsi
protéger les secrets que je détenais sur la famille.
« Monsieur Shacklebolt est arrivé dans le petit salon, Mademoiselle. M'avertit Berni qui venait d'apparaître dans ma chambre.
Merci Berni... Lui répondis-je d'une petite voix où l'on décelait le doute. Dites aux autres que j'arrive dans cinq minutes.
Si je puis me permettre, Mademoiselle... ? Hésita-t-il à me dire avant de retourner d'où il venait.
Oui, Berni ? Lui demandais-je.
Je pense que vous êtes prête ? Vous vous êtes entraînée très durement, et tout cela portera ces fruits. Essaya-t-il de me convaincre avant de disparaître dans un pop. »
Je pris mon courage à deux mains, soufflant un bon cou pour me donner la motivation nécessaire, avant de sortir de ma chambre. Je m'étais habillé en circonstance, avec une robe de sorcière bleu nuit intense, ouvragé de relief dans le tissu, avec de longues manches. Seule une ceinture tressée faisait plusieurs fois le tour de ma taille pour la marquer. Le col était droit et sage, mais le corset en dessous me permettait de remonter ma poitrine. L'ensemble me donnait une allure de femme noble sans en faire trop, indépendante et déterminée.
Je fis une entrée remarqué dans le petit salon et je vis le sourire en coin de Berni, fier du petit effet de la tenue qu'il m'avait choisi pour l'occasion. Kingsley me fixait avec attention, le visage figé de surprise alors qu'il analysait ma tenue. Eleanor haussa les sourcils, seul manifeste de sa surprise, sans rien laisser paraître d'autre.
« Bonjour à tous. Saluais-je les personnes dans la pièce d'une voix claire.
Bonjour Mademoiselle Croupton. Me salua Kingsley, en retour. Je vous présente Monsieur Alastor Maugrey, aurore en chef, ainsi que la secrétaire de notre département, que vous avez déjà rencontrer, Madame Hannah Davies. Nous présenta-t-il tout en désignant tour à tour les concernés.
Heureuse de vous revoir Madame Davies. Commençais-je d'abord par la secrétaire en lui faisant un signe discret de la tête.
De même, Mademoiselle. Me retourna-t-elle avec un sourire sincère.
Enchanté de vous rencontrer enfin, Monsieur Maugrey. Terminais-je avec le deuxième arrivant en venant à leur rencontre d'une démarche lente et chaloupée.
Pareillement. Me répondit-il sèchement. J'ai cru comprendre que vous avez rencontré mon ancien homologue, Barty Croupton Junior dissimulé derrière mon identité volé ? Me demanda-t-il, sarcastique.
Succinctement. Dis-je en secouant la main pour illustrer la banalité de l'événement. Je suis prête, Messieurs. Changeais-je de sujet, pour éviter la confrontation avec cet homme qui avait l'air redoutable.
Bien. Au revoir Madame Croupton, comme je vous l'ai dit plus tôt, vous n'avez pas l'autorisation de sortir de votre demeure pour assisté à l'interrogatoire de votre fille au Ministère. Lui expliqua-t-il de nouveau alors qu'Eleanor acquiesçait d'un signe de tête. Dés que tout cela sera terminé, je vous ramènerais votre fille. Continua-t-il plus doucement.
Je vous remercie, Kingsley. Termina-t-elle avant de sortir du petit salon, sans un regard pour moi.
Allons-y ! S'exclama Maugrey tout en s'élançant vers la cheminée. »
Il partit en premier, lançant le nom du Ministère en jetant de la poudre de cheminette à ces pieds. La secrétaire vint après, demandant la même destination. Mais avant que je puisse entrer dans la cheminée, Kingsley m'attrapa par le bras.
« Gemma... Tout va bien avec votre mère ? Me demanda-t-il, soucieux.
Oui, rien qu'un petit différent entre une mère et sa fille. Lui répondis-je simplement, essayant de paraître sincère.
D'accord... Acquiesça-t-il avant de me lancer me rendre dans la cheminée. »
J'atterris dans le hall du Ministère, et je rejoignis l'aurore Maugrey ainsi que les autres vers les ascenseurs alors que Kinglsey me suivait de prêt. Je me trouvais enfin au milieu des autres sorciers, livré à moi-même. Je faisais ce que j'avais appris lors de mes leçons de protocole, c'est-à-dire, me tenir droite, le regard indéchiffrable ainsi que mon visage qui masquait mes pensées et mes sentiments les plus profonds. Je faisais des grands pas calculé, et mesuré pour suivre les personnes qui me conduisaient devant le Mangenmagot.
Une fois devant les portes, Maugrey ainsi que la secrétaire partir prendre une autre porte pour entrée dans la salle, me laissant l'entrée principale avec Kingsley qui était en charge de mon dossier. Le brouhaha de la salle s'interrompit alors que nous pénétrions au centre de la pièce. Un siège était prévu pour moi alors que toutes les autres personnes étaient installées dans des tribunes autour de ce même siège. Je reconnu quelques personnes que j'avais vue lors de ma dernière entrevue, comme le bonbon rose ou encore l'homme blond et majestueux du nom de Malefoy. Le Ministre ne présidait pas la séance cette fois-ci, mais une femme avait pris sa place.
« Bonjour, je vous invite à vous asseoir Mademoiselle Croupton. Me salua-t-elle tout en désignant le siège au centre de sa main. Je me nomme Amélia Bones, directrice du département de la Justice Magique. Je serais en charge de votre interrogatoire et de la séance devant le Mangenmagot. »
Je pris place sur le siège, droite et fière devant toutes ses personnes. Je ne voulais pas montrer mon intimidation ni mon appréhension d'être devant eux.
« Kingsley Shackelbolt, pouvez-vous annoncer ce pourquoi nous sommes ici aujourd'hui, je vous prie. Lui enjoignit-elle de faire.
Oui. S'exécuta-t-il. Je suis l'aurore Kingsley Shackelbolt, aurore en charge du dossier de Mademoiselle Gemma Croupton, retrouvé vivante il y a de ça plusieurs jours, après une disparition de plusieurs années. Nous sommes ici pour déterminer qui est à l'origine de sa disparition ainsi que son rôle dans l'évasion de son frère, Barty Croupton Junior, de l'école de Poudlard avant que les aurores ne puissent l'arrêter.
Nous avons jugé bons de vous faire subir interrogatoire sous l'effet de la potion de Veritaserum, d'une part pour vous aider avec vos souvenirs enfouis en vous, et pour déterminer si vous êtes véritablement innocente de ce dont on vous accuse. M'expliqua Amélia avant de faire un signe à un homme dans le fond pour qu'il approche. Voici la potion, je vous demanderais de bien vouloir la boire pour qu'on puisse commencer. Son effet durera 20 minutes.
Je tiens à émettre une objection, Madame la Directrice. Intervint Malefoy en se levant de son siège.
Quelle est-elle ? S'impatienta Amélia tout en lui donnant la parole.
Le Veritaserum, n'est-il pas interdit lors des procès pour cause de discrimination, car certains sorciers peuvent très bien se protéger de cette potion ou y résister alors que d'autres non (*)? Fit-il remarquer en relevant un de ses sourcils, dans une preuve manifeste de sarcasme.
Il est vrai, mais nous ne sommes pas au procès de Mademoiselle Croupton. Clarifia Amélia. Nous avons réuni, exceptionnellement, le Mangenmagot pour un interrogatoire sur l'héritière de la famille Croupton. Au vu des antécédents de la famille ainsi que les conditions de son précédent interrogatoire nous ont poussé à penser qu'il fallait faire celui-ci devant tout le Mangenmagot, surtout au vu de l'importance des points qui seront abordés ainsi que pour la sécurité de Mademoiselle Croupton.
Je viens de mon plein gré face à vous, pour répondre aux questions que vous pourrez me poser. Intervins-je dans l'espoir de prouver ma bonne foi et de calmer les esprits échauffés. De plus, j'espère en apprendre plus sur les conditions de mon enlèvement avec votre aide. »
Je remarquai le regard surpris que Monsieur Malefoy me jeta alors qu'il reprenait place sur les bancs. Madame Bones, me fit signe de boire la potion que son assistant m'avait donner. Je me préparais doucement, soufflant et comptant comme Berni me l'avait appris pour me calmer et vider mon esprit. L'épreuve que j'attendais avec appréhension commençait maintenant.
Je pris la fiole et l'avalais d'une seule traite. La fiole ne contenait aucun goût, ressemblant à de l'eau. Mais Berni m'avait expliqué que trois goûtes de la potion seraient diluées dans une fiole avec une boisson neutre, comme de l'eau pour ne pas avoir d'effet secondaire ou altérer la potion.
Je sentis la sensation familière de la potion monter en moi en prenant le contrôle de ma conscience et de mon libre-arbitre. Mon regard se fixa dans le vide, droit devant moi et je me sentais freiner dans mon esprit par un nuage cotonneux, m'empêchant de penser correctement. C'est contre celui-ci que je devais combattre, et résister pour pouvoir répondre ce que je voulais.
« Bien, commençons. Démarra Amélia Bones. Comment vous appelez vous, Mademoiselle ?
Susanne Macbright. Répondis-je directement, sans résistance dans la voix.
Comment ?! S'étonna la foule autour de moi, que je parvenais à entendre à travers le brouillard.
D'où venez-vous ? Continua Amélia, en cachant sa surprise.
De Lynn dans le Massachusetts. Dis-je d'une voix monocorde.
Lynn ? Mais que se passe-t-il ?! S'exclama la voix du bonbon rose. C'est une imposture !
Calmez-vous ! Ordonna la directrice du département de la Justice. Bien... Nous devons éclaircir tout cela. Mademoiselle, Êtes-vous Gemma Croupton ?
Maintenant oui.
Maintenant ? Pourquoi maintenant ?
Avant, j'étais Susanne Macbright. Maintenant, je suis Gemma Croupton.
Comment le savez-vous ? Me poussa-t-elle à répondre.
Car le test sanguin l'a dit. Répondis-je, avec un accro dans la voix.
Donc vous êtes l'héritière de la famille Croupton ?
Oui. Dis-je simplement, le regard toujours dans le vague.
Où avez-vous grandi ?
Avec ma famille, dans mon village.
Qui était votre famille ? Continua Amélia sans interruption.
Ma mère, Arianna Macbright et mon père, Charles Macbright. Ils m'ont élevé. Rajoutais-je par choix.
Étaient-ils des moldus ? M'interrogea Monsieur Malefoy.
Oui.
Qui vous a conduit chez eux ? Reprit Amélia.
Je ne sais pas... Parvins-je à dire. Personne... Lâchais-je malgré tout.
Si je puis intervenir. Nous interrompit Kingsley. Elle nous a dit ne pas avoir gardé des souvenirs de son enfance, et encore moins de sa vie chez la famille Croupton.
Cela explique son indécision sur son identité. Constata Monsieur un homme dans la foule. Mais le Massachusetts, c'est en Amérique. Comment a-t-elle pu être emmenée si loin ?
Cela explique pourquoi nous ne l'avons pas retrouvé lors de sa disparition. Remarqua à son tour Kingsley. Si elle avait quitté le pays avec ses kidnappeurs, nous n'avions aucune chance de les retrouver, surtout à l'époque où les recherches étaient diriger sur la famille et non sur quelqu'un d'extérieur.
En effet. Acquiesça Amélia en pleine réflexion. Mademoiselle, avez-vous vue vos kidnappeurs ?
Je ne vois pas de quoi vous parlez. Dis-je la vérité. Personne ne m'a enlevé. Lâchais-je malgré moi.
Nous n'obtiendrons rien sur ce sujet, l'enquête doit reprendre pour découvrir qui voulait du mal à la famille Croupton et savoir pourquoi ils ont conduit leur fille dans le monde moldu d'Amérique.
Comment avez-vous atterri dans le cimetière avec Harry Potter et Cédric Diggory ? Continua Amélia.
Je souffrais et j'ai souhaité pouvoir fuir et me venger des personnes qui m'avaient condamné. Lui avouais-je sans détour.
Vous vengez ? De quoi ? Fit-elle surprise.
De la mort de ma mère ainsi que de la mienne.
Mais vous n'êtes pas morte. Déclara-t-elle.
Je devais... Crachais-je avec une colère partiellement perceptible malgré la potion, tant ma haine était immense en cet instant. »
Cet interrogatoire était une torture pour moi. Tous les souvenirs qui me revenaient en mémoire me rongeaient de l'intérieur. J'essayais de faire le tri et de faire comme Berni m'avait appris, mais cela était beaucoup plus compliquer que je ne l'avais prévu. Pour ne rien arranger, parler du passé me poussais dans mes retranchements, et me faisais commettre des fautes d'inattention. Ma haine voilant ma capacité à rester calme et réfléchir posément.
« Pourquoi deviez-vous mourir ? Me demanda Amélia, cette question que je redoutais tellement. »
Je me poussais au calme et me remémorais ce que Berni m'avait tant de fois dit lors de nos entraînements. Dont cette fois-là, lors du premier jour d'essai.
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« Je ne veux pas que vous me posiez des questions sur mon passé ! M'écriais-je folle de rage après la séance d'entraînement pour la potion de vérité.
Je n'ai pas le choix Mademoiselle. Me dit-il d'un ton calme, ce qui avait le don de m'énerver d'autant plus. Vous devez vous préparer à l'éventualité, qu'on vous posera ces questions au Ministère. Vous devez vous entraîner à y répondre.
Je ne veux pas répondre à ces questions-là, surtout à toi qui travailles pour le compte d'Eleanor. Doutais-je de lui.
Je ne suis pas là pour recueillir des informations au nom de ma maîtresse. J'ai reçu l'ordre de vous entraîner au mieux en vue de votre entrevue au Ministère. Pour cela, je dois poser toutes les questions qu'eux-mêmes vous poseront. M'expliqua-t-il avec patience.
Je ne peux pas te faire confiance. Lui reprochais-je en me détournant de lui.
Je suis aussi sous vos ordres Mademoiselle, si vous ne souhaitez pas que je communique ce qui sera dit entre nous, vous n'avez qu'à me le demander. De plus, mon allégeance va, avant tout, auprès des enfants de la famille. Cela a toujours été mon rôle, donc vos ordres passeront toujours avant, surtout que vous faites partie de la famille Croupton maintenant. La magie elle-même l'a reconnu grâce au test.
Hum… Hésitais-je. Très bien. Je veux bien m'entraîner sur tout ce que tu jugeras opportun d'améliorer, mais je ne veux pas que tu répètes ce qui sera dit durant nos leçons. Beaucoup de choses me concernant, doivent rester secrètes.
Oui, Mademoiselle. Se soumit-il volontiers, avant de reprendre notre entraînement. »
Au fur et à mesure des jours, Berni avait su gagner ma confiance et ses conseils étaient pertinent en même temps qu'essentiels. Il ne faisait jamais de commentaire sur ce que je pouvais lui révéler lors de nos essais à la potion de vérité. Il ne me jugeait pas et ne cherchait pas à en savoir plus que nécessaire. Sa pudeur envers mon histoire me poussait à penser qu'il était sincère et que je pouvais lui faire confiance. Durant les derniers essaies, Berni m'expliqua la marche à suivre pour détourner les réponses que je peux donner lors de mon interrogatoire.
« Dès que nous arrivons sur le sujet de votre passé, tout dérape et vous délivrez des informations compromettantes sur vous ou sur le jeune maître. S'impatienta Berni, ce qui était nouveau chez lui.
Je n'y arriverais jamais, Berni ! M'énervais-je contre moi-même. L'échéance arrive bientôt à sa fin, et je n'arrive toujours pas à tenir 20 minutes sans me compromettre.
C'est parce que vous vous y prenez mal Mademoiselle. Me répéta-t-il pour la énième fois aujourd'hui.
Je le sais Berni ! M'écriais-je tout en levant les bras au ciel, alors que je tournais en rond sur le tapis du petit salon. Tu me le répètes et répètes, mais cela ne change rien ! Dis-moi plutôt comment faire au lieu de me dire ce qu'il ne va pas !
Mademoiselle, vous devez absolument garder votre calme. Les émotions non maîtrisées peuvent conduire à la perte de concentration et ainsi vous faire dire ce que vous ne voulez pas. M'expliqua-t-il. Vous devez trouver la force en vous pour rester calme et hermétique à tout ce qui peut vous bouleverser ou vous surprendre. Nous allons essayer une nouvelle chose. Connaissez-vous la méditation ? Me demanda-t-il avant de s'asseoir sur le tapis.
Non. Dis-je alors qu'il me demandait, d'un signe de la main, de le rejoindre et d'imiter sa position sur le tapis.
Vous allez fermer les yeux et vous concentrez sur votre respiration. Sentez vos poumons se remplir et se comprimer alors que l'air entre et en ressort. Me dicta-t-il d'une voix douce, me guidant dans la douceur. Videz votre esprit, vos idées et vos pensées s'échappant avec l'air que vous expirez. »
Je soufflais, mes muscles se détendant petit à petit dans tout mon corps. Sa voix constante m'aidait beaucoup, et je me calquais sur celle-ci pour imiter le calme que je sentais dans ses mots, m'apaisant au fur et à mesure.
«Je vous demanderais, une fois que vous ayez bien fait le vide, de vous mettre à conter dans votre tête dans un rythme constant. Ne vous arrêtez jamais tant que vous n'avez pas totalement le contrôle de votre corps ainsi que des émotions que vous pouvez ressentir. Cela vous aidera dans beaucoup de domaines. Cela est la maîtrise de soi. »
Je ne savais pas combien de temps j'étais restée comme ça, comptant jusqu'au dernier chiffre que je connaissais grâce aux cours de Madame Croupton. Par la suite, j'ai récité la Bible, livre que mon père m'avait fait apprendre par cœur alors qu'il me la dictait tous les soirs.
Je sentis la main de Berni se poser sur mon épaule, mais je ne bougeais toujours pas d'un pouce, concentrer sur ma récitation.
« Je pense que nous pouvons réessayer, Mademoiselle. Me suggéra-t-il alors que je me mettais debout pour lui faire face.
Je suis prête. Lui répondis-je calmement.
Maintenant que vous avez le contrôle sur vos émotions, nous allons vous exercer sur la réponse cibler. Le but étant de répondre à une question par une autre vérité que celle qui est attendu.
Comment faire ? Lui demandais-je, ne comprenant pas où il voulait en venir.
Par exemple si je vous demande si vous faites partie de la famille Croupton la réponse est oui, car ce n'est pas faux, actuellement vous faites bien partie de la famille. Me donna-t-il un exemple. Le tout est d'être stratégique dans la réponse. De chercher rapidement la réponse qui est celle attendue, ou du moins la plus proche possible, sans vous incriminer derrière ou conduire les autres à avoir des soupçons envers vous.
D'accord... Essayons ! M'exclamais-je, motivée. »
Et c'est comme ça que mes entraînements ont évolué par la suite. M'exerçant sur la manière de trouver le plus rapidement possible des réponses appropriés aux questions qui m'étaient posées.
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Je fis rapidement le vide dans mon esprit, sachant que cette question avait tendance à me faire paniquer à cause des souvenirs qui la concernait.
« Mon village à découvert que j'étais une sorcière, alors que moi-même, je ne le savais pas. Répondis-je après une seconde de battement.
Vous n'êtes jamais allé dans le monde sorcier, ou à l'école de sorcellerie ? Continua Amélia, intriguer.
Non, je ne savais pas que j'étais une sorcière.
Comme je vous l'ai dit à plusieurs reprises, ces moldus sont un fléau. Intervint Monsieur Malefoy d'une voix froide. Les sorciers ne sont pas protégés contre eux, et la peur qu'on leur inspire les conduit à nous faire disparaître ou nous faire subir des choses horribles. Ils ont peur de ce qu'ils ne connaissent pas ou ne comprennent pas.
Nous connaissons votre opinion sur la question, Monsieur Malefoy, mais nous sommes pas ici pour débattre de ce sujet. Nous sommes ici pour Mademoiselle Croupton. Le remit-elle en place avant de poursuivre son interrogatoire. Nous pouvons conclure qu'elle a grandi avec des moldus en Amérique et qu'elle avait été attaqué à cause de sa nature de sorcière qui a été découvert par son village. Kingsley, je vous charge de l'enquête sur le passé de Mademoiselle Croupton ainsi que de son enlèvement. Lui ordonna Amélia avant de se tourner de nouveau vers moi. »
Je sentais que l'effet de la potion était moins fort à mesure que le temps avançait. Ils n'exploitaient pas le temps avec intelligence. Ils perdaient du temps en débats et échanges entre eux alors que j'attendais toujours de nouvelles questions. Les effets s'amoindrissait donc dans le temps sans qu'il n'utilise celui-ci à bon escient.
Je reprenais petit à petit le contrôle de mes pensées, et le fait d'en avoir bu à plusieurs reprises m'avait donner une certaine résistance à celle-ci. Je me sentais plus libre pour faire mes choix de réponse, mais je fis en sorte que personne ne remarque rien en restant stoïque avec le regard fixé en face de moi.
« Que faisiez-vous dans le cimetière ? Me demanda Amélia.
Je ne sais pas. Répondis-je avec la même voix monocorde.
Aviez-vous choisi votre destination ?
Non.
Connaissez-vous le Seigneur des Ténèbres ? Continua-t-elle plus rapidement, sachant que l'échéance de la potion arrivait.
Non.
Faites-vous partie des Mangemorts ?
Non.
Avez-vous communiqué avec votre frère, Barty Croupton Junior ?
Oui.
Quand cela ? S'exclama le bonbon rose, croyant tenir quelque chose.
À Poudlard. Essayais-je de guider mes réponses.
Pour quelle raison ? Reprit Amélia Bones.
Car il me surveillait à l'infirmerie. Dis-je sachant qu'il comprendrait le sens de cette phrase d'une toute autre manière que celle dans lequel je l'avais dit.
D'après le témoignage du directeur Albus Dumbledor, Barty Croupton qui était sous l'apparence de l'aurore Alastor Maugrey, avait l'ordre de la surveiller lors de sa convalescence à l'infirmerie.
Est-ce qu'Alastor vous a dit quelque chose à l'infirmerie ? Me demanda Amélia.
Oui. Répondis-je tout en cherchant déjà la réponse à la question qui allait suivre.
Que vous a-t-il dit ?
Il m'a appelé Gemma.
Saviez-vous qu'il était votre frère à ce moment-là ?
Non. Soufflais-je soulager qu'elle n'avait pas tourné sa question autrement.
Vous a-t-il parlé de son plan d'évasion de Poudlard, ou de ses plans dans le château ? Essaya-t-elle de finir rapidement alors qu'elle voyait les signes de l'homme qui m'avait donner la potion, qui regardait sa montre.
Alastor ne m'avait pas parlé de ses plans. Répondis-je en retenant mon sourire en coin alors que la fin arrivait bientôt.
Comptez-vous suivre l'allégeance de votre frère envers le Seigneur des Ténèbres ? Termina-t-elle enfin.
Non. Dis-je, alors que la totalité de mon esprit me revenait enfin ainsi que ma capacité à réfléchir par moi-même. »
Je relevais la tête doucement, posant ma main sur mon front dans un simulacre de mal de tête, alors que les effets secondaires de la potion ne me faisaient plus rien grâce à mes entraînements. Je fixais mon regard dans celui de la Directrice de la Justice Magique, attendant la suite.
« Bien... Nous avons appris plusieurs choses intéressantes Mademoiselle Croupton, et je suis dans le regret de vous dire que nous ne savons pas encore qui vous a kidnappé alors que vous n'étiez qu'une enfant, mais nous ferons une enquête approfondie pour vous aider à faire la lumière sur tout cela. Déclara Amélia Bones, d'une voix solennel.
Je vous en remercie. Lui dis-je tout en inclinant la tête dans sa direction dans un geste humble de reconnaissance.
D'après votre témoignage, je peux supposer que votre magie vous a conduit à transplaner lors de votre attaque, la peur déclenchant un phénomène de magie accidentelle et instinctive. Pour vous protéger, elle vous aura conduit au plus loin pour vous mettre en sécurité. Il est exceptionnel, qu'elle ait pu vous faire transplaner d'un pays à l'autre sans que vous ne mourriez dans le processus. De plus, avec votre passif ainsi que votre témoignage, nous ne pensons pas que vous ayez quelque chose à voir avec les plans de votre frère et de ses complices.
Que va-t-il se passer ? Demandais-je pour connaître la suite.
Vous bénéficieriez d'une aide de la part du Ministère pour pouvoir vous procurer un précepteur, ainsi qu'un tuteur, car votre famille ne pourra pas jouer ce rôle auprès de vous pour l'instant, au vu des crimes qui leur sont alloués.
Un tuteur ?
Oui, il vous aidera à connaître votre place d'héritière dans le monde magique, vous présentant la société comme la banque, le Ministère, nos lois. Pour cela, nous devons délibérer sur celui qui jouera ce rôle. Dit Amélia tout en regardant les personnes autour d'elle, en attendant leurs points de vu.
Je peux jouer ce rôle. Proposa Kingsley à l'assemblée.
Non, vous ne seriez pas objectif, car vous êtes trop impliqué dans l'affaire depuis le début et vous serez occupé par votre enquête sur le kidnapping de Mademoiselle Croupton. Refusa la Directrice.
Je peux très bien le faire. Entendis-je proposer Alastor, dans le fond de la salle.
C'est une possibilité... Hésita-t-elle en retour.
Puis-je faire une autre proposition ? Intervint Monsieur Malefoy tout en se mettant debout.
Quelle est-elle ? Demanda Amélia, curieuse.
Il se trouve que Mademoiselle Croupton est apparenté à la famille de mon épouse, de part sa grand-mère paternelle. Je propose donc que mon épouse soit la tutrice de Mademoiselle Croupton pour l'aider au mieux dans son rôle d'héritière.
Qu'en pensez-vous Mademoiselle ? Me laissa-t-elle le choix après ses deux propositions. »
Que pouvais-je choisir ? D'un côté l'aurore Maugrey se proposait, mais j'étais sûr qu'il pouvait être dangereux et qu'il souhaitait se rapprocher de moi, car il avait des soupçons à mon encontre. De l'autre, j'ai l'épouse d'un inconnu qui appartiendrait à ma « famille » éloigné.
« Je pense vouloir rencontrer Madame Malefoy, et apprendre à la connaître en sachant que j'ai un lien familial avec elle. Décidais-je enfin, après un temps de réflexion.
Il en sera fait ainsi. Statua la Directrice.
La laissons-nous retourner dans le manoir de ses parents ? Alors que sa mère y est enfermée par le Ministère ? Demanda Monsieur Malefoy avec un ton qui montrait qu'il désapprouvait cette idée. »
Je vis Madame Bones chuchoter avec les personnes qui se penchaient vers elle, échangeant leurs avis sur mon sort et mon avenir. Je jetais un coup d'œil vers Kingsley, alors qu'il fixait la Directrice en attente de son jugement sans rien laisser paraître. Malefoy, lui, me fixait avec un sourire en coin, fier de lui et du bon déroulement des événements.
« Nous avons délibéré, et nous jugeons bons de vous installer dans une autre demeure que le manoir où se trouve votre mère, le temps que sa peine arrive à sa fin. Pour ce soir, vous retournerez dans le manoir de votre mère, mais demain, Madame Malefoy viendra pour vous conduire dans une autre des demeures de la famille Croupton. M'expliqua Amélia Bones. Vous aurez donc le temps de rassembler vos affaires avant votre départ. Par la suite, vous aurez le droit à une visite hebdomadaire chez votre mère, si vous en faites la demande, et dans ces cas-là vous accompagnerez l'aurore Kingsley lors d'une de ses visites journalières.
Bien. Répondis-je simplement, heureuse d'un côté de quitter cette maison et d'enfin sortir librement. Quel sera le rôle exact de ma tutrice ?
Elle ne sera qu'un guide pour vous, sachant que vous êtes majeur, vous êtes libre de vos choix. Par contre vous aurez besoin de conseils et d'aides pour évoluer dans ce nouveau monde que vous ne connaissez pas.
Très bien. Acquiesçais-je, ravie.
La séance est levée, Mademoiselle Croupton ? Je vous demanderais de me suivre avec l'aurore Kingsley dans mon bureau, je vous prie. Nous demanda-t-elle avant de sortir de la salle.
Allons-y. M'enjoignit directement Kingsley sans me laisser le temps de souffler. »
Que pouvait-on encore me vouloir ? Moi qui croyais en avoir fini... Alors que je sortais de la pièce, je croisais le regard plus qu'appuyé de Monsieur Malefoy. Il me fit un signe de tête, dans un salut respectueux avant de quitter les lieux. Que devais-je penser de cet homme plus qu'énigmatique ?
Je suivis Kingsley à travers les couloirs, ne sachant pas à quoi m'attendre. Je devais encore tenir, bientôt, je serais enfin libre, mais je ne devais pas relâcher ma vigilance.
Kinglsey me fit un geste de la main pour passer devant lui pour pénétrer dans une pièce qui se trouvait être notre lieu de destination. Le bureau est très grand et richement décorer. Je voyais beaucoup de livres ainsi que de portraits sur les murs. Tous me fixaient du regard, chuchotant entre eux, et je voyais certains personnages de tableau allé dans celui de son voisin pour parler plus librement avec celui-ci.
Amélia Bones se trouvait assise devant son bureau, concentrer sur un dossier qu'elle tenait entre ses mains. Une fois qu'on avait fait notre entrée, elle nous demanda de refermer la porte derrière nous avant de nous proposer de nous asseoir sur les chaises qui lui faisaient face.
« Pourquoi suis-je convoquée dans votre bureau, alors que mon interrogatoire vient tout juste de terminer ? Me reproche-t-on encore quelque chose ? Commençais-je, ma perte de patience étant perceptible dans ma voix.
Votre présence ici ne relève pas du tout d'une convocation judiciaire, mais plutôt d'un tout autre ordre. Me rassura-t-elle en joignant ses mains devant elle, sur son bureau. Nous avions besoin de vous parler d'une affaire urgente et secrète.
Pourquoi m'en parler à moi ? Sachant mon peu de connaissance du monde magique ? Essayais-je de les dissuader de me faire une proposition ou tout autre demande du même type qui pourrait me mettre en danger.
Nous devons vous en parlez, car cela vous concerne vous et votre famille. M'expliqua-t-elle.
Et Kingsley ? Lui demandais-je septique quant à la raison de sa présence dans le bureau avec nous alors qu'il est certains maintenant qu'on parlerait d'une affaire privé et qu'il ne faisait pas partie de la famille Croupton.
Il est déjà au courant, étant celui qui est en charge de la surveillance de votre mère dans son manoir. De plus, il sera celui qui sera chargé de votre dossier d'enquête sur votre kidnapping. Me rappela-t-elle avec patience.
De quelle affaire parlez-vous ? L'interrogeais-je, perdue.
Vous savez déjà que votre frère a tué beaucoup de personne au cours de sa vie, le conduisant à être condamné à la prison d'Azkaban, par le passé. Débuta-t-elle avec précaution.
Oui, en effet. Acquiesçais-je, hésitante.
Et il vous a été communiqué que votre frère a assassiné votre père ? Me demanda-t-elle encore, tournant autour du pot sans en venir au fait ainsi que gêner de me rappeler la mort d'un père que je ne verrais jamais, pas que je m'en soucie...
Encore une fois, oui. Marquais-je mon besoin d'en venir à la raison de ma présence ici.
Il se trouve que pour tuer quelqu'un avec le sort de la mort, il faut avoir la volonté de tuer la personne visée, sinon le sort lancé n'aura aucun effet. M'expliqua-t-elle alors qu'elle se redressait pour faire le tour de son bureau et venir à côté de Kingsley et moi.
Oui, je l'ai appris lors de mes premiers cours de théorie magique au manoir Croupton. Lui confirmais-je, l'encourageant à poursuivre.
Lors de la découverte du corps de votre père, à Poudlard, nous avons découvert qu'il n'était pas véritablement mort, mais était plonger dans un profond coma. M'avoua-t-elle enfin. »
Monsieur Croupton était encore en vie ? Alors Barty n'avait pas véritablement tué son propre père ? Si jamais il l'apprend... Il voudra tout faire pour rétablir les choses et aller au bout de ce qu'il voulait accomplir.
« Pourquoi me le dire comme ça ? Cacher dans votre bureau ? Lui demandais-je perplexe.
Nous souhaitons garder la survit de Monsieur Croupton secrète. Nous ne voulons pas que son fils l'apprenne au risque qu'il tente de nouveau de le tuer. M'expliqua la Directrice de la Justice Magique. Maintenant que nous savons que vous n'avez rien avoir avec votre frère et son allégeance envers le Seigneur des Ténèbres, nous avons jugé que vous aviez le droit de savoir que votre père était encore en vie.
Où se trouve-t-il ? Cherchais-je à savoir, alors que la perspective de rencontrer cet homme me donnait froid dans le dos.
Ici au Ministère. Lâcha Kingsley d'une voix froide, sa réaction me surprenant beaucoup sur le moment par sa froideur et la haine que je voyais au fond de son regard.
Il s'est réveillé de son coma ? M'exclamais-je malgré moi alors que j'essayais de garder mon self-contrôle.
Il y a trois jours déjà. Seule votre mère a été mise au courant pour l'instant par l'aurore Kingsley. Dit-elle avant de partir en direction de la porte. »
Donc l'autre jour, la conversation houleuse entre Elenaor et Kingsley portait sur ce sujet ? La réaction d'Eleanor n'était pas celle qu'on attendait d'une femme aimante et heureuse de savoir son mari encore vivant. Et ils avaient parlé de protection... Tout cela ne me disait rien qu'il vaille.
« Mais alors... Vous voulez dire que mon frère n'avait pas la volonté profonde d'éliminer notre père ? Lui demandais-je confirmation, soulager de voir qu'il n'était pas parvenu à ses fins. »
Ce n'était pas que j'étais heureuse que mon « paternel » soit encore vivant, mais plutôt soulager qu'il n'y ait pas eu un autre crime allongeant la liste des méfaits qu'avait déjà commit Barty.
« En effet. Me confirma Kingsley. Une petite partie de lui, ne voulait pas vraiment tuer votre père, alors il plongea votre père dans le coma, sa volonté atténuant l'effet du sort lui-même. Malgré tout, les médecins ont eu beaucoup de mal à l'en sortir. Ajouta-t-il en détournant son visage. »
Amélia se tournait vers moi, sa main sur la poignée.
« Votre père devra être jugé pour les mêmes crimes que votre mère avec, en plus, l'accusation de l'utilisation d'un sort impardonnable envers son propre fils, une fois qu'il l'avait libéré. M'expliqua-t-elle. Son audience se tiendra demain devant le Mangenmagot. Ce soir, il pourra retourner une dernière fois dans son manoir avec sa femme et vous, après la décision indulgente du Ministre lui-même.
Pourquoi une telle clémence ? Demandais-je, sachant que je ne la souhaitais même pas !
Vu que vous venez tout juste d'être retrouvée, nous avons décidé de vous donner le droit de retrouver votre famille après autant de temps loin d'eux.
Que risque-t-il, par la suite ? L'interrogeais-je, restant froide devant la démonstration de clémence du Ministère.
Il sera jugé pour ses crimes et aura soit le droit de résider dans un de ses manoirs, comme votre mère, mais sans avoir la possibilité d'être dans le même que son épouse. Ils devront subir leurs peines de manière individuelle. M'exposa-t-elle les faits. Ils pourront se rejoindre qu'une fois cette peine arrivée à sa fin.
Et quelle est l'autre option, pour sa condamnation ? Cherchais-je à lui faire avouer.
Il pourrait faire un séjour dans la prison d'Azkaban. Coupa Kingsley avant qu'Amélia ne puisse me répondre. »
Je voyais son regard chargé et tourmenté. Pour lui, la survie de Barty Senior n'était pas une bonne nouvelle, ce que je pouvais comprendre en connaissant les sentiments qu'il nourrissait pour Eleanor Croupton. Je pouvais dire que je partageais son ressenti, mais pas pour les mêmes raisons.
« J'ai fait venir votre père dans mon bureau, afin que vous puissiez prendre ma cheminé. Elle vous ramènera chez vous avec votre père et l'aurore Kingsley qui jouera le rôle de surveillant pour le Ministère. Me prépara-t-elle à la venue de mon « père » dans cette pièce. »
Je devinais qu'il se trouvait derrière la porte. Qu'il attendait le moment pour rentrer pour savoir qui se trouvait à l'intérieur. Lui avait-on dit qu'on avait retrouvé sa fille ? Je décidais donc, pour ma survie et pour garder mon rôle intact, de jouer le jeu de la fille distinguer que rien ne pouvait atteindre.
« Êtes-vous prête, Mademoiselle ? Me demanda Amélia, prenant mon absence d'émotion et de réponse pour un choc que m'aurait procurer l'annonce de la survie de mon paternel.
Oui Madame, faites le entrer. L'invitais-je à faire alors que je me mettais debout et droite dans une posture neutre et royale avec le menton haut et mes mains croisées sur le devant de ma robe.
Entrez, Monsieur Croupton. Accueilli-t-elle le nouvel arrivant. »
Deux hommes pénétraient dans le bureau à ce moment-là. Un des deux avait une tenue d'aurore et tenait le deuxième par le bras alors que celui-ci semblait menotter. Je devinais que c'était Barty Senior. Il avait une allure maladive, des cernes creusant son visage avec une démarche boitillante comme si tout son corps était raide et avait du mal à bouger selon ses ordres. Par contre son regard avait gardé tout son venin et sa froideur malsaine.
Il était habillé très simplement, avec des couleurs sombres qui accentuait son air fragile et maigre. Mais son allure contrastait avec la détermination qu'on devinait chez lui. Il nous faisait face, sans une once de honte. Mais à aucun moment, il ne croisa pas mon regard. Je le vis fixer Kingsley quelques secondes avant de s'en détourner avec un air dégoûté et un sourire moqueur en coin. Kingsley, lui, avait un air renfrogner et les poings serrer le long de son corps.
« Monsieur Croupton, je vois que vous vous êtes remis au mieux malgré l'attaque que vous avez subi. Amorça Amélia alors qu'elle venait le saluer. Je suis heureuse de voir que vous vous soyez remis sans séquelle.
Je vous remercie pour votre sollicitude. Lui retourna-t-il avec un signe de tête distingué.
Enlevez-lui ses menottes. Ordonna-t-elle à l'homme qui tenait Barty Senior par le bras.
Tout de suite Madame. S'exécuta-t-il avant de se replacer à côté de son prisonnier, se tenant près à intervenir aux moindres problèmes.
Comme il vous l'a été dit lors de votre réveil, le Ministère à découvert votre implication ainsi que celui de votre femme en ce qui concerne l'évasion de votre fils de la prison d'Azkaban. Lui annonça-t-elle avant de retourner s'asseoir à son bureau.
En effet, je l'ai appris. Je sais que mon procès aura lieu demain dans la matinée. Lui confirma-t-il comme s'il parlait d'un sujet anodin.
Très bien. Marqua-t-elle son approbation. Je vous ai fait parvenir la nouvelle du retour de votre fille disparu, le jour où vous vous êtes réveillé à St-Mangouste.
Oui. Gemma aurait été retrouvée dans un cimetière qui a servit à la résurrection du Seigneur des Ténèbres durant le Tournoi des Trois Sorciers, selon la rumeur. Répéta-t-il les informations qu'il avait reçues lors de son réveil. Et je suppose que cette jeune femme est celle dont il est question.
En effet, par contre, je vous demanderais de ne pas propager de telle rumeur, le Ministre lui-même démenti le témoignage du jeune Harry Potter. Le Ministre ne souhaite pas générer une peur généralisée sur les simples propos d'un adolescent.
Ce qui se comprend naturellement. Approuva Monsieur Croupton alors que Kingsley ne semblait pas de son avis. »
Son regard croisait enfin le mien, ne montrant aucune émotion. Je ne parvenais pas à deviner ce qu'il pensait, s'il m'avait reconnu en tant que Gemma Croupton comme son fils, ou s'il avait découvert ma supercherie tout comme sa femme. Il ne laissait rien paraître.
« Il a été prouvé que votre fille n'avait aucun lien avec les Mangemorts ou le Seigneur des Ténèbres tout comme a pu l'être votre fils. Lui expliqua Kingsley d'une voix autoritaire et professionnel.
Je vous présente donc votre fille, Gemma Croupton. Amorça Amélia, dans le but de nous pousser à nous saluer. Mademoiselle Courpton, je vous présente votre père, Monsieur Barty Croupton Senior, ancien membre du Ministère.
Enchantée. Dis-je simplement, le regard droit dans le sien comme un défit.
De même. Me sourit-il en coin, comme charmé par mon attitude. »
Personne ne disait rien. Nous nous fixions tous les deux dans les yeux sans qu'aucun ne bouge. Les deux autres nous regardaient, ne sachant pas quoi faire, surpris de notre rencontre. Il était vrai qu'on attendait autre chose comme retrouvaille entre un père et sa fille qui ne s'était pas vue depuis plus de vingt ans.
« Je suis heureux de te retrouver après tout ce temps. Lâcha l'homme, au bout d'un certain temps.
Moi aussi, même si je ne me souviens pas de vous. Lui indiquais-je avec un rictus ironique que lui seul pu voir.
Comment cela ? Interrogea-t-il les personnes autour.
Mademoiselle Gemma a subi un traumatisme suite à son enlèvement et une enquête est lancé pour déterminer ce qui lui est réellement arrivé, mais le choc lié à son passé a conduit à une amnésie partielle dans l'esprit de votre fille. Lui expliqua Amélia Bones, d'un ton désolé d'annoncer cette nouvelle à un père qu'elle croyait aimant.
Hum. Souffla-t-il. Je suis bien aise que vous alliez mieux malgré tout cela, ma fille.
C'est le cas, je suis en pleine forme maintenant. Lui confirmais-je, lui passant le message avec mon regard qui ne le quittait toujours pas.
Tout va donc pour le mieux, la magie nous a donné une nouvelle chance en nous rendant un de nos enfants. Feinta-t-il le soulagement, de manière grossière qui convainquit que la Directrice de la Justice Magique.
Vous aurez la chance de pouvoir retrouver votre fille ainsi que votre femme dans votre manoir pour la soirée. Le lendemain, vous serez emmené devant le Mangenmagot pour faire face à vos crimes, Monsieur Croupton. Lui expliqua Amélia avant d'indiquer sa cheminée de la main. Je vous demanderais de bien vouloir garder la survie de Monsieur Croupton secrète.
Nous devons faire en sorte que votre fils vous croit toujours mort pour pouvoir vous protéger au mieux.
Je suivrais vos recommandations, Madame Bones. Accepta Barty Senior, avec une voix mielleuse. »
L'aurore qui tenait toujours Barty avança pour remettre son prisonnier aux mains de Kingsley. Celui-ci en profita pour serrer son bras plus fort que nécessaire au vu de la grimace de Barty Senior. Un petit sourire m'échappa alors que je croisais le regard de Kingsley, qui ne laissait rien paraître de sa satisfaction alors qu'il était à l'origine de la grimace de douleur sur le visage de mon « paternel ».
Amélia Bones nous donna les dernières recommandations et règles que nous allions suivre pour la soirée. Elle nous expliqua que Kingsley restera dans le manoir avec un autre aurore pour surveiller les lieux ainsi que les habitants de la demeure. En d'autres termes, nous serons tous surveiller.
Je fis un pas pour suivre Kingsley vers la cheminée, alors qu'il me demandait de passer en première pour me rendre dans le manoir des Croupton. Mais alors que je passais près de Barty Senior celui-ci vint se pencher vers mon oreille pour m'y glisser : « L'amnésie ? Tellement facile... ». Son ricanement fit monter la colère en moi, mais je ne laissais rien paraître alors que je me plaçais dans la cheminée et lançais la poudre en m'écriant le nom de ma destination. Il n'y avait aucun doute... Il savait que je mentais sur mon identité, tout comme sa femme avant lui.
J'atterris dans le petit salon, et je vis qu'Eleanor m'y attendait ainsi que Berni.
« Cela a duré plus longtemps que je ne le pensais. S'exclama Eleanor en venant à ma rencontre.
Eleanor je n'ai pas le temps, mais votre mari est vivant et arrive avec Kingsley ! L'avertis-je rapidement alors que j'entendais la cheminée s'activer. »
Eleanor fixa avec stupeur, la cheminée qui laissait apparaître Barty Senior dans toute sa splendeur. Il fixait sa femme avec un regard noir, mais avant qu'il ne puisse faire un geste, Kingsley arrivait à son tour dans le petit salon. Un silence de mort s'étala dans la pièce, sans que personne n'ose dire quelque chose.
« Maître ! Heureux de vous revoir. Intervint Berni en venant s'incliner devant Barty Senior.
Heureux d'être de retour. Tu ne me salues pas Elly ? Demanda Barty Senior à sa femme alors que celle-ci ne bougeait toujours pas, le regard perdu dans le vague. »
Je vis que son corps était parcouru de petits tremblements très peu perceptible. Je vins me placer à ses côtés, prenant discrètement sa main dans la mienne en signe de soutien. J'avais beau lui en vouloir pour ce qu'elle m'avait fait et d'avoir trahi notre accord, je ne pouvais pas rester sans rien faire alors que je la voyais ainsi. À cet instant, elle me rappelait ma mère, quand mon père revenait des champs et qu'il avait bu avec ses amis avant de rentrer à la maison.
Je mis donc ma rancœur de côté, et apportais mon soutien à cette femme qui souffrait beaucoup du retour de son mari, et de tout ce que cela impliquait. Ma colère passait bien après la détresse de cette femme, qui avait retrouvé un visage cadavérique, comme le jour de sa libération de la prison d'Azkaban. Tous les progrès qu'elle avait faits pour retrouver une santé et une apparence digne de son rand, tombèrent en lambeaux à cause du choc émotionnel causé par le retour de son mari vivant.
« Barty... Bienvenue à la maison. Le salua-t-elle du bout des lèvres alors que ses doigts se refermaient sur les miens comme pour se donner du courage.
Tu as bien maigri. Lui reprocha-t-il à demi-mot avec un air de dégoût sur le visage alors qu'il la regardait de bas en haut.
Elle a séjourné à Azkaban ! M'exclamais-je, la rage montant en moi. Il est normal qu'elle en ait gardé des séquelles physiques, sachant qu'elle s'est sacrifiée pour votre fils !
Je ne te permets pas de me parler sur ce ton ! S'écria-t-il en faisant un pas dans ma direction, vite arrêté par Kingsley qui lui avait attrapé le bras pour le retenir.
Je vous prierais de vous calmer, Monsieur Croutpon. Lui ordonna-t-il d'une voix froide et contenu. Ou je serais dans l'obligation de vous ramener au Ministère. »
Barty Senior regarda la main que Kingsley avait posée sur son bras, attendant qu'elle disparaisse sans accorder un cou d'œil à l'aurore qui venait de lui parler, dans une attitude dédaigneuse et hautaine. Kingsley attendit, et le lâcha au moment où Eleanor lui fit discrètement un geste de la main pour lui demander de le relâcher. Monsieur Croupton se tourna de nouveau vers nous, ignorant totalement la présence de l'homme qui se trouvait derrière lui et les menaces qu'il avait pu lui dire.
« Je vais monter dans mon bureau et je redescendrais pour le dîner. Eleanor ? Veux-tu bien venir avec moi ? Lui demanda-t-il avec un ordre dissimulé, alors que je la sentais se crisper tout en serrant désespérément ma main dans la sienne. Après tout ce temps, nous avons beaucoup de choses à rattraper et peu de temps pour le faire.
J'ai besoin de mère pour lui parler de mon audience au Ministère. Nous pourrons tous parler lors du dîner. Reposez-vous en attendant, vous avez mauvaise mine. Lâchais-je mesquinement. »
Je pris le bras d'Eleanor pour sortir de la pièce sans attendre de réponse de la part de mon « paternel », ni savoir s'il était d'accord avec ma requête. Je le sentais fulminé derrière moi, et son regard noir pesait dans mon dos. Je ne fis pas attention et continuais mon chemin pour rejoindre ma chambre. J'entendis Kingsley me suivre alors je me tournais vers lui rapidement, alors que nous étions devant la porte de ma chambre.
« J'aimerais parler avec ma mère seule à seule, si vous nous le permettez ? Lui demandais-je doucement. Cela ne prendra pas longtemps.
Je reste devant la porte si vous avez besoin de quelque chose. Nous indiqua-t-il alors que nous franchissions la porte.
Merci Kingsley. Souffla Eleanor tout en fermant la porte.
Berni ? Appelais-je l'elfe de maison pour qu'il nous rejoigne dans ma chambre.
Oui Maîtresse ? Me demanda-t-il après être apparu au centre de la pièce.
Je sais que vous parlez toujours avec Barty Junior, tous les deux. Parlais-je autant à l'elfe qu'à Eleanor, en allant droit au but. Et que vous lui rapportez ce que vous pouvez, mais je veux savoir, est-ce qu'un de vous deux lui a parlé de son père ? Du fait qu'il soit toujours vivant et qu'il n'est pas parvenu à le tuer ?
Non, je n'osais pas lui en parler, quand Kingsley m'a apprit la nouvelle. J'étais rongé par la possibilité de son retour et je ne pensais à rien d'autre. M'avoua-t-elle, le regard toujours dans le vague.
Pour ma part, je l'ai appris à l'instant quand Monsieur le Maître est rentré dans le petit salon juste après vous. Ajouta Berni.
Je ne veux pas que vous lui en parliez. Surtout toi Berni ! Lui ordonnais-je tout en le montrant du doigt. Je sais que tu lui es très fidèle, mais si tu lui dis que son père est encore vivant, il va tout faire pour le tuer, allant même se mettre en danger pour y parvenir. Nous devons le protéger, même contre lui-même. Essayais-je de le convaincre.
Vous voulez protéger le jeune Maître ? M'interrogea Berni avec curiosité, alors qu'Eleanor attendait, elle aussi, la réponse avec attention, une lueur de vie revenant dans son regard. »
J'avais compris que pour Eleanor, tout ce qui concernait de près ou de loin son fils était digne d'intérêt pour elle. Malgré sa peur viscéral de son mari, ou son séjour en prison, ne l'arrêtera pas si elle avait la possibilité de protéger son fils ou de lui venir en aide.
« Je ne veux pas qu'il commette plus de crime qu'il n'a déjà pu faire. Si Monsieur Croupton est toujours vivant, c'est que Barty ne souhaitait pas véritablement tuer son père. S'il l'apprend, la nouvelle pourra le détruire. Ça prouve qu'il a échoué dans sa tentative, et je ne pense pas qu'il accepte d'avoir échoué alors qu'il en avait l'air si fier quand il m'en avait parlé.
Il est vrai que la perspective de son échec pourrait être dure pour lui, sachant qu'il ne s'avouera jamais qu'il ne souhaite pas la mort de son père. Confirma Eleanor d'une petite voix.
Je ne dirais rien. Accepta Berni. Je ne veux pas faire du mal au jeune Maître, ni qu'il se mette en danger pour essayer de le tuer de nouveau.
Voilà. D'un certain côté, nous le protégeons en gardant le silence. De plus, si on l'avertit, le Ministère saura que quelqu'un a trahit le secret sur la survie de Monsieur Croupton, et là nous serons tous soupçonner. »
Tous deux hochèrent la tête, comprenant la logique des faits qui leur étaient énoncés. Je vis qu'Eleanor me fixait avec un regard que je ne lui avais encore jamais vu jusqu'à maintenant. Il y avait comme de la reconnaissance ainsi que de la chaleur dans ses yeux alors qu'elle me regardait. Elle semblait tellement fragile à cet instant, que cela me touchait malgré ma volonté de me tenir à distance de cette femme.
« Merci de faire ça pour Barty malgré ce que tu penses de lui. Me dit-elle d'une voix douce. Et je suis désolée d'avoir trahi notre accord concernant ton identité et ton passé.
Ce n'est rien... Je peux comprendre vos inquiétudes, mais je n'accepte pas les choix que vous avez fait qui était motivé par celles-ci. Maintenant, je voudrais savoir... Votre mari, vous a-t-il déjà fait du mal ? Osais-je lui demander alors qu'elle se recroquevillât sur elle-même suite à ma question.
Qu'est-ce qui te fait penser ça ?! Me demanda-t-elle hargneusement, sur la défensive.
Car vous avez exactement le même comportement que ma mère quand elle voyait mon père revenir à la maison. Lui confiais-je tout en posant ma main sur les siennes, alors qu'elle se martyrisait les doigts en se les tordant dans tous les sens, démontrant son stress grandissant. »
Elle ne disait rien, gardant le silence alors qu'elle avait le visage baissé, regardant ses pieds comme si elle avait honte de quelque chose.
« Il ne restera que cette nuit. Lui expliquais-je pour la rassurer. Il sera jugé demain, et s'il est condamné, il sera soit enfermé dans une autre demeure, soit à Azkaban sans possibilité de vous voir jusqu'à la fin de vos peines respectives.
Merci pour ton soutien, Susanne. Me dit-elle, en esquivant toujours ma précédente question et ainsi éviter d'y répondre. Comment s'est passé ton audience ? »
Je ne voulais pas insister, au risque qu'elle se braque. Je lui racontais l'interrogatoire, les conclusions qui en ont suivit comme l'enquête qui serait mené par Kingsley, et la demande du Ministère pour que je m'installe dans une autre demeure des Croupton que celle-ci. Elle comprenait la décision du Ministère, et nous continuons de parler des questions qui m'avait été posé lors de mon interrogatoire, Eleanor me félicitant sur certaines questions que j'avais su esquiver. Je lui dis aussi que j'avais la possibilité de venir la voir une fois par semaine en même temps que Kingsley, pour lui rendre visite. Elle accepta avec gratitude, me confiant qu'elle aimerait avoir un peu de distraction féminine. Elle me proposa de repartir de zéro et faire table rase du passé ce que j'acceptais humblement.
« Maîtresse, le dîner est prêt. Nous annonça Berni qui venait de revenir dans la chambre alors que je ne l'avais pas vu en sortir. Le Maître vous attend dans le grand salon. Rajouta-t-il alors qu'Eleanor se crispait de nouveau.
Ne vous inquiétez pas. Essayais-je de la rassurer alors que je me relevais en lui prenant les mains. Nous sommes des Sang-pur, et nous sommes deux et lui seul. De plus, avec Kingsley, il ne pourra rien vous faire, il ne permettrait pas qu'il vous arrive quelque chose.
Oui, tu as raison. Se ragaillardit-elle en corrigeant sa posture pour se tenir de nouveau droite. Allons-y ! »
Nous marchions donc vers le grand salon, où nous attendait Monsieur Croupton. Kingsley se plaçait derrière nous, en une présence discrète, mais protectrice ce qui rassurait énormément Eleanor. Mais dès que je croisais le regard de Barty.S, je savais que ce dîner serait une épreuve pour tout le monde malgré notre volonté de ne pas le laisser nous atteindre.
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Note de l'auteur : Alors ? ALORS ? Le retour du père ? Vous y attendiez vous ? Que pensez-vous de ce nouveau chapitre ? Et quand verrons nous de nouveau Voldemort ? Bonne question hihi. Merci de votre lecture et pensez au review pour me dire ce que vous en avez penser.
Gros bisous et bonne lecture.
(*) : J'ai fait des recherches sur Harry Potter et la potion Veritaserum et il est dit que la potion ne peut pas être utilisée lors des procès pour les raisons que j'ai évoqué dans mon récit, et c'est pour ça qu'elle n'a pas été utilisé sur Sirius lors de son procès malgré ses demandes.
