Nouveau chapitre! Il n'y a pas trop d'action dans celui-là, disons qu'il prépare la suite.. Bonne lecture à tous!
Une main s'agite devant mes yeux et me sort de mes pensées.
-Tu m'écoutes ? Me demande Ron, perplexe.
Mon regard se pose sur les documents qui trônent sur le bureau devant nous et je soupire. Nous avions une piste qui s'annonçait prometteuse mais au final, rien. Le suspect vient d'être retrouvé mort.
-Tu n'as pas l'air dans ton assiette, tu devrais rentrer chez toi, enchaîne Ron.
Nouveau soupire. Si tout se passe bien c'est ce soir que je vais boire le polynectar. J'appréhende un peu. Est-ce une bonne idée ? Comment va réagir Hermione ?
-Ca va, c'est juste qu'on passe toute notre journée au ministère à espérer quelque chose d'une piste inexploitable. C'est frustrant.
-Je sais bien, me répond mon frère, mais ce n'est pas en baissant les bras qu'on trouvera quelque chose.
-T'as raison, excuse-moi. Je vais me chercher un remontant et on réétudiera à nouveau la vie de cet homme, peut-être que quelque chose nous a échappé.
Il hoche la tête. Je me lève, passe entre les bureaux des autres aurors et me retrouve devant la machine à café. J'hésite un instant, inserts une pièce et prends un café fort. Une soirée éprouvante m'attend. Alors que je porte le breuvage à mes lèvres, Hermione vient me rejoindre et m'adresse un sourire timide.
-Tout va bien ? Demande-t-elle.
-Ca va. Et toi ?
-Dure journée…
Et ce n'est que le début, ta journée te paraîtra bien terne face à la soirée qui t'attends…
-Tu as quelque chose de prévu ce soir ? Je pensais qu'on se pourrait faire quelque chose, histoire de se changer les idées, dit-elle ensuite.
Oups. Vite Ginny, trouve une excuse bidon, vite !
-Je ne peux pas ce soir, répondis-je un peu trop sèchement.
Pitié, ne me demande pas pourquoi.
-Oh, d'accord, dit-elle, déçue et surprise par le ton de ma réponse.
Alors qu'elle s'apprête à tourner les talons je lui attrape le bras doucement.
-Excuse-moi, j'ai passé une mauvaise journée. Cette histoire d'explosion m'affecte aussi tu sais.
-Ah bon ? Demande Hermione, septique, un sourcil levé. Après tout tu ne fais que ton boulot, n'est-ce pas ? Et comme t'es quelqu'un de bien t'as décidé de devenir « amie » avec la personne la plus malheureuse et associable du coin, c'est-à-dire moi. Bravo t'as réussi, tu dois être fière de toi ! Mais ne viens pas me dire que ça « t'affecte », tu fais tout ça juste par intérêt !
Apparemment elle a mal prit mon refus… En même temps je ne pouvais pas lui répondre « Ce soir ? Laisse-moi réfléchir… Ah oui je vais boire du polynectar pour reprendre mon ancienne apparence et te rendre visite, mais sans te dire que je suis revenue à la vie et que je me tiens juste devant toi, là, sous une autre identité. Mais t'en fais pas, c'est juste une visite de routine, histoire de savoir comment tu vas et si c'est toi qui butes tous les suspects ! »
-Pourquoi tu dis ça, Hermione ? Tu sais très bien que c'est faux !
-Alors explique-moi, en quoi cette enquête pourrait t'affecter comme si elle t'impliquait personnellement ?
-Elle m'implique personnellement, à travers toi, répondis-je en chuchotant à son oreille. Mais tu as raison sur un point, tu n'es pas mon amie. Tu es bien plus. Je ne me suis pas lancé comme défi de réussir à devenir proche de toi parce que tu étais mal et renfermée sur toi. Non, c'est parce que derrière cette tristesse et cet isolement j'ai vu en toi la femme merveilleuse que tu es et qui mériterait d'être heureuse à nouveau.
Je la sens frissonner et me recule. Alors qu'elle s'apprête à me répondre un jeune auror l'interpelle, affolé.
-Chef ! On a retrouvé un autre cadavre !
Elle se frotte les yeux de lassitude et part voir l'auror. Je rejoins Ron et pousse à nouveau un soupire bruyant. Il me scrute un instant et finit par prendre la parole.
-On est amis, non ?
-Bien sûr, pourquoi ?
-Ce n'est pas parce que c'est mon ex-femme que tu ne peux pas m'en parler, dit-il en désignant Hermione d'un geste discret de la tête. En tant qu'ami tu sais que tu peux te confier à moi.
Mais alors que je m'apprête à nier ses sous-entendus sur Hermione une autre réponse sort de mes lèvres.
-C'est si compliqué…
-Tu l'apprécies ?
-Oui.
-Je pense qu'elle aussi. Je ne saurais expliquer pourquoi mais tu es la seule personne avec qui elle semble baisser sa garde et fendre sa carapace.
Je ne sais que répondre.
-Tant mieux si t'arrives à la faire revivre, continue-t-il. Allez, il est tard. On devrait rentrer, on n'avancera pas ce soir.
J'hoche la tête, range mes affaires et le salue. Je transplane et arrive chez moi à toute vitesse.
-Alors ? Demandais-je en enlevant ma veste avec précipitation.
Jim me sourit tandis que Fred pointe un chaudron du doigt.
-Alors c'est prêt ! Dit-il.
-Tu es sûre que tu ne veux pas qu'on t'accompagne ? Demande Jim, inquiet.
-Ca va aller. Merci les gars, je vous suis vraiment redevable.
-Juste une chose… Ajoute Fred.
-… On a trouvé le moyen d'être avec toi, même lorsque tu es loin, finit Jim.
Ils pointent leurs baguettes sur moi et un jet de lumière bleu s'en échappe pour venir s'échouer contre ma poitrine. Une douce chaleur se répand dans mon corps durant quelques secondes et je les regarde, incrédule.
-Maintenant on sera en permanence en contact, conclut Fred.
-Tiens, dit Jim en versant du polynectar dans une fiole.
Il y glisse un long cheveu roux et me la tend. J'avale tout, cul-sec. L'arrière goût est atroce et je grimace. Une sensation étrange et désagréable me parcoure. Je me sens déconnectée de la réalité durant quelques secondes et lorsqu'enfin je reprends pleinement mes esprits je vois Fred qui tient un miroir dans ses mains.
J'aperçois mon reflet et mon cœur rate un battement. Mes yeux marron brillant pétillent de vie, ma longue chevelure rousse scintille de mille feux sous la lumière de la pièce et les traits fins de mon visage reflètent la surprise. Je lève les mains et me touche le visage, ayant du mal à réaliser.
Par Merlin, je suis à nouveau moi !
-Allez file ! Me dit Fred. Tu as une heure avant que la potion ne perde son effet.
J'hoche la tête et transplane à une centaine de mètres de chez Hermione. Je parcours la distance qu'il reste et hésite un instant. De là où je me trouve, je m'aperçois que la lumière de sa chambre est allumée. Je respire un grand coup et ouvre sans faire de bruit la porte d'entrée. Je marche silencieusement dans le couloir qui mène à sa chambre. La porte est ouverte.
Lorsqu'elle se rend compte que quelqu'un s'est infiltré chez elle, elle sort sa baguette avant de m'apercevoir. Sous le coup de la surprise, elle lâche le livre qu'elle tenait à la main.
-Gi… Ginny, dit-elle d'une voix blanche.
Je parcours les quelques mètres qui nous séparent et la prends doucement dans mes bras. Elle s'effondre, en larmes, tout en me serrant contre elle.
-Tout va bien, mon amour, tout va bien, dis-je en lui caressant tendrement les cheveux.
-Par Merlin, si tu savais comme tu m'as manqué, murmure-t-elle au bout de quelques minutes.
-Je sais. Si je suis venue c'est parce qu'il faut que je te parle, Hermione.
Elle s'écarte un instant et me regarde, surprise.
-J'ai plusieurs choses à te dire, enchaînais-je. Premièrement il faut que je te pose une question, Hermione. Je ne veux pas que tu le prennes mal mais j'ai besoin d'une réponse sincère, c'est primordial.
-Je t'écoute, murmure-t-elle.
-Est-ce que c'est toi qui sabotes les pistes sur l'enquête de l'explosion ?
-D'une certaine façon, oui. J'ai des éléments que le ministère n'a pas, que je garde secret.
-Pourquoi ?
-Parce que je veux être celle qui mettra celui qui t'a fait ça derrière les barreaux.
-Et pour les suspects que l'on retrouve mort ?
-Je n'ai rien là-dessus…
-Donc tu n'y ai pour rien, ce n'est pas toi qui les tues ?
-Bien sûr que non ! S'exclame-t-elle, choquée.
-Excuse-moi de t'avoir demandé ça, mon amour. C'est une longue histoire mais apparemment quelqu'un cherche à te faire porter le chapeau pour les meurtres…
-Ne t'en fais, j'ai des alibis pour chaque meurtre. Je n'ai rien à craindre, je suis innocente. A mon tour de te poser une question. Comment as-tu fait pour revenir ?
-C'est une longue histoire. Je te promets que tu sauras le moment venu.
-Mais…
-Fais-moi confiance. Si je suis là c'est surtout parce qu'il est temps que tu fasses ton deuil.
-Je ne peux pas… Dit-elle, la voix brisée.
-Il le faut Hermione. Je ne supporte plus de te voir dans cet état. Il est trop tard pour moi, je suis morte mais toi non. Vis ta vie.
-Tu me demandes de t'oublier ?
-Bien sûr que non. Mais, même si tu gardes une partie de moi en toi, il faut que tu passes à autre chose. Je t'en prie, Hermione. Te voir ainsi me rend si mal.
Elle se cale dans mes bras et pose sa tête sur mon épaule. Je pose deux doigts sous son menton et relève doucement sa tête pour pouvoir la regarder. Ses yeux reflètent une immense tristesse, plus présente qu'à l'accoutumée, et à la fois la joie de me revoir. Elle approche doucement ses lèvres des miennes et m'embrasse. A travers ce baiser je sens la passion qui l'anime, le soulagement de me revoir et toute sa douleur. C'est à la fois si beau et si terrible.
Je savais ce qu'elle ressentait mais j'étais à mille lieux de me rendre compte de l'intensité de sa souffrance. Et je culpabilise. Je culpabilise de ne pas être sortie de l'immeuble, d'avoir succombé à la mort. Je culpabilise parce que je suis sensée être celle qui fait son bonheur, pas celle qui la rend si malheureuse.
Nous nous séparons et nous regardons intensément. Je finis par apercevoir l'heure et me rends compte qu'il est temps que j'y aille.
-Je dois partir, dis-je dans un murmure.
-Non ! S'exclame Hermione, la voix brisée. Reste…
-Sois heureuse, Hermione.
-Je t'en supplie, reste, dit-elle, les larmes dévalant ses joues.
-Il faut que je parte, répondis-je la gorge nouée par la tristesse.
-Pitié !
-Hermione, je dois y retourner…
-Je t'aime, dit-elle résignée, son visage toujours ravagé par la douleur.
Je m'approche et pose à nouveau mes lèvres sur les siennes. Mais ce baiser n'est pas comme les autres. Un baiser d'adieu.
-Je t'aime, répondis-je dans un souffle.
Je ferme les yeux et disparais dans un craquement sonore. Je me retrouve dans le Green Parc et m'assois sur un banc. Je ne sais pas pourquoi je suis venue ici…
Petit à petit je ressens la sensation désagréable de mon corps qui se transforme. Je retrouve l'identité de Milena. Je regarde mes mains et les plaque contre mon visage. J'éclate en sanglots, ne pouvant contenir ce que j'éprouve.
A travers le sort qu'ils m'ont jeté pour qu'on puisse être en contact, je m'aperçois que Fred et Jim s'inquiètent. Ils ont ressenti mon désarroi. Mais je me sens comme paralysée par la tristesse. Je sens quelqu'un s'assoir près de moi et je me calme petit à petit.
Une fois que j'ai réussi à retrouver le contrôle de mon corps je tourne la tête et vois, avec surprise, l'inconnu de la dernière fois. Tout comme la dernière fois l'Inconnu est vêtu d'une cape qui le masque entièrement et porte sa baguette à sa gorge pour déformer sa voix.
-Dure soirée, n'est-ce pas ?
J'hoche la tête, ne sachant que répondre.
-Vous avez fait ce qu'il fallait, enchaîne-t-il. C'est difficile sur le moment mais elle avait besoin de vous voir, de vous entendre lui dire que vous l'aimez. Peut-être que maintenant elle acceptera enfin d'être heureuse.
-Je l'espère, répondis-je dans un murmure. Je ne sais toujours pas qui vous êtes…
-Voyez-moi comme une ombre qui veille sur vous.
-J'ai l'impression de vous connaître…
Un long silence s'installe.
-J'ai remarqué la dernière fois que votre frère, votre meilleur ami et vous vous entraîniez pour « se défouler », dit alors mon interlocuteur. D'ici peu de temps les choses vont changer. Vous aurez des ennemis, les choses iront mal. Il faut que vous soyez prête.
-Que…
-Rentrez chez vous, ne regrettez rien. Et maintenant faites en sorte de réussir votre mission. Faites ce qui vous semble le plus juste vis-à-vis d'Hermione. Ne vous tourmentez pas, les choses sont déjà assez difficiles et le cœur à ses raisons que la raison ignore. Au revoir.
Avant que je n'aie pu dire quoi que se soit l'Inconnu a disparu. J'ouvre la bouche, perplexe, et la referme. Que dire face à cela ? A quoi cela servirait de m'exprimer dans le vide ? Je suis certaine que l'Inconnu m'observe toujours mais il ne répondrait pas à mes questions.
Dépitée, je me lève et transplane chez moi. Fred et Jim m'attendent, l'air inquiet.
-Ca va mieux ? Demande mon frère.
-Maintenant, oui, tout ira mieux, dis-je dans un murmure en fermant les yeux. Les gars, ca vous dit d'aller vous défouler sur la plage comme la dernière fois ? J'ai besoin d'entrainement
J'abaisse ma baguette, essoufflée. Fred se tient devant moi, un sourire arrogant aux lèvres.
-T'es d'venue rouillée, petite sœur !
-Je t'emmer…
-Je rigole, tu t'en sors très bien. D'ici peu, tu retrouveras ton niveau d'avant.
-Le soleil va bientôt se lever, intervient Jim.
J'hoche la tête et passe ma main sur mon front dégoulinant de sueur. Par Merlin, j'ai vraiment besoin d'une douche !
Nous avons passé la nuit à nous entraîner. Je ne me sens pas fatiguée, au contraire ça m'a permis de prendre un peu recul par rapport à ce qui s'est passé hier soir.
Une fois de retour chez moi je me précipite dans la salle de bain et prends cette douche tant attendue. Je m'habille d'un chemisier en soie couleur crème et d'un pantalon tailleur slim noir, me prépare en vitesse et vais au boulot.
Alors que je m'apprête à entrer dans le département des aurors je sens mon ventre se nouer. Après notre discussion d'hier Hermione doit être au 36ème dessous… J'inspire un grand coup et vais l'air de rien jusqu'à mon bureau. Mais en plein chemin je l'aperçois de loin entrain de parler avec un des aurors. Elle m'adresse discrètement un petit sourire timide. Surprise, je reste figée sur place. Elle a toujours son petit air triste mais une lueur étrange brille dans son regard.
Quelques instants plus tard elle vient à mon encontre.
-Excuse-moi pour hier soir, j'étais occupée… Commençais-je à dire.
-Non, c'est à moi de m'excuser. Je me suis emportée.
-Tu as l'air… En forme.
-C'est assez compliqué…
-Allons prendre un café, tu me diras tout !
-Tu vas me prendre pour une folle…
-C'est déjà le cas ! Répondis-je en riant. Alors tant qu'à faire tu peux me raconter tes histoires.
Nous sortons du ministère et elle prend mon bras alors que nous marchons. Nous entrons dans un bar-restaurant et commandons deux cappuccinos. Elle me raconte notre entrevue d'hier soir, la voix un peu tremblante.
-Tu ne me crois pas, hein ? Finit-elle par demander.
-Je crois que l'amour va au-delà de tout, même de la frontière entre la vie et la mort. Alors si je te crois.
Et aussi parce que j'étais présente hier soir…
Elle hoche la tête, perdue dans ses pensées, et porte son café à ses lèvres.
-Comment le vis-tu ? Demandais-je.
-Je suis triste. Ginny comptait plus que tout pour moi… Mais je suis soulagée. Je sais qu'elle va bien et qu'elle veille sur moi. Elle ne m'en veut pas et m'aime toujours.
-Que vas-tu faire ?
-Ce qu'elle m'a dit, je vais être heureuse. Mais je n'y arriverai pas seule…
-C'est normal.
-Et j'aurai besoin de temps pour être comblée à nouveau… Enchaîne-t-elle.
-C'est sûr.
-Je vais aussi avoir besoin de toi.
-Ne t'inquiètes pas, je serais là pour t'aider, répondis-je.
-Il ne s'agit pas seulement d'aide, dit-elle en détournant les yeux. Je… Je pense que j'ai besoin de toi dans ma vie, pour être heureuse. J'ai besoin que tu me redonnes le sourire.
J'essaye de cacher ma surprise mais je reste bouche bée.
-Je suis désolée, enchaîne-t-elle précipitamment face à mon absence de réponse. Je voulais dire que… Que… Tu n'es pas obligée. C'est… Euh.
Je souris face à sa gêne.
-Ca va, Hermione. Je suis juste surprise et ravie de constater que j'ai autant d'importance pour toi. C'est avec plaisir que je contribuerais à ton bonheur, dis-je avec un sourire.
Je penche et dépose un affectueux baiser sur sa joue.
