Et voilà le nouveau chapitre!

Jony62: Pour Ron, vous verrez bien par la suite. Merci d'avoir prit le temps de laisser une review.

Claire: Merci pour ton commentaire. Tu auras toutes les réponses à tes questions dans les chapitres à venir, ne t'en fais pas.

Gabyee PikAachu: Haha, merci! La suite est là. Merci de ta patience.

Guest: Ton commentaire me fait plaisir. J'essaie de faire au mieux pour rendre l'histoire originale et pour vous tenir en haleine, je suis ravie de contaster que l'histoire te plaît.

Tara1990: Je vois que tu n'apprécies pas vraiment Ron, toi non plus^^

Merci à tous pour vos commentaires et merci de lire cette histoire!

J'ai l'impression que le temps s'arrête. C'est impossible…

-Ca va ? Me demande Ron, perplexe.

Je sors de mes pensées et hoche difficilement la tête.

-Qu'est-ce que… Qu'est-ce que tu t'es fait au bras ? Demandais-je en bafouillant.

Il détourne le regard et semble gêné.

-Me suis fait agresser, dit-il d'un ton peu convainquant.

Je n'en peux plus. Je me lève précipitamment et vais aux toilettes. J'aperçois du coin de l'œil Ron me suivre du regard, d'un air surpris.

J'entre, ferme à clé et pose mon front contre la porte. Je sens que je vais faire une crise de panique… Calme-toi, Ginny. Calme-toi. J'inspire fortement pour me calmer mais ça ne marche pas, je me précipite dans une petite cabine, ayant subitement la nausée.

-C'est impossible…

J'entends soudainement toquer à la porte.

-Vous avez bientôt fini ? J'ai besoin d'aller au petit coin ! Dit une voix agacée.

J'essaie de réordonner ma tenue et sors. Que faire maintenant ? Je ne peux pas rester ici, j'en suis incapable. Mes doigts commencent à trembler, je ne me sens vraiment pas bien.

Machinalement je me rends en salle de conférence. Hermione s'y trouve avec d'autre « hauts gradés » du monde magique pour une réunion importante. Je toque et ouvre la porte sans attendre de réponse. Ils sont tous assis autour d'une table, l'air concentré. Seule Hermione qui est debout semble en plein discours. Toutes les têtes se tournent vers moi. Ils me jettent tous un regard noir, sauf Hermione qui paraît surprise. Elle s'arrête en plein milieu de sa phrase et me regarde, perplexe.

-Que… Commence-t-elle.

-Pardon pour l'interruption mais je ne me sens vraiment pas bien, il faut que je rentre chez moi, dis-je avec précipitation avant de refermer la porte.

Mais Hermione parcours rapidement les quelques mètres qui nous séparent et me rejoint. Elle ferme la porte derrière elle, laissant les autres personnes dans la salle, choquées.

-Qu'est-ce qui t'arrives ? Me demande-t-elle, une pointe d'énervement dans la voix.

-Je… Je suis désolée, il faut que je rentre.

-Par Merlin, qu'est-ce qui se passe ? Dit-elle, inquiète. Tu es si pâle. Et tu trembles !

-Ca va, je dois juste rentrer, répondis-je, la gorge sèche.

-Est-ce que tu as besoin de quelque chose ? Demande-t-elle en avançant son bras pour le poser doucement sur mon épaule.

-Je dois y aller, dis-je en esquissant un mouvement de recul pour éviter qu'elle me touche.

Je la vois, perdue et attristée face à mon rejet. Mais je ne dis rien, je lui tourne le dos et pars.

J'arrive chez moi et jette mes affaires à terre avec violence. Fred et Jim me regardent, étonnés.

-Whoooa, j'aime quand tu es de si bonne humeur après le travail, petite sœur, lance Fred.

-A propos de travail, que fais-tu ici ? Tu sèches le boulot maintenant ? Demande Jim.

Je sais qu'ils essayent d'apaiser l'atmosphère mais ils ne font que mettre de l'huile sur le feu. J'explose.

-Dégagez, dis-je d'un ton étonnement froid.

-Pardon ? Demande Jim.

-J'en ai ras le cul de vous. Vous étiez censé être là pour m'aider mais vous êtes juste un poids en plus.

-Attends, on a toujours été là pour toi, on a tout sacrifié pour que tu puisses revenir à la vie ! S'exclame mon frère, outré.

-Je préfèrerai être morte, j'aurais moins souffert ! Putain, je n'aurais pas dû prendre cette saloperie de deuxième chance, c'est un cadeau empoisonné !

-On t'avait prévenu que ce ne serait pas de tout repos… Commence mon meilleur ami en tentant de me calmer.

Je ferme les yeux et inspire un grand coup. Je sens une rage terrible bouillonner en moi. Je sais que je vais regretter les mots que je m'apprête à dire à l'instant même où ils sortiront de ma bouche mais je n'arrive pas à me contrôler.

-CASSEZ-VOUS !

Ils me regardent, ébahis, et me tournent le dos. Ils partent et je les vois disparaître. Ils partent et je suis incapable de les retenir, je suis bien trop énervée. Je sais qu'ils n'y sont pour rien, qu'ils ont tout fait pour que j'aie ma deuxième chance et que je la vive au mieux mais je suis tellement hors de moi…

Je m'assois sur le lit et prends ma tête entre mes mains. La pièce est plongée dans le noir. Je ne sais pas combien de temps je reste ainsi, seule dans cette chambre sombre, à me lamenter.

Au bout d'un long moment, j'entends un cliquetis et une porte qui s'ouvre. Ma porte d'entrée. Peut-être que Ron sait que j'ai compris, peut-être qu'il vient pour me faire taire ou pour me faire croire que je me trompe. Peut-être est-ce un cambrioleur qui croit que cet endroit est toujours abandonné. Je l'ignore. Quoi qu'il en soit, je ne bouge pas. Je reste dans la même position. Tout m'est égal.

Je sursaute tout à coup en sentant une main sur mon épaule.

-C'est moi, me murmure doucement une voix, tout va bien.

Hermione.

-Je suis désolée de débarquer comme ça mais tu étais bizarre tout à l'heure alors j'ai fouillé dans ton dossier pour trouver ton adresse afin de venir prendre de tes nouvelles…

Je sens son souffle chaud tout prêt de moi et je devine son visage à quelques centimètres du mien. Je ne réponds pas. Je l'embrasse. Ce n'est pas un baiser doux, ce n'est pas un baiser par lequel on montre ses sentiments amoureux. Ce n'est pas passionné, juste désespéré. Elle est mon seul point d'ancrage alors que je me noie dans l'incertitude, la douleur et l'espoir d'avoir inventé ce que j'ai découvert.

Mes mains tâtent son corps dans l'obscurité et je lui retire ses vêtements avec précipitation. Elle me laisse faire et continue de m'embrasser. A son tour, elle me déshabille. Nous nous retrouvons allongées, l'une contre l'autre, nues. Nos bouches ne se quittent pas. Ses mains glissent le long de mon corps. Me lèvres parcourent ses courbes, la découvrant à nouveau.

Faire l'amour pour oublier sa peine. C'est typique, bizarre, inapproprié. Mais tellement efficace. Parce que je l'aime. Parce qu'elle est mon seul point d'ancrage alors je me noie dans l'amour que je ressens pour elle.

Apaisée au bout d'un certain temps, je finis par m'endormir. Lorsque je me réveille, je suis couverte par un drap. Elle est toujours là, collée contre moi. Elle me regarde d'un air inquiet et finit par prendre la parole.

-Tu ne m'as pas dit ce qui te tracasse autant…

Je me contente d'hausser les épaules, d'un air faussement désinvolte.

-Si tu n'as pas envie de m'en parler tu n'y es pas obligée, continue-t-elle, mais sache que je suis là et que, quoi qu'il se passe, jamais je ne te laisserai tomber.

-Merci… J'aimerais pouvoir t'en parler mais c'est juste… Tellement compliqué, tellement flou.

-La raison qui te rend si mal au point, tu ne peux rien faire pour l'éradiquer ? Demande-t-elle en prenant appui sur son coude.

-Justement non, toutes les solutions envisageables sont tellement douloureuses… Je me sens bloquée entre ma raison et mon cœur et je ne sais pas quel choix faire…

-Bon, mais même si tu ne peux pas « supprimer » cette cause, il y a-t-il un moyen pour apaiser la douleur qu'elle te provoque ?

Je prends un moment pour y réfléchir.

-En effet, il y en a un mais il risque d'avoir certaines conséquences.

-Parfois, on est obligé de faire des sacrifices pour se sentir mieux, répond-t-elle.

Je me cale dans ses bras et ferme les yeux. Je n'ai qu'une seule envie, me rendormir et oublier tout ce qui s'est passé.


Nous nous réveillons le lendemain matin vers 7h. Hermione baille, s'étire et m'embrasse.

-Il faut que je me dépêche de me préparer, je vais être en retard… Marmonne-t-elle.

-Moi aussi, dis-je en esquivant un geste pour me lever.

Elle pose sa main sur mon bras et me regarde d'un air sévère.

-Hors de question, toi tu prends ta journée.

-Oui, chef, répondis-je d'un ton ironique.

-Je suis sérieuse. Ce qu'il t'es arrivé hier t'a profondément touchée, je veux que tu te reposes et éventuellement que tu mettes en place ce moyen pour aller mieux dont tu m'as parlé hier.

J'hoche la tête d'un air grave.

Une demi-heure plus tard, elle est prête. Elle m'embrasse, me souhaite une bonne journée et part. Je me prépare aussi, en prenant mon temps, perdue dans mes pensées.

« Parfois, on est obligé de faire des sacrifices pour se sentir mieux »

J'y ai longuement réfléchi. Je sais ce qui me reste à faire. Et je sais que cela pourrait avoir de lourdes conséquences mais je n'ai pas le choix. Parce que c'est le seul moyen de me sentir mieux.

Je m'approche de ma penderie et effleure mes habits du bout des doigts. Je m'empare d'un pull noir, d'un pantalon beige et d'une paire de ballerines noires. Après un moment d'hésitation, j'attrape une veste de tailleur noire. De discrets phœnix ornent les boutons d'acier de la veste. C'est ma mère qui les avait cousus. J'adorais mettre cette veste lorsque j'étais la « vraie » Ginny.

Je finis de me préparer et part. Je marche un long moment dans les rues de la ville, sans but précis à part celui de prendre un peu l'air avant de faire ce que j'ai à faire. Au bout d'une vingtaine de minutes, j'expire un grand coup, me mets à l'abri des regards et transplane.

J'atterris devant le Terrier. Ron est au ministère donc je n'ai aucune chance de le croiser. Mon père aussi est au travail. La seule personne présente est ma mère. Elle doit sûrement tricoter de façon moldue, c'est devenu l'un de ces passe-temps favoris.

Lorsque j'étais plus jeune, c'est vers elle que je me tournais lorsque j'allais mal. Même si notre relation était parfois difficile, même si de temps en temps elle m'exaspérait, je savais que je pouvais lui faire confiance. Elle m'écoutait sans jamais me juger, me donnait des conseils et me rassurait comme seule une mère peut le faire. Le seul sujet sur lequel je ne me suis pas confiée à elle était ma relation avec Hermione lorsqu'elle était avec mon frère, et je le regrette. Les choses auraient pu être différentes si je l'avais fait.

Je m'avance doucement vers la porte d'entrée et toque. Mon cœur bat à la chamade. Elle m'ouvre, surprise, et m'accueil avec un grand sourire chaleureux.

-Milena ! Je ne m'attendais pas à te voir. Bonjour.

-Bonjour. Nous devons parler… Si ça ne vous dérange pas, dis-je, le cœur au bord des lèvres.

-Bien sûr, entre.

Elle se recule pour me laisser pénétrer dans la maison. Je la vois tiquer en remarquant les boutons sur ma veste mais elle ne dit rien.

-Je vais te préparer un thé, enchaîne-t-elle en se dirigeant vers la cuisine.

Je la suis silencieusement. Son regard se voile alors qu'elle tombe sur une photo de moi accrochée au mur.

-J'aimerais tellement qu'elle soit là… Murmure-t-elle en faisant couler le thé dans la tasse à l'aide de sa baguette.

-Je suis là, répondis-je doucement.

Elle est dos à moi, je ne peux pas voir son expression mais je l'aperçois se raidir. Je m'assois et je tente de trouver mes mots avec difficultés.

-Je ne m'appelle pas Milena Fuentes, commençais-je.

Elle se retourne brusquement, me tend la tasse et s'assoit en face de moi. Son expression est indescriptible. Elle paraît perplexe et malheureuse. J'avale ma salive et continue.

-Je n'ai pas toujours travaillé au ministère. A vrai dire, cela ne fait que quelques mois que je suis auror. Avant, j'étais médicomage mais, un jour, j'ai eu un accident.

Des larmes perlent aux coins de ses yeux mais elle reste silencieuse. J'ai l'impression qu'elle comprend mais qu'elle n'arrive pas à y croire.

-C'était un accident grave. Quelqu'un avait placé une bombe dans une galerie marchande. J'étais dedans. Cet accident m'a coûté la vie.

Cette fois elle ne se retient pas et éclate en sanglots.

-Par Merlin, c'est impossible, dit-elle.

-Je me suis retrouvée dans un monde parallèle, un monde qui se situ entre la vie et la mort. Il a pour but de faire accepter la mort aux gens qui viennent de périr et de les préparer pour la suite. Bien sûr, je n'avais pas conscience de ce qui m'arrivait, je me croyais toujours vivante. Tout semblait tourner à l'envers, pour preuve, Voldemort était même devenu ministre de la magie. Je revoyais certains de mes proches, ceux qui avaient péris avec moi durant l'explosion, ainsi que ceux qui étaient toujours en vie mais ces derniers ne pouvaient me voir, parce qu'ils n'appartenaient pas à ce monde. Seule ma nièce me voyait, puisqu'elle a un don. J'ai aussi pu passer du temps avec la femme que j'aime, étant donné qu'elle se trouvait dans le coma à ce moment là mais elle a disparu lorsqu'elle s'est réveillée et désormais, tout cela ne doit être pour elle qu'un rêve flou. Au bout d'un certain temps, certaines personnes que j'avais connues au long de ma vie et qui sont mortes me sont apparues. Des personnes ayant péries dans la guerre contre les forces maléfiques, mes collègues qui avaient perdus la vie dans l'explosion et même ma grand-mère. Alors je me suis souvenu. Je me suis souvenu que j'étais dans l'immeuble qui a explosé et j'ai compris que j'étais morte. Ca a été un choc… On m'a alors donné le choix entre avoir une deuxième chance ou choisir de « vivre » ma mort en toute tranquillité. J'ai choisi la première option. La deuxième chance à laquelle j'ai eu droit défiait toutes les espérances et toutes les deuxièmes chances existantes, parce que mon meilleur ami, Jim, qui était mort avec moi et mon frère, Fred, avaient sacrifiés les leurs pour moi. Ma deuxième chance a été de pouvoir retourner dans le monde des vivants.

-Oh Ginny, chuchote ma mère douloureusement tout en serrant ma main dans la sienne.

A mon tour, je sens des larmes chaudes dévaler mes joues mais j'enchaîne.

-J'ai donc pu retourner à la vie mais sous une autre identité, une identité secrète. Jim et Fred m'accompagnent mais ils sont invisibles aux yeux de tous, sauf moi. J'ai pour mission de retrouver la personne qui a commis l'attentat, sinon ils sont condamnés à errer éternellement dans ce monde, sans que personne ne puisse les voir. Je me fais passer pour quelqu'un d'autre pour mener à bien cette mission. Je mens à tout le monde. Je vois mes proches et je leur fait croire que je ne suis qu'une inconnue. C'est dur à vivre mais j'ai aussi droit à quelques instants de bonheur. J'ai pu revoir ceux que j'aime, même si la plupart d'entre eux ne se rendent pas compte de qui je suis. Mais j'ai aussi découvert certaines choses qui rendent la situation davantage compliquée, et c'est difficile à vivre. J'étais désespérée alors je suis venue te voir, parce que tu es la seule vers qui je peux me tourner.

Elle me regarde, interdite. Son visage est à la fois dévasté par la tristesse mais aussi par le bonheur de ma présence.

-Je sais que je peux te faire confiance et il est important que tu ne révèles rien de ce que je viens de te dire, parce que cela pourrait mettre en péril ma mission et aggraver la situation. Je sais que tu es chamboulée par ce que tu viens d'entendre et j'en suis désolée, je ne veux pas te faire souffrir mais j'avais besoin de te le dire. Je vais m'éclipser maintenant.

Je me lève et sens mon cœur se briser en la voyant ainsi, effondrée.

-Je t'aime, maman, dis-je.

Je fais volte-face et part sans me retourner, sans attendre de réponse. Il n'y a rien à dire, rien à faire. Evidemment, je n'ai pas pu lui expliquer pour Ron mais j'ai pu lui raconter mon histoire. C'était dur de lui dire tout ça, pour elle comme pour moi, mais j'en avais besoin et c'est aussi ce qu'elle avait besoin d'entendre. Je sais qu'elle n'en parlera à personne. Je sais que les choses ne s'arrangeront pas pour autant. Mais j'ai le cœur plus léger parce que maintenant, au moins, elle sait que je suis toujours là.