Le lendemain matin, alors que Riza arrivait enfin à destination et qu'elle était joyeusement accueillie par sa famille dans des embrassades larmoyantes, le premier membre de la team Mustang arriva. Jean Havoc, puisqu'il s'agissait de lui, fut surpris quand la secrétaire lui remit les clés du bureau. Habituellement, Riza avait les clés et arrivait toujours en premier. Il continua tout de même son chemin et ouvrit le bureau. Quand il pénétra dans ce dernier, il resta figé en voyant ce qui se trouvait sur le bureau du capitaine de l'équipe. Ne voulant pas y croire, il s'avança vers ledit bureau, et resta planté là à regarder cet uniforme et ce grade qui ornait habituellement l'épaule de sa collègue. Kain Fuery, Heymans Breda et Vato Falman arrivèrent peu de temps après et virent le Lieutenant Havoc immobile devant le bureau de la seule fille du groupe. Ils s'approchèrent à leur tour, supposant que le Capitaine devait être là, mais ils se rendirent rapidement compte que ce n'était pas le cas.

- C'est quoi ce bordel ?! Ne put s'empêcher de lâcher Breda.

- Je crois que le Capitaine a quitté l'armée… Lui répondit faiblement Havoc.

Un silence de plomb suivit sa déclaration. Puis, un débat débuta et tout le monde y alla de sa petite hypothèse sur les possibles raisons du départ du Capitaine s'il s'agissait bien d'un départ.

C'est à ce moment que le Général débarqua. Il avait été alerté par les bruits qui n'auraient jamais eu lieu d'être si le Capitaine avait été là. Il arriva alors dans le bureau en demandant :

- Qu'est ce qui se passe ici ?

Ils se turent tous et s'écartèrent laissant l'occasion à leur supérieur de voir ce qui reposait sur le bureau de sa subordonnée. Roy comprit immédiatement et se précipita vers son propre bureau où il trouva une lettre. Il l'ouvrit rapidement et la parcourut du regard, se doutant déjà de ce qu'elle contenait. À la fin de sa lecture, il lâcha un « Et merde ! » qui fit sursauter tout le monde. Il ordonna ensuite à la team de se mettre au boulot tandis qu'il ressortait du QG en vitesse. Il se dirigea vers l'immeuble de Riza et trouva la concierge qu'il s'empressa de questionner.

- Bonjour Madame, est-ce que Riza Hawkeye est là ?

La femme jugea Roy du regard et en voyant l'inquiétude dans ses yeux, elle prit une mine embarrassée en lui répondant :

- Je suis désolée mais elle a fini de déménager hier…

- Ce n'est pas vrai ! Et vous ne sauriez pas où elle est allée ?

- Non… Elle ne m'a rien dit…

Roy partit alors, sans plus de manières, d'un pas lourd de rage et d'inquiétude. Elle ne pouvait pas l'avoir quitté comme ça ! Avec une simple lettre et même pas un « au revoir » ! Non pas après tant d'années ! C'était impossible ! Guidé par son instinct il se rendit à la gare où il terrifia un pauvre homme chargé du guichet et qui n'avait aucune idée de l'endroit où Riza avait pu se rendre. Il retourna finalement à son bureau, dont il claqua la porte terrorisant toute son équipe et la moitié du quartier général. La seule fois où ils avaient entendu dire qu'il avait été ainsi, c'était quand il avait affronté Envy après avoir découvert qu'il avait tué Maes.

Roy tourna un moment en rond dans son bureau en fulminant ! Pourquoi ?! Pourquoi était-elle partie comme ça ? Elle lui avait écrit qu'il était sur le point d'atteindre son objectif et que donc il n'avait plus besoin d'elle, mais il savait parfaitement que ce n'était pas pour cela qu'elle était partie. Il finit par se poser à son bureau en se prenant la tête dans ses mains. Il souffrait de son départ bien plus que quiconque ne pourrait le croire. Il l'aimait et ce depuis toujours, mais il ne voulait pas la perdre, et c'est pourquoi, même après que la loi sur les relations au sein de l'armée ait été modifiée, il n'avait rien tenté. Il avait bien trop peur qu'elle le rejette ! Après tout comment pourrait-elle aimer quelqu'un comme lui ?

Il finit par poser la tête sur son bureau, le regard dans le vide et l'esprit ailleurs pensant à une ravissante jeune femme aux cheveux blonds et aux prunelles d'ambre.

Sous ordre de sa mère, Riza était partie se coucher dès son arrivée. Elle avait dormi trois heures puis s'était levée et avait commencé à aider sa famille pour préparer la fête du lendemain que sa mère avait organisé pour son retour. Tous ses cousins, oncles, tantes et compagnie y seraient. Ce serait une grande fête comme seuls les Grumman savaient le faire. À midi, Riza avait pour la première fois depuis longtemps déjeuné avec sa mère et sa sœur, et ça lui avait fait un bien fou. Ensuite, elle avait aidé ses oncles et cousins à monter le barnum, puis avait rejoint la cuisine pour voir s'il n'avait pas besoin d'aide. Mais elle en avait vite été chassée, sa mère affirmant qu'elle était l'invité d'honneur, et qu'elle n'avait donc qu'à profiter. Elle s'était donc rendue près de l'étang qui se trouvait sur la grande propriété, afin de réfléchir un peu. Par moment, elle doutait de son choix, même si ça ne faisait que quelques heures qu'elle était partie, et elle devait donc se répéter pourquoi elle l'avait fait. « Il ne m'aime pas, il sort toujours avec d'autres filles, il n'a plus besoin de moi et je ne serais qu'une gêne, avec mes sentiments actuels », pensa-t-elle.

- Riza, l'appela alors une voix derrière elle, la faisant revenir à la réalité.

Elle se retourna en reprenant un visage joyeux pour voir sa sœur qui l'appelait toute souriante. Contrairement à elle qui avait hérité des yeux ambrés de sa mère, Mélina avait les yeux bleus de son père, qui la rendait particulièrement envoutante pour les hommes avec qui elle avait un succès fou d'après ce que lui avait dit son grand-père. De plus, elle avait un visage plus fin, plus délicat, tout comme son corps, moins musclé, et ont avait souvent du mal à savoir qu'elles étaient sœurs. Riza avait d'ailleurs souvent était jalouse de sa petite sœur quand elle était petite, elle qui était un garçon manqué, et dont les autres se moquaient. Mais, elle avait grandi, et apprit à s'accepter, et elle avait surmonté cette jalousie pour être fière de cette sœur si jolie. « Peut-être que si ça avait été elle plutôt que moi, il n'aurait pas hésité », pensa-t-elle soudain en parlant du Général. Mais elle chassa rapidement cette idée. Non ! Elle ne devait pas penser ainsi ! Elle avait renoncé, et si un jour, par un hasard extraordinaire, le général en venait à sortir avec sa sœur, elle devrait être heureuse pour eux !

- Riza ! Insista sa sœur.

- Euh… oui ?

- Qu'est-ce qui se passe ? Tu ne m'as pas du tout écouté !

- Ce n'est rien ! Oublies. Tu disais donc ?

- Cassy vient d'arriver.

Un immense sourire fendit alors le visage de Riza et elle se leva précipitamment avant de partir en courant avec sa sœur vers la maison. Quand elle vit sa cousine, elle lui sauta dessus en hurlant son prénom, trop heureuse de la revoir.

- Riza ! Ça fait tellement longtemps ! Tu as tellement grandi !

- Et toi donc ! Tu me dépasses maintenant ! D'ailleurs, c'est totalement injuste ! J'ai toujours été la plus grande de nous deux !

- Que veux-tu, il semblerait que la chance m'ait enfin sourie !

La blonde rit de cette réplique avant d'aider sa cousine à rentrer ses affaires. Elles avaient décidé d'un commun accord, que Riza, Mélina et Cassandra, surnommée Cassy, logeraient ensemble, dans la future maison de Riza, le temps du week-end, et de la fête.

- Papi m'a dit que tu avais rejoint l'armée, commença-t-elle, une fois installée dans le salon.

- Oui… C'était il y a quelques années maintenant, mais j'ai démissionné avant de m'installer ici.

- A cause du Général Mustang, c'est ça ?

- Que ? Comment ?

- Riza, Riza, Riza… Que crois-tu ? Tout se sait dans cette famille, surtout avec un grand-père aussi pipelette !

- C'est de moi que tu parles ainsi, jeune fille ?! Demanda alors une voix d'un certain âge.

- Papi ?! Mais qu'est-ce que tu fais ici ? S'interloqua Riza.

- Ma chérie, crois-tu vraiment que quelqu'un dans cette famille oserait faire une grande fête comme celle-ci sans m'inviter ?

- Non… Mais, enfin… Et le tr…

- Le travail, c'est ça ? Décidément, tu ne changeras jamais ! Ne t'inquiète pas, ces vacances sont prévues depuis longtemps, et en cas de réel problème, ils viendront me chercher. Enfin, ils devraient bien pouvoir se passer de moi deux jours, non ?

Le sourire rassurant de son grand-père eut raison de ses inquiétudes, et elle reprit donc son sourire. Elle se leva et le prit dans ses bras, soulagée pour un temps au moins.

- Au fait, j'ai quelque chose pour toi, Cassy.

- Hein ?! Pour moi ?

Il lui tendit alors une boîte de chocolats et les yeux de la brune se mirent à briller.

- Des chocolats de chez Tranière ! Oh Papi ! Tu es le meilleur !

- Je sais, je sais ! Bon. Je vous laisse les filles, je vais saluer les autres !

Et il partit après un salut exagéré qui fit rire les trois filles.

- On en était où ? Ah oui, on parlait du Général, reprit Mélina. On veut des détails !

- Euh… Ça vous dérange si on en parle plus tard ? Je n'ai pas trop envie de m'épancher maintenant…

- Ok, mais ne crois pas être sauvée pour autant.

Le silence revint un instant, quand la mère de famille arriva soudain pour leur dire avec un sourire malicieux.

- Que diriez-vous d'aller piquer une tête dans la piscine, les filles ?

- Bonne idée ! S'exclamèrent les trois cousines en même temps avant d'exploser de rire.

Elles partirent ensuite se changer avant de s'élancer en courant vers la piscine pour y faire une énorme bombe.