Nouveau chapitre! Encore désolée pour le temps d'attente, je vais essayer de poster plus souvent mais je peux rien garantir. Bonne lecture à tous.
Mes yeux ne quittent pas Hermione. Ses cheveux sont relevés en un chignon négligé, révélant sa nuque. Elle fronce les sourcils d'un air concentré tandis qu'elle prépare à manger. Elle est si belle… Elle capte mon regard et me sourit avec tendresse.
Je suis encore sous le choc de la révélation que j'ai faite à ma mère ce matin. J'ai ruminé toute la journée, heureusement qu'il y a une heure Hermione m'a envoyé un parchemin pour me dire qu'elle était rentrée du travail et que je pouvais passer la nuit chez elle.
Mon regard tombe sur la fenêtre. Dehors, le soleil commence à se coucher et indéniablement je plonge à nouveau dans mes pensées. Je revois la tristesse de ma mère, la confusion se lisant sur son visage mais aussi un espoir impossible et enfoui depuis des années qui se réalise.
Hermione pose une assiette devant moi et me sort de mes pensées.
-Tu as l'air songeuse, dit-elle. Est-ce que tu as mit en place ce moyen dont tu me parlais pour aller mieux ?
-Oui, répondis-je la gorge nouée.
-Tu ne veux toujours pas me dire ce qui te tracasse autant ? Demande-t-elle d'un air inquiet.
-Je ne peux pas… Mais tu le sauras le moment voulu.
Elle hausse les épaules et pose sa main sur la mienne dans un geste réconfortant.
-Je suis là, tu sais, murmure-t-elle.
Je me penche au-dessus de la table et l'embrasse. Nous commençons à dîner en silence mais je finis par reprendre la parole.
-Hermione ?
-Oui ?
-Il y a quelque chose que j'aimerais bien savoir… Je sais qu'avant que… Que l'explosion se produise, tu étais femme au foyer, tu vivais une relation chaotique avec Ron. Je voudrais savoir comment tu en es arrivée là aujourd'hui, enfin si ça ne te dérange pas bien sûr.
Elle mâche un bout de viande, perdue dans ses pensées.
-En réalité ma relation avec Ronald venait de se terminer lorsque l'explosion a eu lieu. Ce n'était plus vivable. J'étouffais entre Ron qui se comportait comme un idiot fini et le fait que je n'avais plus de nouvelles de Ginny. Ne plus la voir pendant des mois m'a fait comprendre à quelle point je l'aimais alors j'ai prit mon courage à deux mains et j'ai demandé le divorce.
-Il n'a pas mal réagit ? Demandais-je, intriguée.
-Pas vraiment, il savait que ça finirait par arriver. Alors nous avons passé un accord, étant donné que lui aussi avait ses tords. Heureuse de pouvoir enfin vivre mon histoire d'amour avec Ginny, je lui ai donné rendez-vous dans la galerie marchande.
Sa voix se brise sur les derniers mots. Je presse sa main dans la mienne.
-Tu n'es pas obligée de continuer. Excuse-moi de t'avoir demandé ça.
-Non, non. Il est normal que tu veuilles savoir et ça me touche que tu tentes d'en apprendre davantage sur moi. Puis, il faut bien que j'aie le courage de raconter ça un jour…
Elle inspire un grand coup et continue son récit, les larmes aux yeux.
-Quelques secondes avant l'explosion, tout s'est mit à trembler. Ginny est venue à mon encontre et m'a dit de sortir, qu'elle me rejoindrait dehors. Elle m'a donné un écrin avec la bague de fiançailles et, voyant que j'hésitais, m'a ordonné de partir. Alors je me suis précipitée vers la sortie mais une partie de l'immeuble s'est effondrée sur moi. J'ai sombré dans le coma durant des jours. C'était si étrange, j'étais dans une sorte de dimension parallèle. Je me voyais à l'hôpital, Ginny était indemne et à mes côtés lorsque je me réveillais. Nous avions ensuite repris notre relation durant quelques jours. Tout paraissait si réel… Le bonheur absolu. Ca a été un choc lorsque j'ai réellement reprit connaissance et que je me suis rendue compte que ce n'était qu'un rêve.
Elle étouffe un sanglot.
-La première chose que j'ai faite après avoir émergé a été de demander où elle était. Il y avait tous ces gens autour de moi, principalement des membres de sa famille mais aussi des amis, dont Harry Potter. Ils avaient tous le visage fermé et l'air si triste. Alors j'ai comprit… J'ai comprit que ce que j'ai vécu durant mon coma, en plus d'être irréel, ne se produirait jamais. Mais j'étais incapable d'y croire alors je les ai supplié qu'ils me répondent, tout en espérant que leur réponse ne soit pas celle à laquelle je m'attendais. « Elle n'est pas sortie de l'immeuble. C'est fini… Toutes mes condoléances. ». Voilà ce que m'a dit un médicomage voyant que mes proches n'arrivaient pas à répondre. J'étais tellement anéantie… J'ai passé quelques jours encore à l'hôpital durant lesquels je ne pensais qu'à la façon dont je mettrai fin à mes jours lorsque je sortirai. Mais le jour de ma sortie, Rose est venu me voir et en prenant ma fille dans mes bras j'ai réalisé que je ne pouvais pas partir. Elle venait de perdre sa tante, c'était horrible de lui faire endurer une douleur telle que celle que je ressentais en me suicidant. Alors j'ai prit sur moi et j'ai décidé de ne pas me laisser accabler par le chagrin mais de mettre ma peine à contribution pour retrouver l'assassin de Ginny. Ayant été une élève brillante et une « héroïne » durant la guerre contre Voldemort, je n'ai eu aucune difficulté à intégrer le département des aurors. J'ai travaillé sans relâche sur l'affaire, sans m'accorder de pause et c'est naturellement que l'ancien chef des aurors m'a proposé son poste il y a un an et demi lorsqu'il est parti à la retraite. En parallèle, je passais énormément de temps avec la famille Weasley. Je savais que malgré ce qu'il s'était passé entre Ron, Ginny et moi, leurs parents n'avaient aucun ressentiment pour moi, bien qu'ils étaient perplexes face à la situation. Il leur semblait naturel que je sois présente. Ron et moi avons partagé notre douleur et nous sommes soutenus mutuellement, c'est ainsi que nous avons réussi à redevenir amis au fil du temps alors qu'avant l'explosion nous ressentions de la haine l'un pour l'autre. Voilà, tu sais tout.
Je me lève et vais la prendre dans mes bras. Elle me sert fort contre elle et soupire.
-Je sais que je ne peux pas changer le passé mais il y a tellement de choses que je regrette, murmure-t-elle.
-Ginny te connaissait mieux que je ne te connais. Si moi je sais à quel point tu es une personne extraordinaire qui fait de son mieux pour ne pas faire souffrir les gens, il est certain qu'elle aussi le savait.
Elle hoche la tête et essuie ses larmes d'un geste de la main.
-Tu as sans doute raison, répond-t-elle dans un souffle. A ce propos, ça ne te gêne pas que je porte toujours la bague de fiançailles ?
-Bien sûr que non, je sais ce qu'elle représente pour toi.
-Merci d'être là.
Je dépose un baiser sur son front et me lève gracieusement.
-Alors, qu'est-ce que tu devais me montrer ? Demandais-je en changeant de sujet.
-C'est sur le dossier que je garde, je vais le chercher.
-D'accord, je vais prendre l'air en attendant, répondis-je.
J'ouvre la porte vitrée et me rends sur la terrasse tandis qu'Hermione se dirige dans sa chambre. J'essaye d'entrer en contact avec Fred et Jim à travers le sort qu'ils m'ont jeté le jour où je suis allée voir Hermione sous ma vraie apparence après avoir bu du polynectar. Ce sort devrait nous permettre d'être toujours en contact mais je n'obtiens aucune réponse. Quelle idiote j'ai été de réagir ainsi… J'entends soudain sonner à la porte et retourne dans le salon.
-Tu peux aller voir qui c'est ? Me demande Hermione depuis la chambre.
J'ouvre la porte et me retrouve face à Ron. Avec rapidité je sors ma baguette et la pointe sous son menton.
-Toi ! Dis-je entre mes dents.
Mais j'abaisse le bout de bois magique en voyant Rose derrière lui qui me fait de gros yeux.
-Excuse-moi Ron, je ne sais pas ce qui m'a prit, je suis sur les nerfs en ce moment, dis-je pour reprendre contenance.
-Euh… Ce n'est rien, me répond-t-il, le visage empourpré.
Hermione arrive quelques secondes plus tard et prend un air inquiet en voyant sa fille.
-Pourquoi tu n'es pas à l'école ? Il s'est passé quelque chose ? Lui demande-t-elle, paniquée.
-McGonagall l'a renvoyé pendant quelques temps, répond Ron, elle trouve que Rose a l'air extrêmement perturbée ces temps-ci.
-Comment ça ? Pourquoi ma fille est perturbée ?
Ron s'éclaircit la voix et me regarde.
-Je ne crois pas me tromper en devinant qu'Hermione et toi êtes ensemble, me dit-il, et je n'ai absolument rien contre ça mais j'aimerais que nous ayons cette discutions en privé, sans vouloir te vexer.
-Pas de soucis, j'amène Rose dans sa chambre, répondis-je.
Nous nous installons sur le lit de ma nièce et je la regarde, les sourcils froncés.
-Perturbée ?
-Beh oui, et y a de quoi l'être, me répond-t-elle. C'est un vrai bordel au Royaume des morts et, avec mon don, impossible de me concentrer sur autre chose.
-Le bordel ? C'est-à-dire ?
-Ils pensent que la mission va mal tourner dans les moments à venir…
-Comment ça ?
-Je n'ai pas le droit de t'en dévoiler plus mais il y a certaines choses qu'il faut que je te dise.
-Je t'écoute.
-Il faut absolument que tu retrouves Fred et Jim.
-Je sais… J'ai essayé mais rien à faire, je n'arrive pas à les contacter.
-Le lien que vous aviez établi s'est brisé lorsque tu leur as dit de partir. Après la dispute qu'il y a eu, ils ne savent pas que tu as besoin d'eux. Il faut à tout prix que tu les retrouves. L'Inconnu entrera en contact avec toi pour t'aider.
-Tu es au courant pour l'Inconnu ? Demandais-je, étonnée.
-Bien sûr.
-Tu sais qui c'est ?
-Un allié inattendu. Je n'ai pas le droit de t'en dire plus, tu finiras par le découvrir par toi-même.
-Et pour Ron ?
-Ce n'est pas lui le coupable.
Je soupire d'un air las et tente de trouver les bons mots.
-Rose… Il y a certains éléments qui laissent penser…
-Ce n'est pas lui ! Répond-t-elle sèchement. Mon père n'est pas un tueur ! Et encore moins le tueur de SA sœur.
-Très bien, dis-je voyant que je n'obtiendrai rien de sa part sur ce sujet, je lui laisse le bénéfice du doute. Mais je le garde tout de même à l'œil, au cas où.
La jeune fille hausse les épaules. Je la prends contre moi et dépose un baiser sur le haut de son crâne. On toque. Nous nous séparons tandis que la porte s'ouvre doucement.
-Ma puce, dit Ron, nous allons y aller. Dis au revoir à Milena et à maman. Tu reviendras ce week-end.
Elle s'exécute. Une dizaine de minutes plus tard, nous nous retrouvons à nouveau seules avec Hermione. Elle a l'air perplexe.
-Tout va bien, mon cœur ? Demandais-je en posant ma main sur son épaule.
-Je ne sais pas. Rose a l'air complètement ailleurs d'après ses professeurs. Elle s'isole de plus en plus, a souvent l'air fatiguée et ses notes en pâtissent. Elle n'est pas comme ça d'ordinaire… Mais elle a refusé de dire à Ron ce qui la tracasse.
-L'adolescence n'est jamais une période facile, surtout lorsqu'on est loin de ses parents. C'est sûrement une mauvaise période liée à l'âge, mentis-je.
-Tu as sûrement raison, soupire Hermione, mais je ne peux pas m'empêcher de m'inquiéter. Enfin bon, nous avons à faire.
Elle ouvre le dossier et nous nous asseyons à la table pour l'éplucher dans les moindres détails.
Le lendemain, nous nous rendons au ministère. Lorsque j'arrive vers mon bureau, que je partage avec Ron, celui-ci me regarde étrangement.
-Si c'est par rapport à l'accueil d'hier, je suis désolée, je… Commençais-je en m'installant.
-Ma fille n'est pas à l'aise avec les gens qu'elle ne connaît pas d'habitude, me coupe-t-il d'un air sec.
-Euh… Je… Euh, répondis-je bêtement, ne sachant que dire.
-Je crois qu'elle t'apprécie vraiment, ce qui tombe bien vu qu'à l'évidence tu sors avec Hermione, enchaîne-t-il. Comme nous sommes amis, je tiens à te prévenir, Milena. Si tu leur fait du mal, si elles versent la moindre larme par ta faute, je n'hésiterai pas à te le faire regretter. Elles ont énormément souffert à la mort de Ginny, je ne laisserai personne ajouter de la douleur à celle qu'elles ont déjà subie. Suis-je clair ?
-Très clair, dis-je, quelque peu étonnée par son discours. Mais tu sais, je n'ai aucune intention de les faire souffrir, au contraire. Elles comptent pour moi.
-Et pour ce qui est d'hier, ça m'arrive aussi souvent de faire des choses incohérentes à cause de la pression. C'est oublié, continue-t-il avec le sourire, visiblement rassuré par ma précédente réponse.
La journée passe sans encombre. Elle est d'une extrême banalité. Comme à l'accoutumée, nous n'avançons pas sur l'enquête de l'explosion. Parfois je me demande pourquoi je viens travailler… Au moins lorsque j'étais médicomage j'étais utile, je sauvais des vies mais là, je reste bloquée sur une enquête impossible à déchiffrer depuis des années…
J'entends Ron soupirer et le regarde d'un air interrogateur.
-Je vais finir tard ce soir alors que je suis supposé aller chercher Rose, m'explique-t-il.
-Je peux m'en occuper, si tu veux, proposais-je. Je l'emmène chez Hermione comme ça elles passent un peu de temps ensemble et lorsque tu as fini tu viens la récupérer.
-C'est vrai, ça ne t'embête pas ? Elle est chez Malefoy, dit-il en serrant les dents en prononçant le nom de celui qui était son rival à Poudlard.
Visiblement il a du mal à accepter que sa fille soit amie avec Scorpius. Je finis ce que j'ai à faire, enfile ma veste et, après avoir salué mes collègues, m'en vais.
J'arrive devant le manoir Malefoy et patiente. Draco vient m'ouvrir, le teint pâle, un bandage recouvrant son bras et son épaule.
Je ne peux m'empêcher de tiquer en voyant sa blessure. Mais je me reprends, Draco est de mon côté et si Rose ne lui avait pas parlé de l'histoire, il n'en aurait jamais eu vent. Il capte mon regard et m'adresse un sourire crispé.
-C'est pas beau à voir, hein ? Mauvaise chute en jouant au quiddicth, m'explique-t-il.
Rassurée, je lui rends son sourire. Nous bavardons de tout et de rien en attendant que Rose dise au revoir à Scorpius. C'est étrange de se rendre compte que je commence à apprécier Draco alors que je l'ai détesté durant toute mon adolescence.
-On va chez maman ? Me demande ma nièce une fois que nous sommes sorties.
-J'aimerais qu'on passe chez mamie d'abord.
Elle me regarde d'un air surpris puis finit par pousser une petite exclamation choquée.
-Tu lui as dit ta véritable identité ?
J'hoche la tête et fronce les sourcils.
-Tu penses que je n'aurais pas dû ? Demandais-je, soudain paniquée à l'idée d'avoir fait une erreur.
-Je n'en sais rien, m'avoue la jeune fille, mais je comprends que tu l'aie fait.
Je prends sa main et nous transplanons jusqu'au Terrier. Une fois arrivées sur place, je sens l'angoisse me gagner. J'hésite un instant mais Rose me prend la main.
- Maintenant qu'on y est tu ne vas pas te dégonfler ! Tout se passera bien, m'encourage-t-elle.
J'hoche doucement la tête et toque. Mon père vient m'ouvrir. Visiblement ma mère ne lui a rien dit puisqu'il m'accueille avec un « Bonjour Milena, quelle surprise ! » d'un ton poli.
-Bonjour monsieur Weasley, j'aimerais m'entretenir avec votre femme s'il vous plaît.
-Bien sûr, entre !
Il embrasse sa petite-fille et discute avec elle. Molly apparaît alors. Lorsqu'elle m'aperçoit, je la vois se figer mais elle se reprend et fait comme si de rien était. Elle me propose un thé et nous nous installons dehors pour pouvoir discuter en paix.
Nous restons quelques minutes en silence, chacune ne sachant comment dire les choses. C'est finalement elle qui parle en premier.
-Alors c'est vraiment toi ? Tu es vraiment revenue ?
Je peux entendre l'espoir dans sa voix.
-Je suis revenue, affirmais-je.
N'y tenant plus, elle me serre contre elle.
-Oh ma Ginny, ma fille, murmure-t-elle, émue.
-Tu m'as manqué maman, dis-je en lui rendant son étreinte.
-Rose est au courant ? Me demande-t-elle au bout d'un certain temps.
-Elle le savait dès le début, dis-je.
–Et Hermione, elle sait qui tu es ?
-Eh bien, répondis-je en rougissant, non elle ne le sait pas. Les choses sont compliquées. Elle et moi sommes à nouveau ensemble et je crois que ce qui l'a fait craquer chez « Milena » c'est sa ressemblance avec Ginny. Je n'ai pas voulu lui dire, cela serait sûrement trop douloureux pour elle. Même si je ne peux pas effacer la peine qu'elle a ressentie, je sens qu'elle retrouve le sourire depuis que nous sommes en couple et je ne veux pas prendre le risque de la faire sombrer à nouveau.
Elle hoche la tête, comprenant.
-Votre relation était si compliquée… Je veux dire mets-toi à ma place, enchaîne-t-elle. Ce n'est pas le fait que ce soit une fille, je vous ai toujours élevés, tes frères et toi, dans la tolérance, mais elle était mariée avec Ron et ils avaient un enfant. Je ne savais pas comment réagir… Qu'aurais-je dû faire en apprenant votre liaison, Ginny ? Je m'en veux tellement de t'avoir ignoré pendant des mois avant ta mort…
-C'est oublié, maman. C'est du passé.
Je serre sa main dans la mienne pour appuyer mes mots. Au bout d'un certain temps, Rose et moi partons. Au moment où je m'apprête à transplaner, j'aperçois un bout de parchemin par terre. Je le ramasse et le lit.
Je serai là cette nuit, devant chez Hermione.
En voyant mon air perplexe, Rose soupire.
-C'est l'Inconnu ! M'explique-t-elle comme si c'est une évidence.
Je n'arrive pas à trouver le sommeil. Je tourne et retourne dans tous les sens, sans succès. Hermione est endormie. Je me mets sur le côté et la regarde. Ses cheveux châtains couvrent une partie de son visage et sa poitrine se lève au rythme de sa respiration.
Cette nuit encore, nous avons passé un long moment sur son dossier avant de nous coucher mais, même s'il est beaucoup plus complet que celui du ministère, les pistes ne mènent nulle part pour autant. Cette enquête est un vrai casse-tête.
Je soupire. Que faire maintenant ? J'ai l'impression que je ne retrouverai jamais le coupable.
Je me lève en douceur, enfile une robe de chambre et me rends dans la cuisine pour me servir un peu d'eau. J'ai la gorge tellement sèche… J'aperçois alors une forme par la fenêtre. Intriguée, je sors et fais quelques pas dans la rue. C'est sûrement l'Inconnu, il ne m'a pas dit à quelle heure il viendrait.
Mais à mesure que j'avance, je sens le froid m'envahir et une sensation à la fois étrange et familière de désespoir. J'ai à peine le temps de comprendre qu'une silhouette encapuchonnée flottant dans les airs fond sur moi. Que fait un détraqueur ici ?
J'ai l'impression qu'il aspire mon âme, tout le bonheur de mon être. Je m'effondre à terre et fais tomber ma baguette durant ma chute. Impossible de lutter.
Toutes ces images qui m'envahissent l'esprit me submergent de désespoir. Je revois la guerre contre Voldemort, toutes les pertes subies, le mariage d'Hermione et ses adieux, je ressens encore la peine de ne plus avoir de nouvelles de mes proches pendant des mois, je revis l'annonce de ma mort.
-EXPECTO PATRONUM !
Alors que je suis sur le point de m'évanouir, je vois une autre silhouette masquée par une cape, marchant dans ma direction, la baguette à l'air. L'Inconnu. Il a fait fuir le détraqueur.
-Tout va bien ? Me demande-t-il.
Bien que sa voix métallique soit modifiée par la magie, il me semble percevoir une pointe d'inquiétude. Je parviens seulement à hocher la tête, encore sous le choc. J'entends alors des bruits de pas précipités et tourne la tête.
Hermione s'approche de moi, sa baguette pointée sur l'Inconnu, prête à l'attaquer.
