Je tiens à vous remercier pour vos reviews, malheureusement je n'ai pas le temps d'y répondre maintenant mais sachez que ça me touche vraiment! Voici le nouveau chapitre, n'hésitez pas à dire ce que vous en pensez! Bonne lecture.
Hermione s'approche de moi, sa baguette pointée sur l'Inconnu, prête à l'attaquer.
-Que s'est-il passé ? Demande-t-elle d'une voix rendue aigue par la peur. J'ai eu la sensation que tout était glacial et sans espoir, comme si les détraqueurs étaient présents.
Elle n'abaisse pas sa baguette, fixant l'Inconnu avec méfiance.
-Qui es-tu ? Est-ce toi qui as fait venir le détraqueur ?
-Non, se contente-t-il de répondre.
-Pose ta baguette au sol et mets tes mains derrière la tête !
-Tout va bien, Hermione, dis-je en me relevant difficilement. Il m'a sauvé.
-Qui est-il ? Demande-t-elle à nouveau sans le quitter des yeux.
-Je suis un de vos alliés, répond alors l'Inconnu de sa voix métallique.
-Un allié pour quoi ?
-C'est une longue histoire, quoi qu'il en soit je suis de votre côté, vous pouvez baisser votre baguette, vous ne risquez rien.
Il soupire, voyant qu'elle ne s'exécute pas.
-Vous feriez mieux d'aller chez Milena, vous y serez plus à l'abri.
-Je ne vous fais pas confiance.
-Moi j'ai confiance en lui, Hermione. Alors si tu n'es pas prête à l'écouter, écoute-moi. Nous devons aller chez moi.
Elle me regarde pendant quelques secondes, hésitante, et finit par hocher la tête et ranger sa baguette.
-Un jour, il faudra que tu me donnes des explications… Murmure-t-elle.
-Tu les auras en temps voulu, jurais-je.
Après avoir récupérer certaines de ses affaires, nous transplanons chez moi.
-Alors c'est ici que tu vis ? Je croyais que c'était abandonné.
-Ca ne l'est plus, répondis-je avec un sourire crispé.
-Que fait-on maintenant ? Demande-t-elle d'un air grave.
-On met les bouchées doubles pour retrouver le coupable de l'explosion.
Ron baille, s'étire, pose ses pieds sur son bureau et me regarde d'un air perplexe.
-On dirait que toi aussi tu as passé une mauvaise nuit, dit-il.
-J'ai pas mal de soucis perso en ce moment, ça me tracasse, mentis-je. Et toi ?
-C'est à cause de ça, répond-t-il en désignant sa blessure au bras. Ca me lance tellement que je n'arrive pas à dormir.
-Comment tu t'es fait ça, déjà ? Demandais-je l'air de rien.
-Un sort perdu lors d'une mission sans importance.
Je vois bien qu'il ment mais cela fait-il de lui un terroriste pour autant ? Ce n'est pas une preuve suffisante.
-Votre attention !
Je me retourne pour voir Hermione qui s'adresse à tous les aurors présents. Je ne peux m'empêcher d'esquisser un sourire en voyant Ron enlever ses pieds de son bureau avec précipitation et s'assoir correctement. Il est vrai que la brunette est vraiment convaincante dans le rôle de chef.
-Nous venons de recevoir un courrier du ministre. Plusieurs endroits supposés abandonnés ont été découverts et sont suspectés d'être liés à l'attentat. Nous avons l'ordre de nous y rendre le plus rapidement possible.
Oh non, si ma maison en fait partie je suis grillée.
Hermione indique les différents lieux ainsi que les binômes qui doivent s'y rendre, j'ai le cœur qui bat à toute vitesse. Pas ma maison, par Merlin, pas ma maison.
-Fuentes et Weasley vous irez au 18, chemin de Travers.
Elle continue ainsi pendant une bonne minute. Je soupire de soulagement. Mon lieu de résidence ne fait pas partie des endroits listés.
Ron et moi enfilons nos blousons et nous y rendons avec hâte. Nous arrivons devant une petite maison, tout à fait banale. En extérieur, il est difficile de deviner qu'elle est abandonnée depuis des années.
La porte grince lorsque nous l'ouvrons mais rien d'anormal à signaler. Nous parcourons toutes les pièces sans trouver quoique ce soit. L'endroit est tout simplement vide. Je range ma baguette dans la manche de ma veste, m'apprêtant à sortir de la maison lorsque Ron m'interpelle.
-Hé, viens voir ça !
J'accours et le trouve dans une des chambres. Il a déplacé le lit et se tient face à une trappe sous le sol qui était masquée par le meuble.
Après avoir échangé un regard éloquent, je sors à nouveau ma baguette.
-Alohomora, murmurais-je en la pointant sur la trappe.
Elle s'ouvre sans difficulté. Dans l'obscurité qui règne, je n'arrive à distinguer qu'un vieil escalier en bois qui semble mener dans les tréfonds du sous-sol, mais impossible de discerner ce qui s'y trouve.
-J'y vais en premier, propose Ron.
-Non, reste là et couvre-moi.
Prenant mon courage à deux mains, je descends lentement les marches en m'éclairant à l'aide de ma baguette. J'essaie de ne pas me prendre les pieds dans les nombreuses toiles d'araignées opaques qui sillonnent murs et marches et qui se forment depuis des années.
Une fois arrivée sur la dernière marche, j'expire un grand coup pour me donner du courage et regarde avec méfiance ce qui m'entoure.
La pièce est étroite, totalement plongée dans l'obscurité. La crasse et l'odeur qui y règnent me donnent un haut-le-cœur. J'aperçois des traces de sang sur un des murs, formant ainsi des mots. Je m'approche afin de pouvoir lire ce qui est marqué.
« Celui qui n'a sa place nulle part se retrouvera dans un lieu à l'image de ce qu'il est : à l'abandon. »
Je fronce les sourcils, perplexe
-Milena ? M'appelle Ron. Tout va bien ?
Je ne réponds pas, perdue dans mes pensées. Que veut dire ce message ? A qui est-il adressé ? A qui appartient ce sang ?
Ron dévale alors les escaliers, baguette à la main, en gémissant à cause de toiles d'araignées et de l'odeur.
-J'ai cru qu'il t'était arrivé quelque chose ! Me dit-il avec une pointe de reproche en me voyant. Par Merlin, quelle puanteur !
Je ne réponds pas, sors une plume et un bout de parchemin de ma poche –une chance que j'ai pensé à les prendre au cas où nous aurions dû retranscrire un témoignage quelconque- et y inscris la phrase qui se trouve sous mes yeux.
J'entends alors un cri étouffé et me retourne. Ron se trouve devant un cadavre qui lui est tombé dessus en ouvrant une vieille armoire. Au moins, je sais maintenant à qui appartient le sang…
-Vu l'état de décomposition, il est mort il y a plusieurs jours, dis-je en l'examinant.
Nous entendons alors une porte claquer violemment à l'étage et nous précipitons en haut. Ron fait le tour de la maison tandis que je m'empresse de sortir et de parcourir les alentours.
Deux minutes plus tard, il me rejoint dehors, bredouille.
-Apparemment, la personne qui nous espionnait s'est enfuie, dit-il en passant une main dans ses cheveux, l'air préoccupé.
-Je t'avais dis de rester en haut et de me couvrir ! Lui répondis-je en serrant les dents.
-Je suis désolé, je voulais voir si tout allait bien et…
-Laisse tomber, c'est de ma faute, j'aurais dû te répondre, soupirais-je en me passant une main sur le visage d'un air las. Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
-On appelle les renforts et on se casse d'ici le plus vite possible !
J'ouvre la porte de chez moi, pose mes affaires et m'assois sur le lit, le regard dans le vide. Hermione n'est toujours pas rentrée, elle doit faire un débriefing aux haut-gradés du ministère par rapport aux missions d'aujourd'hui.
Je suis perplexe. Premièrement, je commence à avoir de sérieux doutes sur les soupçons que j'ai envers Ron. Je connais mon frère, il n'est pas un excellent comédien, loin de là, et il a l'air réellement dépassé par les événements. Certes, sa blessure au bras est suspecte mais ce n'est sûrement qu'une simple coïncidence, après tout Malefoy aussi s'est blessé à cet endroit-là en tombant au quidditch. Ensuite, il y a ce message inscrit sur le mur du sous-sol abandonné. Je le sors de ma poche et prends le temps de le lire à nouveau. C'est troublant lorsque l'on sait qu'une personne nous observait et s'est enfuie. Cette personne savait qu'on était là et j'ai la conviction qu'elle savait que ça a un rapport avec l'explosion. Mais quel rôle joue-t-elle ? Est-ce le coupable ? Et que signifie cette phrase ?
Je la relis à nouveau, en soupirant. Il n'y a aucun lien possible avec l'explosion. A moins que… Ma respiration se stoppe, mon pouls s'accélère et soudain ça me frappe.
Celui qui n'a sa place nulle part… Désormais, je n'appartiens réellement à aucun monde, ni à celui des vivants ni à celui des morts, ayant perdue la vie mais étant partie du monde des morts pour revenir.
…Se retrouvera dans un lieu à l'image de ce qu'il est : à l'abandon. Au sens propre, je vis dans un lieu abandonné, au sens figuré j'ai abandonné tous mes repères en usurpant mon identité.
J'enfile mon manteau et pars de chez moi avec hâte. Je me rends sur le lieu de la première mission avec Ron, lors de laquelle nous avions trouvé un cadavre décomposé que l'on suspectait d'avoir un lien avec le coupable puisqu'il disposait chez lui de matériaux pour créer une bombe moldue. Je ne transplane pas, je m'y rends en courant. J'ai besoin de me défouler, de me vider l'esprit.
J'arrive à destination, essoufflée, me sers de ma baguette pour pénétrer sur le lieu du crime par effraction. Le corps à disparu, emporté par les médicomages pour être examiné, mais le reste de la pièce est comme dans mes souvenirs. Les matériaux et journaux moldus sont toujours dispersés sur le sol, servant désormais d'indices. Avec prudence, je fouille la pièce de fond en comble, déplace les meubles lorsqu'enfin je trouve ce que je cherchais et ce que nous n'avions pas vu la dernière fois.
Elle est inscrite au sol, avec du sang, l'écriture identique à la première.
« Celui qui ne joue pas le rôle qui lui est attribué sera puni en conséquences. »
Je n'ai pas joué le rôle qui m'était attribué. Je n'ai pas été la sœur, la mère et l'épouse que j'aurais dû être. J'ai été l'amante de la femme de mon propre frère, celle qui a brisé ma famille. J'ai été puni pour ça, causant au passage la mort de centaines d'autres personnes.
Ces messages me sont destinés, personnellement. Il n'y a plus aucun doute là-dessus. Le coupable sait qui je suis, il connait mon passé. La présence de la bombe dans le bâtiment au moment où je m'y trouvais n'est pas le fruit du hasard.
Sous le choc, je rentre chez moi sans me rendre compte de ce qui m'entoure tout au long du trajet. Hermione est déjà là. Elle m'accueille avec un sourire qui se veut rassurant mais je ne lui prête pas attention. Je me dirige dans la chambre et m'assois sur le lit, comme je l'ai fait tout à l'heure, et j'enfouie ma tête entre mes mains. J'entends des pas se rapprocher et sens Hermione qui passe ses bras autour de moi.
-Tout va bien, chuchote-t-elle pour me réconforter. Je comprends que ce que tu as vu aujourd'hui t'a choqué mais je te promets que nous allons retrouver ce salaud. Si tu veux, je peux me débrouiller pour ne pas t'envoyer en mission pendant quelques temps, le temps que tu reprennes tes esprits.
-Tu ne comprends pas, répondis-je. Il ne s'agit pas de ça.
-De quoi s'agit-il, alors ?
-Tout est de ma faute, dis-je dans un murmure. C'est de ma faute.
-Qu'est-ce qui est de ta faute ? Demande-t-elle, une pointe d'inquiétude et d'incompréhension dans la voix.
-Tout est de ma faute, tout est de ma faute, tout est de ma faute… Répétais-je inlassablement, la voix saccadée par des sanglots.
-Tu es sous le choc, tente de me rassurer Hermione en resserrant son étreinte. Rien de ce qui se produit n'est de ta faute, au contraire, tu nous es d'une grande aide pour l'enquête.
-J'ai gâché ta vie…
-C'est faux ! Si tu n'étais pas là, je n'aurais pas réussi à me relever.
-Si je n'étais pas là, tu ne serais pas tombée.
- Milena …
-Ne m'appelle pas comme ça !
-Mais que… Je ne comprends pas…
-C'est moi qui ai détruit ta vie.
Mon ton est froid, calme et sincère. Elle a dû le remarquer puisqu'elle défait son étreinte. Un lourd silence pèse, je n'arrive pas à la regarder en face. Sans attendre une seconde de plus, je me relève. Elle n'essaie pas de me rattraper, totalement abasourdie. Mes paroles la rendent perplexe.
J'enfile ma veste et sors de chez moi avec précipitation. Je ne sais pas où aller. Hermione était mon refuge lorsque j'allais mal. Où se m'être à l'abri lorsque l'on a perdu son refuge ?
Sans trop savoir pourquoi, je retourne à mon ancien appartement. Je gravis les marches de l'escalier deux par deux et me retrouve devant le seuil de la porte d'entrée. Se peut-il que des gens y habitent désormais ? Je pose ma main sur la poignée mais la laisse en suspension. J'hésite un instant et finis par ouvrir la porte.
Rien n'a changé, tout est comme dans mes souvenirs, comme je l'ai laissé il y a de ça plus de quatre ans. Seule la poussière qui s'est accumulée au fil du temps prouve que l'endroit n'a pas été habité depuis.
Je fais le tour des pièces, tentant de me remémorer tout ce que j'ai vécu ici. Chaque instant que j'ai passé à contempler la rue par ma baie vitrée, chaque instant où j'ai été perdue dans mes pensées, où je me suis laissée abattre par la culpabilité, où je me suis laissée emportée par la joie. Chaque moment où Jim et moi avons siroté une bière-au-beurre après le travail, confortablement installés dans le canapé en cuir du séjour. Tous les recoins où Hermione et moi avons fait l'amour. Toutes ces fois où, le front plaqué contre la fenêtre, j'apercevais la neige qui tombait sur le gens, dehors, imaginant ma nièce faire des bonhommes de neige lorsqu'elle serait plus grande. Toutes les nuits passées à admirer les étoiles en me demandant si Hermione aussi les contemplait en pensant à moi. Ces matins où je me réveillais en sentant la chaleur du soleil qui chatouillait ma peau. Toutes les fois où, avant de passer le seuil de ma porte pour aller travailler, je me disais « allons sauver des vies ! ».
Toutes ces choses qui faisaient de moi celle que j'étais réellement, Ginny Weasley et non Milena Fuentes.
J'entends soudain un craquement et fais volte-face. J'aperçois une silhouette qui se découpe dans la pénombre mais, avant que je n'aie le temps de sortir ma baguette, je suis aveuglée par un sort. En désespoir de cause, je me protège les yeux à l'aide de mes mains, sans grand succès.
-Qui est là ?! Criais-je.
-Je savais que tu finirais par venir, me répond alors une voix grave. On revient toujours aux sources, pas vrai Ginny ?
Cette voix me paraît étrangement familière pourtant je n'arrive pas à mettre un visage dessus.
-Aie au moins le courage de me montrer ton visage, enfoiré ! Crachais-je entre mes dents avec provocation.
-Le courage, dis-tu ? Quel ironie venant de toi ! S'exclame mon agresseur en riant.
-C'est toi qui a provoqué l'explosion ? Toi qui tue tous ces gens ?
-En effet !
-Pourquoi ?!
-Pour me débarrasser de toi. Et je jure par Merlin que cette fois je vais te faire passer l'envie de revenir dans ce monde. ENDOLORIS !
Je m'effondre tandis qu'une douleur lancinante me parcours de tout mon être. Je m'efforce de lutter mais j'arrive seulement à laisser s'échapper un long hurlement tandis que les éclats de rire sadiques de mon oppresseur résonnent. Des images défilent dans mon esprit. Des moments passés avec ma famille, avec Jim. Rose, marchant à peine, qui vient vers moi avec un grand sourire. Je ressens le souffle chaud d'Hermione qui s'échoue sur mon cou, je la vois relever la tête pour me murmurer avec un grand sourire que je suis l'amour de sa vie. Je tente de résister, en vain. La douleur prend le dessus. Je laisse la pénombre envahir mon esprit.
Trou noir. Je finis par reprendre connaissance, le corps meurtri. Douloureusement, je cligne des yeux et finis par les ouvrir. Le calme règne à nouveau. Je me trouve toujours dans le séjour de mon ancien appartement.
Jim et Fred sont à mes côtés.
-Tout va bien, me murmure mon frère en me caressant les cheveux.
-Vous… Vous êtes là, dis-je d'une voix enrouée.
-On a senti qu'il se passait quelque chose de grave, sûrement grâce au sort qui nous lie, répond mon meilleur ami.
-Comment vous avez fait pour me retrouver ?
-C'est grâce à lui, dit Fred.
Je tourne un peu la tête et aperçoit l'Inconnu.
-Si je vous ai demandé de vous installer chez vous plutôt que chez Hermione c'est parce que c'est plus pratique pour moi pour vous surveiller, m'explique-t-il. Lorsque je vous ai vu partir, je vous ai suivi et je vous ai vu rentrer ici. Je suis resté à distance mais je vous ai entendu crier. Votre agresseur a transplané au moment où j'arrivais.
-Comment a-t-il su que j'étais là ? Dis-je en me redressant avec une grimace de douleur.
-Il a installé des sorts de détection dans ton appartement, il devait se douter que tu reviendrais, dit Jim.
-Qu'est-ce qu'on va faire maintenant ? Demandais-je en me relevant difficilement.
-Rose a dit qu'elle devait te voir, après on avisera, me répond mon frère.
J'hoche la tête, reprends mes esprits et, au bout de quelques minutes, transplane devant chez Hermione. Elle est chez moi, il n'y a aucun risque que je la croise ici.
Rose est assise sur le perron, elle a l'air perdue dans ses pensées.
-Quand est-ce que tu retournes à Poudlard ? Demandais-je en m'asseyant à côté d'elle.
Elle hausse les épaules.
-Toujours autant tracassée ? Enchaînais-je.
-Oui, et y a de quoi l'être, répond-t-elle en soupirant. Les choses ne se passent pas comme prévu, ils sont inquiets dans le Royaume des morts.
-Que dois-je faire ? Demandais-je en me passant une main dans les cheveux.
-Ils disent que… Que tu dois t'éloigner de tout ce qui te raccroche à ta vie d'avant si tu veux réussir ta mission. Tes émotions prennent le dessus, le coupable a réussi à retrouver ta véritable identité et il te traque.
-Tout ce qui me raccroche à ma vie d'avant, y compris ta mère…
-Surtout ma mère.
-Pendant quelques instants, j'ai cru que j'arriverai à repartir à zéro avec elle tout en menant à bien ma mission. Le retour à la réalité est rude… Il faut que je mette un terme à notre relation, mais comment ?
-Je sais que je n'ai pas à me mêler de votre histoire, me répond Rose, mais je pense qu'elle mérite de savoir. Après toutes ses douleurs, elle a enfin retrouvé le sourire auprès de « Milena ». Si tu pars à nouveau sans qu'elle comprenne, elle risque d'en souffrir énormément. Elle mérite de savoir…
-Mais je ne peux pas tout lui révéler comme ça, sur un coup de tête ! Je dois trouver le bon moment, le bon endroit, d'autant plus qu'on s'est disputées tout à l'heure. Enfin, je suis partie sans un mot, sans lui donner l'occasion de comprendre ce qui me perturbait…
-Je sais que lorsqu'elle se sent désemparée, elle retourne sur les lieux de l'accident. Si vraiment votre dispute l'a touchée, il y a de grandes chances pour qu'elle s'y rende ce soir.
J'hoche la tête avant de répondre.
-Tu peux retourner à l'école, je prends les choses en main désormais. Je vais faire le nécessaire.
Je transplane devant les ruines qui furent jadis une grande galerie commerciale. Je pénètre dans le bâtiment en grande partie détruit et tourne en rond. Cette galerie est immense. Puis soudain, l'idée me vient à l'esprit. Si Hermione vient ici pour se réfugier, c'est sûrement pour se retrouver là où elle m'a vue pour la dernière fois.
Je me rends à l'endroit où se trouvait autrefois la terrasse sur laquelle elle m'attendait pour notre rendez-vous et m'installe dans la pénombre. Fred me rejoint d'une démarche nonchalante, les mains dans les poches.
-Rose nous a dit que tu serais ici, m'explique-t-il. Jim et l'Inconnu sont dehors.
-Fred, je voulais m'excuser pour ce que je vous ai dit la dernière fois. Je ne le pensais pas.
-Ce n'est rien, p'tite sœur. Jim et moi avons plusieurs fois hésité à revenir mais après ce que tu as dit, on ne savait pas si tu souhaitais toujours nous avoir auprès de toi, d'autant plus que le sort était rompu, du moins jusqu'à que tu frôles la mort. Bref, c'est oublié, on sait tous à quel point la situation est difficile pour toi.
Je soupire et me serre contre lui. Il passe son bras autour de mon cou et resserre son étreinte.
-Ca va aller, me murmure-t-il. Tout va bien se passer.
-J'espère, chuchotais-je, la gorge serrée. Ce que je m'apprête à faire va changer le cours de choses.
-Mais c'est essentiel, répond-t-il en me caressant les cheveux.
Nous restons ainsi, pendant plus d'une heure. Fred finit par se redresser.
-Elle arrive, murmure-t-il. A toi de jouer.
Il m'embrasse le front et part. Je me retrouve seule, dans la pénombre. Mon cœur s'emballe à mesure que les pas d'Hermione se rapprochent.
Elle s'assoit par terre, n'ayant pas remarqué ma présence étant donné que l'obscurité me couvre. J'inspire un grand coup et sors de ma cachette.
-Milena ?! Mais qu'est-ce que… Qu'est-ce que tu fais là ? Demande-t-elle après avoir sursauté.
-Je t'ai promis des explications…
J'inhale une grande bouffée d'air pour rassembler mon courage et prends sa main dans la mienne avant d'enchaîner.
-Le moment est venu de tout te révéler.
