Nouveau chapitre avec pas mal de changements, j'espère que ça vous plaira. Bonne lecture!
Le froid pénètre mes vêtements, faisant trembler mes membres, et mes cheveux me chatouillent le visage à cause du vent mais je n'en ai cure. Mon regard est fixe, tentant de s'adapter au mieux à l'obscurité ambiante. La nuit est calme, malgré les lumières et les bruits qui imprègnent le Londres nocturne. Cela aurait pu m'apaiser en d'autres circonstances mais mon esprit est ailleurs. Trouver seule mon meurtrier n'est pas une chose aisée, cela requiert mon entière concentration.
Deux semaines se sont écoulées depuis que j'ai tout dit à Hermione et la situation est devenue radicalement différente. La brunette n'a, pour ainsi dire, pas vraiment digéré mes aveux. Je m'y attendais, après tout ce qu'elle a vécu, les choses n'allaient pas être faciles. Mais une partie de moi avait espéré qu'elle arriverait à passer outre. Elle a prit ses distances, feignant de m'éviter au début pour finalement couper entièrement les ponts. Je ne lui en veux pas, je sais à quel point ce qu'elle traverse depuis des années est douloureux. Je sais que ce qu'elle ressent est contradictoire, que tout se mélange dans son esprit. A vrai dire, la culpabilité me ronge. Ses traits sont à nouveau tirés, ses yeux sont rouges à force de pleurer et son teint est tellement pâle qu'il paraît cadavérique. Le sourire que j'avais réussi à faire réapparaître sur ses lèvres a lui aussi disparu. Elle a l'air de porter sur elle un véritable fardeau. Je suis son fardeau.
J'ai démissionné du ministère. Parce que je savais que ma présence quotidienne ne faisait qu'enfoncer le couteau dans la plaie mais aussi parce que je dois mener mon enquête de mon côté.
Voilà pourquoi je me trouve, à cet instant précis, perchée sur le toit d'un immeuble, les yeux perdus dans le vide, observant avec attention ce qui se trouve quelques mètres plus bas, guettant le moindre mouvement.
Je sors de mes pensées en sentant une présence à côté de moi.
-Rien à signaler ? Me demande l'Inconnu de sa voix métallique.
Je secoue négativement la tête avant de répondre.
-Rien, à part les personnes alcoolisées qui sortent des pubs en titubant et en chantant à tue-tête.
-Fred et Jim sont à quelques pâtés de maison d'ici, ils n'ont rien de nouveau, eux non plus.
Désormais, je considère que l'Inconnu fait partie de mon « équipe » pour retrouver le meurtrier. Il est toujours auprès de moi, m'aide à mener à bien ma quête. Bien que sa présence m'intriguait au départ, elle me semble désormais familière et essentielle. Je ne connais toujours pas son identité mais je n'y fais plus attention. Peut-être me la dévoilera-t-il un jour, qui sait.
-Ce n'est pas grave, enchaîne-t-il. Nous avons quand même bien avancé dans nos recherches au cours de ces dernières semaines.
J'hoche la tête. En effet, nous avons trouvé de nouvelles phrases inscrites avec du sang qui m'étaient destinées. Nous avons découvert la première dans mon ancien appartement, lorsque nous nous y étions rendus quelques jours après mon agression pour tenter de comprendre ce qu'il s'était exactement produit. Elle disait :
« Celui qui tente de dépasser les limites qui lui sont imposées ne fera qu'aggraver les choses »
C'est clairement une menace. En bravant les limites que le coupable m'a imposées- en l'occurrence, la mort- en revenant à la vie pour le retrouver, je ne fais que le « pousser » à commettre des actes de plus en plus violents. Il y a d'ailleurs eu un taux de meurtres très élevés dans les alentours au cours des deux dernières semaines et, bien que nous n'ayons pas établie de liens directs entre ces meurtres et l'explosion, mon instinct me dit que n'est pas que le fruit du hasard. Aussi, nous avons plusieurs fois été attaqués, Jim, Fred, l'Inconnu et moi, mais rien de vraiment concluant. Cependant, les attaques ont augmentées en violence au fil du temps, comme si le coupable, frustré de ne pas avoir réussi à mettre fin à mes jours dans mon appartement, envoyait petit à petit ses sbires dans le but de m'affaiblir.
Nous avons découvert la deuxième il y a quelques jours, dans les ruines de l'immeuble dans lequel j'ai trouvé la mort, à l'endroit même où j'ai tout avoué à Hermione il y a deux semaines. Le message inscrit était :
« Celui qui vit à travers le mensonge détruira tous ceux qui se trouvent autour de lui. »
C'est une accusation que me fait le coupable à travers ce message. J'ai menti à mon entourage durant des années pour pouvoir vivre ma relation avec la femme de mon frère et des centaines de personnes ont péris avec moi dans l'explosion. J'ai aussi menti à Hermione en revenant à la vie sous une autre identité et je l'ai détruite à nouveau en lui révélant la vérité.
Hermione… Je tente de retenir mes larmes et je ferme les yeux en repensant à notre dernière conversation dans les ruines de l'immeuble.
Hermione est assise en plein milieu des ruines, à l'endroit même où s'est déroulée notre dernière rencontre avant ma mort. Elle sursaute en me voyant sortir de l'obscurité.
-Milena ?! Mais qu'est-ce que… Qu'est-ce que tu fais là ?
-Je t'ai promis des explications… Le moment est venu de tout révéler.
Mon cœur bat tellement vite que j'ai l'impression qu'il résonne dans le silence ambiant.
- A propos de quoi ?
-De ma vie, de celle que je suis…
-Je sais qui tu es, je commence à te connaître. Et, même si j'avoue avoir été perplexe face à ton comportement de tout à l'heure, ce n'est pas une dispute qui changera ce que je pense de toi, dit-elle avec un sourire qui ce veut rassurant.
-Non, Hermione. Tu connais celle que je fais semblant d'être. J'ai une histoire assez étrange à te raconter.
-Quelle histoire ? Demande-t-elle, désarçonnée et méfiante face à mes propos.
-Mon histoire. Tu te rappelles ce que je t'ai répondu quand tu m'as dis que Ginny était venue te rendre visite ? Je t'ai dit « je crois que l'amour va au-delà de tout, même de la frontière entre la vie et la mort ». Eh bien, tu ne t'imagines pas à quel point j'étais dans le vrai… Mon histoire était, au départ, une histoire comme les autres. L'histoire d'un amour interdit qui me rongeait. Il y avait cette fille, si parfaite à mes yeux, qui était mienne mais qui ne m'appartenait pas. Cette fille avec qui je vivais de magnifiques instants alors qu'elle avait choisi d'offrir son amour à une autre personne. Cette fille qui était mon âme sœur.
-Pourquoi me racontes-tu tout cela ?
-Parce que mon histoire est liée à la tienne. Et que cette fille, c'est toi.
Elle réajuste brusquement ses vêtements et attrape son manteau pour l'enfiler.
-Tu as complètement perdue la tête ! Ce que tu dis n'a aucun sens, je n'ai pas de temps à perdre à écouter une histoire sans queue ni tête !
-Ne pars pas, Hermione. C'est là que les choses deviennent intéressantes. C'est là que cette histoire banale va prendre une tournure qui va la rendre hors du commun. Si tu pars, je ne sais pas si j'aurais à nouveau le courage de te la raconter et il faut que tu saches tout ce que je m'apprête à te révéler.
-Continue, m'ordonne-t-elle d'une voix sèche, à contrecœur.
-Comme dans toute histoire d'amour impossible, nous avons connu des hauts et des bas. Après une énième période de « crise », nous avons repris contact pour arranger les choses. Mais le destin en avait décidé autrement. Je suis morte, il y a plus de quatre ans, à l'endroit même où nous nous trouvons.
-Non, non, non. C'est impossible… Dit-elle en se levant brusquement, comprenant où je veux en venir.
Elle me tourne le dos et passe ses mains sur son visage.
-J'ai alors atterrie dans un monde parallèle, entre celui des vivants et des morts. Je ne savais pas ce qu'il m'arrivait, les choses n'avaient plus de sens. Je me sentais désarçonnée par la situation sans me douter un seul instant que j'avais perdu la vie. Mais j'y ai passé de magnifiques moments avec la fille que j'aime. Tu sais de quoi je parle, Hermione. Tu l'as vécu à mes côtés. Ce n'était pas juste un rêve. Tu n'étais pas seulement dans le coma. Tu l'as vécu avec moi parce que tu te trouvais à cet instant-là entre la vie et la mort.
-Arrête, me supplie-t-elle.
-Sont alors apparues devant mes yeux les personnes qui avaient marquées ma vie et qui étaient mortes. Elles m'ont tout expliqué. L'accident, ma mort, ce monde dans lequel je me trouvais… Et m'ont laissé le choix entre une mort calme et paisible ou une seconde chance. J'ai pris la deuxième option. Deux de mes proches ont sacrifiés leurs secondes chances pour que la mienne aille au-delà de toutes les autres. J'ai ainsi pu retourner dans le monde des vivants avec pour seule mission de retrouver mon meurtrier. Voilà la raison pour laquelle je me suis réveillée quatre ans plus tard sous une autre identité.
-TU MENS ! Crie-t-elle d'une voix brisée en se tournant vers moi.
-Non, dis-je d'un ton calme en me levant pour me rapprocher d'elle.
Un mètre nous sépare. J'aperçois les larmes qui dévalent ses joues et l'expression de son visage est indescriptible tant la tristesse qui s'en dégage est immense.
- Je suis là, 'Mione, enchaînais-je. J'ai toujours été là.
-Ginny…
Elle s'effondre et éclate en sanglots. Je m'accroupis près d'elle et tente de lui poser la main sur l'épaule mais elle se dégage.
-Pourquoi m'avoir menti tout ce temps ? J'étais anéantie par ta disparition !
-Je sais. Et crois-moi, c'était horrible de te voir dans cet état. Mais je ne pouvais pas t'en parler, répondis-je doucement.
-Pourquoi le faire maintenant ?
-Parce que les choses ne se passent pas comme prévues et que je… Je dois mettre un terme à notre relation pour mener à bien ma quête.
-Vas-t-en, dit-elle entre deux sanglots.
Je dépose un baiser sur son front et me relève.
-Je suis tellement désolée, murmurais-je.
Je tourne les talons et m'en vais, tentant de rester stoïque au son de ses cris de peine.
-Rentrons, dit l'Inconnu, me tirant ainsi de ce souvenir. Nous n'aurons rien ce soir.
J'hoche la tête et m'apprête à le suivre lorsqu'une lumière verte jaillit.
-A TERRE ! Hurlais-je.
La scène se déroule à une rapidité déconcertante, tel un éclair. En quelques secondes, je me jette au sol pour éviter le sort et, sans attendre, je transplane en bas de l'immeuble. Baguette à la main, j'observe ce qui m'entoure. J'aperçois une silhouette qui s'échappe en courant et la poursuis.
-Arrête-toi ! Lui ordonnais-je.
Bien évidemment, mon agresseur m'ignore et continue sa fuite.
-STUPEFIX ! Criais-je en pointant ma baguette dans son dos.
Le sort touche ma cible de plein fouet et je la vois s'effondrer. Je cours la rejoindre et lui hôte son masque. Je sursaute en reconnaissant la personne qui vient de tenter de me tuer.
Fred accourt. Il a su que je me faisais attaquer grâce au sort qui nous lie, Jim, lui et moi.
-Jim est avec l'Inconnu, ils font le tour des pâtés de maison ambiants à la recherche d'autres agresseurs, me prévient-il hors d'haleine.
Ces yeux se baissent alors sur le corps inerte qui git à mes pieds et dont le visage est découvert.
-OH BORDEL DE MERLIN ! S'exclame-t-il, choqué. Cette personne ça ne serait pas…
-Luna Lovegood, terminais-je en un soupire. En effet, c'est elle.
-Woah, répond mon frère, encore sous le choc. Bon, ben prenons-la et amenons-la au QG pour l'interroger…
Le QG est un hangar désaffecté se situant à quelques kilomètres de Londres que Jim, l'Inconnu, Fred et moi avons aménagé pour qu'il nous serve de « repère secret ». Nous nous y retrouvons pour discuter des pistes sur l'enquête, planifier nos rondes de surveillance de la ville et nous mettre à l'abri lorsque nous sommes attaqués.
Mon meilleur ami et l'Inconnu nous y rejoignent quelques minutes plus tard. Nous avons isolée Luna dans une pièce à part, avons récupéré ses affaires et l'avons ligotée grâce à un sort en les attendant.
-Il n'y avait personne d'autre aux alentours, elle était seule, nous dit Jim.
-C'est étrange, murmure mon frère. Les attaques étaient de plus en plus violentes ces derniers temps et là le coupable ne nous envoie qu'une seule personne alors qu'il devait se douter qu'on la neutraliserait sans problème…
Il marque un point. Nous avons pu constater au fil du temps que le coupable de l'explosion ne laisse rien au hasard. Nous devons découvrir ce qu'il lui est passé par la tête lorsqu'il a décidé de ne nous envoyer qu'un seul ennemi. Je fais de mon mieux pour ne pas penser au fait que l'ennemi en question est une de mes anciennes camarades d'école et amie de surcroît. Je jette un regard à l'Inconnu. Je ne peux pas voir l'expression de son visage, la cape qu'il porte masquant tout son corps, mais la façon dont il fixe la pièce où se trouve Luna est étrange.
-Tu la connais ? Demandais-je, curieuse.
-Qui connait-on réellement, au fond ? Me répond-t-il de sa voix métallique.
Il fait toujours ça lorsqu'il cherche à éviter une question, il répond avec des phrases aux allures philosophiques.
-Fred et moi allons l'interroger, enchaîne-t-il. Occupez-vous de fouiller dans ses affaires pour trouver des indices.
Nous nous exécutons. Les affaires de Luna sont posées dans un coin, sur un meuble en acier. Jim attrape sa cape et en sort sa baguette. Une boule se forme dans ma gorge en la voyant. Cela me rappelle tellement mes années collège, les fois où nous avons combattu ensemble lors de la guerre contre Voldemort.
- Bois de rose, poil de licorne, 27,5 cm, rigide, marmonne-t-il en la faisant tourner entre ses doigts.
Je ne réponds pas et continue de fouiller. Je sens alors, dans l'une de ses poches, un bout de papier froissé. Je le sors rapidement et le lis.
« Celui qui vit sans se préoccuper du mal qu'il peut faire à autrui verra ceux qu'il aime se détourner de lui.»
C'est à ce moment là que mon frère apparaît. Il passe une main dans ses cheveux et s'adresse à nous d'un air perplexe.
-Elle est soumise à l'impérium. De plus, le coupable a bien pris soin de lui effacer certains de ses souvenirs pour qu'on ne le retrouve pas.
C'est déjà un soulagement de savoir qu'elle ne m'a pas attaquée de son plein gré. Je relis la phrase inscrite sur le bout de papier. Hermione aussi s'est détournée de moi après avoir découvert ma véritable identité… Le coupable va-t-il se servir d'elle pour m'atteindre ?
Nous nous assurons que le sort de l'impérium n'a plus d'effet sur Luna, la libérons, lui rendons ses affaires et lui effaçons la mémoire avant de la laisser partir. Nous nous mettons d'accord sur le fait qu'il faut garder un œil sur elle pour ne pas qu'elle soit manipulée à nouveau.
Je m'installe sur une chaise près d'un bureau que nous avons installé dans un coin du hangar, prends une plume, un bout de parchemin et rapporte ce qu'il s'est passé dans le moindre détail. J'en garde une copie pour nous, que je range consciencieusement dans un dossier que nous gardons au QG et plie l'original que je mets dans ma poche pour le donner à Hermione.
C'est à moi de retrouver le coupable mais je sais combien cette enquête lui tient à cœur, il me semble normal qu'elle soit au courant de tous les événements qui se produisent. J'ai aussi conscience que la dernière chose qu'elle désire est de me voir alors, à chaque fois, je me contente de déposer les rapports et m'en vais avant qu'elle ne m'aperçoive.
Je transplane devant chez elle et m'approche silencieusement. Je me baisse et glisse le parchemin sous sa porte d'entrée. Mais alors que je m'apprête à partir, j'entends un cliquetis et me retrouve nez-à-nez avec elle. Le clair de lune illumine son visage et accentue ses traits tirés.
Un silence pesant s'installe durant quelques minutes. Nous restons ainsi, face à face, pendant un certain temps, ne sachant par où commencer. Il y a tellement de choses que j'aimerais lui dire mais les mots ne sortent pas. Elle finit par ouvrir la porte entièrement et s'écarte pour me laisser entrer. Elle ferme, ramasse le parchemin et le lit, les sourcils froncés.
-Je suis désolée de t'avoir dérangée, je m'apprêtais à partir, dis-je, brisant ainsi la glace. J'espère que je ne t'ai pas réveillée.
-Je ne dors plus, répond-t-elle froidement.
Elle soupire d'un air las avant d'enchaîner.
-J'essayerai de me renseigner discrètement sur tous les endroits qu'elle a fréquenté ces derniers temps, peut-être que ça nous permettra de déterminer où le coupable se trouve.
J'hoche la tête et regarde par la fenêtre. L'aube ne devrait pas tarder à se lever. Elle attrape le dossier qui contient toutes ses pistes sur l'explosion pour y ranger le parchemin.
-On devrait peut-être avoir une conversation à propos de ce que je t'ai dit il y a deux semaines, tentais-je en retenant mon souffle sous le coup de l'appréhension.
-Je ne vois pas ce qu'i dire de plus, rétorque Hermione sèchement.
-Cette situation de malaises et de non-dits me pèse. Dis-moi ce que tu ressens…
-Tu veux savoir ce que je ressens ? Me répond-t-elle en haussant le ton. Ta mort m'a anéantie et tu débarques, des années plus tard, et me raconte une histoire totalement loufoque. Comment je me sens à ton avis ?! Le pire, c'est que la raison voudrait que je ne te crois pas mais j'ai beau me convaincre que ce n'est qu'un mensonge, que tu n'es pas Ginny, je sais bien qu'au fond tout cela est réel. A vrai dire, je me rends compte que je sais qui tu es depuis le début parce que certain signes ne trompent pas mais je n'ai pas voulu ouvrir les yeux. Il me semblait évident que si tu étais là tu me ferais un signe pour me le faire comprendre, pas que tu prendrais une autre identité et que tu me manipulerais!
-Je t'ai fais un signe, je suis venue te voir sous ma véritable identité pour te dire d'être heureuse à nouveau !
-TU M'AS ABANDONNEE ! S'écrit-elle en jetant le dossier à terre. Comment oses-tu dire que je suis la femme de ta vie après m'avoir menti pendant des mois ?
-Hermione, j'ai fais ce que j'ai pu, ce que je pensais être le mieux à faire…
-Lorsqu'enfin tu t'es décidée à me dire la vérité, tu m'as annoncé au passage que tu mettais un terme à ce que nous vivions. J'avais enfin appris à être heureuse de nouveau ! Ce que j'ai vécu lors de ta mort, tu me le fais revivre aujourd'hui. Comment crois-tu que je me sens en sachant que la femme que j'ai toujours aimé et que je croyais morte est enfin là, sous mes yeux, mais que tout espoir reste vain malgré tout ? Tu m'as abandonnée et tu m'abandonnes à nouveau, enchaîne-t-elle, sa voix se brisant sur ses derniers mots.
Je reste sans voix et finis par soupirer d'un air las.
-Il est tard, je vais rentrer, dis-je au bout de quelques instants. J'ai des choses à finir.
Elle hoche la tête. Je me dirige vers la porte d'entrée et sors. Au moment où je m'apprête à partir, je la vois, à travers la fenêtre, en pleurs. Je sens alors des larmes dévaler sur mes propres joues mais je me reprends et les essuie avec le dos de ma main.
Je transplane jusqu'au QG. L'Inconnu est parti mais Fred et Jim y sont toujours.
-Ca va ? Me demande mon frère en me voyant, la mine déconfite.
-J'ai besoin d'un service… Est-ce que l'un de vous veut bien se rendre dans le bureau de McGonagall pour lui emprunter en douce sa pensine et me la ramener ?
-J'y vais ! Dit mon meilleur ami avant de disparaître.
Il revient quelques minutes plus tard avec la bassine de pierre ornée de runes. Je le remercie et ils me laissent seule, se rendant chez moi.
Je regarde quelques instants la bassine, indécise, lève ma baguette et la pointe contre ma tempe. J'en extrais un filament argenté que je dépose dans la pensine et que je remue à l'aide de ma baguette.
J'inspire et je replonge dans mes propres souvenirs. Désormais, je ne fais plus partie des personnes qui vivent l'instant présent ou qui regardent vers le futur. Je fais partie de ceux qui se tournent vers le passé.
