Le lendemain matin, Roy se réveilla en premier. Il mit quelques instants à réaliser, où il se trouvait, puis il sentit un poids contre lui. Et alors, il la vit, vêtue d'un pyjama à motif de chien, endormie profondément, la tête posée sur son torse. Il la regarda intensément, et sut instantanément que c'était ça ! C'était ça qu'il voulait ! Se réveiller tous les matins à ses côtés ! Se réveiller tous les matins avec celle qu'il aimait dans les bras.

Incapable de bouger, complètement hypnotisé, il resta là à la regarder dormir. Puis, elle remua lentement tout d'abord, et se cala un peu plus contre lui. Elle était encore dans les brumes du sommeil, et cette présence chaleureuse à côté d'elle était plus qu'appréciable. Elle trouvait ça agréable. Et puis, son cerveau se réveilla petit à petit, réalisant lentement qu'il ne devrait y avoir personne à côté d'elle. Elle s'écarta vivement, bondissant du lit, pour fixer la personne qui s'y trouvait. Quand elle vit le Général Mustang, qui lui avait servi d'oreiller un instant plus tôt et qui maintenant la regardait surpris par sa réaction, elle sentit son cœur se serrer. Pourquoi ? Et les événements de la veille lui revinrent à l'esprit. C'est ce qu'il lui fit comprendre qu'il était déjà là avant même l'appel de son grand-père. Il la surveillait déjà avant que le tueur n'appelle.

- Vous saviez pour le tueur ! S'exclama-t-elle simplement.

Pris de court, il la regarda un instant en clignant des yeux.

- Bonjour à toi aussi Riza… Et oui, nous étions au courant. Nous travaillons sur l'affaire et je suis censé te surveiller.

- Je n'ai pas besoin de protection ! Affirma-t-elle essayant de le chasser loin d'elle avant de craquer complètement

- Riza je…

- Non ! Je peux me défendre seule ! Je suis armée, démontra-t-elle en sortant son arme, et comme tu le sais, je suis excellente tireuse. Alors va-t'en !

- Si c'est ce que tu veux, céda-t-il, en sentant néanmoins son cœur se fissurer.

Elle le rejetait. Elle l'éloignait d'elle, et ça lui faisait mal. Peut-être le détestait-elle. C'était peut-être simplement ça la raison pour laquelle elle avait démissionné ! Travailler à ses côtés devait lui être insupportable…

Il se dirigea donc vers la sortie, en serrant les poings, et sur le bas de la porte, il se retourna un instant pour dire :

- Je suis désolé si ma présence vous est si insupportable que vous ayez été forcée de démissionner. Je vous promets de faire en sorte que vous n'ayez plus à supporter ma vue. Au revoir, Riza.

Quand la porte d'entrée claqua derrière lui, la belle blonde s'effondra en pleurs.

La semaine qui suivit, Roy continua sa surveillance de loin, ne pouvant renoncer à elle malgré tout. Après tout, elle ne l'avait pas clairement rejeté, alors il lui restait un espoir ! Et puis, il voyait bien qu'elle était plus triste qu'avant. Peut-être, regrettait-elle, elle aussi, ce qu'il s'était passé. L'espoir… Il ne lui restait plus que ça alors il s'y raccrochait…

Mélina avait vite remarqué que sa sœur était moins « vivante » qu'avant. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle décida de lui changer les idées. Après tout, c'était son devoir en tant que petite sœur de lui remonter le moral quand ça n'allait pas !

Ainsi, elle avait entendu parler d'une fête en ville pour célébrer la fin de l'été, et elle décida d'y emmener sa sœur. Quand elle annonça cette nouvelle à la concernée, son enthousiasme fut plus que mitigé.

- Je… Je n'ai pas très envie de faire la fête Mel.

- Allez, ce sera l'occasion de s'amuser et de te changer les idées ! Tu ne vas tout de même pas me laisser y aller seule ?

Riza soupira alors. Elle ne pouvait décidément rien refuser à sa précieuse petite sœur…

- D'accord, mais tu m'écoutes quand je dis qu'on rentre !

- Promis, maman, la taquina la cadette.

Elles se préparèrent ensuite pour la soirée. Mélina attrapa une robe bleue bustier sans manche, faisant ressortir ses yeux. Elle y ajouta un une ceinture noire affinant sa taille et enfila des talons qui firent grimacer Riza. Elle avait toujours détesté les talons, et voir sa sœur en porter était assez étrange, surtout que la dernière fois qu'elle l'avait vu avant le divorce de ses parents, elle n'avait que cinq ans. C'est finalement ça qui lui fit réaliser à quel point elle avait grandi. Sa sœur n'était plus cette petite fille qui la suivait partout, elle était devenue une belle jeune femme qui faisait des ravages chez la gente masculine…

Mélina réussi à convaincre son aîné de troquer sa tenue habituelle pour quelque chose de plus festif. Ainsi, la plus âgée des deux blondes partit à la fête en portant une jupe noire avec un T-shirt débardeur assez moulant, ayant des flammes en motif tout le bas du T-shirt. Elle cacha également une arme dans un étui en haut de sa cuisse, sous sa jupe, bien trop consciente du fait qu'elle était toujours menacée.

Arrivée à la soirée, Riza fut surprise. Elle ne s'attendait pas vraiment à cela. C'était une sorte de bal/fête en plein air, dans une ambiance chaleureuse. De la musique résonnait sur trois pâtés de maison aux alentours, et quelques personnes dansaient sur une piste de danse aménagée tandis que d'autres riaient et plaisantaient autour de différentes tables, à côté d'un gigantesque buffet. Un sourire se dessina alors inconsciemment sur son visage, et Mélina à côté d'elle sourit. Visiblement, son idée fonctionnait. Elle l'attrapa donc par la main et la tira sur la piste de danse.

Alors, l'ex-militaire, laissa de côté ses problèmes, et décida de profiter de la soirée. Elle avait besoin de relâcher la tension. Elle avait besoin de « retrouver » sa sœur, et elle avait besoin de se « retrouver » elle-même. Voilà maintenant tellement d'années qu'elle avait arrêté d'être comme elle le voulait, tout d'abord pour son père, qui ne voulait pas une fille, mais un assistant dévoué pour ses études, et ensuite, dans l'armée quand elle s'était construit un masque de froideur pour survivre. Mais maintenant, elle avait une chance ! Une chance de vivre comme elle le voulait ! Une chance de choisir son destin simplement. Le seul regret qu'elle avait, c'est que ce destin ne soit pas avec lui… avec Roy Mustang… Elle laissait donc tout ce qu'elle avait retenu depuis tant d'années l'envahir et la transporter, dansant sans s'arrêter, se libérant, par la même occasion, de ses chaînes.

Caché dans une ruelle, Roy la regarda faire, envouté. Jamais il ne l'avait vu ainsi ! Jamais il ne l'avait vu aussi libre ! Il voulait la rejoindre, profiter de cette liberté avec elle, mais il se retint. Pas encore ! Ce n'était pas le moment ! Il devait d'abord se débarrasser de cet homme qui la voulait morte ! Il se l'était promis !

Finalement, ce fut Mélina qui partit en premier de la fête. Elle avait un rendez-vous le lendemain avec un client, et elle avait donc besoin d'être suffisamment reposée. Elle proposa à sa sœur de rentrer avec elle, mais Riza refusa. Elle avait besoin d'encore quelques secondes, quelques minutes à profiter de cette liberté. Ainsi, la cadette partit devant.

Une heure plus tard, Riza la suivit, et Roy la surveilla. Elle tourna dans une ruelle, il fit de même, mais ne la vit pas. Et alors, il paniqua ! Où était-elle passée ?

L'ex-snipeuse avait senti qu'elle était suivie, mais contrairement à la présence habituelle réconfortante de Roy, cette dernière était mal saine ! Elle était donc partie en courant. Elle parcourut plusieurs blocs de maison avant de tourner dans une ruelle et d'attendre son agresseur, arme en main.

Quelques secondes plus tard, un militaire débarqua. Il fut tout d'abord surpris puis un grand sourire para son visage. Il s'exclama alors :

- Je me doutais bien que le fameux sniper d'élite que vous êtes ne serait pas si facile à piéger.

- Qui êtes-vous et pourquoi voulez-vous me tuer ?

- Alors comme ça tu ne te souviens pas de moi Riza ! Ça me blesse ! Les autres ont au moins eut la décence de se souvenir de moi ! Celles qui se sont refusée à moi durant la guerre d'Ishbal se sont au moins souvenu de moi ! Enfin il est vrai que tu ne m'as pas seulement refusé une nuit de plaisir, tu m'as aussi rejeté ! C'est peut-être pour ça que tu m'as oublié ! Mais ne t'inquiète pas, ton dernier souvenir sera tourné vers moi !

Il bondit ensuite dans sa direction en tenant un poignard. Riza lui tira immédiatement dessus, mais il avait prévu le coup et il réussit à éviter les balles. Il se rapprocha d'elle pour commencer un combat au corps à corps. Ils savaient tous les deux que la tireuse d'élite était désavantagée dans un combat rapproché car elle ne pouvait pas utiliser son arme à feu. Elle se défendait pourtant plutôt bien, utilisant son arme pour parer les coups et en donner. Tout bascula cependant quand elle fut déconcentrée par un souvenir qui lui revint en mémoire concernant cet homme. Elle se souvenait de lui essayant de s'introduire dans sa tente la nuit. Elle se souvenait aussi de l'avoir rejeté alors qu'il insistait, et de son regard mauvais quand il était sorti violemment de la tente. Elle reconnaissait à présent ce salopard ! Elle n'avait pas voulu le dénoncer, supposant qu'il n'était plus lui-même, et que c'était à cause de la guerre qu'il était comme ça ! Elle se rendait maintenant compte qu'elle avait tort.

Elle revint rapidement à l'instant présent quand une douleur intense provint de son abdomen. Elle comprit que son ennemi avait profité de son inattention pour la poignarder au niveau du ventre. Elle posa donc une main sur la plaie et tenta de continuer à combattre, mais c'était peine perdue. Il lui poignarda ensuite la cuisse pour qu'elle s'écroule à genou. Elle posa par réflexe sa deuxième main sur la nouvelle plaie en respirant difficilement à cause de la douleur et un sourire mauvais barra le visage du tueur. Il la poussa du pied avec un air de plus en plus ravi et elle tomba sur le dos en poussant un léger cri de douleur. Il la regarda un instant avant de dire en lui jetant un petit papier dessus :

- Avec ta mort, je vais enfin être tranquille Riza ! J'aurais cru que tu résisterais plus longtemps mais il semblerait que tu n'es en fait qu'une personne comme les autres ! Je vais te laisser agoniser dans cette ruelle Riza ! J'ai la fin d'une vengeance à fêter.

Il ricana un dernier coup, puis tourna les talons. Riza attrapa alors son arme, tombée non loin d'elle, comme elle put, puis leva faiblement son bras en serrant les dents. Elle visa la tête en essayant de stopper les tremblements de son bras, et tira. L'assassin s'effondra dans un bruit sourd, et son sang commença à se répandre sur le sol. Riza ferma alors les yeux en retenant un frisson d'horreur. Elle avait encore pris une vie ! La liste des personnes qu'elle avait tuée commençait à devenir trop grande ! Elle secoua soudain vivement la tête. Non ce n'était pas le moment de penser à ça ! Elle devait prévenir quelqu'un de ce qu'il c'était passé, chercher de l'aide ! Elle commença alors à ramper douloureusement vers la sortie de la ruelle.