Bonjour tout le monde. Je reviens après des années d'absence, pour être franche j'avais complètement laissé tomber mes fics mais au final j'ai quand même envie d'aller jusqu'au bout et d'essayer de les terminer (même si je dois admettre que je risque d'être très irrégulière en terme de publications).
Quoiqu'il en soit voici un nouveau chapitre pour cette fiction. Le prochain chapitre est cours d'écriture et devrait donc arriver prochainement.
En espérant que vous prendrez toujours plaisir à me lire, même après autant d'années d'absence. Ce chapitre est un peu plus sombre que d'habitude, j'espère qu'il vous plaira quand même.
Bonne lecture :)
Je regarde l'Inconnu, qui n'en est pas un en réalité, abasourdie.
-Geo.. George? Tentais-je difficilement.
-Hey, soeurette, répond-il d'une voix éteinte.
Son teint est blafard, ses traits semblent tirés à cause de la douleur. Je ne dois probablement pas avoir meilleure mine…
Difficilement, je m'assois sur le lit, à côté de lui. J'ai tellement de questions à lui poser que je ne sais même pas par où commencer. Il semble deviner mes pensées puisqu'il finit par reprendre la parole.
-Je suppose que tu essaies de comprendre comment ça se fait que je sois l'Inconnu.
J'hoche la tête pour seule réponse.
-C'est un truc de jumeaux, reprend-il. Tu sais ce fameux lien dont on parle, celui qui unit les jumeaux et qui procure un instinct surdéveloppé quand il s'agit de son "double"? C'est pas que des conneries. La première fois que je t'ai vu en tant que Milena, j'ai évidemment été dupé, comme tous les autres. Mais j'ai ressenti quelque chose d'étrange, comme si Fred était dans la pièce. Et, au bout de quelques minutes d'incompréhension, j'ai fini par le voir. J'ai d'abord cru que j'hallucinais mais à plusieurs reprises je l'ai vu à tes côtés. J'ai fini par me dire que ce n'était pas qu'un rêve, qu'il était peut-être vraiment là. Et là, c'est comme si quelqu'un avait allumé une lumière étincelante dans une pièce plongée dans le noir, tout est soudainement devenu plus clair. J'ai vu Jim aux côtés de Fred et au lieu de voir Milena, je t'ai vu, toi. Ca n'avait pas de sens, je ne comprenais pas ce qu'il se passait… jusqu'au soir où j'ai fait un rêve étrange. C'était comme si je revivais les souvenirs de Fred et j'ai vu ton passage entre la vie et la mort, ton retour à la vie grâce à la deuxième chance, votre mission, etc.
-Le fameux lien entre jumeaux… Murmurais-je. Mais pourquoi tu nous as rien dit? Pourquoi cacher ton identité?
-De ce que j'avais pu voir à travers les souvenirs de Fred, vous aviez quand même réussi à maintenir un équilibre et j'avais peur de venir le perturber, même si je voulais vous aider.
Je passe une main dans mes cheveux, sous le choc. Ca fait beaucoup à digérer. J'ai la tête qui tourne.
Fred, qui était dans la pièce depuis le début, semble s'en rendre compte.
-Tu devrais te reposer un peu, Gin'.
George hoche la tête pour approuver notre frère.
-Nous aurons d'autres occasions de discuter de tout cela.
Je me réveille en sursaut, couverte de sueurs. Je viens de faire un rêve horrible dans lequel je voyais l'Inconnu torturer Hermione.
Je repousse les draps brutalement et me lève d'un coup, manquant de tomber comme une masse par terre. Je me rattrape in extremis au lit. J'ai la tête qui tourne et des nausées, je me sens tellement faible…
Mais je ne peux pas laisser Hermione au main de ce fou-furieux.
-FRED! Appelais-je en désespoir de cause.
Il n'a fallu qu'une seconde pour que celui-ci apparaisse dans ma chambre, l'air inquiet.
-Il faut que tu m'aides, lui dis-je, il faut qu'on aille retrouver Hermione!
-Tu n'es pas en état, Gin'...
-Tant pis, Fred il faut que je la retrouves! Répondis-je en haussant le ton de désespoir.
Il pose sa main sur mon épaule, dans un geste réconfortant.
-Tous les aurors sont sur le coup, je fais moi-même mes recherches de mon côté. Je te promets que nous la retrouverons.
Je me laisse glisser par terre et je serre les dents.
-J'espère qu'il ne va rien lui arriver… dis-je d'une voix étranglée.
Cela fait quatre jours depuis qu'Hermione a disparue. Je culpabilise, c'est parce qu'elle est venue nous sauver qu'elle s'est retrouvée entre les mains de ce taré…
Mon frère a fini par trouver la recette d'une excellente potion contre la douleur et je me sens beaucoup mieux. Cela fait deux jours que je participe aux recherches.
Fred n'avait pas menti, tous les aurors recherchent activement leur chef. Outre leur devoir, on les sent tous concernés par la situation. Bien que souvent froide, Hermione est une chef juste et entière, elle excelle dans son travail.
Je soupire de tristesse. J'aurais vraiment aimé que les choses avec elle soient différentes. Notre histoire a souvent été ponctuée de drames. J'aimerais tellement que l'on puisse connaître une fin heureuse, même si cette possibilité semble de plus en plus mince…
Je sors ma baguette et m'en sers pour marquer une croix sur une carte de la ville déjà toute gribouillée. Tant de lieux visités en quelques jours et qui n'ont rien donné… Un souvenir me revient en tête alors que je passe devant un restaurant japonais.
Hermione me regarde, morte de rire, en train de batailler avec mes baguettes pour essayer d'attraper la nourriture qui se trouve devant moi.
-Je sais pas comment ça se tient ces trucs-là, vous avez l'art de vous compliquer la vie, les moldus, ralais-je dans ma barbe en faisant retomber un maki dans mon assiette.
Toujours amusée, elle pose tendrement sa main sur la mienne pour me montrer comment les tenir.
-Voilà, comme ça, dit-elle en guidant mes gestes avant de sourire en constatant que j'y arrive beaucoup mieux. Qu'est-ce que tu ferais sans moi?
Pas grand chose… D'une certaine façon elle a toujours fait partie de ma vie. D'abord en tant qu'amie, puis en tant que confidente, en tant qu'amante, et si je n'étais pas morte dans cette galerie commerciale, en tant que fiancée…
La galerie commerciale! Je déplie ma carte brusquement pour regarder la zone où elle se trouve. Elle est vierge d'annotation, personne n'y est allé. Le Coupable aime me torturer psychologiquement et c'est l'endroit parfait pour cela. J'y ai perdu la vie et j'y ai perdu Hermione une nouvelle fois en lui révélant ma véritable identité. J'aurais dû y penser depuis le début.
"-Fred? Demandais-je en faisant appel à notre lien télépathique.
-Yep?
-Je vais tenter de voir au centre commercial s'il y a quelque chose.
-Ok, je finis de fouiller ce pâté de maison et je te rejoins."
Sans plus attendre, je transplane à quelques rues du grand centre commercial. J'ai préféré atterrir à distance de la galerie au cas où elle grouillerait des sbires du Coupable mais le quartier, d'habitude plutôt animé, semble étonnamment désert.
Je sors ma baguette et m'avance prudemment dans une ruelle, en prenant soin de me cacher au fur et à mesure. Finalement, ma méfiance n'aura pas été inutile. J'aperçois à une centaine de mètres devant moi deux personnes cagoulées, baguette à la main, surveillant les environs. Je continue à m'avancer discrètement et, une fois arrivée à une distance raisonnable, je sors de ma cachette pour leur lancer deux "Petrificus Totalus" avec une rapidité qui m'étonne moi-même. Je me rends compte avec soulagement et, je dois l'admettre, une pointe de fierté, que les entraînements prodigués par mes frères sont efficaces.
Je continue à m'avancer, sur le qui-vive. Une sensation de malaise m'envahit de plus en plus dans ce quartier qui paraît fantôme alors qu'il est plutôt bruyant d'habitude. Il ne semble pas y avoir âme qui vive…
Je finis par apercevoir le centre commercial, toujours en ruines. La ville ne l'a pas reconstruit dans un premier temps à cause du coût que cela représentait et, comme nombre d'habitants en ont fait un mémorial où ils venaient se recueillir en l'honneur des victimes, les dirigeants de la ville ont décidé de le garder ainsi pour conserver l'aspect symbolique.
Je pénètre dans la galerie, avançant en me cachant à travers les ruines. Mais le bâtiment semble tout aussi désert que les rues… J'ai un mauvais pressentiment. Mon intuition me dit que je suis au bon endroit mais tout semble si calme. Trop calme. Et trop facile…
Mon questionnement se stoppe net au moment où j'aperçois Hermione, ligotée sur une chaise, le visage couvert de sang séché, à l'endroit même où je suis décédée. Sans réfléchir, je sors de ma cachette et me mets à courir pour la rejoindre. Enfin arrivée à sa hauteur, je tente de la toucher mais ma main traverse son corps.
Un hologramme?! Un putain d'hologramme?!
Je fais volte-face en entendant un rire métallique juste derrière moi. Le Coupable se tient à quelques mètres de moi. Il est à nouveau vêtu de d'une cape bleue et dorée, son visage est recouvert d'un masque. Je ne peux toujours pas deviner son identité…
-Et si t'enlevais ton masque au lieu de rire, histoire que je puisse voir ton visage au moment où je te tues! Hurlais-je de colère.
-Voyons Ginny, répond-il le plus naturellement du monde, tu n'es pas une tueuse. Et si je meurs tu ne sauras jamais où se trouve Hermione.
Ce salaud à raison…
-C'est moi que tu veux, non? Alors relâche-la et prend-moi à sa place.
-C'est vrai mais je dois admettre que je prends plaisir à la torturer et à voir dans état cela te met.
Il marque une pause, faisant mine de réfléchir.
-Je suis d'humeur clémente aujourd'hui et c'est après toi que j'en ai, pas après elle. Alors je vais accepter cet échange. Mais je vais te torturer au point où tu me supplieras de te tuer, ce que je refuserai, évidemment, jusqu'à que je finisse par me lasser et que je t'accorde enfin la libération tant souhaitée. Ah, et je tuerais toute personne qui essaiera de te trouver.
-Quel magnifique programme, répondis-je, ironique. J'accepte sans lutter, à la seule condition que je puisse être sûre qu'Hermione est toujours en vie et que tu vas la relâcher.
Il me jette une chaussure pour toute réponse. Un portoloin. Je le touche et, après un voyage fort désagréable, je me retrouve devant ce qui semble être un hangar désaffecté au milieu de nulle part. La boule au ventre, je pousse la porte et pénètre à l'intérieur.
Hermione se trouve devant moi, ligotée sur la chaise et en sang, comme sur l'hologramme. Je m'approche d'elle et lui caresse doucement la joue.
-'Mione?
Elle ouvre les yeux difficilement et les cligne plusieurs fois.
-Gin.. Ginny?
Elle paraît si faible.
-Ca va aller, 'Mione. Je suis là, c'est terminé.
-Ginny… tente-t-elle à nouveau.
Je respire un grand coup, les larmes aux yeux.
-Je ne crois pas qu'on va se revoir de si tôt. Je voulais que tu saches que tu es la plus belle chose qui me soit arrivée, la plus douloureuse aussi. Je t'aime tellement qu'à chaque fois que je t'ai perdue j'ai eu l'impression de perdre une part de moi. Je sais pas si c'est ça une âme soeur mais je sais que tu es l'amour de ma vie. Tu l'as toujours été, ça a toujours été toi, quoiqu'il arrive.
Je l'embrasse sur les lèvres et, à ma grande surprise, elle me rend mon baiser.
-Je t'aime aussi, murmure-t-elle difficilement.
Je dépose un baiser sur son front.
-Ne me cherche pas, dis-je alors que je sens ma vision se troubler et que le décor autour de moi se met à changer.
Je me réveille en douceur. Le soleil procure une sensation de chaleur des plus agréable sur mon visage. Je m'étire et ouvre les yeux. Je suis dans ma chambre, dans mon appartement. Des bruits semblent venir de la cuisine. Je m'habille et m'y rends. Au fur et à mesure que j'approche, je sens une odeur de café et de toast grillés.
Hermione est en train de préparer le petit-déjeuner et me tourne le dos. Je ne peux retenir un sourire coquin en la voyant ainsi, seulement vêtue d'un t-shirt trop large pour elle et d'une culotte en dentelle noire.
Je m'approche et l'enlace par derrière. Elle renverse sa tête en arrière pour la poser contre mon épaule et je dépose un baiser sur sa tête.
-'Lut, dis-je d'une voix encore endormie.
-Bien dormi?
J'hoche la tête et commence à l'embrasser affectueusement dans le cou. Elle fait volte-face et vient se blottir dans mes bras avant de chercher ma bouche avec la sienne. Elle passe sa main sous mon t-shirt pour caresser et griffer doucement mon ventre et mes hanches. Elle sait à quel point j'adore ça. Je la soulève et la fait s'assoir sur le plan de travail de la cuisine, après qu'elle ait prit soin de dégager tout ce qui se trouvait dessus d'un mouvement de main.
Elle m'ôte mon t-shirt pour avoir accès à ma poitrine et nous recommençons à nous embrasser.
Puis, soudainement, elle s'arrête.
-Tout va bien, 'Mione? Demandais-je, perplexe.
-Réveille-toi, me répond-elle d'un ton neutre.
-Quoi?
-Réveille-toi, réveille-toi, réveille-toi…
Sa voix se fait de plus en plus agressive et grave au fur et à mesure qu'elle prononce ces mots.
-RÉVEILLE-TOI!
Je me réveille en sursaut. Un homme cagoulé, imposant, se tient devant moi. Sans que je m'y attende, il me gifle violemment. Je crois qu'il est contrarié que je ne me sois pas réveillée tout de suite. Je m'apprête à riposter quand me rend compte que je suis enchaînée.
Les derniers événements me reviennent en tête. Je suis captive du Coupable après m'être livrée à lui… J'ai un pincement au coeur en repensant au rêve que je viens de faire. Dans mon souvenir, Hermione et moi avions fait l'amour et nous étions allées prendre un brunch à l'extérieur car nos toasts avaient finis carbonisés… Mais dans la réalité actuelle je me retrouve prisonnière.
L'homme dépose devant moi ce qui semble être de la bouillie et repart. Il ferme derrière lui la porte d'une cellule. Je regarde autour de moi. Je suis dans une sorte de cachot, mes mains sont attachées par une chaîne reliée au mur mais qui me laisse assez de manoeuvre pour prendre les couverts devant moi et les mettre à ma bouche donc qui sont assez larges.
La pièce est sombre, seul un filet de lumière s'échappe d'une minuscule fenêtre à barreau située en hauteur. Et pour finir il y a un seau vide juste à côté de moi. Super.
Le temps passe. Je ne sais plus depuis combien de jours et de nuits je suis enfermée dans cette pièce sombre, attachée, rouée régulièrement de coups par les sbires du Coupable. Celui-ci serait apparemment en déplacement important mais compte se rattraper en me torturant des heures entières selon les dires d'un de ses larbins qui semble s'amuser comme un petit fou en m'annonçant cela.
La seule chose qui me permet de tenir c'est de me plonger dans mes souvenirs et de tenter tant bien que mal de faire abstraction de la réalité…
Un des sbires cagoulé vient déposer ma bouillie habituelle. Je m'attends à un coup, aux insinuations sexuelles ou à un "endoloris", comme à chaque fois que l'un d'eux vient me rendre visite, mais à mon étonnement celui-ci dépose mon "repas" et tourne les talons sans un mot.
-Eh ben alors, dis-je sur un ton de provocation bien que ma voix est faible, j'ai pas le droit à la violence en prime, comme à chaque fois?
Le sbire marque un arrêt, comme s'il cherchait la bonne façon de réagir puis vient vers moi et me se met à ma hauteur. J'en profite pour lui décrocher un coup de tête. Je ne peux me retenir de sourire en entendant un craquement provenant de son nez suivi d'un grognement sourd. Il me gifle et s'en va. Je sais que ce genre de geste va me coûter davantage mais ils ont l'intention de me faire souffrir dans tous les cas alors je ne compte pas leur faciliter la tâche.
Le temps continue à passer. Je sens les sbires un peu plus agités qu'à l'accoutumée, apparemment leur "Maître" est sur le retour et il est d'une humeur massacrante.
Le vent souffle sur mes joues. Je garde les yeux fermés, savourant ce sentiment. La liberté. Je sens une main se poser sur ma hanche et je finis par les ouvrir. Hermione se tient devant moi, un sourire aux lèvres.
-Quel magnifique paysage, dit-elle.
J'hoche la tête, regardant ce qui nous entoure depuis le haut de cette montagne. La randonnée fut longue mais elle en valait le coup.
-Tu vois que les moldus peuvent avoir de bons passes temps en amoureux! Enchaîne-t-elle en posant sa tête sur mon épaule et en passant ses bras autour de mes hanches.
-Je dois admettre que j'ai été de mauvaise foi et que j'ai eu tort, répondis-je en l'embrassant sur le front.
-Je t'aime quand même.
Je me réveille en sursaut, agacée d'avoir été ramenée à la réalité tandis qu'un des sbires me secoue violemment.
-Réveille-toi, Ginny!
-Qu'est-ce que tu me veux?
Il n'a même pas de bouillie dans les mains, je n'ai aucune idée de pourquoi il est là. Vu le peu de passage et l'obscurité ambiante, je serais tentée de dire que nous sommes en pleine nuit.
Mes yeux s'habituent de plus en plus à l'obscurité et je le vois regarder autour de nous comme s'il voulait vérifier que personne ne nous observe.
Il finit par enlever sa cagoule. Il invoque le sort "Lumos" avec sa baguette et la met devant son visage. La première chose que je remarque est son pansement autour de son nez cassé puis je finis par reconnaître ses traits.
-Nev… Neville?!
Il me met la main sur la bouche avant de reprendre en chuchotant.
-Chut! Personne ne doit savoir que je t'aide!
-Tu travailles pour lui, Neville? Demandais-je en chuchotant.
-Il revient demain, il faut que tu trouves une façon de contacter les autres pour qu'ils viennent te sauver rapidement, il compte s'en prendre violemment à toi…
-Aide-moi à m'évader!
-Je ne peux pas faire ça! Je prends déjà beaucoup de risques en te prévenant parce que nous avons été amis par le passé, il va falloir que tu te débrouille seule si tu veux t'en sortir.
-Qu'est-ce qui t'est arrivé pour que tu deviennes comme ça Neville? Demandais-je, une larme de déception dévalant ma joue.
Il se lève sans un mot, enfile sa cagoule et s'en va. Je n'arrive pas à fermer l'oeil de la nuit malgré la sensation d'être à bout de force. Neville, mon ami auprès de qui j'ai combattu contre Voldemort est du côté de ce salaud et refuse de m'aider à m'évader, ça n'a pas de sens. Ca ne peut pas être de la lâcheté, Neville est quelqu'un de courageux. Mais pourquoi est-il du côté de ce salaud?
J'entends quelqu'un ouvrir la porte de ma cellule, me tirant de mes pensées. Le léger filet de lumière qui s'échappe de ma minuscule fenêtre à barreau m'indique que le jour s'est levé. Le Coupable est de retour.
Un de ses larbins se tient devant moi, sans cagoule. Le sourire satisfait qu'il affiche ne me rassure pas. Il m'attrape par les cheveux tandis que d'autres sbires défont mes chaînes du mur. Ils me menacent de leurs baguettes et me livrent à Lui.
Il se trouve dans une grande pièce. Assis sur un fauteuil qui ressemble étrangement à un trône. Quel égo. Une dizaine de ses hommes de mains les plus fidèles sont présents, cagoulés, et me regardent, debout, tandis que l'abruti à visage découvert me jette sans ménagement au pied du Coupable qui, comme à son grande habitude, porte un masque.
-Mes chers camarades, dit-il à son assemblée en son levant, comme vous le savez j'ai été absent ces derniers jours pour des raisons importantes. Néanmoins, je vous ai laissé Mademoiselle Weasley entre les mains, ayant confiance en vous pour vous en occuper avec justesse. Vous m'avez prouvé que j'avais raison.
Des sifflets d'exclamation s'élèvent dans la salle, ce salaud fait son show en remerciant ses hommes de mains de m'avoir maltraitée en attendant son retour. Une coupe d'hydromel apparaît par magie dans sa main ainsi que dans celle que tous ses sbires. Ils la lève tous en choeur.
-Les traitres, comme cette salope de Weasley, seront toujours punis, enchaîne-t-ils, mais la loyauté sera toujours récompensée. Ainsi, je vous autorise tous, l'un après l'autre, à lui lancer le sort "Doloris" devant moi!
Une exclamation de joie générale s'élève dans la salle.
Je suis dans un grand manoir vide. Tout semble abandonné depuis des années. Je n'ai aucune idée de la façon dont j'ai atterrit ici.
-Eh oh, il y a quelqu'un?
Pas de réponse, à part mon propre écho. Il fait si froid et tout est si sombre. J'entends un bruit derrière moi et fais volte-face, j'ai le coeur qui bat vite. Quelqu'un est là. Je le sens mais je ne vois rien. J'ai si peur. Je continue d'avancer. Je n'ai pas le choix. Régulièrement je continue de regarder derrière moi, je sens toujours cette présence, je l'entends. Elle me suit.
J'aperçois une lueur. Prudemment je m'approche. C'est un filet de lumière qui s'échappe d'une porte blanche. Elle dénote tellement au milieu de ce manoir sombre et noir. Je me sens de plus en plus apaisée à mesure que je m'approche, je presse le pas. Il me tarde de pouvoir l'ouvrir et de sortir de ce manoir, enfin. Mais au moment où je pose ma main sur la poignée, la présence qui me suit depuis le début se manifeste et pose sa main sur mon bras.
-Ne vas pas dans la lumière, me dit-elle d'une voix douce. Tu ne pourras pas revenir en arrière.
-Mais j'ai si froid, Hermione, et j'ai si mal. Tout est si sombre, répondis-je en pleurant.
-Je sais, je comprends si tu décides d'arrêter de te battre mais je te promets que même si ça te paraît insurmontable, si tu te bats, tu finiras par t'en sortir et tu retrouveras la lumière par toi-même. La douleur finiras par passer.
-Tu seras là?
-Toujours.
J'ôte ma main de la poignée tandis qu'elle me prend dans ses bras.
J'ouvre difficilement les yeux. Je suis de retour dans ma cellule après avoir subi les tortures de ces salauds.
Retour à la réalité. Le froid. La douleur. L'obscurité.
Comme souvent, j'entends Fred qui tente de me joindre à travers notre lien télépathique. Je me mets à pleurer alors que je l'ignore. Le Coupable a juré de tuer mes proches s'ils venaient me chercher et je sais qu'il le fera. Je craque.
J'entends la porte de ma cellule grincer mais je ne relève même pas la tête pour voir qui est là. Je m'en fous. Il peuvent me faire ce qu'ils veulent. Ils ont gagné.
Je sens quelqu'un s'accroupir à côté de moi tandis que je continue à sangloter.
-Ginny, je vais t'aider à t'évader. On doit faire ça vite pour pas attirer l'attention, ils sont quasiment tous partis en mission.
Je lève les yeux et me retrouve face à Neville qui me tend ma baguette. Je tente de me relever et retombe à cause de la douleur. Non,non! Je ne peux pas laisser cette chance! Je serre les dents et, malgré la sensation que des millions de lames me transperce le corps, je me mets debout et je suis Neville hors de la cellule.
Nous tombons sur quatre sbires à qui nous lançons tous deux des "Stupifix". Une alarme retentit.
Nous nous débarrassons des sbires au fur et à mesure que nous tombons sur eux, leur nombre reste raisonnable. C'est presque trop facile. Nous sortons enfin du bâtiment et, après avoir fait un trou dans un grillage, Neville se tourne vers moi avant de reprendre la parole.
-Ca y est, on est sortis de la zone anti-transplanage!
-Pourquoi tu m'as aidée Neville?
-Il a Luna, c'est pour ça que j'ai accepté de travailler pour lui, pour pas qu'il lui fasse de mal… Mais quand j'ai vu ce qu'il t'a fait aujourd'hui je me rends compte qu'il est devenu fou et qu'il est capable de tout… Il faut que tu la sauves et que tu la mettes à l'abri.
-Devenu?
-Tu ne sais pas qui c'est? Me demande-t-il surpris.
-Quoi? Non! On le connaît?
-Ben oui! Ginny c'est…
Ses lèvres forment deux syllabes silencieuses alors qu'il est frappé par un éclair vert. Je lève les yeux et aperçois au loin le Coupable, baguette à la main, me faisant "Coucou" avec sa main. C'était un piège. Il se doutait que Neville craquerait et voudrait m'aidait, il a fait en sorte de le laisser pour le tuer devant moi.
Je suis sur le point de m'évanouir à cause de la douleur mais je tente de rassembler les dernières forces qu'il me reste pour transplaner. J'atterris dans les marécages du Terrier. Je perds connaissance au moment où j'aperçois une silhouette, floue, qui se précipite vers moi.
