Bonsoir à tous! Comme promis, voici le nouveau chapitre. Il est, à mon sens, un des plus importants dans l'histoire. La suite est en cours d'écriture.
Merci de continuer à lire cette histoire, même des années après. Et merci à ceux qui laissent un avis!
J'espère que ce chapitre vous plaira, n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez!
Bonne lecture!
Je reprends conscience progressivement. Je ne suis pas encore réveillée mais mes sens se mettent en alerte tout doucement.
D'abord, mon ouïe. Il règne autour de moi un silence apaisant seulement brisé par des bruits de vaisselle qui semblent venir de loin.
Après vient l'odorat. Une odeur réconfortante me parvient, une odeur qui ressemble étrangement à de la brioche que l'on fait dorer.
Ensuite, le toucher. Je sens quelque chose de léger qui semble effleurer ma peau.
Puis le goût. Un goût bizarre, comme du métal qui m'emplit la bouche.
Ma vue par contre n'est pas encore active. Je ne suis pas assez réveillée pour ça, tout reste plongé dans le noir. Difficilement, j'ouvre les yeux. A ma grande surprise je suis au Terrier, dans mon ancienne chambre.
J'essaie de me remémorer mes derniers souvenirs. Ma captivité, la mort de Neville, mon transplanage in extremis au Terrier et cette silhouette fonçant vers moi au moment où je m'effondre.
Je retiens une grimace, à la fois parce que j'ai mal partout mais aussi à cause des images douloureuses qui envahissent mon esprit.
Un grincement se fait entendre, me tirant de mes pensées. Hermione se tient devant ma porte et me fixe, les bras croisés.
-Comment tu te sens? Me demande-t-elle d'une voix presque glaciale.
Je la connais trop bien pour savoir que cette froideur apparente cache des émotions qu'elle essaie tant bien que mal de contrôler. Après tout, depuis la révélation de ma véritable identité notre relation n'a pas été au beau fixe. Je ne sais pas si elle se rappelle de notre entrevue rapide lorsque j'ai pris sa place en tant que captive du Coupable mais je préfère ne pas lui poser la question.
-Je vais bien, répondis-je d'une voix rauque avant de grimacer à nouveau.
J'ai essayé de me redresser pour m'asseoir dans le lit, ce qui n'était vraiment pas une bonne idée. J'ai l'impression qu'on enfonce des millions de lames simultanément dans mon corps. Gênée, je m'aperçois que je suis nue, seulement recouverte d'un drap, ce qui explique la sensation que j'avais avant de me réveiller. M'asseoir n'est donc pas la meilleure des options car je risque de me retrouver dans le plus simple appareil devant la chef des aurors. Oh, bien sûr, elle m'a déjà vu comme ça de nombreuses fois mais je suis pas certaine que ce soit ce qu'elle ait envie de voir là, tout de suite. Elle semble deviner mes pensées parce qu'elle désigne ma commode d'un signe de tête.
-Tes affaires sont toujours là, ta mère les a gardées. Je descends.
Je n'ai même pas le temps de répondre qu'elle s'exécute. Je serre les dents et je me lève, essayant d'ignorer la douleur qui me traverse le corps de façon intense. Tant bien que mal, j'enfile des sous-vêtements, un jean slim noir et un pull beige. Par chance, mes vêtements me vont toujours même en temps que Milena. Je m'étonne rapidement d'être propre alors que j'étais dans un état déplorable avant de m'évanouir mais je me dis que quelqu'un a bien dû se dépatouiller avec un sort pour me rendre présentable.
Je descends lentement les marches pour me rendre dans la cuisine. Ma mère est là et surveille la vaisselle qui se fait toute seule grâce à la magie. Elle pousse un petit cri et me serre dans ses bras à m'en étouffer lorsqu'elle me voit.
-Ma puce, murmure-t-elle. J'ai eu si peur!
-Je vais bien, m'man, répondis-je, voyant que nous ne sommes que toutes les deux.
Comme à son habitude, elle m'ordonne de manger un bout. Je ne peux m'empêcher de sourire en voyant la brioche sur la table. J'avais bien deviné. Soudain une pensée me traverse l'esprit, m'ôtant tout appétit.
-Il faut qu'on aille sauver Luna!
Le visage de ma mère s'assombrit et je sens mon cœur se serrer.
-Tes frères et Hermione t'expliqueront… Il n'y a que nous ce matin, ton père est au Ministère.
J'hoche la tête et je m'assois pour prendre un bout de brioche même si je n'ai plus très faim. Fred apparaît tout d'un coup à côté de moi, comme s'il avait entendu qu'on faisait allusion à lui. Il me serre fort dans ses bras puis s'écarte et fait mine de m'examiner sous toutes les coutures.
-T'es pire que maman! Le taquine George alors qu'il nous rejoint dans la cuisine et qu'il me serre à son tour contre lui. Si ça continue tu vas toi aussi te mettre à la gaver de nourriture.
-Ne commencez pas! Gronde ma mère, plus par habitude que par réelle colère.
A nouveau je n'arrive pas réprimer un sourire. J'ai l'impression d'être remontée des années en arrière, lorsque j'étais adolescente et que nous étions tous réunis…
Hermione arrive soudain dans la cuisine. Elle a les traits tirés, ses cheveux sont relevés en un chignon d'où s'échappent négligemment quelques mèches. Elle reste élégante dans son chemisier émeraude et son pantalon noir mais on devine à son expression que les derniers jours ont été particulièrement difficiles.
-Comment tu te sens? Demande George, tout à coup très sérieux.
-J'ai mal partout mais ça devrait aller.
-On t'a administré les premiers soins et on t'a donné une potion contre la douleur, comme la dernière fois, mais vu son intensité elle ne devrait pas faire effet très longtemps, explique Fred. Je vais me débrouiller pour en trouver d'autre.
J'hoche la tête en signe de gratitude avant de poursuivre.
-Et j'ai des images qui me reviennent en tête…
-Est-ce que tu te sens capable de nous raconter tout ce qu'il s'est passé? Demande doucement ma mère.
-Oui mais d'abord Luna…
-Elle n'a pas survécue, me coupe Hermione d'une voix légèrement tremblante. On l'a retrouvée dans une ruelle deux jours avant que tu reviennes… Au moins elle ne semble pas avoir été torturée…
Je retiens difficilement mes larmes. A une époque, je m'entendais bien avec Luna. Je crois même que je peux dire que nous étions amies, elle a été d'une aide précieuse dans la guerre contre Voldemort.
-J'avais dis à Neville que je la sauverai, dis-je les poings serrés.
Hermione, qui jusqu'à présent était debout et à l'écart, s'approche et vient s'asseoir à côté de moi. A ma grande surprise, elle pose brièvement sa main sur mon bras dans un geste qui se veut réconfortant. Fred est assis de l'autre côté de moi tandis que George et ma mère sont en face de nous. Cette dernière affiche une expression que je n'arrive pas à déchiffrer quand Hermione effectue son geste mais ne dit rien.
Je leur raconte ensuite ce que j'ai vécu, voyant leur expression d'effroi au fur et à mesure que je fais la narration de mon calvaire. L'annonce de la mort de Neville semble être un coup de massue pour l'assemblée, j'avoue que j'ai moi-même du mal à réaliser. Ils m'expliquent les très longues recherches qu'ils ont réalisées, en vain, pour me trouver, jusqu'à qu'ils reçoivent un parchemin leur indiquant que je serai dans les marécages du Terrier ce soir-là. On sait maintenant que c'est Neville qui les a prévenu de mon évasion. Ils ont donc guetté mon arrivée une bonne partie de la soirée, sans vraiment y croire. Jusqu'au moment où j'ai transplané. C'est Hermione qui se précipitait vers moi au moment où je perdais connaissance.
-J'ai essayé de te contacter tant de fois à travers notre lien télépathique, me dit Fred.
-Je sais… Mais il a menacé de vous tuer si vous me trouviez… Et vu ce qu'il a fait à Jim, je ne pouvais pas prendre le risque. Mais je t'entendais et ta voix était une des choses auxquelles je me raccrochais quand je n'arrivais plus à tenir.
Le petit-déjeuner se déroule ensuite dans une ambiance plus que bizarre. Nous sommes tous heureux de nous retrouver enfin ensemble mais la mort de Neville nous a tous peinée…
Je finis par me rediriger dans ma chambre. Fred s'est débrouillé pour me trouver une autre dose de potion anti-douleur que j'avale avec soulagement au moment où j'entends trois coups sourds frappés contre ma porte. Je me retourne et tombe nez à nez avec Hermione. Son regard fixe le sol, comme si elle voulait éviter de croiser le mien.
-Je voulais juste voir comment tu allais. Ça a été sacrément rude ce que tu as vécu et si on ajoute à ça la mort de Neville…
Sa voix, qui avait son habituelle froideur en début de phrase, finit par s'étrangler sur les derniers mots. Je sais qu'Hermione tenait beaucoup à lui. Tout comme je connais la sensibilité qu'elle s'est sentie obligée de protéger derrière une carapace de glace à cause de tout ce qu'elle a vécu.
-Ça va, je te remercie, Hermione, dis-je d'un ton poli.
Elle hoche la tête et s'apprête à tourner les talons lorsque d'autres mots sortent de ma bouche, sans que je n'arrive à les contrôler.
-Non en fait ça ne va pas, ça ne va plus depuis longtemps. Toutes ces choses qui se sont produites… J'arrive pas à réaliser que c'est le chemin qu'a pris ma vie.
Je m'assois sur le lit en me tenant les côtes et grimaçant étant donné que la potion ne fait pas encore effet.
-Je veux dire, y a eu la guerre contre Voldemort. On savait qu'on en baverait, qu'on ferait des sacrifices, qu'il y aurait des pertes. Mais on a gagné et les choses étaient censées s'améliorer. Je donnerais tellement pour revenir en arrière et vivre une vie heureuse et apaisée à tes côtés.
Comme je m'y attendais, je n'ai que le silence comme réponse. Elle se passe une main dans les cheveux, l'air extrêmement pensive. Elle fronce les sourcils comme lorsque, adolescente, elle cherchait une réponse à une question de cours. Le fait de repenser à cette époque ne fait qu'accentuer la pointe que j'ai dans le cœur. A ma grande surprise, elle finit par reprendre la parole, avec ce ton froid qui la caractérise de plus en plus.
-Malheureusement même la magie a ses limites et on ne peut pas refaire toute l'histoire.
-Je sais que notre relation nous a apporté notre lot de douleur mais on pourrait peut-être essayer de ne pas se détester? Tentais-je, maladroitement.
-Je ne te déteste pas, dit-elle d'une voix étranglée avant de sortir de la pièce.
Bon. C'est déjà un début.
Je tourne la tête et aperçois la neige à travers la fenêtre de ma chambre. Noël approche. Quelle pensée étrange alors qu'il y a encore quelques jours je me faisais torturer par une bande de pervers.
J'aimais tellement cette période, plus jeune. Je tente de me ressaisir et essuie la larme qui commence à dévaler ma joue. Je descends et tombe nez à nez avec mes deux frères.
-Parfait, vous êtes là. Il faut qu'on réfléchisse pour la suite, on doit absolument retrouver le Coupable avant que…
-Alors premièrement, commence Fred, tu es gravement blessée et tu n'es pas en capacité ni physique ni émotionnelle de faire quoique ce soit.
-Et ensuite, enchaîne George, c'est bientôt Noël et on est enfin réunis au Terrier. Avec tout ce qu'il s'est produit, je pense qu'on mérite de profiter d'un moment de bonheur tous ensemble. D'ailleurs, tu devrais peut-être en profiter pour parler avec Papa et Ron.
-On ne va pas rester les bras croisés, continue Fred. On va en profiter pour faire des recherches pour découvrir comment ramener Jim. Et on va se protéger, tous ensemble, contre une éventuelle attaque du Coupable. S'il frappe, on saura se défendre. Mais on peut s'accorder un moment de répit dans toute cette folie.
J'hoche la tête, résignée. Je ne suis pas contre un moment de répit mais j'ai tellement peur de ce qu'il pourrait se produire…
-Par quoi on commence?
J'aurais dû deviner la réponse. Me voilà, une heure après avoir posé cette question, en train de décorer le sapin de Noël "à la moldue" comme le veut la tradition instaurée par mon père.
En parlant du loup, le voilà de retour au Terrier.
-Tu rentres tôt, lui dit ma mère.
-J'avais envie de passer du temps avec vous, répond-il après l'avoir embrassée sur le front. Oh, bonjour Milena.
-Bonjour Monsieur Weasley.
Nous prenons ensuite notre repas comme si de rien était et, après le dessert, je lui demande si nous pouvons discuter. Nous nous couvrons et nous sortons nous balader. Je tente d'organiser mes pensées en regardant mes pieds qui s'enfoncent dans la neige au rythme de mes pas lorsqu'il finit par prendre la parole.
-De quoi voulais-tu me parler, ma grande?
J'ouvre la bouche pour répondre mais aucun son ne sort. Il me regarde, perplexe, et à cet instant, devant cet homme qui m'a toujours élevée avec amour et gentillesse, je sens toutes mes barrières défensives qui éclatent.
-C'est moi, papa, dis-je, les larmes aux yeux.
-Tu crois vraiment que je n'avais rien deviné? Je l'ai su à la seconde où je t'ai vu. Je ne sais pas comment tu as fait mais dès que j'ai vu cette "Milena" j'ai su que c'était toi. Ma petite fille adorée. Un père sent ces choses-là.
-Pourquoi tu n'as rien dit?
-J'attendais que tu sois prête.
Après un long moment passé ensemble, durant lequel je lui ai raconté toute mon histoire, je rentre à nouveau au Terrier, frigorifiée. Je sens un regard sur moi alors que je retire mes chaussures pleines de neige. Je lève les yeux et aperçois Hermione, dans l'escalier, qui me regarde, l'air pensive. Elle finit par tourner les talons et retourne dans l'ancienne chambre de Percy que mes parents lui ont prêté pour son séjour. Je monte les escaliers et me rends dans la mienne. Le cœur léger, je secoue ma baguette prêt de mes oreilles, les enveloppant de musique douce et ferme les yeux. C'est fini. Je suis enfin de retour à la maison. Auprès des gens que j'aime. Je suis plus que jamais déterminée à attraper ce salaud.
Les heures défilent, l'heure du dîner arrive. Ron et Rose ne seront là que le lendemain. Je sais qu'il faudra que je lui révèle à lui aussi qui je suis mais c'est encore plus délicat parce que j'avais fini par devenir amie avec lui en tant que Milena alors que sa relation avec Ginny n'était pas vraiment au beau fixe… En attendant c'est un vrai bonheur de pouvoir être à nouveau Ginny avec mes proches. Nos panses sont bien remplies et l'ambiance est festive. Pour oublier ce qu'il se passe mais aussi fêter mon retour.
Ayant le besoin de prendre l'air après des jours de captivité, je m'assois dehors, dans la nuit, sur les marches du perron. J'ai créée une petite lanterne artificielle grâce à un sort que m'avait appris Jim, elle émet une douce lueur qui me permet d'observer la neige qui continue de tomber poétiquement dans la nuit et elle dégage une chaleur enveloppante qui m'empêche de ressentir le froid. La bouteille de whisky-pur-feu que je tiens dans la main doit probablement y contribuer aussi. La porte d'entrée derrière moi s'ouvre, me faisant sursauter. Je pensais que tout le monde dormait. Sans un mot, Hermione s'assoie à côté de moi, prend la bouteille de mes mains et la porte à sa bouche.
-Je m'attendais à ce que tu me fasses la morale parce que je suis bourrée toute seule en plein milieu de la nuit plutôt que tu viennes te mettre une murge avec moi.
-Après ce que tu as vécu, je trouve cela plus que légitime… Comment tu vas?
Sa voix n'a pas son habituelle tonalité froide.
-Trois fois que tu me demandes comment je vais durant la même journée, fais gaffe Hermione je vais finir par te trouver amicale.
Bon j'admets, j'ai peut-être un peu trop forcé sur la bouteille.
-Je me rappelle de tout, Gin', dit-elle d'une voix douce, sans se formaliser de mes provocations. Je sais que c'est pour moi que tu t'es rendue captive. Je t'en suis vraiment reconnaissante et si je n'avais moi-même pas pris quelques verres durant le repas j'aurais probablement été incapable de te le dire. Mais merci.
-Tu m'aurais sûrement balancé une remarque assassine à la place avec la plus grande des froideurs, dis-je avec un sourire.
A ma grande surprise, elle sourit aussi d'un air amusé.
-Par Merlin, t'es encore plus bourrée que moi!
-N'exagère pas!
-Je sais que tu m'en veux et que je ne suis probablement pas la personne avec qui tu as envie de passer Noël mais …
-Je t'ai déjà dis ce matin que je ne te déteste pas. Et pour ce qui de passer Noël, Rose et toi êtes ma famille. Je ne voudrais passer Noël avec personne d'autre, même si les choses ont été compliquées entre nous dernièrement.
-Eh! Qui êtes-vous? Rendez-moi la femme froide et rancunière qui refuse de me parler! Ah non, en fait gardez-là, je vous prends à la place.
Elle se met à rire avant de reprendre.
-Tu sais que c'est l'alcool qui m'aide à parler de ce que je ressens et qu'une fois sobre je reviendrai froide?
-Je sais, oui.
-Je ne le contrôle pas, c'est un mécanisme de défense.
-Je sais Hermione, je te connais.
-Ce que je veux dire Ginny, c'est que je suis "obligée" de t'en vouloir et de mettre de la distance avec toi quand tu me fais du mal.
-Là, je te suis pas.
-Je t'ai dit que je me rappelais de tout, y compris de ta déclaration d'amour quand tu as pris ma place. Je ressens la même chose. Je sais que j'ai pris des décisions merdiques, comme me marier avec Ron et partir loin, mais c'était parce que c'était plus facile. Ce que je ressens pour toi… Je suis incapable de le contrôler et ça me fait peur. Tu n'as pas idée de ce que j'ai vécu quand tu es morte, de la façon dont je me suis sentie. Si je n'avais pas eu Rose je me serai sûrement suicidée. Et puis un jour, alors que j'avais décidé de "fermer" mon coeur et de ne plus laisser filtrer mes émotions, arrive cette Milena qui te ressemble tellement dans le caractère et qui, comme une magicienne, arrive à faire éclater toutes mes barrières. Et je m'en veux d'aimer une autre femme parce que ce n'est pas toi mais "tu" finis par me dire de me laisser aller et de le faire alors je le fais. Puis je découvre qu'en fait c'est toi depuis le début et que tu me mens alors que merde, Ginny, j'aurais donné ma vie si ça avait permis que tu puisses avoir la tienne à nouveau. Evidemment que je dois t'en vouloir et te mettre à distance parce que tu es la seule personne capable de me briser le coeur même quand je suis persuadée d'avoir mis une forteresse autour de lui pour le rendre inaccessible au monde.
Wow. Je ne m'attendais pas à ça. J'ai les larmes aux yeux et la gorge serrée. Je sais ce que ça représente pour Hermione de me dire tout ce qu'elle a sur le cœur.
-J'ai pas été la copine de l'année… Mais je suis sincère 'Mione. Tout comme je l'étais quand j'ai voulu te faire ma demande.
Elle me stoppe en posant son doigt sur ma bouche.
-Alors dans ce cas, quand tout ça sera terminé, tu me feras une vraie demande pour me le prouver. Mais pas là, pas alcoolisées avec un fou furieux qui veut nous tuer. Je veux qu'on ait enfin l'histoire qu'on mérite.
-Et tu me diras oui?
-Bien sûr que je dirai oui, comme j'allais le faire si tu n'étais pas morte dans ce centre commercial, répond-elle, une larme dévalant sa joue.
Sans réfléchir, je l'embrasse. Ce n'est plus un rêve dans lequel je me plonge pour oublier la réalité, c'est enfin la réalité. En essayant d'être le plus discrètes possible, on entre et on monte les escaliers jusqu'à ma chambre.
Une fois à l'intérieur, elle me plaque contre la porte et continue à m'embrasser. Je ne sais pas si c'est réellement une bonne idée de faire ça comme ça, là maintenant, étant donné qu'on est toutes les deux alcoolisées mais tant pis. Elle m'a tellement manqué.
J'ai beau avoir une légère gueule de bois, le réveil est particulièrement agréable. Sentir le corps d'Hermione contre le mien est une sensation que je n'échangerais pour rien au monde. Elle finit par remuer un peu et ouvrir les yeux. Elle fronce dans un premier temps les sourcils en me voyant nue à côté d'elle, comme si elle cherchait à se souvenir de la veille puis finit par m'adresser un sourire.
-J'adore avoir ce genre de vision pour démarrer la journée, dit-elle d'un air tendre en m'embrassant.
Je suis soulagée. Elle m'a ouvert son cœur sous l'effet de l'alcool, j'avais peur qu'elle le regrette ensuite.
-Je suis contente de te voir comme ça, j'avais peur que tu redeviennes…
-Froide? Me coupe-t-elle.
J'hoche la tête en serrant les lèvres. Elle reprend la parole.
-Je le craignais aussi mais au final quand il s'agit de toi je finis toujours baisser ma garde.
Elle se remet sur le dos et fixe le plafond d'un air pensif. Je me serre contre elle et je finis par poser ma tête contre son épaule après avoir gémit.
-T'as mal! Me dit-elle, inquiète.
-Je prendrai ma potion après, j'ai pas envie de briser ce moment.
Elle dépose un baiser sur mon front.
-'Mione?
-Hmmm?
-C'est peut-être pas le moment mais quand j'étais enfermée j'ai pas mal de choses qui me sont revenues en tête par rapport au Coupable.
-Je t'écoute.
-La première fois que j'ai été confrontée à lui c'était dans mon appartement et même s'il était masqué il n'avait pas modifié sa voix cette fois-là. C'était une voix grave, d'homme. Je jure qu'elle m'est familière. Et la première fois que j'ai rencontré George sous sa forme d'Inconnu il m'a dit que le Coupable faisait parti de mes proches. En reprenant ça avec lui il m'a expliqué qu'en fait il n'avait pas son identité mais que c'est ce que Rose avait reçu comme "message" depuis le Royaume des Morts et effectivement elle me l'a dit aussi plusieurs fois. Et avant que Neville meurt il m'a parlé de lui comme si on avait tous les deux été proches avec lui…
-Il a essayé de te dire son nom avant de mourir non?
-Oui, il a formé deux syllabes… Je te jure, j'ai l'impression que c'est quelqu'un qui nous connait bien mais je vois pas qui pourrait faire ça et encore moins pourquoi...
-Quand tu te sentiras un peu mieux on ira au fameux QG que vous aviez trouvé avec ton frère et Jim et on essaiera de rassembler tout ce qu'on sait. Pour l'instant on devrait profiter du petit moment de répit qui nous ait accordé, tant qu'on le peut.
Jim… Fred recherche sans relâche un sort qui pourrait nous aider à le retrouver, en vain. J'essaie de chasser cette pensée en sentant mon cœur se serrer. Hermione doit deviner mes pensées puisqu'elle change de sujet.
-Au fait, ça avait l'air assez émouvant ta discussion avec ton père hier pour lui annoncer ton identité.
-Il n'était pas surpris, il s'en doutait depuis le début.
-Ça ne m'étonne pas, vous avez toujours eu un lien particulier.
-Ron et Rose arrivent ce soir et il va falloir que je lui dise à lui aussi, ça risque d'être une autre paire de manches…
-Ça ira, ne t'en fais pas.
Elle m'embrasse à nouveau. J'y réponds avec plaisir. Je souris en la sentant gémir lorsque je fais glisser ma main sous le draps pour la caresser.
Une heure plus tard, nous décidons de nous lever. Elle ouvre la porte, et après s'être assurée que personne ne pouvait l'apercevoir sortant de ma chambre, elle finit par regagner la sienne.
Je me lève et prends ma potion anti-douleur. Mon corps est encore algique mais j'ai le cœur léger. J'ai pas mal d'images de mon calvaire qui me reviennent en tête alors que je suis sous le douche mais je tente de lutter en repensant au moment que je viens de passer avec Hermione. Après ce que j'ai vécu je suppose qu'un stress post-traumatique est plutôt normal…
Une fois que j'ai fini de me préparer j'enfile un jean slim et un pull blanc. Je descends et tombe nez à nez avec ma mère.
-Coucou m'man, bien dormi?
-Oui et toi? Me répond-elle avec un léger rictus.
Se doute-t-elle que je passé la nuit avec Hermione? Dans tous les cas elle ne dit rien de plus. A l'aide de ma baguette, je me fais couler une tasse de café alors que la brunette apparaît elle aussi dans la cuisine et se sert une tasse à son tour avant de s'asseoir à table, devant le Chicaneur. Ses traits sont moins tirés que d'habitude. Ma mère semble le remarquer car son rictus est encore plus marqué. Je n'arrive pas vraiment à déchiffrer son expression, je suppose que c'est plutôt positif et je pense que durant les quatre dernières années elle a dû avoir le temps de se faire à l'idée d'une idylle entre Hermione et moi… Mais je suis tellement soulagée de retrouver enfin mes proches, je n'ai pas envie d'essuyer un rejet de leur part. D'autant plus que j'appréhende ma discussion avec Ron ce soir. J'espère ne pas tout gâcher à deux jours de noël…
George et Fred apparaissent en même temps devant moi, me faisant sursauter. Vu leurs sourires en coin, c'était probablement la réaction qu'ils attendaient. Je m'apprête à ouvrir la bouche pour leur envoyer une pique quand Fred me coupe.
-J'ai des nouvelles! De plutôt bonnes nouvelles en fait.
Il déplie un vieux parchemin qu'il pose sur la table de la cuisine avant de poursuivre.
-Ça pourrait nous aider à retrouver le Coupable!
-C'est aussi incompréhensible que le langage des trolls, dis-je en soupirant après avoir tenté de déchiffrer le parchemin.
-C'est normal, me répond George, c'est parce que ce sont des runes.
Hermione prend alors le parchemin entre ses mains, ses sourcils se froncent comiquement tandis qu'elle essaie de le décrypter.
-Alors? Demande Fred. Tu comprends?
-Oui. C'est un vieux sort de magie argentée, explique-t-elle, l'air perplexe.
-Magie argentée? Demandais-je.
-Une forme très rare et très controversée de magie, j'ai lu quelques écrits dessus mais ça tient plus de la légende que de réels faits. Elle n'est ni blanche, ni noire. Elle est les deux, elle prend son essence dans l'âme même du sorcier qui l'utilise, unifiant les différents aspects de sa personnalité, ses bons côtés et son aspect sombre, comme le Yin et le Yang.
-Comment ça se fait qu'elle ne soit pas plus utilisée? Demande George. Si elle vient de l'âme elle doit être vraiment puissante.
-C'est le soucis, peu de sorciers sont assez puissants pour l'utiliser et, même lorsque c'est le cas, elle est dangereuse et c'est pour cette raison qu'elle est devenue taboue avec le temps. Si les deux aspects de la personnalité du sorcier ne sont pas parfaitement équilibrés, la magie peut dévorer son âme et le rendre fou, dans le meilleur des cas. Certains sont morts dans d'atroces souffrances et, d'après les témoignages de personnes ayant assistées à leurs derniers instants, ils sentaient leur propre âme qui les rongeait de l'intérieur, comme un parasite. Où avez-vous trouvé ça?
-Je faisais des recherches pour trouver une solution pour libérer Jim et je suis allé rencontrer des sorciers… Marginaux, explique Fred.
-Marginaux? Demande Hermione en haussant un sourcil.
-Des chamans. En désespoir de cause, je me suis dit qu'étant un fantôme je pourrai me rendre dans leurs tentes en douce et lire certains de leurs écrits. Sauf que l'un d'eux m'a vu, comme si j'étais en chair et en os. Je lui ai expliqué la situation. Il m'a dit avoir une idée pour Jim mais qu'il devait d'abord partir en mission spirituelle pour s'en assurer. Par contre il m'a parlé de ce sort. Il m'a dit qu'il était extrêmement difficile à réaliser et qu'il y aurait probablement des conséquences en retour mais que ça nous permettrait de retrouver le Coupable si on arrive à le lancer correctement.
-Comment? Demandais-je, plein d'espoir.
-En liant ton âme à la sienne, murmure Hermione qui, entre la lecture du parchemin et les explications de mon frère, avait fini par comprendre.
-C'est-à-dire?
-Sur le principe c'est une excellente idée, dit la brunette en se frottant les yeux, parce que si, comme tu le disais ce matin, le Coupable est l'un de tes proches on le saura très vite mais ça veut dire que tu vas lui donner une part infime de ton âme.
-Est-ce que c'est si grave que ça si elle est infime?
-En soi non, tu ne t'en rendras peut-être même pas compte mais tu prendras une part de la sienne et c'est là où ça se corse. La sienne est entièrement consumée par la noirceur et une part, même infime, de ténèbres peut suffir pour créer des dégâts sur ton âme.
-Mais comment ça va fonctionner, concrètement? Insistais-je.
-Vos âmes vont réagir lorsque vous serez à proximité. Le comment dépend des gens, les gens qui se lient par amour, par exemple, réagissent bien mais vu la haine que vous éprouvez l'un pour l'autre il y a fort à parier que ce soit du rejet, m'explique Fred.
-Qu'est-ce que tu en penses? Me demande George, soucieux. C'est tentant mais tout de même risqué.
-Je sais que vous serez tous là pour me rattraper si je sombre dans les ténèbres.
-C'est une très mauvaise idée, Ginny…
-Ça va aller Hermione. Et si c'est un risque à prendre pour pouvoir mettre ce fou derrière les barreaux alors je le prends. Fais-moi confiance.
-C'est le cas, c'est en son âme à lui que j'ai pas confiance…
-Comment on fait pour jeter le sort? Et quand?
-Il va falloir que je m'entraîne au moins quelques heures à prononcer correctement le sort vu sa complexité, répond la brunette. Et une seule personne ne suffira pas à le jeter, il est beaucoup trop puissant.
-J'ai une idée, s'exclame George. On pourrait le faire le 24 décembre dans la nuit comme ça Hermione pourrait avoir le temps de l'apprendre et surtout avec tous les invités du réveillon réunis on devrait avoir assez de puissance tous ensemble pour le jeter. Et ça serait un beau cadeau de noël de pouvoir retrouver ce salaud, non?
-C'est vraiment pas bête, répond Fred. Du coup on serait nous deux, Gin', Hermione, Ron, Papa, Maman.
-Je ne suis pas sûre que ça suffise, dit George. Et Harry?
-Il a une soirée de prévue au Ministère, comme chaque année.
-Ah oui, c'est vrai que Monsieur est ministre maintenant, répond George, taquin.
-Malefoy et son fils sont au courant, dis-je. On peut lui proposer de passer et de nous donner un coup de main en échange d'un bon verre d'hydromel.
-C'est vrai que le petit Scorpius est proche de Rosie, s'exclame mon frère. C'est une bonne idée. Et si jamais ça ne suffit pas le lendemain on aura aussi la visite de Bill et de Fleur. Et Harry mange avec nous le midi donc on pourra réessayer avec tout le monde.
Je sens que cette idée déplaît à Hermione mais tout le monde finit tout de même par se mettre d'accord. Comme prévu, mes parents ne prennent pas bien la nouvelle, eux non plus, mais finissent par se résigner. C'est notre plus grande chance de trouver le Coupable et de mettre enfin un terme à ses méfaits.
Je passe une partie de la matinée à m'entraîner à lancer des sortilèges avec mes frères. Je dois être prête quand le Coupable sera devant moi.
-On peut arrêter si tu as mal, me dit Fred alors que je me tiens les côtes en faisant une grimace.
J'hoche la tête et file dans ma chambre pour reprendre une potion anti-douleur. Hermione me rejoint discrètement. J'ai beau lui tourner le dos j'ai reconnu son parfum. Elle m'enlace par derrière et dépose un baiser sur mon épaule.
-Tu es sûre que c'est une bonne idée?
-Je suis certaine que tout va bien se passer 'Mione, tant que vous êtes là pour moi.
-Ça sera le cas, quoiqu'il arrive. C'est juste que… J'aimerais que les choses s'améliorent enfin et qu'on puisse être heureuses, ensemble.
-Ça sera le cas, dis-je en me retournant pour l'embrasser. Une fois que ce taré sera à Azkaban, on pourra enfin mener une vie paisible, toi, moi et Rosie.
-On devrait y aller, le repas est bientôt prêt, répond-elle alors que je continue à l'embrasser.
-Juste cinq minutes de plus…
Je monte dans ma chambre après avoir mangé et je fais les cent pas. Ron et Rose ne vont pas tarder à arriver et je n'ai toujours aucune idée de la façon dont je vais annoncer la chose à Ron. J'entends des coups contre ma porte puis Fred passe la tête pour me prévenir qu'ils sont arrivés.
Hermione est déjà en bas et sert fort sa fille contre elle tandis que Ron salue chaleureusement nos parents. Il semble surpris en me voyant dévaler l'escalier mais me salue comme si de rien était. Il finit par se mettre à l'aise et nous nous installons tous dans le salon pour bavarder. Il finit par se pencher vers moi et me parler en aparté pendant que tous les autres discutent entre eux.
-Et si tu m'expliquais vraiment ce que tu fais chez mes parents pour noël, Milena? Pas que je sois mécontent de te voir, tu sais que je t'apprécie, mais j'avoue que si Hermione et toi avaient remis le couvert j'aimerais être au courant. C'est quand même la mère de ma fille. Et tous ces gens-là, c'est quand même ma famille.
Je sens la panique me gagner. J'aperçois Hermione qui me lance un regard d'encouragement tandis que je cherche une excuse. Je finis par soupirer pendant qu'il reprend une gorgée de sa bièraubeurre.
-Je crois qu'il faut vraiment qu'on ait une discussion, Ron…
-Je t'écoute.
-Ron… Je… Euh…
-Par Merlin, Milena, répond-il en riant. On est amis, non? Et si t'arrêtais de tourner autour du pot et que tu me disais simplement la vérité?
-Euh, là, comme ça? Tu veux pas qu'on s'isole?
-Bah, personne ne fait attention à nous, ils discutent tous entre eux.
-Bon ok. Si je suis ici c'est parce que je fais moi aussi partie de la famille et je…
-Par la barbe de Merlin, t'as demandé Hermione en mariage?!
-Non! Enfin si, plus ou moins, il y a quelques années…
-Je comprends rien à ce tu me racontes.
-C'est moi, Ron!
-Hein?
-C'est moi, ta sœur, Ginny!
Bon c'était clairement pas la meilleure façon de lui annoncer mais il a le don de m'énerver.
Il repose violemment sa bièraubeurre tandis que son visage vire au cramoisi. Il commence à pointer son index vers moi et à ouvrir la bouche mais finit par se lever, furieux, et se rend dans l'entrée pour enfiler son manteau.
Tout le monde nous regarde mais personne n'ose réagir. Après tout nos disputes sont légendaires et nos proches savent qu'il vaut mieux ne pas se mettre entre nous pour ne pas devenir un dommage collatéral.
-Non mais tu vas où comme ça? Hurlais-je tandis qu'il ouvre la porte et commence à partir.
Il m'ignore royalement. Je lui jette une boule de neige qui l'atteint de plein fouet dans le dos. Il s'arrête net et se retourne vers moi. Oups, il n'a pas l'air d'avoir apprécié.
-T'as fait quoi, là?
Je lui en balance une deuxième, dans le visage cette fois-ci.
-T'es pire qu'un scroutt à pétard! Je te dis que c'est moi, que je suis de retour et toi tout ce que tu trouves à faire c'est de quitter le Terrier, sans un mot.
-Tu te crois drôle, Milena? Je t'ai ouvert mon cœur concernant ma relation avec ma sœur, tu sais que c'est un sujet qui me touche et toi tu te permets de blaguer dessus.
Je finis par parcourir les quelques mètres qui nous séparent pour me mettre face à lui avant de reprendre la parole.
-MAIS C'EST MOI TA SŒUR!
-Arrête-ça! Ordonne-t-il en me poussant vers l'arrière.
Je le pousse de plus belle, il glisse par terre, m'attrape par la jambe, me faisant chuter au passage. On se retrouve comme deux idiots, l'un allongé à côté de l'autre, dans la neige.
-C'est vraiment moi, Ron, murmurais-je, à peu près calmée.
Il se lève précipitamment et semble vouloir s'en aller à nouveau mais cette fois-ci son visage prend une teinte pâle.
-Ginny?
-Ah enfin!
-Je… Tu… Commence-t-il en s'asseyant par terre, sous le choc. Tu étais Milena et là… tu… Tu as son apparence. Pourtant je l'aurais vu si tu avais prit une potion.
-Si tu me vois enfin sous ma vraie apparence c'est qu'une part de toi me croit.
-Quoi?
-Quand les gens sont au courant de ma véritable identité et qu'ils me croient ils finissent par me revoir sous la forme de Ginny et plus comme étant Milena. Si t'arrives à me voir ça veut dire qu'inconsciemment tu sais que je dis la vérité.
-Mais c'est impossible!
-Ça l'est et je pourrai te raconter comment une fois que t'auras fini de jouer les idiots et qu'on pourra rentrer au chaud pour que je termine.
-Donc cette Milena c'était toi depuis le début? T'es vraiment revenue?
-Oui et oui.
-C'est vraiment bizarre.
Il se met à rire avant de reprendre la parole.
-Heureusement que je me trompais tout à l'heure en disant que tu t'étais remise avec Hermione! Là ça aurait vraiment été bizarre vu comment les choses s'étaient terminées entre nous!
Un silence pesant de plusieurs secondes s'installe.
-Oh.
-Ron?
-J'ai littéralement le derrière congelé, on peut rentrer pour en discuter?
Il se lève, secoue rapidement ses vêtements pour enlever la neige et me tend la main pour m'aider à la relever. Surprise par sa galanterie alors que je viens indirectement de lui dire qu'Hermione et moi étions à nouveau ensemble, je finis par la prendre et me relever. Sans un mot nous rentrons au Terrier. Nos proches n'ont pas bougé et ne semblent pas surpris de nous voir couverts de neige et débraillés.
-Ah, super! Vous avez pu discuter! Dit ma mère.
-Je ne lui ai pas encore tout expliqué, m'man.
-Donc tout le monde est au courant? Demande Ron, perplexe.
Ils hochent tous la tête en chœur pour lui répondre, ça en est presque comique.
-Même toi Rosie?
-Désolée papa, je pouvais pas en parler…
-Ok, bon je crois que je vais vraiment avoir besoin d'une explication et d'un remontant.
Il s'assoit dans un coin, près de la cheminée, un verre de whisky-pur-feu à la main. Je m'assois, par terre, en face de lui et je lui raconte mon histoire, une bièraubeurre à la main.
Il m'écoute attentivement, passe une main sur son visage, perdu.
-J'arrive pas à y croire…
-Je sais que c'est fou, Ron, mais c'est réel.
-Ginny, je suis vraiment désolé. Je t'en voulais tellement d'être capable de rendre Hermione plus heureuse que moi, putain de fierté mal placée…
-Et je te détestais tellement parce que t'étais celui qui partageait son quotidien et pas moi.
Il boit une gorgée et contemple le feu pendant quelques secondes avant de reprendre la parole.
-Je me suis beaucoup remis en question après ta mort. Je ne jouais pas un jeu avec Milena. Je regrette réellement ce qu'il s'est passé entre nous et mon comportement de façon générale, y compris avec Hermione et Rosie. J'avais pris la grosse tête, j'étais devenu un salaud. J'ai réussi à garder de bonnes relations avec Hermione après notre séparation pour le bien de notre fille, ce qui est vraiment un exploit, j'espère qu'on pourra aussi rester en bons termes.
-J'ai appris à te connaître à nouveau ces derniers mois et je me suis rendue compte de tout ça. Et puis je ne suis pas vraiment une blanche colombe dans l'histoire, je couchais avec la femme de mon frère…
-On repart à zéro?
-Evidemment!
Je me sens tellement soulagée, tout ce passe merveilleusement bien jusqu'à présent. J'espère que rien ne viendra rompre cela, je suis sur mon petit nuage. Je retrouve tous les gens que j'aime.
Nous passons le reste de la soirée à échanger de vieux souvenirs tous ensemble, avec une pointe de nostalgie et de bonheur en repensant au passé.
Vers minuit, je sens mes paupières devenir lourdes. Je me lève, m'étire, souhaite bonne nuit à l'assemblée et file dans ma chambre me mettre en pyjama.
Alors que je suis couchée depuis quelques minutes, j'entends la porte de ma chambre s'ouvrir et se fermer doucement puis je sens une présence dans le lit qui vient se coller à moi. Je ne peux retenir en sentant Hermione se positionner derrière moi pour que je sois dans la position de la "petite cuillère".
-Ça s'est bien passé, dit-elle en m'embrassant dans le cou.
-Merveilleusement bien. Tout est parfait depuis mon retour, peut-être un peu trop.
-Qu'est-ce que tu veux dire? Me demande-t-elle en s'arrêtant.
-J'ai enfin tout ce que je désirais, ça paraît irréel…
-Pourtant ça l'est Gin'. Tu en as assez bavé, peut-être que tu as tout simplement enfin droit au bonheur.
-Peut-être… J'espère.
Je me retourne et me cale dans ses bras. Je me sens apaisée par le mouvement régulier de sa respiration. C'est réel. Je finis par m'endormir paisiblement.
Hermione n'est plus là à mon réveil mais un petit bout de parchemin flotte au dessus de l'oreiller. Je l'attrape pour le lire.
"Je n'ai pas voulu te réveiller, j'ai senti que tu avais besoin de sommeil.. A tout à l'heure mon amour".
Je me lève et me prépare avant de retrouver mes proches. Nous sommes le 24 décembre, c'est aujourd'hui que nous devons lancer le sort.
Hermione est assise sur un fauteuil, une tasse de café à la main, et marmonne en regardant le vieux parchemin. Je comprends vite qu'elle s'entraîne pour ce soir.
Fred apparaît à mes côtés alors que je m'installe dans la cuisine pour prendre mon petit-déjeuner.
-C'est tellement apaisant de repasser Noël au Terrier, dit-il.
J'hoche la tête, en portant ma tasse à mes lèvres.
-Donc, enchaîne-t-il, je suppose que tu es à nouveau avec Hermione.
-C'est si évident que ça?
-Tu veux dire à part vos regards langoureux pas du tout discrets, son air plus joyeux et le sourire béat que tu affiches quand tu es perdue dans tes pensées? Je te rappelle qu'on est connectés toi et moi. Par moment les émotions que tu dégages sont tellement fortes que j'arrive à les ressentir sans que tu le veuilles, pendant une seconde. Je suppose que ces petites vagues d'amour que je ressens depuis quelques jours ne sont pas là pour rien.
Je souris, la réponse est évidente, je n'ai pas besoin de le lui dire.
-Tu as du nouveau pour Jim?
-Le chaman m'a recontacté, il a une théorie. Il pense qu'il se trouve dans un néant dans lequel l'aurait enfermé le Coupable. En gros on ne peut pas dire qu'il n'existe pas mais pas qu'il existe non plus, c'est comme s'il n'était plus "rien" pour l'instant mais si on le sort de ce néant il pourra revenir auprès de nous, comme avant.
-Comment on fait ça?
-Il se renseigne encore mais je suis de plus en plus convaincu que nous arriverons à le retrouver.
La journée passe dans la joie et la bonne humeur. Je passe du temps avec Rose, profitant d'être auprès d'elle avant qu'elle reparte à Poudlard. Elle me fait tellement penser à sa mère à son âge, un petit côté rebelle en plus.
Le soir arrive. Nous nous préparons pour le réveillon. Je fais partie des premières à descendre. Mes cheveux sont relevés en un "chignon romantique", je me suis mise du blush, du mascara et un trait d'eye-liner. Je porte une magnifique robe noire stylisée avec des fermetures éclaires, un peu façon rock et des boots à talons.
Je me retourne et j'aperçois Hermione qui descend accompagnée de Rose. Elle a laissé ses cheveux lâchés, les a lissés. Elle a mis un peu de mascara et un beau rouge à lèvres rouge. Elle est vêtue d'une robe noire, simple mais qui épouse parfaitement ses formes. Ma nièce,quant à elle, a une tresse sur le côté et une jolie robe bleu marine. Elles sont magnifiques.
-T'as les yeux qui brillent, me dit Fred en apparaissant à mes côtés. Pour ta défense, elles sont très belles, toi aussi d'ailleurs.
Je lui souris avant de poursuivre.
-Je suis vraiment heureuse de pouvoir être avec toi pour noël, répondis-je. Ces derniers mois ça a été la folie et je n'aurais pas réussi à tenir si vous n'étiez pas là Jim et toi.
On est soudain stoppés dans notre discussion par Ron qui nous a rejoint.
-Par la barbe de Merlin! Je.. Fred!
-Je te l'ai dit Ron.
-Oui, oui. Tu m'as prévenu, tu m'avais dit que je finirais par le voir comme je te vois toi mais maintenant que c'est vraiment le cas… Woah!
Je les laisse à leurs retrouvailles, ils ont l'air plutôt émus tous les deux. Je m'approche discrètement d'Hermione.
-Vous êtes ravissante, Milady, susurrais-je à son oreille.
-C'est vrai? La robe n'est pas trop moulante?
-Non, elle est parfaite. D'ailleurs elle te va tellement que j'ai qu'une hâte, c'est de te la retirer.
-Ça devrait pouvoir se faire, me répond-elle avec un sourire coquin. Et je te retourne le compliment. C'est dommage qu'on puisse pas s'éclipser tout de suite.
Je préfère arrêter la discussion là, sentant mon bas-ventre qui me chatouille. Je rejoins mes parents pour les aider aux derniers préparatifs.
Le repas se passe dans la bonne humeur. J'ai l'impression de revenir des années en arrière, lorsque nous étions tous réunis pour les fêtes. Hermione, qui est assise à côté de moi, s'amuse à me caresser la cuisse sous la table, ce qui me fait rougir mais personne ne semble y prêter attention. Je la connais trop bien pour savoir qu'elle me cherche et qu'elle s'amuse de la situation, la vengeance sera terrible.
Drago et son fils nous rejoignent et nous nous rendons dans le salon pour digérer le repas plus que copieux concocté par ma mère avec un bon d'hydromel. Les guirlandes du sapin clignotent, la neige continue à tomber, ma famille est près de moi. Je me sens portée par une bouffée de joie et nostalgie lorsque George finit par me sortir de mes pensées.
-Est-ce que tout le monde se sent prêt pour le sort? Rosie, allez dans ta chambre Scorpius et toi, on ne sait jamais.
Hermione se lève, va chercher le parchemin et le déplie devant elle.
-Pense bien fort au Coupable, Gin'. Il faut que tu le visualises, même si c'est avec son masque.
J'hoche la tête. Nous nous mettons tous en cercle, elle commence à réciter le sort tandis que nous pointons nos baguettes vers le centre du cercle. Une boule de lumière argentée se forme au bout de nos baguettes et s'intensifie à mesure qu'elle répète la formule. La boule finit par se mouvoir et pénètre dans mon corps. Je ressens une drôle de sensation, comme un vertige hyper intense, et puis plus rien.
-Ma puce? Demande ma mère d'une voix étranglée.
-Ça va, je vais bien.
-Comment tu te sens ma grande? S'inquiète mon père.
-Comme d'habitude…
-Tu ne ressens rien de plus? Insiste Fred. Le chaman était persuadé que ça marcherait même si tu le visualisais avec un masque, il m'a dit que c'était pas nécessaire que tu connaisses son identité tant que tu arrives à penser à lui.
-J'ai eu un vertige durant une seconde lorsque la boule de magie m'a pénétrée mais rien de plus, je me sens parfaitement normal.
-On ne devait pas être assez puissant, répond George. On recommencera demain avec plus de monde… En attendant on devrait reprendre des forces.
-Je peux repasser demain dans la journée si vous avez besoin, propose Drago.
-Scorpius et toi pouvez venir déjeuner avec nous, répond ma mère, il y aura bien assez de nourriture de tout le monde.
Je souris lorsqu'il accepte. Jamais je n'aurais imaginé que Malefoy puisse venir manger au Terrier un 25 décembre. Rose va être ravie, elle adore Scorpius. J'entends Ron marmonner dans sa barbe, apparemment les vieilles rancunes sont tenaces, mais nous l'ignorons tous.
Je monte à l'étage et me mets en pyjama pour me coucher. Je sais qu'Hermione me rejoindra dès que tout le monde sera au lit. Je me rends compte que j'ai laissé ma baguette en bas et je descends les premières marches de l'escalier pour la récupérer mais j'aperçois Ron et Hermione en train de discuter. Il pose sa main sur son bras en riant et elle le laisse faire. Je ressens tout à coup une bouffée de haine. J'ai envie de le tuer, littéralement.
Oppressée par cette haine qui m'envahit, je laisse tomber l'idée de récupérer ma baguette et me précipite dans ma chambre. De colère, j'envoie valser nombre de mes affaires et frappe dans le miroir, me blessant à la main au passage. C'est soit ça, soit sa tête à lui.
Ma porte s'ouvre alors et Hermione apparaît.
-Ça va? J'ai entendu du bruit.
Elle entre, ferme la porte et s'approche de moi, l'air inquiète en m'apercevant, haletante au milieu de la chambre dévastée, la main en sang.
-Je vais le tuer! Je te jure, j'ai préféré ne pas aller chercher ma baguette parce que je sais que je l'aurais fait souffrir. Je le déteste tellement! Répondis-je, furieuse.
Elle s'approche encore un peu et finit par me prendre doucement dans ses bras.
-Tout va bien Gin'. Calme-toi.
-Je t'ai vu avec lui, dis-je en me reculant. Tu joues un double jeu depuis des années, en fait t'en as rien à foutre de moi.
Elle prend mon visage entre ses mains et me regarde dans les yeux.
-Dis-moi Gin' si ce que tu ressens là, c'est le sentiment que j'en ai rien à foutre de toi?
Elle m'embrasse passionnément. J'envisage de la repousser dans un premier temps mais je finis par me détendre et répondre au baiser.
-Je n'ai jamais embrassé Ron de cette façon-là. Je ne l'ai jamais aimé comme je t'aime.
Elle s'assoit sur le lit et prend ma main intacte pour m'inviter à faire de même. Elle sort sa baguette et soigne mes blessures sur l'autre main. Un silence pesant s'installe pendant quelques minutes. Elle finit par le rompre.
-Alors? Tu vas m'expliquer ce qu'il s'est passé? Tu es de nature possessive mais pas à ce point-là.
-Je sais pas… Je vous ai vu discuter et il a posé sa main sur ton bras et en voyant que tu ne t'es pas dégagée je me suis sentie tellement en colère. C'était de la haine pure, j'avais envie qu'il meurt.
-Peut-être que le sort a fonctionné finalement… Mais tu sais que tu n'as pas à être jalouse de Ron, hein? Ni de personne d'ailleurs.
-Je sais, j'en ai conscience mais à ce moment-là c'était vraiment impulsif.
-Ça va mieux là?
-Oui, le fait que tu sois là, que tu m'embrasses, ça m'a apaisée.
Elle se penche et m'embrasse à nouveau.
-Bon, maintenant que tu es calmée, je te rappelle que tu as promis de me retirer ma robe, tout à l'heure.
Sans me faire prier, je m'exécute. La colère s'est volatilisée aussi rapidement qu'elle est apparue.
Je me réveille le lendemain matin, mon corps nu contre celui d'Hermione. Elle est toujours endormie. Je me sens réellement apaisée d'être près d'elle, c'est comme si j'avais imaginé la colère d'hier soir. Pourtant je sais que je l'ai bien vécue mais c'était comme si c'était pas moi mais quelqu'un d'autre qui réagissait. Probablement une réaction que pourrait avoir ce taré de Coupable. Si ce que j'ai ressenti n'est lié qu'à la part infime de son âme que j'ai récupéré je n'ose imaginer ce qu'il est réellement… Mais ce n'est pas si étonnant, il est fou et s'amuse à me torturer psychologiquement et physiquement depuis le début.
Au bout d'un certain temps, nous finissons par nous lever. Hermione ne dit rien aux autres de l'incident d'hier soir, en partie parce que nous n'avons rien officialisé encore mais aussi parce qu'elle sait que je me sens honteuse. Toutefois elle soumet l'idée aux autres membres de ma famille que l'on devrait peut-être attendre avant de retenter le sort, histoire d'être sûrs qu'il n'a pas fonctionné.
La matinée se passe sans encombre, dans l'ambiance festive. Comme Harry nous a prévenu qu'il aurait du retard à cause de ses obligations professionnelles, nous ouvrons les cadeaux et nous mangeons sans lui. Bill, Fleur, Draco et Scorpius nous ont rejoints pour le déjeuner.
Nous sommes en début d'après-midi, je somnole sur le canapé tandis que ma nièce me raconte ses déboires à l'école de magie lorsque quelques coups sont frappés à la porte d'entrée.
-Harry est enfin là! S'exclame ma mère, joyeusement.
Elle se précipite pour aller ouvrir à celui qu'elle considère comme un autre de ses fils. J'entends la voix du ministre depuis l'entrée, il salue chaleureusement ma mère et elle le remercie pour la bouteille qu'il a apporté. Il va falloir que je lui raconte à lui aussi mon histoire pour qu'il nous aide à retrouver le Coupable mais le connaissant sa réaction sera moins vive que celle de Ron.
Je me lève du canapé, prête à le saluer, alors qu'il pénètre dans la pièce. Mais au moment où nos regards se croisent, il se produit quelque chose de totalement inattendu. Je suis propulsée violemment vers l'arrière, contre un mur, comme si quelqu'un m'avait jeté un maléfice. Je reprends rapidement mes esprits, ne comprenant pas ce qu'il vient de se produire, alors que j'aperçois Harry, tentant de se relever à l'autre bout de la pièce. C'est comme si nos corps avaient réagi lorsque nos regards se sont croisés.
Et à ce moment-là, au moment où il me lance un regard chargé de haine, je finis par comprendre. C'est lui le Coupable.
