La jeune femme sortait deux jours plus tard, après avoir beaucoup insisté auprès des médecins. Elle ne supportait plus d'être immobile dans cette chambre ! Elle devrait néanmoins revenir d'ici une semaine pour une visite de contrôle et pour envisager de quitter les béquilles qu'ils lui avaient imposées pour ne pas trop forcer sur sa cuisse.
Elle décida alors de se débarrasser vite fait de cette entrevue avec Roy pour donner son témoignage, et prépara une petite valise avant de prendre le premier train pour Central.
Arrivée en gare, elle eut la surprise de croiser Winry.
- Riza ! Mais que t'est-il arrivé !? Demanda immédiatement la jeune femme.
- Oh, un tueur fou à tenter de me tuer, rien de bien extraordinaire, plaisanta-t-elle.
- Décidément, tu fais un métier trop dangereux !
- Euh… en fait, je ne suis plus dans l'armée !
- Pardon ?!
- J'ai démissionné il y a quelques temps…
- Il semblerait que j'ai manqué pas mal de chose ! Allons à l'hôtel, nous pourrons parler dans ma chambre !
- J'en profiterai pour réserver une chambre pour ce soir !
- Quoi ?! Mais tu ne rentres pas à ton appartement ? C'est à cause de celui qui t'a fait ça ?
- Non, en fait, j'ai déménagé en même temps que démissionné. Je n'habite plus à Central !
- Vraiment, ça me surprend… Tu avais pourtant toute ta vie ici, affirma la jeune mécanicienne en faisant signe à un taxi, avant d'aider son amie à monter, et de donner l'adresse au chauffeur.
- C'est une longue histoire…
- J'ai tout mon temps, insista la fiancée du Fullmetal alchimiste.
Riza se lança donc sur des explications sur son départ parce qu'elle ne supportait plus d'être invisible aux yeux de Roy, puis son retour chez sa mère et sa sœur qu'elle n'avait pas vu depuis longtemps, et enfin, toute l'histoire avec le tueur en série. Le temps qu'elle finisse ses explications, elles étaient arrivées à l'hôtel. Elle paya donc le taxi, puis alla réserver une chambre avant de suivre Winry dans la sienne.
- Le Général est vraiment un crétin ! Comment peut-il être aussi aveugle à propos de tes sentiments, s'emporta finalement la mécanicienne. Même Ed, qui est un imbécile profond par moment, s'est rendu compte de mes sentiments, et il s'est même rendu compte de tes sentiments pour le Général !
Elle se tût un instant puis reprit en sortant une clé à molette de on ne sait où :
- Je suis sûre qu'un bon coup de clé à molette bien placé pourra lui ouvrir les yeux.
Son amie rit en entendant cela puis remercia la jeune femme. Elle lui dit ensuite que ce n'était pas grave et qu'avec le temps, elle s'y était fait de toute façon. Winry n'était clairement pas convaincue mais ne dit rien pour ne pas blesser son amie.
La jeune femme de Resembool partit ensuite en début d'après-midi, non sans dire à Riza de ne pas abandonner. Une fois sortie de l'appartement, elle décida de faire quelque chose pour son amie, et elle se dirigea donc vers le QG de l'armée. Elle arriva là-bas bien remontée et demanda à voir le Général Mustang. La secrétaire dut donc appeler le bureau de ce dernier sous la menace de la jeune blonde, bien décidée à y aller. Roy accepta de la recevoir désirant avoir des nouvelles pour charrier Edward Elric à son retour. Cependant, il ne s'attendait pas à ce que la jeune Rockbell soit d'aussi mauvaise humeur. Quand elle traversa le bureau de la team Mustang, ils la regardèrent tous étonnés. Il était très rare de la voir ainsi, sauf quand elle avait quelque chose à reprocher à son désormais fiancé. Elle entra donc dans le bureau de Mustang et le sourire chaleureux qu'il affichait s'effaça. Il ne savait pas pourquoi mais il avait un très mauvais pressentiment. En effet, il n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit qu'une clé à molette siffla tout près de son oreille. Effrayé, il recula légèrement dans son siège tout en demandant :
- Euh… Mademoiselle Rockbell, qu'est-ce qui vous prend ?!
- Vous n'êtes qu'un crétin Monsieur Mustang ! Comment pouvez-vous la faire souffrir ainsi ?! Comment pouvez-vous ne pas vous rendre compte qu'elle est folle amoureuse de vous ?! Répliqua Winry.
- Hein ?! Mais de qui est-ce que vous parlez ? Demanda le Général de plus en plus étonné.
- C'est bien ce que je dis ! Vous êtes vraiment aveugle ! Cria la jeune blonde avec un regard noir.
Elle retourna ensuite chez elle, laissant Roy dans l'incompréhension la plus totale. Mais que venez-t-il de se passer ?! Il n'y comprenait plus rien. Elle lui avait parlé d'une femme qu'il connaissait, qui l'aimait et qu'il faisait apparemment souffrir. Mais qui ? Ça ne pouvait pas être Riza tout de même ? Non… Il ne pouvait y croire… Il ne voulait y croire… Il avait bien trop peur d'être déçu. C'est aussi pour ça qu'il ne lui disait rien. Il se trouvait des excuses, mais la vérité était qu'il avait peur de la perdre en se déclarant, plus que tout autre chose.
Vers 14h le lendemain, Riza se rendit au QG militaire de Central. C'était étrange d'y retourner après avoir décidé de tout laisser derrière elle. Les gens se retournaient en la voyant passé, surpris de sa présence ici, et surpris aussi de la voir avec des béquilles… Elle expliqua à l'accueil pourquoi elle était là, puis rejoignit le bureau de la team Mustang, toquant un peu timidement à la porte.
Son ancienne équipe l'accueillit chaleureusement et ils lui demandèrent comment elle allait tandis que Vato allait chercher leur supérieur. Il vint immédiatement la chercher.
Elle s'installa sur le siège en face du bureau de Mustang et ils se saluèrent, mal à l'aise, échangeant quelques banalités avant de se lancer dans le vif du sujet. La jeune femme lui fit alors un résumé rapide des événements de ce fameux soir. Il lui posa ensuite quelques questions.
- Savez-vous pourquoi ce militaire en avez après vous et les autres victimes ?
- Oui… C'est… c'est parce que nous avons refusé de passer une nuit avec lui durant la guerre d'Ishbal, répondit Riza en cachant son malaise.
Roy écarquilla les yeux sous la surprise et la rage. Non seulement il avait voulu toucher SA Riza, mais en plus il avait voulu la tuer pour une raison si… futile. Il bouillonnait de colère ! Il serra donc les poings sous la table pour cacher sa rage à la belle blonde, et tenta de reprendre son calme avant de la questionner à nouveau.
- Pourquoi ne l'avez-vous pas dénoncé à ce moment-là ? Ces actions étaient illégales !
Le visage de l'ancienne snipeuse s'assombrit légèrement en même temps qu'elle répliquait :
- Même s'il a été insistant, il ne nous avait rien fait ! Et puis ce n'est pas le seul à avoir essayé ! Cette guerre nous a tous changé ! Ce n'est pas pour autant, qu'on devait accuser des hommes qui, comme nous, n'étaient que des victimes de la guerre ! Et puis, qui aurait pu penser que ça tournerait ainsi ?!
- Vous avez eu raison d'agir ainsi, affirma finalement le Général même si dans l'instant il voulait surtout savoir qui avait osé essayer de toucher Riza.
Un silence s'installa, puis il demanda un peu mal à l'aise.
- Voulez-vous connaitre le poème qu'il vous avait réservé ?
- Pardon ?! S'interrogea la blonde.
- Il a laissé un poème avec chaque victime… Voulez-vous connaitre le vôtre ?
Elle inspira un grand coup avant de réponde « oui ».
Fleurs aux pétales de lumière,
Tu es la toute dernière,
Ma vengeance enfin s'achève,
Avec ce dernier coup de glaive.
Riza frissonna en entendant ses mots. Son ancien supérieur s'apprêtait à dire quelque chose de plus, quand le téléphone sonna. Il décrocha et en reconnaissant la voix à l'autre bout du fil, il regarda Riza, le visage à la fois contrit, mal à l'aise et légèrement énervé.
- Sarah… Soupira-t-il. Je ne peux vraiment pas te parler maintenant, je suis occupé. Non mais… mais… mais attends ! Écoute-moi ! Je…
Riza s'était immédiatement tendue lorsqu'il avait prononcé le prénom d'une femme. Elle se leva, lui dit qu'elle le laissait discuter tranquillement avant de sortir. Elle se dirigea ensuite vers l'extérieur, le cœur en miette. Une fois en dehors du bureau de Mustang et de celui de son équipe, elle sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle trouva donc une pièce vide et y entra. Elle referma la porte avant d'aller se poser dans un coin et replia ses jambes devant elle, se cachant ainsi un peu plus alors que les larmes coulaient désormais sur ses joues. Décidément elle n'avait vraiment pas le contrôle de ses émotions. La position dans laquelle elle se trouvait été particulièrement douloureuse pour sa cuisse mais elle n'en avait rien à faire. Elle avait bien trop mal au cœur pour ressentir une quelconque autre douleur. Elle savait que Roy était l'un des plus grands séducteurs de Central ! Elle savait qu'il avait de nombreuses conquêtes ! Et pourtant, ça faisait mal ! Elle serra une main contre son cœur comme pour en rassembler les morceaux éparpillés. Roy était d'autant plus énervé. Il mit donc rapidement fin à sa conversation téléphonique :
- Sarah ! Je t'ai dit que c'était fini, il y a déjà six mois ! Arrête d'insister ! Je ne t'aime pas ! C'est quelqu'un d'autre que j'aime ! Maintenant, laisses moi !
Et il raccrocha avant de sortir pour poursuivre Riza, sous le regard amusé de ses hommes. En allant dans un couloir, il ne la vit pas ce qui l'étonna. Il aurait dû la rattraper rapidement étant donné qu'elle allait lentement avec ses béquilles, et pourtant, elle n'était pas là. Il avança donc dans le couloir avant d'entendre un bruit. C'était celui d'une béquille tombant sur le sol. Il s'approcha alors de la porte de la pièce d'où provenait le bruit, et il écouta. Il entendit bientôt de très discrets reniflements. Il ouvrit donc la porte tout doucement en tentant de ne pas faire de bruit, et ce qu'il vit alors le choqua. Dans un coin de la pièce, Riza était repliée sur elle-même en train de pleurer.
Il sentit instantanément son cœur se serrer. Il ne l'avait jamais vu pleurer en se cachant ainsi aux yeux des autres. Elle était toujours si forte ! Il s'approcha donc délicatement d'elle et lui demanda en s'accroupissant devant elle :
- Riza regardes-moi.
Il la vit très clairement tressaillir avant de secouer la tête. Il soupira donc avant d'ordonner :
- Capitaine Hawkeye regardez-moi !
Les habitudes avaient la vie dure, et elle obéit machinalement à un ordre d'un supérieur. Il savait que c'était déloyal, mais c'était le seul moyen et il en était conscient.
Elle releva la tête lentement et la souffrance qu'il vit dans ses yeux finit de l'achever, le faisant tomber sur les fesses. Il repensa alors aux paroles de la fiancée du Fullmetal, et sut que son hypothèse était en fait correcte, se traitant alors intérieurement de tous les noms. Il se mit ensuite à genoux, posa délicatement sa main sur la joue d'une Riza surprise et il lui lança un regard plein d'amour avant de l'embrasser. Elle resta tout d'abord figée, puis ses dernières barrières mentales tombèrent et elle répondit à son baiser en lui enserrant la nuque et en baissant ses jambes pour se rapprocher de lui. Au bout d'un moment, ils se séparèrent et Roy avec un regard coupable lui dit :
- Je suis désolé Riza. J'aurais dû te le dire avant, mais j'avais peur de te perdre. Je t'aime Riza et à cause de mon égoïsme, tu as souffert.
Riza offrit alors un doux sourire à cet homme qui comptait tellement pour elle et en posant une main sur sa joue, elle lui répondit :
- Je t'aime aussi Roy.
Et elle l'embrassa à nouveau, pour le plus grand plaisir de ce dernier.
