Chapitre 3
La demeure du Sān hé huì
Inspiré de Sherlock la série, épisode 1 saison 2...
"Le secret le mieux gardé est celui qu'on garde pour soi" Proverbe Chinois
Mercredi 15 octobre 1890.
Jour 13 depuis le meurtre
Deux jours plus tard Ciel releva la tête et de son regard froid et profond fixa les belles courbes chinoises d'un des salons de Lau.
Cela faisait déjà 15 min qu'il était arrivé. S'étant présenté en calèche devant la porte. On les avait guidé entre des dédales froids jusqu'à cette piece. Et malgré leurs minutes d'attente, leur hôte ne semblait toujours pas disposé à les faire bénéficier de sa présence. Ce qui pour Ciel était totalement inacceptable, oui, on ne faisait pas attendre le comte Phantomhive.
D'un geste récurrent Ciel tapotait avec un agacement non-contenu le haut de sa canne. En premier lieu, trouver Lau ne s'était pas avéré facile. Après avoir pris son thé, le majordome de la famille Phantomhive avait essayé de joindre les principales planques que l'Asiatique possédait. Après avoir parcouru la plupart des nom principaux, il s'avérait que ce dernier se trouvait nulle part.
Il était vite évident que Lau avait trouvé un autre établissement, voir meme une résidence ou se terrer entre deux transactions d'opiums. Ce qui était toujours de mauvais augure.
"Ce n'est pas possible" avait fini par maugrée Ciel. "Les rats doivent bien se caché quelque part? Meme en passant par des organisations privés et hors-la-lois on devrait trouvé des traces de ses transactions immobilières ou de voyages!"
Il avait vite semblé evident que quelle que soit la cachette de Lau, celle-ci ne devait pas être récente car sinon elle n'aurait certainement pas échappé au fin poil du Limier et de son fidèle majordome. Sebastian avait dû ratisser les documents confidentiels des héritages et possessions de la ville, pour enfin découvrir l'existence d'un lieu plus qu'incongru.
C'était un terrain de HLM sur les doc. Ce qui signifiait de vieux entrepôts délabrés fait de caisse de fer rouillé aligné le long de la Tamise qui appartenait à un certain marchand du nom de 'Lán māo xiānshēng', Monsieur le chat bleue en Chinois. Immédiatement les deux enquêteurs avaient trouvé ça plus qu'étrange, Lau étant du genre à bien plus apprécier les salons de la haute plutôt que les bords froids et humides du fleuve londonien .
Il devait surement réserver ce lieu à de sombre troc. Pourtant, le comte devait s'avouer qu'il fut plus qu'étonné à son arrivée sur les quais sombres à la limite de l'East-end.
Plutôt que de tomber sur un lieu d'affaire mal famé et mal organisé, il avait atterrit dans un sorte de bâtiment de pierre extrêmement bien aménagé. Un peu à l'écart installé à côté d'un pont sale, la porte d'entrer dissimulé derrière un mur de pierre donnait accès sur des pièces de taille respectable qui descendaient doucement tout le long d'un mur bétonné.
Ciel fut encore plus étonné lorsqu'il sembla rentrer dans une demeure tout à fait bien emménager et plus qu'acceptable. Des domestiques, chinois, vinrent le recevoir et le conduire d'un pas certain entre les couloirs rouges carmins aux dessins et emblèmes de vielles familles asiatique.
Son regard s'accrocha aux décorations en tout genre qu'il n'avait jamais vu au préalable. Sans compter les signes qui devaient sûrement représenter plus d'une mafia chinoise. Ciel ne reconnu que les emblèmes de la dynastie de Qing et de la compagnie Kong-hong de Shanghai.
Pour Ciel qui ne connaissait que le strict minimum sur les moeurs asiatiques, il lui sembla que toute la culture chinoise se réunissait en ce si petit lieu. Cela n'avait rien à voir avec les bars à Opium duquel il connaissait les fréquentations de Lau.
Non, ici, l'endroit était propre, discret et pourtant regorgeait de ressources et de richesses indiquant plus que tout les racines et la noblesse de son possesseur.
C'était un sanctuaire.
Le sanctuaire caché de Lau au point que Ciel se sentit presque mal à l'aise de violer ce lieu intime. Comment se faisait-il qu'il ne l'avait pas découvert plus tôt?
Il aurait dû pourtant, Lau ne l'avait en rien caché, il n'avait en rien brouiller les pistes en ce qui concernait cet endroit presque secret.
"C'est justement pour ça jeune maître" avait claqué sombre Sebastian, debout derriere le fauteuil fourré ou était enfoncé Ciel, en voyant sa mou boudeuse, "C'est par ce qu'il ne l'a jamais caché, que nous n'avons jamais eu à le trouver, il arrive que les choses que l'on a et qui se trouve sous notre nez nous soient bel et bien invisible"
Et Ciel s'en était senti humilié, oui, il n'avait jamais vu, pourtant ce qui était sous son nez.
Maintenant qu'il y pensait Lau était bien un riche 'marchant' loin de chez lui, qui tenait à sa culture et ses traditions. Et mis à par ses bars à opium, il voulait sans doute un lieu à lui pour se recueillir. Une maison aux domestiques, qui lui feraient, par leur origine et leurs tenue penser à chez lui. Il se remémora les kimonos des servants qui l'avaient guidé dans la demeure.
Oui, c'était évident.
Mais ce n'était en aucun cas une excuse pour les faire patienter comme ça.
Ciel continua de sa main à triturer sa canne dans un geste plus qu'impatient. Il était assis sur ce même canapé rouge serpenté de dragon doré que Lau avait l'habitude d'utiliser, avec en face de lui une table basse sur laquelle était disposée un parfait service à thé de jade, aux couleurs et aux reflets cuivrés. Le tout, sous la lumière tamisée et sombre de lampe à huile orangé.
À côté de la porte, le visage parfaitement maquillé de blanc au pommette rouge, et au chignon serré, une domestique asiatique était agenouillée et attendait le visage fermé l'arrivée de son maître.
Son costume traditionnel chinois lui enserrant parfaitement la taille, un vêtement pour Ciel d'une complexité et d'une beauté exotique. Même s'il avait cherché, il n'aurait rien trouvé à critiquer. Les deux invités ne pouvaient qu'admirer sa tenue, sombre et raide. On sentait que la domestique, parfaitement immobile, pourrait tenir des heures sans bouger. Les yeux fermés elle attendait le moindre ordre de son maître, qu'elle s'empresserait de réaliser parfaitement.
C'était une richesse que possédait Lau et que Ciel n'aurait jamais imaginé, habitué aux tenues courtes du Cheongsam de Ran-Mao.
Un bruit se fit soudain entendre sur leur droite. Et un homme de grande taille au yeux si plissé (fermé?) qu'on en distinguait pas la couleur, apparut.
"Jeune Comte, je dois avouer que je suis surpris de vous voir ici? Maintenant que vous avez découvert cet endroit, il va me falloir déménager" Plaisanta le nouveau venu faisant sursauter le jeune adolescent. "Votre présence risque de me porter malheur"
"Lau" grinça Ciel ravalant un peu de sa fureur, "Est-ce une de tes coutumes de faire attendre aussi longtemps un hôte dans ta demeure ?"
"Et est-ce de vos coutumes de ne pas saluer le maître de maison lorsqu'il vous fait jouir de sa présence et vous accueille sous son toit ?"
Le dos droit, le chinois s'installa jambes recourbé devant le comte. Ciel le toisait frustré, et son cache-oeil ne diminuait en rien son regard meurtrier.
Ses cheveux trop long avait été ramené à l'arrière de son crane par Sebastian, qui ne souhaitait aucunement que le visage du comte sois obscurcie par de telle mèche. Cela lui donnait un air sérieux qui n'allait pas du tout à l'adolescent. Bien que plus d'un (Elizabeth pour ne pas dire) aurait trouvé cela très séduisant.
"Alors Comte? Que me vaut la surprise de ta présence, ton enquête ne s'est point close hier ?"
Ciel sourit, le fait que Lau soit au courant à propos de l'histoire des prostitués tuées ne le surprenait guère, ça avait fait la une des journaux, et avait été réglé bien trop vite pour que ce soit quelqu'un d'autre qui s'en soit occupé.
Lau se fit servir une tasse de thé, et attendit patiemment que le comte lui réponde.
Voilà, enfin, ils commençaient le vrai sujet: Le sujet intéressant de la conversation. Ciel laissa un sourire torve pointer sur son visage, oui ça, il maîtrisait et il allait s'amuser.
"Hum, il se trouve… amorça-t-il en portant la tasse de jade à ses lèvres, qu'une certaine énigme à titillé ma curiosité, et qu'il y a certaines questions qui me tiraillent, un peu."
"Je t'en prie, pose tes questions"
"Sebastian"
Le majordome sourit amusé.
Il n'était pas prévu que son maître fasse appel à lui. Ciel espérait le prendre de court, il le savait.
Soit, il allait faire exactement ce que son maître attendait. Et le jeune garçon, ne pourrait rien lui reprocher.
S'avançant alors de quelques pas félins, le superbe démon, sortit de son frac un petit morceau de papier parfaitement plié faisant durer avec amusement le suspense.
Le grand brun se posta à côté de son maître et tendit d'un geste nonchalant à Lau le papier, où il avait préalablement retranscrit l'expression de la reine
'Tigri albio silentio odium'.
Ciel grinça des dents.
Le sourire aux lèvres Lau s'empara d'un geste du papier et toujours comme à son habitude décontracter, ouvrit et déplia le tout. À peine, l'action faite, il pâlit légèrement de surprise, et pour la première fois devant Ciel, il ouvrit grand les yeux: deux grands orbes dorés, aux pupilles bien sombres.
Magnifique, mais cela ne dura qu'un instant, avant qu'il reprenne son ton neutre habituel et que la lumière doré se transforme en un doux marron.
"Alors" claqua le Comte, maintenant certain que son interlocuteur savait quelque chose, "Qu'est-ce que cela veut dire ?" Enchaîna impatient le jeune homme.
Le visage de Lau, s'assombrit encore, et ses deux pupilles disparurent à nouveau. Pas besoin d'être un devin pour dire qu'il regrettait largement sa réaction. S'il n'avait rien laisser paraître, il aurait pu embellir ses mots et mentir allègrement en disant qu'il n'y connaissait rien ou alors faire encore tourner en bourrique le comte, mais voilà qui était fait, et il était trop tard.
Pour Lau, Ciel représentait le gouvernement, et pourtant les autorités s'intéressaient à un sujet loin d'être inhabituel. El en aurait presque ri. Surtout que c'était ce jeune adolescent qui allait devoir régler ça, Oh oui, ça allait être drôle !
"Si c'est bien ce que je crois, Sourit-il amusé, alors Votre honneur vient de s'intéresser à l'un des plus grands marchés de la Grande-Bretagne, et même d'Europe !" Son sourire s'agrandit encore, et avec un air de folie contrôlé, il lança, fier de son effet :
"La prostitution de Luxe !"
Ciel souleva un sourcil. Comme d'habitude, toutes ses enquêtes semblaient comporter des prostitué.
"La prostitution de Luxe ?" Répéta-t-il.
"En effet jeune Comte, et quand je dis prostitution de luxe, je ne parle pas de simples prostitutions de rue un peu chère, non, nous parlons de prostituées qui valent des millions, exclusivement réservés à la haute noblesse d'Europe. Et elles répondent à des besoins plus que particuliers…"
Ciel arqua un sourcil et fit signe à Lau de continuer
"Le Tigre blanc, est une immense organisation de prostitution, qui a une réputation presque unique" Commença-t-il. "En plus d'être inaccessible pour beaucoup, elle répond aux besoins particuliers de tout noble aux envies des fois quelque peu… non-catholique."
"Comme tous les services de prostitution" coupa Ciel.
Il comprenait maintenant pourquoi la reine n'avait pas été explicite, elle ne l'était jamais lorsque cela pouvait hurter des moeurs.
"Oui.. mais non, elle offre des services si fermés, et si secret, qu'il est presque impossible de s'y faire prendre, c'est une entreprise qui à encore plus d'argent que la vôtre. Le meilleur de la qualitée."
Ciel hocha la tête, la penchant légèrement sur le côté.
"Elle est inattaquable"
Le Lord fronça les sourcils.
"Que voulez-vous dire ?"
"Il est presque impossible de la faire tomber vu la protection qu'elle obtient de certains… de ses clients particuliers."
Bref, comme d'habitude. Une enquête des plus banale.
"Merci" Claqua Ciel en se relevant soudainement, Il avait entendu ce qu'il voulait, il se retourna, prêt à partir après un dernier au revoir un peu brusque.
"Auriez-vous une affaire là-dessus jeune comte ? La reine est bien rapide pour ce qui est vous donner des missions, à moins que cela ne vienne de votre plein gré ?"
Ciel s'arrêta dans sa marche, et un frisson le parcourut, Lau commençait à aller un peu loin, il n'allait évidement pas répondre.
Et Sebastian qui lui offrait son horrible sourire de coin en plus.
"Il se trouve, cher Comte que certains de mes proches amis, ont… disons, quelque liaison, avec ce commerce. Je n'aimerai pas qu'il leur arrive malheur. Et toi non plus jeune Comte, je suis sur que tu ne le souhaites pas, après tout, certaine des informations que je vous transmets, viennent de leurs crus, il ne faudrait pas que vous perdiez des amis."
Ciel sourit de la menace à peine voilée, il semblerait, que plus les milieux de l'opium Lau aient certains points importants dans la prostitution, c'était bon à savoir.
Se tournant vers lui, une dernière fois, il lui lança d'une voix sur :
"Ne vous inquiétez pas Lau, quoi que ce soit, ce sera vite réglé ! Viens Sebastian, nous avons assez perdu de temps, rentrons"
"Attendez encore un instant Comte, l'arrêta l'informateur. Je ne pense pas que vous réalisez ce que vous allez devoir confronter."
"Je m'en doute très bien Lau, merci bien!"
Il se retourna et se prépara, encore une foi à s'éloigner.
"Non… vos anciennes enquêtes comportaient toujours le meurtre de prostituées, pas l'industrie du sexe"
Ciel tiqua à l'utilisation du mot, ce n'était pas approprié de l'utiliser si facilement.
"Et quand je vous parlais de désir plus que déplacé, je ne faisais pas dans l'ironie ou l'extrême, si c'est juste pour avoir du sexe avec quelqu'un les riches soudois la première cruche venue, et s'assure de son silence"
Il attendit pour rajouter de l'effet.
"Non ici nous parlons de vrai perversité… que je ne saurais décrire à vos oreilles si chastes"
"Qu'entends-tu par là, Lau ?" Se renfrogna le comte.
"Ah, la la, puisque tu insistes, moi qui ne voulait pas te le dire…"
Sebastian se permit un sourire.
Il était évident que Lau n'attendait que ça. Décrire et Expliquer.
Lui savait déjà (évidement) donc ça ne le gênait pas tant que ça que son Comte l'apprenne de cette manière, plutôt que lui rechercher superficiellement tout ce qu'il avait déjà deviné.
"Disons que pour un noble" Repris l'asiatique, "Ou un prince (pas de discrimination ici-bas), il n'est jamais de bonne réputation d'être pris dans une histoire de viol collectif, ou d'autre chose… avec des envies très particulières qui nécessiteraient... Des fouets par exemple? Ou si l'envie les prenait de temps en temps de s'intéresser à la nécrophilie… Disons qu'au Tigre avec un 'titre' et un peu d'argent, tout devient permis, même légal, sous la protection d'une entreprise très fermée qui obtient tout sur un plateau d'argent.
Ciel ne cilla pas, regardant Lau le plus sérieusement du monde, mais Sebastian aurait jurer avoir sentit un tremblement le long de son dos.
"Cela signifie, qu'il sont extrêmement bien terré pour garder l'anonymat" ajouta-t-il.
Ciel hocha la tête, remerciant Lau pour ses informations, et sans attendre de réponse, il prit congé, de son hôte.
