Chapitre 4

Poumon et Coeur

Oh, oh, voici donc la fin du 'citage' d'inspiration. Il y en a d'autre, mais elles viendront en temps et en heure. Merci beaucoup à ceux qui prennent la peine de lire. Le début de la fic peut sembler long, voir un peu superficiellement écrit, très détaillé et un peu lourd, mais c'est nécessaire. Petit merci à Engel, ta review m'a beaucoup touchée. J'ai malheureusement peur de ne pas être à la hauteur de tes attentes. C'est n'est qu'une toute petite fic - avec beaucoup de chapitre - :)


"L'enfer est dans un coeur vide." - Khalil Gibran


Mercredi 15 octobre 1890 - soir

Jour 13 depuis le meurtre

le voyage du retour se fit alors sans un bruit. Sebastian plus qu'étonné du silence de son maître, n'intervient pas malgré tout, trop patient pour se risquer à briser le mutisme du Lord. Il savait que les nouvelles informations qu'ils venaient d'obtenir devait tournoyer comme un siphon dans sa tête et il avait hate de les découvrir.

Quel était l'intérêt d'enquêter sur le sexe, si il ne s'amusait pas des réactions prude de son bocchan?

Un gémissement manqua de justesse de traversé la barrière de ses lèvres, alors qu'un sursaut de la calèche cachait son frisson. Il le voyait déjà grimacer à l'évocation des mots obscènes... Il adorait être un démon, mais il valait mieux se calmer avant que son petit maitre ne commence à se douter de quelque chose.

Ils continuèrent de rouler en dehors de Londres et arrivèrent au manoir plus rapidement que prévu, Ciel toujours aussi impénétrable. La nuit tombait déjà.

Obéissant à une routine stricte, le majordome débarrassa le comte de son manteau, et tout deux montèrent vers les étages en direction du bureau du Lord.

Ce ne fut qu'arriver dans la piece faiblement éclairé, après des regards interrogateur de Sebastian que Ciel se lâcha enfin. Mais à la place des rougeurs attendues, des vocifération ou d'une plainte quelconque sur cette enquête, ce fut un long son, une douce mélodie d'enfant qui sortit des lèvres fermer de Ciel alors que de petit soubresaut secouait fermement son corp recourbé. Ses mélopées montèrent alors bien vite en crescendo, peinte d'un soupçon de malice presque méchante. Et sous le haussement de sourcil de Sebastian, Ciel explosa d'un rire clair.

De longue et répétitive vibration quittèrent chaudement sa gorge pour venir s'echoer contre les murs, alors que son corp si longtemps controller s'ouvrait à une douce folie, s'accrochant au bureau, soulevant sa poitrine. Sebastian en restait estomaquer. Ce rire si cristallin, si enfantin. Sans joie et pourtant remplit de tant d'amusement et de moquerie. Il ne l'avait aucunement prévu mais elle lui sembla comme la plus extraordinaire de toutes les réactions. Légèrement fasciné il resta planter sur place, étrangé à cette soudaine saute d'humeur.

Un sourire vint perler sur ses lèvres charnu.

"J'ignorai que les nouvelles de prostitution vous mettaient de si bonne humeur jeune maître, ironisa le majordome, J'aurais du vous en raconter plus souvent."

Une veine apparut sur la tempe de Ciel, mais elle ne diminua à peine son hilarité.

"Mais non, Sebastian, ne vois-tu pas ?" S'exclama le maître de maison, maintenant à l'autre bout de la piece, et se rapprochant à grand pas pour faire entendre son point.

"Ne vois-tu pas à quel point c'est ironique?"

Le démon pencha sa tête son regard si perçant fixer sur les courbe de l'enfant, l'encourageant indirectement à continuer. Et Ciel partie dans une passionné explication, bougeant ses mains de droite à gauche se perdant dans son euphorie.

"Sebastian voyons, cette petite 'Aristo', la nièce de la reine! Censée être sans doute une jeune fille pure et... Parfaite de la grande noblesse. Censée rougir de honte à chaque mot de travers et qui devrait être choqué à la moindre allusion au...au s... Bref ! Elle s'est fait coincer par la matriarche même du pays dans des désirs surement scandaleux! Et pour couronner le tout, son nom, c'est retrouvé sur une liste qui doit révéler les envies peu vantable des nobles du pays ?"

Une lueur de dégoût traversa l'unique oeil de Ciel alors que finalement son corp se calmait, s'adossant au bureau reprenant doucement contacte avec la réalité, ne diminuant pas un instant l'amusement qu'on lisait sur ses traits, avec son sourire si bestial, si élancé, si rare.

"C'est pathétique, la reine ne s'intéresse aucunement au Tigre bleu, ... Ou blanc, peu importe ! Elle m'envoie régler une histoire de prostitution pour sauver la mise à des demeurées mentaux de nobliau qui ne savent un chouia comment contenir leurs envies, sans se faire prendre ! C'est hilarant !"

Arrêtant progressivement de rire, Ciel finit par se redresser, tellement obnubiler par ses idées, qu'il ne vit pas les yeux incandescents du démon, des yeux affamés, remplis de désir.

Cela faisait longtemps, oui longtemps que 'Sebastian' n'ait pas ressenti ça, cette envie de vider un être de ce qui le composait, et pour une premiere fois, il se dit que le rire de Ciel était tout bonnement magnifique. Mais dans son role parfait de majordome il ne laissa rien paraître.

"Vous avez beau dire ça, je suis sûr qu'au fond ces histoires de prostitution vous mettent plus que mal à l'aise" Le taquina-t-il, se retenant d'en ajouter, il préférait malgré tout ne pas trop en faire pour garder cette ambiance 'bonne enfant'. Il était tout aussi content que pour une fois, son maître soit de bonne humeur.

Ciel laissa la surprise lui barrer un instant les trait.

"Bien sûr que non Sebastian, la prostitution est juste un moyen très bas pour les pauvres de gagner de l'argent, en rien, je devrais me sentir mal à l'aise ou concerné" Claqua-t-il mimant l'assurance des 'initiées'.

Ce qui était plus qu'amusant aux yeux du majordome, c'était qu'à part en parler de loin, le jeune noble en réalité n'avait strictement aucune expérience.

La preuve en n'était-elle dans sa précédente tirade? Ou, Sebastian l'avait bien senti hésiter un instant avant de renoncer à utiliser le mot 'sexe'. Comme si cela allait changer le sens de sa phrase! se moqua le majordome. Mais ça, il se débrouillerait pour lui ressortir plus tard, là, son maître lui tendait une autre perche tout aussi intéressante.

"Voulez-vous insinuer par là que pour les riches la prostitution est absolument inutile?" Continua-t-il sur cette voie, sûr de finir par en tirer quelque chose.

"Tu insinues le contraire." Se renfrogna Ciel.

"Disons, que dans ma longue vie, j'ai pu voir de nombreuses choses." Le diable laissa un méchant sourire perler aux coins de ses lèvres, et l'idée 'qu'être blessant n'était pas bien' lui effleura peine l'esprit une seconde avant qu'il ne se permettre d'ajouter. "Qui vous dit monsieur, que vous-même, vous ne finiriez pas par y prendre plaisir ?" Susurra-t-il.

Ciel ouvrit la bouche et resta choquer, pendant près de 10 secondes et Sebastian en eut presque un véritable frisson de plaisir rien que voir cette tête.

Puis l'étonnement du comte se transforma vite en colère alors qu'il réalisait avec horreur ce que son majordome avait insinué.

"QUOI! Comment OSES-TU !, RETIRE ce que TU VIENS de Dire ! TOUT DE SUITE !

Ciel s'approcha brutalement de son majordome trop grand pour lui et l'attrapa avec force au col, son visage était rempli de colère, plus que tout, et encore foi, Sebastian en restait fasciné. Il la voyant, plus puissante que tout, cette lueur au fond de ses yeux. Il en avait de plus en plus envie…

"J'AI DIT, RETIRE CE QUE TU VIENS DE DIRE!"

"Je m'excuse bocchan", enchaina le majordome, réprimant ses envies animales et s'agenouillant juste en face du lord.

Ils avaient rarement été aussi près pendant un face à face, la main toujours accrochée au col de Sebastian, le visage toujours rouge de colère de Ciel n'était plus qu'a quelque centimetre du de celui du demon. Et chacun pouvaient apercevoir les détails de l'autre. Le visage parfait de Sebastian, celui contracté de Ciel, son oeil si flamboyant, ses cheveux défait. Sa respiration haletante. Celle-ci qui continua de résonner rapidement, de plus en plus vite.

Le regard sanguin de Sebastian remonta lentement vers le maitre et d'une froideur mortelle, il susurra, "Vous faites une crise bocchan".

La respiration saccadée de Ciel augmenta, alors qu'ils s'affrontaient du regard, mais rien à part ça ne sembla bouger, le démon et la pièce restaient immobiles, seul s'agitait le cœur et les poumons de l'humain cherchant désespérément à faire sortir le sur-plein d'oxygen.

Ils restèrent un instant comme ça, la respiration de Ciel augmentant, encore et encore, il essaya d'articuler quelque chose, mais les mots se coincèrent au fond de sa gorge.

Il ne paniqua pas, aucun des deux ne paniqua, cela se fit presque naturellement, le plus normalement possible.

Sebastian ne quittant pas du regard l'œil incandescent de Ciel, passa doucement ses mains sous les fines jambes du garçon et le souleva au moment où le jeune homme vit la première tache noire devant ses yeux.

Sebastian le porta, et Ciel s'accrocha à lui, attrapant de ses petites mains le tissu du frac.

Et avant qu'il ne puisse faire quoi que ce soit, ils avaient disparu de la salle.

Ciel mit quelque temps à reprendre conscience de son entourage. La seule chose qu'il n'avait pas quitté des yeux avait été le visage si bien tracé du majordome, mais maintenant que la crise était passée, il perçut doucement qu'il n'était plus dans le manoir. Non, celui-ci était un peu plus loin, ses lumières toujours visible sous les rayons éclatants de la lune. Sebastian l'avait mené en hauteur pour lui permettre de respirer de l'air bien plus frai et pur. Il le voyait du coin de l'œil. Doucement Sebastian dans un mouvement pour le protéger du froid ambiant, le remonta un peu dans ses bras, sle rapprochant de lui. Et comme pour lui donner raison, un courant d'air se glissa en haut de la cime des arbres où ils étaient perchés, faisant voler les mèches noires du majordome.

Et pour une énième fois, une fait résonna dans l'esprit de Ciel. Sebastian était beau. Vraiment beau. Bien sûr, il le savait, il n'était ni stupide, ni aveugle quand même, mais les mots ne s'étaient jamais formulés si clairement dans son esprit, Jamais. Il avait toujours haï sa perfection, mais d'un autre coté, en apparence, elle offrait à Sebastian une beauté si ténébreuse, si délicate, si attrayante. Si elle n'avait pas été là, Ciel aurait probablement encore plus répugné le démon. Elle était juste là, si réconfortante, cachant les vices de l'homme si peut humain près de lui.

Comme s'il avait deviné la pensée intime de son maître, le beau démon, lui offrit un sourire moqueur et étrangement doux.

"Votre crise est terminée bocchan, rentrons"

Il plia les jambes pour s'en aller. Mais un instant Ciel ne put juste pas.

"Non"

L'ordre avait été clairement prononcé d'une voix basse. Il n'avait pas été murmuré, mais si le vent avait soufflé, il l'aurait surement emporté.

Se redressant Sebastian pencha la tête interrogatif, fixant son maître.

"Non, répéta Ciel plus sûr de lui, reste sur cet arbre, je me sens bien comme ça, l'air frais est agréable."

Encore un caprice...

"Très bien jeune maître" susurra le majordome.

Le maitre ravala sa salive sachant que le démon l'observait, cherchant surement la moindre faiblesse. Comme si Sebastian les connaissait pas déjà toute. En apparence Ciel ferma les yeux, alors que au fond il se contenta de profiter du vent frais et de la chaleur du démon.

Le silence se fit, mais pas un silence sombre comme dans la chambre de Ciel, non, le silence de la nuit.

Le moment où vous entendez au loin le bruissement de la forêt, celui de vent, les mouvements des arbres, le froissement d'une feuille, le chant d'un hibou ou d'un oiseau égaré. Ces petites vibrations dans la nuit clair.

Les bruissements que vous entendez quand la lune est pleine, et qu'aucun nuage ne la cache, permettant d'éclairer de sa douce lumière les deux hommes, poster sur leur arbre.

Plus que tout, et Ciel appréciait ça, il sentait la chaleur de Sebastian se transmettre au travers de ses vêtements, et plus profondément, en dessous de tout ça, une chose qu'il n'aurait jamais cru sentir de toute sa vie. Chose qu'il n'aurait jamais sentit sans ce calme olympien, et se rapprochement anodin contre le diable. Un battement. Lent, plus lent que tout, régulier, profond, mais rassurant. Le jeune homme en resta un instant surpris.

Sebastian avait donc un cœur.

Du moins physiquement.

Et Ciel rit intérieurement de sa propre bêtise, évidemment que Sebastian avait un cœur! Le diable était fait de chair et de sang, il avait tous les autres organes alors pourquoi pas celui-là?

Si les sentiments de l'homme étaient rattachés au poumon, aurait-il douté de leur présence ? Non, car ce n'était que des organes. Un amalgame de chair, et de sang, oui, Sebastian avait un cœur, mais cela ne signifiait rien du tout, car même le plus mauvais des hommes en avait un.

Alors pourquoi d'un coup, a cette pensée, au plus profond de lui, une chose remua? En lui, et alors que sa poitrine légèrement se tordait Ciel eut mal...

Un sentiment tellement profond qu'on ne le sent pas vraiment, comme un léger étouffement, comme si une épine pénétrait l'artère aorte, et coupait peu à peu le passage du sang, faisant arrêter le tout de circuler, bloquant l'air pour qu'il n'atteigne plus les poumons, contractants des muscles intérieurs qui n'existaient pas, faisant retourner les intestins qui...

"Ne vous endormez pas bocchan, vous risquiez d'attraper froid"

Le garçon s'arrêta de pensé, et relava la tête "Cela ne risque pas" coupa-t-il reprenant la contenance qu'il n'avait jamais perdu.

"De quoi parlez-vous, de vous endormir, ou attraper froid ?" Interrogea le majordome.

"Tu le sais très bien? pourquoi fait, tu semblant" répondit l'adolescent fatigué au tac au tac.

Son sourire s'affaissa, mais Sebastian ne répondit pas. Après tout, son maître n'attendait pas de réponse.

"Sebastian" Coupa encore là voix du comte quelque instant plus tard.

"Oui bocchan"

"Lis-tu dans les pensées?"

Sebastian écarquilla les yeux, tellement surprit devant le regard si sérieux de Ciel, qu'il se demanda avoir bien entendu. Il ne lui avait quand meme pas posé une telle question?

"Il ne me semble évident que non bocchan"

Ciel resta dubitatif et replongea dans ses réflexions. Sebastian soupira.

"Si vous en doutiez, sachez que je n'ai pas besoin de lire les pensé, je ressens juste les volontés du corps, les tensions que les hommes peuvent avoir, la haine, l'amour, la colère qui s'en dégage. Tout ce que vous ressentez se dégage ici"

La main de Sebastian le désigna vaguement.

"Par les pores de votre peau, par tout ce que vous êtes. Lire les pensées serait amusant et pratique, mais les pensés autant que les hommes se mentent, elles ne veulent pas s'avouer les choses. Ce serait trop long de dénouer le vrai du faux à chaque fois. Le corps lui ne ment pas bocchan, c'est chimique"

"Et toi ?"

Encore une fois Sebastian ne compris pas. Son bocchan était bien trop étrange ce soir.

"A la manière dont tu parles, on dirait que ces attributs sont réservé aux hommes, et toi démon, tes pensées te mente-t-elle ?

Sebastian sembla réfléchir un instant

"Vous me demander si je suis honnête avec moi-même ?"

"Tu n'as peut-être pas le droit de me mentir à voix haute, mais quand est-il du toi intérieur ? Arrive-t-il que ton être corporel révèle des choses que ton esprit refuse de reconnaitre ?"

Ciel l'avait pris de court, quelle était cette question encore? L'idée saugrenue de dire que si les humains se mentaient à eux-mêmes, lui, un démon le faisait aussi. Une chose était sûre, son corps lui, ne révélerait jamais rien qu'il ne contrôlerait pas, il en était sûr, mais le beau majordome n'eut pas le temps d'y penser plus qu'une explosion venant du manoir l'interrompit dans ses réfections.

Directement, au bruit et à la lumière, les visages des deux protagonistes se retournèrent brutalement vers la source de tout cela.

Une fumée grisâtre s'échappait peu à peu du manoir, mais cela ne provenait pas de la cuisine, ou encore du jardin, non.

"Sebastian!"

Obéissant, naturellement, à la voix de son maître, le majordome sauta sans attendre de l'arbre se dirigeant directement vers le hall d'entrer d'où venait le bruit.

En moins d'une seconde, Ciel se retrouva déposé à terre devant le grand escalier qui menait aux étages.

Devant lui, Bard armé d'une sorte de bazooka, visait une ombre qui dans le trou d'un mur, venait de se relever.

Son visage semblait déformé par l'animosité.

En quelque mouvement May Lin, se plaça alors devant Bard, les bras écarté cherchant à le dissuader de tirer un second foie, Tanaka regardait la scène pâle, maintenant trop faible et vieux pour faire quoique se sois.

Dès qu'ils arrivèrent la voix de Sebastian trancha.

"Bard, poses tout de suite cette arme, et racontez-moi ce qui se passe"

On pouvait clairement discerner la colère dans sa voix et dans ses gestes, Ciel le sentait.

Finny se releva alors du trou ou Bard l'avait envoyé et lança à l'étonnement de Ciel un regard rempli d'amertume au cuisinier du château.

Jamais Ciel n'aurait imaginé que ses domestiques un jour s'étriperaient entre eux.

Et la scène en était que plus étrange que ce soit ces deux-là, parmi tous. Quoi, qu'ils fassent, ils semblaient toujours s'entendre super bien.

Ciel se contenta de les regarder dubitatif avant que son regard ne se pose sur le trop sérieux majordome trop occupé à réglé le problème pour le voir. Sebastian ne lui avait pas répondu. Et oh que oui, le comte reviendrait à la charge.