Chapitre 6

La colere du Diable

Merci encore aux revieweuses. Plus ça va, plus on avance dans la trame principale. Petit à petit, le décors s'installe! J'espère que l'histoire vous plait. Les personnalités de nos héros se forme de plus en plus.


"Dans la vie on ne fait pas ce que l'on veut mais on est responsable de ce que l'on est". - Jean-Paul Sartre


Jeudi 16 octobre 1890.

Jour 14 depuis le meurtre

Un grand chêne fut vite déraciné, alors qu'un hurlement strident résonnait dans la forêt. L'animal si s'en était un, libérait une telle aurait meurtrière que toutes les bêtes au kilomètre à la ronde s'étaient depuis longtemps enfuies. Il était rare d'entendre tant de bruit et de voir tant de dégât dans ces forêts irlandaises. Surtout depuis que les Banshees avaient quitté la région il y a cent ans de cela, calmant les esprits troublés des pauvres villageois du coin.

Ces dernières créatures de l'hiver avaient hanté l'endroit des générations durant. De leurs corps sveltes et tortueux, elles passaient leur temps à ramper dans la land, hurlant pour les morts rejoignant le Sith. À l'époque, les hommes vivants alentour, terrifiés, se rapatriaient chez eux pour la nuit, fermant sans vergogne leurs volets et priant pour leur recoin égaré du monde où tous semblaient les avoir oubliés. Mais ce temps était révolu, et maintenant, une autre ombre, bien plus noire s'étendait sur la forêt, rouvrant de vieille blessure depuis longtemps pensée, renourrissant le terrifiant folklore local. Car cette histoire de la bête noire de la land, se raconteraient encore des générations durant. Et les hommes s'interrogeraient longtemps sur l'origine de cette chose.

Mais cela n'était pas la question, ladite bête à l'apparence humaine folle de colère envoya son point dans un rocher proche, le brisant en un millier de morceaux. Sa rage était loin d'être feinte.

Si jamais un homme s'était à ce moment retrouvé sur son passage, elle l'aurait sans doute déchiqueté. C'était bien la raison pour laquelle cette dernière avait préféré choisir un lieu loin de tout pour exprimer sa colère.

Dans les méandres de son être, elle savait toujours différencier ses droits et ses devoirs. Elle était malgré tout le majordome de la famille Phantomhive, et déchiqueter des humains n'était pas vraiment dans les cordes de son maître. Dans la famille, ils appréciaient plus les couteaux ou les fourchettes. Et comme leçons de vie, depuis ses années d'expérience, elle avait retenu la leçon. Il ne fallait pas agir sous l'impulsion et déchiqueter des humains, car il n'y avait aucun plaisir à jouer avec les morts.

Un autre cri strident retentit dans la Land. Et sa structure informe se redressa de toute sa hauteur. Sebastian pestait de rage. Et tous les membres de son corps tremblaient de colère. Intérieurement, il s'insultait de tous les noms possibles et inimaginables. Car après tout, c'était contre lui-même qu'il était le plus énervé.

Quel idiot ! Quel abruti il avait été. Lui, le parfait majordome, le parfait démon. Il s'était laissé emporter sur le moment et le regrettait amèrement.

Qu'est-ce qui lui avait pris de proposer ce jeu à Ciel ? Quoique ce n'était pas le jeu qui l'embêtait, les jeux étaient ce qu'il aimait le plus.

Mais les conséquences qui en résulteraient, si par malheur, il perdait le terrifiaient plus que toutes autres choses.

Il avait agi tellement sous l'impulsion, tellement… Humain...

Le défaut de l'impatience. N'était-ce pas le pire problème de la création humaine?

Il avait avec le plus grand désir, choisi un instant de plaisir à une éternité de bonheur.

Maintenant, il venait de donner un moyen à son maître de rompre leur contrat. Et si jamais Ciel y arrivait? Il le condamnerait à l'enfer sur terre, à contempler chaque jour de sa vie l'âme parfaite de Ciel, intouchable de part ce nouveau pacte.

Un autre arbre vola dans la plaine, déracinant trois autres au passage. Si jamais Ciel résistait à ne pas ressentir du désir, il pourrait exiger de Sebastian que celui-ci renonce à son âme sans pour autant annuler sa part du contrat.

Cette simple idée était inconcevable, il risquait de la perdre, l'âme, la si belle âme, qu'il avait tant façonnée.

Et encore, celà était le meilleur des cas.

Car oui, le comte dans son allégresse de pouvoir, pouvait lui demander pire.

Et une servitude éternelle serait chère payer pour un instant de paris. Il sera les dents, et repoussa un instant l'idée saugrenue, que le lord pouvait aussi lui demander de faire de lui un démon.

Ciel, un démon ? Mais quel idiot il avait été ?

Rien ne pouvait comprendre la triste misère dans laquelle, il était. Pauvre de lui, pauvre être épris de tant de souffrance.

Se plaignant de son cas, Sebastian regarda le ciel de ses yeux de sang.

Il ne restait qu'une seule solution. Une seule et unique solution pour son salut.

Ciel ne devait pas gagner.

Sebastian était déterminé, il allait tout mettre en œuvre pour que ça n'arrive pas.

Oui, il allait tout faire pour que son maître se laisse aller au vice du plaisir, pour que son corps tremble de désir, pour qu'il s'abaisse à ce péché de chair. Et se prépare à ouvrir son corps au luxe du sexe.

Oui, rien n'était perdu, il était un démon, un puissant démon. Il saurait bien le conseiller, oui, Ciel succomberait à la tentation. Les faibles résistances qu'apporterait le comte seraient moindre, face à son désir de le faire tomber.

Il était un homme après tout, oui, un humain, un simple adolescent, qui plus est, emprisonné par des hormones jusqu'en bas de son jean.

C'était Chimique.

Toutes les faibles émotions des humains, n'étaient que chimique. Offerte par des corps de traître qui ne contrôlait ni la passion, ni l'excitation, ni l'amour.

Des connections aléatoires, sans origine et sans fin.

Un sourire carnassier vint alors prendre place sur le visage du démon. Les arbres de la land ne volèrent plus, et l'ouragan de la colère était passé. Il savait que faire.

Regardant son frac en lambeau, il soupira encore, quel dommage, il allait devoir refaire sa tenue.

Mais il était de bien meilleure humeur, vraiment de bien meilleure humeur. Il jeta alors un rapide coup d'œil à sa montre à gousset. Il lui restait pas mal de temps avant le lever du soleil, et maintenant qu'il était en Irlande les odeurs de mousse lui donnait une petite idée. Il avait tout à fait le temps du monde de passer en Thaïlande ou en Inde débusquer un nouveau thé pour son Bocchan.

Il savait exactement, ce qu'il voulait, et dans quels pays il devait passer. Après tout, il était le majordome de la famille Phantomhive, il savait tout de son maître, et de son petit palet de roi.

Aaa Lala, il était un trop bon majordome. Tout cela pour le bonheur de son Bocchan. Mais bon, il le lui devait bien, avec ce qu'il allait lui préparer pour cette enquête, ce n'était que de la bonne foi de lui offrir un thé en premier.

Sebastian fit craquer ses épaules, et tangua son corps un instant, prêt à partir. Un sourire qu'il ne pouvait contrôler au rebord des lèvres.

Se préparant à partir, le majordome se retourna une dernière fois vers le carnage qu'il avait laissé derrière lui. Son odeur était imprégnée partout comme dans le manoir. Il serra les dents, maintenant qu'il y pensait, il allait devoir s'en débarrasser.

Repartir son odeur n'était pas 'risqué' en soi, mais c'était une menace qu'il ne devait pas prendre. Étendre son odeur à tout bout de champ était de sa nature, mais ce n'était pas très intelligent de laisser les effluves d'un puissant démon dans tous les coins qu'il croisait. Il soupira, après tout, il détestait ça, ce qu'il aimait, c'était appliquer son odeur sur ce qui lui appartenait, pas le reste.

Mais bon, là, le plaisir de son Bocchan passait avant tout, il reviendrait demain ou la semaine prochaine pour nettoyer. En premier, il devait passer en Inde.

Avec un dernier coup d'oeil, le diable s'envola dans la nuit, en se doutant, que toutes les bêtes qu'il avait effrayées, ne reviendraient pas de sitôt.

Ce ne fut que vers 5 heures le lendemain que le majordome apaisé et heureux rentra enfin de son excursion, il avait trouvé parfaitement ce qu'il cherchait et en était plus qu'enchanté. Après avoir préalablement vérifié que son bocchan dormait bien, action tout à fait inutile vu que le pacte lui annonçait déjà tout ce qu'il devait savoir, il se dirigea vers la cuisine, ou il commença à doser les différentes fleures et herbes qu'il avait rapporté dans le but de préparer la parfaite infusion. Qui ose dire que les démons ont du temps à perdre ? *

Pourtant plutôt que de se préoccuper de son thé, peut-être que le grand brun aurait pu un peu plus se concentrer sur le pacte. Il aurait alors senti que son Bocchan ne dormait pas si bien que ça et que malheureusement, les cauchemars qu'ils faisaient n'étaient bien pas loin des joyeuses résolutions de son majordome.


Qui ose dire que les démons ont du temps à perdre ?*

Certainement pas les shinigamis, non ! Ils ont beaucoup trop de travail pour faire la grève et chasser du démon par-ci par-là XD ... Non mais, voyons, un peu de civilité.

- Message de la Société de racisme entre les races surnaturelles.

Au passage, les Banshees aussi n'arrêtent pas de me harceler pour que j'explique que non, elles ne sont pas inventées pour l'histoire, mais basées sur du vraie folklore irlandais (Comme vous le saviez déjà bien entendu!). Par contre, le pourquoi elles ont quittée l'Irlande est un secret bien gardé... si on atteint les 10 000 reviews, je consentirais peut-être à le révéler! XD