Chapitre 7
Blend Solaire
Merci beaucoup au revieweuses, Drennae, Lily tragdie, Guest et Anonyme, ainsi que Manon, pour le dernier chapitre. Ça fait longtemps que je n'ai pas publié, et je compte bien reprendre le rythme. J'ai bientôt publié le dernier chapitre de ma fiction Karma x Nagisa, et donc plus de temps pour cette fic.
"En sentiment comme en chimie, rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme." - Anonyme
Vendredi 17 octobre 1890.
Jour 15 depuis le meurtre.
Ciel sera les dents, et ouvrit délicatement ses yeux d'azur, il faisait encore encre noir dans la pièce. Malgré tout le jeune comte pouvait entre-apercevoir la lumière qui commençait à percer derrière les grands rideaux pourpre de sa chambre.
Se relevant doucement et étirant un par un tous ses muscles, il essaya vainement de se concentrer essayant de comprendre d'où lui venait un réveil si matinal. Lui, si habitué à somnambuler et si enclin à s'emmitoufler dans ses draps chaud pour ne pas affronter le froid si peu accueillant de dehors, se sentait piteux et réveillé.
Après quelques secondes de réflexion, la raison lui sembla évidente: il avait rêvé. Encore une fois, et surement un cauchemar. Mais là, il ne s'en souvenait plus. Il essaya vaguement de sonder son esprit à la recherche du moindre indice, mais ceux-ci semblaient s'enfuir au travers des méandres de souvenir dès qu'il tombait sur une moindre piste.
Son esprit tel un dédale le perdait dans des images qu'il préférait oublié. Il y avait une dispute, celle de la veille, surement, avec des traces de couleur rouge, ou plutôt marron… Le jeune comte abandonna, et décida qu'il pouvait malgré tout encore profiter de ses draps chauds avant l'arrivée de l'autre bipède au visage humain.
S'emmitouflant, alors bien confortablement dans ses couvertures, le jeune comte laissa son esprit dérivé. Passant de la lettre de la reine, à Lau avec son antre sécrète, et enfin, à la main de Sebastian sur sa cuisse. Celà avait été un geste complètement déplacé, inattendue et inadmissible de la part du majordome, et si la situation avait été différente il aurait …il aurait frappé, et punit. Tout ce qu'il était le plus doué pour. Mais la situation ne l'était pas. Ils avaient passé un autre pacte, et Ciel avait bel et bien senti la bête remonter dans l'être trop parfait qu'était Sebastian, laissant glisser sa vrai nature sous la carcasse, noir, si noir.
Et pourtant, malgré toute logique, la présence de cette chose l'avait rassuré. Elle lui avait prouvé que le noiraud n'était, en effet, pas si parfait que ça. Que malgré les mensonges, il gardait un soupçon de sa vraie nature. Si apte à surgir, si incontrôlable et si imprévisible.
Tel un humain.
Un sentiment complètement contraster, et simple. Peut-être était-ce étrange, mais cela le marqua.
Humain sans contrôle, sans pouvoir, l'éloignait de cette fausse perfection, de ce masque.
Il était presque sûr que le geste inconsidéré de Sebastian avait était fait inconsciemment, sans préméditation.
Alors devait-il s'en rassurer? Cela voulait-il dire que le demon faisait aussi des erreurs?
Il serra les dents.
En fait, c'était sa propre réaction qui mettait vraiment le comte dans tous ses états. Il n'avait rien fait. Rien dit. Il avait juste frissonné. Oui, maintenant de ce point de vue ce n'était pas grand-chose, mais sur le coup, ça lui avait donné l'impression de couver tant de signification. Il avait peur, peur du démon.
Le maître de maison se retourna dans son lit. Maintenant, le soleil traversait totalement la cloison des rideaux, et le gênait dans ses réflexions, observant d'un œil mauvais la lumière de l'astre divin, il se demanda l'intérêt de tout ça. Et il n'en vit aucun, ça n'avait aucune importance. Ce genre de chose arrivait, et y porter trop d'attention était inutile. Il allait oublier le léger toucher de Sebastian qui l'avait fait tant frissonner, sa voix si onctueuse a son oreille, et son odeur si délectable qui lui avait alors frôlé les narines, oui, il allait oublier tout ça, car ça ne voulait rien dire. L'enfonçant dans un coin de son cerveau, il le barricada ce toute la mauvaise volonté du monde.
Trois coups résonnèrent sur la porte et celle-ci s'ouvrit à la volée.
Un chariot couvert d'un drap pousser du bout des doigt, fut apporter dans la piece.
Et derrière, Sebastian. Souriant, lumineux et éclatant d'une joie pure pénétra… non, sautilla jusque dans la piece!
Et Ciel ne put que le regarder bêtement ébahit, les cheveux en bataille et la mine sinistre.
"Oh, vous êtes réveillé bocchan?" S'exclama le majordome un immense sourire aux lèvres, laissant voir chacune de ses dents bien trop blanche.
Ciel ouvrit la bouche, tel un poisson, alors que prévenant, accueillant et ouvrant les bras, Sebastian s'élança vers la fenêtre pour libérer la lumière jusqu'a present bloquer.
"Il y a un magnifique soleil aujourd'hui bocchan!" S'esclaffa -t-il, les cheveux voletant sous le mouvement. "On a un programme très chargé, il faudra sortir profiter!" Il se retourna brusquement, son corp recourbé sur le coté avec ce coté sensuel et professionnel qu'il maitrisait parfaitement. "En plus j'ai préparé une magnifique tenue pour aujourd'hui"
Le pauvre comte, toujours stupéfié, écarquilla les yeux.
Sebastian souriait, Sebastian sautillait.
C'était quoi cette blague?
C'était de… Bonne humeur, visible, étalé, meme pas contrôlé? Un frisson de dégout face à tant de niaiserie lui remonta le long de la colonne vertebral, et il dut se retenir avec beaucoup de difficulté pour garder un visage neutre.
"Sebastian" Cassa le comte, ne bougeant pas d'un iota.
"Hum? Oui bocchan?" Un petit regard et un sourire en coin, la voix faussement haute et clair.
"Y a-t-il quelque chose qui te mette de mauvaise humeur?" Claqua-t-il méchamment.
"Non-pourquoi, je me sens en pleine forme" Rétorqua le majordome ouvrant grand la fenêtre et inspirant l'air frai du dehors.
"Ça, je le sais abruti! je te demande s'il y a quoi que soit que je puisse faire pour t'arracher cet immonde sourire?!"
Ses sourcils se fronçaient, il serra les dents au ton guilleret et au visage… Innocent de son majordome. Est-ce que c'était encore un moyen de l'énerver ? En tout cas, ça marchait! L'irritation se faisait sentir alors que ses narines se dilatait légèrement.
"Voyons bocchan, c'est méchant tout ça" Se plaignit le pauvre petit majordome.
"Méchant ? Tu as quoi? quatre ans et demi?"
"Mais, ce n'est pas de ma faute bocchan, on a si peu l'occasion de sourire dans cette maisonnée."
Ciel manqua de cracher à la figure du diable, ne se doutant pas du tous qu'il augmentait la liste de petits détails qui rendaient son démon si guilleret.
Sebastian était en effet aux anges -sans mauvais jeux de mots-, et les répliques ainsi que l'énervement de son bocchan, lui provoquaient des sourires intérieurs de plus en plus larges.
Tout d'abord, il avait parfaitement réussi ses mélanges et le thé qu'il allait servir à son maître valait bien toute la bonne humeur du monde (rien que ça, ramène le sourire)
Aussi, son Ciel allait bientôt être son servant pour une journée entière (quand il aurait gagné leur nouveau jeu), donc encore une fois, il y avait de quoi se réjouir.
Et pour couronner le tout, si son Bocchan était de mauvaise humeur, ses petites mimiques et ses petits mouvements brusques si inutile, devenaient tellement plus drôle!
"Je vais t'arracher les dents une par une"
"Oh, mais pour cela bocchan il faudrait que vous ailliez du muscle, vous mangez déjà si peu"
"Qu..."
"Oh, mais c'est pour cela que je vous prépare tous les jours avec passion et amour mes bons petits plats"
"Sebastian! Pour qui tu te prends?"
Et alors que Ciel commençait ses tirades d'insulte et ses mimiques de colères, sous la rétorque régulière de son majordome (pour le relancer). Le démon ne put s'empêcher de penser à sa chance d'être tomber sur un tel maitre, bien trop facile à manipuler. Il devrait vraiment le faire tourner en bourrique plus souvent.
Oui, c'était vraiment une belle journée pour certain.
Ciel lui, il le vivait… Mal. Boudant de l'attitude énervante de son majordome, il sifflait d'agacement à chaque sourire accompagné d'une réplique dégoulinant de positivité de Sebastian. Cela faisait cinq minutes maintenant que son stupide démon lui tournait autour, lui annonçait inlassablement le programme de la journée, y allant de ses commentaires, et de ses remarques que Ciel ne laissait certainement pas passé.
Mais ce qu'il devenait bavard celui-là quand il était de bonne humeur. Ou alors c'était un plan de plus pour l'énerver. Ce qui était bien plus probable.
Lui souriant à pleine dent (encore une attaque solaire dit donc), et mettant un terme a cette ambiance bonne enfant, le majordome avança le charriot qui jusqu'à présent avait été couvert, et le dévoila au grand jour.
Cessant d'un coup les paroles incessantes qui énervaient tant son maître. Avec de parfaites manières, Sebastian s'inclina respectueusement vers l'adolescent. Se rapprochant de lui de manière à se retrouver presque en face de son visage, tout en gardant une distance respectable, il offrit la tasse de thé qui lui avait valu tant de bonne humeur.
"Monsieur, goutterez-vous à cet innovant blend, préparer par mes soins et spécialement conçu à vos gouts ?"
Le regard inquisiteur du jeune homme cessa alors d'être agressif, pour Juste se limiter à de l'interrogation. Il était maintenant assis droit dans son lit, le visage tourné vers son majordome a une vingtaine de centimètres de lui. Sa chemise lui enserrerait doucement la taille et le blanc laissait presque deviner la peau en dessous. Ses cheveux cendrés maintenant en bataille paressaient plus long que jamais, et encadraient les joues fraîches du jeune comte. Son visage noble au trait fin gardait un teint clair qu'on aurait presque pu qualifier de lumineux en cette belle matinée si son air renfrogner ne lui avait pas creuser un peu ses traits.
Yeux fixes, ses deux grands orbes laissaient les rayons du soleil refléter le visage miroitant de Sebastian qui le regardait sans détour. Passant sur son front lisse, descendait doucement vers les sourcils bien dessiner du jeune homme, continuant sur la courbe de son nez aquilin et légèrement retrousser au bout, pour finir sur ses délicates lèvres légèrement pincée omettant de continuer jusqu'à son menton imperceptiblement pointu.
Ciel ne remarqua pas le regard inquisiteur, trop occupé à fixer la tasse tendue.
Faisant attention à ne pas se brûler, il remonta doucement ses délicates et fines mains pour s'emparer de la tasse de porcelaine au dessin esquissé valant à elle seule la totalité du prix des habitations de l'Est-End.
Il souffla un instant dessus, plus par habitude qu'autre chose. Car il savait que le thé était à la parfaite température. Et il goûta. C'était juste divin, meilleur que tous les thés qu'il avait bu. Ne laissant rien paraître, il se délecta de sa boisson, sachant pertinemment que Sebastian n'était pas dupe. Surement, Il avait laissé transparaître assez pour que le majordome comprenne à quel point il aimait ce thé, Sinon, comment se ferait-il qu'un autre aussi beau sourire, si assuré, pointe sur les lèvres charnu du beau diable?
S'éloignant encore et faisant mine de rien le noiraud reprit la parole :
"Avec ceci monsieur, que prendrez-vous du score ou de la brioche ?"
"Scone"
Sebastian s'attela, avec ses mouvements juste, et simple, sous le regard de Ciel, adoucis depuis qu'il goûtait la délectable boisson.
"De quoi est fait ce thé" Interrogea-t-il d'un air trop détaché pour paraître anodin.
"Très simple monsieur, c'est un mélange bien ajusté de Deejling, d'Assam et de Ceylon, ainsi que quelque herbe plus rare, de mon cru."
Le jeune homme montra juste d'un léger signe de tête qu'il avait compris, et retourna dans sa dégustation.
"Dorénavant, j'aimerais que tu me le serves un peu plus souvent."
Voire tous les matins, manqua-t-il d'ajouter.
Car, en effet, il y avait quelque chose dans ce thé, dans son parfum. Et il pouvait sentir a coté de lui, la petite touche de fierté qui accompagnait les mouvements de son majordome. Meme sans mot elle était là.
Il le sentait lui meme dans les effluves de la boisson, ce thé était… Il ne savait comment décrire, mais, il avait un goût bien à Sebastian.
Bon d'accord ça ne voulait rien dire, mais en ce moment il ne trouvait juste pas d'autre adjectif.
La saveur corsée et douce, qui coulait dans son corp, réchauffait en gardant ce coté rafraichissant de la feuille original. Oui, c'était le goût de Sebastian. Il était en ce moment sur que si il avait pu goûter à l'épiderme de son majordome la meme sensation en aurait découler.
L'idée lui fit froncer les sourcils, se rendant compte à quoi il pensait le jeune homme repoussa ses pensées, encore une fois choquer par ce qui lui venait à l'esprit. Il avala de travers, toussant un peu. Ses oreilles prirent une couleur rosée heureusement cachée par sa quinte de tout, et dissimulé par Ô bénédiction ses cheveux qu'il devait couper depuis près de deux semaines. Il reposa un peu brutalement la tasse.
"Monsieur"
Sembla s'inquiéter le majordome, fronçant légèrement les sourcils et déplaçant doucement le dos du compte lui glissant la main derrière les omoplates. Rapprochant son corps juste assez pour que le plus jeune sente l'odeur du plus âgé lui titiller les narines.
"Ri... Rien… Ça va…"
Il souffla un instant. Ignorant de son mieux les émanations du majordome. Quelque seconde se succédèrent. Le majordome ne bougeait toujours pas, toujours la main dans le dos.
"Quoi?" Claqua le comte, se rendant compte de l'immobilité de Sebastian.
"Rien Bocchan"
Le démon s'éloigna un faux sourire aux lèvres.
"Sebastian, je t'ordonne de me dire à quoi tu penses"
Le plus âgé soupira.
"C'est juste que vous sentez très fort les hormones Bocchan" sourit-il faussement.
Ciel rougit brutalement, et reparti de plus belle dans sa mauvaise humeur argumentant encore pendant au moins dix minutes, raportant sa bonne humeur au majordome. Son maitre était vraiment trop drole.
Finalement, plus rouge que jamais le jeune maître de maison replongea le nez dans sa tasse.
Et le reste du repas se passa dans un silence monacal de la part de Ciel, alors que le serviteur continua leur train-train habituel. Il l'habilla, le coiffa, préparant tout ce qu'il fallait pour le jeune homme. Ce ne fut que plus tard que le jeune maître, toujours un peu blessé et humilié ré-ouvrit enfin la discussion.
"À propos de la mission de la reine ? Rappelle-moi pourquoi je dois encore avoir des cours plutôt que de m'occuper de cette urgente affaire"
Totalement habillé, il attendait impatiemment que vienne enfin l'heure de son premier cours d'histoire avec cette horrible Mrs. Sherville.
"Auriez-vous oublié jeune maître que nous avions décidé de reprendre les cours en attendant les informations supplémentaires?"
"Et quand avons-nous décidé ça?" Ronchonna le jeune homme.
"Avez-vous écouté ce matin un traitre mot de ce que je vous ai dit ce matin?"
Ciel bouda.
"En tout cas, annule ! Je n'ai pas le temps d'avoir mes cours, en ce moment on devrait être à ma résidence Londonienne à glaner des informations, et trouver la cache du 'Tigre blanc'"
"Hors, de question Bocchan, pour atteindre le Tigre Blanc, il faut être prudent, et attendre les informations supplémentaires pour savoir."
"Depuis quand te préoccupes-tu de ça ?" Chuchotât-Il de mauvais poil. "Je t'ai dit d'annuler, c'est un ordre."
"Il me semble que mon rôle est avant tout votre bien-être bocchan, alors cette éthique me donne le droit de refuser certains de vos caprices."
"Mais…C'est un ordr…"
"Oh quel dommage, votre professeur est là" S'étonna le majordome, disparaissant le plus vite possible pour la porte, ou l'ennuyante maitresse attendait impatiemment. "Je vous laisse, à tout à l'heure bocchan"
Et Ciel essaya de répliquer, mais il sut bien vite, que rien n'y ferait, il devrait bel et bien subir son cours avec cette mégère.
Ce fut que plus tard dans le couloir, que le majordome réalisa que la délicieuse odeur toujours dans son nez, avait un gout à la Ciel, et la saveur était délicieusement bonne.
