Chapitre 11

Éros

Hello ! Merci à Manon, et Engel. Oui, pour la qualité, j'ai l'impression de nager dans la mer tumultueuse de mes fautes d'orthographe ! (Et de grammaire, et de syntaxe, et de figure de style !) - Bref, t'as vu, Sebi-chou, il est plus humain à chaque fois, mais principalement dans ses défauts. Donc ça lui rend la tâche facile pour les ignorer ;).

Bisous ! :3


"Le diable est dans les details"

- Nietzsche


Dimanche 19 octobre 1890.

Jour 18 depuis le meurtre.

Une goulée d'air frais pénétra doucement les poumons de l'être endormi, gonflant doucement chacun de ses pores, si imperceptible qu'elle souleva à peine sa poitrine. Mais le démon le sentait. Il les sentait tous. Chaque mouvement imperceptible que le jeune homme faisait. Chaque frissonnement, et chaque faible tension dans ses muscles, il les sentait. De ses yeux, il frôlait les tics de son visage, de ses oreilles, il écoutait son cœur battre, et de son odorat, il s'enivrait de ses effluves.

Et il veilla.

Il veilla sur son sommeil, toute la nuit durant, s'amusant à compter sa respiration, à bouger ses cheveux ou à jouer avec ses fins doigts qui s'accrochaient à ses vêtements. Le jeune homme était totalement magnifique comme cela. Tellement vulnérable pour lui. Un démon en aurait jubilé. Jubilé de voir que peu importe qui ils étaient, les humains étaient tous si faible et mentalement incapable de comprendre les dangers dans lesquels ils se mettaient à chaque fois qu'ils baissaient leur garde. Mais au lieu de faire jubiler le démon, cela le faisait sourire d'amusement.

Son maître était vraiment mignon comme cela, sur ses genoux. Comme deux êtres plus intimes. Si serré dans ses bras, et si confiant que le diable aurait pu en abuser. Mais pour quel intérêt ? Quel intérêt de briser quelqu'un si persuadé qu'il allait être brisé dans tous les cas. Non, il voulait plus. Sa confiance, il ne l'avait pas totalement, mais cela viendrait. Plus l'être grandissait, plus il comprenait les implications qu'était un 'démon' et compliquait la tache de Sebastian. Et Ciel ne pouvait que s'en méfier. Mais Sebastian était près, il ferait en sorte que le jeune garçon se révèle à lui. Il allait travailler dur, petit à petit pour faire tomber les murs de son Ciel, l'un après l'autre. Et qu'il finisse par se reposer sans cesse sur lui. Sa poitrine se gonfla, et il expira doucement l'air dont Il n'avait pas besoin.

Sebastian sourit légèrement, comme il avait l'habitude de le faire. Même plus conscient de ces réflexes humains qu'il avait acquis, comme de nombreux démons, depuis longtemps.

Il se mit alors à caresser doucement du regard les traits du jeune adolescent. Les lèvres toujours courbées vers le haut. Il en oublia le temps. Laissant ce moment, prendre sa place dans l'espace. Complotant secrètement, sur toutes les faiblesses de son maître, utile ou non. Les heures pouvaient sembler comme des minutes pour lui.

Jamais son esprit n'avait vagabondé sans but.

C'était à l'encontre de sa nature de ne pas avoir de but, lui qui était façonné dans la matière noire à la conscience propre.

Mais bon, il s'en fichait. Il avait un but, il avait bien le droit de s'amuser à regarder son maître dormir en chemin, avant de lui prendre son âme.

Il faisait ce qu'il voulait quand même !

Puis son esprit dériva des défauts, à toutes les caractéristiques de Ciel. Ses moues, et bouderies, ses cris de fureur ou ses crises. Et il pensa à d'autres choses. Et son esprit vagabonda sans but précis.

Il s'attendrissait.

C'était extrêmement mauvais.

En même temps, Ciel ressemblait beaucoup trop à un chat. Bon, pas physiquement, mais l'esprit était là !

Ça devrait être un crime d'avoir des cheveux aussi doux.

Et ses expressions-là. Donnant envie de le titiller

Car, oui, 'Sebi-chou', comme on l'appeler, réagissait comme une vieille dame devant une de ces merveilleuses bestioles à poil.

Il l'observa un autre instant. Oui, quand il dormait, le jeune homme avait trop d'atouts qui pouvaient le comparer aux petites boules à dent. D'ailleurs, il devra essayer un jour de lui fournir un déguisement, ou du moins… des oreilles de chat, ça lui irait bien. Il aurait déjà dû le faire quand il était plus jeune.

Il aurait pu jouer avec lui…

Si le jeune homme avait bien voulu miauler, et s'il s'était mis à quatre pattes, en imitant le merveilleux animal, il l'aurait chouchouté.

Il lui aurait pu lui donner un bol de lait, et le plus petit aurait pu lécher le liquide blanc.

Il l'imaginait avec un certain plaisir malsain.

Son Bocchan avec un petit short court violet, des petites chaussures fantaisies, et des collants noirs et violets qui lui remontaient jusqu'aux cuisses et seraient accrochés à son short par des lanières de cuire, permettant de voir sa délicate peau. Ensuite, un petit haut serré au corps qui laissait de temps en temps voir le nombril du Conte, ce serait bien.

Le jeune homme lèverait alors son regard vers lui de sa position quadrupède et plisserait ses grands yeux bleus, avec son innocence si naturelle. Il miaulerait un tout mignon 'Sebaaastian', le nez couvert de la belle boisson blanche. Il aurait des gants de toile qui laisserait voir le bout de ses doigts, mais qui monteraient jusqu'au-delà du coude. Et pour finir de mignonne petite oreille qui se mouvrait selon ses émotions. Il viendrait s'installer sur les jambes du démon qui s'amuserait à gentiment le câliner en lui grattant les oreilles.

Ce serait le bonheur, le paradis même, son Ciel pour lui tout seul en chat, sans rien d'autre. Oui…

'Tu fantasmes démon' lui chuchota méchante une voix à son oreille, Arrêtant donc de s'imaginer des scénarios improbables, le diable reporta ses yeux sur le jeune adolescent. Et passa doucement sa main dans ses cheveux trop longs. Si ça continuait il devrait les lui attacher. Cela le grandirait, un peu, seulement un peu. Car le jeune était loin d'avoir un corps d'adulte.

Le démon passa alors sa main sur le ventre du jeune homme, remontant doucement de son doigt entre les abdos de l'adolescent. Malgré ce qu'il pouvait dire, son corps progressait quand même. De son doigt au travers du tissu, Sebastian sentit doucement se former de fin abdo, pas visible de l'extérieur le jeune garçon ayant un ventre totalement plat, mais au toucher, on sentait légèrement que son peu de muscle existait bel et bien, enfin, il fallait vraiment insister pour les voir.

Les mains du démon remontèrent donc, et doucement continuèrent leur exploration, passant dans le dos du jeune homme, frôlant ses épaules, qui ne serait jamais aussi large que les siennes et resterait sûrement toute leur vie fine, mais qui se battait lentement pour grandir.

Ses mains descendirent sur les omoplates du jeune homme, passant à travers le tissu sur cette marque que Ciel haïssait tant, et que Sebastian exécrait aussi, car elle enlaidissait le magnifique corps de son contractant. Ses doits la frôlèrent puis ses mains continuèrent leur aventure jusqu'au bas du dos. D'un doigt, il glissa doucement le long de la fesse de Ciel, puis sur sa cuisse, frôlant au tracé le tissu. Un instant il eut juste envie de déshabiller le jeune Conte, pour pouvoir observer ses formes délicates, et il se promit que la prochaine foi qu'il le changerait, il s'attarderait sur cela. Oui, il se le promit.

Ses mains retournèrent se mêler à ses cheveux et le démon huma son odeur. Saviez-vous à quel point l'odeur de la sueur mêler aux hormones et relever par une faible pincée de musc qu'émettent tous les adolescents est absolument enivrante ?

Le corps de Ciel comme tous les êtres de son âge, appelait à la reproduction. Gagner le pari qu'ils avaient fait serais plus que facile, les jeunes femmes tourneraient indiscutablement autour du jeune homme comme des vautours. C'était chimique. Et un instant, un cours instant, Sebastian haï de toute son âme cette idée. Mais il l'ignora royalement.

S'il voulait être sur de mangers cette délicieuse âme, il lui fallait faire en sorte que son maître s'accouple avec une de ces pouffiasses de pute qu'ils allaient rencontrer, enfin, s'accouple était un bien grand mot, il avait dit, ressente du désir, mais c'était plus compliquer que ça, car son maître avait trop de self-contrôle, il ne tournerait pas autour d'elle, trop sur de ce qu'attendrait le démon. Non Sebastian allait devoir en choisir une qui séduirait son maître, sexuellement parlant bien sûr, et serai peut-être même obligé de passer l'acte pour obtenir une réaction.

Son travail à lui était de faire en sorte que son maître soit 'engagé' avec l'une d'elles. Mais il était totalement hors de question qu'aucune de ses humaines ne pose trop longtemps ses salles pattes sur ce qui lui appartenait et souille le si beau corps de son jeune maître, il en était hors de question. L'image le dégoûtait au plus au point, le simple fait de trouver une seule de ces femelles pour en faire une candidate lui semblait indiscutablement, extrêmement dur.

Sans compter que les mots exacts qu'il avait utilisés étaient: 'pour la moindre de ces femmes', donc ça ne pouvait être qu'une femme qui travaillait dans la prostitution. Et sur le coup, ça l'ennuyait plus que tout.

Il se haïssait d'avoir proposé un tel jeu. L'idée d'attirer son bocchan à consommer lui avait au début paru extrêmement appétissante, amusante, enrichissante et juste parfaite. Il était un démon après tout, et pousser un être à la luxure était tout à fait honorable de son point de vue. Mais le détail qu'il avait balayé du revers de la main, c'était la partenaire. Malheureusement on ne forniquait* pas tout seul, et sans parler de forniquer, on ne ressentait pas du désir sans raison. Il y avait toujours une origine au désir.

Il sera les dents, et ses doigts agrippèrent un peu plus les cheveux de Ciel alors qu'il passait doucement les doigts dessus.

Si il y avait une solution pour que son maître n'ai pas à bander sur ces coureuses de rempart, il la trouverait et l'exploiterait, ça il en était certain.

Le petit matin finit par pointer son nez sur Londres, et l'animation de la rue finit bien vite par déranger le démon dans son action: 'Tripoter son maître dans son sommeil', sans compter qu'il avait énormément à faire. Passer la nuit avec le Conte dans les bras, c'était un très bon plan, mais il avait énormément de retard dans ses taches habituelles. C'est donc avec un soupir empli de fatalité que Sebastian se résigna à conduire le noble jusqu'à son lit. Le portant délicatement comme le précieux trésor qu'il était, le majordome le conduit silencieusement dans la grande pièce de l'étage.

Il déposa son fardeau dans le grand lit à baldaquin, l'emmitoufla dans les couvertures, et avant de s'en aller, déposa un délicat baiser sur son front. Les yeux de Ciel frémir alors, alors qu'il les ouvrait doucement. Avec toute la douceur du monde Sébastian, lui caressait la joue.

"Rendormez-vous bocchan, il n'est pas l'heure" susurra-t-il.

Sans attendre un instant de plus, ce dernier réparti rejoindre les bras de Morphée une seconde foi, et le démon sorti. Il avait bien trop de travail.


*Le premier qui me dit que la masturbation est une forme de fornication, je l'étrangle et j'enterre son corps à dix mille mètres de profondeur. (qui oses me dire que je ne peux pas le faire U.U)