Chapitre 15

Motion


« Tout ce que tu peux faire dans la vie, c'est être toi-même. Certains t'aimerons pour qui tu es. La plupart t'aimeront pour les services que tu peux leur rendre, d'autres ne t'aimeront pas. »

Rita Mae Brown


Samedi 25 octobre 1890.

Jour 23 depuis le meurtre.

La jeune fille regarda brièvement les visages si raffinées des autres jeunes dames qui l'entouraient. De ses pupilles noires, entouré d'un Iris strié de caramel, elle observait… et jugeait. D'un œil torve, elle ne manquait pas une miette du défiler pittoresque des si belles dames devant elle.

Belle? Si l'on considérait leurs gros boutons, un peu moins… Mais, chut.

Celles-ci se pavanaient devant les hommes de hauts rands, et riaient aux éclats devant des coupes de champagne. Elles séduisaient sans vergogne avec de faux rires et des œillades moqueuses. Leurs visages souriants, sans aucuns scrupules, cachaient sous une couche de maquillage, une aigreur bien familière à la court.

Elizabeth, souris méchamment.

Ces nobles étaient des hypocrites. Toutes, puaient la traîtrise et dissimulaient sous leurs fastes, les poignards aiguisés de leur infamie.

L'une, sur sa droite, éclata soudain d'un rire cristallin, attirant son regard, et posa de manière dé-intéresser sa pale main, couverte de rubis, sur l'épaule dénudé de sa voisine, l'éloignant imperceptiblement du beau jeune homme qu'était leur interlocuteur. Les sourcils froncé de cette dernière, critique, se firent alors ignoré royalement par la harpie.

Un petit sourire de coin se glissa sur les traits d'Elizabeth.

Genre, tout le monde t'a vu, crétine…

Cela ne manquait jamais de l'amuser. Quand l'une d'elles revêtaient son plus bel attirail pour démontrer une amitié factice, alors qu'en réalité, elles se manipulaient toutes sans répit.

Elle les connaissait. Toutes.

A son grand désarrois, elle avait grandis avec ces ravissantes écervelés blondes et brunes -Voir rousse, pas de discrimination ici-, plus désagréable les unes que les autre et aux coupes de cheveux rocambolesques.

Comment est-ce que ces choses tenaient ? Non, mais vraiment…

Un oeil aguerrit aurait pu la voir rouler ses yeux.

Pourris.

Jusqu'à la moelle, elles étaient toutes pourris.

Les pimbêches, aux robes bleues, rouges et vertes, faisaient voltiger leurs froufrous dans le vents, faisant imploser leurs poitrines sous de ridicules et fins corsets qui remontaient l'avant de leurs seins.

Elizabeth, les jugeait de son regard inquisiteur, heureuse de ne resembler à aucune d'entre elles. La jeune noble était presque fière de la manière avec laquelle elle se démarquait de ce troupeau truculent haut en couleur. Fière de ne pas avoir mis la pièce laqué de metal sous sa robe, gardant juste sa poitrine serré sous un petit haut de toile.

Elle n'en avait que faire.

Ces mijaurées là, qu'importe ce qu'elle porterait - ou ne portait pas d'ailleurs - ne lui serai d'aucune pitié.

Pas qu'en échange Elizabeth serai mieux. Pour aucune de ces asperges, elle ne bougerait le petit doigt. Ah ça! même pas en rêve. Non. Pour aucune de ses pestes aux tiares d'or et d'argent elle nez avec une cuillère de diamant entre les dents, elle ne se réduirait à une marque de bonté ou de générosité.

Cette bande de sangsues constipées…

Pas que la gentillesse n'était pas une de ses nombreuses -innombrables- qualités. Attention, il fallait le dire, Elizabeth avait évidement la main sur le coeur, elle s'arrêtait meme de temps en temps dans la rue pour offrir une piece ou deux aux mal-propres! Mère Theresa elle-même. Mais, ici, dans la cours, l'amitié et la générosité ne pouvaient que finir en execution publique! Alors… elle était mieux seule.

Pas besoin de d'elles…

Démontrant son point, elle jeta un regard méchant sur une brune qui passait à quelque mètre, et cette dernière accéléra le pas, soudainement apeuré.

Pas besoin de eux, ou de de lui.

Elle regarda fielleusement passer un des ducs Criméens, qui déglutit dans son verre -Vas-y étouffe toi, vas-y- et qui réagit de la meilleurs manière qui soit. La fuite incontesté. Il baissa les yeux comme réponse, avant de tourné la tête vers un autre prince quelconque.

Et Elizabeth senti sa poitrine se relever face a ces victoires inavoués sur la salle, en plus d'un petit sourire de coin.

Aujourd'hui était juste un merveilleux jour. Elle était là, à regarder le coeur de cette cour, depuis son piédestal inaccessible, qu'elle ne quitterait jamais. Isolé, supérieur à tous, survolant avec panache insultes et messe-basses.

Car oui, ils parlaient d'elle.

Oh, joy…

Et tout ça, grace à une rumeur… Qui l'aurait cru? Cette histoire du Tigre blanc l'éloignerait au moins des coureurs intéressés que par son argent et titre -Bon, oui, tous ses coureurs était intéressé que part son argent et titre, mais on comprend le principe-. Mais là, au moins, elle pouvait profiter de son isolement avec une cocasserie en tout point drôlatique.

Elle continua de s'enfoncer dans son coussin, et ne manqua pas les un ou deux regards dans sa direction que lui lançait la foule. Et elle serra la mâchoire. Tout le monde semblait se douter de quelque chose, sans vraiment savoir.

Mais, sa reine, savait jouer de son influence.

Evidement elle n'était pas dupe, elle se doutait que certain mots bas n'était pas si loin de la vérité. Et des chuchotements coulaient dans l'ombre, craintifs, la liant à plus d'un scandales. Mais du moment que rien n'était confirmé, ça n'entachait pas son nom et d'après père, c'était tout ce qui comptait

Et elle avait promis. Promis de jouer le jeu, d'ignorer son soit intérieur et ses envies, pour plaire au plus grand nombres. La matriache était venue, avait parlé. Et Elizabeth avait plié, sans même relever les yeux vers le visage ridé de la monarque.

Un bruit sur sa droite la fit revenir à la réalité. Et reportant son attention sur la fête elle ne put empêcher un soupir de passer ses lèvres.

Ses yeux se posèrent sur le balcon à quelques mètres. Les traits lourds d'ennui, la jeune fille décida qu'il était temps qu'elle se dégourdisse les jambes. Elle aimait bien sortir de temps en temps et respirer l'air frai… et personne de la fête ne lui manquerait.

Les rayons argentés de la belle pleine lune touchèrent doucement son visage alors qu'elle s'aventura dehors. Les jardins à la française du chateau, s'étendaient magnifiques à ses pieds. Et, elle ne mit pas longtemps avant de s'hasarder un peut plus loin vers les sentiers taillés. D'un coup d'œil avisé elle décida alors de se diriger vers la roseraie. Construite comme une étroite étoffe de labyrinthe au grande haie, entourée de fleurs, elle offrait un abris sur au promeneur, la ou personne ne l'y verrait.

Elle descendit donc les marches des hauts jardin s'éloignant des bruits mondains de la soirée.

Roses et pétales entouraient soudain son passage, laissant des odeurs folles se promener jusque'à ses narines et agrémentant son parcourt. Marchant, d'un pas presque dansant, tournant aléatoirement de droite à gauche, elle finit enfin par atteindre le centre de la roserai. S'asseyant sur un joli rocher blanc, elle leva la tête, et défit le noix de son chignon. Ses cheveux bruns entourant joliment son visage tombérent lentement en cascade sur sa nuque jusqu'à sa robe jaune pale.

La lune était presque pleine au dessus de sa tête. Accompagné par une légère brise d'automne, elle respira un grand bol d'air frais, fermant les yeux de temps en temps pour mieux apprécier. Lorsque, soudain, sorti de nul part, une ombre derrière elle lui cacha la faible lumière ambiante.

Se retournant rapidement, elle crut un instant faire face à une apparition. Peut-être était-ce les reflets de la lune, sa posture ou sa silhouette fine et élancé? Quoi-que ce fut, cela la cloua sur place d'admiration. Elle resta un instant là, la respiration suspendue. Avant de finalement réalisé qu'elle avait probablement en face d'elle l'un des plus beaux hommes qu'elle n'avait jamais vu.

Surplomber d'un haut-de-forme ses longs cheveux bleu cendré tombaient de manière aérienne sur son fin visage. Son unique œil azur semblait plus resplendissant que les joyeux de sa mère. Brillant. Transperçant. Il avait un nez droit légèrement pincé, et de belle et fine lèvre. Habiller plus élégamment que la plupart des hommes, le seul hic de sa tenue n'était qu'un un cache-œil qui entravait son beau visage mais qui allait de pair avec son charme fantomatique.

Son regard descendit alors le long de cet hominien.

Sa chemise blanche, était enserrée par un élégant veston bleu. Dieu! Il lui épousait le torse à la perfection. Les boutons d'or de son veston, sertis d'un P en lettre majuscule, maintenaient sans effort l'attirail étincelant dans la nuit. Une collerette impeccablement courbé seyait son col, et son pantalon de toile fine et un peu bouffant au niveau des cuisses disparaissait dans d'élégants bas de laine noire. Des chaussures surmontés de talonnettes avec un unique lacet (qui n'était en aucun doute juste là pour le charme), finir par attirer une minute de plus son attention.

Un instant la jeune fille en resta ébahie. Et seul les petits bruissements de la nuit semblaient entourer les deux jeunes gens.

"Mademoiselle" annonça-t-il d'une voix claire et profonde, avec ces intonations typiquement anglaise.

Il souleva légèrement son chapeau en signe de salut.

Reprenant la contenance de son rang, la jeune Allemande se leva de son rocher et fit une référence à ce qui ressemblait plus à un esprit qu'à un humain, et elle l'analysa curieusement. Un peu plus grand qu'elle, le jeune homme paraissait malgré tout plus jeune.

"Je m'excuse de vous déranger dans une de vos promenades personnelles à une heure si tardive…" Sa langue se courba légèrement, roulant sur la syllabe, "Mais… m'accorderiez-vous un peu de votre précieux temps ?"

Le haut de forme toujours dans la main, il ne la quittait pas du regard.

Elle aurait pu penser à un danger imminent que de voir débarquer un homme seul qui semblait l'avoir suivi au milieu de la nuit. Étrangement, elle ne ressentait qu'excitation doublée d'un soupçon de fascination à son encontre.

Qu'est-ce qu'un enfant pouvait lui faire? La jeune fille commença doucement à s'en amuser, oui, elle aimait ce genre de danger, et Dieu savait qu'elle se moquait de bien des convenances.

De son anglais maitrisé mais courbé d'un agent prussien bien distingué, muni d'un aplomb et d'une audacité naturelle qui allait de pair avec son rang elle n'essaya meme pas de stopper le flow de paroles qui sortirent d'entre ses lèvres.

"Mon temps coule bien trop vite pour que je le perde avec des balivernes. Si votre volonté est de perdre le vôtre en ma présence, j'en serait plus qu'enchanté."

Le jeune homme haussa un sourcil et se redressant il lui fit face, et lui tendit sa main, paume en avant, ne semblant pas gêné par sa drôle manière de prononcer ses phrases. Elle lui tendit alors la sienne à son tour, et comme le voulait la bienséance, il baisa son gant, ne la touchant en aucun cas que du bout de ses lèvres, mais mimant l'action de prés.

"Mademoiselle, il y a quelques questions que j'aimerais vous poser"

"J'aimerais vous dire que je refuse de répondre, mais vu que c'est demandé par un si bel homme, et que la courtoisie me l'empêche, je me contenterais d'un 'bien sur' réserver et poli" ironisa-t-elle.

Fronçant les sourcils, le jeune homme lâcha sa main, et fit un pas vers elle, restant à une distance respectable malgré tout. Elle remarqua une légèrement mimique de sa part qu'elle ne sut déchiffrer.

"Voyez-vous Mademoiselle, il se trouve que je me suis laissé aller dans une affaire plus que compliquée, mais il se pourrait que vous puissiez m'aider à en sortir."

"Oh, amusant, si vous vouliez parler en devinette, je serais ravie, j'adore cela."

"Que pouvez-vous me dire du Tigre Blanc?"

Non, mais, aucune délicatesses ces anglais.

Sur de lui et la fixant sans ciller il semblait a son tour la juger du regard.

"Ceci n'est pas une devinette, c'est d'un ennui…" Finit-elle par dire. Elle leva son regard en l'air, lasse. "Qu'est-ce qui vous fait dire que je sais la moindre chose?"

Elle demandait juste pour la forme, au final elle s'en fichait. Tout le monde savait au palais.

"Car vous ne savez rien?" Répondis le jeune homme au tac-au-tac, et légèrement impertinent.

La jeune fille souris. L'homme avait bien trop de presence et d'ascendant la regardant comme cela bien droit de son regard perçant. Elle se devait de reprendre un peu le dessus.

"Je déteste les discourt si direct, parlons donc, et marchez avec moi" enchaîna-t-elle.

Acquiesçant poliment le garçon lui offrit son bras. Elle roula des yeux, hésitant sur le fait de le prendre ou pas. Avant de finalement céder.

"C'est bien parce que vous êtes beau"

Ayant un micro sourire la jeune femme s'empara délicatement du bras du jeune homme qui ne releva pas le compliment.

Ils commencèrent à marcher.

"Dites-moi donc, pourquoi vous dirais-je quoi que ce soit, si par un pur hasard, j'avais la moindre information?"

Elle avait espérer un silence, pour pouvoir l'observé calmement, mais la réponse fut immédiate.

"Vous ne niez pas. Et malgré la réputation de l'endroit, de ce que je vois, vous n'en avez pas honte?" présuma-t-il.

Un petit rire la secoua, qu'elle cacha de sa main. Si simplement le jeune homme savait pour sa tare, peut-être qu'il ne lui aurait pas parler comme ça.

"Qu'est-ce que cela veut dire?" Elle sourit.

"Well, je ne pense pas que vous soyez du genre à volontairement cacher cette information?"

"Quelle impertinence…Et quelle information?" Niât-elle.

Il sourit torve. Elle lui tapait légèrement sur le système elle le sentait.

"Embrassez vos forces avec confidence." Sortit-il.

Quelle phrase bateau.

La séduisait-elle?

Pourtant, elle fit son effet. La jeune dame le regarda, et dans sa posture, elle put voir la véracité de ce qu'ils disaient. Il y croyait. Du moins, il semblait y croire.

Droit.

"Et… Je saurais rester discret avec les secrets que vous voulez bien me donner" ajouta-t-il, cette foi-ci encore plus sincèrement.

Bienveillant, presque.

Presque.

"Secret? Ce n'en sera plus un si je le partages. Je ne souhaiterais pas perdre quoi que ce soit."

"Perdre?"

Il sourit

"Ne perdons-nous toujours pas quelque chose? Moi je vous mènerais à une victoire certaine"

Arrogant.

"Oh, et vous pensez avoir ce pouvoir si je vous mets dans la confidences?"

"Je n'ai évidement pas le pouvoir de vous amenez vos rêves. Mais, vous offrir un allié, ça je peux."

Elle ne répondit pas tout de suite. Le vent caressait son visage d'une petite brise froide, et elle sentait la douce chaleur s'émettre du bras qu'elle tenait. Il lui laissait poliment son temps de reflexion.

Il était noble, sans aucun doute. Il avait l'attitude, le respect, les vêtements.

"Il en va de votre fierté, n'est-ce pas? Surement un concept avec lequel vous êtes familier?"

Il sourit de coin.

"Ne nous le somme pas tous, nous les monarchistes?"

Elle sourit a son tour. Un monarchistes?

"En même temps, qui espérerait mené a bien une colonisation sans un soupçon de tenue? Vous l'êtes tous, vous les anglais." Moqua-t-elle.

"On m'en dira tant, j'ai toujours eut du respect pour vous les Prussian qui gardez malgré et contre tout le nationalisme de vos ancêtres."

"Patriotismes, plutôt, je vous pris!"

Il ne broncha pas, mais elle sentit la grimace venir.

"Minime différence"

Ses yeux se firent briant et rieur alors que le ton amusez de leurs conversation virait sur ces sujets politique moins sensible.

"En même temps, quand on regarde notre cher Von Bismarck on peut se poser des questions sur le sens de notre patriotism" Ajouta-t-elle.

"C'était un homme impressionnant, j'espère que sa démission … pré-maturé" Il poussa sur le mots, "Ne vous affecte point?"

"Démission?" Méprisa-t-elle. "Notre chère Kaiser n'a jamais pris une aussi bonne décision de toute sa vie, si vous voulez mon avis."

Il ne put empêcher un sourire de coin face à la mout tordu de dégout de la jeune femme, qui apparemment ne savait en rien cacher ses emotions.

"Je ne vous imaginait pas si passionné par la politique." Laissa-t-il couler, amusé.

Elle laissa sortirent un cri outré.

Qui était-il?

"Bien sur que non! Mais regardez comme Cet affreux crouton est vieux! Pourquoi ne pouvons-nous pas avoir de belles jeunes personnes pour guider nos pays?"

Cet foi ci, l'inconnu ne put empêcher un gloussement face à la remarque. Elle ne sut pas si c'était du à l'expression peut commune ou un vrai rire d'approbation. Mais alors qu'il riait doucement elle le trouva encore plus beau. Quelle perte.

"Il faut bien un minimum d'experience"

Et son visage se referma, reprenant tout son style et son élégance entouré de mystère.

"Certainement" Se résigna-t-elle.

Un silence plus calme s'en suivit, et tout deux continuait lentement de marcher dans le labyrinthe qu'était la roseraie.

"Me répondrez-vous?" finit par re-demander.

Elle le regarda un instant intrigué.

"Mes questions" précisa-t-il.

Il s'arrêta alors dans sa marche pour la regarder plus directement, dans une des autres clairière plus ouverte du labyrinthe.

"Mademoiselle, je ne serais pas venue vous voir en personne si ce n'était pas nécessaire."

Sur de lui, le jeune homme la fixait droit dans les yeux.

Hésitant un instant, elle cru voir quelque chose dans cet inconnu. Une agitation avec cette pincé d'empressement, et cette determination qui se gravait sur son visage, vieillissant l'enfant, alors que la jeune duchesse le jugeait.

Elle avait toujours eut cette sorte sixième sens.

Elle sentait la sincérité et le besoin.

Il y avait une authenticité que les manipulateurs ne savait jamais vraiment dosé pour montrer leurs intégrité. Et étrangement, cette fois là, la curiosité l'emporta.

"Si vous me posez cette question, c'est que vous en avez besoin, n'est-ce pas? Rien de plus, ni rien de moins?"

"Oui, Impérativement"

L'inconnu, pas décontenancé, sembla attendre.

Elle sentait doucement ce stress qui montait, et l'importance de ces demandes.

"Désespérément?"

"Oui"

Elle soupira. "Nous parlions jusque là de mes secret, mais que cachez-vous donc?" Finit-elle par dire.

Elle le fixa alors, presque agressive. Et alors, qu'il haussait les sourcils et elle le vit tenter de nier plus qu'elle n'écouta les secrets quelconques qui cachait.

Elizabeth avait grandit à la cours, et des secrets, des drames et des perversions, elle en avait connu. Elle avait connu les malheurs de sa maladie et de sa tare, qu'on lui répétait effaçable et inexistante, ridicule et elle avait finit par rejeter, assumée et embrassés son être. Et elle était habitué au démon de la nuit. Mais, malgré toutes ses expériences, elle voyait presque autre chose dans ce grand oeil blue.

"…Vous voyez, j'espère que vous comprenez?" Finit-il par ajouter.

Une difference. Elle retentissait au travers de chaque pore de peau ce garçon. Et au fond, elle ne pouvait que faire une simple liaison. Il était comme elle.

Une victime du système et peut-être de lui-même. Un prisonnier avec une âme qui aurait dut s'envoler mais que les responsabilités et convenances écrasaient. Elle le voyait dans cet oeil qui cachait des fardeaux plus lourd que son age, qui se barricadait, mais qui ne savait pas comment chassé ses démons les plus noirs.

Alors elle se laissa doucement couler. À croire. À l'espoir de peut-être pouvoir faire confiance.

En plus il est vraiment beau.

"Me répondriez-vous donc si je vous révèle quoi que ce soit?" coupa-t-elle, sans avoir écouter un traitre mot.

Il se renfrogna un peu, réalisant qu'elle venait de l'ignorer, mais il ne s'offusqua pas. Et leurs regards figée commencèrent une guerre invisible. Si elle continuait sur cette voie avec lui cela lui fournirait peut-être l'assurance de voir qui il était vraiment. Peu-être?

Qu'elle pouvait peut-être lui faire confiance?

La jeune fille rit "Vous ne me semblez pas très anglais dites-moi."

Le jeune homme haussa un sourcil face à ce nouveau changement de sujet.

"Je le suis."

"Je n'en doute pas de votre accent, mais vous ne parlez pas comme eut, c'est ce que j'admire chez eux, en vrai" révéla-t-elle.

Un instant son regard se perdit au loin.

"Le fait de dire les choses sans les dire, d'utiliser métaphores et contour de phase pour aborder un sujet, sans révéler la fin, et attendre que l'interlocuteur trouve tout seul, pour ne pas avoir à se salir les doigts."

Elle se remit à marcher un peu, mais Il ne suivit pas.

"Dire les choses clairement, avec malgré tout autant d'interprétation que possible" Continua-t-elle, "C'est si loin ne nous, les Allemands, qui somme bien plus directs et clairs. Mais qui gardons en toutes circonstances notre réserve."

Finalement elle se replaça devant lui.

"Si loin des Français" Un sourire perla à ses lèvres. "Ces derniers sont les pires vous savez. Eux, ils laissent toujours une double vérité sarcastique et méchante derrière leurs mots, mais ils font en sorte que vous la compreniez immédiatement pour que cela vous blesse. Et ils manquent rarement leurs cibles" Révéla-t-elle.

"Vous semblez bien amer en disant ces mots." Arqua-t-il, en restant sur ses gardes.

"J'aime les Français."

"Vous aimez les Français ."

Et elle vit dans ses yeux l'étincelle de l'esprit vif.

"Ce n'est pas les Français que vous aimez, mais actuellement, un Français?"

Elle sourit espieglement. Touché.

"Bien tentez…"

"Me serais-je trompé ?" Reprit-il.

Curieux.

Elle aimait le jeu.

"Il y a juste une légère erreur dans votre raisonnement."

"Vous m'intriguez, quelle est-elle ?"

Et qui de mieux qu'un enfant curieux pour jouer.

"J'ignore si ces unes bonnes idée de vous le dire, c'est un risque dur à prendre."

"Je ne dirais rien si c'est le vôtre souhait, rien ne peut me choquer où me mettre mal-à l'aise aussi"

"Mme... Vous êtes présomptueux"

"Je suis sûr de moi."

"Très bien, alors préparez-vous"

Honnête. Elle l'avait toujours été. Et puis elle enfonçait tellement tout depuis si longtemps. Un essai. Elle pouvait juste tenter… Vérifié.

Elle lui sourit s'arrêtant de marcher et planta ses yeux dans ceux de cet étrange noble. Et approcha ses lèvres de son oreille comme pour une confidence. Peut-être que c'était une erreur? Lui révéler ses faiblesses? Mais Il ne serait pas le premier a savoir, et un secret de dit en valait bien un autre.

Elle chuchota.

" Et si ce n'était pas un homme, que diriez-vous?"

Elle attendit, espiègle la reaction, prête au hurlement et quelque peut exciter à l'idée de choquer.

Alors que finalement il réalisait et connectait les points, elle le senti tressaillir et sursauter. Et surement se retenir de laisser quoi que ce soit traverser la barrière de ses lèvres. Le garçon était légèrement étonné.

Et elle pensait comprendre pourquoi. Ses yeux s'écarquillèrent un instant, mais reprirent bien vite contenance.

"Vous m'en voyez surpris."

"N'êtes-vous pas choqué ?"

Pire, dégouté?

Il sembla réfléchir un instant.

Oui. Il l'était. Troublé. Elle le voyait. Complètement sur son visage. Ou du moins, elle n'attendait pas d'autre réaction.

"Non, notre monde est fait de bien trop de secret et de surprise pour cela"

"Vous semblez bien jeune pour de tels propos."

"L'âge n'a que peu d'importance"

La jeune fille soupira. Et l'observa inquisiteur. Il lui rendait son regard de coin. Et elle le jugea acceptable pour son vrai secret.

"Bon, si, quoi que je fasse je suppose que vous finiriez par obtenir ce que vous voulez. N'est-ce pas?"

"Je ne laisserais pas tomber en effet."

"Il serait cruel de ma part de vous faire attendre"

"Oui…"

"J'ignore pourquoi, et ce que vous en ferez, mais je pense que je vais tenté le tout pour le tout." Il ne répondit pas. "Je vous aime bien, alors je répondrais à vos questions. Mais pas ici."

Droite elle reprit son ascendant naturelle de control.

"Demain, venez prendre un thé, et je veux une preuve que je ne trahirais pas mon pays en parlant avec vous. Ce monde a trop de secret, je ne me laisserais pas manger par eu."

"Je ferais celons vos désirs, et ne dis on pas que prudence est mère de sûreté?"

"Oui, mais elle est aussi la parente de la couardise, alors je prendrais cette réplique avec recul, sur ce Monsieur."

Elle fit une courbette, se retourna et disparu dans les broussailles de la roseraie, laissant l'autre seul au milieu de tout ça. Ignorante du fait, que quelque minutes de plus, et le jeune homme ne serait plus tout seul.

Regardant la place ou cette étrange fille avait disparu. Un grand homme apparu donc derrière lui, tout de noir vêtu, out aussi beau et aux yeux d'un léger rouge.

"Vous n'auriez -pas du accepter jeune maitre"

"Et pourquoi donc" Claqua-t-il, soudainement beaucoup moins respectueux

"Son horaire et son terrain, c'est une position de faiblesse"

"Il faut de temps en temps faire des concessions quand on veut quelque chose, elle l'a compris, si elle avait vu qu'on ne lui laissait aucun pouvoir elle aurait refusé."

"Quand savez-vous? Elle est plutôt lunatique, elle aurait pu accepter"

Ses sourcils se froncèrent.

"Toi, tu ne peux pas voir la vie du bon coté, Sebastian" s'énerva-t-il "Et arrêter de critiquer toutes mes décisions pour une fois"

"Voyons bocchan, vous ne croyez quand même pas que ça me fait plaisir, vous vous mettez inutilement en danger"

"Je suis toujours en danger."

"Et c'est toujours moi qui nettoie derrière…" Se désola le noiraud.

"Oh, lâche moi la grappe et pour l'instant rentrons, nous avons encore a faire."

L'homme en frac passa rapidement ses bras sous les jambes du plus petit et le souleva comme s'il n'était rien, avant de disparaître.

Elizabeth rentra bien vite. Cherchant à se retirer dans sa chambre, elle fut presque surprise de croisé la fête, oublier. Quel ennui. Elle venait de rencontrer un esprit de la nuit, plus beau que tout, et elle ne pouvait perdre son temps, dans un endroit si ennuyeux où de toute manière personne ne voulais d'elle.

Elle devait trouver un moyen de s'échapper, ce qui se trouvait être beaucoup plus amusant.

Ou finalement pas, en moins de deux minutes, elle avait put s'éclipser vers ses appartements. Pourquoi personne ne la voyait jamais quand elle faisait les bêtises qu'elle voulait qu'on remarque? En moins de deux minutes elle se changea sans sa servante puis d'un pas rapide se dirigea vers la bibliothèque, l'immense salle faisaient au moins cinq foi la tailles de son immense suite.

Elle fouilla pendant près de 15 minute lorsqu'elle trouva enfin ce qu'elle voulais. Le magnifique volume du Burke's Peerage, des emblèmes des grandes maisons anglaises, elle parcourut rapidement les pages pour enfin arriver à P. Elle était sur que ce n'était pas la première foi qu'elle voyait ce si beau P

Voilà! Eureka!

Finalement elle le re-voyait en lettre courbe.

Phantomhive jouait et confiserie pour enfant.

"Oh, et bien, dîtes-moi, j'ai bien choisi mon partenaire de jeu…"

Ce thé risquait d'être bien étrange.