Chapitre 19
Sweet & Sour
Warning: Je tiens à rappeler que cette histoire comprendra des relations hommexhomme, de la pédophilie à petite dose, ainsi que des scènes de rapprochement pas tout le temps consentantes. La lecture et l'interpretation des textes est à votre discretion.
Manon - Eh eh, et oui la belle! Vu que je suis incapable d'être régulière, je profite de ces vacances, ainsi que de ces soudains rushs d'inspiration pour re-corriger/ publier les chapitres, et finalement en écrire des nouveaux! Hâte que tu vois la suite! J'espère qu'elle te plaira.
"La gourmandise réside dans l'exquise délicatesse du palais et dans la multiple subtilité du goût, que peut seule posséder et comprendre une âme de sensuel cent fois raffiné." - Guy de Maupassant
Mardi 28 octobre 1890.
Jour 26 depuis le meurtre.
Posant les pieds sur le sol, il sentit distraitement les mains de Sebastian lui retirer son manteau et lui réorganiser les cheveux, retirant le béret. D'un coup, ses mèches commencèrent à dégouliner en cascade devant ses yeux. Maintenant trop longue pour s'étendre sur son front sans lui cacher le regard, il ne voyait plus qu'au travers d'un rideau étanche d'épis.
Au moins, son cache-œil était à peine visible.
Et sous son doigté, il vit le démon, se mordre la lèvre de frustration, avant de repousser, pour la énième fois, les tissus de kératine jusqu'à ses oreilles. Geste inutile, car ces derniers re-glissait presque instantanément devant ses yeux, telle une offense personnelle au perfectionniste qu'était le majordome. Finalement, après plusieurs essais, de ce qui était pour Ciel un combat perdu d'avance, le jeune homme commença à le lasser. Et il repoussa les mains inquisitrices de son diable bien trop impatient pour attendre une minute de plus.
"Bon, maintenant qu'on a fait ce que tu voulais, je veux mes gâteaux"
"Oui, oui bocchan"
"Tu m'écoutes, oui ?"
"Oui, oui… Il vous faudrait une barrette."
"Absolument pas! Mes gâteaux, maintenant!"
Le démon soupira, et baissa pour le moment les mains.
"Je vais de ce pas dans la cuisine, vous les préparez."
"Comment ça? Tu ne les as pas sur toi?"
Le démon arqua un sourcil avant d'écarter ses bras en grand, invitant le jeune homme à l'inspecter.
"Évidemment que non, mais si vous voulez… tâter pour vérifier, faites vous plaisir", susurra-t-il sournois.
Ciel rougit, le majordome, paume tendue vers lui, ouvrit un peu plus les bras, ramenant en avant son buste et son bassin dans une position que nombreux aurait qualifiée… 'd'aguichante'? -mais nombreux n'était pas Ciel. Et le jeune homme du retenir un grognement face a la demonstration puerile de son second-. Pourtant, l'action si minime, démontra, en effet, à Ciel qu'il n'y avait absolument pas la place pour cacher des gâteaux entre les plis de la tenue de Sebastian.
Non… le parfait majordome était (à son habitude) vêtue de noir. Plus particulièrement d'un grand manteau de ville très citadin qui s'ouvrait sur un ensemble très… collé-serrer. Sa chemise, gris sombre, ressortait sous un gilet de peau noire avec une simple ceinture de cuire, taille basse, qui enserrait un pantalon de toile moulant. Son col ne montait qu'à un foulard court qui illusionnait une cravate, mais qui laissait voir un peu trop de peau au niveau du cou et du haut du torse pour faire trop habillé. Le tout, remontait le regard du passant (Ou des pauvres jeunes filles) jusqu'à un sourire enjôleur et légèrement supérieur —oui, supérieur, et à ce moment là, Ciel aurait bien aimé le lui arracher, à ce demon de malheur.
Non, définitivement, Sebastian ne pouvait rien cacher dans un habit si étroit.
"C'est bon, j'ai compris. Arrête de faire ton Casanova*, où sont donc mes gâteaux?"
"Je viens de vous le dire: dans la cuisine. Alors allez attendre dans le salon que je vous les apporte."
Ce fut au tour du Comte d'arquer un sourcil.
"ET si je n'ai pas envie de les manger dans le salon?"
Sebastian roula des yeux, finalement le gamin risquait de lui taper sur le système.
"Et que comptez-vous donc faire Bocchan? Si vous ne comptez pas aller dans le salon, alors très bien, installez-vous dans votre chambre ou dans le cabinet"
"Non"
Rouge, l'humain fixait autre part, frustré et énervé.
"Ah lala~ la vie ne vous épargne pas de vos souffrances, jeune maitre. Je vais commencer à croire que c'est votre mot préférer."
"Ne te moque pas de moi. Je veux manger dans la cuisine, c'est juste que je veux manger dans la cuisine! C'est ma résidence non?!"
Les deux s'affrontèrent du regard.
"Soit, Bocchan", claqua le majordome énerver. Il hésita un instant, se retenant d'ajouter que la cuisine était 'son domaine', mais préférant se débarrasser d'une polémique, il prit justes la route de la petite pièce du fond des quartiers des domestiques.
Le jeune Comte le suivit observant la démarche aisé de son serviteur en face de lui.
En quelques secondes, ils arrivèrent dans la cuisine, aussi belle et brillante que les autres pièces du manoir.
Immédiatement lors de son entré, Ciel se sentit bien. Une odeur étrange et personnelle l'envahit. Les arômes d'épices Bengalais laissés là part Soma et Agni, d'agrumes et de thés se mélangeait les unes aux autres. Ainsi, que… l'odeur plus noire et personnelle du démon, qui avait depuis longtemps pris possession de la pièce.
Sur un des buffets était posé trois boîtes bien emballées et décorer de fils dorés. Il ne fallait pas être un génie pour comprendre que a l'intérieur se trouvait de merveilleux cake que Ciel rêvait d'engloutir.
Ses yeux se mirent même à briller. Sebastian soupira, si seulement son bocchan pouvait éprouver la même passion pour faire ses devoirs ou ses obligations, il en serait plus que comblé.
Ce dernier, ignorant ses états d'âme, s'approcha des paquets, sortit un plateau et commença à déposer les merveilleuses pâtisseries avec art et délicatesse. Les yeux de Ciel se posèrent en particulier sur un Saint-honoré ragoûtant.
"Sebastian, arrête de me faire patienter et donne les moi tout de suite"
"Voyons Bocchan, il faut que l'apparence soit tout aussi bonne que le goût si vous voulez apprécier"
"Tu es ridicule et inutile Sebastian! donne les justes moi."
"C'est vous qui vous emmêlez les pinceaux Bocchan. L'enveloppe est importante pour faire confiance au produit et pour que vos neurones vous envoient des ondes positives. Peut être même plus que le goût. C'est la nature humaine de rechercher la perfection de la vue."
"Je sais déjà comment tous ces gâteaux goûtent. Les arranger ne changera pas l'avis de mes papilles."
"Vous seriez étonné que si"
Sebastian déposa le plateau sur la table de la cuisine ou était assis le jeune comte.
"Si je vous servais des gâteaux du même goût sur un plateau sale couvert de poussière, il se pourrait même que vous rechigner à les manger, comme le thé de tout à l'heure"
Ciel se servit, Ignorant royalement son servant.
"Ne fais pas de marketing sur moi. Je connais très bien les techniques de vente, j'en suis depuis longtemps immunisé."
"Alors ça, j'en doute. Si je n'avais pas sélectionné le Saint-Honoré avec la décoration en étoile, vous auriez largement préféré la forêt-noire, vous êtes un bleu Bocchan."
"Et toi, tu es horripilant, et hideux."
Ah Ouch.
Touché.
Ciel le senti le regard noir, immédiat, que lui offrit le diable. Et il regretta un instant la pique qui risquait de lui couter cher.
"Vous me faites rire... Si j'étais moins beau, vous n'oublieriez pas aussi souvent ma véritable nature, Bocchan."
"Je ne l'oublie pas!" S'insurgea Ciel.
"Oh, si vous l'oubliez, car si vous vous rappeliez que j'étais un démon vous seriez beaucoup moins prétentieux!"
"Non Sébastian, car je suis bien au courant que tous les démons sont pourris de l'intérieur. Et maintenant, tais-toi"
Mais le démon ne le sentit pas de cette oreille là, trop vexé. Alors Sebastian fit ce qu'il savait faire de mieux. Exploiter les faiblesses et les failles offerte. Et Ciel sut immédiatement dans quelle direction cette conversation allait tourner.
Le démon laissa une intonation malveillante prendre place dans sa voix.
"Me taire? Auriez-vous peur d'affronter la vérité? Que…"
"Tais-toi!"
"…Que, peut-être vous commencez, pour cet être 'pourris', à ressen…"
Ciel se releva, et trébuchant à moitié, il s'accrocha à Sebastian.
"La ferme! Il n'y a rien que je ne ressente pour toi, autre que du dégoût! Je n'oublie jamais, démon, ce que tu es!"
"Si, vous l'oubliez. Vous ne vous en rendez pas compte, mais vous êtes incapable de vous contrôler, et incapable de réaliser tous les signaux provoquant que vous m'envoyez, et à quel point je dois y résister."
"Je ne provoque rien du tout démon! Tu t'égares bien seul!"
"Vous oubliez que je sens tout, Bocchan. Et vous me demander de faire fit? Alors que votre être me supplie indirectement de me laisser aller? La manière... dont vous vous penchez vers moi, avec ces miettes aux coins de vos lèvres... et ce sucre, qui coule dans vos veines…"
Ciel vit rouge, et sentit soudainement la chaleur si caractéristique du démon, ainsi que cette aura noire qui l'entourait s'entendre dans la pièce alors que Sebastian perdait doucement pied avec la réalité. Ces canines prédatrices qui commençaient à pousser entre ses dents trop blanche.
Et il la sentit aussi.
L'envie, et il paniqua.
"Non. Ce n'est pas le cas. Jamais!"
Toute la froideur de Sebastian apparut alors dans ses yeux, et alors que le jeune homme commençait à se débattre, il le poussa soudain, et Sebastian se laissa tomber en arrière, entrainant le jeune homme à sa suite. Son bocchan, ne se laissant pas déboussoler, mais écraser sur le diable, se redressa alors, et bloqua le démon de ses jambes, pour l'attraper par le col et le garder éloigné. La hauteur et la colère lui donnant un avantage… un faible avantage.
"Non! Je n'oublie pas démon!"
À califourchon sur ses hanches, les yeux de Ciel s'enflammèrent, et faisant fi de la position compromettante, il répondit au défi du diable. Il le tenait, le démon au sol, pour la première fois depuis toujours, même si c'était illusoire, il avait l'ascendant. Tout son corps sursauta d'adrénaline, et il repoussa son second par le col, ce foulard entre les mains. Y mettant toute sa force. S'il avait été humain, on aurait pu voir les marques rouges commencer à se former sur la peau d'opaline de Sebastian.
Mais, bien sûr, le démon n'était pas humain.
Ciel ne put que pester alors que le diable le toisait provocateur.
"Vraiment?" Susurra le corbu* empli d'impertinence, et d'une froideur calculatrice.
Se redressant vivement, Sebastian réduit la distance, rapprochant leurs visages pour qu'il soit tout deux assis, le plus jeune toujours sur lui. Le comte restait bloqué les mains autour du col de Sebastian, les jambes de part en part du démon, poussant inutilement pour le garder au loin.
Et le diable provocateur, d'un geste sensuel, raccrocha les hanches du garçon et le colla à son bassin, dans un échange bien trop intime.
"Si vous ne l'oubliiez pas Bocchan, alors vous ne prendriez pas ces positions si impudentes près de moi. Vous pensiez gagner à ça?"
Le regard enflammé, le Comte ne réagit pas à la provocation, et durement, il garda la tête froide.
"Tu t'égares démon. Je reste le maître."
"J'en ai assez de faire comme s'il ne se passait rien", susurra ce dernier à l'oreille de l'adolescent, "Ou de ne rien voir… Vous sentez si bon Bocchan"
Alors qu'il gémissait presque ces paroles, le diable, les yeux rouges et canines sorti passa doucement son nez dans le cou de l'adolescent, libérant son souffle chaud sur la peau fraîche et douce de l'humain.
La gifle partit prestement le sortant de sa transe. Sebastian ne s'en offusqua pas. Ciel réagissait à l'affront que le démon lui faisait. Il n'irait pas jusqu'à dire qu'il la méritait, mais en tout cas, il était allé la chercher.
Et tous deux savaient que ça ne les ramenait qu'à un pas de danse de plus entre eux, un jeu de plus. Il se cherchait bien trop souvent. Et le cœur qui battait si vite de l'adolescent le leur rappelait très bien.
Sebastian en avait assez. Mais devant le regard fixe de Ciel, et sa respiration haletante… il se résigna, perdant doucement le contrôle. Car il se devait de plaire à son maître, et tout au fond de lui, Ciel le savait aussi. Mais il voulait plus… et il oserait dire que ça devenait son droit. Cela ne changerait rien, d'ajouter ce petit plus. Il n'y aurait aucunes conséquences futures… Cela…
"Lâches-moi" serra le comte.
Il hésita un instant, mais la voix rauque de Ciel le fit réagir. Alors, docile, le majordome lâcha la pression qu'il exerçait avec ses mains et qui forçait leurs aines à indirectement se rapprocher. Et Ciel, à son grand dam sauta hors de l'étreinte.
Les lèvres serrées, et son grand œil emplit de douleur, mais gardant un total contrôle, le Comte ne se laissa pas intimider.
"Plus jamais, diable. Jamais!"
Se relevant l'homme tout de noir hésita un instant"
"…Monsieur"
"Dis-moi que tu as compris?!"
Il dut se contrôler, mais finalement courba l'échine avec respect et lenteur.
"Oui… Monsieur"
"Tu as intérêt."
Le jeune homme se retourna donc immédiatement et sans procès, attrapa l'assiette de gâteau pour s'asseoir sans grâce à la table au centre de la salle.
"Four…"
Une fourchette propre fut déposée délicatement entre ses doigts. Et le jeune homme ne fit plus aucun commentaire.
Mais le corbeau sentait son trouble et sa fureur et la répression de tous ces sentiments qui se mélangeait à son être.
Sebastian ne fit pas le moindre son.
Et le Comte mangea en silence.
C'était une après-midi de plus, chez les Phantomhives.
Giacomo Casanova - Vénicien du 18eme siècle connu pour sa vision très ouverte de l'amour et des relations sexuelles. Je me permet de faire une note car j'ai longuement hésité entre 'Casanova' et 'Don juan', pour Sebastian. L'un étant (Casanova) un portrait beaucoup plus généreux que l'autre. Hors, je me disais que Ciel inconsciemment ne veut pas voir Sebastian comme un Don Juan, et donc, sans s'en rendre compte, lui donne un nom plus Soft qu'est le Casanova (et comme ça, s'excuse lui-même de l'intérêt qu'il lui porte).
Un Corbu est un Corbeaux dans une sorte de vieux français.
