Chapitre 21
Light is therefore colour
Hello les choux, écoutez, voici bien depuis le début de cette quarantaine que je me dis. Mais voyons Lou, n'est-ce pas le moment idéal pour se remettre à écrire ? Et finalement sortir ces chapitres tant attendus. Et bien mes chèr/es, bien que cette petite voix a été bien active pendant ces derniers mois, mes doigts sont restés de gros boudin. C'est bien hier, que finalement, mes longs nemesis/amis (un peu une vache relation avec eux) l'inspiration, et la motivation sont revenu, m'ont pris par les chevilles et mon accrocher la tête à l'envers pour que je m'y mette. Mais alors, non seulement je m'y suis mise, mais les mois d'été ont toujours ramené avec eut quelques publications en plus. Cette foi, je me donne un goal. À la fin de l'été, cette fic sera fini ! J'en fais le serment.
J'ai déjà au moins 20 chapitres de déjà près, et le reste déjà tracé et ébauché, il n'y a pas de raison que ça ne marche pas. Donc mes chèr/es petites poules, j'espère que pour les prochains mois vous allez pouvoir voyager avec Ciel et Sebastian, tout en commençant par ce premier chapitre, une jolie mit-en bouche avant de reprendre la trame de cette histoire qui mérite bien une finissions certaine ! Gros bisous à tous mes igloos et je vous retrouve en bas de la page !
"It is only when we are no longer fearful that we begin to create" J. M. W. Turner
Mardi 28 octobre 1890.
Jour 26 depuis le meurtre.
Ciel resta un instant immobile comme cela, avec ses paupières fermées. Attendant irriter que Sebastian se décide enfin à faire quelque chose. Évidemment, il se sentait ridicule d'être encore porté comme une princesse par le démon au milieu du parc. Mais bon, à quoi pouvait bien servir la fierté dans tous les cas, stupide idéologie masculine, il en avait la claque du siècle après tout ! Il n'en était plus à une humiliation près -et puis il pouvait presque sentir le sourire grognard de Sebastian- qui risquait de le charrier. Il ravala sa gêne, vu qu'il n'y avait personne et que ce n'était ni la première, ni la dernière fois, Ciel accepta les faits avec un ronchonnement, et cette fois encore il fut plus que certain que Sebastian retenait un gloussement.
"Bon?! Alors ? Il se pass…" Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que le sol tangua et qu'en un instant, il sentit son corps s'élever, le laissant sortir un petit cri pas très viril.
C'est dans ce reversement de sens qu'il crut sentir le souffle chaud de l'être infernal sur ses lèvres. Mais il fut incapable de confirmer ce soupçon que la voix rauque du démon le parcourut alors qu'une certaine noirceur s'emparait de lui.
"Patience Bocchan, n'ouvrez pas vos yeux".
Dur, froid, suave, si désirable, ce ton que Sebastian ne réservait que pour leurs moments les plus intimes le laissa muet et presque tremblant. Puis ce fut un courant d'air, froid, léger qui prit sa place, le faisant irrémédiablement frissonner.
Le monde tourna d'un coup, et il perdit tous ses repères.
Tous sauf Sebastian.
L'élégant démon restant droit et fixe dans ce monde valsant fut d'un coup sa seule prise. Et Ciel raffermit instinctivement son corp contre le frac. Sans même savoir s'ils bougeaient, il avait comme un vertige, et il avait cru sentir soudain un saut. La pression légère de l'atmosphère qui l'entourant ne lui laissait aucun indince alors que pourtant, l'air ambiant restait visiblement stable.
Le vent ne gênait pas leur étrange ascension et la gravité ne semblait pas vouloir les ramener au sol. Et il sentit ses craintes s'intensifier alors qu'un nœud dans son estomac lui rappelait gentiment à quel point la descente risquait d'être brutale. Mais ils ne redescendaient pas, comme si le démon s'élevait indéfiniment et Ciel douta un instant qu'il ait même bougé.
Peut-être, était-il toujours là, au milieu du parc, sous le regard des arbres morts, les pieds dans la boue. Est-ce que Sebastian se moquait encore de lui ?
Il ne savait pas, et il hésita un instant à faillir à sa promesse et à ouvrir les yeux.
Mais quelque chose au fond de lui le retint.
Il ne pouvait s'en empêcher… Il voulait croire en Sebastian. Ces sentiments inutilement perdus dans un être qui ne méritait rien de lui… Et le goût amer de ses propres peurs le prit à la bouche. Incapable de faire face à sa propre faiblesse.
Pourtant, sa patience fut récompensée.
Un instant de plus à flotter, et puis, tout sembla s'arrêter, il sentait juste la puissance des bras du démon contre son corps alors qu'un brutal 'tang' se faisait entendre. Il crut un instant que le fouillis dans sa tête et le tournis qu'il avait ne partirait pas. Il était crispé et incapable de se concentrer sur quoi que ce soit, alors qu'un mal au cœur le prenait soudainement, et qu'il crut faire un tour complet sur lui-même.
Il faisait chaud, sa peau qui jusque-là avait été en contact avec l'air froid de Londres était maintenant parcouru d'une brûlure intense. Ses paupières, légèrement entrouvertes, brûlaient sous une source de chaleur atténuée qui lui semblait bien trop lumineuse. Même s'il avait voulu ouvrir les yeux, ils savaient que ces derniers se seraient refermés immédiatement, si bien qu'il les cachait dans l'ombre du frac de Sebastian, enfonçant son nez dans la chemise du diable. Le cœur toujours haut et les sens chamboulé.
Il sentait les rayons mortels du soleil le caresser de leurs étreintes, le parcourant de frisson. Il sentait encore une foi, plus lourd que jamais, le poids de ses vêtements et les bras puissant de son majordome qui l'électrisait. Sa peau si fine et si blanche se réchauffait au contact de l'air comme dans n'importe quelle fournaise et des grains qui lui semblait être du sable se déposaient sur lui et lui tirait les pores.
La sécheresse de l'air pénétrait ses lèvres et descendait jusqu'à ses poumons, ouvrait toutes ses alvéoles de pleins fouets, les chauffants sur place.
Il sentit le souffle d'un vent plus chaud que la braise apporter à ses narines les puissantes effluves de ce qui ressemblaient à du sel, des fleurs et des fruits. Cela lui fit l'effet d'un fouet, le faisant prendre conscience qu'il ne respirait plus l'oxygène habituel d'Albion, si loin des froides caresses de la terre des angles, que le parc moisi et sombre ne l'entourait plus.
Les odeurs d'une mer plus puissante que les pauvres falaises du nord, avec ce goût si fort d'iode qu'il ne sut dire ce que c'était, l'assaillirent de toute part. Le tout lui montant au cerveau, embaume son être, et ralentissant ses muscles. Même le sel, venait se poser dans ses cheveux.
Sa langue soudain sèche, sembla inappropriée dans sa bouche face à tous ces goûts qui le faisait saliver.
Et alors qu'il pensait que tous ses sens avaient déjà été saturés, il commença à l'entendre le bruit profond de l'eau se fracassant sur les falaises de roc et les bas mouvements qui se brisaient sur la roche, et repartaient dans un rythme assuré et régulié.
D'un coup, il crut se rappeler ou était le sol, ou était le ciel.
Et le bruit des vents presque inaudibles qui glissaient sur l'onde de l'eau calmait sa fièvre.
Sa propre respiration s'adapta à ces nouvelle sensation et ne supportant pas un instant de plus cette soudaine oppression de sensation, il ouvrit les yeux.
Une explosion de couleur, s'attaqua violemment à sa rétine qu'il referma aussitôt. Et dans une crainte non contrôlée, il se raccrocha plus à Sebastian. Étonament le démon ne disait rien, mais comme si la créature avait soudain vu une nouvelle patience naître, et elle ne le pressait pas. Même plus étrange, elle semblait attendre doucement qu'ils reprennent ses esprits. Sa main, toujours entourant sa taille, semblait lui caresser doucement les reins comme pour l'insinuer à prendre son temps et ouvrir ses yeux. Alors, Ciel ressaya, et il laissa s'écarter une nouvelle fois ses paupières endolories. Et bien que Sebastian et son drôle de sourire furent la première chose qu'il vit, son regard se détacha immédiatement pour se poser sur l'étendue bleue juste au-dessus d'eux. Plus qu'un dessin, une peinture s'entendait dans un ciel sans la moindre ombre nuageuse. L'illusion, d'une illusion, l'infiniment bleue. Il cligna immédiatement, mais doucement son œil s'ouvrir une nouvelle fois, alors que maintenant, t son esprit semblait finalement accepter ce qui l'entourait. Puis, il senti plus qu'il ne vit Sebastian baissé les bras pour lui poser dans un mouvement souple les pied à terre.
Bien qu'un haut de cœur le prît sur le coup, il sut se stabiliser assez vite, avant de tourner la tête vers l'horizon.
Les jambes toujours faibles, les mains moites, il resta un instant accrocher à Sebastian, mais son esprit était déjà bien loin alors qu'il restât là, un instant, bouche-bée.
Ne comprenant pas plus, il laissa son doigt glisser sous son cache œil et pour le relever, et observer avidement ce qui s'entendait devant lui.
Du rose, du rouge de l'orange qui s'étendait à perte de vue devant unes immensité plus azur que le ciel lui-même.
Du haut de la falaise, les plus belles ombres qu'il n'avait jamais vues s'étalaient de leur pinceau sur les nuages et les reflets de l'eau. Se mélangeant dans un pastel brillant, tel que les paysagistes les avait dessiné depuis des années.
Il pensa à Turner, mais plus vif, plus puissant, plus clair.
Sebastian le laissa alors doucement reprendre pied, alors que l'astre de lumière s'enfonçait dans la mer, plongeant sans détour dans cette étendue profonde.
Sur le haut du rock où il reposait, on pouvait voir en contrebas des dunes de plage. Et derrière eux un immense champ de vigne s'étendait jusqu'à la vallée en contrebas.
Mais le jeune comte n'en vit rien. Obnubiler par les couleurs de la mer, se couvrant les yeux de la main, pour discerner au loin le puissant soleil qui continuait malgré toute sa langoureuse et terrible descente dans les sillons bleutés, caressant l'étendue de ses rayons plus orange que dorer.
Ce qui sembla aux yeux de Ciel duré une éternité, alors que cet orbe disparaissait dans l'au-delà de la mer, ne fut qu'en réalité que quelques minutes, suffisantes à le laissait pris de court, la gorge sèche.
Une foi que les dernières couleurs saignantes eurent quittée les blancs nuages, et que la nuit eut peu à peu repris les ses droits, laissant la lagune sous une bleue pâle, le jeune homme sentit sa langue se délier, alors qu'il continuait de fixer l'œil grand ouvert, l'immensité, à laquelle aucun rayon ne semblait atteindre la fin.
"Somme nous encore sur terre ?"
Le majordome qui n'avait pas ouvert la bouche, et qui avait vu sombrer le soleil en même temps que son maître, rendait les armes, se permit un autre sourire.
"Bienvenue en Grèce Bocchan"
Ciel releva la tête, puis en un instant échangea un regard remplit de coleur vers son démon.
Oui, il remplirait cet être d'espoir, pour tout lui retirer. Mais pour l'instant, il avait bien d'autre chose plus importante à faire alors que deux orbes sûrement plus bleu que la mer le fixait attendant de lui la seule lueur de réalité dans la folie de ce monde.
Et voilà voiloù, merci de m'avoir lu ! Alors j'ai peut-être publié ce chapitre un peu vite, mais je ne pouvais pas attendre ! S'il vous plaît dites-moi ce que vous en pensez en review ! La suite devrait arriver bientôt.
Ps- Excusez, mes fautes d'orthographe, elles ne sont évidemment pas voulues.
