Après la 53ème expédition extra-muros, le major Erwin Smith nous avait convoqués dans son bureau pour faire un bilan des pertes, assez catastrophique comme d'habitude.

« Nous déplorons 29 % de perte dans nos rangs, ce qui est encore élevé.

-Pourtant, la nouvelle formation est censée minimiser les morts.

-Justement, c'est encore la même merde . »

Je regarde Livaï, il est énervé. Je comprends sa frustration, mes hommes aussi sont morts….

Après une réunion interminable, nous pouvons disposer.

Il fait déjà nuit, les soldats sont tous partis se coucher après la dure journée riche en émotions. Je décide tout de même de passer par l'infirmerie pour avoir des nouvelles d'un soldat de mon escouade, William.

« Tu vas mieux ? »

Je pose ma main sur la sienne .

« P-Pardonnez-moi….J-Je n'ai pas…

-Calmes-toi, tu n'y es pour rien. C'est de ma faute, je suis votre chef, j'aurai dû mieux vous protéger.

-N-Non capitaine !Vous êtes une personne formidable. »

Je lui souris et lui dis de se reposer.

Je sors de l'infirmerie et je le vois adossé contre le mur, les bras croisés.

« Tu es bien trop gentille.

-Et toi trop froid avec ton escouade.

-Ne critiques pas ma méthode, elle est efficace.

-Oui mais je cherche encore la complicité entre vous, Livaï. »

Je commence à marcher vers mon bureau, Livaï me suit pour me faire la morale.

« Entre eux, ils font un bon travail d'équipe.

-Et toi alors ? »

Je me retourne pour attendre sa réponse. Livaï a toujours été froid avec les autres.

« De quoi, moi ?

-Pourquoi tu es si distant ? »

Je vois que ma question le dérange plus qu'autre chose, il n'aime pas quand je critique son comportement. Ce n'est pas la première fois que je lui reproche et je sais qu'il va mal le prendre et m'envoyer valser, comme d'habitude.

« Clairement, j'en ai rien à foutre de ce que tu penses. Si j'ai envie d'être distant, c'est pour ne pas baigner dans la même merde que vous autres. »

Livaï me tourne le dos et rejoint son bureau. J'ai l'habitude de son ton désagréable, pourtant ça me fait toujours mal lorsqu'il me parle comme ça.

Je rejoins ma chambre et m'affale lourdement sur mon lit.

Encore une triste journée.

Je regarde les papiers sur mon bureau, ils attendront demain. Pour l'instant, je veux juste prendre une bonne douche et dormir.


Le soleil va bientôt se lever, il est un peu plus de 5h30. Je suis toujours fatiguée et je n'ai qu'une seule envie : rester dans mon lit au chaud. Je me lève à contre cœur pour préparer l'entraînement des soldats. Je décide de commencer par des exercices d'endurance, histoire de les mettre en forme. Je les regarde courir autour du terrain, épuisés par l'heure matinale et l'effort produit, ainsi que par le froid. Il y a quelques années, c'était moi à leur place, entrain de cracher mes poumons. Je ne peux pas m'empêcher de sourire un peu, je ne suis qu'une sadique.

« Ce n'est pas en les faisant courir que ton escouade va buter des titans… dit une voix désagréable de bon matin.

-Bien le bonjour Livaï, oui ça va j'ai passé une nuit à peu près correcte merci de demander ! Répondis-je en le regardant de travers, les bras croisés sur ma poitrine.

-Commence pas de bon matin, s'il te plaît ...Dit Livaï en râlant puis regardant mon escouade.

-Je n'aime pas lorsque tu juges mes capacités de chef d'escouade, tu es le premier à savoir que l'endurance est la base pour devenir un soldat, alors s'il te plaît, la ferme.

-Je te rappelle que je suis aussi ton supérieur, certes tu es la favorite d'Erwin mais ne commence pas à mal me parler car crois moi que lécher le cul de ton supérieur ne va pas te sauver cette fois-ci. »

Je le regarde, étonnée par ses paroles, tellement abasourdie. Il se retourne et se dirige vers son escouade.

« J'ai tellement envie de lui casser la gueule, salopard ! »

C'est vrai, je suis très proche d'Erwin mais c'est parce qu'on s'est aidé mutuellement par le passé. Il m'apprécie à ma juste valeur et aussi car je fais du bon boulot. J'avale ma colère envers ce foutu caporal de mes deux puis retourne à l'entraînement de mes soldats. Je continue de leur donner des exercices tout en regardant du coin de l'œil ce que faisait Livaï.

«Je dois l'ignorer putain. »


Un peu avant midi, je passe au bureau d'Erwin pour lui rendre le rapport que je viens de finir.

« Voici major, lui dis-je en déposant le dossier sur son bureau.

-Merci beaucoup tu es parfaite, et ne t'inquiète pas, entre nous pas besoin de m'appeler « major », répondit le blond en me souriant.

Je lui souris en retour.

-Le cher caporal Livaï désapprouverait ce genre de comportement. Tout à l'heure, il m'a reproché de me cacher derrière toi si tu vois ce que je veux dire…

-Ne t'inquiète pas de ça, ignore le…. Dit-il en se levant pour regarder pas la fenêtre. »

Je soupire. C'est dur d'ignorer quelqu'un qui te lance des piques, je suis obliger d'exploser surtout avec mon tempérament.

« J'ai un service à ta demander.

-Oui je t'écoute.

Je le regarde intensément en attendant sa réponse. Je suis tendue, Erwin qui me demande un service aussi sérieusement, c'est très rare.

-J'aimerai que tu m'accompagnes au district de Stohess.

Je le regarde, assez surprise.

-Euh...oui bien sûr, si tu me le demande. Mais pourquoi moi ?

-Tu sais très bien que je te fais entièrement confiance et puis avec l'influence qu'avait ton père, tu fais toujours bonne impression là-bas. Sans parler que parmi le bataillon, tu es celle qui négocie comme un chef. »

Je baisse la tête lorsqu'il mentionne mon père.

« Certes mon père était respecter mais parce qu'il inspirait plus la crainte que l'admiration… Mais c'est d'accord, je t'accompagnerai. Le voyage est prévu pour quand ?

-Dans un peu plus d'une semaine. Nous rencontrerons les investisseurs et le Conseil pour parler des fonds du bataillon.

-Je vois, encore des problèmes là-dessus, dis-je en prenant mon menton avec mes doigts.

-Oui, malheureusement. »

Je salue Erwin puis quitte son bureau. Je passe à l'infirmerie pour voir comment va William, mon soldat blessé.

Lorsqu'il me voit, il se redresse sur son lit avec un grand sourire.

« Bonjour Capitaine !

-Bonjour William, j'espère que tu vas mieux. Tu t'es bien reposé ? Lui demandais-je en posant ma main sur la sienne.

-O-Oui Capitaine ! Merci de vous en préoccuper mais ne vous inquiétez pas, je vais bientôt être sur pieds et revenir à l'entraînement ! »

Je lui souris, contente qu'il se sente mieux. J'ai déjà perdu assez de soldats en expédition… Quelqu'un toque à la porte de l'infirmerie. Lorsque je me retourne, je vois Livaï. Instinctivement, je retire ma main de celle de William, je ne sais pas pourquoi…

« Hanji et Mike désirent te parler. »

Il se retourne et part. Je suppose que je dois le suivre. Je me retourne vers William et lui dis de bien se reposer. Je trottine pour rejoindre Livaï et être à son niveau.

« Qu'espères-tu en lui montrant des signes d'affection, tu remarques bien que ce jeune ressent quelque chose pour toi. Et tu sais très bien que les relations entre soldats et capitaines sont interdites, me dit-il sans me regarder,continuant à marcher.

-Ce n'est pas du tout ce que tu crois. Je prenais de ses nouvelles, j'ai déjà assez perdu de soldats, je veux sauver le peu qu'il reste… Et il ne se passera jamais rien entre lui et moi. Je ne ressens strictement rien pour lui et puis ce n'est pas du tout mon style. »

Je baisse un peu la tête ne voulant pas sentir son regard. Car si il fallait décrire mon type d'homme, je dirais l'homme à ma droite.

« Tu fais ce que tu veux, je m'en contrefous de tes histoires de cul mais n'oublie pas quel est ton premier devoir en tant que soldat et surtout en tant que capitaine. »

Il ouvre la porte de la grande salle et entre. Moi je suis un peu en retrait, blessée par ce qu'il dit. Je lui confie mes sentiments, mes pensées puis il dit qu'il s'en fout.

« Si tu t'en fous, pourquoi tu me parles de moi et William ? La prochaine fois pense à fermer ta gueule,occupe toi de ton cul car j'en ai marre d'entendre tes sales réflexions de merde à longueur de journée ! »

Je passe devant lui, énervée pour rejoindre le bureau d'Hanji mais je le sens attraper mon bras violemment. Malheureusement pour lui, j'arrive à me dégager puis ouvre la porte du bureau. Avant de la fermer je l'entends dire :

« Ne crois pas t'en tirer comme ça, on réglera ça ce soir. »

Je déglutis. Je me suis mise le caporal à dos. J'ai bien entendu dans sa voix toute la froideur.

J'ai passé le reste de l'après midi avec Hanji dans son bureau à parler de tout et de rien: les expéditions, la politique et même les problèmes personnels. Hanji est mon amie, un peu folle certes, mais mon amie. Mike est passé nous voir pour un rapport puis il est reparti aussitôt. Avec Hanji on a discuté ensemble puis on est parti manger. Contrairement aux soldats, les capitaines ont un réfectoire plus petit mais privé, on n'est pas tous mélangé. Alors que je mange avec mon amie assise en face de moi, je vois par dessus son épaule, la tête de Livaï qui me regarde avec des poignards dans les yeux. Il est assis sur la table d'à côté. Je détourne le regard, il me fait vraiment peur. Je sens qu'il est toujours très très énervé contre moi, j'ai très peur de la suite des événements. Voyant que je regardais derrière elle, Hanji se retourne pour voir Livaï et lui dit :

« Ne reste pas seul Shorty, viens avec nous !

Je vais la tuer.

-Avec plaisir, répondit-il. »

J'ai entendu dans sa voix de l'ironie et de la colère. Génial. Il s'assoit à côté d'elle, pose sa tasse de thé violemment et me regarde. Je ne sais pas quoi regarder à part mon assiette à moitié vide. J'étais prête à finir mon repas mais là je n'ai plus faim, comme c'est étrange.

« C'est vrai que tu pars à Stohess bientôt ? »Me demanda-t-il, avec dédain.

Je lève la tête, comment le sait-il ?

« Erwin me l'a dit si tu veux savoir.

-Oh...Je vois. Oui je pars, il m'a proposé de venir car il a besoin de moi.

-Ah ce très cher Erwin, qu'est ce que tu ferais sans lui..dit Livaï en buvant sa tasse. »

Je le regarde en plissant le yeux. Je me rappelle de notre conversation antérieure où il me disait que « j'étais la favorite d'Erwin », que je suis dépendante de lui. Il m'énerve. Hanji ne nous calcule pas, elle dévore son repas.

« Oui en effet, je compte beaucoup sur lui. Disons que c'est le seul en qui je voue une confiance aveugle, le seul. »

Je le regarde très mal, lui faisant comprendre « que lui n'a pas ma confiance ».

« Je vais me reposer, j'ai du boulot et demain je suis chargée d'entraîner les troisièmes années dans la forêt, bonne nuit. »

Hanji hoche la tête puis retourne à son repas tandis que je débarrasse mon plateau et sors du réfectoire. Je sens le regard de Livaï dans mon dos, il ne va pas me lâcher.

Une fois dans mon bureau, juxtaposé à ma chambre je me mets à travailler sur certains rapports. Beaucoup de soldats veulent être capitaine car c'est un « beau titre qui prouve sa force » mais c'est surtout de la paperasse !

Après deux heures de travail, je m'étire puis pars prendre une douche. Alors que je suis sous la douche entrain de fantasmer sous l'eau chaude, j'entends un bruit.

« On aurait dit une porte ».

Je laisse passer, me disant que c'était la personne dans la chambre en face qui avait claqué sa porte fortement. Les murs sont assez fins et puis cela venait d'autre une pièce, pas de ma salle de bain.

Je sors, me sèche les cheveux et le corps puis enfile une large chemise blanche , très confortable.

« Vite, que je retrouve mon lit douillet ! »

Alors que je sors avec enthousiasme de ma salle de bain, espérant passer une bonne nuit de sommeil, je me fige sur place. L'ascenseur émotionnel, mon sourire disparaît aussitôt. Je vois Livaï, assis sur mon lit, les bras croisés.

« Ca va tu es peut-être une sale gosse qui parle mal aux autres mais au moins tu es propre. T'as passé une plombe sous l'eau, ça se voit que t'es une gosse de riche.

-Mais qu'est ce que tu fous là ?! »

Je lui cris dessus en essayant de cacher ma tenue assez révélatrice contrairement à mon uniforme de soldat. Il passe ses yeux entièrement sur mon corps vite fait, ce qui me gène encore plus, puis me regarde à nouveau.

« Tu sais très bien, tu m'as mal parler aujourd'hui, tu croyais vraiment que j'allais laisser passer ça ?! »

Il parle assez fort tout en se levant pour se mettre devant moi.

« Et tu t'es dit que pénétrer dans mon chambre pendant que je suis sous la douche en plein milieu de la nuit c'était une bonne idée ? »

Je ne peux m'empêcher de rougir. Il est devant moi, dans ma chambre en plein milieu de la nuit, moi avec une tenue légère.

« Il m'énerve...pourquoi je ressemble à une pauvre gamine face à son amour d'enfance. »

« J'ai frappé à la porte tu ne répondais pas.

-Normal, j'étais sous la douche.

-Écoute, je suis ton supérieur, légalement. J'ai plus de responsabilités que toi donc tu me dois le respect. Tu n'as plus intérêt à me parler de cette manière c'est compris ?

-Sinon tu vas faire quoi ? Lui demandais-je en souriant. »

Tout à coup , je sens sa main entouré mon cou, son pousse sur ma jugulaire. Il serre légèrement mais je sais qu'il ne veut pas me faire mal mais juste peur. Et bien ça marche. Il approche son visage du mien à tel point que je peux sentir son souffle.

« C'est un ordre de ton supérieur.

-Désolé mais tu me connais, je suis plutôt du genre désobéissante … »

Je vois son regard brillant, l'instant d'une seconde.

Je suis entrain de le chercher...Je vais avoir mal aux fesses je le sens...

« Vraiment ? Me demanda-t-il en levant mon menton avec son pouce. »

Son autre main me caresse les cheveux, me remet quelques mèches en place. Je ne sais pas comment réagir, c'est la première fois que je vois Livaï avoir un geste aussi tendre envers moi ou n'importe qui ! Elle descend le long de mon bras tout en le caressant, je tremble mais de désir. Je vois son visage descendre dans mon cou et humer mon odeur. Bordel…

Il me pousse contre le mur mais pas violemment. Sa main continue à descendre pour atterrir sur ma cuisse. Il la caresse ce qui me procure des papillons dans le ventre. Tout à coup, il monte ma cuisse droite au niveau de sa hanche. Je lâche un léger gémissement lorsque je le sens très proche de moi… Enfin surtout lorsque je le sens proche de mon intimité. Je sens sa langue glisser contre la peau de mon cou.

Putain il va me rendre folle. Son autre main qui tenait ma tête descend le long de mon corps pour arriver en bas de ma chemise. Je sens remonter ses mains froides sous ma chemise, entrain d'effleurer mon ventre. Malgré la froideur de ses mains, je suis toute excitée. Mes mains jusque là inactives, s'appuient sur ses épaules.

Je le sens si proche de moi ...

Je ferme les yeux tout en gémissant. Je profite de ses douces caresses sur ma cuisse et mon ventre, priant pour qu'il s'aventure plus loin… Mon souhait est exaucé lorsque je sens sa main rugueuse presser mon sein. Il ne fait que me caresser mais putain qu'est ce que c'est bon. Depuis plusieurs années il m'excitait, mais je n'avais jamais essayé d'engager une relation charnelle avec lui. Sa bouche remonte pour venir sur mon oreille et me mordre le lobe tandis que son pouce joue avec mon téton. Je gémis doucement son prénom.

« J'espère que tu as compris que je te contrôlais. Maintenant tu vas m'obéir car je suis ton supérieur. Tu ne me parleras plus jamais de cette manière déplacée. »

J'ouvre d'un coup les yeux lorsque je l'entends prononcer ces paroles. Le caporal s'éloigne de moi avec un léger rictus sur ses lèvres puis quitte ma chambre. J'espère que c'est une plaisanterie. Il vient de m'allumer et il me plante comme ça ?! Il va le regretter. Certes c'est vrai qu'il a clairement démontré que je lui était soumise. Mais c'est réciproque. J'ai très bien senti la bosse à travers son pantalon, je ne le laisse indifférent.

Je vais me venger, cher caporal croyez-moi...

Je souffle sur la bougie pour plonger ma chambre dans la pénombre puis me glisse sous la couette. Je réfléchis à ma vengeance avant de m'endormir avec un désir insatisfait entre mes jambes.


Le lendemain matin, je me réveille avant le lever du soleil comme d'habitude. Je me prépare puis décide de me faire une queue de cheval. Alors que je suis entrain de me coiffer je me regarde dans le miroir et je ne peux m'empêcher de sourire. Crois-moi Livaï, je vais commencer aujourd'hui… Tu m'as allumer pendant quelques minutes hier soir, laisse-moi te rendre la pareille mais pendant toute une journée. Une journée où tu ne pourras rien faire à part subir. Et si tu ne cèdes pas aujourd'hui, ne t'inquiète pas. Je suis une personne très patiente, tu finiras par céder même si cela doit prendre des jours, des semaines ou mêmes des mois.

Je sors de ma chambre, de bonne humeur. Je réveille mon escouade dans les dortoirs de manière douce, c'est-à-dire en tapant aux portes de leurs chambre et en leur gueulant que je veux les voir sur le terrain dans cinq minutes, habillé et prêt à tout défoncer. Je me dirige en attendant dans le réfectoire des capitaines pour me prendre un thé. Sans surprise, je vois Livaï entrain de se préparer justement lui aussi un thé. Je lui sors avec un sourire :

« Bonjour Livaï, bien dormi ? »

Il ne fait que hocher la tête pour me répondre, il me regarde à peine.

« Excuse-moi. »

Je passe entre lui et le comptoir pour prendre les sachets de thé tout en collant mon dos et mon derrière à lui, sans oublier de m'y frotter. Je l'entend retenir sa respiration. Ce n'est que le début mon cher…

Je me remets à ma place et prépare ma boisson, de bonne humeur.

« Bonne journée ! »

Je tourne les talons et quitte le réfectoire, son regard collé à ma silhouette je le sens. Et oui Livaï ! Je vais te rendre la monnaie de ta pièce.

Je suis sur le terrain d'entraînement et secoue mes soldats. Je peux paraître crue à certains moments mais c'est pour les motiver. Alors que je les regarde souffrir à cause des exercices que j'ai donné, je vois William arriver, le bras toujours bandé.

« Bonjour capitaine, je suis prêt à reprendre l'entraînement ! Me dit-il en faisant le salut avec qu'une main.

-William, voyons ne te force pas ! Tu as encore besoin de repos je ne veux pas prendre le risque que tu sois blessé encore plus. »

Je lui souris en prononçant ces paroles. Derrière lui, je vois au loin Livaï discutait avec la nana rousse de son escouade. Ils sont proches, trop proches. Je perds immédiatement mon sourire et les fixe avec des poignards dans les yeux. Il en fait exprès ? William ne comprend pas mon changement soudain de comportement. Alors qu'il allait se retourner pour voir où se diriger mon regard, je l'en empêche en posant mes mains sur ses épaules.

« Ne t'inquiète pas William, tout va bien ! Je dois aller voir Erwin pour certains dossiers. En attendant, repose-toi. Notre prochaine expédition est dans longtemps et j'enverrai d'autres personnes de l'escouade pour les patrouilles. »

Il me remercie en souriant et en rougissant. Je le laisse en me dirigeant vers le bureau d'Erwin tout en passant à côté du cher caporal Livaï et de madame « je fantasme sur mon caporal». J'esquisse un petit sourire car je sens son regard posé sur moi. C'est bien ce que je pensais, je lui fais de l'effet on dirait.

J'ouvre la porte du bureau puis la referme. Erwin me demande de m'asseoir sur le fauteuil en face de son bureau.

« Notre voyage à Stohess a lieu bientôt, mais j'aimerais que tu t'y rendes un peu plus tôt pour certaines formalités.

-Oui bien sûr, lui répondis-je.

- Livaï s'est proposé pour t'accompagner. »

Je ne réponds pas tout de suite. Je crois que j'ai mal entendu, Livaï veut m'accompagner ? En quel honneur ?

« Pourquoi veut-il venir ? Il est caporal, il a plus de responsabilités que moi. Surtout si toi aussi tu es à Stohess, le bataillon a besoin d'une personne autoritaire, non ?

-Hanji me secondera ici. J'ai aussi besoin de Livaï à Stohess pour certaines affaires. Vous partirez deux jours avant le départ initialement prévu, je vous rejoindrai ensuite. »

Je déglutis. Je vais passer cinq jours seule avec Livaï, génial. Je devrai être contente, je vais pouvoir me venger de lui plus facilement. Mais j'ai surtout peur de tomber dans mon propre piège et commettre des actes que je vais vite regretter.

La journée continue, et j'ai plusieurs idées malsaines en tête. Je vois notre cher caporal assis dehors à une table, les bras croisés, les yeux scrutant une carte des environs. Je vérifie les personnes autour de nous : son escouade s'entraîne dos à nous et mon escouade est dans la forêt juste derrière et s'entraîne avec l'équipe tridimensionnel. Je m'approche doucement, passe ma tête par dessus son épaule.

« Tu devrais passer par le lac pour ton circuit, il fait si chaud en ce moment...Rien de mieux pour se rafraîchir qu'une petite baignade... »

Je lui sors cette phrase avec un ton très sensuel puis lui mordille légèrement l'oreille avant de vite repartir. Je ne me retourne pas mais je sais qu'il me regarde très mal. Et moi, je ne peux m'empêcher de sourire comme une idiote.

Le soleil vient de se coucher et les soldats se précipitent vers le réfectoire tel des bêtes sauvages affamés. Je suis assise au bord de la fenêtre de la salle de réunion des capitaines, un verre de vin rouge à la main. Normalement, on ne boit pas sauf pour les grandes occasions. Mais suite à une mission réussite, Erwin nous avait offert une superbe bouteille de vin rouge aux capitaines. De temps en temps, lorsque je me sens tendue, je déguste ce divin liquide Alors que je prends une gorgée, j'entends quelqu'un derrière moi fermer la porte de la salle. Je n'ai même pas besoin de me retourner pour savoir l'identité de la personne. Je continue de regarder les étoiles en demandant :

« Pourquoi vouloir m'accompagner à Stohess ?

-Erwin a besoin de moi là-bas.

-Comme par hasard…Que veux-tu Livaï ? »

C'est à ce moment là que je décide de me retourner pour lui faire face. Je descends du bord de la fenêtre et m'installe prêt de lui sur le canapé. D'un geste de la main avec mon verre, je l'invite à s'asseoir aussi. Il me regarde de haut puis s'installe à son tour.

« C'était quoi aujourd'hui ?

-De quoi tu parles ? Lui demandais-je de manière innocente en buvant une gorgée.

-Ne fais pas l'ignorante, idiote. Tu sais très bien de quoi je parle. »

Je pouffe légèrement. C'est l'hôpital qui se fout de la charité.

Je le regarde droit dans les yeux.

« C'est toi qui demande des comptes. Tu ne penses pas que les rôles sont inversés ? C'est plutôt à moi de te demander des explications par rapport à hier soir ! »

Le fait d'évoquer les souvenirs de la veille entraîne un rougissement incontrôlable sur mes joues. Je vois sur son visage un sourire à peine perceptible. Sans mon autorisation, il me prend mon verre, l'apporte à ses lèvres tout en disant :

« Certes. Mais tu ne m'as pas demandé d'explications. De plus aujourd'hui tu m'as carrément aguicher et il me semble qu'hier soir, tu ne m'as pas repoussé. Je suis même sûr que tu ne voulais qu'une seule chose : que ça aille beaucoup plus loin. »

J'ouvre la bouche pour protester mais aucun son ne sort: je n'ai aucun argument. Je sens mon visage brûler de honte, car il a raison. Il me lance un regard indescriptible, puis boit. Le silence règne, aucun de nous parle , mais on se regarde droit dans les yeux. Je reprends mon verre de ses mains puis le finis.

« Oublions cette histoire alors ...bonne nuit, Livaï »

Je pose mon verre sur la table à côté puis me lève pour me diriger vers la porte et rejoindre ma chambre lorsque je l'entends parler.

« Tu as toujours été comme ça.

-C'est-à-dire ?

-Chiante. »

Je me retourne en lui lançant un regard noir. Alors oui c'est mon supérieur, il a plus de responsabilités. Mais je suis capitaine, j'ai des valeurs et je mérite du respect. Si Erwin m'a reconnu, c'est qu'il y a une raison.

« Alors écoute-moi le nabot, ouais t'es mon supérieur. Mais n'oublie pas une chose aussi : je suis aussi un capitaine, je dirige une escouade, je conseille Erwin sur beaucoup de choses, peut-être même plus que toi ! Tu sais pourquoi? Car il me fait entièrement confiance et que j'ai les capacité d'un dirigeant ! »

Je suis essoufflée en finissant ma phrase, la colère a parlé à ma place. Je le regarde puis vois son regard de tueur. Merde. C'est vrai je l'ai traité de nabot. En une seconde il se lève et fonce vers moi. Je n'ai pas le temps de réagir qu'il m'étrangle avec sa main droite tellement fort que je respire difficilement. Il pousse contre la grande table violemment au milieu de la salle, mon dos claque contre le bois. Il penche son visage à quelques centimètres du mien, nos nez se touchent.

« Tu as dépassé les bornes là, je vais te tuer.

-J-Je me demande...comment tu vas...justifier le cadavre...d'un capitaine sur ...la table »

C'est dur de parler, je sens l'air me manquer. Je sens son bassin s'approcher du mien, puis le coller. Je suis vraiment masochiste, il m'étrangle et m'excite en même temps. Son visage s'approche de mon oreille et il me murmure :

« Que veux-tu que je te fasse exactement ? »

Je gémis légèrement lorsqu'il me mord le lobe d'oreille. Putain j'ai des frissons jusqu'aux orteils.

« Pour commencer… j'aimerais bien...respirer. »

Je sais, je gâche le moment sensuel mais je suis à deux doigts de m'évanouir. Il ne serre plus ma gorge, je peux à nouveau respirer normalement mais il ne bouge pas sa main. Je le regarde dans les yeux et je peux voir une lueur. De l'excitation ? Si c'est le cas, on est deux. J'ai n'ai qu'une seule envie : qu'il comble mon désir sur cette table de réunion. Livaï remonte sa main, précédemment sur ma gorge, jusqu'à mon visage et passe son pouce sur ma lèvre inférieur.

« Dis-moi ce que tu veux.

-Tu le sais très bien...soufflais-je.

-Je veux l'entendre de ta bouche. »

Je vois, il veut que je le dise clairement que je le veux. Je ne croyais pas Livaï comme ça, mais ça ne fait qu'augmenter mon désir. Je passe ma langue sur son pouce et lui dis, en le regardant droit dans les yeux.

« Je te veux, toi. »

C'est l'une des rare fois où je vois le coin de ses lèvres s'étirer pour former un rictus, cette situation l'amuse et lui plaît. En gardant ses yeux scellés aux miens, il descend sa main pour venir déboutonner ma chemise. Je frissonne lorsque je sens sa main chaude se glissait sur mon ventre. Il me caresse le flanc puis passe sa main dans mon dos. Tout à coup, il me rapproche violemment de lui et m'embrasse. Ses lèvres si douces, malgré son caractère si froid, se mouvent parfaitement avec les miennes. Mes mains se glissent sur sa nuque pour finir sur son dos bien bâti. Je sens chaque muscle se contracter à chaque mouvement. Cet homme est vraiment un dieu … J'ouvre ma bouche pour que nos langues puissent se rejoindre…sa chaleur est si bonne contre la mienne… il me fait vraiment perdre la tête. Lorsque ses lèvres quittent les miennes pour descendre dans mon cou, je penche ma tête en arrière pour lâcher un soupir en gémissant. Son autre main au-dessus de ma tête glisse et caresse ma poitrine à travers mon sous-vêtement tandis que l'autre descend le long de mon dos pour finir sur l'une de mes fesses et la presser. Il remonte sa langue sur ma clavicule, mon cou puis mon oreille avant de murmurer :

« Enlève ça. »

Je comprends parfaitement ce qu'il veut dire et je ne perds pas de temps pour me débarrasser complètement de ma chemise et de ma brassière. Une fois cela fait, je prend son visage entre mes mains puis l'embrasse passionnément, je ne pourrai jamais m'en lasser. Sans attendre, je lui arrache sa chemise. Je suis certaine que les boutons se sont arrachés tellement je suis sauvage. Je baisse les yeux pour admirer son torse. Bonté divine. Je l'avais déjà vu plusieurs fois aux entraînements, à chaque fois je profitais de cette vue magnifique que Livaï offrait. Mais cette fois-ci il est si près et je peux le toucher. Je glisse mes mains sur ses abdominaux tout en me léchant les lèvres. Pas besoin d'être un titan pour vouloir manger cet homme, je le fais volontiers. Sa main sur ma fesse remonte sur ma cuisse puis va vers l'intérieur. Son toucher me fait frissonner. Sa tête redescendant sur ma poitrine alors que je le sens me caresser l'entrejambe à travers mon pantalon. Il me fait perdre la tête… Ses baisers et sa langue sur mes mamelons accentuent le feu ardant que j'ai entre les jambes ainsi que la pression de ses doigts. J'ai envie qu'il me retire ce foutu pantalon, et comme si il lisait dans mes pensées, il s'exécute. Il se redresse, retire sa main de mon dos, et déboutonne mon pantalon. Il le fait à une vitesse que je comprends clairement que lui aussi, il me désire. Alors que mon pantalon glisse sur mes chevilles et tombe, je me redresse en position température de la pièce a monté d'un cran malgré la fraîcheur de la nuit. Je fais glisser sa chemise de ses épaules et lui lèche la clavicule en baladant mes mains sur sa musculature. Avec ses soupirs, je comprends qu'il apprécie mes caresses et ça m'excite encore mains empoigne mes fesses, les malaxe, et rapproche nos bassins pour se frotter l'un contre l'autre. On arrive à un point de non-retour : Il va me prendre sur cette table, il ne peut pas s'arrêter,je ne peux pas m'arrêter, je n'en ai d'ailleurs aucune envie, de m'arrêter. Même si je sais qu'on est dans une salle de réunion et qu'on peut se faire choper à tout moment, je m'en fou. Je veux qu'il me possède et me fasse crier son nom. Mais j'ai aussi envie qu'il ressente autant de plaisir que moi. Je suis sûr, ma culotte est plus que trempée à cet instant. Je descends mes mains de son torse pour enlever sa ceinture. Je le regarde dans les yeux puis mordille sa lèvre inférieur. Une de ses mains quitte mes fesses pour venir se loger sur ma nuque et m'entraîne dans un baiser passionné. Je ne reste pas inactive et déboutonne son pantalon avant de le baisser. Nos yeux sont toujours scellés, aucun de nous ne les a détourné. J'empoigne son membre, assez imposant d'ailleurs, puis commence à le caresser de haut en bas tout en le regardant dans les yeux. Il rompt le baiser pour lâcher un léger râle de plaisir. Sa respiration s'accélère en même temps que mes mouvements, je ne peux m'empêcher de gémir légèrement en comprenant que c'est moi seule qui le mets dans cet état. Il m'arrête tout à coup et me rallonge sur la table, me plaquant avec toute sa splendeur. Il dépose un rapide baiser sur mes lèvres puis descend sa langue sur mon cou, entre mes seins jusqu'à mon ventre. Lorsqu'il descend plus bas que mon nombril, je comprends ses intentions et gémis. La tête entre mes jambes, il commence à embrasser mon bouton de chair par dessus ma culotte. Mon dos se cambre lorsque je sens ses lèvres.

« Livaï ...s'il te plaît….

-Que veux-tu ? Me demanda-t-il avec ironie, il sait très bien ce que je veux, comme tout à l'heure.

-Enlève la….

-De quoi ? »

C'est vraiment un sadique, il veut me soumettre jusqu'au bout, ou bien peut être ça l'excite de m'entendre dire ces mots. Je me mords la lèvre et respire un bon coup.

« Je veux que tu enlèves ma culotte. »

J'ai beau le dire en le regardant dans les yeux, je n'ai qu'une seule envie, c'est de cacher mon visage, rouge de honte. Livai fait glisser le tissu le long de mes jambes sensuellement en murmurant un « tu vois, ce n'est pas compliqué ». Il embrasse ma cuisse intérieure avec délicatesse tout en se rapprochant de mon intimité. Ma respiration s'accélère en sentant son souffle chaud. Lorsqu'il dépose ses lèvres sur mon bouton de chair, je gémis bruyamment en fermant les yeux. Putain, ce que c'est bon, ce qu'il est bon. Sa langue chaude me fait ressentir un plaisir si immense que j'ai l'impression de brûler. Mes gémissements se font de plus en plus forts mais j'essaie de étouffer avec le dos de ma main, je ne veux pas qu'on nous surprenne, hors de question d'interrompre ce merveilleux moment. Ses doigts délicats se baladent sur mes flancs pendant qu'il me procure du plaisir avec sa bouche. Si on m'avait dit qu'un jour je serai nue sur cette table de réunion, j'aurais rigolé. Maintenant, je ne verrai plus jamais les réunions de la même façon. Alors que j'allai attendre l'orgasme, je le sens s'arrêter. Je le regarde avec un léger reproche puis je vois dans ses yeux « que les choses sérieuses commencent ». Il s'essuie la bouche avec le dos de sa main et je ne peux m'empêcher de glousser. Livai se rapproche de moi et commence à me pénétrer alors que j'entoure son cou avec mes bras en gémissant et basculant ma tête en arrière. J'ai déjà eu des rapports avec un homme, je n'en suis pas à ma première fois, ce qui permet à moi comme à lui, de profiter pleinement de ce moment. Son bassin claque contre le mien alors que j'entoure mes jambes autour de sa taille. C'est tellement bon….Je gémis de plus en plus fort son prénom, je n'arrive pas à m'en empêcher, surtout quand je l'entends soupirer des râles de plaisir près de mon oreille, ça ne fait qu'augmenter mon excitation. Livai prend mon visage en coupe avec une main, me regarde intensément, puis m'embrasse. Notre baiser reflète notre désir, nos langues se rencontrent et se caressent. Ses doigts se perdent dans mes cheveux et les empoignent tandis que mes ongles se plantent dans ses autre main vient se loger au creux de mon dos et se promène de temps en temps sur ma cuisse. Nos corps transpirent, nos soufflent se mélangent, et putain c'est la première qu'une partie de jambes en l'air est aussi bonne, je n'avais jamais ressentie autant de plaisir. Cela doit être l'effet Livaï. Mais toute les bonnes choses ont une fin. Le plaisir monte crescendo et l'orgasme me frappe de plein fouet. Mes ongles se plantent dans la chair de son dos et ma bouche laisse échapper un cri de plaisir. Je sens qu'il est dans le même état que moi puisqu'il tremble et sa poigne dans mes cheveux se resserre. Nous restons là tout les deux un moment, reprenant notre respiration. Il se retire, me tourne le dos et commence à se rhabiller. Je suis un peu perplexe. Après un instant d'hésitation je me lève et me rhabille aussi. C'est le silence complet dans la pièce, c'est assez oppressant. Une fois dans nos vêtements respectifs, Livai se dirige vers la porte et lâche un « bonne nuit ». Je n'ai pas le temps de répondre qu'il est déjà parti et puis, je suis trop abasourdie pour répondre. C'est vrai, c'est loin d'être un grand romantique mais de là, à faire comme si de rien n'était, c'est assez vexant. Il a tiré son coup et maintenant on oublie…. Je suis en colère mais surtout… je suis triste. Mon chagrin prend le dessus sur ma haine et c'est avec le moral à zéro que je me dirige vers la chambre sans oublier ma bouteille de vin sur la petite table à côté du canapé. Je vais en avoir besoin ce soir.


Je n'ai pas beaucoup dormi cette nuit. Je me demande quel comportement va adopter Livaï. C'est vrai, on n'a jamais dis qu'on allait avoir une relation mais hier soir, il a été si froid après notre moment, il ne m'a même pas lancé un regard. Il est 6h30 et je suis sur le terrain d'entraînement avec mon escouade, j'ai sauté le déjeuné n'ayant pas faim. Aujourd'hui je vais les entraîner au corps à corps mais avant ça, les soldats n'échappent pas aux tours de terrain. Les mains dans les poches je les regarde en engueulant ceux qui traînent, j'ai été soldate, je connais les techniques pour gagner du temps ! Du coin de l'œil, je vois Livaï apparaître dans mon champ de vision. Je tourne la tête et l'ignore. Il a très bien remarqué mais préfère se détourner lui aussi. Alors maintenant notre relation va ressembler à ça … J'ai le cœur qui se serre rien qu'à cette idée. J'aimerais bien lui parler comme si de rien n'était mais son comportement d'hier soir m'a blessé et je préfère attendre un peu de me comporter comme d'habitude, mon égo a pris un gros coup. Je redoute le voyage à Stohess.

Une semaine s'est écoulée depuis notre fameuse nuit. On s'est ignoré avec Livaï depuis, et je dois avouer que ça me dérange. Le voyage pour Stohess est prévu dans deux jours. C'est le soir, je suis dans le réfectoire et il n'y a plus personne. Alors que je mange ma pomme, quelqu'un entre.

« Que fais-tu ici toute seule? »

Je me retourne pour voir Mike, entrain de se préparer un café. J'aime bien Mike, je m'entends super bien avec lui. Quand je suis entrée dans le bataillon d'exploration, je me suis dis qu'il pouvait être mon type d'homme. Puis Livaï est arrivé, mon avis a changé.

« Je mange ma pomme, et je n'ai pas bougé depuis le dîner car la fatigue a pris possession de moi, dis-je en me frottant les yeux.

-Alors monte te reposer, tu as supervisé l'entraînement au corps à corps de tous les cadets aujourd'hui. D'ailleurs, belle démonstration ! »

Je rigole en pensant à la raclée que j'ai flanqué à certains soldats se la pétant avec leurs propos machistes. J'étais assez douée au corps à corps, plus forte que la plupart des soldats.

« Et toi, pourquoi tu te fais un café à cette heure-ci ?

-J'ai du boulot ce soir, beaucoup de rapports m'attendent. Mais parlons plutôt de toi, tu sens l'anxiété. »

Je le vois s'approcher pour venir s'asseoir à côté de moi avec son café et ses fameux rapports. Mike a toujours eu un odorat super développé mais j'étais assez sceptique qu'il puisse sentir « notre état », sa phrase m'étonne.

« C'est la fatigue, les entraînements et puis à Stohess je vais devoir négocier les fonds pour le bataillon, histoire d'avoir encore plus de pression, lui dis-je ironiquement.

-Ne te prends pas la tête, tu vas réussir comme d'habitude. »

Il pose sa main sur mon épaule et me sourit. Mike est un chic type. J'aimerais bien me détendre….Dans les bras de Livai. Je n'arrête pas de repenser à cette nuit et bordel c'était tellement bien. À cette instant, Hanji et Livaï rentrent dans le réfectoire, et ce dernier me lance un drôle de regard en voyant la main de Mike sur mon épaule.

« Je vois que nous ne sommes pas les seuls à veiller tard ! s'exclame Hanj, toute motivée en s'asseyant en face de nous. Livai est parti dans la cuisine, sûrement pour se préparer un thé. Mike retire sa main puis commence à lire son rapport.

-Ouais mais ce n'est qu'une question de minutes avant que je vous abandonne pour me réfugier dans mon lit, dis-je en baillant.

-Non ! Je ne suis pas fatiguée, je voulais ma partenaire préférée pour parler toute la nuit ! »

Je souris et tapote la main d'Hanji.

« Désolé Hanji, mais je ne tiendrai pas. Cependant je veux bien rester quelques minutes.

-Journée épuisante n'est-ce-pas ? »

Je me retourne pour voir Livaï avec sa fameuse tasse de thé, il s'assoie à côté de moi. Je suis surprise, Livaï vient de m'adresser la parole après une semaine de silence. De plus, il s'installe à côté de moi. Je ne peux m'empêcher de sourire puis je me rappelle son attitude après notre nuit, je me ressaisis.

« Oui plutôt. Les cadets ont beau avoir appris à se battre au camp d'entraînement, ils leurs restent beaucoup de lacunes. »

J'essaie de paraître normale alors qu' à l'intérieur, c'est un vrai tourbillon.

« Ne les ménage surtout pas. Ces gamins doivent être des soldats. Un coup de pied au cul de temps en temps, ça leur fait du bien.

-Ne t'inquiète pas pour ça, je sais faire mon boulot. Et puis on peut toujours compter sur toi pour leur faire la misère. »

Hanji rigole et Mike esquisse un sourire tandis que moi je le regarde intensément dans les yeux, mon coude appuyé contre la table et mon menton reposant sur ma paume. Il me fixe avec ses beaux yeux gris bleus tout en buvant le contenu de sa tasse. Sa façon de boire m'a toujours fait rire : il ne tient jamais la anse mais les contours de la tasse et boit. Alors que je me perds dans la contemplation de son physique, Hanji me réveille en abordant le fameux sujet :

« Vous partez dans deux jours n'est-ce-pas ?

-Oui.

-Pas de bêtises ! »

Je me fige à ces paroles. Pourquoi Hanji dit ça ? Est-elle au courant pour nous deux ? A-t-elle deviné ? Est ce qu'elle… nous a entendu la dernière fois ? Alors que je me pose mille et une questions, la scientifique enchaîne :

« La dernière fois Livaï, tu as provoqué les hauts dirigeants et leur colère, ne recommence pas sinon tu vas foutre Erwin dans un pétrin, encore.

-Tch. Ces trous du culs s'engraissent sur le dos du peuple, je ne peux pas les saquer. »

Je souffle en comprenant que l'allusion n'était pas sur nous deux. C'est vrai que Livai n'aime pas les riches qui contrôlent le pays. Pour être honnête, moi non plus. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai renié mon père. Je viens d'une famille plutôt aisée, ce n'est un secret pour personne. Je me demande si Livaï ressent de l'aversion envers moi.

« C'est surtout sur la merdeuse que repose notre confiance, pas moi. »

Je tique lorsque Livaï sous entends que la merdeuse, c'est moi. « Une merdeuse avec qui tu t'es bien envoyé en l'air ».

Mais je comprends que ses espoirs pour le financement du bataillon repose sur mes épaules. Je lâche un profond soupir, signe que je suis déjà désespérée par cette charge.

« Tu connais bien Stohess ? Erwin m'a dit que tu étais née dans l'enceinte du mur Sina, demande Hanji.

-Non, je suis née dans le district d'Ermich . »

Je réponds un peu froidement car je n'aime pas trop être le sujet de la conversation, surtout si c'est pour parler du passé.

« Ben sors tes mimiques de bourgeoises car on va en avoir besoin.

-Je te demande pardon Livaï ?

-La Duchesse a les oreilles bouchées ? »

Je n'ai qu'une seule envie à ce moment là, c'est de retourner la table et lui balancer sa chaise. Et dire qu'il n'y a même pas cinq minutes je fantasmais sur cet homme et n'espérais qu'une seule chose, être dans ses bras. Mais là je veux surtout lui renverser sa tasse de thé sur la gueule. Je déteste faire allusion à ma catégorie sociale et je pensais qu'il avait compris, après toutes ces années.

« Tu redis encore un mot me concernant, que ce soit sur mon passé, ma famille, ma classe sociale, je te fous mon poing dans ta gueule, c'est compris ?

Ouais, je suis énervée, très énervée. Et lui aussi maintenant, car il me regarde avec des yeux d'assassins en rétorquant :

-Hein ?!

-Tu as très bien entendu, sur ce bonne nuit. »

Je me lève et quitte le réfectoire, laissant les trois chefs d'escouade dans un silence pesant. Pourquoi est-il comme ça ? Entre lui et moi, c'est une sinusoïdale. Je suis attirée vers lui comme un aimant mais je finis toujours blessée. Et le pire dans tout ça, c'est que je sais que je vais revenir vers lui.


La tension est palpable, littéralement. Je suis dans la calèche menant à Stohess depuis un bon moment déjà, avec Livaï assis en face de moi les bras croisés. Je n'ose pas détourner mes yeux de la fenêtre car j'en suis sûre, je vais croiser son regard. Mon état de stress lui a sûrement déjà sauté aux yeux car je ne peux empêcher mes doigts de se frotter les uns contre les autres. Honnêtement, je pense que je suis plus stressée par le caporal que par la réunion et le fardeau sur mes épaules, puéril non ? Depuis « la dispute », on ne s'est pas reparlé. Lorsque ce matin, je suis montée dans la calèche et je l'ai vu, assis entrain de m'attendre, mon cœur s'est arrêté. Non pas parce que je le trouvais magnifique comme toujours, surtout avec ses habits de civils dans lesquels il est plus qu'attirant, mais parce que j'avais peur de ces deux heures confinés avec lui. Bizarrement, il ne m'avait pas rattrapé et grondé pour lui avoir mal parlé comme la dernière fois. Je ne dis pas ça parce que j'aime être punie au contraire, quoique la dernière fois, la punition était agréable….Je m'égare.

« Si t'avais envie de chier, fallait le faire avant de partir. Maintenant, c'est trop tard.

-N-Non, tout va bien.

-Alors tiens-toi tranquille.

-Je suis tranquille.

-Alors pourquoi tu traites tes doigts comme de la guimauve, sans rajouter que depuis le début, tu ne fais que fuir mon regard. »

Je déglutis. Je prends le risque et tourne la tête pour rencontrer ses yeux bleus aciers, ses foutus beaux yeux. Je suis si faible devant lui, j'en ai marre. Je me mords la lèvre inférieur, ne sachant pas quoi répondre.

« Arrêtes de faire ça, dit-il avec un ton froid.»

J'écarquille les yeux, je ne comprends pas. Il me reproche de ne pas le regarder dans les yeux quand je lui parle et lorsque je m'exécute, il me dit d'arrêter ? Me voyant dans l'incompréhension, il continue :

« Arrête de te mordre la lèvre. »

Pourquoi ça le dérange ? Ce qui me chiffonne le plus, c'est que son ordre me donne une bouffée de chaleur, je suis sûre je ressemble à une tomate. Mais je me ressaisis car mon esprit taquin et vengeur prend le dessus. De manière innocente je lui demande ,toute souriante :

« Pourquoi cela vous dérange mon caporal?Vous n'aimez pas mes lèvres ?

-Arrête.

-Pourtant, il me semblait le contraire.

-Je t'ai dit d'arrêter.

-Cela me rend triste, moi qui avais tant de projets en tête à faire avec elles et vous. »

Il se fige, tandis que moi je fais tout pour ne pas exploser de rire. Je fais la maligne mais je sais que dans cinq minutes, lorsque je vais me rappeler de ces paroles, je vais mourir de honte. La porte de la calèche s'ouvre brusquement, interrompant le malaise installé.

« Nous sommes arrivé à la caserne des Brigades Spéciales.

-C'est pas trop tôt. »

Livaï descend d'un air nonchalant puis se retourne vers moi.

« On se retrouve ce soir à l'hôtel, dans le centre. »

Puis il part. Merde, c'est vrai on loge dans le même hôtel puisque nous sommes tous les deux des membres du bataillon d'exploration. Je souffle d'exaspération en me rappelant que ma destination était le bureau de ce cher général Zackley.


Je m'assoie sur le fauteuil de la réception, fatiguée, épuisée, vidée, lassée...tous les qualificatifs qui décrivent mon état. Cet entretien avec Zackley était interminable et oppressant. On s'est préparé pour le Conseil, et c'était franchement très long. Cela aurait dû être Erwin à ma place, surtout pas moi. Je sais bien que le major a confiance en moi mais quand même ….

J'attends que l'on me donne ma clé pour me reposer dans ma chambre. Heureusement, Livaï a sa propre chambre. Je dis heureusement mais….j'aurais été un peu contente de partager la chambre avec lui au fond de moi même si je clame le contraire. J'hésite à aller le voir dans sa chambre pour parler, mettre les choses au clair. On a besoin d'une vrai discussion, enfin surtout moi car de son côté, je pense qu'il se fout complètement de la situation et ça me fait chier. Il doit être fatigué, je lui parlerai demain. Je prends une bonne douche méritée après une journée stressante. Je m'habille d'un debardeur et d'un pantalon plutôt confortable et m'installe, en tailleur sur le fauteuil, devant le bureau. Je commence à rédiger le rapport plutôt long de mon entrevue avec Zackley pour Erwin. Ce boulot finira par me tuer de fatigue. Qu'est-ce-qu'il m'a prit de devenir chef d'escouade et de gagner la confiance d'Erwin ? Alors que mes doigts continuent de griffonner sur la feuille, trois coups à ma porte se font entendre.

« Entrez, dis-je en décroisant les jambes. »

Le caporal chef passe la porte, et je sais pas si je dois dire que je suis surprise ou pas. Oui c'est étrange qu'il vienne me voir à cette heure-ci après toutes les tensions entre nous mais à part lui, qui aurait frapper à la porte de ma chambre ? Un raclement de gorge me tire de mes pensées, et je le regarde, l'incitant à parler.

« Demain je ne peux pas t'accompagner voir le trésorier, dit-il en s'asseyant sur le chaise en face de moi.

-Je sais.

-Erwin m'a chargé d'une autre tâche.

-Je le sais aussi.

-Tu sais beaucoup de choses pour une emmerdeuse de première. »

Je ne fais que sourire à sa réplique, ne sachant quoi répondre. Je retourne à mes documents.

« C'est tout ce que tu as à me dire Livaï ? Je ne te savais pas si bavard.

-Qu'est ce que tu racontes, je suis une vrai pipelette.

-Si tu aimes tant causer, parlons alors. »

C'est bon, c'est le moment. Je ne sais même pas quoi dire, par quoi commencer. Mes pensées s'embrouillent et je finis par sortir des conneries plus grandes que les titans :

« Est ce que tu as, toi aussi, aimé? »

Pauvre conne que je suis ! Je viens vraiment de lui demander si il a aimé nos ébats charnels. Je n'étais pas sensée abordée le sujet comme ça ! Je baisse la tête pour éviter son regard, trop honteuse de mes propres mots. Je ne sais absolument pas comment me rattraper.

« Te faire l'amour ? Oui. »

Mon cœur s'emballe face à cette révélation. Je relève la tête pour le regarder, les joues cramoisies. Non seulement, il a aimé le moment mais ce qui me fait le plus de baume au cœur c'est qu'il a dit « faire l'amour » et non vulgairement « baiser ». Mais une question me taraude dans la tête.

« Alors pourquoi t'es parti comme un voleur juste après, sans même me donner un regard.

-Tch, j'avais du travail.

- Cinq minutes en plus, ça ne t'aurait pas tué !

-Et tu voulais quoi ? Que je t'embrasse en regardant le clair de lune et en t'enlaçant ?! Désolé mais c'est trucs romantiques à la con, c'est pas mon délire ! »

Il se lève et me tourne le dos. Je lâche un soupir, je l'ai énervé.

« Comprends-moi ! J'ai l'impression d'avoir été ton vide-couilles !

-Ce n'est pas le cas…

-J'ai vraiment eu l'impression d'avoir été un bouche-trou et de ne pas avoir eu de respect...Mais bon, c'est bon n'en parlons plus, c'est passé. »

Je me sens mal en prononçant ces paroles, car j'aurai aimé continué. Je ne dis pas que j'aurais voulu m'engager dans une relation vraiment sérieuse avec lui, après tout on est au bataillon, on frôle la mort plus que n'importe qui. Mais j'aurais aimé pouvoir passer plusieurs moments similaires avec lui, être quelqu'un de spécial à ses yeux. C'est peut-être égoïste mais pour moi, il est particulier. Ce n'est pas le simple caporal-chef du bataillon, ni l'homme le plus fort de l'humanité, pour moi c'est Livaï. Il se retourne pour me regarder dans les yeux.

« Je ne te manquerai jamais de respect.

-Je le sais...Désolé de t'avoir déranger avec ces conneries, oublions. Je dois finir mon rapport alors... »

Je clos la discussion et lui suggère de partir indirectement, car je dois finir mon rapport mais surtout car je me sens terriblement mal. Cette discussion n'aura servi à rien, à part creuser un fossé entre nous. Je suis vraiment la pire des connes. Livaï se dirige vers la porte en silence, pendant que je m'assoie, le regard dans le vide.

« Sache que je ne te considère pas comme un vide-couilles ou quoique ce soit. Si je l'ai fais, ce n'est pas rien. Et crois-moi que je te respecterai toujours, plus que n'importe qui. »

Il quitte ma chambre après ses propres paroles et ferme la porte. Et je ne sais pourquoi, mais des larmes coulent le long de mes jours. Wahou, maintenant je pleure et je ne sais même pas la raison…


Je sors du palais militaire aux côtés d'Erwin, plus heureuse que jamais. Je suis sûr que j'affiche un air prétentieux sur mon visage, mais c'est plus fort que moi. Nous avons réussi à garder les fonds pour le bataillon d'exploration. De plus, le somme d'argent avait baissé de 15 % i ans suite à des plaintes de certains aristocrates. J'ai réussi à négocier la suppression de cette baisse et désormais le bataillon récupère l'entièreté de ses fonds. Bon certes, j'ai fais un peu de chantage mais personne ne m'a arrêté, je suppose que cela ne causait aucun problème.

« Je ne sais comment te remercier pour cette réussite digne d'un chef !

-Et bien je ne dis pas non à quelques jours de repos ! »

Je rigole en suggérant ce marché à Erwin, mais je suis vraiment sérieuse, je veux des jours de repos.

« Très bien, je te laisse 4 jours à prendre quand tu veux. Juste évite de les prendre lorsque la prochaine expédition se prépare.

-Parfait !

-Je t'invite même au restaurant ce soir, avec Livaï. Vous le méritez après tout. »

Je ne peux m'empêcher de sourire. On va avoir le droit à un moment de répit. Court certes, mais c'est déjà mieux que rien. Quelque chose m'intrigue.

« D'ailleurs, où est Livaï ?

-Il va bientôt nous rejoindre. »

Je n'insiste pas mais je vois qu'il me cache quelque chose. C'est vrai que depuis le début, il ne m'a pas dit ce que venait faire Livaï à Stohess avec nous. Ni même le caporal ne me l'a révélé. « Confiance en moi hein... ». Ils doivent sûrement avoir leurs raisons. On rentre à l'hôtel en calèche et je monte dans ma chambre pour me préparer. Je me munis de ma robe rouge moulante, avec de légères bretelles et fendue sur le cuisse droite. Je l'avais prise au cas ou. Après tout, si les négociations étaient autour d'un dîner, j'étais prête à mettre en avant mes atouts féminins (dont ma poitrine qui est très mise en valeur avec cette robe) pour pouvoir atteindre notre objectif. Je descends à la réception puis je vois les deux vétérans. Erwin avait troqué sa tenue militaire de réunion comme moi contre un costume élégant. Et Livaï avait gardé ses vêtements de civils mais il est tellement classe et raffiné avec sa chemise, sa veste de costume et son foulard. J'ai besoin d'un éventail, il fait chaud ici… J'essaie de faire abstraction de notre conversation de la veille. Je vais me comporter comme d'habitude, c'est le mieux, pour nous deux.

« Tu es magnifique, me dit Erwin.

-Merci, tu n'es pas mal non plus. »

Livaï ne dit rien , il se contente de me détailler de la tête aux pieds. Je ne sais pas ce qu'il en pense mais j'espère qu'il aime ce qu'il voit. Je glisse mon bras droit sous celui de Livaï et l'autre sous le bras d'Erwin.

« Allons manger, histoire de célébrer mon génie ! Dis-je avec arrogance »

Je reçois un grognement de la part du brun et un sourire de la part du major. Me voila entourée du célèbre caporal chef et du major du bataillon d'exploration , j'ai de quoi me vanter.

Arrivée au restaurant, je sens le regard jaloux des femmes et désireux des hommes. Vêtue de ma robe en soie rouge et moulante, j'ai de quoi attirer l'œil on dirait. Erwin va a la réception pour demander sa réservation pendant que moi j'observe les lieux, Livaï est à quelques mètres et regarde aussi l'endroit. C'est un restaurant très luxueux remplis d'aristocrates. L'argenterie brille à toutes les tables, les coupes de champagnes ne cessent de se remplir, et les plats qui défilent semblent être plus que délicieux. Je me sens un peu mal à l'aise, j'espère que l'on va être installé à une table un peu isolée du reste des clients. Je regarde Livaï et il semble lui aussi être fatigué de l'environnement.

« Mademoiselle. »

Je me retourne et vois un homme d'une cinquantaine d'années. Vu ses habits coûteux, la toilette entretenue, sa manchette dorée et sa montre sûrement chère, il doit faire parti d'une famille aisée.

« Que fait une si ravissante femme seule ici ? Si vous le voulez bien, je vous propose de venir dîner à notre table, avec mes amis qui semblent être aussi intrigués par votre beauté. »

En disant cela, il se baisse et pose un baiser sur le dos de ma main. « Quelle horreur, je sens ses lèvres frippées. » Mes yeux se dirigent vers la fameuse table en question et je vois 4 hommes du même âge que l'homme qui vient de m'aborder, ils doivent être issus de la même caste. C'est ce genre de vieux riches qui cherchent de la viande fraîche et pensent qu'en montrant leurs richesses aux petites minettes, elles vont se retrouver dans leurs lits.

« C'est aimable mais-

-Elle n'est pas seule. »

Je sens la main puissante de Livaï venir se poser en bas de mon dos. J'ai un frisson, il l'avait posé aussi à cet endroit lors de notre fameuse nuit. Il me rapproche un peu de lui et toise l'homme.

« Oh, je vois. Dans ce cas, bonne soirée, dit l'homme confus et légèrement énervé.

-Ouais c'est ça. »

Je souris en regardant le profil de Livaï, sa mâchoire est serrée, est-il énervé ? Je rapproche ma bouche de son oreille et lui murmure :

« Merci de m'avoir sauvé de ce gros porc.

-Il ne voulait qu'une seule chose, te mettre dans son lit.

-Il peut toujours attendre, je ne le toucherai même pas avec un bâton. »

On rejoint notre table et à mon plus grand bonheur, elle est isolée des autres, un peu de calme. On s'assoie et commande les boissons. Erwin commande un whisky, histoire de décompresser après cette journée, moi je me prends un bon verre de vin rouge. Livaï, fidèle à lui-même, se commande du thé.

La soirée se déroule à merveille, on déguste nos plats qui sont d'ailleurs divins, merci Erwin pour l'invitation. Le serveur nous tend la carte des desserts et le major semble être plongé dans un dilemme et ne sait pas quoi choisir. Moi, ayant déjà choisi, je ferme la carte. Soudain, je sens une pression sur ma jambe droite. Je remarque que Livaï vient de ma poser sa main sur ma jambe, sous la table. À quoi joue-t-il ? Sa main passe sur le long de ma cuisse et caresse ma peau. Je sens la chaleur montée en moi. Qu'est ce qu'il m'a pris de mettre une robe fendue et surtout d'être à côté de Livaï ?

Je ne comprends pas ce qu'il fait, on avait dit d'oublier non ?

« Enfin, moi je l'ai dis, lui jamais... » Et même si je l'ai dis, je n'en ai pas envie. Il faut que je retire sa main pour lui faire comprendre mais...est ce que j'en ai vraiment envie ? Mes frissons reprennent de plus belle lorsque je sens que je sens sa main va vers l'intérieur de ma cuisse et se rapproche de mon intimité. Je jette un regard vers Erwin pour voir si il nous a vu mais le blond semble trop intéressé par la carte et le choix des desserts. C'est vrai, on est à une table isolée, mais j'ai vraiment peur d'être prise la main dans le sac. « On parle de Livaï pauvre cloche, il sait ce qu'il fait ». C'est vrai. Il n'a rien tenté depuis le début du repas, est ce qu'il observait les alentours pour pouvoir exécuter son plan ? Coquin.

Je plonge mes yeux dans les siens et lui caresse le bras pour l'inciter à continuer. Je mords la lèvre et je sens sa prise sur se resserrer sur ma cuisse ainsi que sa mâchoire. Est ce que ça l'excite de me voir me mordre les lèvres ? Tant mieux, je vais continuer alors. Sa main se rapproche de mon intimité et je sens le bout de ses mains me caresser à travers ma culotte. Mon visage est sûrement entrain de brûler. J'ai du mal à garder ma respiration calme. Il est entrain de m'exciter et il en est conscient. Ses doigts mettent plus de pression, mes ongles se plantent dans son avant-bras. Je le sens essayer de passer la barrière de mon sous-vêtement.

« C'est bon, j'ai fais mon choix. »

Erwin baisse la carte et Livaï retire vite sa main avant. Je me sens frustrée de ne pas avoir avoir pu sentir ses doigts plus longtemps. J'essaie de continuer la conversation comme si de rien n'était malgré mes joues rouges et les regards discrets du caporal.

« Tu prends quoi ?

-Je vais me laisser tenter avec le craquant au chocolat.

-Excellent choix !

-Et vous ?

-Je vais reprendre un thé, dit Livaï d'un air nonchalant.

-Je vais choisir une tarte aux citrons.

-Tout va bien ? Tu es toute rouge. »

La question d'Erwin me prend de court, que répondre à cela ?

« Oui, c'est le vin. Il m'est vite montée à la tête. »

J'ai réussi à me rattraper,ça va. Mais maintenant je n'ai envie que d'une chose, c'est de rentrer à l'hôtel. Et ce n'est pas pour dormir. Livaï en a bien conscience avec son micro rictus au bord des lèvres.


On rentre à l'hôtel et je remercie grandement Erwin pour cette soirée puis on monte dans nos chambres. Vu qu'Erwin est arrivé plus tard, sa chambre se situe au premier étage tandis que celle de Livaï et la mienne sont au deuxième. J'ouvre à peine la porte de ma chambre que Livaï saute sur mes lèvres et me pousse à l'intérieur. Il referme la porte d'un coup de pied et me plaque contre le mur tandis que je plonge mes doigts dans sa chevelure et sur sa nuque. Sa chaleur m'avait manquée, ses caresses, sa langue, ses baisers , son odeur...tous.

« L-Livaï...a-attends, tentais-je entre deux baisers.

-Hmm. »

Je plaque mes mains sur ses joues et recule son visage.

« Est-ce-que tu se-

-Je resterai, avec toi. Toute la nuit, ne t'inquiètes pas. »

Je souris sincèrement face à sa réponse et reprends le baiser avec plus de fougue. Il m'attire vers lui et je sens mon corps qui se colle au sien. On dirait bien que monsieur est très excité et dur. Il me prend les jambes, les installent autour de ses hanches et me pose sur le bureau. On a vraiment un problème entre les tables, les bureaux...Sa langue descend le long de mon cou et il me laisse quelques petits souvenirs tel des suçons et des morsures. Je gémis en penchant ma tête en arrière.

« Livaï…

-Quoi encore.

-Je dois prendre ma douche...maintenant.

-Ça tombe bien, moi aussi. »

Il se redresse et m'enlève du bureau. Il m'emmène vers la salle d'eau. J'appuie mes paumes contre le lavabo et le regarde à travers le miroir, je suis dos à lui. Livaï m'embrasse sensuellement et lèche mon épaule et mon cou. Il fait descendre mes bretelles et la fermeture de ma robe. Je tremble de désir lorsque ma robe tombe au sol et je sens ses douces mains empoignées mes seins. Je tourne ma tête et pose ma main sur sa nuque pour l'embrasser. Cet homme va finir par me tuer… Une de ses mains glisse dans ma culotte pendant que l'autre continue de masser mon mamelon et je le sens me titiller. Je ne peux m'empêcher de lâcher un gémissement dans sa bouche et de fermer fortement les paupières. Ses doigts me font tellement du bien, c'est incroyable. Il décide d'enlever ma culotte entièrement qui glisse sur mes jambes. Il me susurre à l'oreille :

« Je dois avouer que tu étais magnifique dans cette robe ce soir. Dès que je t'ai vu descendre à la réception de l'hôtel, j'avais déjà prévu de te faire certaines choses. D'un côté, je comprends que ce vieux dégueulasse t'ait proposé de venir le rejoindre. Mais dommage pour lui, tu m'appartiens. »

Je gémis face à cette révélation, cet homme m'excite tellement. Je frotte mes fesses nues contre son érection, toujours recouverte par ses habits. Je l'entends grogner. Je me retourne pour lui faire face. Je lui enlève son foulard, sa veste ainsi que sa chemise tout en l'embrassant. Mes mains tracent le contour des ses abdos et je lui lèche les lèche. Le désir a pris le contrôle de mon corps et la pensée de ne former plus qu'un de nouveau avec lui me comble de bonheur. Ma langue et mes baisers descendent le long de son buste et j'arrive au niveau de sa ceinture. Je la déboucle en le regardant dans les yeux, brûlant de désir. La dernière fois il m'a procuré beaucoup de plaisir avec sa bouche, je veux lui rendre la pareille. Je baisse son pantalon en même temps que son caleçon pour voir sa fierté, bien dressée. Je la prends en main et commence à l'embrasser et à la lécher. Je l'entends gémir et je ferme les yeux car pour moi aussi, c'est un bonheur. Je prends son membre en bouche et commence à faire de longs va-et-viens. J'accélère le mouvement en sentant sa poigne serrer mes cheveux. Faire une pipe à un homme n'est pas souvent agréable, mais avec lui, c'est le pied. Quand il veut, je lui fais sans hésiter. Alors que j'accélère le rythme en caressant ses testicules, je le sens me tirer en arrière. Il me relève et m'embrasse à pleine bouche.

« J'ai envie de profiter plus longtemps...Et je connais un autre endroit pour tout lâcher que cette jolie petite bouche...même si l'idée ne me déplaît pas. »

Je luis souris, l'embrasse et me dirige vers la douche. Oui, je compte bien prendre ma douche. Alors que je me glisse sous l'eau chaude, je vois Livaï plier nos affaires et les poser sur le panier à côté du bidet. L'éternel maniaque. Je me savonne , lui me rejoint et commence aussi à se laver. Personnellement, c'est un supplice de voir cet Apollon et se laver comme si de rien n'était. On se rince et je le vois couper l'eau. On se regarde intensément, on sait tout les deux ce qu'il va se passer. Cette nuit, nous allons passer un moment intime, comme la dernière fois. Et il est hors de question de faire demi-tour, oh ça non. Pour le taquiner, j'effleure son corps avec le mien, puis sors de la douche pour m'essuyer le corps. Je tourne la tête pour voir du coin de l'œil cet homme, si magnifique, nu, le corps mouillé. Je crois que j'ai eu un orgasme visuel. Je lui donne la serviette, il s'empresse de se sécher alors que je me précipite dans la chambre, nue comme un ver. Je me jette sur le grand lit, pour m'installer sur le dos, mes cheveux humides s'étalant sur les coussins. Je me mords la lèvre et frotte mes jambes entre elles, impatiente de m'unir avec lui. Mon cœur s'arrête en voyant l'image devant mes yeux. Livaï éteint la lumière dans la salle de bain, la chambre est plongée dans la pénombre. Enfin presque. Ce soir, c'est la pleine lune et grâce aux rayons de l'astre lunaire, je vois cet homme si beau et nu debout, devant mon lit avec des yeux prêts à me dévorer. Deuxième orgasme visuel. J'écarte mes jambes pour lui faire clairement comprendre ma demande, il n'attend pas une seconde de plus pour venir s'allonger sur moi et m'embrasser passionnément. Je gémis et frissonne en sentant nos deux intimités se frotter tandis que lui émet un grognement. Sa main droite vient caresser mon sein pendant que l'autre longe mon corps pour venir titiller mon entrée.

« Livaï, s'il te plait...ne me fait pas ...attendre plus.

-Impatiente. »

Sans plus attendre, il me pénètre d'un coup. On rompt notre baiser pour pouvoir gémir chacun. Mes jambes s'enroulent autour de ses hanches et mes ongles se plantent dans ses omoplates. J'ai l'impression que ça fait des années qu'on n'a pas couché ensemble. Ce sentiment si unique, que j'ai d'ailleurs qu'avec lui, m'avait tant manqué. Le problème c'est que je deviens accro, le sexe avec Livaï c'est comme une drogue. Il y a quelques jours, je me suis satisfaite toute seule en me rappelant le toucher de Livaï, c'est pas glorieux ouais. Le brun commence ses mouvements de reins et je ne peux m'empêcher de gémir de plus en plus fort. Il y va avec beaucoup de vigueur pour mon plus grand plaisir et je suis obligée de jeter ma tête en arrière dans les coussins, tellement cet homme me fait du bien. Lui se contente d'émettre des râles de plaisir en me baisant le cou. Je ne sais pas combien de temps s'écoule avant que je ne sente l'orgasme arriver, je perds tous mes repères. Alors que ma voix se fait de plus en plus forte et aiguëe, d'ailleurs l'hôtel m'a sûrement entendu, je le sens s'arrêter. Pourquoi il s'arrête ?! Je lui jette un regard d'incompréhension et de colère. Il s'allonge sur le dos m'entraînant avec lui : me voila à califourchon sur lui, les mains posées sur ses pectoraux et ses doigts parcourant mes cuisses.

« Toi aussi tu dois t'y mettre, je ne vois pas pourquoi c'est à moi de faire tout le boulot.

-Tu veux surtout voir ma paire de seins sautiller pendant que je te chevauche n'est -ce-pas ?

-Ouais aussi. »

Je souris et me mords la lèvre en le regardant. Et on dirait que ça à son effet car je le sens devenir plus dur en moi, je ne savais pas que c'était possible. Je commence mes mouvements d'abord lentement avant d'accélérer le rythme. Même si on a pris une douche, nos corps scintillent de transpiration. Mes ongles se logent sur son torse et je rejette ma tête en arrière, profitant un maximum. Cette position est aussi bonne que la première, elle est beaucoup trop sous-estimée. Ses mains caressent mes seins, ses pouces effleurent mes tétons, puis descendent sur mon dos, mes reins puis attrapent fermement mes fesses pour me guider avec les coups de reins. Je voudrais que le temps s'arrête, et pouvoir savourer ce moment indéfiniment. Je ne peux pas me retenir plus longtemps, l'orgasme me frappe de plein fouet.

« LIVAÏ ! »

Là c'est sûr, tout l'hôtel m'a entendu, encore. Mon corps a des spasmes et je l'entends grogner fort et il se libère à son tour. Ses bras musclés entourent mon dos et il plonge sa tête dans ma poitrine en gémissant. On reste dans cette position assise pendant un moment en reprenant notre respiration. Mes mains se baladent dans ses cheveux, profitant de cet instant de silence. Il s'allonge sur le matelas m'entraînant avec lui dans sa chute et nous recouvre d'un draps. Je pose ma tête près de son cou et l'embrasse en caressant son torse.

« Désolé pour les marques, dis-je en les caressant.

-Je ne te savais pas aussi sauvage.

-Il fallait m'attacher les mains.

-Tch, c'est surtout tes lèvres qu'il faut attacher. Même Erwin a dû t'entendre depuis son pieu. Au quartier général du bataillon, je vais devoir te bâillonner pour pas que les cadets t'entendent. »

Cette phrase me procure une joie immense, cela veut dire qu'il veut bien continuer. Je prends son visage entre mes mains, le tourne et l'embrasse langoureusement. Il me plaque contre le matelas et se positionne au-dessus de moi.

« C'est vrai que je devrais t'attacher les mains, ça t'exciterait hein ?

-Peut-être ~

-J'espère que t'es endurante.

-Bien sûr mon caporal~ »

Il m'embrasse et remonte la couette au-dessus de nos têtes. Je n'ai pu dormir que le lendemain dans la calèche, sur le voyage du retour, après une nuit bien mouvementée.