Nous
« Je cours pour suivre Harry devant moi mais ce n'est pas simple. Nous traversons un couloir quand je le vois. Il rit avec son grand frère, Percy. Il est magnifique quand il rit. Il illumine tout ce qu'il y a autour de lui, il rend les gens heureux. Son rire est contagieux même en des temps sombres comme aujourd'hui.
Du coin de l'œil, j'aperçois des ombres sur le mur à côté de lui, à l'extérieur. Un mangemort s'approche, baguette à la main. Je n'ai pas le temps de hurler pour le prévenir que le mage noir lance son sortilège. Le mur s'écroule et il disparaît sous un océan de pierres.
Fred ! NON !
Je me précipite vers lui, mes deux acolytes sur les talons. George et Percy se démène déjà pour le sortir. Je m'empresse de les aider et nous arrivons vite à le sortir mais… il ne bouge pas. Il est inerte, au sol. Je me penche vers lui pour lui parler :
Fred, je t'en supplie, bouge, fais quelque chose ! Ne me laisse pas !
Je le secoue tendrement par les épaules mais il ne bouge toujours pas. Je l'embrasse mais rien n'y fait. Alors je commence à hurler. Je hurle son nom, je hurle mon désespoir, je hurle mon amour, notre amour… On me prend pour m'éloigner de lui mais je me débats comme une enragée. Tout devient flou autour de moi. Je ne sais pas si c'est à cause des larmes ou de mon cerveau qui se bloque pour ne pas admettre la réalité. Et je continue de hurler.
FRED ! NON ! FRED ! »
Je me réveille en sursaut, dégoulinante de transpiration. Je regarde autour de moi et me resitue à l'hôpital. Fred est en face, dans ce lit blanc si impersonnel, si… pas lui. Cela doit faire trois semaines qu'il est là, dans le coma. Cela doit faire trois semaines que je suis là, à ses côtés, prête pour le moment où il se réveillera. Mais à vrai dire, je ne suis pas tout à fait sûre. J'ai vite perdu la notion du temps dans cet hôpital les jours se ressemblent tellement. Je reprends ma respiration calmement et vérifie qu'il va bien, qu'il est bien installé. Ensuite, je m'accorde une petite pause pour boire et manger quelque chose, même si l'envie n'y est pas.
Quand je reviens dans la chambre, je vois que la porte est entrouverte et j'entends une voix s'échapper de l'intérieur. Je m'approche silencieusement pour savoir qui c'est sans pour autant la déranger. Sa voix. Ses cheveux. Sa silhouette. Si ce n'est pas lui, c'est George. Il vient presque tous les jours pour lui parler de tout et de rien. Cela lui semble important de le tenir au courant des nouveautés. Je crois l'entendre sangloter. Je ne l'avais jamais vu pleurer avant le coma de son frère mais c'est bien vrai : George pleure. Mais après tout, ce n'est pas ici et certainement pas moi qui vais le juger pour ça. Je passe ma journée à pleurer à tel point que je me demande comment je peux fournir autant d'eau. Il est beaucoup plus fort que je ne le serais jamais, que sa famille ne le sera jamais.
Hermione ? Tout va bien ?
Je sursaute et me rend compte qu'il est là devant moi. J'étais tellement perdue dans mes pensées que je n'ai pas fait attention qu'il s'était levé. Je me rends compte aussi que je pleure, encore une fois, à chaudes larmes. Il me prend dans ses bras et me caresse les cheveux doucement. Je crois que nous nous comprenons tous les deux. Mieux que les autres en tout cas. Fred est une partie intégrante de notre vie. Pour le reste de la famille aussi bien sûr mais il me semble que, dans notre cas, c'est différent.
Il me prend les épaules pour m'éloigner de lui et me regarde droit dans les yeux. Ce ne sont pas exactement les mêmes que ceux de Fred. Les siens sont verts avec des taches jaunes alors que ceux de George sont plus proches du marron.
Hermione, ça va aller. Ne perds pas espoir, d'accord, ne sombre pas. J'ai besoin de toi pour me soutenir. Tu le connaissais si bien… presque mieux que moi.
Je souris à cette remarque. Je ne pense pas que ça soit vrai mais ce n'est pas grave. Cela me fait du bien de le penser. George me regarde et me fait un petit sourire. Puis il me lâche et repart. Je m'avance donc dans la chambre, seule de nouveau. En m'asseyant sur le fauteuil, je lui prends la main et je commence à lui parler.
Salut mon cœur. Je ne sais pas si tu m'entends mais moi, ça me fait du bien de parler donc c'est ce que je vais faire. Tu te souviens de quand tu es tombé amoureux de moi ? Moi je m'en rappelle, enfin… je me rappelle du moment où j'étais convaincue de l'être. Parce que oui, je ne te l'ai jamais dit mais j'ai toujours eu un faible pour toi, dès la première année. Mais j'en ai été sûre ce jour-là, dans le couloir qui mène aux cachots. Tu t'en souviens ?
« Je range mon chaudron et toutes mes affaires de potions. Ce cours a encore été éprouvant, surtout pour mon ego. Mais je n'y fait plus attention. Depuis cinq ans que je me prends les remarques du Professeur Rogue et de Malefoy, ça me passe au-dessus à présent. Je sors dans les derniers de la salle et je vois que les dernières années attendent l'accord du professeur pour rentrer dans la salle. Une fois sortie, je m'avance précipitamment pour ne pas être en retard au prochain cours quand une voix m'arrête :
Hé, la Sang-de-Bourbe ! Qu'est-ce que tu faisais encore dans la salle ? Je suis sûr que tu essayais de gratter des points avec le prof. Comme si tu n'en avais pas assez ! Mais dis-moi, tu as fait comment ? Tu lui as promis une soirée rien que tous les deux ?
Sa remarque me pique beaucoup. C'est très humiliant mais je décide de l'ignorer et de continuer à avancer. Des pas pressés derrière m'indiquent qu'il aimerait une réponse et d'un coup un grand bruit surgit. Derrière moi. Et puis après, plus de pas. Je me retourne et je me tétanise devant le spectacle sous mes yeux. Drago est au sol, la joue rouge et crachant du sang. La silhouette qui le surplombe me choque encore plus.
Fred.
Il me voit et se précipite vers moi. Ses bras m'entourent les épaules, son parfum s'immisce dans mes narines et me calme. Pourquoi fait-il ça ? Il veut que je meure ou quoi ? Mes jambes vont s'effondrer à force de trembler s'il ne me lâche pas ! Il finit par se reculer et m'observe de ses yeux verts/jaunes.
Ça va ? Hermione, n'écoute pas ce qu'il dit. Hermione, tu pleures.
Je réalise qu'il a raison. Mes larmes coulent à flots et trempent son uniforme. Je renifle d'une façon pas du tout gracieuse et m'essuie les joues.
Ce n'est rien, tout va bien. Je vais très bien, je le rassure. Je dois retourner en cours.
Je me dégage violemment de ses mains restées sur mes épaules et m'enfuit en courant. Ça y est. Je suis définitivement amoureuse de Fred Weasley. »
Et voilà. Notre histoire a débuté comme ça. Après ce passage, tu passais ton temps à me surveiller. Tu t'inquiétais de mon état après cette remarque particulièrement choquante. Toutes les filles se demandaient ce que tu faisais avec quelqu'un comme moi, pourquoi tu préférais passer ton temps avec moi plutôt qu'avec elles. Et je dois t'avouer que je me posais ces questions aussi mais j'appréciais énormément ta compagnie donc je n'ai rien dit. Jusqu'au jour où c'est sorti…
« Je suis assise tranquillement sur le bord du lac, les yeux dans le vague, quand je sens quelqu'un s'asseoir près de moi. Je n'ai même pas besoin de me retourner pour savoir qui c'est.
Qu'est-ce que tu veux Fred ?
J'ai été plus cassante que je ne le voulais mais tant pis. J'ai envie d'être seule pour le moment.
Rien. Qu'est-ce qui se passe ? Et ne me dis pas rien. Je te connais suffisamment pour dire que quelque chose te tracasse. Alors dis-moi.
Je le regarde droit dans les yeux et lui dis :
Rien.
Ne te moque pas de moi. De toute façon je resterais là jusqu'à ce que tu me dises ce qu'il se passe.
Je soupire, vaincue. Pas que j'abandonne vite mais plus parce que je sais qu'il va le faire et me suivre à la trace tant qu'il ne saura pas. J'ai déjà essayé et il m'a suivi pendant deux jours.
Je me demande ce que tu attends de moi.
Comment ça ?
Je commence à m'énerver. Il ne comprend pas ! Je me lève et agite mes bras dans tous les sens en le regardant.
Mais tu ne comprends rien ! Tu n'entends pas tout ce qui se dit dans l'école depuis que tu me suis partout !? Les gens se demandent ce que tu fais avec moi. Et moi aussi ! Pourquoi quelqu'un comme toi, quelqu'un de populaire, passerais son temps avec quelqu'un comme moi, quelqu'un d'inintéressant ? Hein ? Explique-moi ! Je ne vois qu'un truc. Tu attends quelque chose de moi mais quoi ? Dis-moi ce que tu veux ?
Pendant mon monologue, il s'est levé, les sourcils froncés. Il profite que je prenne ma respiration pour me prendre les mains et me calmer. Il me regarde droit dans les yeux et d'un coup, sans que je ne comprenne ce qu'il se passe, ses lèvres sont sur les miennes. Instinctivement, ses bras s'enroulent autour de mes hanches et les miens autour de son cou. Mes yeux se ferment et je profite de cet instant. Je crois rêver ! Le garçon dont je suis amoureuse depuis ma première année est en train de m'embrasser ! Pourtant c'est bien réel. Ses mains sont bien en train de me tenir les hanches, sa langue caresse doucement la mienne dans une danse sensuelle. Ma peau me brûle partout mais j'adore cette sensation. Au bout d'un certain temps, nous nous reculons pour reprendre notre souffle. Nos respirations sont fortes et mes joues doivent être rouges cramoisi. Il me prend le menton pour me relever la tête et de façon à ce que ses yeux s'ancrent dans les miens.
Tu n'as rien d'inintéressant Hermione. Tu es fantastique, n'en doute jamais. Tu es passionnée et c'est ce que j'aime le plus chez toi. Quand cet imbécile de Serpentard t'a dit ce qu'il a dit ce jour-là, quelque chose en moi a réagi au quart de tour. Je ne pouvais tolérer qu'on te traite de cette manière. C'était instinctif. Mais malgré ça, tu t'es battue et tu as continué à avancer sans laisser personne te détourner de ta voie. C'est la deuxième chose que j'aime le plus chez toi, me dit-il avec un sourire. Hermione, ça fait des semaines que je me retiens de te sauter dessus chaque fois que tu passes à côté de moi. Ça fait des semaines que je me retiens de t'embrasser mais là, je ne pouvais plus. Je t'aime, Hermione.
Et nos lèvres se sont rejointes de nouveau. »
Ça a été un des plus beaux moments de ma vie. De toute façon, ils sont tous avec toi, je rigole. Au début, je ne voulais pas le dire. Pour tout te dire, j'avais peur de la réaction de Ron. Je le soupçonnais d'avoir un faible pour moi et il s'est avéré que j'avais raison. Tu te rappelles sa tête quand nous lui avons dit quelques mois plus tard ? Il nous en a beaucoup voulu et ça m'a fait de la peine mais je ne pouvais pas l'aider. Il a fini par l'accepter et c'est tant mieux. Je m'en serais beaucoup voulu qu'il reste bloqué sur ça et qu'il n'essaie pas de sortir avec d'autres filles. Enfin bref… Par contre, un des plus douloureux moments que j'ai vécu est aussi grâce/à cause de toi. Je suppose que tu sais de quoi je parle…
« Je suis assise à ma table dans la grande salle pour une épreuve des BUSES. Mon crayon frotte le papier à la vitesse de la lumière. Mon cerveau carbure. J'ai stressé toute la matinée mais en fait cela me paraît extrêmement simple. Quand on entend un gros bruit. Toutes les têtes se relèvent des copies et un autre bruit retentit. La directrice se lève et se dirige vers la porte de la salle. Mais dès qu'elle ouvre la porte, des feux d'artifices pénètrent dans la salle suivis de deux jeunes hommes sur leurs balais. Les jumeaux. Mes sourcils se froncent d'incompréhension. Pourquoi fait-il ça ? Il savait que c'était important pour moi ces épreuves. Qu'est-ce qu'il fabrique ? Ils font voler les copies dans tous les sens, font exploser des feux d'artifices dans la Grande Salle. Mais le plus impressionnant reste ce magnifique dragon qui poursuit Ombrage.
George sort de la salle sur son balai après avoir fait un signe à son frère. Il s'approche lentement de moi et atterrit sur le sol avec grâce. Je l'ai toujours admiré sur un balai. Il est fait pour ça. Il me prend dans ses bras et m'embrasse avec plus d'amour que je n'en avais jamais ressenti. Quand il se recule enfin, il me faut quelques secondes pour que j'arrive enfin à parler.
Fred, que se passe-t-il ? Je ne comprends pas.
Je suis désolé Hermione. J'avais promis de ne rien dire. Tout était déjà prévu avant nous. Tu sais, l'école ce n'est pas fait pour moi. Et puis de toute façon, George et moi on n'a pas besoin des ASPICS pour notre avenir. Tout est réglé déjà grâce à Harry. Ne pleure pas Hermione, on se revoit dans quelques semaines, d'accord ?
Mes larmes continuent de couler mais je ne fais rien pour les arrêter. J'espère que ça lui montrera à quel point cela me blesse. Quand je regarde ses yeux, j'y vois à la fois de la tristesse et du bonheur. Je suppose, en tout cas j'espère, que la tristesse me concerne mais je pense aussi qu'il est quand même triste de quitter Poudlard. Mais le bonheur prime sur tout. Son bonheur prime sur ma tristesse. Alors je l'embrasse encore une fois et j'essaie d'y mettre autant de sentiments que lui. Quand je le lâche, il me regarde et me dit qu'il m'aime.
Je t'aime, je lui réponds pour la première fois.
Il me regarde, à la fois surpris et heureux. J'avais toujours hésité à lui répondre parce que pour moi, c'est quelque chose d'important, à ne pas dire à la légère. Il avait toujours compris ça même si cela le blessait un peu. Mais maintenant, je me sens prête. Prête à l'aimer pleinement, prête à vivre avec lui, prête à tout. »
Je t'en ai beaucoup voulu, surtout pendant les semaines où j'étais seule à Poudlard avant de te retrouver. D'ailleurs tu as pu t'en rendre compte quand nous sommes arrivés du Poudlard Express. Ton frère et toi vous étiez là, avec le reste de la famille, à nous attendre Harry, Ron, Ginny et moi. Quand nous sommes arrivés, j'ai dit bonjour à tout le monde et quand je suis arrivée à toi, je t'ai giflé. Tes parents m'ont regardé comme si j'étais un extraterrestre. Tu l'avais mérité, en tout cas je le pensais sur le moment. C'est après ça qu'on a dû l'expliquer à tes parents…
« Nous arrivons enfin au Terrier, après un trajet en voiture plus que gênant. Fred me regarde, les yeux rieurs parce que mes joues sont rouges. Il est en train de se moquer de moi ! Je descends rapidement de voiture et récupère ma valise dans le coffre. Je suis Ginny jusqu'à sa chambre et commence à m'installer. Je reste pendant presque toutes les vacances : mes parents sont partis en France voir une partie de notre famille et je ne voulais pas les accompagner. Nous descendons ensuite pour le dîner. Comme d'habitude, le repas est délicieux mais beaucoup trop copieux. Après avoir fini de débarrasser la table, je remonte dans ma chambre quand une voix m'appelle.
Fred ! Hermione ! Descendez s'il vous plaît ! crie Molly, histoire d'être sûre d'être entendue.
Je soupire, sachant déjà ce qu'il m'attend. J'avance dans le salon et retrouve Arthur, Molly et Fred qui m'attendent. Je m'assoie sur le canapé, à côté de Fred et en face des parents. Ils nous regardent attentivement avec l'air de vouloir lire dans nos esprits. Malheureusement pour eux et heureusement pour moi, les sorciers n'en sont pas capables.
Bien. Les enfants, pouvez-vous nous expliquer ce qui s'est passé à la gare ? commence gentiment Arthur.
Euh… je… je commence à bredouiller, cherchant mes mots.
Hermione et moi sortons ensemble, sort Fred sans le moindre tact.
Pardon ?
Les yeux de Molly sont sur le point de sortir de leur orbite et Arthur adresse un petit sourire à Fred, comme s'il approuvait son choix. Fred rayonne et semble soulagé de l'avoir enfin dit quant à moi, je baisse la tête, rouge de honte.
Je ne vois pas ce qui te choque tant Maman. Hermione est une fille, je suis un garçon il n'y a rien de choquant.
Oui mais… Hermione… Je… Je ne m'attendais pas à ça à vrai dire. J'ai toujours pensé qu'Hermione finirait avec Ron… Je ne sais pas trop quoi dire…
Je te comprends Maman, mais c'est comme ça.
Il me prend la main, comme pour le prouver et je ne me retire pas.
Mais alors, pourquoi cette claque tout à l'heure à la gare ? demande Arthur.
Eh bien… je commence, de plus en plus gênée. Vous savez que Fred et George sont partis avant la fin de l'année. Je n'étais pas au courant et ils l'ont fait pendant une épreuve des BUSES. J'étais vraiment blessée et triste. Les dernières semaines ont été très dures pour moi. Je me sentais seule. Alors, j'étais en colère contre lui, d'où la gifle.
Tu l'as abandonnée ? Et sans la prévenir ? Comment as-tu pu ? Je ne t'ai certainement pas élevé comme ça ! s'énerva Molly après Fred.
Molly chérie, calme-toi. Ce sont leur problème, pas le nôtre, la calma Arthur.
Elle se détendit mais on voyait dans ses yeux qu'elle était toujours en colère contre son fils. Lui, il me jetait un regard désolé mais je l'ignorais, décidant que ce n'était pas le moment de régler ça.
Depuis combien de temps ? demanda finalement la matriarche.
Je ne sais pas exactement, je dirais 9 mois quelque chose comme ça… je répondis doucement.
Nous en reparlerons demain, allez-vous coucher les enfants.
Nous nous levons tous les deux et je lâche sa main. Nous commençons à monter les marches et Molly nous interpelle depuis le salon.
Et c'est chambre à part ! »
Je rigole au souvenir de cette remarque. Sur le coup, on n'a pas beaucoup ri mais de toute façon, on n'avait pas l'intention de faire chambre commune cette nuit-là. Je lui en voulais encore beaucoup.
J'ai fini par te pardonner mais je ne peux rien te refuser, tu le sais bien. On a passé un merveilleux été. Par contre, il a fallu que je te présente à mes parents. C'était très comique aussi mais cette fois, les rôles étaient inversés : tu étais gêné et moi je riais. Heureusement, mes parents t'ont vite apprécié. En même temps, il est impossible de te détester. La rentrée a été très dure puisque tu n'étais plus là, mais nous communiquions beaucoup et nous nous retrouvions lors des sorties à Pré-au-Lard. Et puis, il y a ces vacances de Noël. Je suis sûre que tu t'en rappelle…
« Je débarrasse la table avec Molly. Cette année encore, j'ai passé le réveillon avec les Weasley. Mais ce n'est pas grave, je verrais mes parents pour le Nouvel An. J'aime bien passer les fêtes avec mes amis et maintenant… mon petit-ami. Je pose les assiettes dans l'évier et Molly me remercie, me signifiant que j'en ai assez fait pour aujourd'hui. Je soupire de soulagement et vais dans le salon pour m'effondrer sur le canapé. Fred arrive quelques secondes après moi de la même manière, alors qu'il n'a rien fait de sa journée ! Il me prend la main et me caresse doucement avec son pouce.
Quand Molly décrète qu'il est tard et qu'il faut aller se coucher je me lève mais Fred ne me suis pas. Je retombe sur le canapé, bien obligée puisqu'il tient ma main. Je le regarde sans comprendre lorsqu'il appelle sa mère. A son regard, je le soupçonne de manigancer quelque chose… Molly arrive et Fred lance de but en blanc :
Hermione et moi allons dormir dans mon appartement.
Je me fige et je suis sûre que je suis toute rouge puisqu'il me fait un clin d'œil. Molly à l'air aussi surprise que moi. On a déjà dormi ensemble depuis le temps qu'on est ensemble (plus d'un an tout de même) mais on ne lui en avait pas parlé.
Inutile de contester Maman, tout est déjà arrangé avec George, renchérit-il. C'était juste pour te prévenir, histoire que tu ne réveilles pas tout le voisinage quand tu ne nous verras pas pour le petit-déj demain matin.
Sur ces mots, il nous fit transplaner chez lui. Je ne me suis toujours pas faite à cette sensation. Je déteste ce moyen de transport. Une fois arrivés à son appartement, il me lâche la main et commence à jeter des sorts sur toutes les entrées possibles de l'appart.
Au cas où, elle décide de nous suivre, me lance-t-il en parlant de sa mère.
Mais… pourquoi ? Tu es fou ? Elle va nous tuer demain quand on rentrera ?
Ne t'inquiète pas 'Mione, détends-toi.
Il me prend par les épaules et passe un bras sous mes jambes pour me transporter dans sa chambre. Nous entrons et il me pose délicatement sur le lit.
Je voulais juste qu'on ait de l'intimité puisque tu pars bientôt chez tes parents et je ne te reverrais qu'à Pré-au-Lard ou cet été, se justifie-t-il avec une moue d'enfant.
Il est adorable quand il fait cette tête et je me détends peu à peu. Il se penche vers moi et m'embrasse tendrement. Je me dis que c'est sûrement le moment. J'y pense depuis pas mal de temps en fait. J'ai eu 17 ans en septembre dernier et je l'aime vraiment. De toute façon, je ne sais pas si je serais prête un jour mais il va bien falloir sauter le pas. Et puis… il fait tellement d'efforts pour moi, il ne m'a jamais pressée, rien de tout cela.
Je commence donc à passer mes mains sous son pull et à caresser ses abdos bien dessinés. Sa peau est brûlante et je pense que la mienne est dans le même état. Il se détache légèrement de moi, sans pour autant rompre le contact de mes mains, et me regarde, surpris. Je lui fais un signe de tête et il doit comprendre où je veux en venir puisqu'il me saute littéralement dessus pour m'embrasser plus passionnément. Ses mains imitent les miennes et rapidement, je retrouve nue sous son regard. Pendant un instant je suis horriblement gênée mais il me relève la tête pour que je le regarde.
Ne sois pas gênée devant moi Hermi, tu es magnifique.
Je lui souris et entreprends de lui retirer ses vêtements. Une fois nu, je souris intérieurement en admirant ce sublime corps qui est à moi. Je peux déjà voir son excitation. Il se penche au-dessus de moi pour sortir une fiole de sa table de chevet. Une potion de contraception. J'avais totalement oublié ça. Il me tend la fiole et je bois son contenu cul-sec.
Tu en es vraiment sûre ? Ne pense surtout pas que je nous ai amené ici pour ça. Ce n'était pas du tout dans mes intentions.
Je peux voir l'inquiétude dans ce regard. Il est tellement adorable ! Je prends son visage dans mes mains et l'embrasse longuement.
J'en suis absolument sûre. Je t'aime Fred, je t'aime de tout mon cœur, de toute mon âme, de tout mon corps. Je brûle chaque jour un peu plus d'amour pour toi. Tu as une partie de mon cœur entre tes mains et je te fais confiance pour en prendre soin.
Tu m'embrasses, encore et encore, comme pour me détendre. Et Merlin sait que je suis tendue ! J'ai déjà entendu des filles parler de leur première fois à l'école. Elles s'accordent toutes à dire que ce n'est pas une partie de plaisir mais j'ai confiance en Fred. Tout doucement, il franchit cette barrière. La douleur est vraiment intense mais mon amour pour lui l'est encore plus. Nous ne formons plus qu'un et c'est à cet instant que je me sens enfin entière, enfin moi.
Je t'aime aussi Hermione. »
Quel moment ! Un des plus beaux aussi. Je t'avais dit que mes plus beaux moments étaient avec toi. En voilà déjà deux. Cette nuit fut fantastique. Le lendemain avec ta mère beaucoup moins !
Je rigole mais je pleure en même temps. Tous ces souvenirs me remuent dans tous les sens.
On ne faisait pas les fiers devant elle mais le jeu en valait la chandelle. Vraiment.
Je pose ma tête sur son torse et pleure. Je crois n'avoir jamais autant pleuré de toute ma vie, même quand j'ai appris que je ne pourrais pas retrouver mes parents. Je suis à la fois triste et heureuse. Triste de cette situation qui n'en finit pas, qui me fatigue un peu plus de jour en jour. Mais heureuse d'avoir pu vivre tous ces moments magiques avec lui, même si je ne devais jamais les revivre.
Je relève la tête d'un coup. Je crois avoir rêvé… mais non ! Ça arrive encore une fois et je pleure encore plus. Ce n'est peut-être rien et ça ne veut sûrement rien dire mais…
… il m'a serré la main !
