Je t'haine : Beaucoup... (1)
Il lui fallut un instant pour comprendre où elle se trouvait. La pièce était sombre, les murs, à peine perceptibles, semblaient prêts à l'engloutir. Des murmures emplissaient l'espace, de plus en plus nombreux, de plus en plus proches. Les murmures devinrent des sifflements et la panique menaça de la submerger. Elle se mit à courir, mais ils la rattrapaient. Une porte apparut brusquement devant elle et s'ouvrit. La scène à laquelle elle assista lui glaça le sang. Au pied d'un trône en argent massif ornementé de serpents noueux se trouvait une silhouette recroquevillée sur elle-même. Un rouge vermeille s'écoulait de chacun de ses pores. Une voix sifflante claqua : « Tu m'as déçu ». Instinctivement, elle sentit le danger et ressentit un besoin féroce de quitter la pièce. Dans son élan, elle glissa et tomba à terre. En essayant de se relever, elle s'aperçut que ces mains étaient pleines de sang. Elle les essuya frénétiquement sur ses avant-bras et une marque sombre apparut. La marque des ténèbres. Au-dessus d'elle, la même voix gronda. « Tu as échoué ». Son regard croisa deux orbes rouges remplies de malveillance. Elle se retrouva couchée au sol. Elle aperçut une baguette à sa droite mais quand elle voulut s'en saisir, ses yeux accrochèrent un miroir, posé à ras le sol. Elle se vit. Allongée dans une robe de sorcier noir et arborant... le masque des mangemorts.
Un cri au bord des lèvres, Hermione se redressa brusquement, le souffle haché. Ses yeux embrumés s'éclaircirent progressivement et elle reconnut l'endroit où elle se trouvait. Le dortoir de Griffondor. Elle était en sécurité. Tout allait bien. Son regard se porta sur son avant-bras et le ventre noué, elle remonta lentement la manche de son pyjama [usagé*]. Son bras était nu. Le soulagement qui la prit n'atténua qu'une partie de la panique qui la tenait. Elle ne contrôlait plus ses mains qui étaient prises de tremblements. Son rêve avait semblé si vrai, les émotions qu'elle avait ressenties avaient été si fortes, qu'elle se sentait encore complétement déboussolée.
- Tout va bien Mione ?
Hermione sursauta et se tourna vers Ginny. Cette dernière frottait ses yeux encore ensommeillés et regardait son ami avec inquiétude.
- Tout va bien Gin. Tout va bien. Je... je vais prendre une douche.
Elle ne reconnut pas la voix éraillée avec laquelle elle avait parlé. Elle se leva fébrilement et se dirigea vers les douches, emportant ses affaires à la hâte. Les douches étaient communes à Poudlard mais elle bénéficiait maintenant de la salle de bain des préfets. Un avantage qu'elle n'avait jamais vraiment pris le temps d'apprécier mais qui lui sembla être le salut tant attendu à cet instant. Quand elle arriva à destination, elle fut soulagée de n'y voir personne. La salle était grande et d'accès restreint, et elle voulait être complétement seule. Elle se glissa dans le bain chaud et laissa la chaleur de l'eau apaiser ses muscles. L'odeur qui s'échappait des centaines de robinets entourant le bassin emplit agréablement la pièce. Hermione avait d'abord été gênée par le luxe omniprésent dans cette salle. Un magnifique lustre de chandelles éclairait la pièce d'une lumière douce et tout était en marbre blanc, y compris le bassin. Les robinets qui l'entouraient étaient faits d'or et chacun était orné de pierres précieuses différentes. Mais elle devait avouer qu'elle trouvait également un plaisir coupable à se prélasser dans ce genre de décor. Ron, lui, ne se retenait pas. Comme à chaque fois qu'elle pensait à son meilleur ami, l'humeur d'Hermione s'assombrit. Elle ne cherchait pas à comprendre la raison pour laquelle elle avait senti cette brûlure au bras quand il l'avait touché, ou plutôt elle ne le voulait pas. Cependant, au-delà de cet incident, son meilleur ami lui manquait. Heureusement qu'elle avait Harry, mais elle le mettait dans une position délicate. Et elle comprenait très bien sa situation puisqu'elle avait été la même pour elle en quatrième année.
- Mais qu'est-ce que tu fiches ici Granger ?
Hermione sursauta violemment et de l'eau s'infiltra dans sa bouche, menaçant de l'étouffer. Alors qu'elle toussait comme un homme aux portes de la mort, elle se tourna pour faire face à Drago Malefoy qui la toisait de son regard méprisant. Un regard qui ne le quittait jamais quand il se portait sur elle. Ce dernier portait sa robe de cours… Le rouge monta aux joues d'Hermione quand elle réalisa où elle se trouvait, avec qui, et qu'elle était actuellement complétement nue.
- Comment quelqu'un comme toi a-t-il pu être choisi comme préfet ?
L'avantage avec Malefoy était son comportement odieux qui vous faisait rapidement oublier la gêne qui vous tenaillait au départ.
- Après tes exploits de l'année dernière, je me demande plutôt comment toi, tu as pu être choisi comme préfet par le professeur Dumbledore.
Une grimace déforma le beau visage du Serpentard. Etonnamment, il n'appréciait pas qu'on lui rappelle ses exploits passés avec Ombrage. Quand elle repensa à ce vieux bonbon rose, Hermione sentit une sourde colère l'envahir. Cette vielle folle avait tenté de jeter un impardonnable à Harry, finir à Saint mangouste n'était qu'un doux châtiment à ses yeux. On ne touchait à ses proches.
Une tension électrique régnait dans la salle sans qu'aucun des deux étudiants ne cherche à l'apaiser. Au contraire, plus ils se défiaient du regard, plus la colère semblait s'approfondir. Hermione perçut le tremblement qui agita la main gauche du Serpentard et ses muscles se tendirent, prêts à réagir à une attaque. L'instant dura une brève seconde quand, soudainement, une vague d'apaisement la prit. Elle se relâcha et aperçut du coin de l'œil Malefoy en faire de même. Hermione ne sut expliquer ce changement soudain d'atmosphère, mais elle en était reconnaissante. Elle n'avait aucune envie de faire perdre des points à sa maison à cause de lui.
Malefoy poussa un profond soupire.
- Je n'ai pas envie de perdre mon temps avec toi, du moins plus que nécessaire. Nous avons malheureusement un exposé à rendre et je veux le finir le plus rapidement possible. On se voit dans une heure à la bibliothèque. Sois à l'heure.
Sur ces mots, il sortit de la pièce de son pas altier, n'attendant aucune réponse de la jeune gryffondor. Bien que très agacée par son comportement, Hermione n'eut pas la force de s'énerver. Elle avait l'impression d'enchainer les ascenseurs émotionnels quand elle était à proximité du serpentard.
Hermione poussa un profond soupir. Le bain ne lui ferait plus d'effet.
DM&HG&DM&HG
Pour la première fois de sa vie, Hermione n'avait pas envie d'aller à la bibliothèque. Elle n'avait pas assez d'énergie pour se prendre une énième fois la tête avec Malefoy. Elle avait mastiqué chaque morceaux de son petit déjeuner une vingtaine de fois pour faire durer au maximum ce moment de paix mais son sens de la ponctualité avait été plus fort et elle avait finalement pris la direction de la bibliothèque. Hermione se sentait un peu contrariée, ce maudit blond arrivait même à gâcher son antre de paix.
Elle le retrouva au fond de la bibliothèque. Il ne voulait sûrement pas qu'on les voit ensemble. Elle s'installa de mauvaise grâce et le fixa, attendant que monsieur daigne lui accorder de l'attention. Elle eut comme un sentiment de déjà-vu.
Malefoy se décida enfin à bouger et Hermione s'exaspéra de sa lenteur. Il referma le livre qu'il tenait, le posa devant lui et croisa ses long doigts fins avant de planter son regard gris anthracites dans le sien.
- Ne perdons pas de temps Granger. Il n'est pas nécessaire que l'on reste collé. On va se répartir les recherches. Je me doute que Miss je-sais-tout doit déjà en savoir beaucoup sur la potion de polynectar mais elle reste une potion de niveau avancé. Et je suis meilleur que toi en potion, ajouta-t-il un sourire moqueur aux lèvres.
« Merci Snape ». Hermione serra des dents. Alors qu'il s'apprêtait à continuer son monologue, elle le coupa.
- J'ai déjà fait une potion de polynectar.
Les sourcils qu'il avait froncés quand elle lui avait coupé la parole se soulevèrent et ses yeux s'écarquillèrent. Hermione savoura cet instant. Le silence de Malefoy était une des plus belles choses que la vie avait à offrir.
- A 12 ans.
Hermione retint un éclat de rire. La tête de Malefoy valait tous les gallions du monde. Les yeux toujours plus écarquillés, la bouche entrouverte, le prince des serpentard était stupéfait.
- Tu as fait une potion de polynectar ? A 12 ans ? Comment ?
Le moment de gloire d'Hermione redescendit vite quand elle réalisa qu'elle ne pouvait pas lui dire comment. « Avec Harry et Ron, on a volé les ingrédients nécessaires dans le réserve de potion du professeur Rogue et on a pris les cheveux de trois de tes compagnons serpentards, pour infiltrer votre dortoir et te faire avouer que tu es l'héritier de Serpentard ». Non. Elle ne pouvait définitivement pas lui dire ça.
- C'est une longue histoire que je n'ai pas envie de te raconter. Tout ce que tu as à savoir c'est que nous avons besoin du livre Les potions de grands pouvoirs qui explique de manière claire la préparation, les effets de la potion et ses effets secondaires. J'ai pensé que l'on pourrait rechercher des témoignages de personnes ayant été sous l'effet de cette potion ou ayant fait face à des personnes transformées, afin de mélanger théorie et un peu de pratique. On pourrait traiter des dangers de ses effets et de son utilisation, et faire la distinction entre cette potion et les autres manières de transformer le corps humain.
- Respire Granger.
Apparemment Malefoy avait retrouvé ses esprits.
- Tes idées ne sont pas toutes mauvaises, j'avais également pensé à emprunter Les potions de grands pouvoirs. J'ai obtenu l'autorisation de Slughorn, lui dit-il en lui montrant un parchemin qu'il dissimulait dans sa robe de sorcier.
Hermione était agréablement surprise que Malefoy ait pris cette initiative. Cela lui changeait de ses partenaires gryffondors qui se reposaient totalement sur elle. Elle n'était par contre pas étonnée qu'il connaisse le livre. Issu d'une illustre famille de sorciers, ce genre d'ouvrage devait peupler sa bibliothèque. Malgré la présence certaine de livres de magie noire, elle se mit à rêver de la bibliothèque des Malefoy. Elle devait réunir des ouvrages tellement anciens et précieux. Des doigts claquèrent devant son champ de vision.
- On reste concentré Granger, s'agaça-t-il, l'idée des témoignages n'est pas trop mal. D'autant que l'on a déjà des témoins tout trouvés.
Il la fixa avec insistance
- Je ne peux pas...
- Sans rire, se moqua Malefoy, enfin encore faut-il que tu l'aies réellement réalisé.
- Évidemment ! Je ne mens pas ! Je l'ai réellement faite, s'indigna Hermione.
- Les gryffondors… Vous êtes si facile à faire réagir.
Hermione s'en voulut de s'être enflammée si rapidement. Ils reprirent leur conversation et à leur grande surprise, celle-ci se passa sans incident. Malefoy était très doué en potion, Hermione le reconnaissait, et elle était curieuse de tout, s'intéressant à tout ce que lui apprenait son partenaire, quel qu'il soit. Rien n'indiquait qu'ils avaient failli se battre une heure plus tôt.
Une demi-heure plus tard, ils s'étaient répartis les recherches et ce serait Malefoy qui garderait le livre de la réserve en premier. Hermione n'avait pas insisté. Ils avaient réussi à rester cordiaux jusque-là, autant continuer sur leur lancer. Elle tendit à Malefoy le parchemin sur lequel elle avait pris des notes. Il se contenta de hausser un sourcil.
- Je n'ai pas besoin de ton torchon Granger. Ma mémoire me suffit.
La trêve était terminée. Hermione lui lança un regard peu amène et s'empara de sa main pour y fourrer le parchemin. Il n'était pas question que l'égo de monsieur Malefoy impacte leur devoir parce que le serpentard aurait oublié quelque chose. Un brusque frisson traversa sa main et parcourut le long de son bras. Elle regarda sa main fermement accrochée à celle du blond. Elle la sentait douce, il était si tentant de glisser ses doigts pour confirmer. Quand elle se rendit compte de ses pensées, la jeune fille retira vivement sa main mais celle-ci fut interceptée par le serpentard. Elle leva ses yeux et fut plongée dans un violent orage.
Malefoy ne l'avait jamais fixé comme ça. Elle se sentait étrange, frissonnante. Elle ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Elle vit les yeux du blond s'abaisser pour fixer autre chose. Elle rougit en comprenant qu'il s'agissait de ses lèvres et fut tenter de regarder les siennes. L'atmosphère était intense, sans qu'elle puisse décrire ce qu'elle ressentait.
Aussi soudainement qu'elle s'était installée, l'ambiance lourde d'ambiguïté s'éteignit. Le regard de Malefoy se fit plus clair et il lâcha brusquement la main de la jeune fille. La mâchoire serrée, il la fixait de ce regard méprisant.
- Essaie de travailler correctement, sang de bourbe. On n'a pas tous du temps à perdre.
Et sur ces belles paroles, il partit. Décidément, il adorait soigner ses sorties. Encore trop prise dans ses émotions, Hermione se contenta de lui jeter un regard noir. Elle ramassa ses affaires et se dirigea vers la sortie. En croisant Malefoy, elle abaissa la voix.
- Sois sûr de tenir la cadence de la major de ta promotion, sang pur.
Elle avait insufflé tout le fiel qu'elle pouvait dans ces derniers mots et apprécia de voir Malefoy se crisper. Cet imbécile ne savait qu'être insupportable. Elle se demandait comment ils allaient tenir jusqu'au jour de l'exposé.
Elle prit naturellement la direction de sa salle commune, les bras chargés, et l'esprit préoccupé quand elle entendit son nom être appelé dans le couloir.
- Mione ! Hey Mione !
Elle se retourna et aperçut une touffe noire et des yeux verts lui faire signe. Contente de voir son meilleur ami, elle lui fit un magnifique sourire qui disparut quand elle vit la personne qui l'accompagnait. Harry se précipita vers Hermione tandis que Ronald Weasley trainait derrière lui la tête baissée.
- Comment vas-tu ? , il ne lui laissa pas le temps de répondre et enchaîna, oh Ron ! Tu n'avais quelque chose à dire à Hermione ?
Quel acteur ! La subtilité n'était pas une des premières qualités du survivant. Hermione se tourna vers le roux et ils se trouvèrent à se fixer aussi mal à l'aise l'un que l'autre. Harry adressait des coups de coude au gryffondor qui lui répondait par des grognements.
Hermione allait prendre congés quand il se décida à prendre la parole. Il se racla à plusieurs reprises la gorge, signe d'un grand embarras.
- Voilà Hermione, t'aimes les livres ? Parce que moi, tu vois, j'aime manger des sucreries quand je suis stressé, donc avec Harry, on voulait aller sur Pré o lard cet aprèm pour en acheter. Et il y a cette nouvelle boutique qui vient d'ouvrir et je crois qu'elle vend des bouquins sympas. Donc je me suis dit que tu pouvais nous accompagner... Pour qu'on soit ensemble. Enfin, pas ensemble-ensemble, hein ! T'es Harry…comme Harry, je veux dire, pour moi. Donc, voilà…
Hermione était en train de recevoir les pires excuses de l'histoire, mais ne s'était jamais sentie aussi touchée. Elle regarda, légèrement attendrie, son meilleur ami essayer de s'excuser auprès d'elle. Il lui avait manqué. Mais même si elle était touchée par ses excuses, elle le laissa s'empêtrer dans ses excuses. C'était sa petite vengeance pour l'avoir laissée seule.
- J'suis désolée, finit-il par dire dans un souffle.
- Tu es un imbécile.
- Je sais, marmonna-t-il.
- Ok.
- Ok ?!
- Je veux bien vous accompagner sur Pré o lard.
Les deux jeunes gryffondors échangèrent un sourire timide et le creux qui pesait lourd sur leur poitrine depuis une semaine sembla se combler.
Harry tapa dans ses mains, l'air ravi.
- Tes excuses étaient vraiment foireuses Ron, déclara-t-il le sourire aux lèvres, mais c'est ce qui fait ton charme.
Ron lui jeta un regard noir, les joues étrangement colorées. Harry était aux anges. Ses deux meilleurs amis, enfin réconciliés, il passa son bras au-dessus de leurs épaules et les amena direction Pré o lard.
Sur le chemin, ils rattrapèrent le temps perdu. Hermione informa Ron de l'absence d'informations qu'ils détenaient au sujet du sortilège et de son auteur. Ce dernier continuait à soupçonner Malefoy d'y être pour quelque chose. Le sujet rappelant un évènement encore sensible, ils enchaînèrent sur la cause du stress de Ron, à savoir le match contre Serpentard. Ce dernier était totalement paniqué à l'idée de se taper la honte devant tout Poudlard. Hermione s'en voulait un peu. Elle n'aurait peut-être pas dû falsifier les sélections de gardien pour avantager Ron face à McLaggen, aussi détestable soit ce dernier. Le grand roux avait l'air prêt à hyper ventiler. Ils essayèrent de faire de leur mieux pour rassurer le jeune gryffondor et passèrent une après-midi paisible, heureux de se retrouver à nouveau à trois.
Ils en vinrent à parler du cours de potion et des binômes atypiques qui avaient été constitués. Ron était le plus indigné.
- Zabini est insupportable. Il passe son temps à me provoquer et à m'insulter. Je ne sais pas si je vais pouvoir tenir jusqu'à la fin de l'année si il doit rester mon binôme. Et vous ? Elle est comment Greengrass, Harry ?
- Blonde. Froide. Hautaine. Arrogante. Une serpentarde pure et dure.
Ses amis lui adressèrent des grimaces compatissantes. Harry haussa les épaules.
- En réalité, je m'attendais à pire. Elle est centrée sur le devoir à rendre et ne parle pas d'autres choses. Donc on fait ce qu'on a à faire puis on reprend chacun nos chemins. Ce n'est pas la franche camaraderie mais au moins, on ne se prend pas la tête. Rien à voir avec Malefoy. Je suis désolé Mione mais j'ai remercié le ciel de ne pas être tombé sur lui. Puis, j'ai fait une petite prière pour toi.
- Merci Harry, lui répondit la jeune fille.
Hermione lui fit un petit sourire, amusée par les pitreries de son ami.
- Malefoy reste Malefoy, soupira-t-elle, insupportable et têtu mais au moins il est bon en potion.
- Ouais, s'il ne cherche pas à tout faire rater, marmonna Ron, il est assez bon pour ça aussi. Tiens en parlant de la fouine.
Le jeune homme fit un petit signe de tête en direction d'un groupe de cinq personnes. Malefoy et sa clique étaient de sortie. Ils marchaient avec cette nonchalance propre à la jeunesse sangs purs.
- Ils se baladent comme si ils avaient inventé la magie.
Hermione et Harry laissèrent échapper un petit rire à la réplique de leur ami, ce qui leur attira l'attention de la clique indésirable.
- Mais qui voilà ! Le trio d'or reconstitué ! Alors Ronald, on a écouté les conseils de son binôme, les apostropha Zabini avec un sourire en coin.
Quoiqu'est pu lui conseiller Zabini, ce n'était pas quelque chose à dire en public à en croire le teint rouge brique que prit le roux à ces mots.
- Pourquoi tu leur parles Blaise ? Laisse les pouilleux entre eux. Je n'ai pas envie de passer plus de temps que nécessaire avec eux, ajouta Parkinson.
Elle n'avait toujours pas accepté de devoir faire équipe avec Neville, et de ce qu'Hermione savait le pauvre garçon subissait beaucoup son mécontentement.
- Qui tu traites de pouilleux face de bouledogue ?
- Qui tu traites de bouledogue Weas laid ?
Les deux étudiants enchainèrent les insultes, avec des interventions ponctuelles de la part d'Harry et Zabini. Hermione regarda les trois autres serpentards. Crabbe et Goyle souriaient aux commentaires de leurs camarades. Malefoy les fixait le regard insondable. Il dut sentir son regard pesé sur lui car il détourna les yeux dans sa direction. Ils restèrent quelques instants à se fixer. Hermione ne sut que penser de ce regard qui ne laissait rien paraitre. Elle apprécia pour la première fois la couleur de ses iris. Un gris métallique, tranchant, qui pouvait devenir un véritable ciel orageux quand la colère les obscurcissait, comme ce matin. Penser à ce matin la ramena à ce moment particulièrement intense et une légère rougeur marqua ses joues. Elle vit le regard du blond se troublait avant que sa mâchoire ne se serre. A ce moment, elle sut avec certitude que le moment de paix était passé.
- Pansy, Blaise, arrêtez d'aboyer, on se casse.
Les deux serpentards regardèrent leur jeune prince avec interrogation, surpris par son intervention, mais le rejoindre non sans un dernier regard noir de la part de Parkinson à l'attention du trio.
- C'est ça les limaces, allez rejoindre votre fouine de prince, leur cria Ron encore échauffé par l'échange.
- C'est nous que tu appelles limace, Weas-moche ? Rien de ce qui a pu, qui est ou qui pourra sortir de cette bouche ne sera jamais lié à nous. Déjà en deuxième année, tu ne savais pas quand arrêter de parler, il serait temps que tu l'apprennes.
Malefoy s'était exprimé calmement, un de ses multiples changements de cette année. Son regard fixait froidement celui de Ron et une tension opprima les deux groupes, qui se tendirent. Un instant de flottement.
- Tu sais très bien que ça ne s'applique pas à moi Ronald. Je veux bien être lié à ce qui entre ou sort de ta bouche, s'exclama soudainement Zabini.
Son intervention laissa un autre silence, cette fois ahuri. Il en profita pour attraper Parkinson par le poignet et entraina le reste de son groupe plus loin, non sans avoir adressé un dernier clin d'œil à Ron.
Le trio d'or resta encore quelques instants silencieux.
- Zabini est gay ? , s'étonna Hermione.
- Il n'a pas vraiment l'air de chercher à t'insulter, observa Harry un petit sourire aux lèvres.
DM&HG&DM&HG
Hermione se trouvait face à une cheminée qui émettait une douce lumière orangée. Elle était hypnotisée par le balancement lent des flammes. Un visage semblait se dessiner mais les contours étaient trop flous et grossiers pour y reconnaitre quelqu'un. L'image sembla disparaitre un instant puis réapparut toujours aussi abstraite.
- Qui es-tu ?
Hermione regarda autour d'elle. D'où venait cette voix ?
- Qui es-tu ?
Son regard accrocha une nouvelle fois le visage au centre des flammes.
DM&HG&DM&HG
La semaine sembla passer beaucoup plus vite que la semaine précédente. Le problème de l'Indeceptio n'était toujours pas résolu mais Hermione avait retrouvé ses deux meilleurs amis et cela l'aidait à tenir malgré la frustration qu'elle ressentait face à cette histoire que personne ne comprenait. Du moins, était-ce ce que les professeurs leur affirmaient. Hermione ne pouvait s'empêcher de penser qu'on ne leur disait pas tout. Les questions de madame Pomfresh, certains regards lui donnaient l'impression que certaines choses leur étaient dissimulées.
Hermione était également surprise du binôme qu'elle formait avec Malefoy. Ce dernier avait décidé d'être sérieusement impliqué dans leur projet et ne l'avait plus insulté depuis la dernière fois. Hermione soupçonnait le dernier courrier reçu par l'héritier Malefoy d'en être la cause. Elle avait vu son visage blanchir à la lecture de la lettre. Non pas qu'elle observait Malefoy pendant le repas, mais il arrivait que ses yeux s'égarent sur la table du serpentard.
Leur entrevu de lundi s'était bien passée, ils avaient convenablement avancé pour la jeune fille. Ils devaient se retrouver ce matin pour faire un bilan et finir l'écrit afin de travailler l'oral le lendemain. Hermione se sentait légèrement stressée comme à chaque fois qu'elle s'approchait de la date butoir d'un devoir. D'autant plus qu'il s'agissait d'un exposé. Avec Malefoy.
Les deux jeunes gens se retrouvèrent à leur endroit habituel et discutèrent de leurs découvertes. Ils étaient tous deux très investis dans leur recherche, si bien qu'Hermione en vint à oublier qui lui faisait face et s'enthousiasma de ses recherches.
- Je te déconseille absolument de tenter une potion de polynectar avec des poils d'animal. Les résultats peuvent être...atroces.
Malefoy haussa un sourcil face à la mine écœurée de la jeune fille.
- Serait-ce cette fameuse expérience que tu m'as tant vanté qui te permet d'affirmer ceci ?
Hermione se racla la gorge, gênée qu'il l'ait percé à jour si facilement.
- J'ai lu cette mise en garde dans un livre.
- Moi aussi mais la tienne semble avoir été donnée par quelqu'un qui a vécu intimement l'expérience, glissa Malefoy, un sourire moqueur sur les lèvres.
- Aucune idée. Pour la répartition des parties pour l'oral, on en parle demain ? , esquiva la jeune fille, je dois aller...soutenir Ron pour son dernier entrainement avant le match des serpentards de demain.
- J'aurais aimé que l'on finisse tout ce qui concerne ce maudit exposé aujourd'hui, déclara Malefoy, indifférent à la tentative d'esquive de la gryffondor.
- Je pensais que tu ne voulais pas que l'on reste trop longtemps ensemble, Malefoy ?
Le serpentard laissa échapper un son désagréable avant de lui lâcher un regard peu amène.
- Ne commence pas à t'imaginer une idylle amoureuse, Granger. Ce n'est pas parce que je suis un gentleman courtois que j'ai pris gout pour les causes perdues.
- Je suis surprise de t'entendre parler d'amour Malefoy, toi qui sembles en avoir si peu reçu. Je ne t'ai jamais pensé susceptible d'en donner à qui que ce soir, à part toi-même.
Malefoy se redressa lentement, le regard menaçant.
- Attention aux propos qui sortent de cette affreuse bouche Granger. J'ai été patient avec toi jusqu'à maintenant, veille à ce que cela reste le cas.
- La vie n'est pas réglée en fonction de tes humeurs Malefoy, et tu n'es pas le seul à avoir pris sur toi pendant nos entretiens. Je ne peux pas continuer maintenant, on finira donc cet exposé demain.
- J'ai dit que l'on finissait cet exposé aujourd'hui.
- Et moi demain. Le travail en groupe est fait de compromis Malefoy, et peu importe que tu sois ou non disposé à l'entendre, il va falloir que tu l'acceptes.
Elle prit ses affaires et prit la direction de la sortie quand Malefoy s'empara de son bras.
- Il ne me semble pas voir un compromis ici. Tu as décidé et je dois m'y conformer. Ça ne marche pas comme ça Granger.
- Bon sang, Malefoy ! , s'exclama Hermione, tu as demandé à ce que l'on se retrouve le samedi matin, j'ai accepté. Tu as demandé à ce que l'on se retrouve le lundi après-midi, j'ai accepté. Pareil pour aujourd'hui. Je ne suis pas ton elfe de maison. Je n'ai pas à accéder à tous tes caprices.
La prise de Malefoy se resserra.
- Un elfe de maison a plus de valeur que toi à mes yeux.
Hermione sentit sa gorge se serrer face à la haine qu'elle perçut dans le regard qui lui faisait face. Elle se reprit et murmura.
- Ton avis n'a aucune espèce de valeur pour moi, Malefoy.
Elle se dégagea violemment de la prise et partit, la rage au ventre. Elle le détestait.
DM&HG&DM&HG
Hermione se trouvait à nouveau face à la même cheminée et sa douce lumière orangée. La scène lui était familière. Elle chercha le visage déformé par les flammes et le trouva. Un murmure en émanait. Elle tendit l'oreille et il devint de plus en plus fort.
- Aidez-moi !
- Aidez-moi !
Le cœur d'Hermione se serra en entendant cet appel à l'aide. La voix semblait désespérée et Hermione sentit le besoin irrépressible de lui venir en aide.
- Je suis là.
Elle avait seulement murmuré mais il lui sembla qu'elle avait hurlé. Un long silence s'en suivit. L'appel à l'aide avait pris fin. Hermione guetta un bruit mais plus rien n'émanait du feu.
- Qui es-tu ?
Hermione sursauta en entendant la question familière. La voie était grave, douce.
- Personne
Un autre silence lui répondit.
- Comment peut-on être personne ?
La question la prit au dépourvue. Pourquoi avait-elle répondu ça ?
- Parce que je n'ai rien accompli. Je vois mes proches souffrir, se battre tandis que je reste à côté, spectatrice de leur combat.
Elle les revit. Ron qui se sacrifiait sur l'échiquier géant et elle qui le regardait impuissante, Harry qui affrontait le basilic et elle pétrifiée, Harry qui affrontait Voldemort, seul.
- Personne ne peut rien accomplir.
Hermione ne comprit pas immédiatement ce que son nouvel ami enflammé essayait de lui dire.
- Tout le monde accomplit quelque chose à son échelle. Je suis sure que tu as eu ton rôle à jouer dans le combat de tes proches. Ou que tu en auras un, finit-il si doucement que la jeune fille faillit ne pas l'entendre.
- Que dois-tu accomplir ?
A nouveau ce silence.
- Je dois mourir pour eux.
Hermione fixa avec effroi les flammes qui lui faisaient face.
- Pour qu'ils vivent.
DM&HG&DM&HG
Le cours d'herbologie avait commencé calmement avant qu'Hermione en vienne à se disputer pour la énième fois avec Ron. Cette fois, le sujet de la dispute portait sur le bal de noël organisé par Slughorn. Ron était contrarié de ne pas avoir été invité, encore une fois, contrairement à ses deux meilleurs amis. Et Hermione était agacée de toujours être la cible des crises de jalousie de Ron. Oui, elle comprenait qu'il soit vexé d'être mis à l'écart, non, elle n'était pas le bureau des plaintes du professeur Slughorn.
- Je n'en ai rien à faire de toute façon de ce pseudo bal. Les soirées entre personnes qui se pensent trop importantes pour s'ouvrir à la plèbe, non merci. Je passe mon chemin.
- Tu deviens insultant Ronald Weasley.
Ron eut la décence de baisser les yeux, gêné.
- Ce n'est pas ce que je voulais dire Mione. Harry et toi n'étiez pas concernés.
- Je sais, soupira-t-elle. En réalité, je comptais t'inviter mais comme cette soirée a l'air de te répugner à ce point, je pense que je vais me retourner vers quelqu'un d'autre. Harry ?
Ce dernier lui fit les gros yeux. Il n'avait aucune envie d'être mêlé à cette histoire. Les histoires entre les deux commençaient à se faire répétitives. Harry avait perçu le regard troublé qu'avait eu Ron en apprenant qu'Hermione avait pensé à l'inviter. Et avec ce qui s'était passé suite à l'incident de l'Indeceptio, il se doutait que son meilleur ami n'était pas indifférent au charme de la jolie brune. Mais était-ce réciproque ? Et qu'est-ce que cela annonçait pour l'avenir de leur trio d'or ?
L'annonce de la fin du cours retentit et un essaim d'étudiants se précipita vers la sortie. La plupart parlait du match qui allait bientôt avoir lieu. Ron dépassa Harry et Hermione sans s'en rendre compte et se dirigea tel un automate vers la salle commune, à nouveau envahi par le stress.
- Ron s'est disputé avec sa sœur, lui chuchota Harry.
Elle se retourna vers le jeune gryffondor tout en continuant à aller vers leur salle commune.
- A quel sujet ?
- Ron a poussé une colère quand il a vu Ginny embrasser Dean. Elle lui a reproché son immaturité – Hermione ne dit rien mais n'en pensa pas moins – et lui a dit qu'il était jaloux car il n'avait embrassé personne.
Hermione grimaça. Ginny avait clairement manqué de tact. Elle-même n'aurait pas très bien réagi. Quoiqu'elle avait déjà embrassé quelqu'un. Victor Krum. Elle préféra ne pas y penser et s'intéressa à son meilleur ami.
- Et toi ? Comment te sens-tu ?
- Comment ça ?
- Comment as-tu vécu ce baiser ? , le taquina-t-elle.
Harry détourna les yeux mais Hermione perçut une légère rougeur. Il tourna les yeux vers elle, et haussa les épaules.
- C'est étrange. Après tout, elle est la sœur de mon meilleur ami. C'est étrange de la voir grandir.
- Pour grandir, elle grandit, murmura la jeune, un regard en coin dirigé vers Harry.
Ce dernier ne rebondit pas.
- Tu sais au sujet de ta dispute avec Seamus...
Le regard de la jolie gryffondor s'assombrit. Elle avait décidé de passer l'éponge mais gardait une légère rancune, assez inhabituel à l'encontre du jeune homme.
- On s'est expliqué et il s'est excusé.
- Ce n'est pas ce que je voulais dire. Tu sais quand vous vous êtes accroché durant le repas. Tu es partie assez précipitamment donc tu ne l'as pas entendu mais Ron a pris ta défense.
Hermione écarquilla les yeux de surprise. Elle était touchée de savoir que son meilleur ami avait cherché à la défendre malgré leur froid.
- Il peut être vraiment con parfois, mais il ne nous laissera jamais tomber.
Face à des paroles aussi sages, la jeune fille ne put qu'opiner.
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Hermione regarda le match à la fois excitée et inquiète. Excitée car son esprit de compétitrice la poussait à encourager son équipe afin qu'elle les mène vers la victoire, et inquiète comme elle l'était toujours quand elle voyait son meilleur ami sur un balais depuis la première année. Sauf que maintenant elle en avait deux qui s'amusaient à jouer avec son rythme cardiaque.
Ces derniers disputaient leur meilleur match, ce qui n'était pas difficile pour Ron étant donné qu'il s'agissait son premier. Hermione était sincèrement impressionnée par sa performance, mais tout ceci était nuancé par le fait qu'elle savait qu'il était sous l'effet du Felix Felicis. Harry était également impressionnant, partout sur le terrain. Il repérait toujours le vif d'or plusieurs secondes avant son adversaire serpentard. Adversaire qui n'était pas Drago Malefoy et cette observation taraudait Hermione depuis le début du match. Pourquoi ne jouait-il pas ? Etait-il malade ? Il n'avait pas semblé l'être ce matin. Au contraire, il s'était montré désagréablement en forme. Son absence sur le terrain n'en était que plus étrange.
Le coup de sifflet retentit quand Harry s'empara du vif d'or sous les hourras des gryffondor. Ravie de cette victoire, Hermione se précipita vers les vestiaires de l'équipe et attendit qu'ils aient fini de se changer pour serrer dans ses bras son meilleur ami et accessoirement capitaine de l'équipe.
- Je n'en reviens toujours pas que tu ais versé du Felix Felicis dans le verre de Ron, le sermonna-t-elle, on pourrait se faire sanctionner pour tricherie.
- Sauf que contrairement à toi, qui as jeté un vrai sortilège de confusion sur notre cher ami McLaggen, j'ai versé une fausse potion de Felix Felicis.
Harry semblait très fier de son aveu alors qu'Hermione était choquée de s'être fait avoir par la ruse de son ami, qui paraissait parfois plus serpentard que gryffondor.
Lorsqu'ils arrivèrent tous deux dans la salle commune, les gryffondor avaient déjà commencé à fêter leur victoire. Ron était au centre de toutes les attentions et Hermione était fier de son ami qui avait fait preuve d'un réel talent, le stress oublié.
C'est dans une ambiance bonne ambiance que la soirée continua. Et elle prit fin pour Hermione quand Ron roula une pelle magistrale à Lavande Brown sous les acclamations de sa maison. Elle se sentit étrangement mal face à cette scène et partit se mettre à l'écart. Elle reconnut les pas précipités d'Harry qui lui adressa un petit sourire rassurant. Sans un mot, il s'assit à côté d'elle, et l'enveloppa d'un bras. Il ne chercha pas à la questionner et Hermione lui en fut reconnaissante.
Quelques instants plus tard, c'est un Ron Weasley conquérant qui apparut.
- Mione ! Harry ! Je suis officiellement en couple ! Tu n'as plus à t'en faire Mione, au sujet, tu sais, de la brûlure. C'était purement physique, rien à voir à un truc qui se passerait entre toi et moi.
Hermione eut envie de lui arracher son sourire niais du visage et se contenta de lui envoyer une nuée d'oiseaux.
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Elle était installée sur le canapé et parlait avec son mystérieux ami.
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Hermione était troublée. Elle faisait des rêves étranges ces derniers temps. Un visage lui apparaissait dans les flammes d'une cheminée et une voix lui parlait. Ils avaient eu de nombreuses conversations et elle s'était retrouvée à apprécier sa compagnie. Les rêves pouvaient être d'étranges choses mais tout dans le monde des sorciers devait faire l'objet de prudence. Aussi quand l'infirmière lui demanda si des évènements étranges étaient survenus ces derniers jours, elle lui répondit :
- Rien, il n'y a rien.
Ce n'était pas la première fois qu'elle mentait à un membre du personnel de cette école mais comme à chaque fois, elle se sentit honteuse. Pour autant, elle n'avait pas envie de parler de son ami mystérieux. Et ce constat l'inquiétait.
L'esprit songeur, Hermione se dirigea vers le point de rendez-vous qu'ils s'étaient fixés avec Malefoy depuis presqu'une semaine. Elle installa ses affaires et lut ses notes pour se les remettre en tête.
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Hermione était furieuse. Malefoy était en retard. Pas un petit retard. Un retard d'une heure. Elle n'en revenait pas du culot qu'il avait. Sécher leur rendez-vous à un jour de l'exposé ! Dire qu'elle était en colère contre le serpentard aurait été un euphémisme. Il n'était pas question qu'elle échoue à cause lui.
Elle le chercha partout dans l'école, apostrophant même des serpentards pour savoir s'ils avaient vu leur prince. Si les premières années lui répondaient des non effrayés, les plus âgés se contentaient d'un regard made in Serpentard.
Ses recherches infructueuses, elle demanda à Harry la carte des maraudeurs et chercha Malefoy à l'aide de celle-ci. Là encore, il était introuvable. La colère laissa place à la stupeur et à la suspicion. Où était-il passé ? La carte indiquait que Malefoy n'était nulle part à Poudlard mais comment avait-il fait pour partir ? Etait-il seulement parti ? Hermione était intriguée par sa découverte. Elle hésita à en faire par à Ron et Harry, toujours prompts à penser au pire quand il s'agissait de Malefoy. L'heure du cours de potion approchée, elle décida de leur en parler après.
Arrivée en potion, elle prit place et eut la surprise de voir Malefoy. La colère la submergea à nouveau et pour éviter de faire quelque chose qu'elle regretterait, elle décida de l'ignorer.
La stratégie d'évitement aurait pu être parfaite s'il n'y avait pas eu le professeur Slughorn. Ce dernier les appela à la fin du cours. Il leur fit un grand sourire, l'air ravi.
- Alors où en êtes-vous dans vos recherches ? Tout le monde ne pourra malheureusement pas passer demain, aussi je me suis dit que débuter par deux de mes meilleurs éléments serait une belle façon de commencer, s'enthousiasma l'opulent professeur.
Les derniers espoirs d'Hermione partirent en fumée. Elle avait espéré ne pas passer demain et à cette annonce, elle voyait apparaitre le premier Troll de sa vie. Non ! Elle refusait cette pensée. Déterminée, elle attendit que le professeur les congédiât pour coincer Malefoy à la sortie.
- Malefoy, il faut qu'on se mette au point pour l'oral.
- Je t'avais expliqué hier que je ne serai pas disponible mais Miss-je-n'écoute-rien n'a pas voulu l'entendre.
- Parce que j'avais aussi à faire. Ecoute Malefoy, reprit Hermione qui ne voulait pas partir sur une autre dispute, je n'ai pas l'intention de recevoir le premier Troll et toi non plus. Ton père encore moins.
- Je ne suis pas sûr que cela soit sa priorité, lui rétorqua le blond.
Malgré cette affirmation, Hermione sut qu'elle avait touché un point sensible.
- Veux-tu t'en assurer ?
Malefoy la fixa quelques instants puis afficha une moue contrariée. Hermione sut qu'elle avait gagné et dirigea hâtivement vers la bibliothèque.
- Je ne te savais pas si serpentarde Granger, lui lança Malefoy dans son dos.
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Hermione se sentait angoissée. Ils allaient bientôt devoir passer. Elle était à côté de Malefoy et attendait que Slughorn les appelle. Sa jambe était agitée de tremblement, tellement elle était nerveuse. Ce n'était malheureusement pas au gout de son compagnon d'infortune qui lui lança un coup de pied bien placé.
- Arrête ça de suite. Tu vas me rendre dingue.
Hermione eut envie de répliquer mais elle était trop stressée pour répondre. Elle choisit donc de rester calme. Elle n'avait aucune envie que Malefoy pète un câble à deux minutes de leur exposé.
- Je vais maintenant laisser la parole à Miss Granger et Monsieur Malefoy. Mais avant cela, je souhaite vous annoncer que ma réserve d'ingrédients a été volée et que je trouverai le coupable. Qu'il ou elle se dénonce avant, ou la sentence promet d'être terrible.
Le regard de l'homme était sombre. Il était rare de le voir avec une telle expression, aussi un silence suivit son annonce. Hermione ne put s'empêcher de jeter un regard vers Malefoy. Ce dernier fixait ses mains. Un comportement des plus étranges quand on connaissait le jeune homme.
Elle n'eut pas le temps de se poser davantage de questions et commença son exposé avec l'objet de ses pensées. Pour son plus grand plaisir, tout se passa à merveille. Chacun était respectueux du temps de paroles et aucune prise de tête ne vint obscurcir leur démonstration. Ce qu'elle redoutait n'arriva pas.
Elle croisa le regard voilé d'Harry durant un passage de Malefoy et lui adressa un sourire auquel il répondit timidement. Elle savait que ce sujet rappelait des souvenirs douloureux à son ami. Croupton junior s'en était servi pour prendre la place de Maugrey Fol 'œil ce qui avait conduit Harry et Diggory devant Voldemort. Elle sentit qu'on lui pinçait le bras et tourna son regard vers Malefoy qui gardait une expression imperturbable. Certaine d'avoir rêvé, elle reprit le cours de l'exposé. C'était à son tour de s'exprimer.
- Bravo ! Bravo ! Comme attendu de la part de deux de mes meilleurs étudiants ! Un travail complet et exemplaire, attendez-vous à une superbe note !
Hermione était ravie. Elle avait l'impression que le vent tournait enfin. Elle avait retrouvé ses deux meilleurs amis, même si elle acceptait difficilement la copine d'un des deux, supporté Malefoy pour finalement obtenir un très bonne note en potion, et elle allait enfin être débarrassée de cet embêtant sortilège dimanche. Plus rien ne semblait obscurcir son horizon.
Un rire affreux emplit la pièce sombre et froide.
- Quelle nouvelle mon ami ! Quelle nouvelle !
Maitre, nous allons faire en sorte de résoudre le problème…
- Silence !
La voix claqua et la silhouette agenouillée se recroquevilla davantage.
- Quel problème mon ami ? C'est parfait ! Laissez la situation en l'état et servez-vous d'elle pour l'atteindre.
- Laisser en l'état ? , protesta la silhouette, mais sur notre honneur, nous ne pouvons…
- De quel honneur me parles-tu ? Vos échecs vous l'ont fait perdre. Tu feras ce que je t'ordonne de faire.
- Bien maitre.
*Private joke
