Je t'haine : Beaucoup... (2)
L'annonce tomba tel un couperet. Drago sentit ses entrailles se nouer. Il n'avait aucun souvenir de ce qui s'était passé mais redoutait d'en être responsable, et le regard de son père l'inquiétait davantage. Comme à chaque fois que Drago se retrouvait dans la même pièce que son géniteur, un maelström de sentiments bouillonna en lui. La peur, familière depuis son enfance, mais aussi la colère, énormément de colère. Elle lui prenait à la gorge, rongeait son esprit. Drago avait toujours été fier de son père. Il avait toujours été impressionné par le grand sorcier qu'il était et ne voulait que lui ressembler. Aujourd'hui, cet idéal se fissurait progressivement, sinueusement. Quand il croisa le regard de son paternel, la tension qui l'animait habituellement n'était plus la même. Son regard perdait en déférence et gagnait en défiance. Tout était de sa faute.
- Miss Granger, Mr Malefoy, nous avons besoin de votre attention complète et entière pour ce qui va suivre.
Drago aperçut Granger sursauter grossièrement. Elle semblait très secouée, comme aux prises avec de fortes émotions. Il l'ignora comme il s'efforçait de le faire depuis deux semaines et se focalisa sur le lieu où ils se trouvaient et les personnes présentes. L'accès à l'infirmerie avait été temporairement interdit à tous les élèves, à l'exception de lui et de Granger. Les directeurs de leur maison respective ainsi que Dumbledore et Pomfresh étaient présents. Mais ce qui troublait le plus le jeune homme était la présence de Lord Malefoy et son épouse ainsi que l'annonce du directeur de Poudlard. Ils avaient trouvé le responsable de ce fichu sort. Cette nouvelle aurait dû le rassurer mais l'air grave des personnes présentes et la présence de ses parents l'inquiétait. Son père ne se serait jamais déplacé pour un sort raté. Même si la personne visée était son unique héritier. Il avait plus important qui le retenait chez lui. Cette pensée arracha une grimace amère à Drago.
- Sachez que cette personne a accepté, de son propre gré, de nous remettre les souvenirs de l'incident. Il me semble préférable de commencer par là.
D'un large geste de la main, Dumbledore fit apparaitre une pensine, au centre de la pièce, qu'il agrandit d'un autre mouvement du poignet. Il sortit un flacon de sa robe et versa son contenu dans le réceptacle. Il chercha le regard de ses deux élèves. Comme à chaque fois, Drago se sentit mis à nue en croisant les orbes brillants cachés derrière les verres en demi-lune. Il détourna précipitamment les yeux, ne pouvant soutenir ce regard. Il ne supportait pas d'être ici. Avec eux. Il sentit sa respiration s'accélérer. Une main se posa sur son épaule et il reconnut sa mère. Elle s'était rapprochée sans qu'il ne s'en rende compte. Sa présence lui donna assez d'assurance pour s'approcher, le pas leste, de la pensine.
Un par un, tous plongèrent dans la pensine. Drago regarda son contenu avec angoisse, redoutant ce qu'il allait trouver. Et si c'était lié à ça ? Il sentit qu'on le fixait. Lorsqu'il releva la tête, il croisa pour la seconde fois le regard de son directeur. Ils se fixèrent un quart de second avant que Drago ne plonge.
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- Malefoy !
Le jeune homme ignora l'appel et franchit la porte. Une jeune fille l'attendait au centre de la pièce. Il se dirigea vers elle pour s'arrêter à quelques mètres et la fixa en silence.
- Je…suis contente que tu sois venu.
Malefoy se contenta d'un claquement de langue agacé.
- Que me veux-tu Greengrass ?
La jeune fille perdit son air nerveux pour prendre une moue contrariée.
-Pourquoi tu ne m'appelles pas par mon prénom ? Tu ne m'appelais pas comme ça avant Drago.
Le Serpentard soupira.
-Que me veux-tu ? , répéta-t-il, je n'ai pas autant de temps à perdre que toi.
-Je sais. Tu as été choisi, s'enflamma la jeune fille.
-Astoria, la menaça-t-il.
Drago contempla la scène avec effroi. Les mots de la jeune fille lui glacèrent le sang. Jusqu'où cette conversation était-elle allée ?
Hermione était scandalisée par le comportement de Malefoy. Comment pouvait-il être aussi grossier ? La jeune fille pensait avoir compris la raison pour laquelle Greengrass avait donné rendez-vous à Malefoy et elle se sentit compatissante à l'égard de la jeune fille. Elle ne la connaissait que de vue, et elle lui avait toujours paru antipathique, mais ce genre de confession poussait à la solidarité féminine !
-Je ne dirais rien ! Tu le sais ! Jamais, je ne ferais quelque chose qui pourrait te nuire !
La jeune serpentard attrapa une mèche de ses cheveux lisses. Elle semblait chercher ses mots. Elle se recomposa un visage impassible.
-Pourquoi as-tu refusé la proposition d'alliance ?
La question fit grimacer Malefoy.
-Je ne te dois pas d'explications.
-Est-ce parce que tu ne me trouves pas assez bien pour toi ?
Le visage de Malefoy affichait désormais une expression orageuse.
-Je n'ai ni l'envie ni le temps de m'occuper de ta vie amoureuse…
La serpentarde cilla mais son regard s'obscurcit.
- Il ne s'agit pas seulement de ma vie amoureuse, Malefoy. En rompant notre alliance, tu offenses notre famille et nous place dans une situation difficile. Tu me fais passer pour une indésirable !
Elle s'arrêta et reprit son calme.
- Je veux une raison, une vraie raison.
Malefoy la fixa un instant puis s'approcha jusqu'à être à quelques centimètres de son oreille.
-Une raison ? Tu exiges que je te donne une raison ? Ma famille est plus importante que la tienne, tu ne peux et tu n'exigeras jamais rien de moi Greengrass. Mais je consens à te donner une explication.
Il marqua une pause puis murmura.
-Je vous méprise. Je vous méprise pour avoir modifié l'alliance. Je vous méprise de considérer que la famille Malefoy ne mérite pas votre héritière mais seulement sa cadette. Je vous méprise pour être aussi versatile et penser que vous êtes en position d'exiger quelque chose d'un Malefoy.
Il redressa sa tête et planta ses yeux, froid comme le métal, dans ceux de la jeune fille. Elle recula d'un pas, ce qui arracha un rictus au serpentard.
-N'oublie plus ta place Astoria. Et ne me dérange plus.
Sur ses mots, il se dirigea d'un pas fils vers l'entrée.
Alors que Malefoy se dirigeait vers l'entrée, il se passa un phénomène surprenant. La pièce s'emplit soudain d'un épais brouillard blanc et Hermione ne vit plus que ses professeurs et les Malefoy. Puis la voix de Greengrass retentit avec une force surprenante.
- Prétrificus Totalus !
Un sort frappa le dos de Malefoy et il tomba au sol, le corps totalement raidi. D'un mouvement de baguette, la serpentarde amena le corps prêt d'elle.
La suite se passa à toute vitesse. Granger apparut et désarma la jeune fille. Elle la menaça de sa baguette et lui interdit de bouger. Elle observa l'état du serpentard et le libéra du sort qui le liait tout en gardant un œil sur Greengrass. Dès qu'il fut libéré, Malefoy attrapa sa baguette et envoya valser sa camarade serpentard. Son visage était déformé par la colère. Granger lui cria de se calma mais il l'ignora et se dirigea d'un pas lent vers l'objet de sa colère. Celle-ci cherchait un moyen de s'enfuir. La baguette levée mais tremblantes, elle reculait.
-End…
- Expelliarmus !
La baguette lui échappa des mains. Il se tourna vers la gryffondor qui afficha une expression farouche. Il rappela sa baguette à lui et s'en suivit un échange de sorts entre eux.
Hermione était stupéfaite. Depuis quand Malefoy savait faire de la magie sans baguette ? A sa connaissance, en dehors d'Harry, aucun étudiant de Poudlard n'était capable d'une telle prouesse. Elle observa le duel qui se jouait entre eux et ne put s'empêcher de reconnaitre qu'il était extrêmement serré. Elle regrettait de s'être arrêtée au duel pitoyable qu'il avait perdu face à Harry en deuxième année. Le jeune sorcier avait progressé. Beaucoup progressé.
Leur duel fut interrompu par une lumière rouge et ils se retrouvèrent stupéfixiés par Greengrass. Elle les avait pris à revers, sans qu'ils ne s'en rendent compte, trop pris par leur affrontement.
-Drago, Drago.
Les yeux fous, elle les pointait de sa baguette. Ses mouvements étaient frénétiques.
-Tu n'as jamais été rien d'autres qu'un imbécile trop gâté. Plus importante, ta famille ? Elle l'a été mais vous l'avez déçu ! Et ne pense pas être devenu plus important !
Elle les regarda tous les deux et son regard s'illumina.
-Je voulais te forcer à rattraper ton erreur mais tu ne le mérites pas. Il est temps que la famille Malefoy cesse d'être la plus vieille famille de sang pur d'Angleterre.
Elle fit apparaitre un cercle runique qui devait avoir été inscrit auparavant. Elle les plaça au centre, mains liées qu'elle entailla.
Hermione sentait un profond malaise l'envahir à mesure qu'elle observait la scène. Elle n'arrivait pas à comprendre le but de ce rituel mais tout indiquait qu'il ne s'agissait pas d'un simple sortilège. Elle jeta un bref coup d'œil aux autres observateurs et le regretta aussitôt. Malefoy, qui avait déjà le teint pâle, était blanc. Sa bouche était plissée, ses poings serrés. Il semblait assister à une scène d'épouvante. Hermione reporta son regard sur le souvenir, la gorge nouée. Pour une obscure raison, elle sentit une forte panique l'envahir et croisa ses mains devant elle pour les empêcher de trembler.
Le cercle se mit à briller et la serpentarde afficha un sourire emplit d'une vive satisfaction. Elle les obligea à se mettre dos au mur. Ils étaient fermement entravés par le maléfice du saucisson mais les yeux de Malefoy étaient agités, pris entre folie et une terreur absolue. Les mots qui suivirent éveillèrent les pires craintes d'Hermione.
-Souviens toi que tu aurais pu éviter tout ceci Malefoy. Il ne te reste plus qu'à pourrir avec le reste de ta famille.
Elle les oublietta. Ils s'affaissèrent le long du mur comme pris dans un profond sommeil. Elle les transporta au milieu du couloir, l'un après l'autre, après s'être assuré que personne n'était dans le couloir. Elle resta à les fixer quelques instants puis se jeta un sort pour remettre ses vêtements intacts et partit calmement.
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-C'est un scandale ! Le ministre de la magie en a été directement informé. Je peux vous assurer Dumbledore que vous ne garderez plus votre poste très longtemps !
Lucius Malefoy était furieux. Hermione observa avec une certaine fascination son visage rougi par la colère.
-Monsieur Malefoy, vous dépassez les limites…, s'offusqua McGonagall.
-Lord Malefoy ! Je pense que les limites ont été clairement dépassées par la direction de cette école. La sécurité des élèves est une priorité qui ne semble pas partagé par l'ensemble du personnel.
Hermione écoutait l'échange d'une oreille. Elle essayait de comprendre ce qu'elle avait vu et les idées qui lui venaient étaient toutes déplaisantes.
-Vous nous avez menti !
L'éclat fit sursauter la jeune fille. Malefoy bouillonnait de colère.
-Il n'est pas nécessaire de tout dire à des enfants. Un adulte ne serait pas tombé dans une telle situation contre son gré.
Lord Malefoy darda un regard glacial sur son fils, l'intimant au silence.
-En effet, père, un adulte peut tomber dans des situations bien plus avilissantes.
Un silence gênant s'installa suite à cette réplique. Dumbledore ne laissa pas à Malefoy senior le temps de répondre.
-Miss Granger, Monsieur Malefoy, nous n'avons pas cherché à vous mentir. Nous n'avions aucune certitude jusqu'alors et nous avons préféré ne pas vous inquiéter avec ce que nous espérions être des inquiétudes de vieilles personnes.
Le discours du directeur loin d'apaiser Hermione ne fit que l'inquiéter davantage.
-Monsieur, commença-t-elle d'une voix dont la fragilité la surprit, que se passe-t-il ?
Le vieil homme fixa ses yeux bleus dans ceux de la jeune fille. Ils étaient emplis de regrets et de compassion.
- Ce que nous avons pris pour le sortilège de l'indeceptio est en réalité un vieux rituel, commença-t-il, un rituel de mariage magique.
La nouvelle lui fit l'effet d'un coup de poing.
-Il s'agit d'un rituel qui était pratiqué couramment autrefois. Dans les vieilles familles de sang pur, il était alors fréquent de recourir aux mariages arrangés. Ce rituel a été créé afin d'éviter que le comportement des époux ne jette l'opprobre sur leur famille.
Il fit signe à Mme Pomfresh de continuer.
- Les effets du rituel apparaissent progressivement et dépendent souvent du lien émotionnel qui unissait le couple avant sa réalisation. Plus il est fort, plus les effets sont intenses. Cela passe d'abord par un partage de vos goûts. Vous en venez à aimer les mêmes choses. Puis, vous commencez à ressentir ce que ressent l'autre. Cela dépend des couples. Certains ne partagent que les émotions fortes comme la colère, la peur, la joie intense, d'autres en viendront à ressentir des émotions plus subtiles. Mais ce ne sont que des effets secondaires, les principaux concernent les trois promesses sacrées. Le principal réside dans…
Sa voix se fit hésitante.
-Un accroissement de votre désir sexuel pour l'autre. La visée de ce genre d'union étant la prospérité matérielle mais surtout la procréation d'un héritier.
Hermione n'avait pas besoin que l'infirmière lui en dise plus, elle n'en avait pas l'envie.
-Comment rompt-on l'engagement ?
Malefoy ricana avec amertume. Il s'était mis à marcher en rond dans l'infirmerie. Les professeurs ne réagissaient pas à son comportement irrespectueux, compréhensifs, ce qui angoissait encore plus la jeune fille.
-On ne rompt pas ce genre d'engagement, Granger.
Hermione s'indigna face à tant de défaitisme.
-Il doit bien y avoir un moyen !
-Oui, tu peux te sacrifier.
-Me sacrifier ?
-Mourir.
- Monsieur Malefoy ! , s'exclama McGonagall, nous pouvons comprendre que vous soyez bouleversé mais cela ne vous autorise pas à traiter ainsi une élève ! La façon dont vous avez combattu Miss Greengrass mériterait aussi que nous revenions dessus.
-Il me semble que mon fils est une victime, j'apprécierai que personne ne l'oublie. Ses professeurs les premiers.
La voix de Madame Malefoy claqua, froide et ferme. Son intervention surprit tout le monde. Elle avait gardé le silence jusqu'à maintenant et dardait la vieille sorcière d'un regard glacial. Les deux sorcières se fixèrent, refusant de céder à l'autre.
-Il n'est pas question de faire le procès de qui que ce soit, intervint Dumbledore, mais d'envisager ensemble une solution.
- Miss Granger, reprit-il, il n'y a que très peu de moyen de rompre ce type de mariage magique. Comme l'a si maladroitement exprimé Mr Malefoy, la mort en est un. Il en existe trois autres, il s'agit des trois promesses sacrées qui obligent les époux à la fidélité, au respect et à la fécondité. Pour vous inciter à les respecter, le lien magique vous fait subir quelques incommodités comme une brûlure, des maux de tête. Manquer à ces promesses peut avoir un effet destructeur pour votre santé et votre magie.
-Le respect ?
Hermione se sentait hors de son corps, rien ne semblait pouvoir la toucher. Son esprit rationnel tentait de comprendre au mieux le rituel et son esprit affectif se fermait à toute émotion.
-Il s'agit en réalité de ne pas faire preuve de violences physiques à l'égard du conjoint, de ne pas…le tuer, expliqua McGonagall.
Ah. C'était assez regrettable. Dumbledore reprit, en s'adressant à toutes les personnes présentes.
-Je me suis concerté avec notre infirmière, Madame Pomfresh, et il nous a semblé préférable de préparer une aile du château afin qu'elle accueille Mis Granger et Mr Malefoy…
-Je m'y oppose ! Quelle stupide idée avez-vous eu Dumbledore ? La sénilité vous a sûrement frappé si vous pensez que je laisserai mon unique héritier dormir avec cette…
-Cette jeune fille ? , lui proposa McGonagall d'une voix mordante.
Malefoy sénior lui jeta un regard noir.
-Je sais ce que vous essayez de faire. Amoureux des moldus et nés moldus en tout genre, vous pensez accomplir quelque chose en concevant le premier Malefoy de sang-mêlé. Je ne vous laisserai pas faire, même si pour cela je devais déshériter mon unique héritier !
L'écho de la dernière phrase raisonna étrangement dans la salle. Les yeux fous, il défiait quiconque de le contredire.
Hermione avait envie de vomir. La bile lui montait à la gorge, ses yeux la piquaient. Elle avait croisé les bras pour masquer ses tremblements et les serrait fort comme pour se protéger de cette nouvelle qui remettait tout en question. Elle réalisait progressivement ce qui se passait et se sentait prête à craquer à tout instant. Elle entendit Madame Malefoy répondre à son mari et les professeurs essayer de le raisonner mais tout semblait avoir été mis en sourdine. Les seuls mots qu'elle entendait raisonnaient puissamment : mariage, fécondité, fidélité, mort.
Le jeune serpentard ne laissait quant à lui rien paraitre. Celui qui avait toujours été prompt à la couardise avait revêtu un masque de fer. Les traits figés, il semblait hermétique à tout ce qui se passait. Même après l'explosion de son père, il n'avait pas sourcillé. Les seuls indices résidaient dans la pâleur anormale de son teint, l'obscurité qui se devinait au fond de ses iris, et sa raideur.
Dumbledore tapa dans ses mains et cela suffit à faire taire tout le monde.
-Il ne s'agit pas d'agir en fonction de ce que nous pensons être le mieux pour ces jeunes gens. La magie est une amie qui peut se montrer indifférente à nos états d'âme. Ce qui est le mieux devient alors ce qui permet de lui survivre. Or, dans la situation de Miss Granger et de Mr Malefoy, le rituel ne va avoir de cesse de les pousser l'un vers l'autre, même si le processus est assez lent et dans de nombreux cas assez légers. Généralement il n'y a que l'aspect – il chercha ses mots – sexuel qui se déclenche très vite. Madame Pomfresh qu'avez-vous pu constater ?
L'infirmière toussota pour reprendre contenance et leur jeta un regard perçant.
- Nos deux élèves se sont montrés assez avares en information. De ce que j'ai pu constater, ils n'ont pas encore développé une attirance forte à l'égard de l'autre, mais semblent commencer à partager certains goûts. Ainsi Miss Granger s'est mise à consommer du jus de citrouille, Mr Malefoy a montré un intérêt tout nouveau pour l'arithmancie.
Hermione sentit une pointe d'agacement grossir en elle. « Ferme là ». La jeune fille sursauta brusquement et se retourna vers Malefoy. Ce dernier avait toujours le visage fermé mais elle était persuadé que c'était lui qu'elle venait d'entendre. Cependant, personne à part elle ne semblait l'avoir entendu. Devenait-elle folle ?
-Je pense qu'il est temps de laisser partir nos jeunes amis. Tant que la situation reste en l'état chacun peut rester séjourner dans son dortoir. Reposez-vous et n'hésitez pas à venir voir l'un de nous en cas de problème.
Dumbledore leur adressa un doux sourire et leur fit un signe de tête en direction de la sortie.
-Souhaitez-vous que nous appelions un de vos camarades pour vous raccompagner ?
-Ce n'est pas la peine !
Ils s'exclamèrent dans une parfaite synchronisation. Ils se fixèrent quelques instants à la fois gêné et furieux de l'être.
- Miss Granger et Mr Malefoy, y-a-t-il quelque chose dont vous voudriez nous parler ?
-Non monsieur, il n'y a rien.
Encore une fois, ils s'étaient exclamés en même temps. S'en était trop pour la jeune fille qui partit d'un pas précipité. Elle se réfugia dans son dortoir et fut extrêmement heureuse que personne ne s'y trouve. Le dimanche, les élèves de Poudlard avaient tendance à profiter de leur dernier instant de liberté en se promenant dans l'école, squattant chacun de ses recoins, y compris l'extérieur. Le calamar géant les fascinait.
Elle craqua. Elle pleura comme elle avait peu pleuré dans sa vie. Son monde s'écroulait. Son avenir semblait avoir disparu. Elle ne connaissait pas grand-chose sur les mariages magiques. Il s'agissait d'une vieille magie qui n'était plus pratiqué depuis longtemps, sauf par de très anciennes familles de sang-pur. De ce qu'elle savait et avait compris, la difficulté pour les briser était telle qu'ils tenaient presque du serment inviolable. Elle se refusa à penser à toutes les conséquences que cela entourait. C'était impossible. Impossible.
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Après être restée des heures dans son lit à alterner entre pleurs et indignations, peur et colère, Hermione fixait le plafond avec hébétude. La jeune fille qui avait habituellement l'esprit en perpétuelle ébullition se sentait complétement atone. Son cerveau était comme paralysé. Elle avait loupé le repas du midi et marmonnait qu'elle ne se sentait pas bien quand Ginny lui avait demandé si tout allait bien. Elle ne voulait voir personne, n'osait voir personne. Elle avait l'impression que la vérité se lisait sur elle et elle ne voulait que personne ne l'apprenne. Parce que cela deviendrait trop vrai. Elle en venait presque à se dire que si plus personne n'en parlait, cela disparaitrait.
Tenir la même position commençait à lui donner des crampes. Elle s'assit sur le lit et vérifia l'heure. 15h00. Elle ne savait plus ce qu'elle devait faire. Elle regarda son devoir de métamorphose qu'elle avait commencé. Il était sur sa table de chevet, attendant qu'elle s'en occupe. Elle avait besoin d'oublier, de penser à autre chose. Elle attrapa son devoir et alla à la bibliothèque.
Elle se dirigeait vers une table vide d'élèves quand Mme Pince l'interpella.
-Le directeur a laissé ce livre pour vous.
Elle n'eut pas besoin d'ouvrir l'ouvrage pour en comprendre le contenu. Le titre parlait de lui-même.
-Je n'en ai pas besoin, merci.
La vieille femme fronça des sourcils puis haussa les épaules avec indifférence et lui fit signe de partir.
Elle voulait oublier.
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Hermione souffrait d'un affreux mal de tête depuis quelques jours mais se refusait à aller à l'infirmerie. Elle n'y était plus aller depuis l'incident et personne n'était venu lui reprocher, donc elle continuait. Elle s'était totalement immergée dans le travail. Tous ces devoirs étaient finis, alors elle avait décidé de réviser pour les examens à venir.
Elle entendait des voix chuchoter derrière son dos mais elle les ignora. Du moins, c'était ce qu'elle avait prévu.
-Mione.
-Hé Mione !
-Silence !
La jeune fille avait immédiatement reconnu les voix de ses meilleurs amis, qui ne savaient définitivement pas chuchoter. Malgré son état d'indifférence constant, elle refusait de se voir interdire l'accès à la bibliothèque. C'était son antre. Il n'était pas question que ce point change.
-Asseyez-vous et chuchotez, leur répondit-elle.
Ils s'empressèrent de s'asseoir, Harry à sa droite et Ron en face d'elle. Ils restèrent silencieux un moment, ne sachant pas comment briser la glace.
-Tu as… Tu as tes tu-sais-quoi ?
Hermione regarda son ami avec incompréhension. Ron rougit d'embarras.
-Tu as tes règles ?
Hermione le regarda, choquée.
-Pourquoi me demandes-tu ça ? Qu'est ce qui te fait dire ça ?
-Ben, tu es très irascible depuis plusieurs jours, tu ne parles à personne, tu t'isoles. On est allé voir Madame Pomfresh et elle nous a dit que tu avais un problème que tu étais la seule à pouvoir affronter. 'Fin voilà, quoi…
-Ronald Weasley ! Comment tu peux penser que mes problèmes menstruels sont responsables de mon état ? Tu fais partie de ces types qui considèrent que les femmes sont soumises à leurs hormones ? Je ne pourrais pas avoir d'autres problèmes que ce qui débarquent tous les XX jours ?
Hermione sentit une sourde colère la submerger. Elle avait besoin de l'évacuer. De la cracher. De la vomir.
-Et depuis quand te montres-tu si soucieux de mon état ? J'ai réussi à tenir une semaine sans toi, je peux continuer à gérer mes affaires seule. Va donc rejoindre ta petite copine.
Les deux gryffondors la regardaient les yeux écarquillés. Ils étaient totalement dépassés par la vague de fureur qui s'abattait sur eux, en particulier sur Ron. Le ton de la jeune fille montait et elle était à deux doigts de crier. Harry essaya de lui passer la main dans le dos mais elle le repoussa.
Elle les observa tous les deux. Toujours à ses côtés, malgré leurs querelles. Ils la fixaient avec un air abruti, bras ballants. Ils ne manifestaient aucune colère face à sa réaction et c'est ce qui la fit à nouveau craquer. Elle sentit les larmes coulées le long de ses yeux, son nez commençait à se boucher. Elle détestait pleurer. Elle détestait montrer sa peine, elle détestait son visage qui rougissait, ses yeux bouffis et son nez suintant.
Harry et Ron étaient dépassés. Ils regardaient leur amie pleurer avec impuissance. Ils avaient compris que quelque chose de grave se passer et cela leur brisait le cœur de voir la jeune fille dans cet état. Elle se montrait toujours forte devant eux. Harry était peut-être l'élu mais c'était la jeune fille qui les guidait. Elle était le pilier de leur groupe. Doucement, Harry commença à lui caresser le dos avec des gestes circulaires, Ron tendit sa main et serra la main gauche d'Hermione.
La jeune fille apprécia le réconfort apporté par ses amis et étrangement, la main de Ron ne lui causa pas la même brûlure que deux semaines plus tôt. Ils restèrent ainsi dans un silence apaisant. Hermione sentit son mal de tête reflué.
Elle finit par se dégager et les deux gryffondors attendirent qu'elle prenne la parole.
-Ils ont trouvé le responsable.
Elle n'eut pas besoin de préciser de quoi elle parlait, ils le comprirent immédiatement.
-C'est Greengrass. Je crois qu'elle était amoureuse de lui et il l'a repoussé…avec ses formes. Elle avait beaucoup de rancune et a choisi de le punir de façon assez originale.
Elle laissa échapper un rire sans joie.
-Elle…elle…
Comme il était dur d'exprimer à voix haute ce qu'elle désirait si profondément oublier.
-Elle a pratiqué un mariage magique sur Malefoy et moi. Nous sommes magiquement mariés !
Sa voix se brisa sur le dernier mot mais elle s'empêcha de pleurer.
-Quoi ?!
-Quoi… ?
Ron était scandalisé et Harry…et bien il était perdu, comme souvent lorsqu'il s'agissait de magie.
-Avec les obligations qui en découlent : fidélité, enfant. Les repas de famille seront amusants.
-Enfant ? Pourquoi tu voudrais un enfant avec Malefoy.
-Ca n'a rien à voir avec le fait de vouloir Harry. Elle y est obligée, s'étrangla Ron. Ce genre de rituel est interdit aujourd'hui donc je n'y connais pas grand-chose mais ce que je sais c'est qu'il existait pour s'assurer que les époux respectent leur engament. Et le premier de tous, un héritier.
Ron paraissait aussi furieux qu'abattu. Il triturait ses manches avec nervosité. Harry attrapa la main droite de la jeune et la serra fort.
- Tu ne peux pas le rompre ?
-En mourant comme me l'a proposé Malefoy, ricana-t-elle, ou en brisant une des promesses sacrées. Ce qui d'après ce que m'ont révélé les professeurs conduirait à de très mauvaises choses.
-Mais il doit y avoir un moyen ! Qu'est-ce que tu as appris dessus ?
-Que veux-tu que j'apprenne ? Rien ! C'est foutu. Je suis complétement bloquée.
Harry la dévisagea.
-Tu n'as fait aucune recherche ?
-Et comment ? Ces mariages ne sont plus pratiqués depuis longtemps ! Et tu as autant de chance de t'en défaire que de briser un sortilège d'inviolabilité !
Harry ne préféra pas demander ce qu'était un sortilège d'inviolabilité. Ce n'était pas le moment.
-Depuis quand Hermione Granger se laisse abattre sans chercher une solution dans ses précieux bouquins ? , s'exclama Ron.
-Je suis d'accord avec Ron. Ça ne te ressemble pas. Tu es plutôt le genre de personne qui crée une potion de polynectar à 12 ans pour infiltrer le dortoir des serpentards, ou qui connait une multitude d'incantations qui nous permette de nous sortir de situations impossibles. Mais tu n'es certainement pas de ceux qui paressent et se laissent porter sans rien faire.
-Oui ! Ça c'est moi !
-Ron, tu ne peux pas être fier de ça.
-Si je t'assure. Quand tu arrives à passer tes examens sans avoir rien bossé, tu en retires une petite fierté.
Harry leva les yeux au ciel. Hermione laissa échapper un sourire. Son premier depuis un moment. Ils étaient vraiment ses rayons de soleil.
-Vous avez raison ! Et je sais déjà par où commencer !
Ils la regardèrent avec excitation alors qu'elle se levait pour aller voir Mme Pince. Elle ne devait pas subir cette situation. Elle devait agir. Et cela commençait par une parfaite information de sa situation.
-Madame Pince, est-ce que je pourrais avoir l'ouvrage dont vous m'aviez parlé ?
La bibliothécaire planta son regard acéré dans celui de la jeune fille. D'un mouvement de baguette, elle fit l'éviter un livre vers la jeune fille et ébaucha un léger sourire.
-Cela m'aurait étonné si vous ne l'aviez pas récupéré.
La remerciant d'un sourire, elle rejoint ses amis et ils commencèrent les recherches.
Il existait plusieurs façons de s'unir par la magie. Le rituel magique était une forme plus complexe et moins usité car moins susceptible d'aménagement. Il reposait sur trois promesses sacrées. Les époux s'engageaient à les respecter par leur sang et leur magie. S'ils venaient à briser ces promesses, il devenait possible de rompre l'union mais les conséquences pouvaient être tragiques. Certains devenaient quasi cracmol, d'autres voyaient leur santé terriblement dégradée. Elles semblaient suivre leur propre logique, plus ou moins graves selon les cas. La seule promesse qui n'entrainait pas automatiquement de conséquences était celle de l'héritier. Si un des époux se trouvait atteint de stérilité, l'union pouvait être rompue sans trop de conséquences pour l'un ou l'autre des époux. Ce constat déprima la jeune fille.
Le rituel agissait de manière à garantir que les promesses soient tenues. Le lien magique qu'il instaurait cherché à apaiser la relation entre les époux. Ils les liaient en leur faisant partager leurs goûts et certaines de leurs émotions. Le partage des émotions variait selon le lien affectif qu'entretenait le couple. Il se limitait souvent aux émotions très fortes et apparaissait progressivement, sur plusieurs mois. Le premier effet qui se faisait sentir était l'attraction sexuelle. La promesse que l'on recherchait à satisfaire n'était pas compliqué à trouver. Il s'agissait de faire un héritier. Pour cela, tous les sorts et potions de stérilité étaient inefficaces tant qu'un héritier n'avait pas été conçu. Le lien veillait aussi à ce qu'aucune infidélité ne soit commise et avertissait les époux de multiples manières : légères brûlures, maux de tête, etc. Enfin, pour éviter les débordements au sein du couple, il agissait directement sur leurs émotions.
Hermione se massa les tempes. Beaucoup d'informations à emmagasiner et à analyser. Elle commençait à comprendre plusieurs choses : d'abord, pourquoi elle se mettait à apprécier des choses qui l'indifféraient ou l'écœuraient, les montées de colère qui l'avaient prises et elle suspectait certaines crises de panique lui venir de Malefoy. Ce qui l'amenait à s'interroger sur l'origine de ces crises. Elle avait été surprise de ne pas s'être étripée avec Malefoy durant la préparation de l'exposé et se demandait si le rituel n'en était pas pour quelque chose. L'incident de la salle de bain lui paraissait plus clair également. Elle s'était demandé comment Malefoy avait pu pénétrer dans la pièce alors qu'une fille était à l'intérieur. Poudlard était sensible à la vieille magie et avait donc dû y répondre.
Tous ces petits détails semblaient enfin prendre sens et elle se sentait rassurée de comprendre ce qui lui échappait et très anxieuse des conséquences qui en découleraient.
-Bon, ce n'est pas très encourageant mais on y voit déjà plus clair.
Elle était touchée que ces amis essaient de rester positifs, même Ron qui menaçait d'aller tuer Malefoy « pour en finir ».
-On peut dire ça.
Ils se levèrent pour retourner à leur salle commune tout en discutant de leurs recherches. Hermione croisa soudainement une paire d'yeux gris. Elle y lit une telle haine qu'elle recula d'un pas. Comme un écho, elle sentit la même haine l'habiter, pour disparaitre aussitôt. Ron l'appela et elle s'empressa de suivre ses amis. Arrivée à la salle commune, son mal de tête était revenu.
DM&HG&DM&HG
Hermione serra ses mains de nervosité. Elle n'était pas souvent venue dans le bureau de son directeur, contrairement à Harry, et ressentait une certaine appréhension.
-Entrez, Miss Granger.
La porte s'ouvrit avant même qu'elle n'est eue le temps de s'annoncer. Hermione ne croyait pas en la divination, elle la considérait comme une science trop variable et inexacte qui laissait vite place à la spéculation et l'escroquerie. Mais elle ne pouvait s'empêcher de remettre ses certitudes en question lorsqu'il s'agissait de son directeur. Le professeur Dumbledore semblait posséder un don de clairvoyance qui lui permettait d'anticiper toutes vos actions.
Elle avança timidement à l'intérieur du bureau. Elle découvrit une belle et grande pièce circulaire remplie de curieux instruments en argent. Le bureau était impressionnant, avec des pieds en forme de serres. Fumseck était sur son perchoir et le professeur Dumbledore le caressait.
-Miss Granger, vous arrivez au bon moment. J'étais en train de parler à Fumseck des dragées de Bertie Crochue. D'étranges choses que ces sucreries. On ne sait jamais à laquelle nous avons affaire avant de se lancer. Une fois croquée, elles peuvent se révéler aussi mauvaises que délicieuses. Je ne sais plus quel philosophe moldu disait que la surprise est l'épreuve du vrai courage. Une formule intéressante que celle-ci.
Hermione avait le sentiment que son directeur essayait de lui faire passer un message important mais il lui échappait.
-Un bonbon au citron ?
Elle lui adressa un sourire contrit.
-Non merci, Monsieur.
Il lui fit signe de s'asseoir et s'installa à son tour.
-Vous vouliez me voir à quel sujet Miss Granger ?
-Il y a peu de raisons pour moi de me trouver ici, dit Hermione avec un rire gêné.
-Beaucoup de raisons peuvent expliquer votre présence dans ce bureau. Votre union inattendu avec Monsieur Malefoy n'en est qu'une parmi d'autres.
-Inattendu, ça elle l'est, marmonna-t-elle.
Dumbledore lui adressa un petit sourire et la fixa de ses yeux bleus pétillants. Il lui semblait qu'il brillait. Hermione le soupçonnait de recourir à la magie pour ménager son petit effet.
-Je voulais savoir si mes parents avaient été mis au courant.
-Nous avons effectivement informé vos parents de la situation. Ils se sont montrés très inquiets à votre sujet.
-Je le suis aussi.
Le vieil homme poussa un profond soupir et retira ses lunettes.
-L'amour pousse les individus à faire des choses qui dépassent la raison. Parfois merveilleuses, d'autres fois terribles. Miss Greengrass a très mal agi et vous a causé un terrible tort.
-Elle mériterait d'aller à Azkaban.
-Le mérite-t-elle ? Comment déterminer ceux qui mériteraient un tel sort ?
Hermione serra les dents. Elle savait ce que sous-entendait le directeur et était d'accord avec lui au fond. Mais elle n'arrivait pas à pardonner Greengrass et ne pouvait s'empêcher de lui souhaiter le pire.
-Il n'y a aucun moyen d'en sortir ?
Je suis complètement prise au piège ? Mon avenir se termine-t-il ici ? Toutes ces questions qu'elle désirait poser mais dont elle redoutait la réponse.
-Votre vie ne fait que commencer. Vous ne devez pas déjà arrêter de la vivre.
Il remit doucement ses lunettes.
-Je me doute qu'écouter les divagations d'un vieil homme est la dernière chose dont vous ayez envie, mais sachez que même dans le plus noir des cauchemars, il y a une part de lumière.
Hermione sentait son mal de tête s'accentuer et elle tenait les propos du directeur comme partiellement responsable de son état.
Il continua de lui parler mais un étourdissement l'empêcha d'entendre la suite.
-Miss Granger ?
Les sourcils du vieux sorcier étaient froncés par l'inquiétude.
-Je ne me sens pas très bien, professeur. Je…je vais aller à l'infirmerie.
Il la sonda du regard et acquiesça.
-Cela me parait avisé.
Sa tête lui faisait horriblement mal. Elle se tint au mur pour descendre l'escalier et continua à se maintenir en marchant le long des couloirs. Elle ne savait pas où elle allait mais la souffrance était telle qu'elle n'arrivait pas à s'en soucier. Elle voulait juste que cela cesse. Elle percevait le mouvement des élèves qui l'entouraient mais ne parvenait pas à les distinguer.
Elle se sentait tituber et entendait qu'on l'interpellait. Elle continua à avancer, mue par un besoin qu'elle ne comprenait pas. Elle voulait juste que son mal de tête s'arrête.
Elle toucha quelque chose et sentit son mal de tête commencer à refluer. Elle s'y agrippa de toutes ses forces. Elle entendit des exclamations mais n'y fit pas attention. Rien d'autre que cette présence n'importait. Elle apaisait ses maux. Elle se sentit flotter et peu à peu sombra dans un silence paisible.
DM&HG&DM&HG
-Cela ne peut plus rester cacher. Vous les mettez en danger !
-Je refuse que cette engeance soit de près ou de loin en lien avec mon fils.
-Surveillez vos paroles Lord Malefoy ! Il s'agit d'une jeune sorcière bien plus capable que vous ne l'étiez à son âge. Et il se trouve que le lien est déjà établi.
Hermione émergeait doucement et reconnut rapidement l'endroit où elle se trouvait. Elle comprenait mieux comment Harry en était venu à détester l'infirmerie. A ce rythme, elle était certaine de développer une allergie à l'odeur qui y régnait.
-Les principaux concernés se sont éveillés.
Dumbledore était à côté de Madame Pomfresh et regardait en direction de son lit et du lit voisin. Elle tourna la tête et vit Malefoy. Il semblait s'être réveillé, il y a peu de temps. Sûrement en même temps qu'elle. Il se redressa et adopta une posture rigide. Lord Malefoy et sa femme étaient au bord de son lit et faisaient face à McGonagall qui se trouvait entre leurs deux lits. Elle n'avait entendu qu'une partie de leur conversation mais il n'était pas difficile de savoir sur quoi elle portait.
Dumbledore ne leur laissa pas le temps de poser des questions.
-Miss Granger, Monsieur Malefoy, il semblerait que le rituel auquel vous avez été soumis présente certains défauts.
-Comment ?!
A nouveau, cette synchronisation désagréable.
-Nous en sommes venus à cette conclusion après avoir analyser le tracé et les derniers évènements rejoignent notre théorie. Les effets du rituel sont normalement assez progressifs mais ils semblent s'accélérer pour vous. Vous ressentez déjà les émotions de l'autre, partagez vos goûts et peut être plus…
Hermione se demanda si le directeur faisait référence à ses rêves. Elle y avait pensé mais refusait de faire un lien entre son ami imaginaire et Malefoy. Mais elle était forcée de constater qu'il ne s'était plus manifesté depuis qu'elle avait appris la nouvelle.
-La crise que vous venez de traverser est également liée au rituel.
Hermione l'avait déjà fortement suspecté.
-Comme tout ce qui se passe dans notre fichue vie depuis ces dernières semaines.
-Langage Draco.
-Monsieur Malefoy !
Dumbledore fit signe de laisser passer et offrit un léger sourire à Malefoy. Ce dernier ne soutint que quelques instants son regard avant de détourner les yeux.
-En effet, vous avez du beaucoup subir ces derniers temps et il va vous falloir autant de courage pour affronter ce qui vous attend. Votre situation est particulière et ce qui s'est passé tout à l'heure doit déjà avoir fait le tour de l'école. Pour votre sécurité, vous allez déménager dans une aile spécialement aménagée pour vous.
-Je m'y oppose totalement ! Mon héritier ne vivra pas avec une san…née moldu !
-Il n'est plus question de ce que nous voulons Lord Malefoy. Ce qui vient de se passer est assez révélateur. Le rituel n'aura de cesse de se manifester pour s'assurer que les promesses soient réalisées. Il en va de leur santé, Lucius.
-Ne…
-Nous acceptons.
Le ton était définitif. Madame Malefoy se dirigea vers Hermione d'un pas assurée.
- En tant que future belle-fille, vous aurez beaucoup à apprendre jeune fille. Mais avant cela, des présentations correctes semblent de mise. Vous êtes invitées au manoir secondaire des Malefoy pour les vacances de noël.
Sur ses mots et sans laisser le temps à Hermione de répondre, elle se tourna vers son mari. Ce dernier avait perdu de sa superbe. L'intervention de sa femme l'avait rendu muet. Les dents serré et sans un regard pour la jeune fille, il acquiesçât avec raideur et ils partirent.
Hermione ferma les yeux avec force. Sa vie prenait fin. Une autre commençait. Et elle la redoutait plus que tout.
