Bonsoir,
Juste pour prévenir que je ne pourrai pas publier ce week-end et pour des raisons organisationnelles, je ne publie qu'un chapitre aujourd'hui...
Bon week-end ! Très bonne lecture !
Je t'haine : Passionnément (1)
Leur nouveau dortoir était dissimulé derrière un tableau qui représentait un chevalier à l'armure scintillante. Ce dernier s'inclina devant Hermione et s'ouvrit à l'entente du mot de passe : « Tolérance ». Elle n'avait jamais trouvé un mot de passe aussi approprié.
La pièce était assez spacieuse et lumineuse. Le plafond était haut et de grandes fenêtres parcouraient toute la longueur des murs jouxtant l'extérieur. Le sol était revêtu d'un parquet en chêne massif. La salle alternait entre des tons beiges et blancs. Une cheminée faisait face à un canapé qui pouvait facilement accueillir cinq personnes. L'ensemble renvoyait une atmosphère chaleureuse. Hermione s'y sentait étrangement bien.
Malefoy ne lui prêta aucune attention et se dirigea vers une porte marquée d'un M argenté. Hermione remarqua qu'une autre porte se trouvait à côté, gravée d'un H doré. Elle supposa qu'il s'agissait de sa chambre et entra. Ses valises avaient été déposées au pied du lit. Lit qui était très impressionnant, assez grand pour recevoir deux personnes. Hermione préféra ne pas approfondir cette pensée. Le lit était en baldaquin tendu de soie blanche. La chambre avait été décorée dans les pastels, la couleur saumon largement dominante. Encore une fois, la jeune fille se demanda comment son directeur pouvait savoir quelle était sa couleur préférée.
Elle ne chercha pas à ranger ses affaires et s'effondra sur son lit. Toute l'école allait être mise au courant de la situation demain matin. Hermione redoutait les réactions qui allaient suivre. Ce n'était pas la réaction des serpentards qui l'inquiétait le plus. Elle serait horrible, elle en était certaine. Ce qu'elle redoutait le plus était celle des élèves de sa propre maison. Ils réagissaient souvent mal à la moindre contrariété et la situation était bien plus que contrariante. La jeune fille poussa un profond soupir. Ils n'avaient pas eu le temps de manger et elle se demanda si elle n'irait pas à la cuisine. Les elfes de maison se précipiteraient sans aucun doute pour l'aider. L'humeur de la gryffondor s'assombrit. La S.A.L.E (1) était au point mort. Elle n'arrivait pas à recruter de nouveaux membres. Elle était outrée par la banalisation qui avait été faite autour de l'esclavage de ces créatures magiques. On parlait d'être vivant !
C'est l'esprit troublé qu'elle sortit de sa chambre, décidée à convaincre une énième fois les elfes de maison de revendiquer leurs droits.
-Granger.
-Granger !
Hermione se retrouva brusquement trempée. Elle se tourna lentement vers un Malefoy visiblement très fier de son enchantement.
-Je n'avais pas spécialement soif.
-Je n'avais pas spécialement envie d'attendre que tu me répondes, lui répondit-il en haussant des épaules.
La mâchoire d'Hermione s'agita d'un tic nerveux. Elle savait que la colocation allait être difficile mais elle ne pensait pas que cela commencerait si tôt. Elle se jeta un sort pour se sécher.
-Que les choses soient claires Malefoy, je n'ai pas l'intention d'agir selon tes envies.
-Et je ne tiendrais pas compte des tiennes.
Ils se fixèrent. Aucun ne voulait être celui qui céderait.
-Tu agis dangereusement Malefoy. Le lien aurait pu considérer ton action comme une agression.
Le jeune homme lui adressa un sourire retors.
-La magie a une logique qui lui est propre Granger. Et un petit sort comme celui-là ne sera jamais considéré comme une agression.
-Je te laisse avec tes suppositions. Tu seras le seul à en affronter les conséquences après tout.
Le Serpentard continua à la fixer mais perdit son sourire. Une petite victoire que la jeune fille savoura.
-Que me veux-tu ? Je me doute que ce n'est pas pour le plaisir de ma compagnie que tu as cherché à me retenir de manière si subtile.
Il émit un grognement et fit un signe de tête en direction du centre de la pièce. La tension semblait être provisoirement descendue. Hermione observa ce que lui désignait son colocataire et se rendit compte qu'une table avait été installée. Elle devait faire un mètre sur tout juste un mètre et demi et des couverts avaient été disposés aux deux extrémités. Des plats étaient servis et maintenant qu'elle était plus attentive, elle prit conscience de la douce odeur qui s'en dégageait.
-Ce n'est pas certainement pas pour le plaisir de ta compagnie, mais nous allons devoir subir cette colocation autant se mettre d'accord sur les règles qui devront être respectées.
Hermione était surprise que Malefoy prenne une telle initiative mais ne pouvait que l'approuver. C'est avec un naturel qu'elle ne ressentait pas qu'elle s'installa. L'ambiance romantique que l'on avait cherchée à créer ne lui échappa et elle eut envie de frapper son instigateur.
Malefoy agita sa baguette et Hermione sentit son corps se tendre, prêt à contre-attaquer. Sa main avait saisi sa baguette. Leur verre se levèrent et décrivirent une courbe jusqu'au milieu de la table. Ils flottaient à deux mètres au-dessus de leur tête quand ils commencèrent à bouger. Hermione observa la scène avec fascination. Les verres émettaient une douce lumière et se déplaçaient avec douceur. Elle avait l'impression d'assister à une valse. Le bruit léger et cristallin qui s'échappait à chaque entrechoc lui envoyait des frissons. La lumière s'amplifiât et devint un blanc pur. Ils revinrent lentement à leur position initiale et Malefoy reposa sa baguette. Il se saisit de son verre et regarda Hermione. La jeune fille en fut décontenancée avant de se ressaisir et de saisir le sien. Ils buvèrent ensemble. Puis Malefoy commença à manger.
La belle brune prit avec hésitation ses couverts et se servit à son tour. Elle ne comprenait pas ce qu'il venait de se passer et Malefoy ne semblait pas décider à lui expliquer. Elle observa le serpentard du coin de l'œil et remarqua qu'il mangeait dans un parfait silence. Ses manières étaient si impeccables qu'elles semblaient chorégraphiées. « L'opposé complet de Ron », pensa la jeune fille avec un certain fatalisme. Elle adorait son meilleur ami mais il avait certains défauts dont elle se serait bien passée, comme sa manière de se tenir à table. Il lui arrivait trop souvent d'oublier qu'il avait des couverts.
Le repas se passa dans le silence pendant plusieurs minutes et Hermione finit par se relaxer, oubliant Malefoy. Elle se concentra sur un succulent ragoût et but une gorgée de jus de citrouille. Cette boisson était devenue sa favorite. Elle capta le regard de Malefoy et se souvint que Pomfresh leur avait révélé qu'elle en état venu à aimer le jus à cause du rituel. Elle se sentit profondément mal à l'aise comme à chaque fois qu'elle constatait l'influence à laquelle elle était soumise.
Elle se racla la gorge et se décida à amorcer la conversation.
-Qu'as-tu fait avec les verres ? , lui demanda-t-elle en les désignant d'un geste vague.
Il planta ses yeux dans ceux d'Hermione et la jeune fille sentit ses poils s'hérisser. Il semblait vouloir lire en elle et Hermione se rappela qu'il existait une magie qui le permettait. Aussitôt, elle appela ses boucliers d'oclumancie qu'elle s'était entraînée à constituer. Malefoy haussa des sourcils, visiblement surpris.
-La pratique de la légimancie est interdite, d'autant plus lorsque les personnes ne sont pas consentantes, siffla-t-elle.
-Je ne vois pas de quoi tu parles, Granger, feignit Malefoy.
Si elle n'avait pas connu le personnage, elle aurait presque pu y croire. Malefoy affichait un visage d'innocence absolue. Cette fausse candeur fit frissonner Hermione. Elle le préférait froid et dédaigneux.
-En ce qui concerne ce que tu as pu voir tout à l'heure, il s'agit d'une tradition sorcière. C'est un signe de respect, la lumière blanche symbolise la paix. Le repas se déroulera sans intention de nuire. Tu te dois de savoir tout ceci à partir de maintenant.
Il avait marmonné les derniers mots et sa prise sur son couteau s'était faite plus forte. Hermione préféra ignorer ce détail.
-J'ai déjà lu quelque chose à propos d'une telle tradition mais je ne savais pas en quoi elle consistait. C'est magnifique !
Comme à chaque fois qu'elle apprenait de nouvelles choses sur la magie, Hermione ne put feindre son enthousiasme. Cela sembla déstabiliser Malefoy qui resta silencieux.
-Ce n'est rien. Une simple formalité. Attends Yule, avant de t'exciter.
-Yule ?
-La fête du Solstice d'Hiver. Elle célèbre la renaissance du Soleil, la vie. C'est un jour très important chez les vrais sorciers.
Hermione tiqua.
-Les mieux informés, corrigea-t-elle.
-Les plus respectueux des traditions, répliqua-t-il.
Ils recommencèrent à se défier du regard.
-Vous, la désigna-t-il, arrivez et ignorez tout de nos traditions.
-Et comment pourrait-on les respecter ? Vous ne les partagez pas ! Vous restez complètement reclus et rejetez tout ce qui vous est différent.
-Effectivement, nous rejetons ce qui nous est différent. Ce qui est impur.
Les poings de la gryffondor se fermèrent si forts qu'elle sentit ses ongles manger sa peau.
-J'ai toujours trouvé votre théorie de la pureté du sang absolument fascinante. Vous estimez que naître d'une famille de sorciers vous rend plus pur qu'un enfant qui est né d'une famille de moldu.
Le ton était mordant.
-Evidemment, la magie coule dans notre sang.
-Alors on peut dire que la magie nous a choisis indifféremment de notre sang. Nous n'avons pas accompli un quelconque rituel ou autres manigances pour l'acquérir. Elle est venue à nous. Je me demande lequel est le plus magique.
L'expression du serpentard s'obscurcit et le silence revint. Plus oppressant que quelques instants plus tôt.
Cela n'allait pas marcher. Ils étaient trop différents, trop incompatibles. Hermione se releva dans un soupir.
-Nous n'avons pas fini.
Le ton de Malefoy était parfaitement calme et Hermione fut surprise de la rapidité avec laquelle il arrivait à maîtriser ses émotions.
-Nous devons poser les règles de notre colocation.
-Demain.
-Non, aujourd'hui.
Hermione se massa les tempes, sentant un mal de tête poindre.
-Demain, Malefoy. Si on le fait ce soir, notre fatigue nous tuerait.
-Je ne suis pas assez fatigué pour en mourir.
-Et je suis assez fatiguée pour rectifier ça.
Malefoy sourit légèrement à sa réplique. La jeune fille était en état de choc. Elle avait fait sourire Malefoy ? Ils étaient clairement trop fatigués.
Elle alla rejoindre sa chambre.
-Bonne nuit Malefoy.
Il ne lui répondit pas.
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De manière assez prévisible, les réactions avaient été très mauvaises. Lorsque le directeur avait informé les autres élèves, tous les regards s'étaient portés sur elle. Depuis, elle était le sujet de toutes les conversations. Elle entendait les chuchotements dans son dos, subissaient critiques et bousculades.
Les Serpentards la détestaient pour ce qu'elle était et les autres pour celui avec qui elle était. La jeune fille découvrit le succès de Malefoy, qui s'étendait à toutes les maisons. De nombreuses filles lui jetaient des regards noirs. Le fait que Malefoy senior soit suspecté d'être un mangemort à la botte de Voldemort avait complètement été mis de côté. Il semblait qu'un joli visage faisait oublier beaucoup de choses. Pour ne rien arranger, les professeurs avaient décidé de les mettre ensemble pour tous les travaux de groupe.
Heureusement, elle pouvait compter sur ses indéfectibles meilleurs amis. Ron était très en colère et se défoulait sur chaque personne qui s'en prenait à elle, ce qui touchait beaucoup la jeune fille. Elle était sûre que Harry et son statut d'élu présumé la préservait du pire. Cela la dérangeait un peu, elle aimait se sortir des situations difficiles par ses propres moyens, mais elle leur en était très reconnaissante. Pour son plus grand soulagement, les gryffondors ne manifestaient aucune hostilité. Ils ne semblaient pas trop savoir se positionner. Ginny avait annoncé assez fort pour que toute la salle commune voire tout Poudlard l'entende qu'elle devait être la réincarnation de Godric Gryffondor, « parce qu'il va te falloir beaucoup de courage pour supporter un petit connard peroxydé ». Elle l'adorait.
Celle qu'elle aimait moins par contre était le pot de colle de Ron. Lavande suivait Ron partout où il allait et s'incrustait à chaque fois qu'ils se retrouvaient tous les trois. Ajouter à cela les piques qu'elle ne cessait de lui lancer, et Hermione se trouvait à deux doigts de la transformer en pendule. Une bien moche.
-Ça te dit une sortie sur Pré-au-lard mon ronron ? On pourra se donner des idées pour noël !
-Euh… Je sais pas trop… Je pensais plutôt…
-Ronron, il ne nous reste plus beaucoup de temps avant les vacances de noël ! Il faut que l'on se remplisse d'amour pour se préparer au manque.
Sa voix lui coupait même l'appétit. Harry paraissait partager son avis et affichait un ennui non fin.
-On va vous laisser planifier votre sortie. Tu viens Mione ?
-Je viens avec vous !
-Moi aussi !
Ron les suppliait du regard.
-Nous ne voudrions pas perturber votre plein d'amour.
Hermione retint un éclat de rire et Ron fusillait Harry du regard. Ils s'enfuirent lâchement et quittèrent la grande salle.
-Tu veux venir dans mon salon privé ?
-Ce serait un grand honneur.
Il accompagna sa phrase d'une révérence qui fit rire la jeune fille.
Lorsqu'ils arrivèrent dans la salle, ils eurent la désagréable surprise d'y trouver Malefoy et sa clique. Quoiqu'il manquait les deux armoires à glace habituelle. Parkinson la fusilla du regard alors que Zabini les accueillit avec un grand sourire.
-Mais qui voilà ? Notre vedette !
Il semblait extrêmement amusé par la situation.
-La ferme Zabini !
Le regard glacial de la serpentarde se fixa sur son camarade. Elle avait la mâchoire serrée et ses mains tremblaient.
-Cette petite garce ne mérite aucune attention.
Hermione commençait à en avoir marre d'être la cible de tout le monde. Pourquoi laissait-on Malefoy tranquille mais pas elle ? Elle n'avait vu aucune altercation entre le serpentard et d'autres élèves, alors qu'elle devait avoir atteint la vingtième.
Elle sentit que Malefoy était aussi agacé qu'elle. Une autre chose, extrêmement désagréable à gérer, les émotions de Malefoy. Il ne semblait en connaitre que trois : colère, agacement inquiétude. Ce dernier point perturbait beaucoup la jeune fille.
-Enchanté, Harry Potter, petite garce pour les intimes.
Hermione hoqueta de surprise et regarda son meilleur ami. Parkinson et Zabini fixèrent également le jeune homme avec incompréhension. Finalement, le serpentard partit dans un grand éclat de rire.
-Potter ! Depuis quand étais-tu aussi drôle ?
Le gryffondor se contenta de hausser les épaules. Profitant de la trêve offerte par son ami, Hermione le conduisit dans un coin opposé et ils s'installèrent sur des fauteuils.
Chaque groupe préféra ignorer l'autre et ils parlèrent ainsi chacun de leur côté.
-Méfie-toi d'elle. Romilda Vane est prête à tout.
-Tu es trop excessive Hermione. On dirait que tu me parles d'une grande criminelle. Et de ce côté-là, j'ai de quoi comparer.
-Ecoute, je l'ai clairement entendu dire qu'elle trouverait un moyen de te faire boire un philtre d'amour.
-Où ça ? Je croyais que la plupart des filles ne voulait plus t'adresser la parole.
-Merci pour ta délicatesse, Harry. Je l'ai entendu dans les toilettes, elle était avec d'autres filles.
Harry marmonna quelque chose au sujet du mystère qui entourait les filles et les toilettes.
-Je te demande juste d'être prudent et de refuser tout ce qu'elle offre.
-Oui, oui. Je ferai attention et ne suivrait pas d'inconnue même si elle m'offre des bonbons.
-Bon petit, lui dit-elle en lui tapotant la tête.
Un bruit affreux raisonna soudainement et les fit sursauter. Ils se tournèrent de concert vers Malefoy qui se contenta d'un : « C'est l'heure ».
C'était la règle n°2 : Personne après 21h. Ils avaient eu beaucoup de difficultés à les définir et avaient finalement pu se mettre d'accord sur quatre règles. La première exigeait que chacun s'occupe de ses affaires, ce qui impliquait de ne pas toucher aux affaires de l'autre et de ne pas se mêler de ses affaires. Malefoy avait un peu trop insisté sur cet aspect. La deuxième interdisait les visites passé 21h et la troisième imposait de demander l'autorisation pour toute visite le week-end. La dernière était la plus facile, en dehors de cette pièce, ils ne se connaissaient plus.
Hermione raccompagna Harry jusqu'à l'entrée et le salua.
-Il y a plus subtile comme annonce, attaqua aussitôt Hermione, lorsque le tableau se referma.
Malefoy qui s'était installé sur un fauteuil près de la cheminée leva les yeux de son livre pour lui adresser un sourire narquois.
-Les règles sont les règles. Les gryffondors ont trop tendance à l'oublier.
-Et monsieur est un exemple en la matière ?
-Je m'y emploie.
Hermione roula des yeux face à tant de mauvaise foi mais décida de laisser tomber. Elle alla chercher une veste dans sa chambre et se prépara à sortir.
-Où vas-tu ?
-Faire mon devoir de préfet.
Il ne répondit pas et se replongea dans sa lecture. Quel lunatique ! Hermione soupira et partit faire sa ronde.
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Elle se sentait horriblement mal. Son affreux mal de tête était revenu progressivement et lui donnait la nausée. Avant que son esprit ne devienne délirant comme la dernière fois, elle se dirigea vers ce qu'elle pensait être la solution à son mal être. Il ne lui restait plus que quelques mètres quand elle reconnut Malefoy. Un pli de souffrance barrait son visage et il avançait avec difficulté dans sa direction. Ils se rapprochèrent et quand leurs mains s'accrochèrent une explosion de bien-être les emplit.
Ils essayaient de reprendre leur souffle, qui s'était coupé sous l'effet de la douleur, les mains toujours fermement serrées.
-Qu'est-ce qu'il nous arrive ?
Malefoy ne lui répondit pas mais elle sentit un élan de panique l'envahir et elle sut qu'il ne provenait pas d'elle. Ils restèrent un moment dans cette position avant de se séparer.
-Ca va…mieux.
En effet, elle ne ressentait plus aucune douleur et ne percevait aucune émotion chez Malefoy, signe que cela devait en aller de même pour lui. Son expression était redevenue impassible.
-Il est tard. Allons-nous coucher.
-Nous ?
-Je préférerai t'avoir à proximité si cela devait…recommencer.
Hermione se vit dans le même lit que Malefoy et eut envie de se brûler les yeux. Impossible. Ils arrivèrent rapidement à leur salon.
-Et bien…bonne nuit ?
Malefoy la fixait de manière assez dérangeante.
-Attends.
Il alla dans sa chambre et la laissa seule dans le salon. Hermione resta hébétée quelques secondes avant de s'indigner de la façon dont Malefoy la traitait.
-Attends tout seul !
Elle alla à son tour dans sa chambre et veilla à claquer porte. Elle se changea et entendit Malefoy l'appeler, mais elle l'ignora. Au bout d'un moment, les insultes, qui avaient remplacées les appels, s'arrêtèrent. Hermione guetta le moindre bruit mais elle n'entendit rien. Elle finit par s'endormir.
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Laissez-moi ! Laissez-les !
Le réveil fut difficile. Hermione était persuadée d'avoir fait un rêve important mais ne pouvait pas se souvenir de son contenu. Elle se leva et sortit sans mettre sa robe de chambre.
Ses pieds butèrent contre quelque chose et elle manqua de tomber. De mauvaise humeur, elle chercha le responsable et aperçut un livre qui avait été déposé devant sa porte. Elle s'en empara. Il était vieux, les reliures étaient usées mais il restait en assez bon état. Les traditions sorcières : leur raison d'être. Le titre parlait de lui-même. Hermione comprit ce qu'avait voulu faire Malefoy hier et se sentit un peu coupable.
-Je t'ai dit que tu devrais tout savoir sur le sujet.
Hermione manqua de tomber pour la seconde fois de la journée et vit un Drago Malefoy, parfaitement serein, assis sur son fauteuil favori. Celui-ci lui offrit un sourire moqueur et la détailla du regard.
-Envie de remplir son devoir conjugal Granger ? Je me dois de décliner.
La jeune fille devint rouge pivoine. Elle réalisait qu'elle était actuellement en nuisette dans la même pièce que Drago Malefoy.
-Qu'est-ce que tu fais ici ?!
-C'est toi qui voulais que nous nous retrouvions ce matin pour faire notre devoir de métamorphose.
-Pas aussi tôt ! Je pensais que nous pourrions le travailler vers 10h.
-Il est 9h50.
Il la regardait comme si elle était sérieusement limitée. Hermione lança un tempus pour vérifier si son colocataire disait vrai. Il disait la vérité. Elle n'en revenait pas. Elle ne se levait jamais plus tard que 8h30 depuis qu'elle était enfant.
-Il te reste 10 minutes.
-Comment ça ?
-Nous avons rendez-vous à 10h et je ne tolère pas les retards Granger, surtout quand ce n'est pas moi qui ais fixé l'horaire. Donc tu as 10 minutes pour te préparer, passé ce délai, tu travailleras…en l'état.
Il avait parlé d'une voix froide mais elle percevait une pointe d'amusement. Elle lui jeta un regard noir et se précipita vers la salle de bain. Un autre avantage offert par Dumbledore. Ils avaient une salle de bain dans leur dortoir, ce qui n'était pas pour déplaire à Hermione.
Elle se lava rapidement et se sécha avant de réaliser un détail important. Elle n'avait pas pris ses affaires. Elle réfléchit à toute vitesse à ce qu'elle pourrait faire. Un accio était impossible, ses vêtements ne pourraient pas passer à travers les portes. Il était inenvisageable de les chercher à la moldu, c'est-à-dire de traverser la pièce en courant, enveloppée dans une serviette, avec Malefoy assis sur son fauteuil. Elle chercha sa nuisette du regard, tant pis si elle devait la remettre, puis elle réalisa qu'elle l'avait mise au sale. Les elfes de maison emportaient automatiquement les vêtements pour les laver et les ramener le soir ou le matin. Elfe de maison ! Dobby ! Il pouvait transplaner ! Elle se mit à l'appeler à plusieurs reprises et un papier lui tomba dans les mains.
Désolé Madame Hermione Granger, ami de Monsieur Harry Potter, mais je ne suis pas disponible aujourd'hui. Je suis en congé et je suis parti aller m'acheter des chaussettes. Bonne journée !
Elle était fichue. Complètement nue, entourée d'une simple serviette, elle se sentait pitoyable.
Elle se reprit aussitôt. Il n'était pas question de se laisser démonter, surtout pas en présence de Malefoy. Elle était une vraie gryffondor : déterminée et courageuse ! Elle avancerait la tête haute et ne faiblirait pas.
Elle ne se laissa pas le temps de penser autre chose, accrocha fermement sa serviette et ouvrit la porte d'un geste sûr. Elle se dirigea alors vers sa chambre, les yeux fixés sur le H incrusté sur sa porte. Elle entra, ferma la porte derrière elle et s'autorisa à rougir de honte.
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Si elle s'était permis un regard en direction du serpentard, elle aurait assisté à une scène rare. Lorsqu'elle était sortie, vêtue d'une simple serviette, le réflexe du jeune homme fut d'abord de se moquer. Mais quand elle avança, pleine d'assurance, le regard droit, totalement indifférente à sa présence, il se sentit rougir. Il voyait pour la première fois la femme que devenait la jeune fille et elle l'impressionna. Elle l'impressionna par sa beauté et son assurance. Il devina la sorcière accomplie qu'elle deviendrait. Et il la détesta. Il la détesta d'être aussi intelligente et sûre d'elle. Il la détesta d'être meilleure que des sangs purs alors qu'elle n'était qu'une née moldu. Il la détesta de tester ainsi ses résolutions si fermement ancrées et qui était déjà bien érodées.
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Dire qu'Hermione était contrariée eut été un euphémisme. Malefoy était parti. Quand elle était sortie de sa chambre, il n'était plus sur son fauteuil. Etait-ce parce qu'elle avait eu une minute de retard ? Où se vengeait-il de la veille quand elle avait refusé de l'ouvrir ? Elle resta ainsi à se morfondre toute la journée. Harry, Ron et Ginny avaient entrainement de quidditch, elle avait donc décidé de passer la journée dans son salon avec ses cours et Pattenrond.
Elle était en train de lire très intéressant qu'elle avait emprunté à la bibliothèque et en faisait la lecture à son chat.
-Quand je pense que le professeur Rogue a refusé d'utiliser ce livre alors qu'il fait partie du programme ! La pratique est très importante en Défense contre les forces du mal mais sans une base théorique, elle manque de fondement, et ce livre est une pépite !
Elle continua son petit discours passionné avant de s'interrompre. Avec un grand soupir, elle reprit ses caresses.
-Je vais finir par remettre en question ma santé mentale. Je débats des cours de mes professeurs avec mon chat.
Elle ressentit soudainement une vive douleur mais celle-ci disparut aussi vite qu'elle était apparu. Elle fut quelques instants déboussolée et se demanda ce qui lui était arrivé. Était-ce un signe envoyé par le lien, l'avertissant que les maux de tête allaient reprendre ?
Elle était perdue dans ses pensées quand un bruit la fit se redresser. Malefoy entra. Il croisa son regard pour l'ignorer aussitôt.
-Malefoy ! Où étais-tu passé ? On devait travailler ce matin !
-J'ai eu un contretemps.
-Un contretemps ? Et il t'est apparu comment ? Tu as réalisé que tu manquais de gèle ?
Inconsciemment, il passa sa main dans ses cheveux, toujours parfaitement en place.
-Je n'ai pas à me justifier.
-Lorsque l'on travaille ensemble, si. Ne crois pa…
Elle s'interrompit quand elle vit un hématome au niveau de sa pommette.
-Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ?
Il lui lança un regard noir.
-Rien qui ne te concerne.
-Tu devrais aller voir Madame Pomfresh.
-Pas question ! Je ne remettrais plus les pieds dans ce repère d'incompétents.
Elle n'était pas d'accord avec la formule mais comprenait le blond. Elle ne voulait plus y retourner, elle non plus.
-Alors viens, je peux t'arranger ça.
-Tu crois sérieusement que je te fais assez confiance pour me soigner ?
-Tu devrais puisque je suis celle en qui tu peux avoir le plus confiance de tout ton entourage, étant donné que je risque ma vie ou ma magie si je te cause du tort.
Il restait réticent mais devait reconnaître qu'elle avait raison. Il la suivit de mauvaise grâce et s'installa sur le canapé tandis qu'elle se mettait en face de lui.
Elle commença par repérer les différentes lésions. Il avait un hématome sur la pommette droite et maintenant qu'elle l'observait de plus près, elle réalisait qu'il avait également le nez cassé. Son teint était aussi inquiétant, mais elle soupçonnait que la cause était toute autre. Elle pointa sa baguette et le sentit se raidir.
- Episkey !
Immédiatement, Drago sentit une intense chaleur au niveau de sa pommette et de son nez, suivie d'un froid glacial. Il retint une grimace.
-Ça va mieux ?
-Oui, consent-il de mauvaise grâce.
Il ne la remercia pas pour autant mais elle ne s'en étonna pas.
-Qui est-ce qui t'a fait ça ?
Il la regarda en haussant un sourcil.
-Tu crois être la seule à mettre les gens de mauvaise humeur.
Hermione ne comprit pas ce qu'il sous-entendait.
-La moitié de ma maison me déteste et l'autre moitié voudrait que tu disparaisses.
Hermione fut frappée par la brutalité de ses mots.
-Comment pourraient-ils te détester ? Tu es leur meneur !
Malefoy éclata d'un rire sans joie.
-Leur meneur, tu dis ? Les serpentards ont un sens de la loyauté très particulier. Ils suivent le plus fort et pour certains j'ai perdu cette qualité depuis que je suis lié à toi. Mais je ne pensais pas que cet imbécile de Crabbe frapperait aussi fort.
-C'est Crabbe qui t'a fait ça ?
S'il y avait bien deux personnes qu'elle n'aurait jamais vu se retourner contre Malefoy, c'était Crabbe et Goyle.
-Se faire trahir par des imbéciles blesse un peu ma fierté mais je n'y perds pas grand-chose au change.
Le ton de Malefoy était calme. Il semblait complètement indifférent. Il était isolé mais ne montrait aucune faiblesse. Hermione ne l'en croyait pas capable. Lorsque Harry, ou même elle, s'était retrouvé dans cette situation, ils avaient toujours reçu un soutien indéfectible d'une poignée d'amis fidèles. Elle se demandait si Malefoy bénéficiait du même soutien.
-Je n'ai pas besoin de ta compassion.
Il semblait avoir mal interprété son silence.
-Je me considère comme quelqu'un de relativement bon, mais je ne le suis pas assez pour ressentir de la compassion pour toi. Je te déteste trop pour te plaindre. Je suis cependant assez rationnelle pour reconnaître une injustice quand je la vois, même si la personne concernée est un imbécile blond.
Il la fixa et Hermione ressentit une inexplicable gratitude qui cessa très vite.
-Je te déteste aussi et je préfère que les choses restent ainsi.
-Parfait.
-Parfait.
Ils restèrent assis sans parler. Pour une fois, le silence n'était pas gênant. Ils ne s'appréciaient pas mais vivaient la même situation. Ils se comprenaient. Hermione reprit son livre et s'installa confortablement dans le canapé. Malefoy partit et elle pensa qu'elle passerait la soirée seule, mais il revint avec un livre et s'installa à côté d'elle, sur son fauteuil.
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Le lendemain, Malefoy l'attendait pour leur devoir commun. Aucune dispute ne vint entraver leur travail. Hermione avait le sentiment qu'ils avaient passé un cap. Une trêve avait été faite hier.
-Si tu veux en savoir plus, je te conseille la Nouvelle Théorie de la numérologie. Ce livre est absolument passionnant !
-Je me passerai de tes conseils Granger.
Mais elle restait fragile. N'oublions pas que Malefoy était con.
Hermione leva les yeux au ciel, totalement hermétique aux propos odieux de Malefoy. Partager le même espace avait renforcé la patience de la jeune fille et elle s'en félicitait. Si elle parvenait à supporter les commentaires odieux du serpentard, plus rien ne pourrait la déstabiliser, elle en était sûre.
-C'est pour ça que tu resteras toujours second Malefoy.
La pique était mesquine mais elle ne se gêna pas. Elle avait été surprise de la progression de Malefoy. Non qu'il ait été mauvais élève, mais il avait énormément progressé et était maintenant le deuxième élève de leur année, derrière elle. Hermione éprouvait toujours un certain plaisir à rappeler à ses camarades sang-pur que leur géniale généalogie ne leur permettait pas d'obtenir de meilleurs résultats.
-Tu deviens très arrogante, Miss-je-sais-tout.
Le ton était froid mais il avait perdu en agressivité.
-Après 6 ans, je peux me le permettre un petit peu.
-Je me le serai permis bien plus tôt.
Hermione retint un sourire. C'est qu'elle trouvait presque Malefoy amusant.
-Je dois rejoindre Harry et Ron pour le repas. Je pensais les ramener en milieu d'après-midi, ça te va.
Il n'avait pas l'air ravi mais acquiesçât.
-Tant que tu respectes la règle 2. Je ramènerai Parkinson et Zabini pour ma part.
-D'accord.
Il ne lui avait pas demandé son autorisation mais elle fit comme si. Si elle avait validé la règle 3, c'était bien parce qu'elle voulait un droit de veto contre la présence de Zabini, mais surtout de Parkinson. Quand la jeune fille était là, Hermione avait peur pour sa vie.
Le reste de la journée se passa sans encombre. Zabini taquina à plusieurs reprises Ron pour le plus grand amusement d'Harry et Hermione. Et si elle en croyait ce qu'elle percevait de Malefoy.
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La semaine se passait assez bien. Même si elle subissait toujours la médisance de certains, Hermione était toujours bien entourée et surtout ravie de l'évolution de sa relation avec Malefoy. Ils ne se supportaient pas et se disputaient toujours mais ils avaient développé une forme de tolérance à l'égard de l'autre qui rendait leur colocation supportable. En dehors de leur appartement, ils étaient de parfaits inconnus et s'ignoraient allègrement, à l'intérieur, ils se montraient polis et arrivaient à tenir des conversations. Hermione était avide d'en apprendre toujours plus sur tout ce qui était magique et Malefoy se montrait bon professeur lorsqu'il le voulait bien.
Elle était avec Harry dans son salon. Ils avaient abandonné Ron dans les bras de sa chère et tendre psychopathe de petite amie.
-Sinon, comment ça se passe avec Malefoy ?
-Ça va. On s'ignore la plupart du temps, mais on arrive aussi à parler sans baguette.
-Et tu n'as rien trouvé de bizarre avec lui ?
Hermione soupira. Voilà que l'obsession de son meilleur ami revenait.
-Tu es toujours persuadé que Malefoy prépare un complot machiavélique ?
-Il aurait de nombreuses raisons de le faire ! Son père est à la botte de Voldemort !
Son ami n'avait pas tort mais il pouvait parfois se montrer trop obstiné.
-Il est souvent absent et il lit beaucoup. Tu fais ce que tu veux de ces précieuses informations.
Il lui lança son coude dans les côtes.
-A force de vivre avec Malefoy, tu deviens très moqueuse.
Il lui souriait, plus amusé que vexé. Malefoy entra par le tableau et alla dans sa chambre sans leur accorder un regard.
-Au fait, s'exclama Harry, tu veux aller au bal de Slughorn avec moi ?
-Harry, tu es un génie ! Vu que Ron sort maintenant avec Lavande, je ne pouvais plus y aller avec lui. J'en étais au point d'envisager McLaggen.
Il la regarda avec des yeux ronds.
-Tu devais être sérieusement désespérée, rigola-t-il.
Elle appela un livre d'un accio et le frappa avec.
-Je me rends, je me rends. Mais quelle femme violente ! Malefoy a de la chance d'être protégé d'une telle brutalité.
En bon comédien, Harry avait adopté une posture tragique. Il se remit dans sa position initiale et consulta l'horloge murale.
-Bon, je dois y aller !
Hermione avait remarqué que son meilleur ami guettait l'heure depuis un moment.
-Tu vas rejoindre qui ?
-Euh… Ron !
Harry pouvait être un affreux menteur lorsqu'il était pris par surprise.
-Le même Ron qui est parti avec son pot de colle à Pré-au-lard.
-O..oui, ils devaient pas rentrer tard.
Elle n'insista pas. Il lui parlerait quand il serait prêt.
- Salue-le de ma part !
-Bien sûr !
Elle le regarda partir les yeux dans le vague. Il semblait très heureux ces derniers temps. Quoique ce puisse être, elle espérait que ça durerait. S'il y avait une personne qui méritait le bonheur, c'était Harry.
-Saint Potty est enfin parti ?
-Arrête de l'appeler comme ça !
Il fit comme si elle n'avait rien dit et alla s'asseoir sur son fauteuil à côté de la cheminée, et d'elle. Le temps s'était considérablement rafraichi et il était agréable de pouvoir se réchauffer devant un feu crépitant.
Elle plongea ses yeux dans les flammes et se rappela des rêves qu'elle faisait plusieurs jours auparavant. Elle n'en faisait plus depuis qu'elle avait appris la nouvelle. Son ami imaginaire était parti. Elle refusait de penser à une autre possibilité.
-Je ne serai pas là demain.
Il la regarda comme pour lui demander en quoi cela devait l'intéresser. Mais elle l'ignora, elle se parlait plus à elle qu'à lui.
-Je vais m'acheter une nouvelle robe pour le bal de Slughorn. Tu y vas ? Ça va être une véritable torture. Heureusement, j'aurai Harry pour me tenir compagnie.
Au fur et à mesure qu'elle parlait, Malefoy releva la tête et referma son livre.
-Il semble que nous devons éclaircir un point important Granger.
-De quoi tu veux parler ?, lui demanda-t-elle, les sourcils froncés d'incompréhension.
-Tu n'iras pas au bal avec Potter.
-Pardon ? , explosa-t-elle, et pourquoi cela ? De quel droit te permettais-tu de dire ça ?
-Nous sommes liés par un lien magique. Nous sommes mariés devant la magie. Je suis ce qui se rapproche le plus d'un mari pour toi, et inversement. Tu n'iras donc pas au bal avec Potter, mais moi.
Hermione se tut suite à sa tirade. Ils étaient mariés. Du moins magiquement. Elle le savait déjà mais l'entendre fut difficile. Elle avait tout fait pour effacer cette information et elle s'en sortait plutôt bien. Elle en voulait à Malefoy de lui rappeler.
-Je croyais que nous devions nous ignorer en dehors de cette pièce. L'effet risque d'être raté si on se pointe ensemble à une soirée qui regroupe élèves et professeurs de l'école.
-Il s'agit juste d'y aller ensemble. On s'ignorera une fois là-bas. Je ne compte pas passer ma soirée avec toi.
De colère, elle se leva pour rejoindre sa chambre mais Malefoy la saisit par le poignet. Les conséquences furent immédiates. En dehors de l'incident lors de sa ronde, ils ne s'étaient jamais touchés depuis la révélation. Ils n'avaient pas de raison de le faire et le redoutaient. Ils avaient eu raison car le courant électrique qui les traversa fut d'une puissance à couper le souffle. La main de Malefoy s'était resserrée et ses yeux obscurcis. Hermione le fixa, tremblant de tout son corps. Elle fut sur ses genoux la seconde suivante.
La main dans ses cheveux, elle lui dévorait la bouche tandis qu'il la tenait fermement par la taille. Il fit remonter une de ses mains pour lui attraper la nuque et approfondir le baiser. Le plaisir explosait en eux. La bouche de Malefoy était la chose la plus délicieuse qu'elle ait jamais goûtée. Il lui picora la mâchoire et descendit jusqu'à son cou. Il commença à lui suçoter la jugulaire, lui arrachant des soupirs de bien-être. Ses mains s'aventurèrent sous haut, caressant son ventre, effleurant son dos.
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L'esprit de Drago était totalement embué par le plaisir. Granger était une diablesse tentatrice. Ses mains lui caressaient les cheveux, les tiraient pour ramener sa bouche contre la sienne. Elle bougeait son bassin dans une cadence sensuelle et laissait échapper des gémissements beaucoup trop érotiques pour sa santé mentale.
Il l'attrapa fermement par les fesses et la porta jusqu'au canapé. Il l'allongea et se plaça au-dessus d'elle. Ses yeux devenus noirs fixaient les yeux noisette de la jeune fille. Ils étaient humides et voilés par un plaisir qui faisait écho au sien. Elle se passa la langue sur ses lèvres ramenant son attention dessus. Il se remet à l'embrasser avec une passion farouche.
-Oh. Putain.
L'éclat de voix les ramena à la réalité.
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Hermione ne voulait pas sortir de sa chambre. Si elle sortait, elle allait voir Malefoy qu'elle évitait depuis maintenant plusieurs jours. Ils ne s'étaient plus adressés la parole depuis que Harry les avait surpris « ou plutôt sauver », pensa la jeune fille. Ils ne correspondaient plus qu'en cas d'extrême nécessité et par oiseaux en papier ensorcelés.
Elle portait une robe cache cœur rouge qui lui arrivait à mi-cuisse. Elle était allée l'acheter avec Ginny et Luna, et se demandait si elle avait bien fait de les écouter. Enfin, d'écouter Ginny. Luna l'avait mis en garde contre les jonquilles qui peuplaient sa robe. Elle tira une énième fois sur sa robe et se décida enfin à sortir.
« La tête haute, Hermione. Lever la tête, bomber le torse, sans cesse redoubler d'efforts », s'encouragea-t-elle en se remémorant Ma philosophie de Amel Bent (2).
Malefoy l'attendait. Il était dos à elle et elle ne put s'empêcher de le détailler. Son corps était sculpté par le quidditch. Ses épaules étaient larges et on devinait un dos musclé sous son costume. Ses jambes étaient longues et fuselées. Il avait énormément grandi en une année et faisait maintenant une bonne tête de plus qu'elle.
Quand il se retourna, leurs yeux s'accrochèrent. Ils se dévisagèrent comme si ils se voyaient pour la première fois, troublés par cette conscience de l'autre toute nouvelle. Il s'était assorti à sa robe. Son costume gris anthracite était fait sur mesure. Il portait une cravate rouge et un tissu de soie de la même couleur ressortait élégamment de sa pochette. Il affichait un air impassible et lui fit un signe de tête. Elle passa devant lui et sentit une odeur agréable venir du jeune homme. Elle accéléra le pas.
Ils arrivèrent en silence à la fête de Slughorn. Ils étaient devant l'entrée de son bureau et Malefoy se montrait très hésitant.
-Qu'est-ce qu'il y a ?
Sa voix avait été rendue rauque par le silence. La question le réveilla et il prit une profonde inspiration avant de s'incliner et de tendre son bras. Elle le regarda.
-Hors. De. Question, articula-t-elle.
-Les usages veulent qu'un couple marié se présente au bras de l'autre.
-Au diable les traditions !
-Je croyais que tu t'y intéressais, que c'était les affreux sang-purs qui t'empêchaient de les suivre, l'accusa-t-il.
-Je m'y intéresse. Mais je préfère garder le peu de vie sociale qui me reste en ne te sautant pas dessus dans le bureau de notre professeur de potion.
Malefoy laissa échapper une grimace qui en disait long sur ce qu'il en pensait mais il n'eut pas le temps de répondre.
-Mione !
Harry venait d'arriver accompagné de Luna Lovegood.
-Tu savais que Scrimgeour était un vampire ? Je tiens cette information de Luna.
Hermione ne manifesta aucune surprise, contrairement à Malefoy. Elle était habituée aux lubies de la jeune serdaigle.
Manifestement peu sujet à la patience, Malefoy se saisit de son bras et ils entrèrent dans le bureau du professeur. Ils s'étaient contractés, prêts à affronter les conséquences, mais rien de similaire à ce qu'il s'était passé ne se produisit. Une douce chaleur émanait de l'endroit où ils se touchaient mais rien de plus. C'était très étrange.
Elle croisa le regard d'Harry et lui sourit pour le rassurer. Ils n'eurent pas le temps de discuter que déjà Slughorn lui sautait dessus pour lui présenter l'un de ses éminents invités.
Le bureau de Slughorn était très grand. Il avait drapé le plafond et les murs de teintures émeraudes, cramoisies et dorées. Au milieu du plafond, une lampe d'or ouvragée était accrochée et émettait une lumière rouge. En se concentrant dessus, Hermione se rendit compte que de véritables fées s'y trouvaient, chacune formant un point de lumière étincelant. Elle se demanda brièvement si elle ne devrait pas les libérer, mais n'était pas décidée à se créer des problèmes ce soir. La pièce était bombée, étouffante. La musique et le bruit des conversations créaient une joyeuse cohue.
Malefoy déambulait en parfait connaisseur. Il la conduisit jusqu'à un buffet, attrapant deux coupes d'hydromel au passage.
-Bois, tu vas en avoir besoin. On se voit plus tard.
Elle ne put lui demander ce qu'il entendait par là qu'un homme de forte corpulence se jeta sur lui.
-Monsieur Malefoy ! Comment allez-vous ? Et comment va votre père ? Vous pouvez lui assurer de mon soutien total. Je n'ai jamais cru aux accusations dont il a été victime.
-Bonjour Monsieur…
-Monsieur Schmit, monsieur Schmit !
-Bonjour Monsieur Smit. Soyez certain de la gratitude de mon père. Il vous apportera toujours le même soutien que vous lui avez témoigné dans les temps difficiles.
Un silence gêné suivit ses paroles. Le ton de Malefoy était froid mais poli. Hermione s'amusait beaucoup de la manière dont il se jouait de l'homme.
Un serveur passe devant elle avec un plateau rempli de petits fours à l'aspect délicieux. Elle le suivit et s'empara habilement d'un feuilleté recouvert de minuscules perles roses. Lorsqu'elle le croqua les petites perles libérèrent un liquide savoureux. Elle se demandait de quoi il s'agissait et cherchait un autre de ces feuilletés quand son regard croisa celui de Cormac McLaggen. Pour son plus grand malheur, il l'avait repéré et s'approchait d'elle avec un sourire conquérant.
-Hermione !
-Cormac…
-Où est passé ton cavalier ? C'est une honte de laisser une fille aussi sexy que toi toute seule.
Il lui jeta un regard entendu qui lui arracha des frissons de dégoût. Dire qu'elle avait envisagé d'aller au bal de Slughorn avec lui.
Il leva les yeux au-dessus d'eux et se mit à sourire comme un bienheureux.
-On dirait qu'on n'a pas le choix, dit-il avec un faux air fataliste, Malefoy comprendra.
Elle leva des yeux interrogateurs en direction du point qu'il fixait plus tôt et eut une vision d'horreur. Du gui s'était formé au-dessus d'eux. Hors de question qu'elle laisse le tentacule poisseux de McLaggen franchir la barrière de ses lèvres. Elle jeta un discret accio et dévora un feuilleté à l'ail. Le goût fort du condiment explosa dans sa bouche et lui piqua les yeux. Elle resterait forte.
-Je ne pense pas que ce soit une bonne idée.
Elle se rapprocha et fit de son mieux pour qu'il apprécie l'odeur de son haleine. Le jeune homme grimaça mais ne sembla pas prêt à renoncer. Changement de tactique.
-Malefoy, s'exclama-t-elle.
Le jeune homme se tendit aussitôt et Hermione trouva intéressant de constater qu'il avait peur du serpentard. Elle le garda dans un coin de son esprit.
Elle profita de son moment d'inattention pour s'éloigner, disparaissant entre deux sorcières qui riaient bruyamment. Elle déambulait habilement entre les convives quand elle aperçut une touffe brune familière.
-Harry ! Harry !
-Hermione !
Le jeune homme semblait ravi de la voir. Elle comprit pourquoi lorsqu'elle vit qui lui tenait compagnie. A côté de Luna se tenait le professeur Trelawney. Hermione ressentit une profonde compassion pour son ami. Il avait dû avoir droit à un énième avertissement sur sa mort prochaine. Hermione appréciait très peu le professeur de divination. Même si elle était à l'origine de la prophétie, elle restait un charlatan incompétent les ¾ du temps.
Une voie tonitruante se fit soudainement entendre et Slughorn apparut à côté de Trelawney.
-Mais regardez qui voilà ! Deux de mes meilleurs éléments ! Sibylle, vous ai-je déjà parlé du talent du jeune Potter en potion ? C'est instinctif chez lui, comme cela l'était pour sa mère ! Je n'ai jamais vu quelqu'un avec un tel don. Même Severus…
A la grande horreur de Harry, Slughorn interpella Rogue et le conduisit jusqu'à eux. Hermione l'écouta complimenter les prouesses d'Harry devant un Rogue extrêmement sceptique. La jeune fille dût contenir un four rire lorsque Slughorn vanta la disposition naturelle d'Harry en potion.
Luna mit finalement fin au malheur du jeune homme par une intervention de son cru qui impliquait une conspiration entre Rancecroc et Aurors.
La conversation continua sur un autre sujet et Rogue prit congé. Elle le regarda s'éloigner et le vit s'approcher de Malefoy. Il lui murmura quelque chose qui eut l'air de lui déplaire et ils sortirent de la pièce. Intriguée, Hermione prétexta une envie pressante et les suivit discrètement.
Elle avança prudemment, l'oreille aux aguets. Elle bifurqua dans le couloir qu'elle les avait vus emprunter mais ne vit personne. Elle comprit qu'ils devaient être entrés dans une salle et colla son oreille à chacune des portes du couloir jusqu'à entendre des voix à travers le trou de serrure de la dernière porte.
Ils parlaient de Katie Bell et Malefoy niait toute implication. Harry l'avait également soupçonné mais Hermione ne l'avait pas cru. Maintenant qu'elle entendait le professeur Rogue en faire de même, elle commençait à douter.
-Je vois que votre tante Bellatrix vous a appris l'oclumancie. Qu'essayez-vous de cacher à votre maître, Drago ?
-Je n'essaye pas lui cacher quoi que ce soit mais de remplir la mission qu'il m'a confié et vous me gênez.
-Vous avez besoin d'aide. Avec Miss Granger qui dort dans le même appartement que vous, vous n'êtes plus libre des mêmes mouvements. J'ai fait le serment inviolable à votre mère que je vous aiderais…
-Et bien, vous allez devoir le briser car je peux débrouiller seul ! J'ai un plan qui m'assurera la réussite de ma mission.
-Quel est ce plan ? Vous ne pouvez pas agir seul et nombre de vos camarades serpentards ne croient plus en vous.
-Ça ne vous regarde pas. J'ai des alliés sur lesquels je peux compter et un plan sur qui m'assurera la réussite.
Hermione entendit que l'on bougeait et se précipita au bout du couloir pour se cacher. Elle entendit des pas énergiques s'éloigner et resta figée, l'esprit en ébullition.
Soudain, Malefoy passa devant elle et se figea quand il la vit. Une main lui saisit le cou et la maintint fortement.
-Qu'as-tu entendu ? Petit fouineuse ! Qu'as-tu entendu ?
La poigne était trop forte pour qu'elle réponde. Hermione était terrifiée par la folie qui habitait le jeune homme. Brusquement, il retira sa main comme si il avait été brulé. Libérée, elle fut prise d'une quinte de toux en essayant de reprendre son souffle.
Il cogna sa tête contre le mur, la bouche à quelques centimètres de son oreille, il lui murmura.
- Je ne sais pas à quoi tu joues Granger mais arrête. Arrête de me suivre, arrête de me parler, arrête de me regarder, et si tu pouvais arrêter de respirer, ce serait parfait.
1- Société d'Aide à la Libéralisation des Elfes créée par Hermione en 4e année : elle veut libérer sinon améliorer les conditions de vie des elfes de maison.
2- Bon ok j'abuse
