Bonjour !
Reprise de la publication !
Pour répondre à diane, on part sur 10 chapitres avec épilogue.
Bonne lecture !
Je t'haine : Passionnément (2)
Ils ne parlèrent pas de la soirée de Slughorn. En réalité, ils ne se parlèrent plus jusqu'au jour du départ. Hermione envoya un hibou pour décliner poliment l'invitation de Madame Malefoy à venir passer les vacances de noël au Manoir. Elle expliqua vouloir le passer auprès de sa famille. Il était hors de question de supporter plus que nécessaire Malefoy, et sa famille en prime.
Elle retrouva avec plaisir ses parents et faillit pleurer quand ils la serrèrent dans leurs bras. Ils lui avaient énormément manqué. Le retour à la maison lui procurait beaucoup plus de bien que ce qu'elle aurait pu imaginer. Elle retrouvait avec plaisir sa chambre que ses parents avaient conservée en l'état.
Ils étaient dans le jardin en train de prendre le petit déjeuner ensemble sur la terrasse quand ses parents abordèrent le sujet.
-Le professeur Dumbledore nous a parlé de l'agression. Toi et un camarade avez été victimes d'une mauvaise magie.
Sa mère ne cachait pas son inquiétude. Elle avait attrapé la main de son mari comme pour se donner du courage.
-Nous n'avons pas tout compris… Tout va bien ? Que s'est-il passé exactement ?
-Ne vous en faites, les rassura Hermione, une bête crise de jalousie qui a dégénéré mais les professeurs ont tout pris en charge.
Elle s'en voulait de mentir à ses parents mais ce n'était qu'un demi-mensonge car au fond d'elle, elle espérait trouver une solution.
-Une crise jalousie ? Tu ne nous cacherais pas un petit ami par hasard ?
Le ton de son père se voulait plaisantin mais il était encore empreint de gêne. Ses parents étaient fiers que leur fille soit une sorcière mais ils étaient vite dépassés lorsqu'il s'agissait du monde de la magie. Revenir à un sujet plus familier était un moyen de reprendre la main sur les évènements. Hermione ne voulut pas leur retirer.
-D'une certaine manière…
Elle leur cachait plutôt un mari, mais elle tairait ce détail.
-C'est Ron ? Ou Harry ?
Hermione recracha le lait qu'elle avait dans la bouche.
-Pourquoi tu penses à eux ? Ce ne sont que des amis, mes meilleurs amis ! Rien d'autre, se défendit la jeune fille.
Sa mère la fixa avec un sourire attendri.
-C'est que tu nous parles beaucoup de ces deux garçons dans tes lettres. Surtout de Ron, ces derniers temps.
Hermione grimaça. Son histoire avec Lavande l'avait profondément contrarié, mais elle avait d'autres choses en tête actuellement.
Depuis la veille, son mal de tête était revenu mais elle avait préféré l'ignorer. Elle voulait rester avec ses parents, dans cette bulle de paix. Elle se passa la main sur ses tempes endolories, ce qui n'échappa à l'œil averti de son père.
-Tu as encore mal à la tête ?
Elle acquiesçât et prit une gorgée d'eau, ignorant le pli soucieux de ses parents.
-Qui est donc l'heureux élu ? , reprit sa mère.
Elle ne perdait pas le nord. Hermione marqua un temps d'hésitation.
-Il s'appelle Mal…Drago.
Le prénom sonnait étrangement sur sa langue. Elle avait l'impression de parler d'une autre personne.
-Et comment est-il ? , s'enthousiasma aussitôt sa mère, il est tendre avec toi ?
Tendre ? Il avait essayé de l'étrangler avant leur départ en vacances.
-Ce n'est pas quelqu'un de très démonstratif lorsque cela touche aux sentiments. Il est assez…réservé.
-J'ai toujours trouvé adorable la timidité chez les garçons. Ton père était très timide au début de notre relation.
-Olivia !
Les joues de son père se colorèrent et il échangea un regard tendre avec sa femme. Hermione avait toujours admiré la relation fusionnelle de ses parents et pensa qu'elle était aux parfaits antipodes de celle qu'elle avait avec Malefoy. Elle avait d'ailleurs manqué d'exploser de rire lorsque sa mère avait qualifié Malefoy de timide.
Un haut le cœur la prit soudainement. Hermione se doutait de ce qui se passait. Elle avait maintenant des crampes à l'estomac. La nausée qui la tenait devint trop forte et elle eut juste le temps de se lever avant de vomir le pauvre contenu de son estomac.
-Hermione !
Elle sourit pour rassurer ses parents.
-Je ne me sens pas très bien…
-C'est assez évident. Viens t'allonger sur le canapé, ma chérie.
La jeune fille se laissa conduire et tomba de manière peu élégante sur les coussins. Elle entendit à peine les questions que lui posèrent ses parents. La douleur avait pris une amplitude inédite qui lui arracha un cri. Elle s'attrapa la tête dans les mains et se recroquevilla en position fœtale. Elle voulait que ça cesse, et, comme souvent lorsque la douleur devenait trop forte, l'inconscience répondit à son vœu.
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-Calmez-vous Madame !
-Me calmer ? Alors que ma fille se trouve dans cet état !
Les voix qu'elle entendait ressemblaient à des hurlements pour ses oreilles sensibles. Elle cligna des yeux et sentit qu'on lui serrait aussitôt la main. Le visage au-dessus d'elle d'abord flou prit forme et elle reconnut son père. Il était penché sur elle, ses yeux noisette plissés d'inquiétude.
-Ca va ma chérie ?
Hermione lui sourit et hocha la tête. Elle sentit qu'on lui frôlait la hanche et eut un violent mouvement de recul quand elle vit qui lui tenait compagnie. Le lit à sa gauche était collé au sien et accueillait un Drago Malefoy profondément endormi. Ils avaient collé leur lit et leur avait donné la même couverture. Ils dormaient ensemble. Pourquoi dormaient-ils ensemble ?
Perturbée, elle se concentra surs le débat qui continuait à faire rage. Elle reconnut sa mère qui se prenait la tête avec une femme vêtue d'une robe verte sur laquelle était brodée une baguette et un os croisés. L'emblème de Saint Mangouste.
-Permanent ? Comment ça ? Je croyais que ce sortilège avait été résolu ?
-Il ne s'agit pas d'un sortilège, moldu.
Le ton de Malefoy senior était glacial mais il n'impressionna pas la mère d'Hermione qui se contenta de lui jeter un regard peu amène.
-Je vous laisse vous occuper de ce genre de détail, sorcier. Ce qui m'intéresse c'est comment améliorer la situation de ma fille.
-Ils sembleraient que Miss Granger et Monsieur Malefoy subissent les effets du lien de manière exceptionnellement intense. Ils dépendent souvent de la nature du lien qui unissait le couple, mais ils sont rarement aussi conséquents. La raison est par contre assez simple à comprendre. Le lien magique essaie de les réunir. Dans les premiers mois, les époux sont rarement séparés. Je pense qu'il va falloir organiser les vacances de ces jeunes gens de manière à ce qu'ils les passent ensemble.
Chaque parent alla de ses revendications, prenant à parti Rogue ou McGonagall. C'est ainsi que Hermione se rendit compte que leur directeur de maison était présent, seuls Dumbledore et Madame Pomfresh manquaient à l'appel. Ils sortirent ensemble de la pièce avec la guérisseuse.
Un profond soupir raisonna dans le silence de la pièce. Ce n'était pas celui d'Hermione. La jeune fille fixait le plafond et refusait de se tourner vers Malefoy, beaucoup trop proche à son goût. Aucun ne prit la parole. La colère et la peur laissèrent place à la lassitude, les émotions de l'un étant pour une fois le parfait écho de celles de l'autre.
Ils restèrent silencieux jusqu'à ce que leurs parents reviennent dans la chambre. Seuls Madame Malefoy et son père avaient l'air paisible. Chacun alla au lit de son enfant pour lui expliquer la situation.
-Le médecin s'est montré très clair. Tu ne peux pas rester loin de ton époux pour l'instant.
Le ton était accusateur et Hermione comprit qu'elle devrait des explications à ses parents.
-Avec la famille Malefoy, nous avons convenu que vous passerait la semaine du 21 chez eux et celle du 28 chez nous.
Un frisson de peur parcourut tout le corps de la jeune fille. La panique menaça de la submerger. Aller au manoir Malefoy pour une semaine. Elle allait mourir. Cette pensée s'ancra en elle avec une violence qui lui donna le vertige. Elle sentit une pression sur son bras et une vague de sollicitude l'envahir.
Hermione entendait en parallèle Madame Malefoy expliquer la même chose à son fils. Aucune plainte n'émanait du jeune homme ce qui était tout aussi déstabilisant que ce soudain réconfort qu'il venait de lui apporter.
Après d'autres examens, elle put rentrer chez elle pour récupérer ses affaires. Ses pensées étaient embrouillées. Elle ne savait plus quoi faire. Le professeur McGonagall n'était pas avec ses parents lorsqu'ils étaient revenus, elle n'avait donc pas pu lui parler. Est-elle au courant de la situation ? Le professeur Dumbledore saurait quoi faire. Devait-elle lui envoyer un hibou ?
Ses parents essayaient de combler le silence mais Hermione les savait perturbés. Ils avaient beaucoup de mal à encaisser que leur fille unique était mariée.
-Tout est prêt ?
Sa mère vérifia plusieurs fois que la jeune fille n'avait rien oublié et la serra fort dans ses bras. Puis, ce fut au tour de son père. Ils la regardaient les yeux humides.
-Tu l'aimes ?
Hermione comprit immédiatement de qui ils parlaient et cela lui brisa le cœur.
-Je n'ai jamais ressenti ça pour personne.
Ils lui sourirent, encore indécis. Elle ne voulait pas les faire souffrir mais ne pouvait pas leur mentir complétement.
Soudain un POP ! retentit et Dobby apparut.
-Dobby est très heureux de revoir Madame Hermione Granger ! Dobby est aussi très honoré de rencontrer les parents de Madame Hermione.
L'elfe fit une légère courbette à l'adresse de ses parents qui lui répondirent par un sourire hésitant. Ils regardaient avec incrédulité la petite créature qui venait d'apparaitre soudainement devant eux.
-Maman, papa, je vous présente Dobby, un très bon ami ! Dobby, je te présente mes parents.
Elle le regarda sévèrement.
-Je crois t'avoir déjà dit de m'appeler simplement Hermione.
Les oreilles de l'elfe s'abaissèrent.
-Oh, Dobby ne peut pas faire ça. Mais Dobby est très fier d'être l'ami de Madame Hermione et de l'accompagner au manoir Malefoy ! Dobby connait bien les lieux et empêchera quiconque de faire du mal à Madame Hermione !
-Tu viens avec moi ? , s'exclama-t-elle.
-Oui ! C'est Monsieur le directeur Dumbledore qui m'envoie.
Hermione était ravie de savoir qu'elle ne serait pas seule dans le repère des vipères mais elle s'inquiétait pour son ami. Il était évident qu'il n'allait pas être bien accueilli chez ses anciens maitres.
Elle salua une dernière fois ses parents et s'approcha de l'elfe avec ses bagages. D'un claquement de doigt, ils transplanèrent et se retrouvèrent devant un grand portail noir, finement ouvragé. Avant qu'elle n'ait eu le temps de s'avancer, son compagnon d'infortune la retint par la manche.
-Dobby ne pourra pas vous suivre partout mais il répondra présent au moindre appel ! Le professeur Dumbledore a donné ce médaillon à Dobby pour Madame Hermione. Si Madame Hermione est en danger, elle doit l'activer et il l'emmènera en lieu sûr.
Il lui tendit une chaine en or à laquelle était accrochée une magnifique chimère. Elle avait la queue d'un serpent et le reste de son corps était celui d'un lion, à l'exception de ses griffes qui étaient des serres acérées. Ses yeux étaient de couleurs différentes l'un rouge rubis, l'autre vert émeraude. Hermione fut marqué par toute la symbolique qui entourait la chimère et la contempla quelques instants avant de se décider à avancer.
Elle longea un chemin rectiligne encadré par des buissons parfaitement taillés. La résidence était imposante mais ne correspondait pas à ce qu'on lui avait dit du manoir. Elle entra et découvrit un grand hall décoré avec luxe. Un lustre brillant de milles lumières trônait au centre de la pièce. Hermione se demanda s'il n'y avait des fées à l'intérieur.
Un elfe apparut et les guida vers un salon au mur vert foncé. Les meubles étaient faits dans un métal gris anthracite et la décoration était tout aussi luxueuse que dans le hall d'entrée.
Monsieur et Madame Malefoy l'attendaient avec une personne qu'elle ne pensait pas voir ici. Malefoy junior n'était pas là. Elle les salua et attendit.
-Miss Granger, la salua Maugrey Faul'œil.
-Prof… Auror Maugrey, que faites-vous ici ?
- Au vu des circonstances actuelles et de votre cas particulier, le ministère a pensé important de vous assurer une protection. Cette résidence a été choisie pour vous accueillir ainsi que la famille Malefoy durant cette semaine.
-Le terme de surveillance me semble plus approprié, siffla Lord Malefoy.
Il était extrêmement mécontent. A l'inverse, Faul'œil avait l'air ravi.
-Nous nous assurerons d'être discrets, répliqua-t-il de son affreux sourire.
-Il s'agit d'une ancienne résidence de la famille Malefoy offerte au ministère en gage de soutien, les coupa Madame Malefoy.
-Offerte, répéta Faul'œil d'un ton peu convaincu.
Elle ne lui accorda aucun regard.
-Mon mari ne va pas pouvoir être très présent, je serai donc en charge de vous durant votre séjour.
Cette femme semblait hermétique à tout ce qui se passait autour d'elle. Elle appela un elfe pour la conduire à sa chambre. Aucune attention ne fut portée à Dobby, comme si il était inexistant.
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Hermione était en train de lire un livre qu'elle avait apporté. Sa chambre était toute aussi luxueuse que les autres pièces de la résidence mais elle la trouvait trop impersonnelle, elle manquait d'âme. Dobby s'était éclipsé, et pour combler cette solitude qui la rendait nerveuse, elle s'était mise à lire. Non pas qu'elle ait réellement besoin de ce genre de prétexte pour lire.
Elle était tellement absorbée par sa lecture qu'elle bondit lorsqu'un elfe lui apparut pour lui annoncer qu'il était l'heure de diner. Elle tenta de lui extorquer son nom mais il semblait la redouter et évitait son regard.
Elle suivit l'elfe jusqu'à la salle à manger et se fit la réflexion qu'elle ne retrouverait jamais le chemin de sa chambre seule.
Madame Malefoy était assis en bout de table. Malefoy était à sa droite et un couvert était dressé à sa gauche. Elle qui espérait qu'ils mangeraient à chaque extrémité de la table.
Elle s'installa et Madame Malefoy agita sa baguette et reproduisit la même scène que Malefoy lui avait offerte le premier soir de leur cohabitation. Elle regarda la scène avec la même fascination. Lorsque ce fut terminé, ils burent leur verre et purent commencer le repas.
-C'était magnifique.
La maitresse de maison planta ses yeux de glace dans ceux de la jeune fille.
-Vous n'avez pas semblé surprise.
-Malefoy m'en a déjà fait la démonstration à Poudlard.
La Lady tiqua en entendant l'appellation cavalière puis marqua une légère surprise. Elle observa son fils qui ne semblait pas décidé à croiser son regard. Elle se recentra sur Hermione.
-D'après mon fils, votre parcours scolaire est exemplaire.
Hermione n'était pas sûre que Malefoy ait employé ces termes mais elle apprécia l'effort. Elle était quasi certaine que Madame Malefoy ne l'appréciait mais elle semblait décidée à passer outre son ressentiment pour l'instant.
Elles parlèrent de divers sujets et Hermione impressionna Narcissa par sa connaissance. Elle n'en montra rien mais cette fille de moldus avait une connaissance de la magie très étendue. Elle comprenait mieux l'obsession de son fils pour la jeune fille. Il lui en avait parlé à plusieurs reprises et maintenant qu'elle la rencontrait, elle voyait ce qui avait retenu l'attention de son enfant. Ce n'était pas seulement son statut d'amie de l'élu. Elle eut soudain peur pour sa famille. Cette jeune femme pourrait bien fragiliser un équilibre déjà bien entaché.
-Raccompagne là à sa chambre, Drago.
-Bien, mère.
Malefoy se montrait étrangement docile. De manière générale, elle le trouvait beaucoup plus tendu qu'à Poudlard. Il avait l'air sur ses gardes. Peut-être était-ce sa présence ?
Il la mena jusqu'à sa porte et l'y abandonna avant de se diriger vers la porte en face de la sienne. Il dût sentir son étonnement.
-C'est ma chambre Granger.
Elle dormait en face de la chambre du serpentard ? Cela ne la changerait pas trop de Poudlard. Il ne s'attarda pas plus longtemps et rentra dans sa chambre.
Elle en fit de même.
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Elle était perdue. Elle avait laissé des morceaux de parchemin pour retrouver son chemin mais ils avaient disparu. Elle soupçonnait les elfes de cette maison d'être trop consciencieux dans leur travail ménager. Elle aurait pu appeler Dobby mais sa fierté l'en empêchait.
Elle se retrouva donc à errer dans les nombreux couloirs de la résidence en quête d'une personne pour l'orienter. Elle arriva devant des portes magnifiquement ouvragées. Elles étaient immenses, taillées dans un bois noble. Elles étaient encadrées par une splendide plante grimpante d'où poussaient de belles fleurs turquoise qui lui était totalement inconnue.
Elle s'approcha et les portes s'ouvrirent sur la plus belle serre qui lui était donnée de voir. Des plantes aux milles couleurs y poussaient. Certaines luisaient faiblement et Hermione se dit que le spectacle devait être incroyable la nuit. Une roseraie se trouvait au centre et la jeune fille vit que quelqu'un d'autre se trouvait ici. Le serpentard ne semblait pas l'avoir remarqué.
-Toujours en train de fouiner partout, Granger.
Il l'avait remarqué finalement. Il ne lui dit pas de partir. Hermione choisit de prendre ça pour une invitation à rester et s'assit sur le banc en face de lui. Les picotements qui la parcouraient s'affaiblirent. Plus ils étaient prêts de l'autre, plus les symptômes devenaient faibles. Hermione se rappela de Saint Mangouste et de l'allégresse qui l'avait prise quand leur peau était entrée en contact. Elle veilla cependant à rester à une distance raisonnable. Elle n'oubliait pas.
-Yule est ce soir.
Malefoy parla tout en fixant les fleurs.
-La fête du Solstice d'Hiver ?
Il acquiesça. Il ne lui avait jamais paru aussi serein. Ses traits étaient plus doux. L'endroit semblait l'apaiser d'une façon inexplicable.
-J'ai hâte d'y être ! , se réjouit-elle, ce doit être un moment unique.
L'enthousiasme de la jeune fille attira l'attention du jeune homme.
-Ça l'est.
-Qui sera présent ?
Son ton était hésitant, elle redoutait la réponse. Le visage de Malefoy prit un pli amer.
-Juste nous trois. Ma mère, toi et moi. Cette année, mon père et ses amis ont d'autres projets.
Sa voix s'était faite mordante. Elle voulut revenir à un sujet moins glissant.
-Tu disais qu'il s'agissait de célébrer la renaissance du Soleil, la vie ?
Il accepta la diversion.
-Oui. La nuit s'illumine. Un immense feu est allumé et attire les esprits de la lumière.
Hermione n'aurait jamais pensé que les sang-purs se prêtent à une tradition si…lumineuse.
-C'est également une période où de nombreuses vies sont conçues.
Hermione rougit au sous-entendu.
-Je suppose que tu as été conçu durant cette fameuse nuit, le provoqua-t-elle.
Il lui répondit par un sourire moqueur.
-En effet, je suis un enfant de Yule.
Il en était visiblement très fier. Pour une fois, cette fierté semblait marquée par une joie infantile attendrissante et non pas par son arrogance habituelle.
-Je suis très honorée de me trouver en présence d'un enfant de Yule.
Etrangement, Malefoy ne prit pas mal la provocation et répliqua avec une arrogance presque espiègle.
-Tu peux.
Hermione ne savait pas comment ils en étaient arrivés là mais Malefoy la conduisait maintenant à la bibliothèque. La jeune fille était à deux doigts de tout lui pardonner. Peut-être pas à ce point mais elle était très heureuse.
La bibliothèque était immense. Elle prenait tous les murs, si bien que l'on n'en voyait pas la couleur. Des escaliers en colimaçon enchantés bougeaient entre les différentes étagères. Hermione était au paradis.
-La branche de magie noire est ici, la provoqua Malefoy.
Loin de se laisser démonter, elle s'en approcha avec une curiosité non dissimulée.
-Envie de pervertir son âme ?
-L'ignorance est mère de tous les maux, répliqua-t-elle d'un ton docte.
Il ne répondit pas mais la sonda du regard. Il était complètement déstabilisé par le comportement de la jeune fille. Sa soif de connaissance le dépassait. Elle écartait tous les tabous moralistes. Or, si Malefoy avait toujours été persuadé d'une chose, c'était que Granger était la reine des bienpensants.
Beaucoup trop de certitudes s'effondraient autour de lui. Il était perdu et en colère. Très en colère. Il repensa à l'incident avant leur départ en vacances et ressentit une légère culpabilité. Il n'aurait jamais pu se comporter comme elle si elle lui avait fait la même chose.
Hermione était très gênée par le regard fixe de Malefoy mais fit comme si de rien n'était. Elle attrapa un livre au hasard et alla s'installer sur un fauteuil. Elle se souvenait encore de ses mains autour de son cou. Elle avait entendu quelque chose qu'elle n'était pas censée entendre et elle pensait avoir cerné le sujet principal. Voldemort. Elle n'arrivait cependant pas à comprendre à quel point Malefoy était impliqué. Le jeune homme leur était toujours apparu comme le grand méchant avec Harry et Ron, et même si elle ne le portait pas dans son cœur, elle soupçonnait que l'histoire soit plus complexe. Elle restait tout de même vigilante. Même si le lien la protégeait, elle ne laisserait pas la chose se reproduire.
Elle l'entendit s'asseoir sur un fauteuil prêt du sien et essaya de se concentrer sur sa lecture : Les potions les plus meurtrières de l'histoire. Charmant.
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Malefoy ne lui avait pas menti. Elle n'avait jamais assisté à un instant aussi magique. D'ailleurs, le mot magique prenait tous ses sens. Elle n'avait jamais vu une magie aussi belle. Un feu immense illuminait le jardin. Des formes naissaient des flammes, s'enlaçaient et dansaient dans un rythme inconnu. Des silhouettes lumineuses venaient de toute part, attirées par cette lumière hypnotisante. Elle sentait son être bouillir d'une énergie nouvelle. Elle croisa le regard de Malefoy qui lui fit un sourire à couper le souffle. Elle lui en offrit un tout aussi éblouissant et éclata de rire. Ils partageaient leur euphorie, sentaient leur magie se chercher, se reconnaitre.
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Hermione s'était réveillée le lendemain avec l'impression de s'être shootée toute la nuit. L'esprit cotonneux, elle émergea très difficilement.
Personne n'était venu la chercher pour le petit déjeuner. Un elfe lui apporta dans sa chambre. Il la surveilla tout le long et elle se sentit très mal à l'aise de manger face à un regard aussi inquisiteur.
Elle décida de retourner à la bibliothèque et, ne voulant pas se faire piéger à nouveau par ces immenses couloirs, demanda à Dobby de l'accompagner. Elle y trouva Malefoy qui semblait s'attendre à sa venue. Les yeux du jeune homme se fixèrent sur son ancien elfe de maison et ses yeux se voilèrent. Hermione se prépara à défendre son ami mais le serpentard ne fit aucun commentaire et reprit la lecture qu'il avait interrompue.
La semaine continua ainsi. Elle ne mangeait avec les Malefoy que pour le déjeuner et le dîner et était libre de prendre son petit déjeuner dans sa chambre sous la surveillance étroite d'un elfe de maison. Elle ne croisa aucun Auror et passa son temps dans la bibliothèque. Avec Malefoy. Ils avaient tous les deux consciences que leur proximité améliorait leur état. Aussi, un petit rituel se mit en place. Ils se saluaient, s'asseyaient ensemble dans un coin de la bibliothèque et lisaient un livre. Parfois, ils échangeaient sur son contenu, d'autres fois ils laissaient échapper des commentaires désobligeants mais jamais cela ne dégénéra.
Hermione était en train de lire un livre sur la magie de l'esprit quand elle se décida à poser une question qui la tracassait depuis un moment.
-Depuis quand pratiques-tu l'occlumancie ?
Malefoy leva lentement les yeux vers elle et haussa un sourcil interrogateur.
-Qui te dit que je pratique l'occlumancie ? Aurais-tu tenté de pénétrer illégalement mon esprit ?
Elle ignora la provocation et se contenta d'attendre une réponse. Le jeune homme finit par céder en soupirant.
-Si je m'étais mis à une telle pratique, je pense que j'aurais commencé vers mes 15 ans.
-Ca fait donc moins d'un an que tu pratiques l'occlumancie !
-Si je la pratiquais.
Hermione leva les yeux au ciel mais entra dans le jeu.
-L'exercice me semble extrêmement complexe.
-Tout dépend de la personne.
-C'est-à-dire ?
-La personnalité de l'individu joue énormément. Une personne trop prompte à l'emportement aura des difficultés à maitriser l'occlumancie. C'est un art qui nécessite subtilité et un brin de manipulation.
Son visage se fendit d'un sourire digne du chat du Cheshire.
-Les serpentard doivent être des maitres en la matière.
-Pas nécessairement. Cela t'a peut-être échappé mais Serpentard ne compte pas que des prodiges.
Hermione pensa immédiatement à Crabbe et Goyle. Elle ne les voyait pas du tout maitriser cette discipline.
-Je ne pensais pas que tu critiquerais ta propre maison.
Il haussa des épaules.
-Chaque famille à ses rebuts.
-Quelle délicate manière de présenter les choses.
-Je pensais que les gryffondors appréciaient la franchise.
-La frontière entre franchise et méchanceté est très mince.
Le regard de Malefoy se voila à cette remarque.
-Comment définis-tu ce qui est mal de ce qui est bien Granger ?
La question déstabilisa la jeune fille. Comment en était-elle arrivée à philosopher du bien et du mal avec Malefoy ?
-Qui détermine ce qui est bien et mal ? Pourquoi aurait-il plus raison qu'un autre ?
Elle ne sut quoi répondre.
-Tout n'est que question de point de vue.
Il ne lui parla plus jusqu'au diner.
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Le dernier jour chez les Malefoy était enfin arrivé. Ils devaient partir demain chez les parents d'Hermione, mais avant cela, Madame Malefoy avait voulu organiser une soirée. Bon nombre de serpentards risquait d'être présent pour le plus grand bonheur de la jeune fille. La maitresse de maison lui avait proposé d'inviter ses amis à sa grande surprise. Elle lui fut reconnaissante mais se méfia et déclina l'offre. Elle ne voulait pas les amener dans un endroit aussi risqué.
Lorsqu'elle alla se préparer, elle eut la surprise de trouver une boite sur son lit. Elle découvrit à l'intérieur une magnifique robe mousseline de soie blanche, taillée dans un style grec. Elle la mit avec une certaine angoisse. Elle n'avait jamais porté ce genre de tenue. La robe était resserrée au niveau de la taille par une ceinture dorée. Hermione suspectait la ceinture d'être tressée de fils d'or. On ne faisait pas les choses à moitié chez les Malefoy. Son décolleté était mis en valeur par la forme cache cœur de la robe et une cape de soie blanche finissait la tenue.
Un elfe de maison vint la coiffer. Il lui releva les cheveux et lui mit un bijou de tête assorti de feuilles dorées. Elle refusa qu'il la maquille et s'en chargea elle-même.
La jeune femme qu'Hermione vit dans le miroir la mit extrêmement mal à l'aise. Elle lui était totalement inconnue.
Elle entendit frapper à la porte et alla ouvrir. Elle découvrit un Malefoy à couper le souffle. Il était vêtu d'une robe de sorcier gris anthracite, dont les manches étaient brodées de fils argentés. Elle était ouverte sur un pantalon de la même couleur qui épousait parfaitement ses jambes et une chemise blanche cintrée, sur mesure.
Malefoy n'était pas dans un meilleur état. Il était bouleversé par la beauté de la jeune femme. Il se rappela du bal de noël organisé à Poudlard lors de leur quatrième année. Il avait pour la première fois vu la femme qui se cachait derrière la gryffondor, mais il avait enterré ce sentiment très profondément dans son esprit. Le rappel fut violent. La jeune femme lui faisait un terrible effet et il n'arrivait pas à savoir si cela était dû au lien ou à lui-même.
Ils émergèrent de la contemplation de l'autre et Malefoy attrapa maladroitement le bras de la jeune fille. Par réflexe, Hermione posa sa main sur la sienne. Un frisson les parcourut au contact de leur peau. Elle retira aussitôt sa main. C'était dangereux. Très dangereux.
Un majordome annonça leur entrée. Pour le plus grand déplaisir d'Hermione, tous les regards se tournèrent vers eux. Elle y lut intérêt, moquerie, mépris et dégout. Pour autant, elle refusa de se montrer toucher par ces attentions. Elle leva le menton et regarda droit dans les yeux toute personne qui rencontrait son regard. Elle sentit une pression sur son bras et se tourna vers Malefoy. Ce dernier ne la regardait pas. Elle se demanda si elle l'avait rêvé.
Il les conduisit vers le buffet et lui retira son bras pour saisir deux coupes de champagne. Il en tendit une à Hermione.
-Ma chère épouse, j'espère que vous appréciez l'attention dont vous faites l'objet.
-Mon cher époux, je ne me suis jamais sentie autant à ma place qu'ici.
Un puissant éclat de rire couvrit la réponse de Malefoy et Zabini apparut à gauche de Drago.
-Je suis ravi de voir que ce manoir flippant n'a pas eu raison de ton humour Granger.
La bonne humeur de Zabini tranchait avec l'humeur mesurée des autres convives. Elle fit un bien fou à Hermione. Parkinson arriva quelques secondes après, gâchant son moment d'allégresse. Elle ne lui adressa pas un mot, se contentant d'un regard noir et prit Malefoy à part pour lui parler. Elle semblait faire de son mieux pour montrer à Hermione qu'elle était de trop.
Heureusement, Zabini resta auprès d'elle et lui fit la conversation. Elle était agréablement surprise d'apprécier la compagnie du jeune homme. Elle ne se faisait pas de fausses illusions et ne lui accordait pas sa confiance mais il eut le mérite de la divertir. Elle lui avoua être une grande admiratrice de sa mère qu'elle considérait être une sorcière forte et indépendante. L'aveu sembla lui faire plaisir et il la gratifia d'un sourire éblouissant.
-J'espère ne pas interrompre un moment important mais je dois ouvrir la danse avec ma partenaire, Zabini.
L'humeur du blond était devenue orageuse. Il lança un regard glacial au jeune noir et attrapa la main de la jeune fille. Il marqua un temps d'arrêt. Un violent frisson les parcourait. Il en fit abstraction et la mena sur la piste de danse.
Hermione espéra qu'elle ne ferait pas de faux pas. Et si elle lui marchait sur les pieds ? Ou trébuchait ? Il n'était pas question de s'humilier devant ce groupe de racistes misogynes.
Malefoy la prit par la taille et attrapa sa main. La musique commença. L'orchestre jouait divinement bien. Hermione se sentit envahie par la mélodie. Les mouvements venaient d'eux-mêmes. Ils étaient en symbiose. Ils bougeaient en fonction de l'autre, avec l'autre. Le frisson qui les tenait s'était transformé en une douce chaleur, parcourant leur corps.
Ils étaient trop pris par l'instant pour se rendre compte de l'effet qu'ils provoquaient sur les invités. Personne ne les avait rejoints sur la piste. Ils étaient tous occupés à dévisager cette paire. Une paire parfaite. Parfaitement dérangeante.
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Hermione était témoin d'un évènement historique. Deux univers entraient en contact et le résultat promettait d'être édifiant. Malefoy était tendu à l'extrême et observait tout ce qui composait le salon avec méfiance. Ses parents étaient allés faire des courses et elle était chargée de faire visiter la maison à Malefoy. La jeune fille se doutait qu'ils avaient sûrement voulu laisser au jeune homme le temps de se repérer dans cet endroit inconnu sans que des étrangers se rajoutent. Elle ne les en aima que plus.
Il se trouvait devant un tableau et le fixait avec insistance.
-Pourquoi le tableau ne bouge pas ?
La question la fit sourire.
-Dans le monde moldu, les photos et les tableaux ne bougent pas.
Le jeune prit un air supérieur.
-Quel monde insipide.
La jeune fille continua de sourire, s'attendant à une telle réaction, et prit la télécommande pour allumer la télévision.
Le serpentard fit un bond en entendant la voix du présentateur et regarda l'écran comme si le sinistros se trouvait devant lui.
-Qu'est-ce que c'est que cette sorcellerie ?
-Cela n'a rien à voir avec de la sorcellerie. C'est une télévision complétement moldu.
-Une télision ? Elle est très semblable à nos tableaux.
-A la différence que les personnes que tu vois sont toujours en vie.
Malefoy s'approcha de l'écran mais resta à une distance raisonnable.
-Cet homme est vivant ?
Il le fixa avec intensité.
-La legilimancie ne te servira à rien.
Elle crut voir ses oreilles prendre une légère teinte rouge alors qu'il se redressait l'air indifférent.
-Je ne vois pas de quoi tu parles. Comment fonctionne cette tévision ?
-Té-lé-vision, le reprit-elle, pour faire simple, c'est un procédé qui enregistre l'image et le son qu'on transfert sur l'écran de toute les télévisions.
-Sans magie ?
-Sans magie. Seulement grâce à la technologie moldu.
Il avait l'air d'avoir du mal à la croire.
-Hum
Il ne dit rien mais elle vit une lueur d'intérêt dans ses yeux. Il se retourna brusquement et continua la visite d'une démarche princière. On aurait dit que les lieux lui appartenaient. Hermione leva les yeux au ciel. Il valait mieux rattraper le petit prince avant qu'il ne mette le feu à sa maison. Elle le retrouva dans la cuisine.
-C'est une cuisine moldu ?
Elle acquiesçât et il parut fier d'avoir compris seul.
-Où sont vos elfes ?
-Les elfes de maison n'existent que dans le monde sorcier. Dans le monde moldu, la plupart des pays, dont l'Angleterre, ont interdit l'esclavage.
Son ton s'était fait accusateur mais cela ne l'atteint pas. Il la regardait au contraire comme si elle lui disait une énormité.
-Vous cuisinez vous-même ?
-Oui.
-Ta famille est une sorte de…famille Weasley ?
Elle comprit ce qu'il sous-entendait mais plutôt que de l'énerver la comparaison très maladroite l'amusa.
-On ne peut pas vraiment faire de parallèle entre nous, nos situations sont différentes.
-Hum.
Le téléphone sonna et Malefoy sortit sa baguette. Elle lâcha un cri et lui saisit le bras.
-Mais qu'est-ce que tu fiches ? Tu veux être renvoyé de Poudlard ?
-Je n'ai pas pour habitude de rester gentiment assis quand on me menace.
Elle lui jeta un regard sceptique.
-Tu n'es pas vraiment un exemple de courage.
-Je m'adapte à la situation.
Hermione retint un rire moqueur.
-C'est juste le téléphone qui vient de sonner.
-Encore un télémachin ? Qu'est-ce que c'est ?
Le téléphone avait arrêté de sonner. Elle le saisit et lui montra.
-Ça permet de communiquer avec d'autres personnes. Peu importe où elles se trouvent, si elles ont elle-aussi un téléphone, tu peux les joindre avec. Comme une sorte de…miroir à double sens, mais tu dois taper le numéro du téléphone que tu veux appeler et tu ne vois pas la personne.
-Taper ? Les moldus sont des brutes.
Elle faillit éclater de rire.
-Pas dans ce sens-là. Je te parle de toucher.
Il fixa l'appareil avec curiosité.
-Et il fonctionne sans magie ?
-Sans magie, affirma la jeune fille, tout sourire.
-Cela semble être une chose assez…pratique.
Le mot lui écorchait la bouche.
-Vous ne communiquez pas par hibou ?
-Non mais nous avons un moyen similaire pour l'envoie des lettres. Des personnes sont chargées de les transmettre.
L'air arrogant du blond revint.
-Vous ne passer pas par des hiboux ? Vous devez transmettre vous-même vos lettres ? Quelle perte de temps !
Ils continuèrent la visite. Hermione présentait certains objets inconnus à Malefoy qu'il s'amusait à critiquer.
Ils arrivèrent à la chambre d'ami qui serait la chambre du jeune homme pour la semaine. C'était la seule avec celle d'Hermione ce qui faisait que l'étage leur était entièrement consacré. Pour leur laisser de l'intimité lui avait dit sa mère. Si elle savait.
-Je te laisse t'installer dans ta chambre.
Il fit deux pas à l'intérieur et jeta un regard circulaire.
-Elle est petite.
Mais quel enfant gâté !
DM&HG&DM&HG
La scène aurait pu être comique si elle n'avait pas été si gênée. Ses parents essayaient de mettre leur invité à l'aise mais l'effet obtenu était l'opposé. Chaque fois, qu'ils lui posaient des questions sur ses parents, le jeune homme se braquait. Elle sentait son malaise. Elle s'était attendue à ce qu'il se montre exécrable mais elle s'était trompée. Il était très silencieux et se montrait calme voire respectueux.
-Hermione nous a dit que tu étais peu familier de notre monde. De ce que j'ai compris le sport que vous pratiquez est le quidditch. Ici, le panel sportif est beaucoup plus large. As-tu déjà entendu parler du baseball, Drago ? C'est un sport fantastique !
Son père était un vrai moulin à paroles, ce qui avait l'avantage d'éviter les blancs embarrassants en plein repas, mais empêchait les autres de s'exprimer. Pour l'heure, Malefoy n'en semblait pas mécontent.
Ils les laissèrent finir la soirée tranquillement. Les deux élèves de Poudlard retournèrent chacun dans leur chambre sans se consulter. Hermione se sentait paisible. Elle allait enfin pouvoir lire sereinement dans sa chambre.
DM&HG&DM&HG
Il était perdu. Le monde moldu le révulsait. Il voulait retourner dans le monde des sorciers. Il ne comprenait pas leur technologie. Il ne les comprenait pas.
Les parents de la jeune fille l'avaient accepté avec une facilité déconcertante. Ils n'étaient pourtant pas sorciers. On avait toujours dit à Drago que les moldus étaient des êtres inférieurs jaloux de la supériorité des sorciers. Mais Drago n'avait senti aucune hostilité à son égard. Ils avaient même paru fiers de leur fille. Tout l'inverse de ses parents. Ils semblaient s'aimer. Tout l'inverse de ses parents.
Il était perdu et il détestait ça.
DM&HG&DM&HG
Ses parents n'étaient pas à la maison. Elle avait proposé à Malefoy de lui montrer un match de Baseball et elle fut surprise lorsqu'il accepta.
Ils étaient installés sur le canapé, à l'opposé de l'autre, et regardaient l'écran. Malefoy semblait à la fois fasciné par le sport qu'il découvrait et par le support qui le diffusait. Il ne le reconnaitrait jamais mais elle savait ce qu'il ressentait.
Hermione lui annonça l'équipe qu'elle soutenait, il choisit donc de soutenir l'équipe adverse. Elle le sentit se prendre au jeu et il poussa un soupir de contentement à la fin du match. Son équipe avait gagné.
Elle le regarda en souriant.
-Pourquoi tu souris bêtement Granger ?
-Le baseball est à ton goût apparemment.
-Un sport primitif…acceptable.
Dire simplement du bien de quelque chose qui provenait du monde moldu était au-dessus de ses forces. Elle était cependant surprise de le voir y montrer un quelconque intérêt.
Le jeune homme regardait toujours la télévision. Des publicités étaient en train de passer.
-Vous ne pouvez pas choisir ce qui passe à la télévion ?
-Si. Avec ceci, fit la jeune fille en agitant la télécommande.
-Comment ça fonctionne ?
-Chaque chiffre correspond à une chaine qui diffuse un programme différent.
Le serpentard ne parut pas tout comprendre. Il lui tendit la main. Elle leva un sourcil.
-Donne.
-Waouf !
Malefoy ne fut pas réceptif à la référence et agita la main.
-Je ressens ce que tu ressens, comme ta nouvelle passion pour une primitivité moldu, mais ça ne suffit pas à comprendre tout ce qui se passe dans ta tête Malefoy. Essaie de t'adresser à moi avec une phrase complète.
Ils se défièrent du regard quelques instants, et Malefoy choisit de partir.
DM&HG&DM&HG
Un cri l'arracha de son sommeil. Son cœur battait à toute vitesse alors qu'elle essayait de se reconnecter à la réalité. Un autre cri retentit. Il émanait d'une voix déformée par la peur. Un silence s'installa. Plus terrifiant que les cris. Elle se sentit submergée par l'émotion. Ses poils se hérissaient de frayeur. Elle sursauta lorsque des gémissements raisonnèrent. Elle savait, elle sentait d'où ils venaient.
Elle n'hésita pas longtemps. S'armant de courage, elle enfila une robe de chambre et se dirigea vers la source de ses sons effrayants. Elle marqua un temps d'hésitation devant la porte. Les sons étaient plus forts, plus angoissants. Elle l'appela doucement mais, sans surprise, elle n'obtint aucune réponse. Elle ouvrit prudemment la porte et se retrouva face à un spectacle déchirant.
Elle avait déjà vu Harry faire des cauchemars et avait toujours été choqué par leurs violences. Son corps se couvrait de sueur, son visage se crispait de douleur et son corps était parcouru de spasmes. Elle n'aurait jamais pensé que quelqu'un d'autre puisse être habité par de tels démons. Pourtant, la souffrance de Malefoy en était l'exact reflet. Ses poings agrippaient les draps, qui étaient complétement défaits. Les sourcils froncés et la mâchoire serrée, il laissait échapper des gémissements pitoyables. Le cœur de la jeune fille se serra face à un tel spectacle. Quel que soit le rêve du jeune homme, il devait être terrible. Les seules fois où Hermione avait vu une réaction aussi extrême chez Harry concernaient Voldemort. Elle se demandait s'il n'en valait pas de même pour le serpentard.
Elle murmura son nom, en s'approchant doucement du lit, mais il était inconscient de ce qui l'entourait. Elle continua de l'appeler, veillant à s'exprimer avec calme et douceur. Lorsqu'elle atteint le lit, elle s'arrêta, fixant impuissante la silhouette torturée du serpentard. Ne sachant que faire, elle lui saisit une main.
De manière inattendue, les tremblements se calmèrent progressivement. Elle voulut retirer sa main mais une poigne de fer la retenait. Elle n'eut pas le temps de comprendre ce qu'il se passait qu'elle était emportée par une paire de bras dans le lit. Elle se retrouva le front collé au torse du serpentard, encerclée par une prise ferme.
Elle essaya de se dégager mais la tentative se solda par un échec. Malefoy semblait toujours endormi mais il la tenait avec une force surprenante. La situation était très inconfortable et tout son corps était crispé. Les choses ne s'arrangèrent pas quand il enfouit son visage dans ses cheveux, inspirant profondément son odeur.
Elle resta un moment éveillé, pensant qu'elle ne pourrait jamais trouver le sommeil. Pourtant, elle finit par se détendre, bercé par la respiration du serpentard, et s'endormit à son tour.
Quand elle émergea, elle réalisa qu'elle n'était pas dans son lit puis s'en rappela la raison. Elle ouvrit lentement les yeux, inquiète de croiser le regard du serpentard. Il n'était plus là.
DM&HG&DM&HG
Le lendemain, la même chose se produisit. Hermione fut tentée de ne pas y aller, mais l'image de Malefoy torturé par ses fantômes l'amena à nouveau devant sa chambre. A nouveau, il la saisit et ils finirent par dormir ensemble. Et elle se réveilla seule.
Elle s'était demandée toute la journée si ces cauchemars duraient depuis longtemps et avait une hypothèse. Malefoy devait jeter des sorts de silence sur sa chambre depuis Poudlard pour qu'elle ne l'entende pas durant la nuit. Or, dans le monde moldu, il ne pouvait plus recourir à la magie.
Pour la troisième fois consécutive, elle fut réveillée par un cri. Il était si fort qu'elle se demanda comment ses parents, qui se trouvaient au rez-de-chaussée, pouvaient ne pas l'entendre. Aux cris s'ajoutait la peur qu'elle sentait émaner du serpentard. L'image de Malefoy rongé par ses cauchemars l'empêcha d'hésiter. Elle ne laisserait personne dormir ainsi alors qu'elle pouvait aider.
Elle alla jusqu'à la porte mais sentit cette fois une résistance. Malefoy avait-il fermé magiquement la porte ? Cela paraissait peu probable. Il aurait en priorité jeté un sort de silence. De plus, elle entendait un raclement quand elle poussait la porte. Il devait avoir mis quelque chose pour bloquer la porte.
Elle pensa un instant le laisser se débrouiller et affronter les conséquences de ses actes, mais les cris et gémissements risquaient de l'empêcher de dormir. Elle voulait dormir. C'était uniquement pour cette raison qu'elle s'obstina plusieurs minutes. Elle n'était pas inquiète pour Malefoy. Elle réussit finalement à pousser suffisamment la porte pour pouvoir passer.
Malefoy était toujours dans le même état. Elle s'approcha, indécise. La rejetterait-il ? Visiblement le Malefoy inconscient n'avait pas les mêmes envies que le Malefoy conscient car il lui saisit la main comme les autres fois et la cala contre lui.
DM&HG&DM&HG
La scène lui paraissait presque familière maintenant. Elle ouvrait lentement les yeux pour voir que Malefoy n'était pas en train de la fixer. Aujourd'hui, cependant, un détail changeait. Il ne la regardait pas mais lisait calmement un livre appuyé à la tête de lit. Il était resté ! Elle ferma les yeux le plus vite possible. Il ne l'avait pas vu. Elle pouvait attendre jusqu'à ce qu'il parte, puis se réfugier dans sa chambre et oublier cette histoire.
-Bien dormi ?
Changement de plan. Malefoy était doué du don de clairvoyance. Elle ne lui répondit pas. On ne savait jamais, il pouvait s'adresser à Pattenrond.
-Granger, tu es une très mauvaise comédienne. Personne ne respire aussi vite quand il dort.
Essayer de manipuler le prince des manipulateurs était compliqué.
Elle se releva pour sortir mais Malefoy la saisit avec la rapidité d'un serpent qui fond sur sa proie et la ramena sur le lit.
-On doit parler Granger et on va parler.
Elle était étendue sur le matelas et voyait Malefoy à l'envers. Elle voulut se redresser mais le jeune homme se saisit de ses poignets pour la maintenir et se pencha au-dessus d'elle.
-Pourquoi es-tu venue ?
Elle fut tentée de lui demander de quoi il parlait mais il ne semblait pas disposé à jouer aux devinettes.
-Parce que j'ai senti que tu allais mal.
-Le lien t'a poussé à agir ainsi.
La jeune fille acquiesçât.
-Tu es aussi mauvaise menteuse que comédienne.
Il la dévisagea intensément.
-Tu aurais pu ne pas venir. Tu n'es pas venue les autres fois. Quand bien même tu ressentais mes émotions, tu n'es jamais venue.
Hermione était dépassée par cet interrogatoire. Elle ne voulait pas y répondre mais Malefoy la tenait trop fermement.
-Parce que je ne suis pas comme toi ! La souffrance des autres ne m'indiffère pas, même celle du pire imbécile que je connaisse !
-Que connais-tu de la souffrance, Granger ? De la peur ? Tes parents t'ont trop aimé ? Tes amis t'ont trop protégé ? Tu n'as jamais connu la vraie souffrance, ni la vraie peur. Tu ne sais pas ce qu'est la solitude. Et tu penses aider les autres ?
Malefoy s'était mis à hurler. Il était hors de lui. Négligeant sa position, Hermione lui répondit sur le même ton.
-Mais qu'est-ce que tu connais de moi, Malefoy ? Tu crois aveuglément à tous les préjugés qu'on t'a vissé dans le crâne ! Tu ne cherches pas à envisager la situation d'un autre angle que le tien ! Oui, mes parents m'ont aimé et mes amis me soutiennent, mais leur amour ne suffit pas à tout combler ! J'étais seule quand je suis arrivée dans le monde des sorciers. J'étais seule les deux premiers mois de ma scolarité dans un monde inconnu. Je dois sans cesse faire des efforts pour qu'on reconnaisse mon travail plutôt que de s'étonner des résultats d'une pauvre née moldu. La guerre menace mon existence même et celle de mes parents mais je ne peux pas en parler avec eux. Parce qu'ils n'y comprendraient rien. Parce que je veux les protéger. J'ai peur, je souffre et je ne me suis jamais sentie aussi seule que depuis ces derniers mois.
-Jusqu'à quel point dois-je me justifier pour que tu reconnaisses que je t'ai aidé ?, reprit-elle plus doucement. Je suivenue, bien que tu puisses être méprisant, obtus et pathétiquement abruti de préjugés.
Elle s'arrêta pour reprendre son souffle. Malefoy ne l'avait pas interrompu une seule fois, se contentant de la fixer. Son regard s'était obscurci. Un feu furieux animait leurs iris et ils se fixèrent ainsi une longue minute. L'instant d'après leurs bouches se rencontrèrent.
Hermione crocheta sa main dans les cheveux de Malefoy et poussa sa tête vers la sienne. Le serpentard inversa sa potion et ils se retrouvèrent à genoux l'un face à l'autre. Ses mains avaient lâché les poignets de la jeune fille et parcourait ses cheveux. Il les tirait, mordait la peau de son cou et revenait dévorer sa bouche. Elle s'accrochait à ses épaules pour maintenir son équilibre. L'échange était violent. Elle sentait un goût de sang emplir son palet alors que leur baiser se faisait plus intense.
Elle tira sur ses mèches pour approfondir le baiser alors qu'il venait de se retirer pour qu'ils reprennent leur souffle. Il descendit une main sous sa chemise et lui caressa le ventre. Il la remonta jusqu'à son soutien-gorge, palpant son sein à travers le sous-vêtement. Elle eut un accroc et une montée de désir lui donna le vertige. Elle lui donna un léger coup de rein sous l'effet du désir et se retrouva à nouveau plaquée contre le matelas.
Il la surplombait de tout son long et la fixait de ses iris devenues noires d'envie. Il retira les boutons de son chemisier, mais trop impatient finit par lui arracher. Elle tira à son tour sur son haut et ils se retrouvèrent à demi-nus, complétement exposés au regard empli de désir de l'autre. Elle attrapa ses épaules, les griffant alors qu'il lui mordait la jugulaire.
-Hermione ! Ma chérie ! Drago ! Nous partons ! Pensez à fermer à clé derrière nous !
Une douche froide aurait été moins efficace. En une seconde, la bulle dans laquelle ils s'étaient isolés éclata. Ils prirent conscience de la situation, de leur semi nudité et restèrent figés ainsi une demie-seconde.
Hermione se sentit rougir comme jamais elle n'avait rougi et se précipita hors de la chambre, abandonnant son chemisier déchiré. Ils ne devaient plus jamais se revoir.
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Sa prière ne fut pas exhaussée très longtemps. Ils avaient mangé chacun de leur côté. Par acquis de conscience, Hermione avait vérifié si l'assiette préparée par sa mère pour Malefoy était vide, et elle l'était. Elle avait décidé de passer le reste de l'après-midi le plus éloigné possible du jeune homme et campait dans son salon. Elle n'arrivait cependant pas à oublier ce qui s'était passée dans la matinée et fixait l'écran sans le regarder.
Puis Malefoy arriva. Comme si de rien n'était, il s'installa. Beaucoup plus proche que quelques jours plus tôt. Elle ne le regardait pas. Elle ne se sentait pas capable de soutenir son regard sans rougir ou mourir de honte.
-Ça t'intéresse vraiment ?
Hermione sursauta et se concentra sur ce qui passait à la télévision. Il s'agissait d'une émission sur les pêcheurs norvégiens.
-C'est…intéressant.
Le serpentard émit un grognement peu convaincu. Ils regardèrent quelques minutes avant qu'il ne reprenne la parole.
-On ne peut pas changer de…chaume ?
-De chaine, le rectifia-t-elle par automatisme.
Il ne répondit pas. Elle se décida finalement à le regarder, ne voulant pas perdre la face. Elle ne reconnut pas le regard avec lequel il la fixa mais elle reconnut son geste, le même que la dernière fois. Il lui tendait la main, attendant qu'elle lui donne la télécommande.
-Comme je te l'ai dit, si tu veux obtenir quelque chose de moi, il va falloir demander. Je ne suis pas un de tes serviteurs.
-Bon à savoir.
Sans qu'elle sache pourquoi, le murmure lui arracha des frissons.
-Pourrais-tu avoir l'obligeance de me confier cette technologie moldue ?
Le changement d'attitude la prit par surprise. Depuis quand Malefoy était-il aussi conciliant ? Elle ignora sa conscience qui lui rappelait ce qu'il s'était passé ce matin et lui donna la télécommande.
L'objet sembla l'amuser et il prit un malin plaisir à appuyer sur toutes les touches, obligeant Hermione à corriger ses mauvaises manipulations. Elle essaya de minimiser le contact mais ils se frôlèrent à chaque fois.
Ils passèrent ainsi l'après-midi.
-Pourquoi tes parents t-ont-ils appelé Hermione ? C'est un prénom peu courant pour un né moldu.
-Ils ont découvert le prénom dans la pièce de théâtre Le Conte d'hiver de Shakespeare et ils ont eu un coup de cœur.
Il resta pensif un moment.
- Shakespeare était un sorcier.
-Vraiment ?! , s'exclama la jeune fille
-Bien sûr que non. Il aurait choisi de meilleurs prénoms pour les personnages féminins.
Hermione le dévisagea d'un air abasourdi. Malefoy venait-il de faire de l'humour ? A en croire, la lueur espiègle dans son regard, Hermione vivait un moment anthologique.
Elle redoutait le tournant que prenait leur relation. Jusqu'où l'histoire changerait-elle ?
