Bonjour tout le monde !
La suite arrive enfin ! Et c'est le chapitre le plus long de cette fiction pour l'instant ! L'histoire avance de plus en plus entre les deux sorciers que tout oppose.
Merci beaucoup pour vos reviews : espe29, LessaWatberg, Tsukiyo Ono et notre ami Guest ! Elles sont très touchantes et encourageantes !
Merci aussi à celles et ceux qui suivent cette fiction ou qui l'ont mise en favori !
Je vous souhaite une bonne lecture !
Je t'haine : A la folie (2)
Ils n'avaient pas dormi ensemble. Elle avait choisi de retourner dans sa chambre. Bien que l'ambiance soit restée légère après leur étreinte – Hermione piqua un far à cette pensée – elle savait qu'ils étaient encore dans la frénésie du moment et redoutait le moment où l'euphorie redescendrait. Elle vivait ce moment. En se réveillant, elle avait senti son estomac se tordre et une boule se coincer dans sa gorge. Une immense culpabilité s'abattait sur elle. Elle avait couché avec Malefoy. Son harceleur depuis sa première année, l'ennemi d'Harry et Ron. Un sang pur qui méprisait jusqu'à son existence. La partie rationnelle de son cerveau essayait de relativiser en lui rappelant que leur relation avait évolué. Il s'était excusé auprès d'elle et ils avaient appris à mieux connaitre l'autre. Mais ils appartenaient à deux camps différents. Elle aurait été stupide de nier cette réalité. Le père de Drago était un mangemort et il l'avait éduqué pour qu'il embrasse le même destin.
Drago ? Voilà qu'elle se mettait à le désigner par son prénom. Son esprit était totalement embrouillé. Elle ne savait plus quoi faire. Hermione avait l'habitude de tout contrôler et elle avait perdu tout contrôle.
Malgré tout le courage qu'elle possédait, elle se sentait incapable de se confronter à Malefoy. A qui que ce soit, à vrai dire. Elle se prépara dans un état second et décida de louper le petit déjeuner. Elle ne voulait voir personne et préférait se rendre directement en cours. Sa stratégie de déni marcha extrêmement bien jusqu'au cours de potion. Elle l'avait redouté toute la journée et voilà qu'elle allait devoir affronter le regard du serpentard qui était devenu son binôme en potion pour l'année entière.
Elle s'installa et essaya de l'ignorer au maximum. Slughorn lui facilita la tâche en les défiant de trouver un antidote contre les potions complexes. Le défi était personnel et n'exigeait aucune interaction. Elle se focalisa dessus et donna tout ce qu'elle avait. Trouver l'antidote parfait était devenu son seul objectif. Hermione faisait rarement montre d'une telle concentration. Bien qu'elle soit toujours sérieuse lorsqu'il s'agissait d'études, elle n'en avait jamais eu besoin. Aujourd'hui, c'était une nécessité. Pour oublier le reste, elle se concentrerait uniquement sur cette tâche.
Quand vint la fin de l'épreuve, elle mit quelques minutes à reprendre pied avec la réalité. Elle avait l'impression de se réveiller, comme si la bulle dans laquelle elle s'était immergée l'avait plongé dans un profond sommeil. Elle contempla le résultat avec une certaine satisfaction. Cette fois, Harry ne pourrait pas tricher avec le Prince. Elle regarda le chaudron du jeune sorcier et vit qu'il était éteint. Bien que ça ne lui ressemble pas, il semblait avoir abandonné. Slughorn fit le tour de la salle et s'arrêta devant son flacon qu'il saisit de sa main grassouillette.
-Impressionnant, Miss Granger ! Encore une fois, vous faites preuve d'un talent saisissant ! Je vous ai donné un temps très court pour cette épreuve, mais vous avez réussi à sortir un antidote très correct alors que vos camarades n'ont pu aller jusqu'au bout. 10 points pour Gryffondor !
Elle lut dans son regard une pointe de respect qui la remplit de joie. Contrairement à ce que pensaient ces camarades, les efforts qu'elle fournissait n'étaient pas sans peine. Ils lui demandaient du temps et de l'énergie. Elle désirait ardemment cette reconnaissance depuis qu'elle était entrée dans ce nouveau monde et savourait précieusement ces moments.
Alors quand elle entendit Slughorn congratuler Harry pour son audace quand il lui tendit un bézoard en guise d'antidote, elle sentit une bouffée de rage monter en elle. Le professeur de potion n'avait plus d'yeux que pour le gryffondor et le félicitait grassement. Elle sentit sa colère doubler. Harry s'était sûrement encore servi de son livre du Prince de Sang-Mêlé et en ressortait glorifié pour un savoir qui ne venait pas de lui.
-Professeur, commença-t-elle d'une voix doucereuse.
Elle ne put aller jusqu'au bout de sa phrase. La cloche retentit et Slughorn les congédia aussitôt. Il n'eut pas à se faire prier, la plupart des étudiants se précipitèrent vers la sortie comme si ils avaient un cerbère aux trousses. Hermione était encore trop prise dans sa colère pour ranger correctement ses affaires. Elle tremblait de rage. Tout allait de travers. Tout. Ron et la fin de son éternel célibat. Harry et son nouveau don pour les potions. Malefoy et elle…
Elle mit du temps à comprendre qu'Harry lui faisait discrètement signe qu'il voulait qu'elle quitte la salle. Ce tricheur la considérait maintenant comme une indésirable ? Elle rangea rageusement ses affaires et se dirigea à toute vitesse vers lui. Elle lui enfonça un doigt dans le torse.
-Tu es un imposteur, lui chuchota-t-elle furieusement.
Elle n'attendit pas sa réaction et sortit en trombe de la salle. Elle ignora les personnes qui cherchèrent à l'interpeller. Elle avait la sensation qu'elle allait craquer. Elle marcha sans faire attention au chemin qu'elle empruntait. Son cœur allait lâcher. Il lui faisait tellement mal. Elle se sentait si seule.
-Tu n'es pas seul.
Hermione tressaillit. Qui avait parlé ? Avait-elle pensé à haute voix ? Elle prit enfin conscience de l'endroit où elle se trouvait. Les toilettes des filles du deuxième étage. Les toilettes de Mimi Geignarde. Elle chercha le fantôme du regard mais ne le trouva pas. Elle s'avançait doucement quand une deuxième voix la fit se figer à nouveau.
-Je suis seul. Complètement. Il n'y a que moi qui puisse me sauver et il ne me reste plus beaucoup de temps…
Hermione s'approcha prudemment. Elle était très intriguée par les propos de Malefoy. Elle se demandait s'ils n'avaient pas un lien avec les sombres cauchemars qui peuplaient ses nuits. Elle ne l'avait plus entendu depuis les vacances de noël mais se doutait qu'ils n'avaient pas tout simplement pris fin.
Un bruit de verre brisé la fit sursauter violemment et elle se rattrapa par réflexe au mur à côté d'elle. L'impact de sa main contre le mur raisonna dans le silence laissé après l'éclat.
-Qui est là ?
Elle se congela sur place, toute colère oubliée. Elle ne voulait pas faire face à Malefoy. Elle ne le pouvait pas. Elle n'était pas encore prête.
- Montre-toi. Tu ne veux pas que je vienne te chercher moi-même.
La jeune fille recula d'un pas, prête à prendre la fuite. Soudain une force invisible la saisit et la poussa en avant. Elle manqua de trébucher et se retrouva face à Malefoy. Il la fixait, le regard animé d'une colère sourde.
Elle aperçut le miroir brisé derrière lui et du sang. Elle baissa les yeux et vit que sa main gauche était blessée.
-Toujours en train de rôder, Granger. A fouiller dans la vie des autres.
Il adressa un signe de tête à ce qui se trouvait derrière elle. Mimi, supposa-t-elle.
-Ta main… Tu devrais la faire soigner.
Ce fut tout ce qu'elle trouva à lui dire.
-Tu devrais d'abord te soucier de toi, Granger. Pourquoi pleures-tu comme une petite fille ?
Par réflexe, elle porta la main à ses joues et constata avec surprise qu'elles étaient humides. Elle les essuya vivement, honteuse que Malefoy soit témoin de son moment de faiblesse.
Ils restèrent un moment sans parler. Le comportement de Malefoy la laissait indécise. Il n'était plus le même que la veille. Il avait revêtu un masque d'une froideur extrême mais sans être aussi agressif qu'il le fut autrefois.
Elle décida finalement de prendre son courage de gryffondor à deux mains et aborda le sujet-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom.
-Est-ce que l'on pourrait faire comme si…rien n'était…arrivé hier ? , bafouilla-t-elle.
Elle aurait pu faire mieux, mais elle était trop gênée pour arriver à dissimuler son embarras.
-De quoi parles-tu ?
Hermione se renfrogna. Elle n'arrivait pas à savoir si c'était un moyen pour le serpentard de dire qu'il était d'accord avec son idée ou s'il voulait l'entendre dire les choses clairement pour la mettre davantage mal à l'aise. Les deux étaient très probables.
-De rien, trancha-t-elle, il n'y a rien à dire.
-Il me semble que tu avais pourtant beaucoup de choses à dire hier, ou à crier plutôt.
Hermione se sentit rougir d'un coup et lança un regard furieux à Malefoy. La colère avait fait place à un amusement goguenard.
-Qu'est-ce que tu cherches à faire Malefoy ?
Il haussa un sourcil.
-Je dirais que tu cherchais…
Elle couvrit sa bouche avant qu'il n'en dise plus.
-J'ai compris et je te demande de ne plus JAMAIS en parler.
Elle sentit quelque chose d'humide contre la paume de sa main et la retira aussitôt.
-Tu es écœurant.
Il se contenta d'un sourire moqueur.
-Tu es très divertissante Granger.
-Divertissante ? , s'indigna Hermione.
-Drago ?
En l'espace de quelques secondes, Hermione se retrouva poussée dans un toilette avec Malefoy qui referma la porte sur eux. Il la fit basculer sur le cabinet et lui fit signe de maintenir ses jambes levées.
Dans quel genre de situations s'était-elle fourrée ?
-Drago ? Je sais que tu es là ! Goyle me l'a dit.
Malefoy laissa échapper un discret sifflement de colère. La voix insupportable de Parkinson continua de l'appeler et c'est quand elle commença à ouvrir les portes des toilettes qu'il se décida à lui répondre.
-Dégage Pansy. Je suis en train de pisser.
Il eut un moment de flottement avant que la jeune fille ne lui réponde dans un débit précipité.
-Ca ne te ressemble pas d'être aussi vulgaire Drago. Et pourquoi choisirais-tu les toilettes des filles ? Tu es différent ces derniers temps. Tu ne me parles plus. Je ne te reconnais plus. C'est à cause de cette sang de bourbe ? Tu n'as qu'un mot à dire et on s'en débarrassera.
Tout le long de sa diatribe, ils ne s'étaient pas quittés des yeux. Malefoy prit un temps avant de répondre.
-Arrête de dire n'importe quoi. Tu ne feras rien à personne et tu resteras sagement à ta place.
-Pourquoi tu prends sa défense ?!
-Je ne prends la défense de personne. Je te rappelle quelle est ta place et quelle est la mienne.
-Je sais que tu as été choisi ! Ça fait partie de ton plan c'est ça ? Tu te sers d'elle ?
Son ton s'était fait plus exalté. Encore cette histoire de mission. Hermione se demandait de plus en plus son objet et redoutait d'obtenir la réponse. Elle était assez importante pour que Malefoy perde son air impassible. Harry avait-il raison ? Malefoy était-il devenu un mangemort ?
Brusquement, elle abaissa son regard vers l'avant-bras gauche du serpentard. Elle ne se souvenait pas avoir vu la marque des ténèbres. Or il était impossible de la cacher magiquement.
Malefoy interrompit ses pensées en reprenant la parole.
-Elle et moi n'avons rien en commun. Arrête de chercher à nous associer, tu deviens insultante.
Il parlait le regard planté dans celui de la gryffondor, articulant chaque mot avec une lenteur presque exagérée.
-Je ne tolère sa présence que parce que j'y suis obligé.
Il s'était rapproché d'elle et lui souffla le dernier mot sur le visage. Hermione était saisie par le contraste entre la violence de ses mots et la neutralité de son visage. Il se leva et sortit en ouvrant légèrement la porte.
Après s'être assurée qu'ils étaient bien partis, Hermione posa enfin les pieds au sol. Elle sortit dans un état second et jeta un regard au reflet que lui renvoyait le miroir brisé par Malefoy. Elle était aussi fractionnée que lui. Son regard fut attiré par son uniforme. Il était tâché de sang.
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Ils étaient revenus au point de départ. Depuis leur rencontre fortuite dans les toilettes, ils ne s'étaient plus adressés la parole que ce soit en dehors ou à l'intérieur de leurs appartements. A vrai dire, il serait plus exact de dire qu'Hermione n'avait que rarement eu l'occasion de voir le serpentard depuis. Il restait toute la journée à roder dans l'école et ne rentrait qu'à l'heure du couvre-feu pour s'enfermer dans sa chambre.
Hermione avait donc passé son temps à aider Harry et sa mission. Elle avait été prise de remords face à la réaction excessive qu'elle avait eue à l'encontre de son meilleur ami et s'en était excusée. Il lui avait pardonné mais il semblait cacher une légère rancune. Elle savait la lourde mission que devait assurer Harry et elle ne pouvait pas l'accabler de reproches inutiles en plus.
Penser à la mission d'Harry lui fit revenir à celle de Malefoy. Elle en avait trop entendu parler pour passer outre.
Elle était seule dans le salon qu'elle partageait avec Malefoy. Il était le milieu de l'après-midi, donc il ne reviendrait pas de suite. Elle jeta un regard en direction de la chambre du serpentard. La tentation était grande. Ils avaient conclu un accord. Ils n'avaient pas le droit de s'introduire dans la chambre de l'autre sans autorisation. Hermione n'était pas femme à prendre une promesse à la légère mais ses soupçons touchaient à quelque chose de bien plus important. Sa relation très fragile avec Malefoy valait-elle de négliger cette opportunité ?
Elle aurait aimé convaincre le serpentard mais ce qu'ils avaient fait les avait plus éloignés que rapprochés. Hermione soupira profondément. Elle détestait les dilemmes.
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Elle était avec Ron et Harry. Ils étaient emmitouflés dans leur écharpe et leur bonnet. Février se révélait mordant. Ils se dirigeaient vers la salle commune de gryffondor pour se réchauffer devant la cheminée quand ils croisèrent Malefoy et Zabini. Le reste de la bande n'était pas avec eux.
-Mais qui voilà ! Nos amis gryffondors !
-Qui est ton ami Zabini ? , grogna Ron.
Ce dernier supportait mal les allusions de son binôme de potion et l'évitait comme la peste. Il ne chercha donc pas la confrontation et pressa le pas en saisissant Hermione par la manche. Dans sa précipitation, il manqua de la faire trébucher mais Harry la rattrapa en lui saisissant les épaules. Elle retrouva son équilibre et remercia son meilleur ami d'un sourire. Toujours pressé, Ron s'excusa à moitié et leur fit signe d'accélérer. Harry entoura Hermione de son bras et s'apprêtait à suivre le roux quand une voix glaciale l'interrompit.
-Toujours aussi chevaleresque Potter. Quelle grandeur d'âme !
-La ferme Malefoy, se contenta de répliquer Harry tout en continuant leur marche.
-Je peux quand même te remercier de prendre aussi soin de ma femme.
Harry se retourna violemment vers le serpentard.
-Elle n'est pas ta femme, Malefoy. Arrête de faire comme si tu te souciais d'elle.
Il se rapprocha du blond. Ses yeux verts lançaient des éclairs.
-J'ai l'habitude de tes piques mesquines. Elles me glissent dessus maintenant. Mais ne t'avise pas de t'en prendre à elle.
Malefoy lui adressa le même regard noir.
-Quelle estime tu as pour ton amie si tu penses qu'elle a besoin de ta protection ! Je ne me ferais pas dicter ma conduite par un pseudo élu, idolâtré par une bande de stupides fanatiques, Potter.
-Je t'interdis de la toucher.
Malefoy partit d'un rire sardonique.
-Et si c'est elle qui le veut ?
Le cœur de la jeune fille s'accéléra. Non. Il ne pouvait pas.
-Si elle me l'avait fait comprendre de mille et une façons ? Si elle m'avait elle-même touché ?
Il se rapprocha d'Harry qui affichait un air déstabilisé.
-Que ferais-tu Potter ? Si je te disais que l'on avait fait plus que simplement se toucher ? Que vas-tu me faire ?
Harry semblait perdu. Il jeta un regard à Hermione pour qu'elle démente les propos insensés du serpentard. Mais il connaissait sa meilleure amie et comprit immédiatement l'impensable. Son visage se déforma d'effroi. Il sortit sa baguette à une vitesse presque surhumaine et la plaqua contre la gorge de Malefoy.
-Tu l'as violé ?
Sa voix était voilée d'une rage meurtrière.
-Tu refuses de reconnaitre la vérité, Potter.
Le gryffondor enfonça sa baguette. Craignant le pire, Hermione saisit son bras.
-Arrête Harry. Arrête.
Sa gorge était complétement nouée. Le souffle lui manquait tellement qu'elle se demandait comment elle pouvait parler.
-Dis-moi qu'il t'a forcé.
Hermione fut bouleversée d'entendre son meilleur la supplier de lui confirmer son viol. Avoir couché avec Malefoy était tellement impossible, tellement contrenature, qu'il ne pouvait comprendre une autre raison.
Elle ne put lui dire mais il le comprit. Il relâcha la pression qu'il exerçait et son bras devint ballant. La tête baissée, il ne parlait plus.
-Harry…
Elle fit un geste vers lui mais il la repoussa.
-Ne me touche pas.
Elle croisa son regard et y lut le choc, le rejet et le sentiment de trahison qui l'habitaient. Il partit d'un pas précipité. Il croisa Ron qui avait rebroussé chemin. Ce dernier regarda la scène avec incompréhension.
Hermione sentit sa vue se brouiller. Ses yeux la piquaient.
-Je te déteste. Je te déteste.
Elle murmura ces mots avec autant de haine qu'il était nécessaire pour jeter un impardonnable et plongea son regard ardent dans celui du serpentard.
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Drago regarda la gryffondor s'éloigner de lui. Ses yeux luisaient. Elle allait sûrement pleurer. L'idée lui déplaisait. Il semblait que les larmes de la jeune fille avaient un drôle d'effet sur lui, comme la dernière fois aux toilettes. La voir en pleurs avait effacé toute colère pour laisser place à un sentiment déplaisant. Un autre effet du lien qu'ils partageaient. Sûrement.
-Eh bien ! Tu n'y es pas allé mollement avec elle. Ils vont la détester à Gryffondor ! C'est vrai ? Vous avez vraiment couché ensemble ?
Il n'attendit pas de réponse.
-Félicitations ! Elle n'a peut-être pas les bons globules rouges mais elle est devenue vachement sexy. Par contre, vous avez pris des risques. Quand Pansy va apprendre ça !
Zabini éclata de rire.
-Tu ne diras rien.
Le rire du beau noir se coupa net. Il jeta un regard surpris à son camarade.
-Tu veux garder ça secret ? C'est un peu tard. C'est avant qu'il fallait tenir sa lang…
Le regard menaçant de celui que l'on appelait le prince de serpentard le figea. Il haussa finalement les épaules et lui fit signe qu'il renonçait à son entreprise. Il ne comprendrait jamais rien aux lubies de l'héritier Malefoy mais il ne voulait pas s'attirer ses foudres. Il lui tardait tout de même de voir la réaction de Pansy quand elle l'apprendrait, parce qu'il était sûr qu'elle l'apprendrait. La vérité avait été dite, elle ne resterait pas longtemps cachée.
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Harry ne lui adressait plus la parole ni même un regard. Pour la première fois de sa vie, Ron se retrouvait à jouer les intermédiaires entre ses deux meilleurs amis, ce qui se révélait difficile avec son pot-de-colle de petite amie.
Le peu d'affection qu'elle avait pu développer pour le serpentard était parti en fumée. Il avait tout détruit comme il savait si bien le faire. Elle se sentait plus seule que jamais. Le serpentard s'était fait plus présent dans leurs appartements ce qui le rendait invivable. Elle ne chercha pas à savoir s'il voulait lui présenter de pathétiques excuses. Elle ne voulait plus respirer dans la même pièce que lui, aussi fuyait-elle leurs appartements le plus possible. Les rôles s'étaient inversés.
Elle essaya de confronter une nouvelle fois son meilleur ami. Cela faisait plus d'une semaine qu'il ne lui adressait plus aucun mot. Elle le suivit jusqu'à la salle commune des gryffondors et malgré ses vaines tentatives, il resta complétement fermé. Il était assis sur un fauteuil et regardait fixement devant lui. Elle vint se placer à la hauteur de ses yeux.
-Parle-moi, Harry ! On ne peut pas rester ainsi ! Je ne veux pas perdre mon meilleur ami.
Il la regarda sans un mot. Un attroupement commença à se constituer. Beaucoup avait remarqué le froid qui s'était installé entre les deux inséparables et les ragots fusaient. Gênée par cette attention malsaine, elle demanda à Harry de venir parler ailleurs.
-Je ne veux pas te parler.
Le cœur de la jeune fille fit un bond. Ce n'était pas très encourageant mais il lui parlait !
-Je ne te demande que quelques minutes, le supplia-t-elle.
Ginny prit soudain la parole.
-Je ne sais pas ce que vous avez tous les deux mais vous ne pouvez pas rester dans cette situation ridicule. Je ne comprends pas pourquoi tu t'obstines ainsi à l'ignorer. Ça ne te ressemble pas.
-Peut-être parce que j'ai du mal à encaisser que ma meilleure amie ait pu coucher avec mon pire ennemi ! , explosa le gryffondor.
Il s'était relevé de colère. Une rumeur parcourut aussitôt les spectateurs et elle sentit une centaine de paires d'yeux la fixer.
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Le début du cauchemar ou sa suite logique. Si Hermione pensait avoir subi de la persécution jusqu'à maintenant, elle en comprenait enfin le mot. Ron avait, de manière assez prévisible, rejoint le camp d'Harry et, sans ses meilleurs amis, les autres élèves de Poudlard semblaient penser qu'ils étaient libres d'agir comme ils le désiraient.
Elle les entendait murmurer sur son passage. Certains ne se cachaient même pas et l'insultaient ouvertement. On la traitait de catin, la bousculait dans les couloirs. Elle avait même été aspergée d'un liquide très collant dans les toilettes. Elle avait eu du mal à s'en débarrasser et avait dû louper un cours.
Certains professeurs s'inquiétaient mais elle les rassurait d'un sourire. Elle s'assurait également d'être toujours droite et fière quand elle croisait ses anciens meilleurs amis et Malefoy. Il n'était pas question qu'elle se montre en difficulté devant eux, même si, étrangement, aucune critique ne fusait en leur présence.
Elle était en train de faire sa ronde quand elle se retrouva confronter à un groupe de serpentards de quatrième année.
-Oh mais ce serait pas la pute de gryffondor ? , s'exclama un garçon assez opulent.
-Si ! Parait qu'elle est préfet ! Elle a dû en satisfaire d'autres pour qu'on en vienne à la choisir, renchérit un autre.
Hermione était choquée. Elle avait déjà entendu des insultes du genre mais c'était la première fois qu'on les lui adressait directement. A chaque fois, ils passaient par des processus indirects, trop peureux pour la confronter. Ces quatrièmes années semblaient avoir un zèle de confiance.
-Pour vos propos outrageants, je vous retire 30 points chacun et pour être hors de votre dortoir en dehors du couvre-feu 10 de plus.
-C'est qu'elle fait dans l'abus de pouvoir en plus !
-Comment tu penses pouvoir être crédible sérieux ? Tu ne te respectes même pas.
Les deux serpentards se rapprochaient dangereusement d'elle et elle recula d'un pas. Elle saisit sa baguette, prête à répliquer.
- Les gars, on ne devrait pas… Si Malefoy l'apprend…
Celui qui avait parlé était petit et maigrichon. Il s'était mis en retrait quand il avait vu Hermione arriver et regardait ses camarades avec appréhension.
Ces derniers lui jetèrent un regard dédaigneux.
-On s'en fout de Malefoy ! C'est un disgracié ! Et puis il n'en a rien à faire d'elle, sinon il serait intervenu avant.
Ils continuèrent à avancer et Hermione les pointa de sa baguette. Aussitôt, ils sortirent la leur. Ils lui adressèrent des sourires concupiscents.
-On peut s'arranger si tu veux.
Hermione ressentit un profond dégout l'envahir. Ces deux types l'écœuraient. Le premier lui jeta un sort qu'elle bloqua aussi tôt et invoqua un bouclier pour contrer le sort du second. Elle adopta une posture défensive pour observer ses adversaires. Ils semblaient assez confiants, sûrement en raison de leur nombre et de sa stratégie défensive. Des imbéciles.
Elle sentait monter en elle une colère sourde, une rage qui lui tordait l'estomac. Elle en avait marre d'être traitée ainsi. Pour qui se prenaient-ils et surtout pour qui la prenait-elle ? Elle n'était pas une brebis sans défense.
Elle contra à nouveau un sort et esquiva un deuxième qui survint dans la foulée. Ils devenaient impatients et plus agressifs.
Elle avait trop joué la carte de l'indifférence. Il était temps de répliquer.
- Everte Statum !
L'éclat les prit de court et elle réussit à en projeter un en arrière. La puissance qu'elle avait mise dans le sort était telle qu'il voltigea sur plusieurs dizaines de mètres. L'autre maintint sa baguette levée mais paraissait moins confiant. Elle ne lui laissa pas le temps de se remettre et enchaina les sortilèges informulés. Pour des débutants comme eux, il n'y avait rien de mieux pour les prendre par surprise.
Le duel n'en fut pas vraiment un et très rapidement elle parvint à le désarmer et en fit de même avec celui qu'elle avait projeté. Elle leur jeta un Levicorpus et ils se retrouvèrent tous les deux suspendus par la cheville.
Ils la fixaient avec des yeux paniqués.
-Désolé…
-On ne voulait pas…
Elle entendit le troisième qui commençait à fuir et le stupéfixia d'un mouvement de baguette.
-Pourquoi veux-tu nous quitter si vite ? On commence tout juste à s'amuser.
Elle ne reconnaissait pas sa voix. Elle n'avait jamais été aussi menaçante.
-Je me fiche de vos excuses. Elles ne suffisent pas à effacer le grief que j'ai subi.
Ils essayaient, sans succès, de se défaire du sort.
-Vous m'avez énormément contrariée, voyez-vous. Je ne peux donc pas vous laisser partir tant que les tords n'auront pas été réparés.
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Benelux regardait avec effroi le sort que faisait subir la préfète des gryffondors à ses camarades. Elle n'avait jusque-là jamais réagi aux attaques ce qui expliquaient pourquoi ils s'étaient montrés aussi confiants. Elle leur donnait maintenant une leçon. Elle n'était pas une simple étudiante. Elle était la meilleure et elle ne se laisserait pas abuser.
Quand elle eut finie, elle se retourna vers lui et son cœur s'accéléra. Il avait peur et était à la fois fasciné par la jeune femme. On lui avait appris à respecter autant que craindre les personnes puissantes. Or à cet instant, celle que toute sa maison critiquait pour son sang irradiait de puissance.
Il jeta un œil derrière elle et détourna aussitôt le regard. Le visage de ses camarades commençait à devenir rouge à force de rester la tête en bas. Ils n'étaient plus qu'en caleçon. Sur leurs torses était écrit « Nous sommes de mauvais garçons » et un cadenas enserrait, assez douloureusement s'il en croyait les grimaces, leur virilité.
Elle agita sa baguette et les fit tourner.
Elle s'avança ensuite vers lui et lui attrapa le menton, qu'elle enserra douloureusement.
-Fais passer le message. Explique-leur l'impuissance de deux sang-pur face à un minable sang de bourbe, sans jamais m'accuser directement.
Elle le relâcha et partit.
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Elle croisa Malefoy qui s'était accoudé contre le mur adjacent mais l'ignora.
-Je ne t'aurais jamais cru capable d'un acte si peu…gryffondor, Granger.
Elle accéléra le pas, voulant créer le plus de distance possible avec le serpentard. Tout était de sa faute. Elle ne l'entendit pas la suivre et décéléra le pas.
Elle passa l'entrée à toute vitesse. Arrivée dans le salon, elle prit une grande goulée d'air et explosa de rire. C'était nerveux, incontrôlable. Des larmes perlèrent au coin de ses yeux alors qu'elle essayait de reprendre le contrôle de son souffle. Ses abdominaux se contractaient à répétition et elle se tint le ventre. Elle laissa son corps extérioriser toutes ses émotions.
-On dirait que tu deviens folle, Granger.
Elle aurait aimé dire que la seule présence de Malefoy lui coupa toute envie de rire mais des spasmes la prenaient encore. Elle reprit progressivement le contrôle de son corps, le dos ostensiblement tourné vers lui.
Elle le sentit plus qu'elle ne l'entendit s'approcher.
-Il faut qu'on parle.
-La dernière chose dont j'ai envie, c'est de te voir Malefoy. Alors te parler…
Elle voulut aller dans sa chambre mais il lui bloqua le chemin et elle fut forcée de croiser son regard. Malgré toute la colère qu'elle ressentait à son égard, ce regard la troublait toujours autant.
-Tu as été impressionnante tout à l'heure.
-Je me fiche de savoir si je t'ai impressionné. Laisse-moi passer !
Il ne bougea pas d'un pouce. Elle essaya de le contourner mais il se mit à nouveau sur sa trajectoire.
-Ecoute moi bien Malefoy, je ne tolère ta présence que parce que j'y suis obligé. Je ne veux pas passer plus de temps que nécessaire avec toi.
-Tu es en colère contre moi.
Elle le regarda avec ébahissement.
-Bravo Sherlock ! On en a fini avec le jeu des évidences ?
-Pourquoi ?
Elle fut un instant soufflée par l'audace du serpentard.
-Comment peux-tu poser la question ? Tu as détruit ma relation avec mes deux meilleurs amis, l'école entière est contre moi. Ma vie est devenue un enfer à cause de toi.
Il ne montra aucune réaction face aux accusations de la jeune fille.
-J'ai peut être annoncé un peu trop… brusquement la nouvelle mais j'avais mes raisons et je ne suis en rien responsable de ce qui a suivi.
-Je t'avais demandé de ne pas en parler et tu l'as fait. Tu m'as menti !
-Je ne t'ai jamais rien promis.
-Harry et Ron me détestent à cause de toi !
-On était deux quand on l'a fait. Et je n'y peux rien si ta relation avec ces deux ratés est trop fragile pour qu'une simple baise puisse y mettre fin.
Elle le saisit par le col de sa chemise, sa baguette pointée sur lui.
-Ne t'avise pas de les insulter ou de juger de notre relation. Tu n'y connais rien et tu ne connaitras jamais l'équivalent de ce qu'il y a entre nous.
Sa réponse ne parut pas lui plaire. Le serpentard se crispa et une moue méprisante déforma son visage.
-En attendant, je n'y suis pour rien si tout Poudlard est au courant.
-Tu n'y es pour rien ? C'est toi qui as tout déballé !
-A Potter seulement.
-Et Zabini.
-Seulement à lui et à ton meilleur ami. Or, rien n'a filtré du côté de Serpentard.
Hermione relâcha légèrement sa prise. Elle devait reconnaitre qu'il disait la vérité. Elle s'était attendue à un esclandre suite à leur altercation mais aucun serpentard n'était venu l'importuner. En réalité, c'est suite à l'éclat d'Harry que tout le monde avait semblé au courant. Penser à son meilleur ami l'accabla de tristesse. Elle se reconcentra néanmoins rapidement sur l'objet de sa colère.
-Il n'empêche que c'est toi et seulement toi qui es allé tout révéler alors que je t'avais demandé de ne pas le faire.
-Pourquoi ? Tu voulais leur cacher ?
-Ca ne te concerne pas ! En tout cas si j'avais voulu leur apprendre, je ne serais certainement pas passé par toi. Tu savais pertinemment l'effet que cela allait avoir. C'est pour ça que tu l'as fait, l'accusa-t-elle.
-Je reconnais que je n'aurais peut-être pas dû le dire comme je l'ai dit mais je l'ai déjà expliqué, j'avais mes raisons.
-Quelles raisons ? Je serais curieuse d'entendre ces fameuses raisons !
Ce fut au tour de Malefoy d'exploser.
-Tu es ma femme ! Contre notre gré, nous sommes mariés. Tu es à moi. Tu ne dois pas te laisser toucher par d'autres hommes.
-Mais tu racontes n'importe quoi Malefoy ! D'où est-ce que tu as vu que j'étais à toi ? Sors-toi cette idée stupide et rétrograde de la tête. Je. Ne. Suis. Pas. A. Toi.
Il laissa échapper un grognement de rage et plaqua sa bouche contre la sienne. Le baiser était violent, il n'avait rien de romantique. Ils ne retiraient aucun plaisir de l'échange. Ils s'affrontaient.
Hermione lâcha le serpentard et le repoussa.
-Tu me veux Malefoy ?
Ses yeux étaient devenus orageux.
-Non.
-Tu ne veux pas de moi mais tu ne veux pas qu'on me touche.
Il ne répondit mais elle sut qu'elle visait juste. Malefoy était malade et il avait décidé qu'elle lui appartenait.
-Je ne suis pas à toi. Je fais ce que je veux. Je n'ai pas besoin de toi.
-C'est ce que j'ai vu tout à l'heure. Pourquoi ne leur réponds-tu pas à tous ainsi ?
Elle le regarda avec incompréhension.
-Si tu ne veux pas être défendue, montre leur qui est Hermione Granger.
Il s'écarta pour la laisser passer.
-Personne d'autre n'a le droit de te tourmenter.
Hermione s'indigna aussitôt mais avant qu'elle ne puisse répondre, il se glissa dans sa chambre.
DM&HG&DM&HG
Elle savait qu'il s'agissait de fierté mal placée mais elle ne voulait pas donner raison à Malefoy en commençant à répliquer à ses détracteurs.
Sa vengeance avait fait son petit effet et une rumeur d'un nouveau genre circulait. Certains semblaient plus hésitants, notamment du côté des serpentards. Elle avait été surprise d'apprendre que les deux crétins avaient besoin de soins prolongés à l'infirmerie. Elle n'avait pourtant pas causé de gros dommages. Aucun professeur n'était venu la trouver, signe que personne n'avait parlé, ce qui ne la surprenait pas vraiment.
Cela ne suffisait cependant pas à refroidir tout le monde. Certains s'obstinaient à lui chercher des problèmes et elle se retrouvait actuellement face à l'un deux. Une serdaigle avec des yeux rendus globuleux par ses lunettes.
-Casse-toi le pigeon ! Va roucouler ailleurs, ta vieille tête nous fait peur.
L'armure rutilante et entourée d'une aura blanche, voilà comment lui apparaissait Ginny Weasley à cet instant. Elles n'avaient pas pu parler depuis l'éclat d'Harry et Hermione s'était attendue au même rejet, mais ce n'était pas sur elle qu'elle dardait un regard noir. Elle menaçait, de son air le plus mauvais, la serdaigle et faisait dangereusement bouger sa baguette entre ses doigts.
-Ne te mêle pas de ça Weasley, s'exclama la serdaigle.
Elle avait perdu de sa superbe à l'intervention de la rousse mais s'était redressée en reconnaissant Ginny.
-Elle est une honte pour tous les nés-moldu. Elle fornique avec l'ennemi !
Elle rougissait au fur et à mesure qu'elle parlait, pointant de son doigt osseux Hermione. Ginny et elle commencèrent à partir dans un concert d'insultes. Hermione regarda la scène avec une certaine distance. Ses sentiments et ceux de Malefoy entraient en résonnance et elle faisait de son mieux pour les ignorer. Sa propre colère contre l'étudiante était renforcée par l'intensité de celle de Malefoy et menaçait de déborder.
L'injustice de la situation lui sautait aux yeux. Elle ne méritait pas de telles réactions et elle ne les supportait pas. Elle écoutait le discours injurieux de la serdaigle qui s'emballait à mesure qu'une foule se formait. Quelque chose craqua.
Malefoy pouvait aller au diable. Elle n'agirait pas selon ce qu'il lui disait mais selon ce qu'elle désirait. Elle écouta une dernière fois la serdaigle l'insulter avant de sortir sa baguette de la manche de sa robe avec lenteur. Elle la leva de manière tout aussi détendue. L'agitation que cela provoqua sortit les deux filles de leur dispute et la serdaigle la fixa avec effroi. Elle sortit maladroitement sa propre baguette qu'elle tendit vers Hermione.
-Qu'est-ce que tu comptes faire ? Tu t'attaques aux nés-moldu maintenant ?
-Pauvre sotte. Je n'ai pas pour habitude de me faire insulter gratuitement, répondit calmement la gryffondor. Je sais que le monde devient de plus en plus inquiétant, en particulier pour les nés-moldu, mais ta stupidité ne te sauvera pas.
D'un geste de la main, elle jeta un expelliarmus à la jeune fille qui l'esquiva de justesse. Elle anticipa le sort de la serdaigle et l'esquiva à son tour. Elle enchaina deux autres sorts. L'un visait à retenir l'attention de la jeune fille. Ce fut chose faite. Trop occupée à détourner le sortilège, elle ne put empêcher le second de percuter la statue qui se trouvait à côté d'elle. Celle-ci se transforma en immense oiseau et commença à l'attaquer.
La serdaigle se mit à pousser de petits cris et se défendit comme elle put. Le professeur McGonagall arriva à toute vitesse.
-Finite incantatem, s'écria-t-elle.
Tous les sortilèges furent immédiatement neutralisés et l'oiseau disparut. Elle jeta un regard furieux à la foule qui s'était amassée.
-Vous n'avez pas cours ? Disparaissez et allez étudier ! Monsieur Smith, conduisez Miss Turpin à l'infirmerie. Miss Granger suivez-moi.
Hermione se sentit extrêmement honteuse en voyant la déception dans le regard de la vieille sorcière.
-Miss Weasley, vous restez ici.
Elle ne s'était pas rendue compte que Ginny les suivait et cela lui mit du baume au cœur. Elle lui adressa un sourire rassurant et suivit la directrice de sa maison.
Elle n'osa rien dire durant le trajet. Elle ne se faisait jamais reprendre par ses professeurs et avait toujours une attitude irréprochable, sauf lorsqu'il s'agissait de ces aventures avec Ron et Harry. Dans ce cas-là, elle avait enfreint de nombreuses règles mais la cause qu'ils défendaient alors lui paraissait assez juste pour le faire. Aujourd'hui, elle savait que son action avait été excessive.
-Qu'est-ce qui vous prend aujourd'hui ? Je ne sais plus quoi faire de vous, marmonna la vieille sorcière.
Elle semblait aussi exaspérée qu'en colère. Ils arrivèrent devant le bureau du directeur. L'appréhension lui tordit l'estomac. Elle n'avait jamais été convoquée au bureau du directeur pour mauvais comportement. Ils n'allaient pas la renvoyer ? La sanction serait quand même trop excessive.
McGonagall lui fit signe de rentrer et elle pénétra dans le bureau avec anxiété. Sans surprise, elle reconnut le directeur de l'école, assis à son bureau. Avec plus de surprise, elle vit que quelqu'un d'autre était présent.
Elle reconnaitrait toujours cette chevelure.
-Asseyez-vous, Miss Granger, lui dit Dumbledore en désignant le fauteuil inoccupé.
Elle s'installa et ce qu'elle aperçut lui arracha un hoquet. Harry ne lui adressait aucun regard mais elle vit que son visage était tuméfié.
-Peut-être serez-vous plus loquace que votre ami. Puis-je savoir la raison qui vous a amené dans ce bureau ?
Elle se sentit bêtement rougir quand elle croisa le regard pénétrant de son directeur.
-Je me suis battue avec une autre élève, murmura-t-elle.
Le vieil homme haussa des sourcils et se caressa pensivement sa longue barbe.
-C'est assez inattendu de votre part. Peut-on en connaitre la raison ?
Une vague d'amertume l'envahit. Elle ne voulait pas avouer avoir été victime de bizutages. De toute façon, elle avait vu dans le regard des témoins de son altercation avec la serdaigle que le message était passé.
-Une simple querelle d'étudiants.
A sa grande stupeur, Dumbledore eut un petit rire.
-Comme c'est étrange ! Harry m'a donné exactement la même raison. Je vais espérer que vous en restiez aux simples querelles pour le bien être des autres étudiants de cette école.
Il laissa un silence s'installer avant de reprendre la parole.
-Je ne peux pas vous forcer à m'expliquer les raisons derrière vos actes, comme je ne peux les laisser impunis.
Hermione tressaillit. Elle n'avait été punie que peu de fois dans sa vie scolaire. Elle ne comptait pas son année avec Ombrage. Les punitions abusives n'étaient pas des punitions. Elle attendit la sentence avec inquiétude et maudit encore une fois Malefoy.
-Vous allez devoir mettre vos talents au service de cette école. Parfois, l'enseignement prodigué par un camarade touche plus directement un élève que le plus éminent des professeurs. Vous allez assurer un cours de duel, un week-end sur deux. Harry a déjà dû vous expliquer que j'ai besoin de lui pour accomplir certaines tâches. Ces fois-là, je vous enverrai une autre personne pour vous accompagner.
Hermione était sidérée. Quel genre de punition était-ce ? Elle avait attaqué une autre élève.
Dumbledore les regarda avec amusement.
-A moins que vous ne préfériez récurer les chaudrons du professeur Slughorn jusqu'à la fin de l'année scolaire ?
Ils s'empressèrent de décliner de concert et sortirent lorsqu'il les congédia.
-Harry.
Le jeune homme s'arrêta et se tourna vers le vieux sorcier.
-N'oublie pas ce dont nous avons parlé juste avant. Il vaut mieux perdre sa fierté pour quelqu'un que l'on aime plutôt que de perdre quelqu'un que l'on aime à cause d'une fierté mal placée (1).
Sur ses mots mystérieux, ils quittèrent le bureau du directeur. Aucun ne prit la parole mais il lui sembla que l'ambiance était moins tendue. Elle était même certaine d'avoir vu le gryffondor lui lancer plusieurs coups d'œil.
Elle repensa au directeur, à ses propos énigmatiques et à sa main. Elle était noircie comme la cendre. Comme si elle avait été frappée par une malédiction.
DM&HG&DM&HG
Le reste de la journée fut agréablement paisible. Elle continuait d'être le centre de l'attention mais maintenant ils s'empressaient de détourner les yeux lorsqu'elle croisait leur regard.
Elle avait rendez-vous avec Ginny pour qu'elles aillent manger ensemble. Ginny lui parla comme si rien n'était arrivé et ce retour à la normalité lui fit un bien fou. Elles s'assirent à l'écart des autres gryffondors et continuèrent leur conversation.
-Je me pose de plus en plus de questions à propos de Dean.
Voilà qu'elles parlaient de garçons. Hermione se sentait un peu perdue. Ginny doutait de plus en plus de sa relation avec le jeune gryffondor et lui demandait conseil. Or, Hermione pensait être la dernière personne à pouvoir conseiller la jeune fille à ce sujet.
-Harry parle beaucoup de cette vipère.
Comment en étaient-elles venues à parler d'Harry ? La rousse eut cependant le mérite de capter l'attention totale d'Hermione qui n'avait pas eu l'occasion de prendre beaucoup de nouvelles de son meilleur ami.
-De qui parles-tu ?
-Greengrass…
Le nom honnis fit bondir la jeune fille. La responsable du déraillement de sa vie.
-Je croyais qu'elle avait été exclue de l'école ?
-Non pas celle-là ! La grande sœur, Daphnée Greengrass. Une vraie peste !
Hermione était surprise de voir son amie ruminer autant au sujet de la serpentarde. Se pourrait-il que son béguin de jeunesse soit toujours d'actualité ?
-Je ne les ai jamais vus ensemble en dehors de la bibliothèque…
-Oh ils ne trainent pas ensemble, mais la façon dont il la regarde et dont il parle d'elle. Tu devrais voir. Il a pris sa défense ! Sa défense ! Alors que c'est une serpentard.
Elle avait parlé comme si ses propos étaient d'une logique imparable. Elle savait que la belle rousse pouvait se montrer assez tranchée, surtout quand il s'agissait de serpentards, mais elle se montrait rarement aussi obtus. Contrairement à son frère.
-Et il n'y a rien de pire qu'entretenir une quelconque relation avec un serpentard.
Son ton s'était fait plus tranchant qu'elle ne l'avait voulu. Ginny prit un air penaud et soupira.
-Ce qui s'est passé entre toi et Malefoy est complétement différent.
-J'ai couché avec lui.
C'était la première fois qu'elle le formulait à haute voix. Elle n'était pas sûre de recommencer. Elle défia Ginny d'ajouter quoi que ce soit. Cette dernière se passa une main dans ses cheveux.
-Tu sais quand j'ai appris la…nouvelle. Ça ne m'a pas vraiment surprise.
Hermione la fixa d'un air ahuri. La jolie rousse poussa un autre soupir et planta son regard dans celui.
-Premièrement, Malefoy est très sexy. On est à un moment charnière de nos vies où nos hormones sont aux commandes, même si les garçons semblent plus touchés que nous. Aussi insupportable soit-il, Malefoy est à tomber, donc du moment qu'il ferme sa bouche, ce doit être un moment sympa.
Elle lui adressa un petit sourire complice auquel Hermione ne put répondre, trop mortifiée par les propos de sa jeune amie.
-Deuxièmement, Harry est encore très paumé en ce qui concerne le monde magique, comme la plupart des nés-moldu et certains sang-mêlé, et mon frère un peu con. Cela fait longtemps que les mariages magiques sont prohibés mais ça n'empêche pas nos parents de nous informer et de nous mettre en garde. En réalité, je suis assez impressionnée que tu aies tenu aussi longtemps. Le lien qui vous unit n'est pas naturel, il est magique. La magie va vous pousser à respecter vos promesses. J'ai assez peur pour toi…
Hermione comprit l'allusion et voulut la rassurer.
-Ne t'en fais pas, les moldus ont également de quoi empêcher une grossesse indésirée.
-Tu es sûre que ça fonctionne ?
-Certaine.
Elle s'était montrée plus assurée qu'elle ne l'était en réalité. Le doute persistait.
Ginny parut rassurée et lui offrit un magnifique sourire.
-En tout cas, enchaina-t-elle, je me demande comment tu peux supporter une telle tête à claque.
-A force de patience, de contrôle de soi et de prières.
Son amie éclata de rire.
-Je t'admire vraiment. Si j'avais été à la place d'Harry, je ne me serais pas contenue.
-Comment ça ?
-Tu ne le sais pas ? Harry et Malefoy se sont battus ce matin. Un mélange de baguettes et de poings peu élégants.
Hermione était surprise. Il n'y avait pas eu de grande altercation entre les deux sorciers depuis le début de l'année. Elle comprenait mieux le visage tuméfié d'Harry.
-Pourquoi se sont-ils battus ?
-Parce que Malefoy est un fouteur de merde. Il s'est mis à insulter Harry. Il a dit que le clan de la lumière était perdu s'il devait compter sur quelqu'un d'aussi peu fiable. Puis, il lui a chuchoté quelque chose à l'oreille qui lui a fait péter les plombs.
Hermione ne comprenait pas pourquoi Malefoy se mettait à provoquer Harry aussi soudainement. Il s'était fait très discret jusqu'à maintenant, malgré l'incident qui les avait mis sous le feu des projecteurs. Il n'avait aucun intérêt à agir ainsi.
Elles changèrent de sujet et continuèrent à parler encore un moment avant que chacune ne rejoigne son dortoir.
En arrivant à ses appartements, elle eut la surprise de trouver Malefoy dans le salon, confortablement installé dans son fauteuil. Sa lèvre était fendue et un hématome marquait sa mâchoire. Il n'était visiblement pas passé à l'infirmerie.
Le serpentard leva les yeux de son livre et les posa sur la jeune fille, empêchant toute retraite stratégique.
-J'aime beaucoup ton nouveau style.
-Spécialement pour toi.
Sa réponse la perturba plus qu'elle ne devrait. Elle avait l'impression qu'elle avait un double sens.
-Tu récoltes ce que tu sèmes, l'attaqua-t-elle.
-Tu n'as pas à t'inquiéter.
-Je ne suis pas inquiète !
-Vraiment ? Je suis déçu.
Elle en avait assez des sauts d'humeur du serpentard et poussa un soupir agacé.
-Après la magnifique performance que tu as offerte, plus personne n'osera s'en prendre à toi.
-Je n'ai pas cherché à suivre tes pseudos conseils. Je l'ai fait pour moi !
-Je n'ai jamais dit le contraire, lui répondit-il avec un sourire moqueur.
-La violence n'est pas la réponse à tous les problèmes.
-Elle est très efficace.
-Mais d'une efficacité trop éphémère.
Ils enchaînaient les répliques à toute vitesse et Hermione se surprenait à se prendre au jeu de leur joute verbale.
-Est-ce pour cette raison que tu n'as pas été importuné pour avoir couché avec une née-moldu ? Parce que la violence s'est révélée efficace.
-Effectivement. Mais je me permets de corriger un point. Les serpentards se fichent de savoir que j'ai couché avec toi. Certains en sont sans doute écœurés mais ça ne suffirait pas à leur donner assez de courage pour me défier. La possibilité d'un bébé Malefoy de sang-mêlé par contre… Plusieurs voyages à l'infirmerie ont néanmoins suffi à les dissuader de récidiver.
Une alerte raisonna dans le cerveau d'Hermione. Un détail avait retenu son attention.
-C'est toi qui as envoyé les deux serpentards que j'ai fixé au mur à l'infirmerie ! Je trouvais bizarre que des soins prolongés soient nécessaires.
-C'était nécessaire.
-C'est du délire Malefoy ! Tu ne peux pas envoyer les gens à l'infirmerie sous prétexte qu'ils se dressent contre toi !
-Si tu veux survivre, tu dois répliquer Granger. Tu dois leur montrer que tu n'es pas faible. C'est la loi du plus fort et tu l'as bien compris même si tu ne veux pas te l'avouer. Tu l'as compris quand tu as répliqué contre cette stupide serdaigle qui s'est crue assez forte pour te défier. Tu lui as montré ta force et tu as aimé ça.
Il s'était rapproché d'elle à mesure qu'il parlait. Ces derniers mots raisonnèrent dans son esprit.
-Tu débloques Malefoy ! Je n'ai pas aimé quoique ce soit ! Je me suis défendue !
Il lui saisit ses deux poignets. Elle tira pour se soustraire à sa poigne mais sa prise était trop forte.
-Tu te mens à toi-même.
-Et toi tu veux voir ton propre vice chez les autres pour le justifier plus facilement.
Sa réplique le fit taire un moment.
-Je sens ta confusion et ta peur, Granger. Tu redoutes ce que tu pourrais être.
- Lâche-moi.
-Le ressens-tu ? Depuis notre étreinte, la connexion est devenue plus forte. Je ressens tes émotions dès que tu es à proximité. Il n'y a que quand nous nous éloignons qu'aucune ne me parvienne, en dehors des plus puissantes.
Sa prise s'était raffermie.
-Tu me fais mal. Lâche-moi.
-Je te déteste d'une manière complétement différente de la façon dont je déteste Potter ou mon propre père.
Hermione écarquilla les yeux à l'aveu. Depuis quand Malefoy détestait-il celui qu'il avait toujours admiré ?
Il se pencha jusqu'à se mettre à la hauteur de son oreille.
-Je te déteste Granger.
Il avait murmuré d'une voix tellement fragile que le cœur de la jeune fille se serra. Et elle les sentit. Sa confusion, sa peur, sa colère, sa détresse. Elle les ressentit avec une netteté bouleversante. Jamais, ils n'avaient partagé leurs émotions avec une telle intensité. Elle était stupéfaite de ne pas l'avoir ressenti avant. Elle avait tellement été prise par sa culpabilité et sa dispute avec Harry qu'elle s'était inconsciemment fermée à tout ceci. Le retour de flamme fut étourdissant et elle sentit Malefoy lui lâcher les poignets pour l'attraper par les épaules.
-Nous n'avons rien avoir ensemble. Nous sommes ennemis. Nous détestons jusqu'à l'existence de l'autre.
Elle ne savait pas qui Malefoy cherchait à convaincre.
En cet instant, ils partageaient le même désespoir. Peut-être était-ce pour cette raison, peut-être que la solitude qui les tenait devenait trop dure à supporter. Hermione ne pouvait expliquer comment ils en étaient arrivés à se retrouver dans les bras de l'autre. Ils s'embrassaient avec une énergie désespérée. Elle aurait dû y mettre fin mais elle sentait qu'elle en avait besoin, qu'ils en avaient besoin. Un besoin viscéral.
Leurs corps semblaient vouloir se souder. Ils s'agrippaient à l'autre comme s'ils n'avaient plus que lui. Hermione tenait les cheveux de Drago à pleine main alors que leurs bouches se dévoraient. Il lui attrapa la nuque pour approfondir l'échange, son autre main la tenait fermement par la taille. Ils se séparèrent un instant pour reprendre leur souffle, mais revinrent rapidement sur l'autre. Hermione planta ses ongles dans le dos du serpentard. Malgré le tissu qui le protégeait, une grimace vint déformer les traits du sorcier. Il se vengea en plantant ses dents dans le cou de la jeune fille, qu'il se mit ensuite à suçoter jusqu'à laisser un suçon violacé. Il tira sur ses cheveux pour qu'elle lui expose plus de parcelles de son cou et la marqua à nouveau. La respiration haletante, Hermione saisit le visage de Drago de ses deux mains et colla son front contre le sien. Leurs pupilles étaient complètement dilatées. La même fièvre les animait.
Drago la plaqua contre un mur et ils se remirent à s'embrasser. Leurs gestes étaient désordonnés, fébriles. Il lui retira son haut et elle en fit de même avec sa chemise. Elle se trouvait en soutien-gorge devant le serpentard qui la regardait avec convoitise. Il malaxa ses seins, les taquinant à travers la dentelle. Les gestes du blond lui arrachaient des frissons de délice et elle se mit à onduler contre lui. Il grogna en réponse et sa prise sur son sein se fit plus serrée. Il plaqua tout son corps contre le sien et elle sentit une douleur contre son dos.
Elle mit du temps à comprendre que la poignée d'une porte s'enfonçait dans son côté droit. Elle repoussa le sorcier pour se dégager. Ses yeux gris embués de plaisir cherchèrent la raison de ce soudain rejet. Quand il vit la poignée, il l'ouvrit et poussa la jeune fille à l'intérieur. Il ne prit pas la peine de refermer la porte et se jeta à nouveau sur elle. Emportée par la passion, Hermione le poussa contre une commode et se remit à onduler contre lui. Elle baissa une main taquine vers le pantalon du serpentard et se mit à caresser la bosse conséquente qui était apparue. Il saisit sa main et lui lança un regard d'avertissement.
-Ne joue pas trop.
Sa voix rendue rauque par le désir la fit trembler de plaisir. Par défi, elle resserra sa prise sur le membre du serpentard et se mit à le masser. Il laissa échapper un gémissement et attrapa sa tête pour l'embrasser. La force qu'il mit dans le geste la fit légèrement saigner. Ses dents lui avaient égratigné la lèvre. Elle sentit le goût du sang emplir son palais.
Il lui agrippa les fesses et descendit jusqu'à ses cuisses. Hermione prit appui sur ses épaules et enroula ses jambes autour de sa taille. Il se retourna et échangea leur place. Elle était maintenant plaquée contre la commode, son corps serré contre celui du serpentard. Ils se frottèrent, s'embrassèrent jusqu'à ce que ça devienne insuffisant.
Drago les amena jusqu'au lit et finit de la déshabiller. Elle s'acharna à son tour à lui enlever son pantalon. Chaque action était entrecoupée de baisés enfiévrés. Quand ils se retrouvèrent nus, ils s'arrêtèrent.
Aucun ne prit la parole. Ils n'en avaient pas besoin. A ce moment, leur communion était telle qu'ils percevaient très précisément les émotions de l'autre. Hermione sentait le désir, le doute et la profonde solitude du blond et Drago percevait toute la profondeur du désir et du besoin d'affection de la jeune fille.
Sans un mot, Hermione appela un préservatif et inversa leur position. Elle se mit à masturber le serpentard d'abord doucement puis de manière plus saccadée. Il la saisit par les cuisses et les serra, les malaxa. Elle ouvrit le sachet avec les dents et enfila le préservatif sur le sexe du serpentard. Elle attrapa le sexe et s'abaissa en douceur. Il la guida patiemment jusqu'à ce qu'elle s'empale totalement. Elle commença des allers retours, mais le rythme finit par frustrer son partenaire qui la souleva pour la retirer et la renversa. Il plongea en elle sans douceur et commença des va et vient profonds. Hermione était soufflée par la passion dont faisait preuve le serpentard.
Ils échangèrent plusieurs fois de positions avant que Drago n'atteigne la jouissance. Il continua à la stimuler avec son sexe, puis ses doigts et elle atteint à son tour l'orgasme.
Ils s'étendirent à côté de l'autre et s'évertuèrent à reprendre leur souffle. Chacun savoura ce moment post-orgasmique et ils n'échangèrent aucun mot.
Après quelques minutes, Hermione se releva. Elle se tourna vers le serpentard qui la dévisageait le visage impénétrable. Ils se sentaient étrangement en paix et Hermione craignait qu'une prise de parole brise cette bulle. Elle voulait que cette chimère orgasmique reste ainsi et Drago semblait partager son avis.
Il leva son bras gauche qu'il avait posé sur son front et Hermione aperçut une trace noire dessus. Elle ne put le voir assez longtemps pour se faire un avis car il le mit sous le drap. Il la regardait toujours sans expression. Elle se décida finalement à sortir.
Elle laissait Drago derrière elle. Demain, elle retrouverait Malefoy.
DM&HG&DM&HG
Quand Dobby fut parti, Hermione se laissa tomber sur le canapé du salon. Elle espérait que le cadeau plairait à Ron.
Elle voulait lui donner en main propre mais elle ne l'avait pas vu de la matinée, ni au repas. Elle n'avait pas vu Harry non plus et ça l'inquiétait.
Elle repensa à sa nuit avec Malefoy et elle fut surprise de ne pas ressentir le même élan de culpabilité que la première fois. Cette seconde fois avait été différente. Elle lui semblait irréelle et l'avait d'une certaine façon soulagée.
Un bruit la tira de ses pensées. Elle se tourna vers l'intrus et le chevalier du tableau s'inclina.
-Navré de vous interrompre mais Dame Minerva souhaite vous parler.
Hermione se releva, surprise par la visite inattendue de sa directrice de maison. Quand elle sortit, elle trouva la vieille sorcière en train de l'attendre. Elle était agitée.
Dès qu'elle vit la jeune fille, elle lui fit signe de la suivre d'un mouvement sec.
-Votre ami, Ronald Weasley, a eu un accident. Le professeur Dumbledore m'a envoyé vous chercher.
-Un accident ?
La peur lui vrilla l'estomac.
-Que s'est-il passé ?
Elle lui jeta un bref regard et continua à avancer d'un pas pressé.
-Nous ne savons pas encore mais nous soupçonnons un empoisonnement.
Un empoissonnement ? Elle n'eut pas le temps de poser plus de questions, elles étaient arrivées à l'infirmerie. Hermione ne chercha pas à voir qui se trouvait dans la pièce et se précipita vers Ron.
Il était endormi. Son visage paisible ne reflétait aucun tourment. Elle attrapa une chaise à proximité et s'y assit. De l'autre côté du lit, Harry la regardait. Elle lut la détresse dans le regard de son ami.
-Que s'est-il passé ?
-Ron a mangé des chocolats que Romilda m'avait offerts. C'étaient des filtres d'amour. Tu avais raison de me dire de me méfier.
Il baissa les yeux.
-Je l'ai amené voir Slughorn pour qu'il le guérisse. Il allait mieux jusqu'à ce qu'il boit l'hydromel que Slughorn nous avait servi.
Hermione reporta son attention sur les professeurs présents. Ils discutaient de ce qu'il convenait de faire. Slughorn tenait dans ses mains une bouteille, sûrement la bouteille empoisonné.
-Et à qui destinais-tu cette bouteille Horace ?
-A toi Dumbledore…
La réponse la prit de cours.
La conversation prit rapidement fin et ils choisirent de les laisser seuls.
Un silence gênant s'installa.
-Je suis désolé Mione.
Une vague de soulagement la submergea. Elle ne s'était pas rendue compte de s'être contractée à ce point. Il lui sembla que tout son corps se détendait d'un coup.
-Je suis désolée aussi. Je… me sens tellement nulle.
-Non !
Le cri d'Harry la prit par surprise. Il contourna précipitamment le lit et se mit à genou devant elle. Il lui saisit fermement les mains.
-Tu ne dois pas te sentir comme ça. C'est moi qui ai été con. J'ai sur-réagi. J'avais du mal à encaisser que tu puisses allée aussi loin avec lui. Pourtant je vous ai déjà vu vous embrasser mais je ne pensais pas…
Il se passa une main dans les cheveux comme à chaque fois qu'il était embarrassé.
-...que ça irait aussi loin. Tu connais mes soupçons à propos de Malefoy.
Il planta son regard dans le sien.
-Il cache quelque chose. Et je suis sûr que ça concerne Voldemort. Tu ne peux pas lui faire confiance.
Elle savait qu'il s'inquiétait pour elle et au vu de ce qu'elle avait appris, il n'avait pas tort. Il continua, l'empêchant de parler.
-Mais ça ne justifie rien. Quand j'ai crié dans la salle commune et ai mis tout le monde au courant. Je m'en suis énormément voulu mais je ne savais plus comment venir te voir. Je n'avais pas conscience des répercussions que ça a eues. Ce connard de Malefoy… s'est fait un plaisir de me dire à quel point j'étais une merde en tant qu'ami.
Le cœur d'Hermione s'accéléra. Etait-ce en lien avec ce que Malefoy lui avait murmuré pendant leur dispute ?
-Je leur ai dit à tous ! Qu'ils étaient une belle bande d'hypocrites ! A compter sur toi seulement quand ça les arrange. Ils ne t'embêteront plus.
Le ton du gryffondor s'était fait belliqueux.
-Mais je sais que je ne suis pas mieux… Mais quand Ron est tombé et que j'ai cru que… Je me suis dit que je ne pouvais pas vous perdre, que je devais faire preuve de ce maudit courage que je suis censé posséder, et m'excuser auprès de toi.
Sa voix se cassa. Il avait baissé les yeux mais elle les savait humides. Elle l'interrompit en plaçant une main sur son épaule.
-Cette histoire m'a fait beaucoup de mal Harry mais je sais que tu as souffert toi aussi. Je comprends tes raisons et à aucun moment je n'ai été en colère contre toi. Je l'ai été à l'encontre de tous ces imbéciles qui jugent sans connaitre.
Ils se relevèrent et elle le prit dans ses bras.
-Je m'excuse moi aussi. J'aurais dû t'en parler. Tu es mon meilleur ami. Rien ne pourra briser cette amitié.
Ils restèrent ainsi encore quelques instants jusqu'à ce qu'une voix coupante interrompe ce moment.
-Que c'est écœurant.
Hermione cacha son visage dans le cou de son ami en soupirant.
-Malefoy.
La voix d'Harry était neutre mais elle le savait en colère, aussi sûrement qu'elle ressentait la colère du blond en cet instant. Le gryffondor resserra son étreinte. La colère du serpentard s'accrut. Elle préféra être raisonnable et se dégagea doucement des bras de son ami.
-Pourquoi es-tu ici ?
-J'accours au moindre sentiment de détresse, fut-il aussi puissant que désagréable. Que voulez-vous ma grandeur d'âme me perdra.
Elle comprit immédiatement à quoi il faisait référence et en fut très embarrassée. Elle maudit ce foutu lien qui ne lui laissait aucune intimité.
-Tout va bien.
-Visiblement.
Il regarda de manière appuyé la proximité des deux gryffondors. Par réflexe, elle s'éloigna et le regretta aussitôt. Cela n'avait pas échappé à Malefoy qui arborait un sourire satisfait.
-Il se fait tard, tu devrais retourner dans tes apparentements, Malefoy, lui lança Harry.
Il dévisagea le gryffondor un instant avant de revenir sur la jeune fille.
-En effet, il est tard. Nous devrions retourner dans nos appartements Granger. Toi aussi Potter.
Il accentua les mots, volontairement provocateur. Harry fulminait mais il se contenta d'un regard noir. Il interrogea son amie du regard et elle lui fit signe de s'en aller. Elle ne voulait pas accentuer davantage l'humeur exécrable du serpentard.
Ils dirigeaient vers leur dortoir quand Malefoy se décida à prendre la parole.
-Que s'est-il passé ?
Elle le jaugea du regard du coin de l'œil.
-Ron a été empoisonné, finit-elle par répondre.
Elle le vit tressaillir. C'était infime mais ses sens étaient exacerbés quand il s'agissait de Malefoy.
-Comment ?
-Tu es bien curieux tout à coup.
Son ton s'était fait soupçonneux. D'où lui venait ce soudain intérêt pour Ron ?
-La curiosité, ça te connait Granger. Tu devrais être plus compréhensive.
-Je voulais juste savoir, si tout allait… bien, reprit-il.
Une pointe de culpabilité sembla émaner du serpentard. Serait-il lié à l'affaire ? Elle secoua la tête. Le professeur Slughorn n'avait pas parlé de Malefoy et il n'était pas un sorcier facile à berner malgré ses facéties.
-Les professeurs enquêtent.
-Décidément…
Elle acquiesçât. Il était vrai qu'ils enchainaient les incidents préoccupants : Katie Bell, eux et maintenant Ron. Les choses ne tournaient pas rond à Poudlard. Comme chaque année.
L'ambiance était paisible entre eux. Ils arrivèrent au salon et Hermione n'eut pas le temps de se demander comment ils allaient pouvoir se saluer.
Malefoy s'était penché et lui déposa un baiser sur la joue. Elle toucha sa joue, troublée.
-C'était quoi ça ?
-Je ne sais pas.
Malefoy s'agita avec frustration.
-Mais arrête de me contrarier !
-Comment ça ? C'est à toi d'arrêter de te comporter comme un animal possessif !
Ils se défièrent du regard. Hermione vit très clairement Malefoy loucher sur ses lèvres et se sentit rougir. Elle détourna la tête et s'éclaircit la gorge avant de prendre la parole.
-Je suppose que je dois m'excuser pour t'avoir reproché toutes mes récentes infortunes. Et je te remercie d'avoir pris mon parti mais j'apprécierai que tu n'envoies plus personne à l'infirmerie.
Il répondit à cette dernière remarque par un grognement peu convaincant.
-J'accepte tes excuses.
Quel grand seigneur ! Hermione roula des yeux face à tant de prétention.
-A ton tour.
-Comment ça ?
-Tu te fiches de moi ? Tu n'es pas non plus exempt de toute responsabilité dans cette histoire.
Il haussa les épaules.
-Je t'ai déjà dit que je m'étais peut-être mal exprimé.
-Ce n'est pas ce que j'attends Malefoy.
Il lui jeta un regard brulant.
-Tu exiges toujours trop Granger.
-Pas plus que je n'exigerai de moi-même, répliqua-t-elle.
Il poussa un soupir exaspéré.
-Je n'aurais pas dû balancer cette histoire à Potter. T'es contente ?
Elle savait qu'elle n'obtiendrait rien de plus. Elle soupira à son tour et hocha la tête.
-Bonne nuit Malefoy.
Elle se dirigeait vers sa porte quand une paire de bras la retint.
-Tu seras ma perte.
Son souffle lui chatouilla l'oreille et un frisson parcourut tout son corps.
-Tu peux endosser le rôle de la princesse en détresse, je serais le chevalier à l'amure rutilante.
Elle avait voulu faire de l'humour pour alléger l'atmosphère pesante mais sa voix s'était faite chevrotante.
Une langue taquine se perdit dans son cou qu'elle inclina par réflexe. Sa respiration s'accéléra. Il dégagea un bras pour retirer les cheveux qui dissimulaient sa nuque et y déposa plusieurs baisers. Ils étaient aussi légers qu'une plume. Jamais, ils n'avaient initié ce genre de contact. Elle le trouvait presque tendre. Son cœur battait la chamade. Elle voulut se retourner mais les bras qui la tenaient l'en empêchaient. L'instant ne dura pas longtemps mais elle eut la sensation que le temps s'était arrêté.
Il la lâcha soudainement. Avant qu'elle réagisse, il avait rejoint sa chambre.
Elle fixa quelques instants sa porte puis alla dans sa chambre. Elle s'effondra dans son lit, bouleversée par ce qui venait de se passer. Elle mit du temps à s'endormir, un millier de pensées se bousculant dans sa tête.
Ses yeux se fermèrent quand elle eut pris sa décision. Elle avait appris à connaitre un nouveau Malefoy et même si leur relation restait chaotique, elle appréciait son évolution. Mais le serpentard cachait des choses, potentiellement dangereuses. Il était temps de tout leur avouer.
(1) Citation dont je ne trouve malheureusement pas l'auteur. Tout ce que je peux dire, c'est qu'elle n'est pas de moi mais qu'elle me paraissait très appropriée.
La suite très prochainement...
