Bonjour tout le monde !

Je tiens d'abord à m'excuser pour cette absence de plusieurs mois. Je me suis laissée prendre par le temps et j'ai fini par mettre cette fiction de côté jusqu'à ce que je tombe sur certaines reviews qui m'ont énormément touché (voire fait rougir. C'est d'ailleurs la première fois que je rougis en lisant, une très étrange sensation). Et en toute honnêteté c'est LA raison pour laquelle j'ai mis ce petit confinement à profit. Alors, merci à Jiniyara, Nedwige Stark, Audrey et Aliice-Klaine pour vos commentaires !

J'ai fait des changements parce que je n'étais plus satisfaite de mes premières idées. Donc, j'espère ne décevoir personne avec cette suite.

Bonne lecture !


Chapitre 9 : Pas du tout (1)

-Je crois que je vous ai dit le principal.

-Le principal ? Le principal ? Tu dis que Malefoy est un mangemort en mission pour Tu-sais-qui et que Rogue a prêté un serment inviolable qui l'engage sûrement à l'aider dans sa mission et tu parles de principal ? Qu'est-ce que tu peux avoir de plus à nous raconter ?

-Je n'ai jamais dit que Malefoy était un mangemort ! Comme je n'ai jamais dit qu'il était en mission pour Voldemort – Ron grimaça à la mention du nom honnis – Je vous ai fait part de son comportement étrange et de son échange avec le professeur Rogue pour que l'on essaie de comprendre ce qu'il se trame.

-C'est tout compris ! Rogue est un putain de mangemort et Malefoy avec lui ! Harry avait raison !

Le roux laissa éclater sa colère avec plus de force que nécessaire. Hermione observa son ami. Il évitait de croiser son regard. Elle savait qu'il avait encore du mal à digérer son histoire avec Malefoy et que cela amplifiait certainement sa colère. Harry sembla également le comprendre et tenta d'apaiser les tensions en reprenant la conservation en main.

-Tu dis qu'il est souvent absent de votre dor… absent ?

Sauf que sa maladresse légendaire ne les aidait pas. Le regard du roux s'était encore plus assombri. Hermione ne lui laissa pas le temps d'intervenir et répondit aussitôt.

-Oui, c'est ça ! Tu avais déjà remarqué qu'il se faisait discret en début d'année Harry, et il l'est devenu plus encore. Il cache quelque chose, c'est certain, mais je ne pense pas que ce soit de bon cœur.

-De bon cœur ? Depuis quand Malefoy a-t-il un cœur ?

Hermione ne voulait pas à nouveau s'embrouiller avec un de ses meilleurs amis mais la rancœur de Ron le rendait sourd à toute discussion. Bien que cela soit parfaitement justifié au regard du comportement du serpentard ces 6 dernières années, elle en était étrangement agacée. Il lui était difficile de se l'avouer mais elle avait développé un attachement étrange à l'égard du jeune sorcier.

-Bien sûr qu'il en a un. C'est un être humain, Ronald.

Ignorant l'emploi de son prénom et le signe manifeste de sa colère, ce dernier enchaina.

-Depuis quand être humain signifie avoir un cœur ? Tu trouves que Tu-sais-qui fait preuve de cœur quand il massacre moldus et sorciers.

-Ron ! , le reprit Harry.

-Je ne veux pas débattre avec toi de l'humanité, très contestable, de Voldemort, Ronald. Je veux juste que tu écoutes vraiment ce que je vous dis et que nous comprenions ce que peut bien préparer Malefoy et au nom de qui.

-Au nom de Tu-sais-qui ! Ce gars est un mangemort depuis sa naissance.

-Il n'est pas un mangemort ! , s'exclama la jeune fille.

Elle avait parlé plus fort que prévu. Les deux jeunes sorciers lui jetèrent un regard surpris.

-Comment peux-tu en être certaine ? , se moqua le rouquin.

-Je ne l' ai pas vu.

Elle le défia de lui répondre quoi que ce soit. Ils se fixèrent quelques instants avant qu'il ne baisse les armes et détourne le regard.

-Il m'a également fait comprendre qu'il détestait son père.

-Monsieur « Mon père en entendra parler » ? Détester son père ?

Ce fut au tour d'Harry de s'exclamer.

-Je pense que nous ne sommes pas les seuls à avoir été touché par le retour de Voldemort.

Sa réponse les laissa dans une profonde réflexion.

-Qu'est-ce qu'un serment inviolable ?

Harry afficha une moue frustrée. Parfois, son manque de connaissance du monde des sorciers l'exaspérait.

-Un serment qui ne peut pas être violé…

-Ca va te surprendre mais je m'en étais douté, Ron. Quelles sont les conséquences si on le viole ?

-On meurt.

Un nouveau silence s'installa.

-Tu vas en parler à Dumbledore ? , lui demanda Hermione.

Etrangement, l'idée la mettait mal à l'aise. Elle avait l'impression de trahir le blond. Ce qui était complétement fou, elle en avait conscience. Ils ne se devaient rien.

-Evidemment ! Lorsque Rogue a parlé avec Malefoy, tu n'as pas pu en apprendre plus sur ce qu'il cherche à faire ?

Elle eut brièvement l'image de Malefoy enserrant son cou. Elle l'effaça aussitôt en s'assurant de ne rien montrer. Côtoyer Malefoy lui avait appris certaines choses et, même si cela tenait davantage du serpentard que du gryffondor, savoir dissimuler ses émotions pouvait se révéler pratique.

-Non. Il refusait d'en parler avec le professeur Rogue.

-Rogue... Lui aussi, il cache quelque chose. Ça ne peut pas être n'importe quoi qui conduit à être lié à un serment aussi dangereux.

-Harry…, soupira Ron. Tu te doutes bien de ce que tout le monde dira, Dumbledore le premier ? Que Rogue faisait semblant pour savoir ce que Malefoy prépare.

Le gryffondor semblait avoir décidé de laisser sa mauvaise humeur de côté et de porter un regard plus objectif sur la situation.

-Tu penses que j'ai tort ?

-Pas du tout ! Je trouve aussi que Rogue est super suspect mais je pense que tout le monde ne partagera pas ton avis.

-Qui présente de nombreux défauts.

Harry adressa un regard peu amène à sa meilleure amie qui se contenta d'hausser les épaules.

-Pour en revenir à Malefoy, je me demandais si tu pouvais me prêter la carte des maraudeurs pour que je regarde où il passe tout son temps.

Harry prit un air penaud.

-En fait… Je le surveille depuis un moment.

Hermione se retint de lever les yeux au ciel. Elle n'était pas vraiment surprise. Il le soupçonnait de préparer quelque chose depuis le début de l'année, et avec leur histoire, la méfiance de son meilleur ami devait s'être accrue.

-Et donc ? Qu'as-tu pu en conclure ?

-Que Malefoy disparait.

-Il disparait ?

Le gryffondor se passa la main dans les cheveux et confirma avec frustration.

-Il sortirait de l'enceinte de Poudlard ?

-Je n'en sais rien ! , s'exaspéra Harry. Je finis toujours par le perdre !

-Tu l'as suivi ? Ça tourne à l'obsession Harry.

-J'ai de nombreuses raisons de croire qu'un Malefoy discret est un Malefoy dangereux, s'obstina l'élu.

Ron se contenta d'hocher vigoureusement la tête.

-Bon, reprit Hermione qui commençait à être fatiguée de cette conversation qui ne faisait que durer. On se tient au courant de nos découvertes et on reste vigilants. Harry, tu as la mission que t'a confiée le professeur Dumbledore à réaliser donc ne t'en préoccupe pas trop. Il y aussi cette histoire d'empoisonnement. Même si il y a plus de chances qu'on ait voulut cibler quelqu'un d'autre, tu devrais rester prudent Ron.

-Oui maman !

Leurs regards se croisèrent et ils sourirent de concert. Hermione sentit une douce chaleur l'envahir. La complicité revenait entre eux.

Ils lui avaient vraiment manqué.

-Toi aussi Harry ! La prochaine fois, sois plus prudent quand tu joues à ce jeu barbare.

-Le quidditch n'est pas un jeu barbare !

Elle balaya sa réflexion d'un signe de la main et se dirigea vers la sortie. Elle n'aimait définitivement pas les infirmeries.

DM&HG&DM&HG

Harry n'avait pas tardé à la contacter. Très fier de son idée, il s'était empressé de l'avertir qu'il avait demandé à Dobby et Kreattur de suivre Malefoy. Il ne pouvait pas s'en empêcher. Elle appréciait cependant moyennement qu'il se serve de pauvres elfes de maison pour le filer. Certes, Kreattur était certainement l'elfe le plus détestable qu'elle ait rencontré mais il était également victime d'un régime esclavagiste mis en place depuis des milliers d'années.

Elle chassa toute pensée parasite et se concentra sur le cours de transplanage. L'examen était pour bientôt et il n'était pas question de le rater. Hermione avait l'échec en horreur. Elle appliqua la consigne – Destination, Détermination, Décision – et réussit un transplanage parfait.

Tycross se dirigea vers elle d'un pas rapide et elle crut un instant avoir fait une erreur.

-Magnifique, Miss Granger ! Vous avez un talent certain pour cet exercice.

Hermione rougit sous le compliment.

Ils continuèrent l'entraînement encore quelques temps. Ron parvint enfin à se déplacer mais se trompa d'endroit. Il n'en afficha pas moins une expression ravie et Hermione le félicita. Elle espérait que son meilleur ami arriverait à se détendre le jour de l'examen. Le stress ne lui réussissait jamais.

Tycross proposa à leur groupe de boire un verre au Trois Balais. Le rougissement qui avait envahi ses joues quelques instant plus tôt ne la quitta plus jusqu'à leur retour à Poudlard, Tycross se montrant très élogieux à son égard. Elle ignora les grimaces qu'arboraient Ron à l'entente des propos de l'instructeur.

C'est ainsi qu'ils rejoignirent Harry pour aller manger à la Grande Salle. Ils lui demandèrent où il en était avec sa mission mais le gryffondor se contenta d'esquiver la question et relança la conversation sur eux.

-J'ai réussi à me déplacer ! Ce n'était pas le bon endroit mais je sens que je vais bientôt y arriver.

Le grand roux paraissait extrêmement fier de lui ce qui fit sourire ses deux meilleurs amis.

-C'est une super nouvelle ! Il faut que tu en informes au plus vite Lavande. Je suis certain qu'elle saura mettre cette nouvelle compétence à profit.

Le ton d'Harry était goguenard et l'air défait de leur meilleur ami ne fit qu'accentuer leur sourire.

-Hermione a déjà trouvé avec qui mettre ses talents à profit, contre-attaqua le jeune roux.

La jeune fille écarquilla les yeux de surprise et son cœur rata un battement. Que voulait-il dire par là ?

-Tu aurais dû entendre ce que lui disait Tycross. Après l'examen, il la demande en mariage, c'est sûr…

Harry explosa de rire et Hermione piqua un far monumental. Elle sentit son cœur reprendre un rythme normal et essaya d'oublier le premier nom qui lui était venu à l'esprit.

-Intéressant. Et qu'a bien pu dire de si élogieux ce fascinant instructeur ?

L'intervention les fit sursauter et ils se tournèrent de concert vers le serpentard. Ce dernier les dévisageait d'un air impassible mais Hermione pouvait sentir une pointe de colère émaner du jeune homme.

-Malefoy, grogna Ron.

-Weasley, répliqua le serpentard.

-Qu'est-ce que tu fais là ?

-Je vais manger comme l'ensemble de cette école. Tu as d'autres questions pertinentes à poser ?

De colère, Ron amorça un mouvement mais Harry le retint par le bras. Il se contenta de jeter un regard noir au blond et fit signe à son meilleur ami de se diriger vers la Grande Salle. Il attrapa la main d'Hermione dans la foulée et sentit le regard de Malefoy sur leur main jointe. Ils se fixèrent quelques secondes et Harry fut surpris par l'intensité de son regard. Ce dernier semblait vouloir le congeler sur place. Ce constat perturba le gryffondor. S'il ne connaissait pas autant le serpentard, il l'aurait pensé jaloux.

DM&HG&DM&HG

Hermione avait suivi ses meilleurs amis jusqu'à leur salle commune et les elfes de maison avaient fait leur rapport. Ils comprirent enfin pourquoi Malefoy semblait disparaitre de la carte. Il se réfugiait dans la Salle sur Demande. Harry et Ron avaient alors décidé de s'infiltrer dans la Salle pour prendre Malefoy sur le fait. Hermione avait dû leur expliquer que la Salle ne s'ouvrait qu'à ceux qui savaient à quoi elle servait lorsqu'elle était occupée. Or, ils n'en savaient rien. Les deux jeunes hommes n'avaient pas semblé convaincus, aussi elle rappela à Harry la mission que lui avait confié Dumbledore.

-Tu protèges beaucoup Malefoy. Ne me dis pas que tu as…développé des sentiments pour lui ?

La voix d'Harry s'était faite plus hésitante sur la fin et il la regardait avec incertitude. Hermione regarda son meilleur ami, les yeux écarquillés par le choc.

-Bien sûr que non !

La réponse fusa instantanément mais l'instant d'après elle ne se sentit plus aussi assurée. C'est vrai que l'idée que les deux gryffondor enquêtent sur Malefoy la dérangeait plus que de raison, mais c'était avant tout parce qu'il y avait plus important. La mission d'Harry était d'une importance capitale pour leur combat contre Voldemort. Un doute subsistait néanmoins. Etait-ce réellement la seule raison ?

Ils finirent par reconnaitre que la priorité devait être donnée au souvenir de Slughorn et Hermione retourna à son dortoir comme un automate.

Les propos d'Harry continuaient à tournoyer dans sa tête. Elle avait peur de ce qu'une réponse positive pouvait impliquer. Elle se reprit aussitôt. Quelle réponse positive ? Elle délirait complétement ! Certes, ils s'entendaient mieux mais tout juste. Rien d'autre qu'une entente cordiale ne pourrait jamais exister entre eux. Elle ignora son cœur qui se serra soudainement et entra, déterminée, dans le petit salon.

Malefoy semblait l'attendre. Quand il l'entendit, il leva aussitôt les yeux de sa lecture et les fixa sur elle. Sans lâcher son regard, il posa l'ouvrage à côté de lui et se dirigea vers elle, tel un prédateur devant sa proie. Son regard la figea sur place.

-Tu as passé une bonne journée ?

La question l'a pris au dépourvu. Elle lui paraissait totalement fade à côté de l'orage qui obscurcissait les yeux du serpentard.

-Ou… Oui, et toi ?

Elle maudit sa voix, si peu assurée, et afficha une expression déterminée. Elle crut voir l'ébauche d'un sourire traverser le visage du blond.

-Ennuyante. Mon divertissement préféré me manquait.

Elle comprit immédiatement l'allusion et s'en hérissa.

-Je ne suis pas ton jouet, Malefoy ! Je ne suis pas là pour te diver…

Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase que sa bouche se faisait dévorer par celle du blond. Il lui saisit l'arrière du crâne pour accentuer le baiser. Comme à chaque fois que leurs corps entraient en contact, elle sentit son être s'embraser. Un feu ardent parcourait ses veines et d'agréables picotements émanés de tous les endroits que le serpentard touchait de ses doigts ou ses lèvres. Il lui avait ouvert les pans de sa robe et soulevé sa chemise. Ses longs doigts parcouraient paresseusement sa colonne vertébrale pendant que sa bouche se perdait dans son cou. Elle n'était pas en reste. Elle tenait de ses deux mains la tête du jeune homme et se frottait langoureusement contre son corps. Elle l'entendit émettre un grognement lorsque leurs corps se touchèrent et sentit une bosse conséquente contre sa hanche. Cela l'électrisa et elle accentua le frottement. La réaction du jeune homme ne se fit pas attendre. Il lui saisit fermement les fesses et plaqua violemment leurs bassins l'un contre l'autre.

Hermione sentait qu'elle se perdait dans les limbes du plaisir. Par pure provocation, elle se pencha vers l'oreille du serpentard qu'elle effleura de ses lèvres.

-J'ai envie de toi, lui murmura-t-elle.

La prise se fit plus forte et sa respiration plus bruyante.

Hermione savait que le lien les influençait beaucoup et exacerbait leur désir mais elle se sentait plus en maitrise aujourd'hui. Son esprit lui paraissait plus clair. Aussi, choisit-elle de laisser parler sa nature joueuse. Elle avait envie de provoquer davantage ce jeune homme qui lui faisait perdre la tête. Grand mal lui prit.

-Si tu ne t'en sens pas capable, je peux retourner voir Monsieur Tycross. L'examen est pour bientôt, je pourrais lui demander des cours supplémentaires…

Elle n'était pas stupide et avait bien compris l'origine de la colère du serpentard. Sa nature possessive avait tendance à se manifester lorsque l'on touchait à ce que lui appartenait et pour le plus grand déplaisir de la jeune fille, il avait décidé qu'elle lui appartenait.

Elle ne s'était cependant pas attendue à une réaction aussi violente de la part du serpentard. Il lui agrippa les hanches qu'il enserra dans un étau de fer. Hermione grimaça. Il y mettait un peu trop de force à son goût. Elle releva la tête vers lui pour lui dire de desserrer mais se figea quand elle fit face aux pupilles presque noires qui la dévisageaient.

-Tu. Es. A. Moi.

DM&HG&DM&HG

Il la dévorait. Aucun mot n'aurait pu mieux décrire la sensation qu'elle ressentait. Il était partout sur elle. Hermione en perdait la tête. Elle tira sur les liens qui retenaient ses mains mais ne réussit pas à se dégager.

Après son éclat, le serpentard l'avait amené dans sa chambre. Il lui avait attaché les mains au sommier du lit à l'aide de leur cravate et s'acharnait depuis à la rendre folle. Il ne l'avait pas déshabillé complétement. Elle n'avait plus de jupe ni de culotte, sa chemise était ouverte sur son soutien-gorge dégrafé. Il l'avait déplacé au-dessus de sa poitrine pour couvrir ses seins de baisers, de suçons et autres attentions qui lui faisaient perdre la tête. Elle n'était que gémissements. Son corps se contorsionnait pour toucher celui du jeune homme. Il réclamait toujours plus de contacts. Elle voulait fondre leurs deux corps l'un dans l'autre mais le blond lui faisait allégrement payer sa petite remarque. Il multipliait les contacts légers, juste assez pour l'exciter mais pas assez pour la satisfaire.

Les sens de la jeune fille ne lui avaient jamais paru aussi développés. Elle frissonnait à chaque contact de ses doigts, de sa langue, de ses lèvres ou de son souffle. Quand il plongea ses doigts en elle, elle ne put retenir un cri. Elle voulait plus, toujours plus, et se mit à le dire au jeune homme.

Les yeux gris du serpentard étaient obscurcis par le désir. Il dévisageait la femme devant lui avec un regard affamé. Il n'avait jamais connu une femme aussi exaspérante, provocante et outrageusement séduisante. Hermione ne se rendait pas compte du sang froid que devait mobiliser Drago en cet instant. Elle était magnifique. Les joues rosies par le plaisir, sa bouche entrouverte laissant échapper de doux gémissements, elle était un appel à la tentation. Il avait envie de se fondre en elle, de la revendiquer sienne mais il se retenait. Il devait lui faire comprendre, lui faire dire. Elle était à lui. Alors il accéléra le mouvement de ses doigts jusqu'à la sentir au bord de la délivrance et les retira aussitôt.

La jeune fille poussa un grognement et lui jeta un regard sombre, lui intimant de continuer. Drago ne put retenir un sourire devant ce regard autoritaire. Il lui sembla qu'elle était encore plus sexy. Il ne répondit cependant pas à l'injonction et délaissa cette partie pour une autre, y revenant ponctuellement pour maintenir le plaisir aussi vivace.

Il sentait que la belle brune était à bout. Son souffle était erratique. Il approcha sa bouche de l'oreille sensible de la jeune fille.

-Tu es à moi.

Elle lui répondit par un gémissement.

-Dis-le.

Seul un autre gémissement lui répondit. Il attrapa brusquement ses deux jambes qu'il écarta outrageusement. Il invoqua l'objet moldu et le mit sur son sexe qu'il plaça contre son entrée, y appuyant sensiblement.

-Dis-le.

Le contact du sexe du blond contre son entrée lui fit l'effet d'un électrochoc. Elle tenta des mouvements de bassin mais il la tenait trop fermement. Elle l'entendit reformuler son ordre et elle fut tentée de lui donner ce qu'il attendait. Elle plongea son regard embué dans celui du blond et y lut le même désir passionné. Peut-être était-elle vraiment devenue folle mais devant ce visage crispé par le plaisir, elle eut seulement envie de le provoquer davantage.

-Tu es à moi.

Drago resserra sa prise. Elle se jouait de lui, même dans cet état, dans cette situation. Elle allait le rendre fou. Il appuya davantage son sexe contre son vagin et un gémissement émana de la jeune fille en réponse. Il lui adressa un sourire féroce.

Ils se défièrent ainsi pendant de longues secondes, aussi interminables pour l'un que pour l'autre. Drago ne pouvait plus bouger. Au moindre mouvement, il ne pourrait plus répondre de rien. Hermione ne pouvait plus respirer. Son excitation était telle qu'elle se sentait sur le point de s'évanouir.

Ils ne surent pas comment ni quand mais Drago se retrouva à amorcer des mouvements profonds à l'intérieur d'Hermione l'instant d'après. Il s'enfonçait en elle avec allégresse. La jeune fille ne cachait rien de son propre plaisir. Il accéléra. Il en voulait plus. Il lui arracha les liens qui l'entravaient et la retourna pour approfondir les pénétrations. Ils étaient perdus dans le corps de l'autre, totalement déconnectés de la réalité.

Hermione, déjà au bord de la jouissance, ne tarda pas à atteindre l'orgasme et Drago la suivit rapidement. Ils restèrent dans cette position, encore étourdis par leur orgasme. Drago finit par se retirer et ils s'effondrèrent sur le lit.

Le silence emplit la pièce, seulement coupé par leur respiration allaitante. Les minutes défilèrent sans qu'aucun ne prit l'initiative de la parole. Hermione avait l'impression d'être enveloppée dans du coton. Elle se sentait agréablement groggy. Elle ouvrit les yeux qu'elle ne se souvenait pas avoir fermé et tomba sur ceux du serpentard. Il la fixait d'un regard insondable.

Allongés ainsi, face à l'autre, il lui sembla qu'ils partageaient plus qu'un silence. L'intensité du moment commença à la mettre extrêmement mal à l'aise et elle décida d'y mettre fin.

-Plus jamais, tu ne m'interromps comme ça. Je ne suis pas là pour ton divertissement personnel.

Il y eut une demi-seconde de flottement avant que le blond n'éclate de rire. La scène mit le cœur d'Hermione à l'envers. Elle n'avait jamais vu le serpentard rire comme ça. Son visage s'éclairait et il ne lui avait jamais paru aussi beau.

-Tu ne perds pas le nord.

Son corps était encore secoué de petits rires. La jeune fille ne put s'empêcher de sourire à son tour.

-Je me plais à ne jamais rien oublier. C'est très important pour un étudiant qui doit passer ses examens.

Drago se contenta d'un autre petit rire.

-Tu vas vraiment parler d'examen maintenant ? Alors qu'on est encore nu ?

Contrairement à ce à quoi elle s'était attendue, le commentaire du serpentard ne la fit pas rougir. Ce qu'ils venaient de partager l'avait anesthésié pour les prochains jours.

-Tout à fait.

Elle se laissa tomber sur le dos et étira ses bras au-dessus d'elle. Ses poignets étaient légèrement rosés.

-Tu as mal ?

Elle se tourna vers le serpentard. Il lui désigna ses poignets.

-Non, ce n'est pas du tout dérangeant.

Il acquiesça sans un mot avant de se mettre à son tour sur le dos. Il ne montrait rien mais Hermione sentait son inquiétude. Elle en était plus touchée qu'elle n'aurait dû.

Ils restèrent ainsi plusieurs minutes, à profiter de la présence de l'autre. Hermione se sentait en paix pour la première fois depuis longtemps. Elle n'avait jamais pu profiter du moment post orgasmique qui suivait leurs étreintes jusque-là et elle l'appréciait énormément. La distance entre eux semblait s'effacer. Ils n'étaient plus qu'Hermione et Drago. La satisfaction qui émanait du blond s'ajoutait à la sienne. Ils étaient en parfaite cohésion. Pour quelques minutes. Jusqu'à ce que la bulle n'éclate.

Ce fut le serpentard qui entreprit le premier mouvement. Il se releva souplement et se tourna vers elle, plein d'assurance malgré sa nudité. Hermione ne put empêcher ses yeux de se perdre sur le corps qui s'offrait à elle, en appréciant chaque parcelle. Lorsqu'elle croisa le regard satisfait du blond, elle regretta néanmoins son errance.

-Ne te fais pas d'idées.

Le sourire du serpentard ne fit que s'agrandir.

-Je pensais prendre un bain. Je l'apprécierai d'autant plus si je le passais en délicieuse compagnie.

-Je ne vois rien de tel par ici.

L'expression du jeune homme se fit plus prédatrice et le cœur de la jeune fille rata un battement. Etait-elle subitement devenue cardiaque ?

-Tu es bien malchanceuse de ne pas pouvoir admirer la vue qui s'offre à mes yeux.

Il la dévorait de manière si éhontée, qu'il eut raison de la pauvre sorcière qui rougit violemment. Elle enfouit aussitôt son visage dans le coussin pour ne pas voir l'air ravi de son arrogant compagnon.

-Tu ne viens pas ?

-Va te faire brosser par mimi gémiarde, grogna-t-elle en lui envoyant magiquement les nombreux coussins qui peuplaient le lit.

Elle entendit un grand éclat de rire et un bruit de pas précipitée. Après quelques instants, elle se retourna et constata qu'elle était bien seule. Elle se mit sur le dos. Allongée, le regard levé vers le plafond, elle sentait le sourire qui lui mangeait la moitié du visage. Elle se doutait que si elle se voyait dans un miroir à cet instant, elle verrait une masse de cheveux emmêlés et un air totalement benné sur le visage.

Elle ferma les yeux et chercha ce lien qu'elle s'employait d'ordinaire à rejeter. Elle entra aussitôt en résonnance avec le serpentard. La même satisfaction émanait de lui. Elle le sentait heureux et se sentit étrange à l'idée qu'elle put être la cause de ce bonheur. Une émotion puissante la prit soudainement. Un mélange de malaise profond et de panique extrême. Cela ne venait pas d'elle. Elle fut tentée de rejoindre aussitôt le serpentard mais elle avait appris à le connaitre et savait que ce n'était pas le bon moment.

Cet éclat eut le mérite de la faire définitivement sortir de sa bulle de douce euphorie. Elle s'assit sur le rebord du lit et laissa son regard parcourir la chambre. Elle tenait une occasion unique. C'était le moment idéal mais elle avait ce sentiment, totalement irrationnel, de trahir le jeune homme. Ils n'étaient pas assez proches pour qu'elle le trahisse de quelque façon que ce soit. Ils n'étaient pas amis et à peine amant. Leur mariage était une vaste plaisanterie. Elle aurait pu citer une multitude d'autres arguments mais rien n'arrivait à faire désenfler la boule qui lui obstruait la gorge.

N'importe quoi ! Elle se leva d'un bond et commença à déambuler dans la chambre à la recherche d'un indice sur l'activité que menait le blond en cachette. Elle hésita une brève seconde avant d'ouvrir les tiroirs de son bureau. Elle s'assura de tout remettre à la même place, au centimètre près, et remercia sa mémoire de lui permettre cet exploit. Elle parcourut le plan de travail mais, à part un devoir de métamorphose à peine entamé, elle ne nota rien d'intéressant. Elle passa ensuite à l'immense armoire qui faisait face au lit. Elle l'ouvrit et découvrit de nombreuses robes et autres tenues luxueuses et soigneusement rangées. Elle soupçonnait Malefoy d'être un maniaque du rangement. Sa chambre semblait tout droit sortie d'un magazine de déco. Elle hésita à confirmer son impression en regardant s'il pliait ses caleçons mais se retint.

Hermione poussa un soupir de dépit. Elle ne trouvait rien d'intéressant. Elle ignora la petite voix qui lui soufflait qu'il s'agissait plus d'un soupir de soulagement. La seule chose quelque peu étrange qu'elle avait découverte était une trousse de maquillage qu'elle avait trouvé derrière ses pantalons, mais elle l'ignora rapidement tout comme la pointe de jalousie qui l'avait envahi. Elle laissa une dernière fois son regard fouillé l'intérieur de l'armoire quand il accrocha un amas de vêtements. Si cela n'avait rien d'étonnant pour un jeune sorcier dans la fleur de l'âge comme Harry ou Ron, cela l'était beaucoup plus lorsqu'il s'agissait d'un maniaque comme Malefoy. Elle délaissa sa baguette pour privilégier la bonne vieille méthode moldu. Elle ne voulait pas prendre le risque de déclencher des sortilèges de protection. Elle tomba sur une caisse remplie de bouteilles d'alcool similaires. Elle avait trouvé la réserve du serpentard ! Si Ron voyait ça, il serait capable de tout pardonner à Malefoy contre une bouteille. Bon peut être pas tout. Elle leva les yeux au ciel, même si son petit sourire contredisait son exaspération. Malefoy était aussi un jeune homme dans la fleur de l'âge qui se constituait sa petite réserve illégale personnelle.

Son sourire se fit plus crispé. Quelque chose n'allait pas. Cette caisse la mettait mal à l'aise. Il manquait une bouteille. Sûrement celle qu'il avait bu le soir où il l'avait abordé complètement saoul. Cette réflexion ne l'apaisa pas pour autant. Elle sentait que quelque chose clochait mais elle redoutait de trouver quoi.

-Je ne me plaindrai jamais de te voir m'accueillir dans une telle tenue mais je ne suis pas sûr que ce soit très raisonnable de recommencer. Je risque de ne pas te laisser dormir de la nuit.

Le cœur de la jeune fille s'était arrêté. Son ventre était complètement noué et elle n'arrivait pas à prononcer un seul mot. Trop concentrée sur sa découverte, elle n'avait pas entendu le serpentard revenir. Elle l'entendit s'approcher et réagit instinctivement. Elle se pencha pour attraper une chemise et en profita pour remettre l'amas de vêtement en place avant de se retourner vivement.

-Je cherchais juste un vêtement !

Malefoy se contenta de hausser un sourcil, peu crédule. Elle ne vit cependant rien dans son regard qui laissa supposer qu'il se doutait de quelque chose ce qui la rassura.

-Je n'avais pas particulièrement envie de partir à la recherche de tous les morceaux que tu as éparpillés dans l'appartement.

Malefoy lui adressa aussitôt un sourire félin et s'avança jusqu'à ce que son corps, à moitié couvert, épouse le sien, totalement nu.

-Tu es mouillé…

Le sourire du jeune homme s'élargit.

-Je suis certain que je ne suis pas le seul.

Il amorça un mouvement du bassin suggestif qu'Hermione repoussa malgré la tentation.

-Tu es vraiment obnubilé par ça.

Il s'écarta pour la laisser passer tout en haussant des épaules.

-Juste un jeune homme dans la fleur de l'âge.

Hermione grimaça à l'expression.

-Je suis trop fatiguée, je vais me coucher. Bonne nuit…

Elle n'eut pas le temps d'ouvrir la porte qu'une main la saisit. Elle sentit les lèvres du serpentard effleurer son oreille.

-J'aurais d'abord aimé savoir ce que tu cherchais dans mon armoire.

Elle mobilisa toutes les parcelles de son corps pour ne rien laisser paraitre mais son ventre se tordait horriblement sous la tension.

-Un de tes vêtements pour garder ton odeur sur moi durant la nuit.

Elle se choqua elle-même. Les mots étaient sortis sans qu'elle ne les retienne. Son compagnon aussi ne s'y attendait pas visiblement. Il resta un instant silencieux avant d'être secoué par un petit rire. Le souffle du jeune homme contre son oreille lui envoya des frissons.

-Une vraie gryffondor. Audacieuse et totalement imprévisible.

Il glissa la main qui enserrait son poignet jusqu'à sa hanche et les rapprocha.

-Tu peux rester dormir ici, l'odeur sera plus forte.

Dire que la proposition la choqua aurait été un euphémisme. Brusquement, les interrogations de son meilleur ami lui revinrent en tête. Non. Ils n'étaient rien pour l'autre. Rien.

Malefoy dut sentir l'agitation de la jeune fille car il la relâcha. Il s'empara du vêtement qu'elle avait emporté dans sa hâte et elle le laissa faire dépassée par les pensées qui la tenaient. Il la retourna et lui enfila d'autorité la chemise.

Hermione le regarda, ne comprenant pas la raison de son comportement. Il se pencha vers elle en réponse et effleura ses lèvres d'un baiser.

-Dans ce cas, assure toi de ne pas être une tentation ambulante et disparait de ma vue.

Même si elle détestait répondre à ses ordres, elle ne se le fit pas dire de fois et vola jusqu'à sa chambre avant de se précipiter dans son lit.

Emmitouflée dans sa couette, Hermione avait du mal à reprendre pied au milieu des émotions qui l'assaillaient. Elle ne s'était pas douchée suite à leurs ébats. Elle avait l'impression de sentir encore le serpentard partout sur elle. Elle pencha son nez à l'intérieur de la chemise trop grande et inspira son odeur. Un mélange de cuir et de parfum boisé. Une odeur agréable. Elle retint le cri de dépit qui suivit sa réflexion. Elle était foutue. Elle avait Malefoy dans la peau.

DM&HG&DM&HG

-Hermione, tu m'écoutes ? Hermione !

Une main apparut brusquement dans son champ de vision et la jeune fille sursauta violemment. Elle croisa le regard inquiet de Ginny et s'empressa de s'excuser.

-Désolée, tu disais ?

-Mais qu'est-ce que tu fixais aussi intensément, au point d'ignorer ma passionnante histoire sur la vie amoureuse de Romilda Vane ?

-Je suis juste un peu fatiguée…

Elle essaya de détourner l'attention de son amie mais la rousse ne se laissa pas distraire et trouva finalement l'objet de ses pensées.

- Tu ne peux plus t'en passer maintenant ?

Hermione refusa de croiser le regard de son ami et porta une attention excessive au contenu de son assiette.

-Tu sais… J'ai conscience que ce doit être compliqué de parler de certains sujets avec ces deux imbéciles, donc n'hésite pas…

-Il n'y a rien à dire.

Elle s'était montrée plus sèche qu'elle ne le voulait et adressa une moue désolée à la belle rousse.

-Si tu le dis ! Je suppose que le suçon violacé qui mange une bonne partie de ton cou a été fait par un strangulo durant la nuit.

Par réflexe, la jeune sorcière porta une main à son cou pour dissimuler la preuve et ne put s'empêcher de pousser un far monumental. Elle croisa le regard moqueur de Ginny qui reprit son sérieux et planta fermement son regard dans le sien.

-Je voulais juste te dire de te méfier. Ce genre d'enchantement est très puissant et l'un des objectifs principal de celui-ci est…

Elle fit un signe de main embarrassé.

-Ne t'en fais pas, on a pris des mesures.

-D'accord mais fais attention quand même.

Elles restèrent un moment silencieuses et la gêne les poussa à changer rapidement de sujet.

-J'ai entendu dire que ton premier cours de duel s'était bien passé ! J'aurais aimé pouvoir venir mais je devais finir mon devoir de défense contre les forces du mal. Tu connais Rogue.

Elle mima un frisson très exagéré.

-Très bien ! Enfin, c'est surtout Harry qui a parlé. Il a plus d'expériences en tant que professeur.

Elles échangèrent un sourire de connivence. L'AD les avait tous énormément rapproché. Ils en étaient très fiers.

-Le prochain cours aura lieu quand ?

-Ils ont lieu une semaine sur deux, donc ce ne sera pas le weekend prochain mais celui d'après.

-Je serai présente ! Et tu passes ton examen de transplanage dans une semaine, c'est ça ? J'ai rarement vu Ron aussi stressé.

-J'ai peur qu'il ne laisse derrière lui des parties indésirées de son corps à cause de son stress.

Elles éclatèrent de rire et enchainèrent sur des sujets plus légers. L'esprit de la jolie brune demeurait cependant préoccupé. L'avertissement de Ginny lui faisait peur. Elle avait toujours été persuadée de sa méthode mais elle redoutait maintenant d'avoir été trop sûre d'elle.

DM&HG&DM&HG

-Un galion pour tes pensées…

Hermione était tellement concentrée sur sa lecture qu'elle manqua de crier en entendant une voix émaner derrière elle. Elle se retourna vivement pour fusiller du regard l'importun.

Malefoy ne sembla pas du tout impressionné et lui adressa un sourire moqueur. Il s'appuya sur la table et se pencha par-dessus son épaule pour observer ce qui retenait jusque-là son attention. Leurs épaules ne faisaient que s'effleurer mais ça suffisait à la mettre dans tous ses états. Elle essaya de ne rien laisser paraitre ce qui devint plus difficile quand Malefoy décida de lui parler au creux de l'oreille. Son souffle la chatouillait.

-Tu consultes la liste des élèves ayant reçu les honneurs en potion ?

Hermione essaya de se concentrer sur ce que disait le serpentard. Elle faisait des recherches sur le prince de sang-mêlé. Harry la pensait aveuglée par la jalousie mais, même si une pointe d'orgueil la confortait dans ses recherches, elle était surtout inquiète pour son ami. Il n'était jamais bon de se servir aveuglément d'un livre dont on ne connaissait rien. Ginny pouvait en témoigner.

Le contact d'une langue humide dans son cou la tirait à nouveau de ses pensées. Elle s'écarta en plaquant une main contre son cou.

-Qu'est-ce qui te prend ? , s'exclama-t-elle.

Elle jeta un rapide regard autour d'elle pour s'assurer que personne ne les avait vus.

-Tu n'as pas peur des réactions de tes chers camarades ?

Malefoy prit le temps de s'installer à côté de la jeune fille avant de répondre.

-Il y a bien plus terrifiant.

Son ton semblait indiquer qu'il en disait plus qu'il n'y paraissait mais il enchaina sans laisser à la jeune fille le temps de le questionner davantage.

-J'ai énormément apprécié ce délicieux jeu de regard durant le repas, donc je m'attendais à te voir dans notre appartement mais tu n'y étais pas.

La gryffondor hésitait entre frapper sa tête contre la table ou celle du blond. Il avait un de ces dons pour vous mettre mal à l'aise.

-Je ne vois pas du tout de quoi tu parles. Je travaille sur quelque chose qui demande toute mon attention donc si tu pouvais me laisser.

Le serpentard se contenta d'hausser un sourcil dubitatif.

-Je ne suis pas sure que ta présence ici soit très désirée.

Hermione se hérissa aussitôt. Malefoy comprit que ces propos n'avaient pas été très bien reçus et lui désigna quelque chose derrière elle. Elle se retourna de mauvaise grâce une insulte coincée au fond de la gorge. Mme Pince était en train de faire signe aux élèves de quitter la bibliothèque. Il devait être 20h30. Elle avait mangé plus tôt avec Ginny pour pouvoir passer à la bibliothèque et n'avait visiblement pas vu le temps passé.

Ne voulant pas perdre la face devant le blond, elle rangea ce qu'elle avait emprunté et s'empressa de prendre ses affaires avant de quitter son havre de paix. Malheureusement, le serpentard la rattrapa sans difficulté.

-On dirait presque que tu cherches à me fuir, mais c'est un comportement trop indigne d'un gryffondor.

Hermione préféra ne rien répondre. A dire vrai, elle fuyait le blond. Son cerveau ne fonctionnait pas en sa présence et en son absence il fonctionnait de manière déplaisante. Il se demandait où était Malefoy, avec qui…

Ils arrivèrent rapidement à leurs appartements, le pas rapide de la jeune sorcière y étant pour beaucoup.

-Je suis fatiguée. Je te laisse la salle de bain pour ce soir, je me laverai demain matin.

Elle voulut aller dans sa chambre mais fut interceptée par un blond passablement contrarié.

-Tu joues à quoi Granger ? On peut connaitre la raison de ta nouvelle crise existentielle ?

Hermione se dégagea violemment avant de répliquer.

-C'est Monsieur crise existentielle en personne qui parle ?

Ils se fixèrent en chiens de faïence. Etonnamment, Malefoy abandonna rapidement et se contenta de soupirer.

-Tu as un tel don pour énerver les gens.

-J'ai appris d'un maitre en la matière.

Hermione ne se connaissait pas une telle agressivité mais elle avait besoin d'exploser. Elle ne comprenait pas les émotions qu'elle ressentait en présence du blond, ou plutôt ne le voulait pas, et ça la contrariait fortement.

-Non mais tu t'écoutes Granger ! Pour une fille qui se veut toujours plus vertueuse, tu excelles dans l'art d'envenimer les choses.

Elle s'apprêtait à répliquer mais il la devança.

-C'est bon, j'ai compris. Ne te fatigue pas plus Granger. Tu es une exemplaire gryffondor et moi un parfait serpentard. Respectons bien les rôles de chacun.

Il lui tourna le dos et partit d'un pas tendu vers sa chambre. Hermione resta un instant figée, plus par le regard du blond que par ses mots. Elle y avait lu une déception dont elle avait ressenti l'écho au plus profond d'elle-même, comme une émotion trop forte pour être contenue.

Elle ne réfléchit pas vraiment et suivit le serpentard. Elle bloqua la porte avec son pied avant qu'elle se referme. La douleur la fit grimacer.

-Bouge ton pied.

-Je suis désolée.

Seul le silence accueillit son excuse.

-Bouge ton pied.

Décidément Malefoy était aussi difficile quand il s'agissait de s'excuser que lorsqu'il s'agissait d'accepter les excuses des autres. Elle ne laissa pas l'égo du serpentard l'abattre. Dès qu'elle avait grimacé, le blond avait cessé d'exercer une pression contre la porte. Elle en profita pour se glisser à l'intérieur de la chambre.

Elle faisait face au dos du serpentard. Celui-ci était toujours tourné en direction de l'entrée.

-Sors de ma chambre.

Ce fut au tour d'Hermione de soupirer.

-Tu ne sais faire que ça ? Donner des ordres ?

Malefoy se tourna brusquement vers elle, la baguette pointée dans sa direction. Totalement insensible aux menaces du serpentard, Hermione se dirigea vers le lit qu'elle connaissait assez bien maintenant et s'y assit. Elle planta son regard dans celui du blond et attendit.

Ils restèrent ainsi sans bouger pendant plusieurs secondes avant que le blond n'abaisse sa baguette.

-Tu n'en fais vraiment qu'à ta tête.

Hermione lui adressa son plus beau sourire.

-C'est ce qui fait mon charme.

Il parut un instant déstabilisé avant de se reprendre. Il alla vers sa grande armoire et l'ouvrit sans lui accorder un regard. Il avait choisi de l'ignorer. Grand bien lui fasse, elle était patiente. Quand il commença à se dévêtir, Hermione hésita à détourner le regard mais elle s'y refusa. Hors de question qu'elle se laisse perturber par Malefoy. S'il voulait lui offrir un strip-tease ce soir, elle l'accepterait de bon cœur.

Drago se dévêtissait, plus lentement que nécessaire. Il espérait faire fuir la jeune sorcière mais il semblait qu'elle avait perdu en pudeur à son contact. Malheureusement pour lui, il adorait ça. Il sentait une tension familière montée dans la chambre. Le comportement de la gryffondor l'avait extrêmement contrarié et blessé dans son orgueil. Pour qui se prenait-elle à l'ignorer alors qu'il venait la chercher pour la raccompagner ? Pourtant il avait suffi qu'elle sourît pour que sa colère s'éteigne…et qu'une autre l'envahisse. Il perdait tout contrôle avec elle et il avait déjà tellement peu de contrôle sur sa vie que cela le terrifiait.

Hermione perçut presque instantanément la détresse de Malefoy. Comme souvent depuis qu'ils partageaient leurs émotions, son intensité la prit de cours. Malefoy était un maitre en occlumancie et cela l'aidait à masquer, sinon atténuer, les émotions qu'il ressentait, mais parfois, comme maintenant, elles le submergeaient tellement qu'il n'y parvenait plus. Hermione se doutait qu'elle en était une des multiples causes et elle sentit poindre un sentiment de culpabilité.

Par instinct, elle se leva et effleura du bout de ses doigts le bras dénudé du jeune homme. Le temps se figea. Le ventre d'Hermione se noua. Elle attendait avec un certain fatalisme le rejet du blond. Un rejet mordant et blessant comme il savait si bien le faire.

-Laisse-moi.

Le ton du blond n'avait aucun mordant. Il ressemblait plutôt à une supplique. Hermione en fut bouleversée. Délicatement, elle glissa ses bras autour de sa taille et colla son visage entre ses omoplates. Il ne fit aucun geste pour accueillir ou rejeter son étreinte, ce qu'elle vit comme un bon signe. Ils restèrent un moment dans cette position avant qu'il ne se dégage et se dirige vers son lit.

Hermione se contenta de le regarder faire, ne sachant comment agir. Elle choisit finalement de respecter le silence de son colocataire et prit la direction de sa chambre. Seulement, avant qu'elle ne passe le pas de la porte, elle put entendre distinctement une question. Simple mais déterminante.

-Tu veux rester avec moi ce soir ?

Au fond, elle sut qu'elle avait déjà la réponse.

DM&HG&DM&HG

Ce n'était pas leur première nuit ensemble. Ils avaient également partagé le même lit lors des vacances de noël mais les circonstances étaient différentes. Elle le sentait au plus profond d'elle-même. Quelque chose avait changé. Elle tourna la tête vers le serpentard, encore profondément endormi. Il ressemblait à un enfant innocent. Ces cheveux blonds étalés sur le coussin lui donnaient l'air d'un ange, extrêmement séduisant. Elle glissa son regard sur le corps du sorcier, en partie dissimulé sous les draps. La tension sexuelle qui était montée la veille était retombée comme un soufflet et quand elle avait rejoint Malefoy dans le lit, ils n'avaient pas cherché à raviver la flamme. Ils s'étaient enlacés. L'échange avait été doux et pour autant elle n'avait jamais été aussi troublée par une étreinte.

Elle hésitait à quitter la chaleur du lit pour aller se changer. Non, en réalité, elle redoutait la réaction du blond s'il la découvrait avec lui au réveil. Il était d'un lunatisme inquiétant. Il ne serait donc pas étonnant que la tendresse de la veille laisse place à un rejet au réveil.

Elle était tellement plongée dans ses pensées qu'elle ne se rendit pas compte que la personne à ses côtés s'était réveillée. Il la fixait d'un regard insondable, mais un sourire en coin révélait le fond de ses pensées. Il commençait à connaitre la gryffondor et se doutait qu'elle devait être en train de se torturer les méninges pour trouver une solution à la situation actuelle. Pour sa part, il en était arrivé à une conclusion. Il ne lui restait plus qu'à en assumer les conséquences.

Il se redressa pour attraper la jeune fille par la taille et l'attirer contre lui. L'attaque surprise lui arracha un petit cri de surprise qui l'amusa plus que de raisons. Il se sentait euphorique. Il lui adressa un splendide sourire qui retourna la pauvre sorcière, totalement dépassée par les changements d'humeur de son compagnon.

-Tu as faim ?

Hermione hésita un moment avant de répondre, ne sachant pas s'il parlait d'une faim d'ordre alimentaire ou sexuel. Ce moment d'hésitation eut raison d'elle et le blond ne manqua pas de la taquiner.

-Je ne pensais pas te dévorer dès le matin mais la faim que j'ai pour toi n'est jamais vraiment assouvie, donc on peut commencer par là.

Il ne lui laissa pas le temps de protester qu'il envahit sa bouche. Ses mains se mirent à la déshabiller et Hermione, emportée par toutes ces agréables sensations, se joignit à ce délicieux repas.

DM&HG&DM&HG

-Ce Tycross est vraiment un gros abruti.

-C'est vrai qu'il a exagéré...

-Exagéré ?! Je suis sûr qu'il l'a fait volontairement ! Je le sentais pas ce type de toute façon. Je voyais qu'il m'en voulait pour quelque chose depuis le début.

Hermione acquiesça, laissant son ami déverser ses foudres contre leur examinateur.

-Pour une moitié de sourcil ! Une moitié !

Elle retint un rire devant l'air scandalisé du roux. Elle compatissait pour lui. C'était très frustrant de se voir refuser son permis de transplanage pour une histoire de sourcil droit à moitié oublié, mais Ron était tout simplement trop drôle à voir quand il était indigné.

Il laissa finalement tomber sa colère quand ils eurent rejoint Harry dans la salle commune de Gryffondor. Ce dernier avait encore échoué à convaincre Slughorn de lui donner le fameux souvenir. Il était donc temps d'appliquer la superbe idée du roux : utiliser le felix felicis. Elle regarda son ami boire la potion avec curiosité.

-Comment tu te sens ?

Elle se demandait quelles sensations procurait l'ingestion de flexi felicis. Apparemment de très bonnes sensations si l'on en croyait l'expression ravie qu'affichait le brun.

-Parfait ! Je me sens vraiment bien !

Il se leva avec un air décidé.

-Je vais voir Hagrid.

-Quoi ? , s'écrièrent en cœur Ron et Hermione.

Hagrid devait enterrer Aragog aujourd'hui mais ils avaient décidé de ne pas y aller en raison du durcissement des mesures de sécurité de l'école. Du moins étaient-ce les raisons d'Hermione. Ron ne voulait pas y aller parce qu'il entretenait une rancune tenace à l'encontre de l'araignée géante. Visiblement, il n'avait pas bien pris le fait d'être offert en déjeuner à ses petits.

-Je sens que c'est ce que je dois faire ! C'est… comme une évidence, vous voyez ?

Ils affichèrent une moue septique et Hermione s'empara du flacon pour s'assurer que son meilleur ami avait bien ingéré la bonne potion.

Totalement indifférent à l'appréhension de ses meilleurs mais, Harry attrapa sa cape d'invisibilité et se dirigea vers la sortie.

-Faites-moi confiance !

Ils ne purent le suivre bien loin car Lavande Brown était en train de leur bloquer l'accès à la porte, les mains sur les hanches et l'air passablement énervé.

-Vous fichez de moi ? Qu'est-ce que tu faisais avec elle dans le dortoir des garçons ?!

Ron commença à se mettre à balbutier, rouge comme une tomate. Emportée par sa colère, la gryffondor se tourna vers Hermione et pointa un doigt menaçant dans sa direction.

-Pour une femme mariée, tu te mets peu de barrière ! Ce doit être plaisant d'avoir autant de garçons qui te tournent autour. Mais si tu pouvais éviter ceux qui sont en couple…

Avant qu'elle n'ait eu le temps de répliquer quoi que ce soit, Ron s'interposa le rouge de ses joues n'était maintenant plus un signe d'embarra mais de colère pure.

-Ne lui parle pas comme ça ! C'est ma meilleure amie et la sorcière la plus géniale qui soit !

Hermione rougit sous le compliment.

Les yeux de Lavande commencèrent à s'embrumer.

-Si elle est si géniale, tu n'as qu'à te mettre avec elle. Oublie-moi Weasley ! Tu n'es vraiment qu'un pauvre type !

Sur ses mots, elle s'enfuit en courant vers son dortoir.

Hermione bénit le fait de ne plus avoir à partager la même chambre qu'elle. Elle n'aurait pas pu fermer l'œil de la nuit de peur de se prendre un mauvais sort. Ça aurait été horrible.

Elle était contente que son meilleur ami se sépare de ce pot de colle, mais moins qu'elle ne l'aurait pensé. Elle n'eut pas le temps de s'appesantir qu'un autre couple se séparait. Ginny et Dean étaient en pleine dispute. De ce qu'elle comprenait Ginny supportait mal l'attention excessive que lui portait Dean et voulait passer sans aide le trou du portrait. Elle consulta l'heure et vit que le couvre-feu était déjà dépassé. Profitant de la cohue générée par ces disputes successives, elle s'enfuit discrètement par le trou du portait et rejoignit aussi vite qu'elle le put ses appartements.

Quand elle arriva, le salon était plongé dans le noir. Elle n'eut le temps que de faire quelques pas avant qu'il ne soit baigné de lumière. Malefoy était à côté d'une table sur laquelle reposaient deux verres et la saluait avec une bouteille.

-Félicitations ! , s'exclama-t-il.

Hermione ne put cacher sa stupeur.

-Et c'est en quel honneur ?

-J'ai appris que tu avais eu ton permis de transplanage avec facilité. Je n'en attendais pas moins de ma femme.

Hermione ne s'offusqua pas de son ton arrogant, au contraire, il l'amusa énormément. Elle s'approcha de la table et s'empara d'un verre qu'elle tendit au jeune homme.

-Trinquons alors à une de mes énièmes réussites.

Son arrogance amusa également le serpentard qui la servit agilement avant de se servir à son tour. Il voulut trinquer mais Hermione l'interrompit. Elle leva sa baguette et l'agita, comme elle s'était entrainée à le faire en secret.

Devant ses yeux, le blond regarda les verres flottés au-dessus de leur tête, puis une lumière d'un blanc pur les éclairer. Voir la gryffondor accomplir une tradition sorcière qu'il lui avait fait découvrir lors de leur premier diner ensemble lui procura une émotion indéchiffrable.

Lorsqu'elle eut fini, Hermione se saisit de son verre et fit signe à Malefoy de faire de même. Ils se fixèrent un moment avant de boire de concert. Hermione espérait qu'elle avait réussi à lui transmettre ce qu'elle ne pouvait pas encore dire à voix haute. Elle avait été plus que touchée par l'attention du serpentard et souhaitait lui témoigner sa reconnaissance, et peut être autre chose également.

-J'espère que Tycross ne s'est pas montré trop enthousiaste.

Il avait parlé avec un ton indifférent mais son regard s'était nettement assombri. La possessivité excessive du blond ne l'agaçait plus autant. Elle le trouvait parfois mignon lorsqu'il agissait ainsi, mais il était hors de question de lui faire savoir.

-Je ne vois pas en quoi ça te concerne. Mais – il s'apprêtait à répliquer mais elle fit un geste pour l'interrompre – pour ta gouverne, il s'est montré professionnel. Je ne dois mon permis qu'à mes capacités.

Malefoy sembla s'adoucir à la remarque.

-Je n'en doute pas le moins du monde.

-Parfait !

Elle lui fit un grand sourire avant de reprendre une gorgée.

-C'est délicieux ! Qu'est-ce que c'est ?

Elle regarda avec curiosité le liquide ambré. Elle fut néanmoins gênée dans son observation par une bouche gourmande. Déséquilibrée, elle se rattrapa au bras du serpentard pour ne pas tomber et évita de justesse que son verre ne se renverse.

-Qu'est-ce qui t'a pris ? J'ai failli renverser le verre au sol.

-Tu as souri, se contenta-t-il de répondre en haussant les épaules comme si cette seule explication suffisait.

Elle le dévisagea en se demandant si elle avait bien Drago Malefoy en face d'elle. Un instant, la folle pensée que ce put être une personne sous polynectar la traversa.

Une tape sur la tête lui remit les idées en place et elle maudit le serpentard tout en s'écartant.

Elle prit une nouvelle gorgée avant d'agiter le verre devant lui.

-C'est du vin ?

Malefoy lui adressa un sourire malicieux.

-Non c'est encore mieux ! C'est de l'hydromel vieilli en fut. Un nectar rare et extrêmement couteux.

Son ton s'était fait plus pompeux sur la fin. Hermione leva les yeux au ciel.

-C'est impressionnant ! , s'exclama-t-elle en écarquillant exagérément les yeux.

L'expression du serpentard se froissa mais il lui concéda un petit sourire. Ils étaient devenus plus complices. Ce qui aurait autrefois généré une violente dispute tenait plus de la taquinerie maintenant. Depuis cette fameuse nuit, ils s'étaient considérablement rapprochés et même si leur relation reposait sur un fil fragile, cette évolution lui plaisait.

Elle se remit à observer le contenu qui restait dans son verre. Réfléchissant à ce que venait de lui dire Malefoy. Il devait tirer cet hydromel de la petite réserve qu'elle avait aperçu dans son armoire.

-Et tu t'es permis de boire ce nectar si rare et si couteux seul ?

Malefoy lui adressa un regard interloqué en réponse.

-Le soir, après que tu m'ais insulté sur... mes origines.

Hermione grimaça au souvenir. Ils ne pourraient jamais enterrer le passé et elle ne le souhaitait pas. C'était une partie d'elle, d'eux. Ce n'était cependant pas une partie des plus agréables.

Malefoy devait partager le même avis car il lui répondit avec une grimace similaire.

-Ce soir là… Non ce n'est pas pour ce genre de moments que je réserve cet alcool. J'avais un peu bu de la Bièraubeurre.

Un peu ? Hermione garda néanmoins sa réflexion pour elle. Elle finit pensivement son verre. Elle était persuadée que la réserve qu'elle avait trouvée dans l'armoire du blond était composée de bouteilles similaires. La bouteille manquante était donc la seule à être une Bièraubeurre ?

Soudain, tel un flash, un flot d'informations se déversa dans sa tête. Elle revit la bouteille de Slughorn, celle qui avait servi à empoisonner Ron, puis la réserve du serpentard et contempla avec effroi la bouteille que venait de saisir le blond pour les resservir. De l'hydromel vieilli en fut.

Elle lâcha brusquement le verre qu'elle tenait dans la main. Il explosa sur le sol. Un silence lourd le suivit. Malefoy avait regardé la scène avec un air d'incompréhension avant que ses traits ne se figent. Il avait senti qu'elle avait compris.

Le silence se prolongea une longue minute avant qu'Hermione explose.

-Tu as failli tuer mon meilleur ami ! Comment tu as pu ? Tu as offert une bouteille empoisonnée à Slughorn en sachant qu'il s'en servirait un jour ! Empoisonnée ! Alors Ron et Harry disaient vrai quand ils t'accusaient d'être un mangemort ? C'est ça Drago ce que tu es ? Un meurtrier en devenir ? Et là tu comptais m'empoisonner également ? Je dois m'attendre à connaitre le même sort ?

Malefoy ne répondait rien. Il se contentait de l'observer avec un masque impénétrable.

-Je devrais te dénoncer ! Je dois te dénoncer ! Tu es un danger pour cette école, pour nous tous ! Tu nous as trahis !

Tu m'as trahi, voulut-elle lui hurler.

Malefoy éclata soudainement de rire, coupant nette son monologue.

-Trahis ? Qui ais-je bien pu trahir ? On ne trahit que ces alliés et je pense pouvoir affirmer n'avoir aucun allié dans cette école. Sans rien faire, on me soupçonne d'être l'héritier du mal. Je me dois de répondre à l'attente du public.

-Tu essais de m'apitoyer Malefoy ? Rien ne justifie le fait de tuer quelqu'un. Rien. On a été méchant avec toi ? Bon nombre de personnes que tu as persécuté ici sont des tueurs en puissance alors. En faisant ce choix, tu fais le choix de la facilité. Plutôt que de te battre, tu fuis. Plutôt que de protéger, tu tues. Voilà ce qu'a choisi Drago Malefoy : sa vie au détriment de celles des autres. As-tu jamais cherché à prendre une autre décision que celle qui t'amène à intoxiquer la vie des autres ?

Sa voix devait de plus en plus tremblante. Elle avait envie de pleurer mais elle ne voulait pas le faire devant lui, devant ce visage impersonnel. Aucune émotion ne filtrait et savoir qu'il était capable en cet instant de les contenir aussi aisément acheva de briser la jeune fille. Elle le laissa en plan et s'effondra sur son lit.

Ce soir n'était définitivement un soir pour les couples.

DM&HG&DM&HG

Cela faisait une semaine qu'ils ne s'étaient plus vus ni adressés la parole. On aurait pu croire qu'Hermione vivait seule dans cette tour. Elle avait prétexté des maux de tête pour esquiver la séance de duel. Elle se sentait complètement apathique. Elle avait accueilli les révélations d'Harry sur les horcruxes avec un détachement saisissant. Rien ne la touchait.

Elle n'avait parlé à personne de ce qu'elle avait appris. Pourtant, depuis leur réconciliation, ils s'étaient tous les trois promis de tout se dire, mais elle n'y arrivait pas. Elle avait du mal à y penser alors le dire. Elle ne s'en sentait pas capable. Cette histoire lui paraissait surréaliste. Malefoy aurait pu tuer Ron. Si Harry n'avait pas eu ce foutu prince de sang-mêlé, Ron serait mort. A cause de Malefoy.

Elle bascula la tête contre le rebord du canapé en fermant les yeux. Elle appréciait le silence. Il lui permettait de faire le vide, de ne penser à rien. Elle était dans le salon qu'elle partageait avec… Avec grognement de frustration, elle se redressa. Impossible de ne pas penser à Lui. Elle voulait l'oublier, tout oublier, mais son esprit semblait hanté par le serpentard. Quand elle entendit le tableau du chevalier s'ouvrir, tout son corps se tendit. Elle regarda avec une vive appréhension son colocataire entrer dans la salle. Elle sentait de manière très superficielle qu'il partageait la même appréhension. Pourtant quand il la repéra, il se dirigea vers elle d'un pas décidé. A ce constat, elle se redressa rapidement pour s'enfuir vers sa chambre. Oui, elle fuyait. Elle ne voulait pas le voir ni lui parler. Il ne la laissa pas faire et lui attrapa l'épaule. Elle se dégagea violemment.

-Ca fait une semaine. Je pense que l'on peut parler maintenant.

Elle le regarda avec incrédulité.

-Parce que pour toi, une semaine suffit à effacer ce que tu as fait ? Ce que tu as osé faire.

Sa mâchoire se contracta et Hermione ne put empêcher ses yeux de détailler cette mâchoire.

-Bien sûr que non. Mais c'est suffisant pour apaiser la colère et permettre d'avoir une conversation civilisée.

-Non mais tu t'entends Malfoy, explosa la jeune fille, à t'entendre on croirait que je te reproche d'avoir copié mon devoir de métamorphose !

-J'ai bien conscience que si ça avait été le problème, il aurait été nécessaire d'attendre une semaine de plus.

Hermione n'en revenait pas que le serpentard fasse de l'humour dans cette situation. Sa colère ne cessait d'augmenter et elle se dirigea furibonde vers sa chambre.

-Tu ne m'as pas dénoncé…

Il n'avait pas élevé la voix mais elle l'avait entendu distinctement. Un poids pesait sur son estomac.

-Je peux encore le faire.

DM&HG&DM&HG

-Ce n'est pas que je n'ai pas confiance mais on ne sait jamais, tu vois ?

Hermione se contenta d'acquiescer faiblement. Depuis quelques temps, elle était prise de vomissements et de ce que disait Ron, elle ressemblait à un zombie. Elle avait vu dans le regard d'Harry ce qu'il soupçonnait et voilà que ces deux (faux) meilleurs amis lui avaient envoyé la jeune rousse pour qu'elle la conduise à l'infirmerie pour « un test de formalité ». Elle savait qu'elle n'était pas enceinte, que ce qui lui tordait l'estomac, ce qui lui l'empêchait de dormir n'était pas une grossesse surprise. La cause tenait en un seul mot : Malfoy.

Quand elles arrivèrent à l'infirmerie et que Ginny expliqua la situation, à grand renfort de gestes, Hermione perçut l'inquiétude de l'infirmière. Elle eut envie de la rassurer mais le pauvre sourire qu'elle lui offrit ne fit que l'inquiéter davantage. Elle fut installée d'autorité sur un de ces maudits lits et Mme Pomfresh la soumit à une multitude de sortilèges. Elle lui fit également avaler des potions indigestes. Hermione maudit ses amis.

-J'ai fini ma part du travail. Je vais envoyer des échantillons à Saint Mangouste pour s'assurer que tout va bien mais vous ne semblez pas enceinte Miss Granger.

Elle jeta un regard « Je te l'avais bien dit » à Ginny qui se contenta de l'ignorer.

-Vous êtes sure que tout va bien. Elle est vraiment mal ces derniers temps.

Le front de l'infirmière se fronça d'un pli soucieux.

-Je vois bien que Miss Granger n'est pas au mieux de sa forme. C'est pour cela que vous avez pour consigne de passer la nuit ici Miss.

Hermione se mit à protester mais elle fut vite stopper par le regard sévère de Mme Pomfresh.

-Mes patients sortent plus en forme de mon infirmerie qu'ils n'y entrent. Il est hors de question que vous sortiez dans cet état Miss Granger. Profitez-en pour vous reposer !

Ginny lui offrit un sourire ravie, totalement insensible aux ondes noires qu'elle lui envoyait.

-Ca me rassure énormément ! Merci Madame ! On se voit demain Mione !

Elle partit d'un pas guilleret, l'abandonnant dans l'antichambre des enfers. Oui, elle exagérait un peu, c'est vrai.

L'infirmière s'apprêtait à rejoindre son bureau mais Hermione ne put s'empêcher de lui poser une question qui la taraudait.

-Pourquoi envoyer des échantillons à Saint Mangouste ?

-Ne vous inquiétez pas Miss. Vous et Monsieur Malefoy êtes dans une situation très particulière. Il s'agit juste de confirmer que tout va bien.

Elle hocha la tête en signe de compréhension et regarda l'infirmière s'en aller. Elle avait un mauvais pressentiment.

DM&HG&DM&HG

La sensation d'un souffle chaud contre sa joue lui tira un frisson qui l'arracha de son sommeil. Elle ouvrit des yeux ensommeillés en direction de la cause de son réveil et découvrit la dernière personne qu'elle souhaitait voir : Drago Malefoy.

-Qu'est-ce que tu fais là ?

Sa voix était encore rauque de sommeil.

-Je ne voulais pas te réveiller.

Il parlait tout doucement et ne lui montrait qu'un côté de sa tête, l'autre était plongée dans l'obscurité.

-Je vais y aller.

Il commença à se relever de la chaise sur laquelle il s'était assis quand Hermione lui attrapa la manche par réflexe.

-Pourquoi es-tu venu ?

Elle avait murmuré sa question mais elle avait l'impression de l'avoir hurler.

-Je voulais voir si tu étais entière.

Elle savait ce que cela signifiait en langage Malefoy : « Je m'inquiétais pour toi ». Ou du moins c'est ce qu'elle aurait compris avant…

-Tu voulais t'assurer que ton épouse au sang de bourbe trépasse enfin en lui versant un peu de poison dans sa boisson du matin ?

Elle voulait le provoquer, le voir réagir car si elle était bloquée dans sa colère, lui se retranchait derrière un masque d'indifférence qui la rendait folle.

La remarque fit son effet car il se retourna brusquement, les yeux luisant. Elle n'écouta pourtant pas sa réponse cinglante. Son attention avait été happée par l'énorme hématome qui commençait à envahir sa joue droite et le sourcil blond tacheté de sang qui lui faisait face.

-Qui est-ce qui t'a fait ça ? , s'exclama-t-elle encore plus horrifiée quand elle remarqua sa posture boiteuse.

-Pourquoi tu veux finir le travail ? Le remercier ? , lui répondit-il avec un sourire froid.

-Des membres de ta maison ? , enchaina-t-elle insensible à la colère du blond.

Elle était totalement bloquée sur les blessures qu'elle voyait et le serpentard dut comprendre qu'elle ne le lâcherait pas car il finit par se rassoir.

-Je t'ai dit que les membres de ma maison se fichaient bien de savoir si je couchais avec toi. Au pire, ils en étaient grandement écœurés mais pas au point de vouloir un face à face. Il y a néanmoins une petite rumeur qui circule et qui a fini par les faire réagir.

Elle comprit instantanément de quoi il était question.

-Ils pensent que je suis enceinte ?

-Ce n'est pas le cas ?

Il la fixait avec une intensité déstabilisante. Elle dut détourner les yeux avant de répondre.

-Non, Pomfresh a dit qu'il me fallait juste du repos.

Le silence accueillit sa réponse. Elle se risqua un coup d'œil en direction du seprentard et comprit. En réalité, elle s'était attachée à le nier mais elle savait. Elle le sentait même si il ne le montrait pas. Le serpentard se sentait responsable de son état. Ils se manquaient. Mais c'était le lien qui les faisait ressentir ça. Rien d'autre.

La jeune fille se rallongea en fermant les yeux.

-Pars s'il-te-plait.

Elle ne l'entendit pas partir mais quand elle rouvrit les yeux, il n'était plus là.

DM&HG&DM&HG

-Miss Granger ?

Slughorn la regardait avec étonnement. Il ne s'attendait visiblement pas à voir l'une de ses meilleures élèves dans sa salle de potion durant la pause.

-Veuillez m'excuser pour le dérangement mais je voulais vous poser des questions sur le devoir que vous nous avez donné à faire.

-Je ne vous ai donné aucun... Vous ne parlez quand même pas du devoir sur le venin du serpent cornu ? Celui qui est à rendre dans deux mois ?

La jeune fille se contenta d'acquiescer, faisant écarquiller les yeux du vieux sorcier. Il poussa un gros soupire avant de tapoter l'épaule de la jeune fille.

-Miss Granger, les études sont importantes. Je serai le dernier à vous reprocher d'être sérieuse dans votre travail, mais apprenez aussi à vous détendre et à profiter des joies de la jeunesse !

Son professeur continua de monologuer de longues minutes sur la fougue de la jeunesse avant qu'Hermione, comprenant qu'elle n'obtiendrait pas ce pour quoi elle était venue, prit congés.

Une odeur envoutante attira cependant son attention. Un mélange de parchemin, de cuir et de parfum boisé. Son regard fut attiré par le chaudron d'où émanait l'odeur.

- Quand je vous disais de profiter de votre jeunesse, je ne sous-entendais pas que vous ayez recours à l'Amortentia. Vous n'avez pas besoin de tels artifices, s'amusa Slughorn.

Hermione écouta à peine son professeur. Elle le salua rapidement et quitta précipitamment la salle. Foutu lien.

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Les jours s'enchaînaient et se ressemblaient. Harry avait rapidement compris que sa meilleure amie leur cachait quelque chose mais elle refusait de se confier. Il avait alors menacé d'aller voir ce qu'il pensait, à raison, être la cause de son état mais elle avait réussi à le dissuader. Même Ron, qui n'était pas connu comme le plus observateur du groupe, se montrait prévenant avec elle.

Elle avait craint de faire à nouveau l'objet de persécutions de la part des serpentards mais ils la laissaient étrangement en paix. Une petite voix familière lui soufflait qu'elle avait su montrer qu'elle n'était pas de ceux que l'on impressionnait facilement. Elle avait aussi des amis sur qui comptaient. En réalité, les deux personnes dont elle se méfiait le plus dans cette école et qui lui trouait littéralement le dos de leurs regards assassins venaient de deux maisons opposées : Pansy Parkinson et Lavande Brown. Elle redoutait plus la première que la seconde mais leur animosité était si forte que des ondes noires semblaient émaner des jeunes filles.

Elle fit brièvement remarquer à Ron qu'il faisait encore tomber de la neige avec sa baguette. Celui-ci s'empressa de s'excuser et lui essuya son épaule qui commençait à être enneigé. Aussitôt son détecteur s'affola. Elle leva les yeux et rencontra le regard sombre de Lavande. Elle choisit de l'ignorer. Mal lui en prit car elle aperçut alors un autre visage familier et son cœur faillit lâcher. Elle essayait de l'ignorer, de le fuir, mais ils allaient dans la même école, étaient de la même année et partageaient les mêmes appartements. Cela relevait de l'impossible même si la carte des maraudeurs qu'elle avait emprunté à un Harry méfiant l'aider énormément. Il ne semblait pas l'avoir remarqué. Tant mieux. Il ne la regardait pas. Ca la rassurait. Complètement.

Hermione sentit à nouveau ce malaise très familier l'envahir et elle choisit de rejoindre la tour après avoir salué ses amis. Le lien commençait à être impatient. Elle le sentait. Les maux de tête se faisaient plus récurrents. Elle le maudit pour la énième fois. Ce foutu lien qui avait complètement bousillé sa vie.

-Pas si vite Granger !

Elle reconnut immédiatement cette voix déplaisante et l'ignora. Son attitude ne parut pas plaire à sa propriétaire car l'instant d'après elle se retrouva à valser 5 mètres plus loin. Elle attrapa aussi vite qu'elle le put sa baguette mais avant qu'elle n'ait pu la brandir, elle sentit une pression désagréable sur son cou.

Pansy Parkinson la fixait les yeux brulant de rage. Derrière elle, elle distingua des uniformes sertis d'un charmant petit écusson vert. Elle avait parlé trop vite. Les serpentards n'étaient pas aussi impatients que les gryffondors. Ils prenaient leur temps et agissaient quand ils voyaient une occasion se présenter. Elle était seule, dans un couloir désert. L'occasion était parfaite.

Le groupe commença à se déplacer pour se mettre en arc de cercle autour d'elle. Elle était cernée. La baguette s'enfonça plus fortement dans son cou. Elle fit de son mieux pour masquer la petite douleur qu'elle sentait poindre.

-Comme oses-tu te présenter encore dans cette école ? Tu fais honte à la communauté sorcière avec ton sang impur ! Ne crois pas que l'on va te laisser pourrir une lignée aussi noble et pure que celle des Malefoy ! Ce fichu lien…

Elle la regardait avec des yeux fous, enfonçant davantage sa baguette. Hermione commençait à avoir peur de ce qui pouvait traverser son esprit en cet instant.

-On a qu'à la tuer ?

Elle ne pouvait voir qui avait proposé cette solution de façon si énergique mais elle avait bien envie de lui crever les yeux.

-Tais-toi imbécile ! On ne peut pas se permettre d'agir ainsi ici !

-On s'en fiche ! Elle est une sang de bourbe et une amie de Potter, il nous récompenserait.

La pression de la baguette disparut et elle entendit une claque retentir.

-Il a un plan et il n'est pas question que l'on perturbe ses plans, n'est-ce pas Vincent ?

Elle savait maintenant de qui il s'agissait et elle nota son nom dans un quoi de sa tête. Oui, elle pouvait se montrer un peu rancunière.

-Il y a d'autres moyens de se défaire du lien.

Hermione reconnut le serpentard aux cheveux noirs, il faisait partis de la clique de Malefoy. Quoiqu'ils ne trainaient plus ensemble cette année. Il s'approcha d'elle, une lueur concupiscente dans ses yeux, et commença à faire quelques gestes suggestifs écœurant.

-T'es sur de toi Théodore ? Tu vas te salir !

-Je veux bien me dévouer. Je prendrai une bonne douche après.

Quelques rires accueillirent sa remarque pendant qu'Hermione se pétrifiait de l'intérieur. La panique l'envahissait et ses mains se mirent à trembler.

-Regardez comment elle tremble d'impatience !

Elle tremblait de plus en plus. Elle ne les laisserait pas faire. Elle serra sa baguette jusqu'à faire blanchir les jointures de ses mains et ses ongles s'enfoncèrent dans sa peau. Son esprit devint brusquement blanc. Elle sentit un calme absolu l'envahir. Elle allait s'en sortir. Elle guetterait une opportunité et s'en saisirait.

-Tu es vraiment étrange Théodore depuis le début de l'année ? Tu étais tellement contre ce lien et maintenant tu t'empresses de vouloir t'occuper de la sang de bourbe… Tu ne nous cacherais pas des sentiments pour cette engeance ?

Quelle absurdité Parkinson avait-elle encore inventé ? Pourtant le regard des autres serpentards se firent plus méfiants à l'égard du jeune sorcier.

-Pas du tout ! Qu'est-ce que tu racontes ? Vous devriez vous poser davantage de questions sur Drago ! C'est lui qui nous a interdit de nous approcher d'elle. Il la protège ! C'est lui qui…

-Il a été choisi, le coupa-t-elle.

Ces seuls mots semblèrent suffire pour calmer les autres qui avaient commencé à s'agiter aux propos du serpentard.

-On se demande pourquoi, ricana Nott, il…

Personne ne s'y attendit. Vive comme un serpent, Parkinson leva sa baguette et lui jeta un informulé qui lui fit perdre conscience.

-Sa loyauté a toujours été plus que suspecte.

Les autres avaient l'air légèrement apeuré et se contentèrent d'hochements de tête frénétiques. Le regard froid de la jeune fille se tourna dans sa direction.

-Oublie le Granger ! Ne t'approche plus de lui ou tu nous reverras.

Sur ses mots, Hermione se retrouva à nouveau seule dans le couloir, totalement dépassée par les évènements. Elle resta de longues minutes ainsi. Elle se releva difficilement mais se figea à l'entente d'un souffle erratique. Son mal de tête avait fortement diminué. Elle savait de qui il s'agissait. Elle continua son chemin jusqu'à la tour.

DM&HG&DM&HG

La pièce était aussi grande qu'une cathédrale. Un tas d'objets était entassé les uns sur les autres. Hermione observa l'ensemble avec étonnement. Un charmant bazar, voilà ce qu'elle voyait. Elle continua son exploration jusqu'à tomber sur une grande armoire. Elle détonnait au milieu du reste. Elle se mit à en faire le tour pour se retrouver à nouveau devant les portes de l'armoire. Elle amorça un mouvement pour les ouvrir.

-Qu'est-ce que tu fiches ici ?

Quand elle se retourna et qu'elle vit Malefoy, elle comprit où elle se trouvait. Dans les rêves du blond ou peut-être était-ce un mixe de leurs rêves à tous les deux. Ils n'en avaient jamais parlé mais, avant la découverte de leur lien, Hermione faisait fréquemment des rêves où elle rejoignait une autre personne et elle en était intimement persuadée, il s'agissait de Malefoy. Elle n'avait jamais vu son visage jusqu'alors. Peut-être était-ce parce qu'elle ne connaissait pas encore l'existence du lien, ou parce qu'elle refusait de reconnaitre la vérité, qu'ils partagent quelque chose d'aussi intime.

Hermione ne se voila pas la face cette fois-ci. Si ce phénomène n'était plus apparu depuis, elle devinait pourquoi ils se retrouvaient ensemble cette nuit. Parce qu'ils s'éloignaient, le lien voulait les forcer à se confronter dans un lieu inaccessible à d'autres personnes qu'eux.

-Sors de ma tête.

Malefoy ne partageait visiblement pas le même avis.

-On devrait parler…

Elle fut interrompue par le rire affreux du serpentard.

-Maintenant tu veux parler ? Miss Granger me fait enfin cet honneur ?

Hermione grimaça. Ça n'allait pas être facile.

-Excuse-moi si il m'a fallu un certain temps pour encaisser le fait que tu ais failli tuer mon meilleur ami !

-Une erreur de calcul, la prochaine fois je ne me louperai pas.

La froideur avec laquelle il venait de lui parler la choqua. Comment ce petit… Furieuse, elle se précipita vers le blond pour l'attraper par le col de sa chemise.

-Drago Malefoy, tu es la personne la plus arrogante, prétentieuse, égocentrique et fière que je connaisse.

-L'être le plus méprisable qu'il soit à tes yeux. Seulement, ton avis m'indiffère sale sang de bourbe.

Il avait parlé de manière doucereuse tout en lui attrapant la main pour lui faire lâcher prise.

Hermione ne répondit pas à l'insulte, se contentant de l'observer. Il y a quelques temps, cette insulte l'aurait fait bondir. Elle aurait insulté Malefoy de tous les noms et l'aurait trouvé méprisable. Aujourd'hui, cette nuit, il lui sembla qu'elle voyait plus clair. L'altercation qu'elle avait eu avec les serpentards l'avaient profondément secoué. Apprendre, le lendemain, qu'ils avaient tous fini à l'infirmerie ne l'avait pas tant surprise. De la même manière qu'il venait de lui attraper délicatement le poignet pour lui faire lâcher prise, elle savait qu'il ne lui ferait aucun mal. Pas seulement parce que le lien l'en empêcherait. Elle observa encore un instant ce sorcier aux cheveux blond, au regard hanté.

Drago ne comprenait pas le silence de la jeune fille. Ce comportement ne lui ressemblait pas. Elle aurait déjà dû crier et l'insulter de tous les noms. Pourtant, elle restait calme, l'observant de ses grands yeux noisette. Il se sentait perdre de sa superbe et dut lutter pour ne pas avoir le regard fuyant.

- Tu es la personne la plus arrogante, prétentieuse, égocentrique et fière que je connaisse, reprit-elle et elle sentit le blond se tendre, mais tu n'es pas un meurtrier.

Il la regarda avec incompréhension.

-Tu n'es pas non plus ton père. Tu n'as pas à embrasser le même chemin que lui. J'ai appris à te connaitre Drago Malefoy, j'ai appris à connaitre l'homme derrière ce masque de con arrogant, et…. j'ai aimé ce que j'ai découvert.

Drago était dépassé par les propos de la jeune fille. Elle lui en voulait. Elle devait lui en vouloir.

-Tu es encore une fois victime de ta mièvrerie de gryffondor, Granger. Comme Saint Potty qui veut toujours sauver la veuve et l'orphelin, tu t'es dit que je serai une cause perdue intéressante à sauver et tu as vu ce que tu voulais voir Granger.

Il lui attrapa l'arrière du crâne pour rapprocher brusquement son visage près du sien.

-Je ne supporte pas cette école et les personnes qui s'y trouvent. Je ne ressens aucune once d'affection pour eux. Je déteste les imbéciles qui pensent qu'il suffit de vouloir pour avoir, les bienheureux qui affirment que l'amour les sauvera de tout.

-Je sais.

Encore une fois, sa réponse le laissa sans voix.

-Je n'ai jamais dit que tu étais quelqu'un de vertueux Malefoy. J'ai dit que tu n'étais pas un meurtrier et que j'avais appris à aimer certaines parties de toi, pas toutes. Et puis, les mauvais garçons ont la côte chez les filles.

Elle haussa les épaules avec une fausse indifférente. Elle avait troublé le sorcier, elle le savait. Maintenant, elle devait le convaincre de tout lui révéler. Elle voulait l'aider.

Il la lâcha et commença à reculer comme si elle était un danger qu'il fallait fuir.

-Je peux t'aider et je vais t'aider Drago. Que tu le veuilles ou non, je le ferai. Alors facilite nous la tâche et dis-moi ce qu'il se passe.

DM&HG&DM&HG

Hermione était encore secouée par les révélations que lui avait faites le serpentard. Ils s'étaient donnés rendez-vous dans la salle sur demande en fin de journée et elle allait devoir le convaincre de parler à Dumbledore. Elle mourrait d'envie de tout dire à Ron et Harry mais elle ne voulait pas le faire fuir.

Elle arriva enfin devant les portes de l'infirmerie. Une élève de pouffsouffle lui avait donné une lettre lui disant qu'elle était attendue à l'infirmerie. Elle ne savait pas pourquoi mais son cerveau était préoccupé par des choses plus importantes.

Elle se figea à l'entrée. Pourquoi le directeur et la directrice de sa maison étaient ici avec Mme Pomfresh ? Ça lui rappelait de mauvais souvenirs.

-Miss Granger, venez par ici et asseyez-vous, la voix de McGonagall était enrouée comme si elle retenait son émotion.

Tous gardèrent le silence comme si aucun n'osait se lancer.

-Vous vouliez me voir ?

Hermione se sentait fébrile. Elle appréhendait ce qui allait suivre.

-Mon enfant – C'est le directeur qui s'était finalement lancé – les résultats des analyses effectuées à Saint Mangouste nous sont parvenus ce matin. Ces résultats nous ont appris une mauvaise nouvelle.

Non pas ça.

-Il semblerait que vous soyez…

Enceinte.

-…devenue stérile à la suite d'un empoissonnement.

-Pardon ?

Le cerveau de la jeune fille était dans l'impossibilité d'analyser l'information.

-Une enquête est en cours pour découvrir comment cela a pu se produire et qui en est le responsable…

Hermione ne l'écoutait plus. Une seule chose tournait dans son esprit : on l'avait empoissonné pour que jamais elle ne puisse avoir d'enfant. Jamais.

DM&HG&DM&HG

Le cri de rage se répercuta dans toute la chambre. Une boule de papier chiffonné tomba au sol. Il était impossible d'en lire le contenu mais si une personne venait à la déplier, elle y lirait :

« Drago,

Ta mission a changé. J'ai appris que tu te débrouillais très bien avec la sang de bourbe. Elle est une clé essentielle pour atteindre Potter. Tu dois me la ramener.

Ton maitre »


La suite dans une semaine...