Pour la première fois depuis des jours, Ronald Weasley s'éveilla non pas à cause d'un cauchemar où Harry et Hermione se faisaient dévorer par des bêtes ou attraper par des mangemorts, mais à cause d'un chahut en bas, dans la cuisine. Soupirant, fatigué, il enfila des vêtements et descendit pour voir quelle en était la cause. Un instant son cœur se gonfla d'optimisme-peut-être étaient-ce eux, justement ? Il fut presque déçu de voir sa mère serrer son frère, Charlie, avec une force inquiétante.
- Salut, lança Ron en se posant en bas des escaliers. On attendait de tes nouvelles, ajouta-t-il d'un ton angoissé.
- Rien à craindre de mon côté, répondit Charlie en lui faisant une accolade virile, le genre que Ron détestait.
Molly l'entraîna dans la cuisine, préparant café et œufs et lard, que Charlie engloutit avec bonheur.
- Salut, fit une voix joyeuse qu'il ne connaissait pas.
Il se tourna et vit une petite jeune femme, aux cheveux noirs coupés très courts, les yeux bleus, une salopette sale et un chandail roulé en guise de vêtements.
- C'est Alice, une co-équipière de Charlie à son camp, déclara Molly avec une pointe de fierté qui fit grimacer Charlie.
- Ravie de te rencontrer, répondit Ron en lui tendant une main, incertain quant à comment la saluer.
- Viens t'assoir, proposa Charlie en lui faisant de la place, un bout de bacon au bout de la fourchette.
Ron s'assit maladroitement, l'estomac coupé par la nervosité malgré les victuailles appétissantes.
- Comment ça s'est passé avec les vampires ? Demanda Ron pour combler le silence qui s'était fait.
- Ils ont été intraitables, soupira son frère. Mais on a réussi à rallier les centaures, et quelques-uns viendront nous prêter main-forte, en espérant que cela ne crée pas de problèmes avec ceux de la Forêt Interdite, objecta-t-il.
- Firenze est assez susceptible, émit Ron en se souvenant du Centaure astrologue.
- Ils le sont tous, apparemment, remarqua Alice avec un bon sourire.
- Ron, mange quelque chose, implora Molly en poussant une assiette de pancakes vers lui.
- Non, non réfuta-t-il en les passant à Alice, qui ne se priva pas d'en prendre quelques larges tranches. Je reviens, lança-t-il à la cantonade, se réfugiant dans sa chambre.
Il n'était pas d'humeur à faire la conversation. Et puis, que dire en comparaison de Charlie qui négociait avec des vampires et des géants, et ramenait une amie à la maison ? Moi, je les perds, songea amèrement le jeune homme. Il redescendit quelques heures plus tard pour effectuer les menus travaux de jardinage que sa mère lui avait demandé de faire-plus pour lui changer les idées qu'autre chose, Ron en avait conscience. En s'avançant vers le potager, il vit que les citrouilles étaient complètement dévastées, et en comprit la raison lorsqu'il vit une flamme s'élever.
- Il est magnifique, souffla Ron en découvrant Veyser, que Charlie bichonnait.
- Ouais, répondit simplement son frère en passant une main affectueuse sur le cou de l'animal puissant.
- C'est un sacré sacrifice que tu fais-là, constata Ron doucement, s'approchant précautionneusement.
- Ouais, acquiesça encore Charlie en guidant la main de Ron vers les énormes narines de la bête, qui dressait les oreilles, sceptique.
Soudain Ron sentit la rugosité de la peau de dragon, la forme délicate des écailles cendrées, et une émotion s'empara de lui. Les deux frères restèrent silencieux, tandis que Ron repensait à l'hippogriffe en troisième année.
- C'est plus impressionnant qu'un hippogriffe, mais le contact reste toujours aussi puissant, quel que soit l'animal, commenta le plus jeune Weasley.
- Oui, approuva Charlie en souriant. J'aime leur état d'animalité, ils se fichent de savoir si tu es heureux ou non, une bonne personne ou non, ils te prennent comme tu es, sans poser de questions, conclut-il doucement.
Ron haussa un sourcil, se sentant bien trop visé à son goût.
- Comment s'appelle-t-il ? S'enquit Ron.
- Ce gros-là c'est Veyser, dit Charlie avec tant d'affection que Ron faillit ricaner.
- Et Alice ? Elle est là pour un temps ou bien ? Interrogea Ron avec maladresse, n'osant poser la question directement à son frère.
- Je ne sais pas, admit Charlie. Elle est moldue, alors quoi qu'elle dise, elle ne se mettra pas en danger, mais je crois qu'elle a prévu d'aider l'Ordre à la hauteur de ses moyens, ajouta-t-il avec hésitation.
- Une moldue qui s'engage dans un conflit sorcier ? On aura tout vu, souffla Ron.
- L'engagement peut toucher n'importe qui, constata Charlie. Elle a toujours fait preuve d'un grand courage, alors ça ne m'étonne pas, conclut-il.
Ron sentit que son frère ne posait pas de questions, mais le regard qu'il lui adressa était clair. Il soupira, et se décida à parler, ne sentant pas de jugement immédiat chez son frère.
- Je suis lâche, admit Ron en se frottant les yeux.
- La dernière fois que je t'ai vu, tu ne l'étais pas, alors c'est qu'il s'est passé quelque chose, commenta doucement son frère, massant le haut du crâne de Veyser.
- Ouais, reconnut Ron. Enfin, non, pas vraiment, avoua-t-il. C'est juste que… J'étais trop inquiet pour Ginny, et les autres, et notre quête n'avançait pas, c'était de l'imprudence, pour quel résultat ? C'est ce que j'ai pensé pendant des soirs entiers, et un jour, j'ai assumé mes opinions, expliqua Ron en se tordant les mains, se maudissant de ne pas pouvoir parler de l'horcruxe.
Charlie resta silencieux, attendant la suite.
- Et puis il y avait Hermione et Harry, et ils semblaient toujours être méfiants vis-à-vis de moi, comme si j'étais le moins utile, que je ne servais à rien, que je n'étais qu'un empêchement pour eux, argumenta Ron avec rage, sentant la culpabilité lui pincer le cœur.
- Ils ont toujours tout fait avec toi, objecta Charlie, concis.
- Plus maintenant, s'exclama Ron en se mordant la lèvre si fort qu'un peu de sang coula.
- Ce n'est sûrement pas trop tard, proposa son frère. Je suis sûr qu'ils te regrettent, même si Hermione te fera probablement payer ça très cher, admit Charlie.
- Je sais qu'elle aura raison, en plus, reconnut Ron. Je n'ai pas envie de subir ses reproches, en plus des remords que j'ai déjà, admit-il aussi.
- C'est ça, le vrai courage, se moqua doucement Charlie.
- Je me sens aussi mal vis-à-vis d'Harry, mais ce n'est pas comme si je pouvais le blesser pour toujours, fit-il pour suggérer un contraste avec Hermione.
- Il faut que tu assumes ce que tu as fait, il n'y a pas d'autres voies, statua calmement mais fermement son frère.
Ron tourna les yeux vers Charlie, et le contempla une seconde, à côté de son dragon invraisemblablement grand et puissant, tout comme son frère lui-même, Charlie qui semblait ne jamais hésiter, Charlie qui était toujours de bonne humeur, Charlie qui avait une carrure impressionnante, qui vivait dans la bouse de dragon sans se plaindre. Charlie qui réussit tout, et ne semble jamais éprouver d'émotions négatives, embarrassantes, ou inutiles, songea Ron avec envie. La responsabilité et l'aspect adulte de Bill, l'humour des jumeaux, le sérieux de Percy (encore que Ron ne l'enviait pas tant que ça), lui avaient toujours paru des qualités plus sérieuses que les siennes propres. Ron le… quoi ? L'ami du survivant ? Charlie, c'était celui qu'il avait conscience d'idéaliser le plus : pas d'attaches, un job de rêve, indépendant, ne se plaignant jamais de rien. En l'instant même, que Charlie et lui ne soient pas tellement proches l'arrangeait bien : ainsi son frère ne le jugeait pas trop durement. Enfin, en apparence, se dit-il.
- Je ne sais même pas comment les retrouver, confessa-t-il, penaud.
- Il y a forcément un moyen, si tu y mets de l'effort et du temps, contra tranquillement Charlie.
- Tu ne me dis pas de rester en sécurité, hein, fit ironiquement Ron.
- Je n'ai pas l'impression que tu sois bien familier avec le concept de culpabilité, et je vois que tu le vis mal, alors mieux vaut que tu les retrouves avant que le fossé entre vous ne se creuse encore plus, conclut sagement Charlie en balançant un tranche de viande dans la gueule du dragon qui l'avala aussi sec, tandis que Ron écarquillait les yeux, médusés par la puissance d'écrasement de la mâchoire.
- Sacrée gueule, hein, fit Charlie en voyant le regard de Ron.
- Ouais, acquiesça Ron, observant le dragon qui se léchait les dents. J'ai l'impression qu'Hermione me mangera comme ça, ajouta-t-il en frissonnant.
- Encore plus violemment, j'espère, renchérit Charlie. Il reste un bout de viande, là, ajouta-t-il en le lançant dans la bouche du dragon, qui le dévora, surveillant la réaction de son frère du coin de l'œil.
- Sans rire, elle me fait presque plus peur que ton dragon, avoua Ron.
Peut-être parce que tu ne la mérites pas, songea Charlie, son regard s'assombrissant. Il n'allait pas réprimander Ron, ce n'était pas vraiment son rôle. Il avait l'air assez coupable, à en juger par les cernes violacés qui s'étalaient sous ses yeux. Mais la lâcheté de son frère l'énervait quand même. Si une grande famille comme celle des Weasley ne lui avait pas appris la loyauté, alors qu'est-ce qui le pouvait ?
- De quoi est-ce que vous parliez, au Square Grimmaud ? S'enquit Ron, l'air de rien.
- Rien de spécial, répondit Charlie d'un ton indifférent, visualisant Hermione fondant en larmes.
- Je suis pas sûr qu'on aime les mêmes choses, décréta Ron avec hésitation. Les elfes de maison, les trucs moldus, les gros bouquins, c'est pas mon dada, et elle n'aime pas non plus le Quidditch, les échecs, les trucs rigolos, j'ai l'impression qu'elle me juge parfois, alors que bon, on est encore à Poudlard en théorie, se plaignit Ron.
- Mais vous avez une vie qui demande d'être un peu mature parfois, et j'imagine qu'il n'y a rien de choquant à ce qu'elle attende que tu le sois parfois, supposa Charlie d'un ton ennuyé.
- Elle est tellement exigeante, soupira Ron.
Il aurait voulu ajouter qu'il ne la comprenait pas, et qu'il ne comprenait pas non plus comment Charlie avait réussi à la faire sourire et rire au dîner, alors qu'à priori, ils ne se connaissaient que très peu. Mais il ne trouvait ni les mots ni le courage pour ça, alors il décida d'abandonner.
- C'est à elle qu'il faut le dire, pas moi, souligna Charlie.
Ron se souvint soudainement pourquoi il n'était pas proche de Charlie. Il se leva et alla préparer un sac de voyage, décider à réparer ses bêtises. Avant de partir, il toqua chez Ginny.
- C'est moi, fit-il en ouvrant la porte alors qu'elle le fixait farouchement.
- Tu t'es décidé ? Comprit-elle, le soulagement peint sur son visage.
- Je sais qu'il faut que je le fasse, reconnut Ron. Tu sais je suis revenu pour toi, principalement, parce que j'avais peur, expliqua-t-il piteusement.
- Tu n'aides pas vraiment en restant ici, fit-elle remarquer avec sérieux.
- Je sais, s'obstina Ron. Tu l'aimes tant que ça ? Demanda-t-il à sa sœur, qui comprit de qui il parlait soudain, et l'effort que ça lui demandait d'aborder le sujet.
- Oui, acquiesça-t-elle sans l'ombre d'un doute. Ramène-le-moi vivant, je t'en prie, supplia-t-elle en regardant vers la fenêtre, pressée par l'angoisse.
- Je t'en fais la promesse, souffla Ron en fermant la porte.
Il allait partir-sans le dire à sa mère, bien sûr-, lorsqu'une main s'abattit sur son épaule.
- Je viens de recevoir ça, lui dit Charlie en lui tendant un parchemin. On y va ensemble, ajouta-t-il tandis que Ron dépliait la missive, inquiet.
« Chers Weasleys,
Nous espérons que vous allez tous aussi bien que possible, et que Ron est avec vous. Un incident est arrivé et nous avons besoin de votre aide : Hermione s'est fait mordre par Nagini, et on ne connaît pas exactement la nature maléfique du venin ni comment le guérir durablement. Si Charlie ou le professeur (le mot avait été rajouté d'une écriture soignée) Rogue pouvaient venir, ou n'importe quel membre susceptible d'aider, ça serait très utile. Nous sommes dans une maison proche du Loch que vous connaissez bien pour l'avoir randonné plusieurs fois. Merci, et à très vite, Harry »
Ron grimaça, et tendit la lettre à son frère.
- Quel Loch, tu crois ? Demanda-t-il, ne se souvenant pas de toutes leurs balades.
- Le Loch Leven, déduisit Charlie avec un sourire, louant l'intelligence d'Hermione. Et comme ce n'est pas excessivement loin, nous allons prendre Veyser, indiqua-t-il en se dirigeant vers le dragon, tandis que Ron le regardait avec un frisson mêlé d'angoisse.
Ils arrivèrent en bas d'une petite colline, et Ron suivit Charlie qui semblait savoir où il allait, tout en angoissant quelque peu.
- Tu as prévenu Alice ? S'enquit Ron, et Charlie grimaça.
- Ne pose pas les bonnes questions, conclut son frère en marchant un peu plus vite.
- Elle a l'air chouette, fit remarquer Ron.
- Elle l'est, se contenta de dire le grand Weasley.
Après une petite heure de marche, ils virent une bicoque défraîchie d'apparence vide, puis soudain, Harry apparut derrière eux, et une seconde de silence passa, les deux garçons étant indécis quant à comment se retrouver. Ron voulut parler, mais Harry l'en empêcha, le prenant dans ses bras.
- C'est bon de te voir, sourit-il, et Ron masqua son émotion maladroitement. Merci d'être venu Charlie, je préfère ça à Rogue, grimaça-t-il.
- C'est grave ? Demanda Ron en suivant Harry qui entrait par une porte invisible jusque-là.
- Je ne sais pas bien, mais j'imagine, répondit celui-ci tandis que Charlie le suivait à grands pas.
Dans l'obscurité, le rideau à moitié tiré, un lit se dessinait, où une chevelure emmêlée reposait.
- Harry, qu'est-ce que, s'enquit Hermione faiblement.
- Ils sont là, annonça le brun d'une voix chaleureuse.
Ron s'agenouilla au pied du lit, tandis que Charlie s'approchait doucement.
- Je suis là, fit Ron d'une voix apaisante.
Hermione eut un sourire comblé, puis réalisa la situation et son expression se ferma.
- Va-t'en, ordonna-t-elle, rassemblant son autorité et sa dignité en époussetant les draps.
- Attends un peu, gémit Ron en essayant de lui toucher la main. Je suis désolé, d'accord ?
- Comme toujours, c'est un peu tard, Ronald, siffla Hermione en se tournant vers le mur. Va faire quelque chose d'utile, ne reste pas là, ajouta-t-elle avec colère.
Ron se leva, et Harry lui fit un sourire réconfortant en l'entraînant dehors. Charlie s'assit délicatement sur le bord du lit après avoir ouvert les rideaux.
- On dirait que cette fois, c'était vraiment moins une, constata-t-il en regardant son bras d'où s'échappait une plaie suppurante.
Dans un réflexe de coquetterie, elle cacha la blessure sous les couvertures.
- Je suis heureuse d'être en vie, mais pour combien de temps, déplora-t-elle.
- Difficile de traiter une plaie provenant de magie noire, fit remarquer Charlie en prenant son bras avec fermeté.
La demi-obscurité permit à Charlie d'observer les cernes qui s'étalaient sous les yeux d'Hermione, la pâleur de son teint, ses lèvres éteintes. On dirait une poupée, se dit-il.
- J'ai demandé à Harry de lire tous les livres sur le sujet, comme je me sens bizarrement fatiguée, mais il n'a rien trouvé, dit-elle d'un ton déçu.
- Il va falloir m'en dire plus sur votre équipée et la nature de ce serpent, si tu veux que j'agisse utilement, recommanda le grand roux en la contemplant, inquiet.
Hermione soupira, mais reconnut que cela faisait sens. Elle en dit autant que sa forme et sa discrétion lui permit, tandis que son bras reposait dans les grandes mains de Charlie, dont la chaleur procurait une sensation d'apaisement agréable.
- Aïe, reconnut-il après un long moment de silence. Est-ce que tu souffres ?
Elle lui fut reconnaissante, une fois de plus, qu'il ne fustige pas leur imprudence.
- Pas maintenant, répondit-elle vaguement, souhaitant qu'il n'enlève pas ses mains.
- Qu'as-tu pris jusqu'à maintenant ? S'enquit-il.
- Une potion de soin, et deux de tranquillité, après un cataplasme d'herbe anti-poison, mais je ressens toujours cette fatigue latente, comme si mon sang ne se renouvelait plus, tenta-t-elle d'expliquer en réfrénant la peur dans sa voix.
Charlie renforça la pression qu'il exerçait sur son bras pour la calmer, et elle ferma des yeux.
- Je dois y réfléchir, annonça doucement Charlie.
- Je te fais confiance, marmonna-t-elle en abandonnant son autre main libre dans la sienne.
Leur respirations s'accordèrent, et Hermione se sentit étrangement rassurée. Comme d'habitude, il avait l'air de savoir ce qu'il faisait, et son absence de panique la conforta. Le regard de Charlie fut attiré par un bout de tissu noir qu'il reconnut, près de son oreiller.
- Je vois que tu as fait bon usage de ma veste, dit-il avec un petit rire nonchalant.
- Oh ça, non, c'est, euh, tenta de répondre Hermione, sentant la gêne rougir ses joues.
Elle n'a même plus ton odeur, faillit dire Hermione à voix haute, se mordant la lèvre.
- Tout va bien, assura Charlie en caressant doucement ses mains, sans trop réaliser les mouvements circulaires qu'il effectuait du bout du pouce dans la paume d'Hermione.
Elle voulut parler, mais la caresse était si agréable qu'elle se laissa faire, profitant des sensations éthérées qui l'envahissait. Elle s'endormit avant de réaliser qu'elle n'avait pas eu besoin de tranquillisant pour trouver le sommeil.
Alors que Charlie réfléchissait, Harry entra dans la chambre, puis s'arrêta, le regard attiré par leurs mains entremêlées. Charlie retira les siennes tout doucement, prenant garde à ne pas la réveiller, et s'extirpa du lit à regret.
- Ça se présente mal, lança-t-il en se servant une tasse de café tiède.
- Je m'en doutais, grommela Harry en réchauffant ses mains contre son mug.
- On peut essayer de faire un pompage de sang, pour retirer le sang souillé, parce que j'ai l'impression que le poison empêche la formation de globules rouges à long terme, comme s'il aspirait lentement sa vie, dit-il d'un ton indécis.
- On peut faire ça sans qu'elle perde une quantité trop grande de sang propre ? S'enquit Harry, incertain.
- Ça sera délicat, c'est sûr, ces méthodes remontent au XVIIe et il y a des raisons pour lesquelles elles ont été abandonnées, mais s'il n'y a pas d'antidote comme je le pressens, c'est la seule solution contre le venin, garantit-il.
- D'accord, se résigna le brun.
Ron entra dans la pièce, et mit la main sur la poignée de la chambre d'Hermione.
- Elle dort, intervint Charlie.
- Je ne la dérangerai pas, assura Ron en ouvrant légèrement la porte.
- Elle a besoin de se reposer, contra Charlie d'une voix qui n'admettait pas de réplique.
- J'ai dit que ça allait, s'entêta Ron, mécontent de voir son frère aussi présent, et user de son autorité
- Non, ça ne va pas, tu auras tout le temps de t'excuser de façon convaincante plus tard, imposa Charlie en fronçant les sourcils.
Harry haussa les siens, craignant une dispute Ron se tourna vers son frère, les joues rouges.
- Tu n'as rien à dire, réfuta Ron. C'est entre elle et moi, ajouta-t-il avec perfidie.
- Laisse-la en paix, commanda simplement son frère.
- Tu n'étais pas là lorsqu'elle a failli mourir, tuée par un Troll, et tu n'étais pas là lorsqu'elle s'est faite paralysée par ce foutu basilic, s'exclama Ron. Tu n'as jamais fait partie de sa vie, alors comment peux-tu savoir ce qui est bon pour elle, s'indigna-t-il, regardant son frère droit dans les yeux.
Charlie posa sa tasse d'un geste lent, et Harry sentit qu'il essayait de garder son calme.
- Elle est en train de se vider de son sang dans la pièce d'à côté, Ron, alors je ne pense pas qu'elle ait besoin en plus d'éprouver de la colère ou de l'agacement parce que tu l'as abandonnée et déçue, statua Charlie en détachant clairement les syllabes.
- Inutile de revenir là-dessus, tenta Harry d'un ton hésitant.
- Alors tu ne franchis pas la porte de cette chambre pour aujourd'hui, ordonna Charlie à Ron d'un froid en fermant la porte d'Hermione.
- Tu n'as pas le droit de faire ça, attaqua Ron. Tu n'as pas le droit de t'imposer comme ça, tu n'as pas le droit d'être auprès d'elle de cette manière, elle n'est rien pour toi, que l'amie de ton frère, finit-il en insistant sur le mot « frère ».
Charlie haussa un sourcil, et Harry le vit se crisper, mais ne répondit rien, et préféra quitter la pièce. Dans la pièce d'à côté, Hermione se retourna, soucieuse.
