Merci à tous de suivre cette histoire, et j'espère qu'elle vous plaît-mettez-moi un mot, que je sache ? Il y aura dans ce chapitre une petite référence (pas si petite) à une série très très connue, je devais jouer dessus 😉 J'espère qu'elle vous plaira ! Et sinon, sachez que j'ai pris beaucoup de plaisir à écrire ce chapitre alors j'espère que vous l'aimerez. C'est assez bizarre parce que j'ai lu un Harry-Hermione cette après-midi et c'était difficile de reprendre avec Charlie. Mais team Charlie quand même !

Comprenant que le Trio avait besoin d'intimité, et Ron de se calmer, pressentant qu'il était une gêne pour son frère, Charlie prit de la distance et ne réapparut que très tard le soir même. Lorsqu'il passa le seuil de la porte, Hermione, qui somnolait au salon pendant qu'Harry et Ron jouaient aux échecs, se leva immédiatement.

- Tu es glacé, souffla-t-elle en se dirigeant vers le feu pour lui faire une boisson chaude.

- J'ai surtout faim, avoua le grand Weasley en s'asseyant sur un siège.

- Il y a des restes, annonça Harry en se levant, sortant une casserole du frigo.

Un silence étrange se fit, tandis que Ron finit par se lever.

- Désolé, pour tout à l'heure, annonça-t-il en ayant la nette impression d'être le petit frère immature, ce qui l'agaça encore davantage.

- Ça va, accueillit simplement Charlie d'un air soucieux.

Il se dirigea vers la casserole, remercia Harry et fit réchauffer l'espèce de ragoût à la composition indistincte.

- Comment Veyser passe-t-il la nuit, dans un tel froid ? Demanda Hermione.

- Je lui fais confiance, répondit négligemment Charlie. La nuit et le froid, c'est normal pour lui, et on a trouvé une caverne assez grande tout à l'heure, expliqua-t-il.

- Comment est-ce que vous communiquez ? Comment est-ce que tu peux être sûr qu'il ne sera pas échappé demain ? S'enquit Harry, curieux.

- Je n'ai aucune certitude, admit Charlie. Au camp, j'avais tendance à ne pas l'attacher, parce qu'il est calme, il ne provoquait pas de bagarre avec les autres, et le camp est protégé par des barrières magiques, alors ça ne pose pas de problèmes avec les moldus. J'imagine que notre lien suffit à ce qu'il soit là demain, mais je ne pourrai pas le jurer. Ce sont des créatures indépendantes, conclut-il.

Comme les dragonniers, songea Hermione en repensant aux heures précédentes où elle n'avait pas arrêté de se demander ce que faisait Charlie et s'il allait bien, avec ce froid.

- C'est moi qui cuisine demain, annonça Charlie en lavant la casserole.

- Tu n'as pas aimé ? S'insurgea Hermione en relevant la tête, mi-soucieuse mi-susceptible.

- Euh, si, avança le grand Weasley avec un sourire hésitant qui la fit rouler des yeux, pas crédule. Mais je dis ça pour vous aider, on doit se partager les tâches, renchérit-il tandis qu'elle souriait d'un air entendu, pas dupe.

- Si je peux échapper à la vaisselle, je prends, déclara Harry avec nonchalance.

- Et moi la cuisine, assura Ron avec une grimace.

Ils eurent tous un sourire complice, et l'ambiance s'allégea un peu.

- J'ai sommeil, bâilla Ron. Comment on s'organise pour les couchages ? Demanda Ron, l'air dubitatif.

Il y avait deux chambres, avec chacune deux lits une que les deux garçons partageaient, et celle d'Hermione. Un silence flotta-ni Harry ni Ron n'osait proposer que Charlie dorme dans celle d'Hermione.

- Je prends le canapé du salon, résolut Charlie fermement.

- Mais non, il n'est pas fait pour qu'on dorme dessus, s'opposa Hermione.

- Peut-être qu'Harry devrait dormir avec Hermione, ou bien moi, proposa Ron l'air de rien.

Hermione leva les yeux au ciel, agacée par son attitude ambivalente.

- Je dormirai avec Hermione, décida Harry en se levant pour aller transvaser ses affaires.

Ron le suivit dans la chambre, prêt à aller se coucher, tandis que Charlie finissait la vaisselle, Hermione assise non-loin, les yeux fixés sur la cheminée.

- Désolé pour tout ça, s'excusa Charlie. Je pars bientôt, dès que l'opération est faite et que j'ai la certitude que ton état est revenu à la normale, ajouta-t-il en essuyant une assiette.

- Ce n'est pas de ta faute, tu n'avais aucune obligation de venir nous aider, et même si tu n'en parles pas, je sais que tu doutes, dit doucement Hermione. Alors, merci, fit-elle avec reconnaissance.

- Je ne suis certainement pas la personne la plus qualifiée, grimaça Charlie en passant un bras derrière son dos, las.

- Tout comme on n'est pas du tout qualifiés pour cette mission, et pourtant on le fait, et ça se passe pas si mal, fit-elle avec un pauvre sourire.

Charlie ne répondit pas, mais elle vit l'éclair de désapprobation dans ses yeux : cependant, il n'avait jamais fait aucun commentaire négatif en ce sens.

- Tu devrais aller dormir, recommanda Charlie d'un ton neutre, presque professionnel, qui détonna avec le ton de la conversation jusque-là.

Elle se leva, se dirigea vers sa chambre, et s'allongea sur son lit.

- Tu as le teint beaucoup trop blanc, constata Charlie, les sourcils froncés.

- Je mangerai des carottes demain, murmura-t-elle avec une pointe d'humour forcé.

- Tu penses pouvoir dormir correctement ? S'il y a le moindre problème, tu sais que je suis à côté, j'imagine que ces potions de sommeil ne te font plus beaucoup d'effet, mais je peux peut-être te donner quelque chose à base de plantes, qui aura un effet inédit, débita-t-il d'une voix concentrée.

Elle l'observa un instant, souriant malgré elle à cette vision du grand Weasley, sourcils froncés, à la lueur de la chandelle qui vacillait. Son ombre était immense, et le rendait encore plus impressionnant mais c'est l'éclat préoccupé dans ses yeux qui lui fit chaud au cœur, là comme ça, tout d'un coup. Personne ne s'est jamais soucié de moi comme ça, songea-t-elle.

- Ça ira, dit-elle finalement, rompant le petit silence qui s'était installé.

Les yeux chocolat d'Hermione rencontrèrent ceux de Charlie pendant un instant, puis il sortit. A côté, Harry s'était assis sur le lit de Ron, obligeant son meilleur ami à lui faire face.

- Quel est le problème, exactement, avec Charlie ? Demanda-t-il de but-en-blanc.

- Aucun, marmonna Ron.

- Tu sais que tu peux tout me dire, et tu sais que tu le feras, alors décide-toi maintenant, le targua Harry d'un ton franc.

- Tu vas dire que j'hallucine, répondit Ron. Mais je trouve qu'il s'occupe trop d'Hermione, et de manière générale, je me sens inutile à côté de lui, avoua-t-il d'un ton blessé.

- Tu es revenu, et c'était la meilleure chose à faire, contra Harry.

- Il n'y en a que pour lui, tu le vois bien toi aussi, rétorqua Ron. Lui vient la soigner, la guérir, d'une blessure qu'elle aurait peut-être pu éviter si j'avais été là pour la défendre, dit Ron d'une voix pleine de culpabilité.

- Elle te pardonnera bientôt, c'est juste qu'elle t'en a beaucoup voulu, parce qu'elle t'aime beaucoup, tenta Harry en prenant le ton de l'évidence. Et Charlie, continua-t-il, on a de la chance de l'avoir, sans lui je ne sais pas ce qu'on aurait fait, alors je suis simplement reconnaissant… Même moi je me sens un peu fade à côté de lui, révéla Harry.

- Toi, l'Elu ? S'esclaffa Ron. Tu n'as jamais été dans l'ombre de personne, Harry, opposa Ron d'une voix sombre.

- C'est toi qui a supporté le poids de l'horcruxe, et pas lui, et c'est toi qui trouvera les autres aussi, et qui les détruira, alors arrête ça, conclut Harry sagement.

- Ce n'est pas un concours, s'insurgea Ron. C'est juste qu'il s'y prend bien, de manière générale, il n'est ni maladroit, ni lâche, et je le vois dans les yeux d'Hermione, constata Ron.

A cela, Harry ne put répondre. Il revit leurs mains entrelacées, et le sourire d'Hermione, ainsi que leur complicité au square Grimmaud. Harry ne savait définitivement pas quoi en penser, alors il le garda dans un coin de sa tête.

Hermione se réveilla au sursaut au beau milieu de la nuit, comme la noirceur derrière les fenêtres l'indiquait. Saisie d'un étrange pressentiment qui serrait son cœur d'angoisse, elle se redressa immédiatement, pour tendre l'oreille et capter des gémissements.

- Harry ! S'écria-t-elle en se précipitant vers lui, le voyant recroquevillé, une main sur sa cicatrice.

- Ça…Va…Passer, bredouilla le brun en réprimant une grimace de douleur.

Hermione s'apprêter à aller réveiller les Weasley, mais Harry l'arrêta d'un geste lorsqu'il comprit où elle se dirigeait.

- Ferme ton esprit, Harry, le serina-t-elle en l'enlaçant.

- Je ne peux pas, hoqueta son ami en tremblant.

- Mais si, tu peux, tiens bon, fit Hermione en voulant accentuer sa prise sur lui pour le calmer, mais elle sentit soudain une grande fatigue s'emparer d'elle, et tomba presque inconsciente sur le sol.

- Hermione, réveille-toi, supplia Harry en la secouant autant qu'il le pouvait.

Il sentit sa vision d'achever alors qu'il essayait de réanimer son amie, suivie d'un grand rire glacé, comme en réaction à l'évanouissement d'Hermione. Soudain, Ron et Charlie déboulèrent dans la chambre, alertés par le bruit. Charlie se pencha immédiatement vers Hermione, la porta sur le lit, et tenta une petite claque, puis une plus forte lorsqu'il vit que ça ne donnait rien.

- Qu'est-ce qui se passe, Harry ? Une vision ? S'écria Ron en voyant le visage d'Harry constellé de sueur.

- Oui, articula difficilement ce dernier.

- Elle ne se réveille pas, murmura Charlie d'un ton où l'inquiétude affleurait.

Ron courut à la cuisine, et revint avec un verre d'eau qu'il lança au visage de son amie sous le regard stupéfait de Charlie et Harry.

- Ben quoi ?! Grommela Ron. Ça marche, au moins, ajouta-t-il en la voyant papillonner des yeux.

- Ron, souffla Hermione, à bout de forces.

Il se pencha vers elle et la prit dans ses bras, tandis qu'Hermione tentait faiblement de lui rendre son étreinte. Harry se tourna vers Charlie, gêné, mais celui-ci était déjà parti au salon. Lorsque tout le monde fut bien installé sur les vieux canapés, une boisson chaude entre les mains, Harry leur confia sa vision.

C'était dans une vieille maison qui semblait dater d'un siècle, et je L'ai vu, avec un mangemort dont je connais la tête mais pas le nom, détailla Harry d'un ton chevrotant. Il avait l'air bien plus jeune, il avait encore des cheveux, ajouta-t-il. Un homme gisait à ses pieds, tué par l'autre je crois, et il tenait un collier dans sa main, acheva-t-il.

- Tu n'aurais pas dû voir ça, Harry, fit Hermione, désapprobatrice.

- Tu as aperçu le collier ? Quel type de bijou c'était ? Demanda Ron à brûle-pourpoint en s'attirant les foudres d'Hermione.

- Je ne sais pas, il y avait un espèce de symbole, qui ressemblait à un pentagramme sans en être un, tenta de deviner Harry en fouillant dans ses souvenirs.

- Charlie lui lança une feuille de papier qui traînait par là et un crayon.

- Tu as l'habitude de ce genre de visions ? S'enquit doucement le grand Weasley.

- C'est grâce à ça que j'ai pu voir ton père qui…euh, souffrait, la dernière fois, expliqua Harry tandis que Ron lui lançait un regard reconnaissant et que Charlie acquiesçait, troublé.

Harry tendit le dessin à Ron qui le fit tourner à Charlie et Hermione.

- C'est le symbole des Contes de Beedle le Barde, devina-t-elle facilement.

- Ah, le cadeau de Dumbledore s'explique un peu, déduisit Ron à voix haute.

- Pas vraiment, contra Hermione, sourcils froncés. Je ne comprends toujours pas pourquoi Vous-savez-qui s'y intéresse, ajouta-t-elle.

Chacun se tut, perdu dans ses pensées.

- Le mariage, annonça la brune avec un sourire qui se voulait radieux, mais qui contrasta avec sa pâleur.

- A été réussi jusqu'à l'arrivée des mangemorts, oui, compléta Ron en la regardant d'un air interrogateur.

- Mais non, dit-elle d'un ton agacé. J'ai vu ce symbole. Le père de Luna le portait, se souvint-elle, je m'en souviens, il était habillé d'une façon tellement..euh…Loufoquienne, ajouta-t-elle en souriant.

- Allons le voir, décida Harry.

- Pas avant l'opération d'Hermione, rappela Charlie, qu'ils avaient oublié l'espace d'une seconde.

- On ne peut pas tarder, décida Hermione. Faisons-le cette après-midi, ajouta-t-elle d'un ton décidé.

- Tu n'as pas l'air bien, fit remarquer Ron avec peu d'aménité.

- J'ai l'impression que ma vision a eu un effet sur Hermione, elle s'est évanoui quelques secondes après que ça a eu démarré, nota pensivement Harry.

- Peut-être que c'est l'influence de Vous-savez-qui, puisque la blessure provient de Nagini, fit Charlie. Ton état rend l'opération encore plus dangereuse, mais si cela se produit encore, ça risque d'aggraver encore l'effet du poison, déduisit-il.

- Faisons ça après le petit déjeuner, imposa Hermione en soupirant.

Elle ne s'était jamais sentie aussi faible, et détestait ça. Harry fit réchauffer un vieux reste d'omelette de la veille, ils mangèrent en silence tandis que la campagne aux alentour s'éveillait.

- De quoi as-tu besoin, Charlie ? Demanda Harry d'un ton préoccupé.

- Pas grand-chose, réfléchit-il. Une bassine d'eau chaude, une bassine vide, une aiguille, et une seringue stérilisée, annonça-t-il. Hermione, tu vas t'allonger, je reviens, fit-il en quittant la pièce à grands pas.

- Ça ne me changera pas beaucoup, avoua Hermione d'un ton maussade.

Lorsque Charlie revint, aussi décoiffé qu'après un jogging, Harry et Ron le suivirent dans la chambre d'Hermione. Ron se tordait les mains d'angoisse, et Harry avait le regard légèrement voilé-cette histoire de symbole le taraudait. Charlie s'assit au bord du lit, et les mains d'Hermione se décroisèrent imperceptiblement.

- Je vais d'abord te donner une potion de tranquillité à l'effet un peu accru, pour que tu sentes le moins possible la douleur, commença Charlie d'une voix lente et rassurante. Ensuite, je vais créer une petite ouverture sur le poignet, et j'aimerais que tu ne regardes pas, parce qu'il y aura beaucoup de sang qui va couler, et que l'image du sang t'affaiblira davantage que la perte de liquide en elle-même, expliqua-t-il. Après avoir attendu un moment, je vais t'injecter cette essence féconde de dragon, parce que le dragon est un animal très proche du serpent en termes biologiques, et que j'espère que l'ADN saint combattra l'ADN infecté, détailla-t-il d'une voix posée. Enfin, j'observerai les effets immédiats, et je recoudrai ta plaie, et tu devras évidemment te reposer, conclut-il en posant doucement sa main sur celle d'Hermione.

Elle leva les yeux vers lui pour y lire toute son assurance, puis il détourna le regard et se leva brusquement. Harry et Ron le suivirent.

- Tu doutes, constata Ron d'une voix incrédule.

- Evidemment, lança Charlie avec colère. Je n'ai jamais pratiqué une telle opération, je ne sais pas si ça aura un effet sur le sang infecté, et je ne sais pas non plus comment elle réagira à l'essence de dragon, je n'ai fait que transférer de l'ADN de dragon à un autre dragon, et ça n'était pas dans ce but-là bien sûr, maugréa-t-il en se prenant la tête entre les mains.

Lorsqu'il releva la tête, plus une trace de doute ne subsistait dans son regard, et il ferma la porte de la chambre d'Hermione devant les yeux médusés des deux garçons.

- Excuse-moi, fit Charlie en s'asseyant à nouveau sur son lit.

- Quand tu dis de l'essence féconde, tu entends… du liquide séminal ? Lança Hermione en toute hâte pour ne pas prononcer l'autre mot.

- Oui, mais rassure-toi, tu ne tomberas pas enceinte de petits dragons, rit doucement Charlie tandis qu'un sourire s'épanouissait sur les lèvres d'Hermione. C'est l'essence la plus concentrée d'ADN de dragon, et je crois qu'il n'en faudra pas moins pour combattre les effets de Nagini, expliqua Charlie en passant une main sur sa joue, la trouvant bien trop blanche.

Un silence s'établit entre eux, un silence intemporel, un silence profond.

- J'ai confiance en toi, Charlie, tu le sais, souffla Hermione.

- Tu n'es pas si saine d'esprit, finalement, lança-t-il en retroussant sa manche.

- Tu possèdes l'essence de Veyser ? Demanda-t-elle avec curiosité.

- Une fraîcheur maximale, plaisanta Charlie.

Hermione se demanda par quel procédé il était parvenu à soutirer l'essence de dragon, puis chassa la question de son esprit très vite. Vraiment trop gênant, songea-t-elle en se mordant la lèvre. Charlie vit son sourire et se demanda comment elle arrivait à rire en pareil moment.

- Je peux voir à quoi ça ressemble ? S'enquit-elle tout de même alors que Charlie secouait la potion de tranquillité.

Il lui tendit un flacon de grande taille, où brillait un liquide bleu à la consistance étrange. Quelle connexion étrange entre lui et moi, porteuse de l'ADN de son dragon, songea-t-elle avec confusion.

- On va pouvoir t'appeler la mère du dragon, fit Charlie avec un bon sourire.

Il lui tendit la potion, et elle la but d'un trait, se sentant devenir toute cotonneuse, comme dépourvue d'enveloppe physique. Il prit doucement son poignet, et à l'aide d'un petit couteau, entailla très finement la veine. Cela n'empêcha pas le sang de jaillir, en quantité impressionnante.

- Regarde-moi, Hermione, ordonna-t-il lorsqu'il vit les yeux chocolat se baisser sur la bassine où coulait le sang.

Elle leva les yeux vers lui, s'autorisant à le fixer farouchement. Charlie essaya de maintenir leur connexion visuelle tandis qu'il surveillait le débit de sang par petits coups d'œil.

- Tu sais très bien que la vue du sang t'affectera davantage que l'opération, et je n'ai pas envie que tu t'évanouisses, ajouta-t-il d'une voix plus douce.

- Je sais très bien tout ça, fit-elle d'un ton faussement affecté.

- Alors dis-moi…Quel est ton livre préféré ? Où et quand a eu lieu le coup de foudre ? S'enquit Charlie d'une voix moqueuse qui la fit renâcler.

Elle sentit qu'il essayait de la divertir et apprécia le geste. Elle leva les yeux au ciel un instant, réfléchissant.

- Evidemment, il y a eu l'Histoire de Poudlard, que j'ai dévoré en quelques jours, alors que je ne suis même pas sure qu'Harry et Ron l'ait déjà terminée, fit-elle remarquer avec un bon sourire. Mais c'était parce que je ne connaissais rien au monde magique, c'est simplement associé à ma découverte de l'école, et ça, c'était magique, soupira-t-elle en le dévisageant.

- C'est vrai que Poudlard en jette, même pour des sorciers habitués à la magie, reconnut Charlie. Très bien, un autre titre alors, demanda-t-il.

- Il y a cet auteur moldu tchèque, Milan Kundera, je n'ai pas pu me détacher de son œuvre La vie est ailleurs, c'est écrit simplement, mais ses réflexions sont d'une telle profondeur, c'est comme s'il racontait l'histoire de ses personnage tour-à-tour sans que cela n'ait aucun lien, mais en fait, c'est une suite d'expériences humaines, où chacun peut se reconnaître, expliqua-t-elle d'un ton concentré.

Charlie en profita pour arrêter l'hémorragie, estimant qu'elle avait assez saigné. Son sang est beaucoup trop sombre, presque noir, songea-t-il, ne sachant si cela signifiait que le poison partait, ou que tout son sang était contaminé.

- J'en ai entendu parler, assura Charlie en fouillant dans sa mémoire tandis qu'elle reposait ses yeux sur lui. Il est assez célèbre en Roumanie aussi, et pas mal lu par une de mes coéquipières, ajouta-t-il en songeant à Alice.

- La moldue ? Demanda immédiatement Hermione sans l'air d'y toucher.

- Euh oui, répondit Charlie, étonné qu'elle connaisse son existence.

- Tu m'en as parlé au mariage, développa Hermione d'un ton neutre.

- Ah, fit Charlie qui ne s'en souvenait pas. Ah oui, fit-il de nouveau en se souvenant tout-à-coup. Tu as une sacrée mémoire, fit-il remarquer.

Hermione haussa les épaules. Ça dépends pour quoi, songea-t-elle avec confusion. Il prit son autre poignet, et entailla légèrement la peau, sans qu'elle ne sente rien.

- Quel est ton plat préféré ? Relança Charlie, peu désireux de continuer sur Alice en se souvenant de leur baiser en Roumanie.

- Je donnerais n'importe quoi pour un plat de pâtes à l'ail et au poivre, soupira-t-elle. Ma mère cuisine très bien Italien, ajouta-t-elle, les larmes lui montant aux yeux.

- Tu as pu contacter tes parents depuis que tu es partie de Poudlard ? Demanda Charlie en contrôlant le débit de sang.

Hermione tourna la tête, n'étant pas certaine d'être capable de répondre sans pleurer.

- Quelque chose ne va pas ? Tu as des sensations malgré la potion ? S'inquiéta Charlie en se penchant vers elle.

Hermione tourna la tête pour répondre et faillit entrechoquer sa tête contre la sienne, rougissant que Charlie soit si proche d'elle. Il se retira prestement, se concentrant de nouveau sur son poignet. Elle attendit que son cœur reprit une vitesse de battement classique, puis se décida à parler. C'était si bon de pouvoir songer à eux, en parler à quelqu'un, sans qu'elle se fustige d'être faible ou dévorée d'inquiétudes déplacées.

- Je leur ai appliqué un sort d'oubli et ai barricadé notre…Leur maison de protections magiques, annonça-t-elle d'une voix étranglée.

Charlie ouvrit la bouche, puis la referma. Quelques minutes de silence passèrent, et Hermione lui en fut reconnaissante. C'était le temps dont elle avait besoin pour se reprendre. Charlie lui adressa un bref regard où se lisaient l'étonnement et l'admiration, et se contenta de lui caresser la main, presque machinalement.

- Ça fait maintenant plusieurs années que je ne rentre plus que pour les vacances d'été, puisque j'ai passé tout mon temps libre avec Harry et Ron pendant les pauses scolaires, alors je sais vivre sans eux, mais ça a été beaucoup plus dur que ce que je pensais, avoua-t-elle doucement.

- L'idée te paraîtra peut-être stupide, mais si tu leur écrivais des lettres, que tu leur donnais à la fin de la guerre, qu'ils aient une petite idée de ce que leur fille a vécu ? Souffla Charlie d'un ton doux.

- J'écris déjà un journal, je compte leur donner, confessa-t-elle. Enfin, pas tout, ajouta-t-elle tout de suite après, et Charlie la gratifia d'un clignement d'œil.

Il referma la plaie, et posa son poignet en examinant les bassines de sang. Le liquide oscillait entre un rouge carmin et un noir soutenu. Charlie pouvait presque apercevoir les relents de magie noire.

- Maintenant, je vais t'infiltrer un peu de mon Veyser, et j'attendrai douze heures afin de voir l'effet que ça a eu sur ton sang, annonça-t-il.

Il prit la seringue qu'il avait rempli de semence bleue et la dirigea vers le poignet d'Hermione.

- Tu me rappelles mon père, à décrire chaque étape de ton opération, décréta-t-elle avec un sourire nostalgique. Il est dentiste, il soigne les dents des gens, précisa-t-elle vite, habituée à ce que les sorciers ne connaissent pas la teneur de sa profession.

- Il devrait venir examiner nos bébés, fit remarquer Charlie. Ils ont des infections en permanence sans qu'on sache pourquoi, dit-il d'un ton si sérieux qu'elle eut un petit rire silencieux.

Il rangea la seringue, poussa les bassines vers la porte et lissa la couette à l'endroit où il s'était assis.

- Bon, eh bien maintenant tu dors, autant que tu peux, et dès que tu es réveillée, on vient te voir, déclara Charlie. Je vais essayer de voir avec les garçons si on peut te cuisiner des pâtes à l'ail et au poivre, mais il va falloir que tu sois indulgente, précisa-t-il alors qu'elle lui faisait un adorable sourire, touchée.

- Merci, Charlie, murmura-t-elle en le fixant, ne sachant comment exprimer sa gratitude pour tout-son dévouement, sa délicatesse, ses attentions.

Il leva un sourcil puis sortit d'un pas rapide, masquant sa gêne. Il ferma la porte et posa les bassines sur la table du séjour.

- Ça fume presque, souffla Harry d'un ton où l'horreur et la fascination se mêlaient.

- Elle n'a pas fait de réaction à Veyser ? S'enquit Ron d'un ton anxieux.

- Pas que je sache, mais il faut attendre, déplora Charlie.

Il prit sa veste, et partit s'aérer, beaucoup trop nerveux pour rester en place.