Je tiens à remercier Lia9749 et Kcaraetmoi pour leurs reviews du chapitre dernier! Elles m'ont fait grand plaisir !
Il se tourna lentement vers elle, la foudroyant des yeux. Son regard était d'une froideur absolue-Hermione ne se souvenait pas de l'avoir déjà vu aussi menaçant. Il ne dit rien, se contentant d'observer les bois avec méfiance.
- Comment est-ce que tu savais où est-ce le dragon allait se diriger ? S'enquit-elle, curieuse.
Charlie ne répondit rien, puis finit par ouvrir la bouche.
- J'ai reconnu une espèce d'arbre qui les attire généralement, c'est comme du pain d'épice pour eux, dit-il finalement. Transplaner maintenant me semble dangereux, vu notre niveau respectif de fatigue. Je te laisse envoyer un Patronus à... A qui tu veux, termina Charlie en haussant les épaules, fermant sa veste.
Il se mit à marcher, et elle trottina pour pouvoir avancer à ses côtés. Sa voix était amère, et Hermione se sentait affreusement intimidée par sa sécheresse. Pourquoi se bat-on encore, songea-t-elle, désolée.
- C'est toi qui m'en veux, cette fois, comprit-elle avec peine.
Charlie ne se donna même pas la peine de répondre.
- Pourquoi est-ce que tu ne l'enverrais pas toi, le Patronus ? Je ne l'ai jamais vu, je crois, remarqua-t-elle gentiment.
Le faire parler. Tout plutôt que cette froideur, se dit-elle. Elle remarqua qu'il se crispait.
- Ce n'est pas une bonne idée, se contenta-t-il de dire.
- S'il te plaît, lui demanda-t-elle, l'observant. Je parie que c'est un dragon, mais ce n'est pas un pari très risqué, fit-elle en souriant doucement.
Peu importe le vent froid du soir, le ciel qui s'assombrissait doucement, elle se sentait stupidement en sécurité. Maintenant qu'Harry et Ron devaient eux aussi être en sécurité, qu'ils avaient détruit un autre horcruxe, elle se sentait mieux. La pression descendait doucement, et la présence de Charlie à ses côtés finissait de la tranquilliser complètement, bien qu'elle fut consciente du danger qu'ils couraient tout de même en temps de guerre. Cependant, aucune pensée de ce genre ne parasitait son esprit elle expira, ressentant ce drôle de sentiment de paix dans des situations pourtant parfois critiques. Malheureusement, Charlie ne répondit pas, et cela l'agaça. Elle décida de crever l'abcès.
- Ecoute Charlie, je comprends que tu sois furieux, ce n'était certes pas le meilleur plan, mais enfin, tu étais au courant, fit-elle d'un ton prudent.
Il se figea, puis se remit à marcher, augmentant la cadence. Hermione dut augmenter la sienne.
- Je n'ai pas envie d'en parler, indiqua-t-il clairement. Trouvons un endroit abrité et envoie ce patronus, ordonna-t-il.
Elle pinça les lèvres d'exaspération, cherchant un endroit viable. Il avait raison, bien sûr. Elle finit par apercevoir un tunnel, vers lequel elle se dirigea.
- Lumos, lança-t-elle dans la cavité sombre.
Ils marchèrent encore quelques instants, débouchèrent sur une caverne plus grande, de la taille du salon des Weasleys, remplie de brindilles. Hermione fit quelques pas pour l'inspecter de fond en comble, puis trouva un petit renfoncement, sur lequel elle se jucha.
- Oh, Charlie, viens voir, souffla-t-elle, émue.
Il la rejoignit à pas lents, et s'arrêta à côté d'elle. Le soleil se couchait lentement sur les lochs, et un lac pouvait être distingué au loin, adouci par le vallonnement d'une colline. Les herbes ondulaient sous la pression du vent, et aucun bruit ne gâchait la paisible quiétude de cette vue. Il faisait frais, mais Hermione n'en n'avait cure. Elle se sentit emplie d'un bonheur aussi violent que fragile, son cœur battant à toute vitesse. Une sensation de bien-être intense s'empara d'elle. Elle risqua un coup d'œil vers Charlie, dont l'expression fermée la fit grimacer. J'aimerais qu'il ressente la même chose que moi, se dit-elle avec peine. J'aimerais qu'il me prenne dans ses bras, parce que ce serait la meilleure chose à faire, là, maintenant, songea-t-elle. Peut-être pas la meilleure, réalisa-t-elle en se mordant la lèvre. Mais c'est exactement ce dont j'ai envie, constata-t-elle. Pas lui, apparemment, se dit-elle, et cette pensée lui fit aussi mal qu'un pic de glace la traversant. Elle ressentit le besoin de s'expliquer, de s'excuser.
- S'il te plaît, Charlie, parle-moi, implora-t-elle, détestant l'accent plaintif de sa voix.
- Envoie ce Patronus, répondit Charlie d'un ton sombre.
- Non, rétorqua-t-elle, surprise de son audace. Non, développa-t-elle consciencieusement. Ils doivent être déjà assez occupés, et j'ai tout ce qu'il faut pour camper dans ma besace. Ce n'est pas la peine, ce serait contre-productif. Dès demain, je rejoindrai Harry et Ron, et tu rentreras au Terrier, et c'est assez bien comme ça, décida-t-elle en sortant le nécessaire.
Charlie haussa un sourcil, puis décida d'abandonner la discussion. Hermione ressentit un pincement au cœur en voyant son expression amère.
- Je vais nous chercher de quoi manger, annonça-t-il en quittant la caverne.
Elle faillit l'arrêter, puis se raisonna. Il a besoin d'être seul, se dit-elle. Elle envoya son Patronus d'un geste souple, ajoutant qu'ils allaient bien et qu'ils rejoindraient l'Ordre le lendemain. Alors qu'elle venait de finir d'installer le campement, il fit son apparition avec deux poissons frais. Elle alluma magiquement un feu et se tourna vers les poissons, mais il s'en empara avant elle.
- Je m'en occupe, dit-il d'un ton apaisé qui confirma à Hermione qu'il s'était calmé.
Il se mit à dépecer méthodiquement l'animal, le vidant de chaque arrête. Il a dû faire ça des centaines de fois au camp, comprit-elle, admirative, revoyant l'expression dégoûtée d'Harry et Ron face au poisson. Elle eut un petit rire à cette vision. Il leva la tête, interrogateur.
- C'est rien, fit-elle. Juste qu'Harry et Ron n'aimaient pas faire la cuisine. Au début j'étais un peu dégoûtée de tuer ces pauvres animaux, mais quand on a faim, difficile d'être capricieux, dit-elle.
Le feu projetait des ombres sur son visage, faisant briller ses yeux. Elle contempla sa mâchoire tendue par la concentration, sa bouche fine, ses épaules puissantes. Son regard descendit naturellement à la courbe de la clavicule, puis son ventre, insidieusement bien dessiné. Elle détourna le regard, gênée. Elle s'assit à côté de lui, contemplant les dernières lueurs à l'horizon.
- Je ne pensais que ça t'affecterait autant, commença-t-elle, les yeux sur le feu. On était…
- Ce n'est pas vous, répliqua Charlie. Il y avait un dragon dans cette foutue mine, et je n'étais pas au courant, Hermione. S'il y avait une personne qui aurait dû se renseigner pour éviter une telle situation, c'est moi, fit-il d'un ton rageur.
- Tu n'avais aucun moyen de savoir, le contra Hermione d'un ton convaincu. Ce n'est en aucun cas ta faute, dit-elle en détachant bien les syllabes.
- Bien sûr que si, fit-il en se tournant vers elle, le regard fou. Evidemment que si. Une fois de plus, vous avez risqué la mort. Je sais que vous le faites tous les jours, mais c'est différent. Quand il s'agit de mangemorts, je vous sais entraînés et réactifs. Un dragon, ça n'a rien à voir. Quand on a quelqu'un qui a consacré neuf ans de sa vie à s'occuper de dragons, on compte sur lui pour savoir ça. Je suis un minable, conclut-il en haussant les épaules, enfilant le poisson sur une branche qu'il avait terminé de nettoyer.
Quoi que je lui dise, il n'en démordra pas, songea Hermione en sentant son cœur se pincer. Ils restèrent silencieux une dizaine de minutes, et elle ferma les yeux, emplie d'une douce fatigue. Puis elle rouvrit la bouche, en faisant ce qu'elle savait faire le mieux avec les obstinés : changer d'approche.
- Pourquoi est-ce que tu as refusé d'envoyer un Patronus ? S'enquit-elle en se tournant vers lui, prenant le poisson qu'il lui tendait à présent dépourvu de peau et d'arêtes.
Charlie prit quelques bouchées de son poisson, puis décida de répondre après avoir avalé.
- Je ne sais pas en faire, avoua-t-il d'un ton hésitant, scrutant la réaction de la brune.
- Impossible, s'exclama Hermione.
- Si, répondit Charlie en secouant les épaules. De mon temps, ce n'était pas la guerre à Poudlard, fit-il remarquer d'un ton nostalgique. Alors ce genre de sorts n'était pas au programme commun, simplement en spécialité sortilèges, que je n'ai pas pris, conclut-il d'un ton tranquille.
- C'est plutôt logique, reconnut-elle. Mais c'est tout de même bien pratique. Enfin, il faut éviter devant les moldus, c'est certain. Tu dois apprendre, s'exclama-t-elle, les yeux brillants.
Charlie eut un rictus amusé et leva les yeux au ciel devant son enthousiasme.
- Je ne pense pas m'en servir pendant mes missions pour l'Ordre, mais pourquoi pas, admit-il d'un ton curieux.
Elle posa sa branche délicatement, s'essuya la bouche avec le coin d'un torchon, puis se leva aussitôt, emplie d'une énergie nouvelle. Il se leva également, sortant sa baguette.
- Erk, fit-elle en trouvant la baguette de Bellatrix dans sa poche. Je vais utiliser la mienne, décida-t-elle en posant soigneusement celle de la mangemort.
Charlie se pencha et prit la baguette maudite, qu'il observa avec grand intérêt.
- Elle est objectivement très laide, mais semble assez rigide. C'est indicateur de pouvoir, signala-t-il en la faisant rouler entre ses mains.
- Je sens qu'elle ne m'aime pas, mais j'arrive assez bien à la faire marcher. Je pense que c'est parce qu'elle contient un ventricule de dragon, comme ma vraie baguette, expliqua-t-elle. La tienne aussi en contient, j'imagine ? Demanda-t-elle en examinant la baguette sobrement belle de Charlie, en bois d'ébène.
- Même pas, assura-t-il. Elle contient du crin de licorne, comme la première que j'ai, et que j'ai fini par transmettre à Ron, dit-il d'un ton pensif.
C'était sûrement très égoïste, et elle en ressentit de la culpabilité par vagues, mais Hermione n'avait pas envie de penser à Ron, en ce moment-même. Je ne peux pas écarter l'option qu'ils soient morts d'inquiétude malgré le patronus, alors que moi, eh bien, je suis ici, songea-t-elle pour ne pas penser plus avant à sa situation bancale.
- Bon, commença-t-elle en se tenant bien droite. Tu lèves ta baguette de façon traditionnelle, pour moi ça marche mieux si j'ai le bras bien droit, mais j'ai vu Luna lever le sien en l'air, alors pourquoi pas, annonça-t-elle. Ensuite, tu penses fortement à un souvenir heureux. Au début, c'est difficile, sorti de nulle part, et sans menace directe autour, bien sûr, nuança-t-elle. Ferme les yeux, indiqua-t-elle gentiment.
Il ferma les yeux, et leva légèrement sa baguette. Les yeux d'Hermione tombèrent sur sa bouche, puis remontèrent aussi vite qu'ils étaient descendus.
- Une fois que tu as trouvé le bon souvenir, tu penses très fort à ça, et tu essayes, encore et encore, dit-elle simplement. Ce n'est pas un sort que l'on réussit du premier coup, justifia-t-elle doucement.
Des images vinrent en tête à Charlie. La première fois qu'un lien fort s'était créé entre lui et un dragon, son premier, avant Veyser. Un petit dragon, agile et souple, pourvu d'une personnalité joueuse. Malheureusement, il s'était envolé sans que personne au camp ne puisse jamais le retrouver-et Charlie avait mis cinq ans à recréer une telle connexion, avec Veyser. Comme le souvenir était entaché de tristesse, rien ne sortit de sa baguette.
- Pense à autre chose, conseilla Hermione. Quelque chose de plus fort, ajouta-t-elle en se mordant la lèvre.
D'autres images se formèrent. Des vacances avec Bill, lorsqu'ils étaient partis tous les deux marcher dans les Carpates, un été. Deux semaines de bonheur simple, léger filet sortit de sa baguette, mais rien de plus. Charlie ferma les yeux, se concentrant à nouveau. Une image de Poudlard se forma. Le premier match qu'il avait gagné en tant que capitaine, un match contre les Poufsouffle, mais gagné haut-la-main, la preuve indéniable qu'il était fait pour le Quidditch. Charlie ne put s'empêcher de sourire, mais rien ne sortit de sa baguette.
- Ça peut prendre du temps, dit Hermione en le contemplant, assise. Il faut un souvenir vivant, voire récent, pour plus d'intensité, ajouta-t-elle.
Par Merlin, à quoi peut-il bien penser, se demanda la brune, dévorée par la curiosité. Charlie s'assit quelques instants, puis se releva. Un souvenir heureux, soupira-t-il intérieurement. Ce n'est pas tant que j'en manque, mais je ne suis pas du genre à éprouver des joies extrêmes, se dit-il. Allons, allons, se fustigea-t-il. Un souvenir fugace d'une soirée particulièrement réussie entre collègues survint. Le rire d'Alistair, les blagues vaseuses d'Ed, Alice battant des mains. Sa baguette vibra, et il tenta de pousser le souvenir plus loin, mais rien ne sortit.
- C'est bien, l'encouragea Hermione d'un ton convaincu. Encore, ordonna-t-elle ensuite.
L'accent enthousiasme d'Hermione lui rappela maintes conversations qu'ils avaient eu, où elle avait démontré une vivacité d'esprit proportionnelle à l'excitation qui gagnait sa voix lorsqu'elle bouillonnait d'idées. Les deux yeux chocolat s'inscrirent dans son esprit, et il ressentit une onde de joie se propager dans son corps lorsqu'il la revit, discutant des propriétés du sang de Licorne sur le muret du Terrier, les blés ondulant autour d'elle, ou bien son ton faussement vexé et son indignation simulée au Square Grimmaud, la première fois qu'ils avaient cuisiné ensemble. Son regard concentré, lorsqu'elle parcourait ses livres pour la énième fois. Ses joues rouges et ses grands yeux lors du bain qu'il lui avait donné. Ses épaules nues, blanches…
- Oui, oui, s'exclama soudain Hermione en battant des mains malgré elle, sautillant à ses côtés.
Charlie se tourna vers elle, désorienté et confus, puis vit que sa baguette avait émis un filet plus consistant, qui mourrait à présent sous le coup de la déconcentration de Charlie.
- Tu y étais presque ! Presque ! S'écria-t-elle en l'observant, souriant à pleines dents.
- Euh, oui, reconnut Charlie d'un ton bizarre.
- Continue ! Réessaye ! Creuse ce souvenir ! L'incita-t-elle, excitée comme une puce.
Il passa une main derrière son dos, gêné. Pour l'efficacité du sort, se promit-il intérieurement. Il ferma les yeux, trop embarrassé à l'idée de la fixer directement, puis retrouva sans peine l'image qu'il cherchait, c'est-à-dire Hermione, les joues rougies par l'effort, sous un fort soleil, au Terrier, le matin du mariage. Pourquoi est-ce qu'il en avait un souvenir si précis, ça, il n'aurait pas su le dire. Mais son sourire incertain à la vue de Charlie, son rire franc alors qu'elle changeait sa chemise à lui de couleur, son front qu'elle essuyait du revers de sa manche de pull-over, tout cela revint dans l'esprit du grand Weasley, qui fit apparaître un superbe ours blanc, à l'air placide.
- Il est magnifique, souffla Hermione, émerveillée. Je m'attendais à un dragon, mais enfin, un ours… C'est parfait, acheva-t-elle d'un ton ébahie.
Entraînée par son émotion, elle s'était rapprochée de lui, et Charlie s'éloigna derechef, encore empli des images qui l'avait aidé pour créer son Patronus.
- Parfait ? Demanda Charlie en faisant disparaître puis apparaître l'ours afin de s'exercer.
- Un patronus ours démontre une grande confiance en soi, quelqu'un qui n'a aucun mal à prendre les choses en main, qui lutte pour ses opinions et respecte ses principes, expliqua-t-elle de son ton doctoral à présent bien connu de Charlie.
- Eh bien, eh bien, se contenta de répondre le grand roux, amusé de l'érudition quasi-infinie d'Hermione.
Ils retournèrent près du feu, Charlie en ayant assez. Elle le suivit, encore excitée.
- Tu n'as jamais géré d'équipe, au camp ? S'enquit-elle.
- Hem, non, admit Charlie d'un ton intrigué.
- Tu devrais essayer, renchérit-elle. Je suis sûre que tu excellerais !
- Peut-être, lança-t-il. J'en vois pas bien l'intérêt, avoua-t-il. J'aime bien faire mon travail, et en être satisfait, sans pourchasser les autres sans arrêt, ou devoir les punir, ou même les complimenter, ça n'a rien d'évident, fit-il remarquer.
- Tu as un aspect rassurant, assuré, qui réconforte et trompe les peurs d'autrui, répondit-elle en rougissant légèrement. Ce sont des qualités typiques d'un leader, fit-elle remarquer.
Il haussa les épaules, et elle s'allongea près du feu, à ses côtés, heureuse de voir qu'il était de meilleure humeur. Il était assis, et taillait machinalement une pierre, réchauffant ses mains du même coup.
- Tu dois être épuisé, nota-t-elle. C'est comme si ce genre de sort était si puissant qu'il aspirait une partie de la force vitale, tenta-t-elle d'expliquer, cherchant une position confortable pour sa tête contre le sol dur.
Il plia sa veste machinalement et leva un bras vers elle pour soulever sa tête afin d'y déposer le vêtement entre elle et le sol. Leurs visages s'approchèrent involontairement et Charlie hésita un instant, tout près d'elle, alors qu'elle retenait involontairement sa respiration, émue. Un déluge de sentiments divers s'abattit sur Charlie : la fatigue, la tension enfin relâchée après Gringott's, la réminiscence de la force du souvenir pour le Patronus, la joie d'avoir réussi le Patronus, et enfin mais pas des moindres, le visage d'Hermione à quelques centimètres du sien qui le mettait dans un état tout sauf convenable.
Par Merlin, non, s'astreint-il mentalement, s'obligeant à se relever. Cependant Hermione s'accrocha à lui et l'entoura de ses bras, le serrant très fort, ressentant elle aussi toutes les émotions de la journée se libérer. La peur immense qu'elle avait ressenti le matin-même la fit enfouir sa tête dans la poitrine de Charlie, de façon presque viscérale. Tu ne fuiras pas, cette fois, Charlie Weasley, songea-t-elle, presque avec férocité. A tâtons, elle leva doucement la tête vers lui, transie d'audace, confondue de désir. Elle le sentit se figer. Elle remonta un peu plus sa tête vers son menton, osant à peine respirer, ressentant avec bonheur la chaleur qui émanait de la poitrine de Charlie. Toujours raide immobile, il ne fit aucun mouvement.
Elle prit son courage à deux mains, et posa doucement ses lèvres sur les siennes, alors qu'elle sentait son cœur se dédoubler d'intensité. Après ce qui lui sembla être une éternité, elle le sentit répondre à son baiser, d'abord à peine, puis soudain avec un empressement auquel elle répondit instinctivement. Il passa ses bras autour de sa taille et la serra très fort, laissant ses émotions prendre le contrôle. Elle ouvrit davantage sa bouche, mordillant sa langue, sa lèvre supérieure. Il eut un espèce de spasme et elle se sentit transportée alors qu'il la plaçait sur lui, sur ses cuisses. Elle se serra aussitôt contre lui, dépourvue de toute timidité, seulement concentrée sur l'instant présent. Il ferma sa bouche d'un baiser, puis s'attaqua à son cou, son oreille gauche, tout en la serrant contre lui. Elle ferma les yeux, sentant avec confusion la démonstration physique de toute son excitation pour elle, et elle sentit ses joues chauffer-si c'était possible. Elle sentit toute la frustration qui s'était accumulée en lui, ne sut à quoi l'attribuer, se contenta de savourer le contact rugueux de ses joues et incroyablement doux de ses lèvres. Se sentant dépassée par la puissance du désir qui animait son propre corps, Hermione réprima une envie de s'écarter pour calmer la situation. Ce fut une toux sèche, prononcée, qui les fit se séparer tout d'un coup, rouges de honte.
