Une sorte de couronne, disait Harry aux élèves, médusés. Enfin, quelque chose qui représente le pouvoir, j'imagine. De valeur, précisa-t-il.

- Rusard s'en est déjà emparé, alors, ricana Michael Corner.

Sa réflexion souleva quelques rires, qui se calmèrent aussitôt qu'Hermione entra dans la pièce, détestant que tous les regards se braquent sur elle. Surtout celui de Ron, songea-t-elle avec un serrement de cœur en comprenant que son ami lui en voulait. Elle s'avança, les mains dans les poches.

- Bonjour à tous, fit-elle d'un ton un peu éteint.

Harry la serra dans ses bras, étreinte qu'elle lui rendit. Cela ne faisait que quarante-huit heures, mais elle était heureuse de les revoir, Ron et lui. Quel lien étrange, se dit-elle. Ron se détourna. Malgré cela, elle sentit une bouffée d'optimisme la saisir, de nouveau en présence de ses meilleurs amis. Elle sentit que certains se demandaient la raison de son retard, mais personne ne fit de commentaire. Ron me posera la question bien assez tôt, songea-t-elle. Elle suivit le débat qui agitait l'A.D., à savoir quel objet. Lorsque Cho proposa d'emmener Harry voir Rowena Serdaigle, la réflexion de Ginny la fit presque sourire, surtout quand elle vit l'éclat méfiant dans les yeux de la rousse.

- Luna se fera un plaisir d'emmener Harry, n'est-ce pas ? Disait Ginny en lançant un regard lourd de sens à Luna, qui n'eut pas l'air de comprendre grand-chose du sous-entendu mais emboîta le pas d'Harry avec enthousiasme.

Il ne restait plus que Ron et elle, et personne n'osait les approcher. A vrai dire, je n'ai pas d'amis ici en dehors de Luna et Ginny, se dit Hermione avec un pincement au cœur. Ron se tourna vers elle, et Hermione inspira, se préparant à une discussion animée sur son retard.

- On devrait aider Harry à trouver cet objet maudit, fit Ron d'un ton impassible.

Hermione suivit son pas, peinant à le rattraper-il marchait très vite, mais Hermione doutait que ce fut simplement la course contre le temps qui le fit agir ainsi.

- Réfléchissons, lança Hermione, hors d'haleine. Les bureaux des professeurs ? Les salles de cours ? Ne risque-t-on pas d'y croiser des mangemorts ? Nous devrions nous lancer un sort d'invisibilité, dit-elle d'un ton angoissé.

- Non, fit Ron. Allons plutôt dans les toilettes des filles, là où tout a commencé, réfuta-t-il.

- Mais enfin Ron-

- Harry se charge de l'objet, mais nous-dit-il en hésitant sur le nous-, nous nous chargeons de trouver de quoi le détruire. Il n'y a plus d'épée, mais il y a certainement des restes du basilic, et cela devrait marcher, dit-il d'un ton bourru.

Hermione ouvrit grand les yeux, réalisa à quel point l'idée était excellente et ne put s'empêcher d'émettre un cri de satisfaction intense.

- Tu es fabuleux, dit-elle à bout de souffle, l'enlaçant, transportée par la joie.

Enfin une bonne nouvelle, enfin une idée qui allait marcher ! Il l'écarta doucement, et elle se souvint de la tension qui régnait entre eux. Ce n'est pas le bon moment pour aborder le sujet, se dit-elle avec douleur. Il n'y aura jamais de bon moment, lui souffla perversement sa voix intérieure.

- Espérons que tout ne se soit pas dissout, ou que sais-je encore, grogna Ron. Sans ce recours, nous sommes clairement fichus, annonça-t-il sombrement.

- Peut-être que Dumbledore a gardé le crochet du basilic dans son bureau, suggéra Hermione en désirant se rendre utile.

- Impossible, réfuta Ron. Rogue a pris sa place, et il repère la magie noire plus efficacement qu'un chien-truffier, rétorqua-t-il.

Hermione se sentit inlassablement stupide, et serra les dents.

- Les sorciers aussi mangent des truffes ? S'étonna tout de même Hermione à voix haute.

- Bien sûr, confirma le grand roux. On les utilise dans les potions, c'est une sorte de catalyseur hors-de-prix, expliqua-t-il et Hermione se demanda d'où il tenait ses informations. Ne me regarde pas comme ça, s'échauffa-t-il. Je ne suis pas aussi stupide que tu le penses, dit-il d'un air buté.

- Ce n'est pas du domaine de la stupidité, mais de la culture, nuança-t-elle automatiquement. Et tu n'es ni stupide, ni inculte, réfuta-t-elle ardemment, et Ron sourit presque devant son air convaincu.

Alors que l'ambiance s'était à peine allégée, Ron se plaça tout-à-coup devant elle, la masquant complètement.

- Qu'est-ce-que-, parvint-elle à articuler alors qu'il plaçait sa main contre sa bouche.

- Chut, fit-il d'un ton préoccupé. J'ai entendu des gens discuter un peu plus loin. Tu sais lancer le sort ? Demanda-t-il, incertain de pouvoir y arriver pour eux deux.

- Ça ne sera pas nécessaire, fit une voix grinçante derrière eux.

Ils se retournèrent comme un seul homme, et virent un sorcier de petite taille aux habits exclusivement noirs et aux yeux maquillés, qui pointa sa baguette vers eux.

- Protego, hurla Hermione, attirant l'attention des mangemorts de l'autre côté du couloir.

Bien que son bouclier, une aura bleue majestueuse, les englobât tous les deux, elle vit avec effroi les autres mangemorts lever leur baguette.

- Crudescencio, fit Ron d'une voix puissante, et une vague d'eau improvisée vint contrer les sorts de couleur verte qui s'échappaient de la baguette des mangemorts.

Surpris, ils ne purent se défendre contre l'eau qui vint obstruer leur vision. Il prit la main d'Hermione, hébétée devant un tel sort, et ils se mirent à courir le plus vite possible. Une fois arrivés devant les toilettes, Hermione ferma la porte à clé et se laissa tomber contre le mur, épuisée.

- Merlin merci, Ron, où as-tu appris ce sort ? Je le connaissais de réputation, mais te voir le pratiquer, c'était… Magistral, finit-elle à bout de souffle, les yeux agrandis d'admiration.

Elle s'attendait à le voir parader, mais il se massa les tempes, également exténué par la dépense d'énergie magique. Le geste sembla très familier à Hermione, qui rougit.

- C'est Harry qui a mentionné l'équivalent de ce sort avec du feu, lorsque Dumbledore les a défendus contre les Inféris de l'île maudite de Jédusor. Il avait beau être à moitié-mort, il a pu accomplir le sort, parce qu'il n'est que très temporaire, bien que violent, expliqua Ron. Je me suis renseigné, parce que je trouvais ça vraiment classe, et il s'est avéré que celui de l'eau demande le moins de compétence, finit-il avec un sourire amer.

- Tu ne peux pas te comparer à Dumbledore, répliqua-t-elle. Que tu aies un sort de cette qualité, c'est stupéfiant, non pas parce que tu te penses nul, mais parce que c'est d'un niveau tout simplement supérieur à celui que nous avons tous, moi et Harry compris, dit-elle en le regardant dans les yeux.

Parfois, Ron la surprenait complètement. Il la faisait totalement halluciner. Qui sait de quoi il était capable, encore ? Quel dommage qu'il ne le cultive pas, songea-t-elle.

- Harry a un pouvoir démesuré, et tu as une maîtrise presque immédiate de tous les sorts auxquels tu t'entraînes, affirma Ron d'un ton implacable. Je ne sais pas ce que j'ai, moi, mais parfois je mérite ma place parmi vous, c'est vrai, dit-il d'un ton presque amusé qui fit extrêmement mal à Hermione.

Ils échangèrent un long regard, cynique chez Ron, furieux chez Hermione. Elle avait envie de le prendre par le collet et le secouer, longtemps. Elle dut se retenir à grands efforts. Ron le vit et esquissa un sourire presque sincère.

- Il n'y a que moi qui te fait enrager à ce point-là, ça c'est sûr, dit-il du ton crâneur qu'elle détestait.

C'était à croire qu'il faisait exprès d'être insupportable. Il s'approcha d'elle, et Hermione sentit son cœur s'affoler, mais l'attention de Ron se porta sur le lavabo à côté d'elle, et elle expira, ne sachant si elle était soulagée ou déçue.

- J'ouvre le robinet, prévint-il en susurrant le mot de passe, tandis qu'elle ouvrait de grands yeux.

C'était toujours incroyablement malsain de l'entendre persifler ainsi. Le tunnel s'ouvrit, et il se glissa dedans en premier, tendant une main à Hermione, qui l'agrippa sans hésiter. Ils s'élancèrent dedans, essayant de repousser le sentiment de peur qui s'infiltrait en eux alors qu'ils s'enfonçaient dans le boyau visqueux et puant. Malgré le temps, l'odeur ne semblait pas s'être atténuée, au plus grand dam des deux Gryffondors qui grimacèrent abondement.

- Cette cave pue la mort, s'exclama Ron, résumant parfaitement la pensée d'Hermione.

- Faisons vite, dit cette dernière en examinant précautionneusement les restes de squelette.

Ron se baissa et entreprit d'arracher un croc à la figure principale du basilic, et un horrible bruit se produisit, comme s'il arrachait un membre à un corps encore en vie.

- Hermione, vient m'aider, s'écria Ron alors qu'elle accourait.

Ils tirèrent ensemble, mais rien ne se passa.

- Destructo, décida Ron en pointant sa baguette contre le crâne qui explosa en milles morceaux.

- Ron, hurla Hermione en se protégeant. J'espère que tu n'as pas tout détruit ! Quelle délicatesse ! Clama-t-elle avec exaspération, sa voix retentissant en un écho extrême.

Il se baissa, et après ce qui parut un temps infini à la brune, il se releva lentement, tenant dans la main un croc de basilic qui paraissait de la première fraîcheur, luisant d'un liquide noir suspect. Hermione se cacha la bouche avec les mains, transie d'excitation.

- Oh Ron, c'est merveilleux, s'écria-t-elle en sautant de joie autour de lui.

Il mit l'objet souillé de magie noire dans sa poche, et avant qu'elle ait pu effectuer un seul geste, la rapprocha de lui avec autorité et l'embrassa. Longtemps, sans hésitation, profondément. Sans l'ombre d'un doute-et c'est peut-être ce qui choqua le plus Hermione, éberluée. Ils étaient tous deux dans un tel état d'excitation et de soulagement qu'elle se trouva à répondre à son baiser. Lorsqu'ils se séparèrent, elle ressentit aussitôt un sentiment de culpabilité aussi soudain qu'écrasant. Avait-elle aimé ce baiser ? Oui, parce qu'il les avait rendus, elle et Ron, plus proches que jamais. Cette lueur de confiance qu'elle voyait à présent dans ses yeux, cette assurance tranquille, qui contrastait avec l'arrogante confiance qu'il avait lors des matchs de Quidditch, qui le rendait véritablement adulte, cette lueur, elle avait toujours rêvé de la voir dans ses yeux. Et elle allait devoir tout briser ? C'était trop pour la Gryffondor, qui éclata en sanglots. Ron la prit dans ses bras, naturellement.

- Ça doit faire beaucoup pour toi, dit Ron à son plus grand étonnement. Je ne sais pas exactement ce qu'il se passe entre toi et Charlie, et Merlin sait que je ne veux pas le savoir, mais je voulais te montrer ce qu'il pouvait en être avec moi. Comme toujours, j'ai été idiot, j'ai attendu des siècles avant de réaliser ce que je voulais vraiment, mais j'y peux rien, tu le sais, fit-il en lui caressant les cheveux. C'était là, tu étais là, sous mon nez d'abruti, et je n'ai pas su comment réagir. Mais c'est fini. J'ai déserté la chasse aux Horcruxes, c'est vrai aussi. J'ai été lâche, c'est sûr, et je m'en voudrais toute ma vie. Mais aujourd'hui, on va détruire tous ces maudits objets, Harry va vaincre Voldemort, il ne mourra pas, ça non, fit-il avec un petit rire. Et toi et moi, on va pouvoir repartir de zéro. J'ai changé, je changerai encore, je te décevrai toujours, mais tout ça, c'est normal, et on s'en sortira. Parce qu'on est incroyables, enfin, surtout toi, corrigea-t-il en l'écartant un peu de lui, contemplant son visage strié de larmes, de poussière, éperdu de fatigue.

Hermione eut envie de fondre en larmes à nouveau à la fin de son petit discours. Non, elle n'était pas incroyable. Elle était une moins-que-rien, qui ne savait pas faire les bons choix, et qui faisait souffrir tout le monde.

- Maintenant on va donner ça à Harry, et mettre fin à la guerre, fit-il avec une confiance nouvelle, en tendant la main à Hermione.

Ils sortirent du tunnel, fermèrent le passage derrière eux. Hermione sentait les larmes couler encore, malgré leur agitation. Elles coulaient, et elle ne pouvait rien faire pour les arrêter. Dans le couloir, c'était la guerre, sans exagération. Mangemorts, sorciers de l'Ordre, sorciers en tout genre, élèves, professeurs, tous se battaient, à n'en plus savoir qui viser. C'était purement et simplement le chaos.

- Quelqu'un a vu Harry ? Criait Ron à chaque élève qu'il rencontrait, en évitant les sorts qui fusaient.

Hermione maintenait un bouclier sur eux sans ça, ils seraient morts cent fois à cause des sorts volants. Ils virent les jumeaux se battre contre les Carrow, et se précipitèrent pour les aider.

- Expelliarmus ! Immobilis ! Stupéfix !

- Ouche, le Petrificus Totalus n'a pas l'air de lui plaire, remarqua George en contournant le visage figé en une expression de colère intense d'Amycus.

- A combien t'en es, petit frère ? S'enquit Fred avec un grand sourire, comptant les sorciers qu'il avait immobilisés.

- Avez-vous vu Harry ? Hurla Hermione aux jumeaux, qui haussèrent les épaules.

Ron et Hermione poursuivirent leur route. Voyant un jet vert se précipiter vers Luna, elle étendit soudainement le bouclier afin de l'englober à son tour, ce à quoi elle répondit par un sourire reconnaissant. La situation était complètement irréelle, et Hermione n'en croyait pas ses yeux. Déjà, les corps jonchaient les couloirs du château. Faites qu'il ne soit pas venu, songea Hermione en priant intérieurement.

- Ginny ! Va te mettre à l'abri ! Ordonna Ron en prenant sa sœur par les épaules.

La rousse se dégagea rapidement.

- Je cherche Harry aussi, dit-elle malgré le raffut.

- Alors suis-nous de près, imposa son frère en la plaçant contre lui.

Ginny se dégagea encore, jetant une œillade étonnée à Hermione, qui haussa les épaules.

- Par-là, hurla-t-elle soudain, en reconnaissant Harry de très loin, à côté de Cho.

Harry se tenait sur l'esplanade en pierre, dehors, affublé de tout un groupe de membre de l'Ordre ainsi que des Weasley. C'était le noyau principal de bataille, car les mangemorts affluaient par là. Ginny courut vers Harry et se précipita dans ses bras. Il la serra avec reconnaissance, tandis qu'Arthur et Molly eurent un sourire attendri.

- Harry, on a un croc de Basilic, s'exclama Ron, tandis que Ginny le fusillait du regard.

- Harry se dégagea à regret de l'étreinte de Ginny pour sortir un diadème magnifique. Hermione comme Ginny eurent un soupir déçu, tandis que Ron s'empressait de sortir le croc.

- Ou l'avez-vous trouvé ? S'enquit Harry, tout excité.

- Ron a pensé à la Chambre des Secrets, et il y avait de quoi faire, dit Hermione avec fierté.

- Bravo, déclara le brun dans une accolade reconnaissante à Ron.

- J'ose à peine y croire, répondit Ginny en croisant les bras. Bien joué !

Ron se détourna, gêné par l'excès de compliments. Hermione fit un sourire extatique, et échangea un regard complice avec Ron. Harry le vit et haussa un sourcil.

- Que s'est-il passé, en bas ? Demanda-t-il soudain.

- Rien, firent les deux adolescents en même temps, tandis que Ron passait un bras autour de la taille d'Hermione, qui détourna les yeux, n'osant se soustraire à son étreinte.

Leur réponse furent étouffée par un rugissement qui les fit se retourner. Un grand dragon bleu qu'Hermione connaissait bien venait de carboniser trois mangemorts tandis que chacun déguerpissait, ne sachant dans quel camp le dragon se trouvait. Charlie retint son dragon de recommencer alors qu'il voyait le petit groupe planté à quelques mètres de lui. Il descendit de son dragon, suivit d'une fille brune. Alice, comprit Hermione, subjuguée. Charlie avait l'air exténué, saignait à la tête et aux bras, tandis qu'Alice semblait être passée dans un tunnel de suie.

- Merlin merci, vous allez bien, s'exclama Molly tandis qu'Arthur étreignait son fils.

Alice échangea un regard complice avec Charlie tandis que chacun les saluait.

- Veyser a vidé la plaine, le nombre de cadavres qui s'y étend est cauchemardesque, soupira-t-il en se massant les tempes.

- Tous ces sorciers, soupira Alice. C'était morbide, ajouta-t-elle.

- Molly, si tous vos fils réchappent à cette absurdité, vous serez une femme chanceuse, fit sobrement Kingsley en admirant le dragon.

- Charlie, tu n'aurais pas dû l'amener ici, avec tous ces sorciers, dit Molly d'un ton soucieux.

- Elle a raison, songea Hermione. Malgré elle, elle essayait de croiser le regard de Charlie, mais celui-ci était occupé à calmer Veyser et saluer sa famille. Sa famille, ses amis, rien de plus normal, songea amèrement Hermione.

- C'est moi qui ait été insupportablement insistante pour qu'il m'amène, s'excusa Alice. Des armes moldues peuvent aussi marcher, fit-elle en sortant un petit pistolet maniable.

- Rien ne t'oblige à tuer, répliqua Charlie d'un ton las. Ce n'est pas ta guerre, répéta-t-il.

- Mais si, justement, s'écria Alice en lui faisant face. Si vous perdez, nous serons tous mis en esclavage ou tués, s'exclama-t-elle.

Ils s'affrontèrent du regard, tandis qu'Harry et Ron admiraient le courage d'Alice. Celle-ci se faufila jusqu'à eux, suivie de Charlie. Hermione leva la tête vers Charlie, qui lui lança un regard très bref, avant de se reporter sur Harry. Celui-ci prit le diadème et le tendit à Ron.

- A toi de le faire, dit-il solennellement.

- Rien de mieux que de détruire un horcruxe pour passer une bonne soirée, plaisanta celui-ci en rassemblant son courage tandis qu'Hermione lui donnait le croc.

- Pourquoi détruire une si belle chose ? S'exclama Molly.

- Fais-leur confiance, dit soudain Charlie, et Hermione lui fut reconnaissante.

Chacun les regardait, et Ron se sentait mal-à-l'aise, assailli par la pression. Il regarda Hermione, qui lui rendit un regard chargé de détermination et d'admiration. Ce fut suffisant pour qu'il détruise l'horcruxe d'un geste décidé, tandis qu'Harry s'écroulait à terre, terrassé par la douleur. Ginny le prit dans ses bras, impuissante. Soudain, un grand silence se fit, et ils en comprirent la raison peu après : Voldemort ordonnait à ses partisans de cesser les combats. Chacun put alors entendre l'appel de Voldemort à Harry, qui leur glaça instantanément le sang. Ginny fut la première à reprendre ses esprits.

- Impossible, dit-elle en regardant Harry droit dans les yeux.

- Tu sais que je le dois. Tu le sais Ginny, alors ne rends pas les choses plus difficiles qu'elles ne le sont déjà, dit-il en enlevant son bras à regret.

Il prit son visage et l'embrassa très doucement.

- J'ai passé les meilleurs moments de ma vie avec toi, dit-il simplement alors que les yeux de Ginny s'embuaient, phénomène rare.

Il se tourna vers Ron et Hermione, qu'il prit dans ses bras.

- On peut au moins t'accompagner, protesta la brune.

- Laisse-le aller, murmura Ron. C'est pas un adieu, dit-il fermement.

Harry lui lança un regard reconnaissant, puis se détourna, tandis qu'Hermione se cachait le visage. Ron la prit dans ses bras, tandis qu'Alice lançait un regard furtif à Charlie, qui s'éloigna.

- Bon, eh bien allons retrouver le reste de la famille Weasley, dit Molly avec gravité.

Les couloirs n'étaient plus jonchés de corps, mais l'infirmerie ressemblait davantage à un funérarium qu'un hôpital. Hermione ne savait que faire, dépassée par l'ampleur de gens blessés, se sentant complètement déchirée entre Ron, avec qui elle avait vécu tant de choses, qu'elle avait fait devenir adulte, et Charlie, qui ne semblait même plus la considérer. Pourtant, l'intensité du baiser avec Ron, malgré les circonstances particulières, n'avait eu rien à voir avec ceux de Charlie. C'était limpide, et cela lui brisait le cœur.