Titre : Advienne que pourra
Auteur : The Fool
Résumé : "En quelle année sommes-nous ?" "En 1977 bien évidemment". Draco Malfoy regarda Harry Potter avec effroi. Ils avaient remonté le temps, Potter et lui ! Au même moment, entre ces deux inconnus tombés de nulle part et ce nouveau professeur, Régulus Black, bientôt 17 ans, se débat avec son avenir de mangemort tout tracé et ses désirs interdits. Slash Harry/Draco et Regulus/OC
Pairing : Draco/Harry (like always baby !) et Régulus/OC
Info : Cette fiction se passe au début du tome 6. La mission que Draco s'est vu confiée n'est pas de réparer l'armoire mais de trouver un moyen de voyager dans le temps. Car Voldemort veut résoudre le problème "à la racine". Au même moment, on va suivre Régulus Black s'empêtrer dans son avenir de mangemort tout tracé et ses désirs interdits pour le nouveau professeur d'Études Moldus.
Note de l'auteur : je suis assez contente de ce chapitre ! J'espère qu'il vous plaira !
Bonne lecture
The Fool
Chapitre 29
"You're the apple of my eye
Girl, I've never loved one like you
I scream it to the nothingness
There ain't nothing that I need
Ain't nothing please me more than you
Ah, home, let me go home
Home is wherever I'm with you
I'll follow you into the park
Through the jungle, through the dark
Moats and boats and waterfalls
I've been everywhere with you"
Home - Edward Sharpe and the Magnetic Zeros
Il régnait dans la chambre des 6ème année une atmosphère de chao mais un chao étrangement confortable. On s'y sentait bien malgré le bazar ambiant. Les affaires de Harry, Weasley, Londubat, Thomas et Finnigan se mélangeaient sans gêne. Une chaussure de Weasley à côté d'un livre de potion de Thomas par terre, des photos de famille de Londubat partageaient le mur avec l'emploi du temps de Thomas et une carte de chocogrenouille représentant Merlin. Il y avait des accessoires de Quidditch partout et des parchemins à moitié gribouillés sur le sol.
Alors que lui et Weasley discutaient du faux médaillon, Harry s'était endormi dans un sommeil qui semblait tout sauf réparateur au vu de la grimace qu'il avait sur le visage. Mais au moins, il dormait. Draco soupira et se pencha pour le recouvrir d'une couverture le plus doucement possible. Merlin seul savait à quel point Harry avait le sommeil léger… Il ferma les rideaux rouges et jeta un sort de silence sur le lit. Quand il se retourna, il remarqua le visage à l'expression fermé de Weasley sur lui.
-Quoi ? Marmonna le blond lun peu agressivement.
-Tu l'aimes vraiment...
Draco ne savait pas vraiment si c'était une question ou une affirmation. Mais il répondit quand même.
-Si ce n'était pas le cas, tu crois que je serais dans votre dortoir ? Répondit-il d'un ton hautain.
Weasley fronça les sourcils, clairement pas satisfait de sa réponse. Draco lâcha un soupire et s'assit sur le coffre de Harry faisant face au roux.
-Ecoute Weasley, je sais, c'est vraiment bizarre. J'ai été le premier surpris par tout ce… changement. Je sais qu'on a longtemps été ennemis, qu'on s'est fait des crasses et qu'on ne pouvait pas se parler sans se taper dessus…
Le rouquin le coupa :
-Malfoy...
Draco se tut, les yeux fixés sur le regard intense du Gryffondor. Jamais il ne l'avait vu aussi sérieux. Le rouquin continua :
-Harry a son lot de malheur sur le dos. L'année dernière il a perdu son parrain, cette année c'est Dumbledore. Son oncle et sa tante l'ont maltraité toute son enfance, il n'a jamais vraiment eu de famille. Sauf nous, les Weasley. Et Hermione. On est une famille. Mes parents le considèrent comme un fils, mes frères et moi comme un frère. Même si parfois mon comportement craint, c'est mon meilleur ami.
Weasley fit une pause, cherchant ses mots. Draco resta silencieux.
-Les choses vont s'empirer à partir de maintenant et Harry va avoir besoin de nous plus que jamais. Etre proche de Harry, ça fait peur et c'est dangereux...
Le blond se leva sans rien dire, les paroles du roux étaient censées, elles valaient autant pour lui que pour le meilleur ami de Ron. Ce n'était pas simple d'être proche de Harry Potter. C'était dangereux et ça faisait peur. Il s'approcha de l'étroite fenêtre de la tour. Dehors, il faisait sombre et certainement froid. Draco ouvrit la fenêtre doucement et sortit un paquet de cigarette de sa poche.
-T'en veux une ? Proposa-t-il au roux qui le regardait faire, les coudes appuyés sur ses genoux.
Weasley refusa d'un geste de la tête et Draco laissa la nicotine faire son boulot. Ils restèrent silencieux. Ron regardait fixement les rideaux tirés du lit de Harry, sans vraiment les voir, lui il regardait Weasley, réfléchissant.
-Weasley.
-Hmm, quoi ?
-Je ne vais partir nul part.
Ils échangèrent un long regard sérieux et les lèvres de Weasley s'étirèrent dans un sourire goguenard :
-Malheureusement, lança le meilleur ami de Harry un peu théâtralement.
OOOO
Harry se réveilla en sursaut, la respiration sifflante et dû regarder un long moment autour de lui avant de comprendre qu'il était dans son lit, dans le dortoir des Gryffondors. Dumbledore toujours mort.
"Draco !" pensa-t-il en écartant les rideaux péniblement mais se sentant étrangement réveillé. Ron, Dean and Seamus étaient en train de chuchoter au centre de la pièce, assis autour du lit de Dean. Probablement à propos des événements de la vieille. En voyant le soleil percé les rideaux de la tour, Harry sut qu'il avait finis par s'endormir la veille.
-Oh Harry, tu es réveillé… annonça Seamus en le voyant sortir de son lit.
Harry passa une main dans ses cheveux en bataille.
-Où est Draco ? Lâcha-t-il.
Dean et Seamus échangèrent en regard un peu paniqué, un de ceux qui veulent dire "oh mon Dieu, pourquoi il parle de ça" et Ron lui montra les rideaux tirés du lit de Londubat.
-Il dort encore, il a pris le lit de Londubat vu qu'il est à l'infirmerie.
Harry lâcha un long soupir de soulagement. Draco était sauf. En vie. Et avec lui.
-C'est vrai alors ? Demanda Dean faiblement. Toi et Malfoy ?
-Qu'est-ce que tu veux dire ? Grinça Harry, contrarié.
-Dean, tait-toi… siffla Ron, menaçant.
Harry les regarda tour à tour, se rendant compte pour la première fois de deux choses : hier, Draco avait perdu son statut de Serpentard et de Mangemort en les aidant. Deuxièmement, les deux jeunes hommes avaient été vus proche, se tenant fermement les mains. Comme un couple.
Harry croisa les bras sur sa poitrine. En fait, il s'en foutait un peu de ce que les gens allaient dire. Toute sa peine était tournée vers la disparition violente de Dumbledore. Draco et les gens à qui il tenait étaient en vie. Mise à part ça, rien n'avait d'importance.
-Draco et moi, oui, on est ensemble. C'est mon copain. Un problème, Dean ?
Dean écarquilla ses yeux, surpris par le ton acerbe de Harry.
-Je… non… enfin… Malfoy quoi…
Il leva les yeux au ciel, fatigué qu'on l'interroge tout le temps sur "Malfoy et lui". Le fait qu'il soit avec Malfoy semblait même plus choquant qu'il soit avec un homme. Il rigola à cette constatation.
-Les profs savent qu'il est ici ? demanda Seamus, un peu soupçonneux.
Ron répondit à sa place :
-Oui, ils savent. Il n'est plus en sécurité avec les Serpentards. Il reste jusqu'à la fin de l'année avec nous.
Harry échangea un regard avec Ron, un peu surpris qu'il défende le blond mais décida de ne rien ajouter. Sur ce silence, Draco émergea de son lit, à moitié endormis, en enfilant rapidement un t-shirt. Le blond s'étira et marmonna dans sa barbe, une tête des mauvais jours sur le visage.
-Hey, bonjour princesse… se moqua Harry, surpris d'être émotionnellement capable de faire des blagues après les événements de hier.
Draco s'approcha de lui en ronchonnant :
-Oh ta gueule Potty le bigleux…
Harry se retrouva envelopper dans l'étreinte d'ours du blond deux ou trois secondes. Puis Draco se sépara de lui et adressa un bonjour de la main aux trois autres garçons.
-Je suis désolé de m'imposer… J'espère que ça gène personne.
Au ton plutôt froid de Draco, Harry sut qu'il avait entendu la conversation entre lui et les autres garçons de gryffondors.
-On en parlait justement, dit Ron en jetant un regard du type "taisez-vous" à Seamus et Dean.
Seamus soupira :
-Allons déjeuner…
Harry se tourna vers Draco mais celui -ci refusa :
-Sans moi, je ne préfère pas croiser de Serpentards.
Personne ne le força à les suivre. Harry n'eut pas la force d'insister.
OOOO
Régulus avait 18 ans maintenant et il sentit un grand soulagement en les célébrant seul, ce jour-là, dans la cuisine déserte du Manoir des Black au milieu de la nuit alors que tout le monde dormait. C'était aussi aujourd'hui que Kreattur était parti en compagnie de Voldemort pour cette fameuse mission secrète.
Il était tôt le matin ou tard dans la nuit (selon l'avis de chacun), cela faisait quelques heures déjà que Kreattur était partit. Régulus frissonna longuement, regardant l'horloge battre les secondes au-dessus de la cheminé, il ne pouvait détacher son regard des aiguilles. 4h du matin. 4h qu'il avait 18 ans, 3h qu'il attendait.
La maison des Black était une vieille barque, il y avait toujours une planche de parquet qui craquait quelque part ou une murmure venant des tableaux qui perçaient le silence. Mais aujourd'hui, rien, juste le bruit presque insoutenable des aiguilles de cette putain d'horloge…
Il ferma ses mains nerveusement sur le verre de whisky qui tenait et regardait la bouteille vide un peu plus loin. "A la tienne" pensa-t-il sans sentir les effets de l'alcool sur lui. Pourtant il avait bu presque la bouteille en entière…
Puis, il eut un crac sonneur et Kreattur apparut dans la cuisine, trempait jusqu'aux os, tremblant. Régulus se redressa brusquement, soulagée de voir son ami sain et sauf.
-Maître Régulus ! S'exclama Kreattur les grands yeux ouverts. Je devais revenir ! Vous me l'aviez ordonné !
Régulus s'agenouilla proche de l'elfe et le regarda attentivement. Il n'avait pas l'air blessé, juste terrifié.
-Kreattur, par Merlin ! Qu'est ce qui s'est passé ? Qu'est-ce que le Lord voulait ?
L'elfe le regarda fixement, la respiration sifflante :
-Magie noire. C'était de l'abominable magie, Maître Régulus… S'il vous plaît, Maître, ne m'envoyez plus jamais avec Lui…
Régulus déglutit ; sentant la panique de l'elfe le gagner :
-Raconte-moi tout, Kreattur.
OOOO
Les trois jours qui suivirent la mort de Dumbledore passèrent à la fois très vite et extrêmement lentement. Draco n'était sorti qu'une fois du dortoir des 6ème année pour voir Slughorn et McGonagall. Slughorn lui avait donner son coffre et ses affaires qui étaient resté dans son dortoir, expliquant qu'il était mieux pour sa sécurité que Draco ne revienne pas chez les Serpentards. Conseil inutile, Draco l'avait très bien compris tout seul. Le professeur de Potion évita son regard tout le temps de leur rencontre, s'agitant dans son bureau, regardant des fioles et ingrédients, lui offrant du "je comprends que la situation ne doit pas être facile pour vous Malfoy", "Oh oh regardez-moi cette belle mandragore", "il serait mieux que vous.. enfin bon, vous comprenez…", "je fais ce que je peux mais bon, les Serpentards sont pas simple, je ne vous apprends rien".
Draco sut qu'il ne pourrait jamais compter sur lui et passa par la suite dans le bureau de McDonagal, ses affaires réduites dans la poche de son pantalon. Etrangement, il se sentait léger, un poids en moins sur la poitrine. Il n'avait plus à mentir à personne.
La directrice des Gryffondors lui lança un regard sévère au-dessus de ses lunettes, elle avait l'air fatigué.
-Monsieur Malfoy, je vous attendais, asseyez-vous.
Draco prit place dans le fauteuil qu'elle lui montra et sentit une migraine lui pointait le bout de nez. Il avait l'impression d'être un paquet empoisonné dont personne ne voulait prendre soin. Trimbalé de professeur en professeur…
-Madame la directrice.
La nouvelle directrice soupira à la façon dont il s'adressa à elle et retira ses lunettes en se frottant les yeux.
-Directrice… par Merlin… marmonna-t-elle en lâchant un rire sans joie.
Elle le regarda alors, avec une certaine douceur, une douceur à laquelle il n'était pas habitué de sa part.
-J'ai une proposition à vous faire. Commença-t-elle en remettant ses lunettes.
Draco croisa ses jambes et se pinça les lèvres anxieusement.
-J'ai parlé avec les membres de l'Ordre du Phénix, vous savez qui ils sont n'est-ce pas ?
Draco acquiesça.
-Rémus a suggéré de vous faire prendre le train dans deux jours comme les autres élèves mais de ne pas vous laissez rentrer chez vous, auprès de votre mère, pour des raisons de sécurité. Si tout se passe bien, vous aurez peut-être l'occasion de parler brièvement avec votre mère sans vous mettre en danger.
-Ma mère est beaucoup plus en danger que moi.
-Oui, j'en conçois. Mais vous êtes mon élève. Je ne peux rien faire pour Narcissa.
La directrice lui donna un regard sévère et se pencha vers lui :
-Ecoutez-moi bien Monsieur Malfoy, si on le fait dans ce sens, il y'a une chance que votre mère s'en sorte. Elle pourra prétendre ne pas être au courant. Si vous êtes en vie, avec nous, vous êtes un danger pour les Mangemorts aussi car vous les connaissez, vous connaissez leur secret, leur habitude, leur techniques… est-ce que vous voyez où je veux en venir ?
Draco avait l'estomac noué mais oui, il voyait au McGonagall voulait en venir.
-Oui, parfaitement.
Ils se regardèrent dans les yeux un instant et elle continua :
-Votre mère restera en vie. Bellatrix Lestrange est peut-être folle, elle n'a pas envie de prendre sa seule soeur et préférera la garder proche d'elle, prisonnière. Et il semblerait que votre mère ne soit pas importante au point que Voldemort refuse cela. Et c'est aussi un moyen de pression qu'il détient contre vous. Il est en ce moment dans votre manoir, il utilise le compte en banque des Malfoy, tant que cela reste comme cela, votre mère restera sauve.
C'était logique mais risqué et Draco voulut y croire.
-Et moi dans tout ça ?
-Vous, Malfoy, vous allez être placé chez les Weasley cet été. Ils ont proposé de vous héberger jusqu'à la rentrée en septembre.
Draco rigola tellement s'était absurde, la rentrée en septembre… comme si la guerre serait terminée en un été et qu'il pouvait revenir ici sans danger.
Ils en avaient parlé rapidement avec Harry, la recherche des horcruxes étaient la priorité et Draco doutait qu'ils soient au sein de l'école. Il fallait cependant attendre que Potter atteigne 17 ans, dans un mois.
Après, seul Merlin savait…
OOOO
La veille de l'enterrement de Dumbledore et de leur départ de Poudlard, Blaise demanda à le voir. C'était une soirée plutôt morose, Draco mangeait sans avoir vraiment faim le sandwiches que les elfes lui faisaient parvenir tous les repas, Granger lui avait apportait des petites cake au chocolat du buffet qui lui redonnèrent un peu de baume au coeur. Rester enfermé dans le dortoir des 6ème année était loin d'être le rêve mais les autres garçons s'étaient habitués à lui. La seule chose positive était de pouvoir dormir avec Harry. Même si un lit de camp avait été rajouté près de la fenêtre pour lui, tout le monde savait bien que une fois les bougies éteintes, Draco partait rejoindre Harry Potter dans l'intimité de son lit baldaquin.
Ce soir-là, Ginny Weasley, son frère, Londubat, Granger et lui jouaient vaguement à un jeu de carte Moldu quand Finnigan débarqua :
-Hé, Malfoy, y'a ton pote Zabini à l'entrée de la tour, il veut te voir !
Ils se regardèrent tous, interloqués et il eut un silence lourd avant que Potter se lève :
-Je vais lui dire de dégager.
-Non, Harry… s'entendit dire Draco un peu trop brusquement.
-Tu… tu veux voir Zabini ?
-Si c'est possible… il n'est pas un danger.
Harry lança un regard à Finnigan et lui dit :
-Je vais aller lui parler ok ?
L'irlandais haussa les épaules et redescendit dans la salle commune.
Harry se dirigea vers son coffre et en sortit la cape d'invisibilité.
-Je vais le faire rentrer avec la cape. Ron, Ginny, vous pouvez venir avec moi ? Vous allez m'aider, il ne faut pas que les gens s'approchent de trop près.
Draco jeta un oeil vers la salle commune des Gryffondors pour regarder Potter faire son petit manège. Le Survivant lui avait dit qu'il avait le droit comme tout le monde de venir passer du temps dans la salle des gryffondors mais Draco s'y était refusé. Il n'avait pas envie de se confronter aux critiques, aux questions et ne voulaient insulter personne en se trimballant comme un petit prince au milieu des rouge et or. Le trio n'avait pas insisté mais en silence, le trio, Ginny, Londubat et même Thomas et Finnigan s'étaient mis d'accord pour rester le plus de temps que possible dans le dortoir, afin qu'il ne soit pas seul.
Potter lui adressa un petit sourire en remontant les escaliers, suivit par Ron et Ginny, à quelques marches derrière lui. Sur le sol, il pouvait voir les chaussures de Blaise dépasser de la cape d'invisibilité.
Draco rentra dans le dortoir, nerveux. Londubat était en train de se préparer pour sortir, ce mec était le spécialiste pour disparaître quand il fallait et lui laisser de l'espace. Car vite, le dortoir se retrouva surpeuplé. Blaise retira la cape, surpris et le regarda, soulagé :
-Draco, par Salazar !
Et à sa surprise, Blaise s'approcha pour le serrer contre lui si fort que Draco sentit son dos craqué. Enfin son ami s'écarta de lui en lui tenant les épaules, le regardant comme pour s'assurer qu'il n'était pas blessé.
Derrière, le blond vit le trio, Ginny et Londubat sortirent en silence, pour les laisser seuls.
Draco se racla la gorge, un peu gêné et s'éloigna de son ami.
-Je vais bien, ne t'inquiète pas pour moi.
Blaise eut un rire sans joie :
-Que je ne m'inquiète pas ? Tu veux rire ? Mec, tu as trahi le Seigneur des Ténèbres…
Draco ricana de l'absurdité de la situation et s'assit sur son lit de camp, allumant une cigarette, en proposant une à Blaise, qu'il accepta.
-Je me doutais qu'il y avait baguette dans la manche avec Potter mais je n'imaginais pas à ce point… Raconte-moi !
Draco haussa les épaules et marmonna :
-Je peux pas trop en dire, mais l'année dernière quand j'ai disparu, j'étais avec Harry.
-Oui, et ça a dû être assez intense, si tu voyais les regards que vous vous jetez tous les deux…
-Oui, hmm… continua Draco, les joues rouges. Intense… c'est le bon mot. Bref, ça m'a fait réfléchir à tout ça, les mangemorts, le Lord…
Blaise soupira et posa une main réconfortante sur son genou. Ils se regardèrent dans les yeux quelques instants, en silence. Draco n'ajouta rien de plus, Blaise avait compris l'essentiel.
-Théo a disparu, il ne répond pas à mes lettres ni à celles des filles, enchaina son ami.
Draco grinça des dents. Si seulement il avait réussi à découvrir ce que Théo manigançait, si il avait réussi à le convaincre de le rejoindre de l'autre côté…
-Les fille sont choquées, elles ne m'en parlent pas mais elles… Pansy est certainement la plus touchée. Elle et Millicent sont parties du château ce matin, continua Blaise.
Draco acquiesça et demanda :
-Et toi ?
-Moi ? Rien, je reste ici, je vis ma vie normalement, personne ne me veut mort ou ne veut me marquer, je ne suis pas un supporter de Potter ou Dumbledore. Je dois remercier ma mère pour ça, elle a sut rester neutre dans cette salle affaire…
Il eut un silence et Blaise ajouta :
-Je pensais que si un truc comme ça se passerait, tu serais venu me voir directement Draco… Après tout, je suis neutre et bi.
Draco rigola :
-Bi ? Ca vient faire quoi là ?
Blaise lui adressa un petit regard en coin et rigola :
-Oh s'il te plait, toi et Potter… je sais bien que tu n'as jamais rien fait avec un mec avant. Ta seule expérience homosexuelle c'est avec moi et c'était un petit bisou de rien du tout !
Dans le souvenir de Draco, c'était plus qu'un petit bisou de rien du tout mais il ne le dit pas à voix haute. Les deux rigolèrent un instant et redevinrent sérieux.
-Blaise, je suis désolé…
Son ami le regarda, un peu blessé et termina sa cigarette.
-Moi aussi, j'aurais aimé pouvoir être là pour toi…
Draco soupira :
-Tu es là…
Blaise lui lança un regard triste et murmura :
-J'espère qu'un jour, cette guerre sera terminée, qu'on sera tous en vie et qu'on sera toujours amis…
Draco aussi ne rêvait que de ça. Il prit la main de Blaise et la serra dans la sienne. Ils n'étaient pas naïfs, ils savaient bien que après cette entrevue furtive, ils seraient séparés et Merlin seul savait quand ils se verraient. S'ils survivaient à cette guerre.
-Moi aussi, Blaise.
OOOO
Régulus vomissait sans parvenir à s'arrêter. Il dégueulait de l'eau noir, qui sentait la magie noire. Il avait l'impression de sentir encore les inferis autour de lui, essayant de l'entraîner au fond du lac. Il voulut hurler mais la nausée le prit encore un fois.
-Rég ! Mon dieu ! S'exclamait Maverick à côté de lui, paniqué.
Il voulait le rassurer, mais il n'avait plus de souffle et sa gorge le brûlait. Il vomit de l'eau de nouveau. Ces vomissements n'étaient pas naturels. C'était comme si ses poumons et son estomac se remplissaient de l'eau empoisonné du lac par magie. Sans fin. Sa bouche avait goût de mort.
Narcissa allait et venait dans le bureau de son mari, des fioles entre ses mains tremblantes en s'exclamant d'une petite voix aiguë :
-Par Merlin ! Par Merlin ! Du sang de Dragon ! Oui voilà, oh, de la poudre de fée !
Elle préparait une potion. Plus loin, Kreattur sanglotait, apeuré, serrant le médaillon entre ses mains. L'horcrux.
Par miracle, l'elfe avait réussi à l'extirper des eaux sombres du lac dans la caverne avant de les transporter chez Narcissa. Régulus savait qu'elle y était seule pour la semaine et elle était la seule à lui faire confiance. Avant que les vomissements le saisissent, il avait réussi à demander à Kreattur d'aller chercher Maverick.
-Narcissa, que ce passe-t-il ? Criait Maverick, visiblement paniqué.
Sa cousine s'arrêta pour le regarder un instant :
-Je ne sais pas ! S'exclama-t-elle hystérique.
Elle passa sa baguette sur son corps et lui fit boire une Potion entre deux vomissements et encore une autre. Puis ce fut le noir.
Régulus flottait entre deux mondes, il percevait les paroles de Narcissa, pouvait sentir la main chaude et tremblante de Maverick qui serrait la sienne. Étrangement, la voix de sa cousine et la main de son petit copain agissait comme une ancre sur lui. L'empêchant de dériver vers des rives lointaines… sans retour…
Puis, après ce qui semblait une éternité, il débarqua enfin. Il n'arriva pas immédiatement à ouvrir les yeux mais pouvoir entendre clairement Narcissa et Maverick :
-C'est terrible, il ne peut pas rester en Angleterre, le Lord va le découvrir, il va se venger… Et je ne sais pas ce que Kreattur a entre ses mains mais…
Silence. Maverick serra sa main doucement :
-Nous allons partir loin, quand il se réveille.
-Partir ? Murmura son elfe, la voix brisée. Maître Régulus va partir ?
Silence.
-Kreattur, Régulus n'est pas en sécurité ici.
-Il sera en sécurité s'il reste au manoir avec moi.
Sur cette phrase, Régulus arriva à ouvrir les yeux et toussa, la gorge le faisait horriblement souffrir.
-Régulus ! S'exclamèrent-t-ils tous.
Il se redressa péniblement et accepta le verre d'eau que lui proposait Narcissa.
-Comment tu vas ? Oh par Merlin, tu nous as fait si peur !
Sa cousine le serra contre lui avec force et Régulus laissa échapper une larme.
Sa cousine l'avait sauvé, il le savait, elle était la femme la plus forte qu'il connaisse.
-Je vais bien… je vais bien… dit-il d'une voix faible.
-Qu'est-ce qu'il s'est passé Régulus ? Tu as failli mourir !
Ils le regardèrent un instant et Régulus se tourna vers Kreattur :
-Donne-moi ça s'il te plaît.
Le médaillon atterrit entre ses mains, trop lourd pour sa taille et entourait de magie.
-Qu'est-ce que sait ? Demanda Maverick en regardant l'artefact avec dégoût.
-Quelque chose de dangereux que nous ne pouvons pas garder… Kreattur, je vais te confier une mission.
-Tout ce que vous voulez Maître.
Régulus lui tendit le médaillon, son cerveau fonctionnant à toute allure. Il fallait que son plan réussisse.
-Pendant mon absence, il faut que tu trouves un moyen de le détruire.
-Absence ? demanda l'elfe d'une petite voix.
Si seulement Régulus pouvait amener Kreattur, son ami, avec lui… Mais c'était trop dangereux.
-Dis leur que je suis mort, Narcissa, s'il te plait, dis-leur que je suis mort. Ne parle de ça à personne. Et ne me demande pas ce qu'il s'est passé. Moins tu en sais, mieux tu te porteras.
"C'est trop dangereux" pensa-t-il. "Je les ai mis en danger".
Narcissa voulut ajoutait quelque chose mais il la coupa :
-On a pas beaucoup de temps, fait ce que je te dis. Toi aussi Kreattur, trouve un moyen de le détruire. Maverick…. je… je dois partir, je ne peux pas rester… je suis désolé…
Son copain lui adressa un regard déterminé et se redressa :
-Ne t'excuse pas, nous en avons discuté, je viens.
-Non je.. Mave…
-Je viens. Point final. On quitte l'Angleterre.
-Un jour, le Lord sera vaincu, je le sais. Je te promets, Maverick, que l'on reviendra.
Narcissa explosa en sanglots en le serrant contre elle.
Fin du chapitre 29
Bon voilà ! Un long chapitre et les choses changent ici =) Oui oui, Régulus survit et le voilà donc en fuite ! Reste à savoir quand il retrouvera Draco et Harry… ah ah ah… La suite dans une semaine !
On suivra uniquement Draco et Harry (principalement Draco en faite…)
A dans une semaine !
Des bisous
The Fool
