- Bonjour !
Lorsque le mot jaillit des lèvres, Croyance sursauta et se tourna vers la rousse qui se tenait à quelques pas de lui.
- Tu as l'air perdu. Surchauffe à cause des examens ? Rit-elle.
- Euh… Je n'étudie pas ici. Souffla Croyance, baissant les yeux derechef.
- Tu n'étudies pas ici ?
- Je ne sais pas exactement ce que je suis. Ils disent « Cracmol »…
- Oh non, je suis désolée. Répliqua-t-elle.
Elle élança ses bras autour de lui pour lui faire un câlin et il la repoussa d'un coup, les bras tremblant. Il se retourna pour courir vers le bout du couloir où Newt et Percival discutaient avec Minerva qui montrait les trophées dont ils étaient si fiers lorsque l'occasion se présentait.
Il vint s'accrocher au bras de Newt qui tourna la tête vers lui et passa sa main dans ses cheveux.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Questionna-t-il à voix basse alors que Minerva parlait des matchs de Quidditch qu'elle avait gagné.
Percival l'écoutait avec soin, commentait lorsque l'occasion s'y prêtait. Mais il devait surtout dire qu'il était épaté lorsqu'il voyait cette femme. Il ne se serait jamais imaginé qu'elle puisse voler sur un balai et attraper des balles pour les jeter entre des cerceaux.
D'un autre côté, il n'était vraiment pas friand des vols en balai et quand il voyait quelqu'un du même genre que lui, il pensait qu'ils pensaient de même. Ou c'était seulement son genre.
- C'est cette fille qui m'a pris dans ses bras…
Il montra la rousse, toujours devant les trophées et les plaques de commémorations.
- Ce n'est pas grand-chose. Répondit Newt. Tu me fais bien un câlin, là. Lui dit-il avec un gentil sourire.
- C'est différent. Souffla l'adolescent.
Le châtain acquiesça. Il ne pouvait pas le blâmer alors qu'il avait toujours les froufrous jaunes devant une grande partie de son corps. Et il ne voulait même pas se tourner vers elle pour la regarder de son côté… Il écoutait d'une oreille discrète l'histoire de sa mère. Celle qu'il avait entendue tant de fois mais que ça faisait tellement plaisir d'entendre à nouveau. Sa mère rayonnait lorsqu'elle parlait du passé !
- Alors c'était vrai ! S'écria une voix bourrue.
Les têtes se tournèrent. Le visage de Newt se souleva et ses yeux s'écarquillèrent avant de scintiller de joie.
- Je pensais qu'on ne te reverrait pas avant longtemps !
- Six ans, c'est long ! Répondit Newt avec un rire chaud.
Percival haussa un épais sourcil en voyant la créature qui s'avançait. Grand de plusieurs mètres, il les dépassait tous et son visage était dissimulé par ses cheveux et sa barbe touffue, brune et crolée.
Cet énergumène se hâta vers Newt, se penchant pour le prendre dans ses bras. Croyance fila se cacher derrière le Maire qui comprenait son désarroi. C'était probablement la seule personne contre laquelle il hésiterait quelques secondes à défendre Newt. Pas qu'il ne le ferait pas, au contraire ! Il se permettait juste quelques réserves.
Heureusement, il semblait très amical.
- Qui vous a donné les Limaces de Feu ?
Percival tourna la tête vers Minerva.
- Pompom Pomfresh, elle est un peu la médecin du village. C'est…
Il préféra couper court après juste quelques quarts de secondes de réflexion.
- Une amie.
La Directrice plissa le front.
Aie. Elle savait qu'il y avait bien plus que ça. Et s'il détournait la discussion ?
- D'accord. J'espère que vous ne ramènerez pas d'autres animaux. Dit McGonagall.
- Newt a tous les permis.
- Qu'est-ce qu'elle… il… Newt pourrait ramener ? Questionna l'adolescent, dressant un regard timide vers Graves.
Pourtant tout dans son attitude laissait croire qu'il s'adressait à la femme. Heureusement pour eux, ils aimaient profondément Newt et avaient appris à remarquer sa façon de faire ce qui était plus aisé pour interprété la timidité maladive de Croyance…
La Directrice regarda son fils puis le garde-chasse qui parlaient avec animation, le premier présentant son Botruc, un immense sourire aux lèvres.
- Cerbère, Licorne ou Acromentule ? Lâcha-t-elle avec l'ombre d'un sourire en coin.
Les yeux de Croyance s'écarquillèrent.
- Les Licornes existent ?!
- Tu vis avec Newt et tu es surpris par les créatures fantastiques qui existent ? Se moqua Percival.
L'adolescent rougit et baissa la tête en serrant le bas de sa chemise entre ses poings.
- Ce n'était pas méchant.
Il lui caressa les cheveux et jeta un coup d'œil vers son amant qui se tourna justement vers eux, un sourire mutin aux lèvres. Du genre que son compagnon aimait tellement et qui lui donnait juste envie de le prendre dans ses bras pour l'embrasser.
Mais pas en public.
- Je ne vais pas ramener d'Acromentule à la maison. Même moi, je ne saurai pas m'en occuper. Dit-il.
- Je suis sûr que tu le pourrais. Répondit Graves.
- Tu n'es pas objectif.
Son regard se perdit sur la poche de Hagrid, reprenant leur discussion pour parler de son Cerbère. Mais Croyance put entendre le mot « Licorne » être dit une ou deux fois. Il aurait voulu tendre l'oreille mais il ne se le permit pas, préférant essayer de n'entendre ni cette conversation, ni l'autre.
- Rubeus.
L'immense homme se tourna vers la Directrice.
- Madame McGonagall, excusez-moi de ne pas vous avoir saluée. Dit-il.
- Ce n'est rien. Mais est-ce que vous voulez garder mon fils. Momentanément, bien sûr. Ajouta-t-elle avec un sourire.
- Bien sûr. Répondit-il, son sourire étant tellement immense qu'il atteignait chacune de ses oreilles.
- Je pensais emmener ton… ami dans mon bureau et nous consulterons les archives. Quant à votre protégé, il peut se mêler aux autres enfants.
Croyance leva les yeux d'abord vers le Maire, ensuite vers son autre protecteur. Lequel lui tendit la main pour l'inviter à venir, comprenant, du coin de l'œil, qu'il avait besoin d'un lieu de repli.
- Vous allez où ? Demanda Percival en mettant sa main sur l'épaule de l'adolescent.
- Forêt Interdite. Répondit Rubeus avec un peu trop d'excitation.
Et Newt souriait également, ayant hâte de voir plus d'animaux mais il avait l'air de comprendre le problème. L'homme secoua la tête.
- Croyance, tu peux survivre, on vient te rechercher. Tu pourrais apprendre quelques sorts. Va près des premières années. Ils ont onze ans.
Le Cracmol, qui ne l'était pas tant, acquiesça.
- Ça ira ? S'assura Percival comprenant que ça pouvait ne pas le faire pour un millier d'autres raisons…
Encore une fois, on acquiesça.
- Si ça ne va pas, dit que tu veux voir la Directrice. Ou que tu es avec Newton Dumbledore.
- D'accord.
Newt vint le prendre dans ses bras pour lui remonter le moral.
- On se revoit vite. Assura-t-il.
- D'accord.
- Pickett, mon grand, tu veux bien rester avec Croyance, s'il te plaît ? Invita-t-il d'une voix douce. On se revoit très vite.
Le Botruc regarda l'adolescent et profita que son arbre caresse la joue de celui-ci, la robe toujours dans un bras, pour grimper sur l'autre épaule, visiblement un peu déçu.
- Je t'aime. On se retrouve très, très vite. Tu m'es trop précieux pour que je te laisse, même à Croyance !
Percival sourit face à ces mots d'amour qu'il ne pourrait même pas espérer ! Il regarda son aimé se tourner vers le grand homme qui se pencha vers lui, regardant la tenue qu'il avait encore dans les bras.
- C'est Queenie qui a fait ça ? Elle est tellement douée !
Il tendit la main et attrapa la robe qu'il prit pour la regarder. Un geste qui n'avait rien de mal, ce pourquoi Newt n'avait pas résisté. Mais il rougit de toutes ses forces et il pivota pour montrer son dos à son compagnon. Lequel se tourna également.
- Madame McGonagall, je peux vous suivre dans le bureau ?
Newt pensa « merci » alors qu'il répondait à Hagrid, lui parlant de ce qu'était devenue Queenie puis aussi Tina. Il mentionna Jacob sans craindre de mentionner qu'il était Moldu. Il fit un signe de main vers Croyance alors qu'il suivait cet homme à l'extérieur du château.
La rousse qui se tenait à quelques pas, pinçait légèrement les lèvres, voyant ce pauvre garçon si inquiet. Mais c'était sans compter sur…
- Mademoiselle Evans ?
Percival s'était penché vers McGonagall et quelques secondes plus tard, elle se tournait vers la demoiselle pour l'appeler.
- Est-ce que vous voulez bien vous occuper de…
- Croyance. Dit le Maire.
- Croyance.
- Très bien. Je ne te toucherai pas. Assura la rousse vers l'adolescent.
Celui-ci resta muet et fit un pas de côté puis s'approcha de la jeune fille qui était toujours aussi enthousiaste. Croyance lui emboîta le pas t s'ils sortirent par la même porte que Newt et le grand bonhomme, finalement, ils se retrouvèrent dans trois endroits différents…
µµµ
- Tina, n'oublie pas un parapluie !
- Ou un sort.
La brune se tourna vers le petit couple qui se tenait à quelques pas d'elle. Le premier à avoir parlé était bien sûr Jacob qui était maintenant un peu rouge. Il pensait trop comme un Moldu.
- C'est très mignon. Dit Queenie en lui posant un baiser sur la pommette. Je t'aime. Et tu es un Moldu !
Tina prit son manteau qu'il enfila et elle se tourna vers la porte, jetant un regard vers la fenêtre qui montrait comme il pleuvait à torrent. Elle attrapa son chapeau pour l'enfiler.
- Et pourquoi tu ne transplanterais pas ? Proposa Jacob.
- Transplanerais. Le rectifia gentiment sa compagne.
- Ce n'est pas très loin. Je peux marcher. Répondit l'adjointe en souriant. Je file et…
- Je prépare quelque chose de chaud pour quand tu reviendras ! Qu'est-ce qui te tenterait ? Coupa sa sœur. Oooh ! Oui, je peux faire de la choucroute. Avec sandwich ? … Parfait !
- Elle veut des sandwichs ? Questionna Jacob.
- Oui !
- Génial, je les ferai !
- Je n'en doutais pas !
Tina sourit en regardant ce petit couple si bien assorti. Il lui faisait penser à ses parents dans les jeunes années. Non. Parce qu'ils étaient encore plus adorable et qu'elle n'aurait jamais pu comparer Jacob à leur père après tout ce qu'il s'était passé. Quoique Queenie aurait pu être sa mère.
En de nombreux points.
- Merci ! Je trouve aussi que Jacob est bien mieux. Sourit la blonde. Maintenant, file. Zou ! Rit-elle en agitant la main.
La brune sortit enfin, levant sa baguette pour former un parapluie. Il faisait tellement pluvieux que des petits rivières se formaient ci et là, le courant ayant presque l'air inquiétant. Si c'était des torrents et pas de mince ruisseaux, bien sûr.
Les nuages étaient noirs dans le ciel et elle se dirigea vers la maison du Maire où elle devait aller. Elle avait promis à Percival qu'elle s'en occuperait alors qu'elle avait dû passer toute la matinée à surveiller la ville. Elle était passée voir les membres de la « Confrérie du Mal »… toujours pas d'informations sur Tom Jedusor. Toujours rien à noter si ce n'était trois morts.
Mais ils le savaient.
Ils avaient même pu mettre le crime de Percival sur le dos de cette attaque moldue. En fait, seul Newt et le Maire savaient pour la mort alors c'était passé sans problème…
Elle trottina à travers la rue, traversant des routes pour finalement arriver au bâtiment. Grâce à son jeu de clé, elle ouvrit la porte, entra et s'essuya les pieds. Elle avait à peine frotté deux fois ses semelles qu'une tête fripée avec de grandes oreilles et des yeux globuleux braquer sur elle. Il tendait ses petites mains vers elle pour prendre son manteau et son chapeau.
- Je peux vous débarrasser ? Questionna-t-il.
- Merci, Islander.
Elle retira son manteau et son chapeau pour le donner à l'Elfe, juste le temps qu'il les installe au porte-manteau. Elle se rendit au bureau qu'utilisait toujours son ami et elle s'y assit, prenant la pile de parchemin pour la consulter.
- Mademoiselle ? Je peux vous aider ? Questionna jovialement Huck.
Il ressemblait beaucoup au premier si ce n'était que ses yeux étaient plus clairs, ses oreilles plus hautes et qu'il portait une taie d'oreiller jaune. Souvent, Tina se demandait si c'était parce qu'il était en fait une femelle ? Elle savait que Hozaille en était une aussi, portant un vieux pull pour bébé dans les tons pêches.
- Je cherche les informations sur Tom Jedusor.
- Le Maître n'est pas parti pour chercher les informations ?
- Il est allé chercher celles sur Modestie Bellebosse. Répondit Tina en consultant un papier.
Elle entendit un hurlement et sursauta. Ses yeux se baissèrent vers Huck qui venait de s'écraser les doigts avec un presse-papier.
- Huck !
Elle se leva et contourna la table pour lui attraper les mains.
- Mais qu'est-ce qu'il t'a pris ?! Protesta-t-elle vivement.
- J'ai oublié ce que le Maître a dit. Couina-t-il.
- Ce n'est rien voyons.
- C'est très grave !
Tina savait qu'elle ne pouvait rien faire. Si elle devait s'occuper de la Mairie en l'absence de son ami, elle ne devenait pas pour autant la Maîtresse des Elfes de Maison. Elle ne pouvait rien faire si ce n'était compatir avec leur douleur…
- Huck, tu peux me trouver les informations sur Tom Jedusor ? Tenta-t-elle tout de même dans l'espoir de ne pas le voir se faire plus de mal.
- Tout de suite !
La femme savait aussi qu'elle devait vérifier tout ce qu'il en retournait avec la ville, faire un peu de paperasse. Pour la première fois depuis que Percival était Maire, ce n'était vraiment que les Elfes de Maison qui avaient reçu les plaintes.
Les autres fois où il avait dû s'absenter, pour le travail, les citoyens avaient été prévenus et personne n'était venu déposer la moindre plainte. Encore heureux.
Pas cette fois.
Ils avaient croulés sous cinq ou six plaintes et Tina n'aimait pas la publicité que sa faisait à Percival.
Les attrapant, elle regarda les noms qui étaient inscrits au-dessus. Elle fronça les sourcils et regarda la liste de la « Confrérie du Mal » qui était toujours installée dans un tiroir qu'on ne pouvait ouvrir qu'avec une formule spéciale. Tina était une des personne l'a connaissant, bien sûr.
La consultant, elle se retrouva avec un fait : c'était tous des membres de ces gens. Elle espérait que Jacob pourrait l'aider…
