Les listes, les bouquins et ce qui n'en est pas : Partie 1
Les escaliers n'arrêtaient pas de bouger, n'en faisant qu'à leur tête. Alors qu'ils avaient prévus d'aller à droite, ils se retrouvaient à aller vers… eh bien, Percival n'en avait pas la moindre idée mais il n'était pas sûr qu'ils rejoindraient le couloir menant aux salles réservées au professeur en passant par-là.
Toutefois, devant lui, McGonagall ne semblait pas le moins du monde préoccupée…
- Où est-ce que ça donne ?
- La bibliothèque.
Il fronça les sourcils.
- Ce n'est pas là qu'on doit aller. Répondit-elle comme si elle avait vu son expression.
Et en un sens, il n'en doutait pas. Queenie était Legillimens, elle avait peut-être hérité ça de sa mère ?
- Nous allons prendre d'autres escaliers. Nous ne ferons pas entendre raisons à ceux-ci. Ils sont très butés.
Soudainement, les escaliers bougèrent et Percival perdit l'équilibre, tombant sur la marche qui craqua légèrement en signe de protestation.
Il leva la tête et vit qu'ils revenaient sur leurs pas, pour ainsi dire, menant directement vers le pallier que la dame lui avait désigné tout à l'heure.
- Oh, voilà qui est aimable. Dit Minerva en grimpant les marches.
Le Maire ne put retenir un sourire, comprenant que tout ça avait été fait exprès… Cette femme était non seulement futée mais pleine de surprise. Et il était bien moins étonné des enfants fantastiques qu'elle avait mis au monde. D'autant plus que Dumbledore, on l'aimait ou on ne l'aimait pas, n'était pas sans reste non plus.
Graves se redressa et marcha rapidement derrière la femme qui le mena vers une porte, le guidant vers un couloir menant directement vers une impasse. McGonagall lança un « Californian Spangled » aussitôt, l'énorme hibou qui se tenait sur le mur déployait ses ailes, les agita et les étendit pour ensuite pivoter et dévoiler des escaliers qui grimpaient vers Dieu, et McGonagall, sait où. Elle s'avança et fit signe à l'homme de la suivre, ce qu'il fit bien sûr.
Ils grimpèrent les marches ensemble pour arriver dans une grande salle avec un énorme bureau en son centre et des tentures vertes un peu partout. Même devant les bibliothèques surchargées de livres au point qu'on avait dû en mettre certains sur la tranche, au-dessus de ceux qui peinaient déjà à se faire de la place. Des escaliers menaient vers une autre salle dont on voyait la porte dépasser de sous une autre tenture tout aussi verte. Allez savoir ce qu'il y avait là-derrière…
Il remarqua également un perchoir surmonté par une créature impressionnante. Ses plumes chatoyaient d'or et de rouge. L'air fier, la créature au moins aussi grande qu'un signe le dévisageait de ses yeux noirs et perçants.
McGonagall utilisa un accio pour faire apparaître le registre dont elle avait besoin et elle le guida vers le bureau où elle l'ouvrit d'un coup de magie.
- Jeune Graves…
- Madame McGonagall ? Dit-il en retour.
- Il me semble que vous entretenez de bonnes relations avec mon fils ?
- Oui.
Elle eut un mouvement de tête vers un autre ouvrage dont il s'approcha. Il s'avérait que c'était un petit cahier qui regroupait différentes coupures de presses. Il fronça ses épais sourcils et saisit le carnet pour le feuilleter. Ici, il découvrait ses notes, là un article qui le louait comme bon élève, à gauche des informations sur son père, en-dessous des louages sur la Forêt de Dean. Rien de récent mais des photographies de lui et son père qui lançaient des sourires. Il se trouva aussi en compagnie d'anciennes demoiselles. L'une d'elle était par ailleurs une photographie avec sa classe où sa petite amie était blottie contre lui en riant.
Elle ignorait que trois jours plus tard, tout ça serait fini.
- Pourquoi ? Dit-il.
D'un coup de magie, l'ouvrage lui échappa des mains et il se tourna pour montrer la triste vérité : « ce cahier appartient à Albus Dumbledore. »
- Informations sur les Graves. J'ai retrouvé ça.
- Vous l'avez consulté ?
- Je n'ai pas besoin de le consulter pour voir quel genre de personne vous êtes.
Les dents de Percival se serrèrent légèrement. Il luttait pour ne pas montrer sa colère. Tina lui avait dit comment son père avait voulu lui livrer une de ses filles pour atteindre son père. Il n'avait pas voulu le croire. Qui aurait pu admettre qu'un homme donnerait ses filles, surtout s'il les aimait autant qu'il le prétendait, pour traverser des desseins plus sombres.
- Je l'ai lu, c'est vrai. Mais je n'en avais pas besoin. Et je ne pense pas que tout reste marqué dans le marbre.
Percival repassa les pages en revue. Son cœur rata un battement lorsqu'il vit cet article qui parlait de garçons ayant hallucinés. Même ça, Albus l'avait trouvé ! Il n'avait que neuf ans mais ça promettait déjà ce qu'il serait…
- Je vous le rends. Je ne sais pas si vous voulez que Newt le voie. Vous pouvez le détruire.
- Newt sait absolument tout. Tout ce que j'ai fait et tout ce qui est arrivé à cause de moi.
Minerva leva les yeux vers lui derrière ses lunettes. L'homme serra les mâchoires derechef, ayant l'impression qu'on remettait en cause tout ce qu'il était…
- Vraiment ?
Percival ne répondit pas à ça, refermant le cahier.
- J'aime Newt et j'aime à penser qu'il l'aime aussi. Je pense qu'il m'aime. C'est des fois difficile d'en être sûr sachant que les déclarations d'amour, il les fait à ses animaux. Dit-il avec un ton d'humour.
- Il parle de vous en bien.
Elle baissa à nouveau la tête et consulta l'ouvrage.
- Je pense qu'il a beaucoup d'affection pour vous.
Les mots réchauffaient son cœur. Il pensait qu'ils étaient vrais à voir la façon dont son amant le regardait toujours, à voir la façon dont il riait lorsqu'ils étaient ensemble et dont il lui pardonnait certaines choses. Il pensait que la première fois, c'était à cause de la Lune de Miel qu'ils vivaient. Dire « ça va » pour rester avec une personne qui vous intoxiquait. Maintenant, après trois mois, c'était le moment où des manies pouvaient commencer à agacer, que le quotidien s'instaurait…
Et Newt acceptait toujours ses défauts.
- Qu'est-ce que vous pensez de ses animaux ?
Percival ne put retenir son rire alors qu'il cherchait à s'occuper, la nervosité le gagnant. Il ne pouvait consulter ce maudit cahier et il ne pouvait aider Minerva, elle était sur le registre magique et beaucoup beaucoup trop imposant…
- Il y en a beaucoup. Beaucoup trop. On a déjà eu des trous dans le plancher, j'ai déjà écrasé des boules de pas-poil et je ne supporte pas Clay… mais Newt aime ces animaux et c'est son travail.
- Donc vous les accepter ?
- Oui.
Il s'appuya sur le bureau.
- J'aime bien Pickett et Milly. Botruc et Fléreur. J'ai tendance à oublier Hans, l'Hippogriffe, qui doit vouloir ma peau et Dugall, le Demiguise, est assez vif pour que je ne l'écrase pas. Et je lui ai présenté les Sombrals… Ils restent avec nous parce que Newt les nourris…
Minerva avait l'impression qu'il ne répondait pas exactement à la question mais la façon dont il parlait de tout ça en disait long.
- Vous savez comment vous devrez vous y prendre le jour où il y aura un accident ?
Il leva les yeux vers elle.
- Une mort ? On a perdu un Botruc… Et aussi un Hippogriffe. Vous étiez là.
Il secoua la tête.
- Ce n'était pas beau à voir. Newt s'en voulait beaucoup… S'il n'avait pas été l'acheté pour l'emmener se battre avec nous contre père, ce ne serait pas arrivé. C'est ce qu'il disait. Il se sent d'autant plus responsable de Hans à cause de ça. J'ai fait de mon mieux mais je n'ai pas l'impression que j'ai réussi quoi que ce soit. Expliqua-t-il.
- Je pense que c'est faux. Quand lui avez-vous offert le Fléreur ?
- Une tentative désespérée. Répondit Graves.
Il se redressa complètement et regarda le livre.
- Jedusor…
- Je suis au J. Répondit-elle.
Elle passa les pages en revue. Il semblait qu'elle avait beau en tourner, elle n'avançait pas. Et ça crispait Percival au plus haut point. Il faisait à présent les cent pas en se passant régulièrement la main dans les cheveux. Alors qu'il passait plus près du Phoenix, celui-ci poussa un cri et il grinça des dents avant de se reculer d'un pas, se frottant l'oreille.
- C'est Fumseck. Dit Minerva.
Il se tourna vers elle.
- Le Phoenix d'Albus. Il ne peut pas le garder en prison. Logique.
- Alors vous le gardez ?
Elle leva les yeux et croisa son regard. Les sourcils de Percival se froncèrent de plus belle, craignant d'avoir compris.
- Je peux vous poser une question ?
- Seulement si je peux vous en poser une ensuite. Répondit le Maire.
- Naturellement. Invita-t-elle.
Elle tourna une autre page, donnant encore l'impression de ne rien faire.
- Est-ce que vous accepteriez de prendre Fumseck ? Je pense qu'il sera entre de meilleures mains avec Newt.
- Je le pense aussi. Je crois qu'il en veut à son père mais nous n'en parlons pas… Toutefois…
Ce qu'il allait dire était cousu de fil blanc.
- Même s'il lui en veut, il s'occupera bien de ce Phoenix.
- Oui. Et il l'appréciait beaucoup. Il s'en est longtemps occupé. Il a appris à s'occuper d'un animal en se préoccupant de lui. Expliqua la femme.
Percival ne retint pas un sourire. Il n'avait jamais entendu ça. Même s'il avait souvent entendu des histoires sur les animaux dont Newt s'était occupé. Il lui avait parlé du Fléreur que sa mère avait sauvé, du Vivet Doré qu'il n'avait pas pu sauver et qui était mort près de lui ou même des Gnomes de Jardin. Voire des insectes particuliers comme les Grinchebourdons, les Vampirmites, les Veracrasses…
Jamais le Phoenix.
- Le Manoir est grand alors il y aura de la place pour lui. J'accepte. Ça lui fera plaisir.
La femme le remercia d'un sourire presqu'entier puis elle revint à ses recherches dans les livres. Elle était déjà aux « Je » elle devrait rapidement pouvoir mettre la main sur Jedusor.
- Et votre question à vous ? Questionna-t-elle.
Percival inspira de l'air. Il fallait qu'il trouve la façon de s'y prendre. Ses doigts tapotèrent la table et il baissa le visage. Minerva ne cherchait pas à le presser, continuant de chercher pendant qu'il était silencieux.
- J'aime votre fils. Dit-il.
Il releva le visage pour la regarder.
- Je l'aime vraiment de tout mon cœur. Je sais qu'on est ensemble depuis quatre mois et je sais aussi que je l'aime depuis même pas une demi-année. Mais je l'aime.
Minerva posa sa main sur le livre son doigt en-dessous d'un nom. Elle leva les yeux vers lui.
- Je ne veux pas imaginer ma vie avec quelqu'un d'autre que lui. J'aimerais votre permission pour demander Newt en mariage.
