- Pickett !

Les petits doigts verts presque translucident s'enfoncèrent dans la peau, cherchant à atteindre les globes occulaires. Croyance écarquilla les yeux et se recula de deux pas, le corps tremblant alors qu'il luttait contre des pensées contraire.

- Pickett ! Arrête ! Ordonna Newt.

Mais rien à faire ! Il voulait défendre son arbre plus que tout et ses ongles s'enfonçaient toujours un peu plus. Sans atteindre l'orbite, il faisait saigner le tour, descendant jusqu'à la pommette alors qu'il tentait de s'accrocher malgré l'agresseur qui le tirait.

- Pickett ! C'est Percival !

Les mots pouvaient tout aussi bien être prononcés dans une langue inconnue, ça aurait été du pareil au même pour la petite créature. Peut-être tenait-elle enfin sa vengeance pour toutes les fois où cette personne essayait de lui voler son arbre.

Newt plongea sa main sous la veste pour en tirer sa baguette alors que son compagnon tentait de ne pas faire mal à l'animal en l'éjectant. Le châtain savait à quel point la douleur était fulgurante…

- Pickett, lâche-le. Ne m'oblige pas, je t'en prie. Dit Newt d'une voix qui tremblait beaucoup trop.

Le Botruc tourna la tête et vit la baguette braquée vers lui et l'expression de son arbre. Si une main était menaçante, l'autre l'accueillait. Il lui tira la langue mais retira ses ongles vivement et sauta dans la paume ouverte de Newt alors que Percival poussait un grognement. Il pressa sa main sur son visage, maudissant cette mauvaise graine !

Croyance s'appuya contre le mur, le souffle accéléré. Il avait eu l'impression que ses pouvoirs allaient exploser… Il leva les yeux vers sa Fée qui venait de glisser sa baguette entre ses lèvres et serrait Pickett contre lui. De sa main libre, il dégagea celle de son homme pour voir les dégâts.

Cette scène de pure violence botrucienne et de panique n'avait été que quelques minutes. Aussi, les portes furent seulement franchies par un professeur courant. Elle portait les couleurs de Serdaigle et elle avait l'œil vif.

Percival se tourna en l'apercevant, lui présentant son dos. Newt ne la regarda pas plus, trop occupé à faire apparaître un peu de glace, à la rattraper, à remettre sa baguette entre ses lèvres puis à appliquer ladite glace sur la blessure. Pickett boudait en se serrant contre son arbre.

- B… Bonjour. Fit Croyance en voyant que les adultes avaient oubliés toute politesse.

Ou parce que les yeux dorés l'effrayaient…

- Je peux savoir pourquoi vous faites tout ce chahut ? Vous êtes…

La femme s'arrêta sur leur tenue avec stupeur. Pas de robe rituelle, pas même l'uniforme habituelle. On ne trouvait même pas le moindre vêtement qui indiquerait leur Maison.

- Newton ?!

Il jeta un regard à la femme qui le regardait en souriant et il répondit à son sourire avant de revenir à Percival.

- Bonjour ! Ça fait plaisir de vous revoir.

- On regarde les gens quand on dit ça ! Mais vous avez fait beaucoup de bruit. Leur reprocha-t-elle d'un ton sévère. La Directrice n'aime pas qu'on dérange les autres élèves.

Graves leva légèrement les yeux au ciel et Newt n'avait pas besoin des pouvoirs de sa sœur pour savoir qu'il remettait tout ça en cause. Et pour cause ? On entendait les cris et le chahut des élèves trop occupés à prendre leur petit-déjeuner en parlant de leurs rêves ou en se plaignant des cours à venir.

- Il y a juste eu un petit accident. Croyance, tu peux déjà aller manger. On arrive.

Il bougea la glace car le sang ne s'écoulait plus. Percival ne put retenir un grognement et leva la main pour effleurer sa blessure. Son poignet fut saisi.

- Je te conseille de ne pas faire ça à moins que tu veuilles une minerve ? Souffla-t-il avec un sourire.

Et s'il était doux et que Percival voulait l'embrasser, il sentait aussi les accents sévères qui y étaient cachés.

- Un accident avec un animal, pas vrai ?

Le professeur regardait le sang sur les doigts du Botruc qui commença à les essuyer sur son manteau.

- Ce n'est rien, Percival m'a fait mal et Pickett s'est inquiété.

L'animal-végétal bouda, Graves serra les dents, n'ayant pas eu le temps de le faire taire.

- Percival ? Répéta la femme en lui jetant un coup d'œil.

- Vous ne le connaissez pas, je crois. Il n'a pas étudié à Poudlard. Il est de Dur…

- On devrait aller manger. Coupa Graves.

Le professeur mit la main sur l'épaule de son ancien élève. Pendant seulement quelques années. Plus un ami parce qu'elle avait suivi ses études et l'avait souvent rencontré.

- Pourquoi ? Et si vous nous accompagniez à la table des Professeurs ? Ta mère avait prévu ça.

- On ne peut pas laisser Croyance seul.

- J'aurais aimé que tu me racontes quelle excuse tu avais trouvé la dernière fois. Lâcha-t-elle avec une lueur étrange dans son regard jaune.

- Je vais me faire renvoyer parce que Pickett a essayé d'éborgner Percival ?

La Professeur rit et le tira vers elle pour le prendre dans ses bras, ce qu'il laissa faire alors que Croyance se reculait encore d'un pas. Il leva les yeux vers la troupe d'élèves qui se tenaient là et qui les dévisageaient. Quoi de plus normal. Ils devaient être peu habitués à assister à une scène de tentative de meurtre. Encore moins lorsque le meurtrier était une plante verte hautes de quelques centimètres.

- Bien sûr que non. On ne peut pas te renvoyer alors que tu n'es plus à l'école. Répondit la femme en lui souriant.

Elle regarda vers l'adolescent.

- Tu dois être Croyance. On m'a parlé de toi. Tu vas pouvoir avoir des cours particuliers. Lui dit-elle.

L'adolescent se rapprocha cette fois pour s'accrocher au bras de Percival qui lui lança un regard avant de l'entraîner contre lui. Ça ne servait à rien de lui dire que tout allait bien…

- Et vous êtes ? Demanda le professeur à l'adresse de Percival.

Lequel secoua légèrement la tête vers son amant. Ça ne manqua néanmoins pas au professeur qui insista en étendant la main.

- Renée Bibine. Dit-elle.

Il se mordit la lèvre inférieure puis se tourna vers elle.

- Percival Graves.

Les yeux de la femme s'écarquillèrent alors que Percival étendait la main pour la mettre sur l'épaule de son amant et l'attirer à sa suite. Croyance avait tout naturellement emmené.

- Newton !

Percival poussa son compagnon à continuer d'avancer. Ils allèrent vers le bout de la table des Poufsouffle où il y avait de la place. Croyance profita de la poussée délivrée pour ne pas avoir à s'arrêter lorsque Lily Evans le salua. D'autant plus qu'il était sûr de sentir un regard mortel sur son dos et qu'il tremblait…

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Tu te souviens ma première petite amie ?

- Bien sûr.

Percival fit le tour de la table et il laissa Croyance s'installer avant de faire de même. Newt tourna la tête vers Bibine qui s'était approchée et qui avait les sourcils froncés mais qui semblait ne pas être d'humeur pour faire une scène devant tout le monde. Néanmoins, on pouvait voir qu'une boule se formait dans sa gorge. Elle secoua la tête et fit un mouvement de tête vers une autre table.

- C'est elle ?

- Oui.

Le pire étant qu'elle ne devait les prendre que pour ami, l'un et l'autre.

- J'irai lui parler.

- Newt…

- Ça va. Répondit l'intéressé.

Il se força à tourner la tête vers lui.

- Ça va. Je connais la vérité. Et peut-être qu'elle pourra l'entendre aussi et comprendre.

Croyance les regardait l'un et l'autre. Ils avaient eu une vie avant lui et il était assez grand pour le comprendre mais c'était tout de même rare qu'il soit autant mis à l'écart par eux. C'était de bonnes personnes.

- Je te fais confiance. Dit Percival.

- Merci. Tu en penses quoi des cours particuliers, Croyance ?

- J'ai peur… Mais ça devrait bien se passer. Souffla-t-il. Mais j'ai l'impression que je ne peux pas contrôler mes pouvoirs.

Il regarda Pickett qui était maintenant dans la main de Newt alors que celui-ci avait saisi une serviette pour lui essuyer le sang qui perlait toujours sur ses longs doigts.

- Je faisais ce que je pouvais pour me contrôler… Je voulais protéger Monsieur Graves mais je ne pouvais pas faire de mal à Pickett parce que Madame la Fée… Newt… Tu ne l'aurais pas supporté.

- C'est gentil. Dit le magizoologiste. Et ça prouve justement que tu es capable de maîtriser tes pouvoirs. Rassura-t-il. Ça va te demander du temps et c'est normal.

- Nous avons eu besoin de temps, nous aussi. Assura Percival. La plupart des Sorciers reçoivent un enseignement par leurs parents, ou leurs Elfes de Maisons, ajouta-t-il avec un sourire, c'est pour ça qu'on a déjà des prédispositions quand on arrive à l'école et qu'on s'en sort correctement. Tu viens de commencer. Lui dit-il d'un ton rassurant.

Croyance acquiesça lentement, l'air tout de même triste. Il avait envie de demander pourquoi est-ce qu'il n'avait pas eu le droit de recevoir sa lettre mais il le savait d'une certaine façon. Pour rester avec sa sœur. Elle avait besoin de lui ! Il n'aurait pas dû être ailleurs.

Il regarda Madame Bibine qui retournait à la table des Professeurs. Elle s'assit à sa chaise et lança un coup d'œil à Minerva, l'air de vouloir lui parler. D'autant plus lorsqu'elle revint vers le trio et que ses iris de faucon cognèrent l'océan marron…

µµµ

Tina connaissait bien sa sœur. Elle aimait cuisiner et elle aimait faire le ménage en petite tenue tout en chantant. Elle aimait coudre mais elle aimait encore plus coudre si c'était pour les siens. Elle pouvait passer des heures à leur préparer des tenues alors qu'elle passait bien moins de temps à s'ennuyer lorsqu'il s'agissait de ses clients.

Même si on ne pouvait que rarement se plaindre d'elle. Ses tenues étaient belles, elles allaient a beaucoup de personnes, les couleurs étaient harmonieuses…

Faire toujours plus de tenues pour Newt, c'était son plaisir personnel. Toutefois, il n'était pas là et il venait un peu moins souvent à la maison. Ou est-ce qu'il en avait déjà trop ?

Toujours était-il que si Queenie voulait s'amuser à faire des tenues pour les siens, il ne lui restait plus grand-chose. Alors elle se retrouvait à porter un pantalon gris qui avait tout de même une mini-jupe qui cachait l'entrejambe. Néanmoins, elle disparaissait sous le haut noir qu'elle portait et qui offrait un léger décolleté alors qu'il y avait un laçage sur ses épaules.

Ça lui plaisait vraiment.

C'était le pire avec Queenie. Elle savait ce que vous aimiez, elle faisait des choses élégantes, à votre goût et qui vous allait comme un gant !

Aussi, c'était dans cette sublime tenue qu'elle arpentait maintenant la ville, regardant qui posait problème et s'assurant que tout allait bien. Elle avait même demandé à Hozaille de la prévenir si trop de monde venait porter plainte qu'elle puisse se tenir sur place. Elle ne se laisserait pas piéger cette fois-ci !

Elle passa dans une rue et vit Jacob qui était en grande conversation avec la « Confrérie du Mal ». Elle lui lança un regard puis un sourire avant de poursuivre son chemin. Elle avança un moment et s'arrêta. Elle se tourna finalement vers la rue qu'elle venait de quitté et elle attendit.

Dix minutes entières s'écoulèrent avant que Jacob n'arrive en trottinant. Il savait que Huck était sur les toits, le surveillant. Mais il n'y avait rien à surveiller cette fois-ci puisqu'il s'arrêtait à côté de la femme.

- Ça se passe bien ? Demanda-t-elle.

- Aussi bien qu'on le peut. Ils s'appellent les « Mangemorts ». Pas « La Confrérie du Mal ». Expliqua-t-il.

Il rougit légèrement parce qu'on aurait quand même pu trouver ce fameux nom bien plus tôt tout de même.

- Merci. Dit, au contraire, Tina.

Ils pouvaient faire un sacré bond en avant avec ça ! Il suffisait de bien chercher. Et avec un nom, c'était bien suffisant.

- Je ne sais pas grand-chose. Ils ne savent pas où est Jedusor.

- D'où est-ce qu'ils prennent leurs ordres ? Questionna-t-elle.

- La famille Malefoy les donne. Un homme blond qui est ici d'une famille de « sang-pur ».

- Je vois le genre. Mais tu ne sais pas s'il n'a pas des contacts avec Jedusor ?

Sinon quoi ?

Elle ne savait pas ce que ça pouvait être si ce n'était des contacts. Elle voyait souvent des hiboux aller et venir mais ça ne voulait rien dire. C'était normal qu'ils se déplacent aux alentours du village. Ils utilisaient tous des hiboux pour parler. Elle ne pouvait pas hurler au coup monté…

- Jedusor leur a laissé une ligne de conduite. Il leur a donné des consignes. Ils parlent de lui comme d'un Dieu. Je pense qu'il leur a donné des directives.

Jacob se frotta la nuque, réalisant qu'il se répétait mais c'était assez particulier de poser des mots et des faits sur tout ça. Il fallait vivre cette impression, cette effroyable sensation de devoir suivre un homme qu'ils ne voyaient pas. D'autant plus que lui, il n'approuvait pas la moindre de ses idées !

Déjà qu'il ne semble pas tout connaître de ce monde. Qu'il peinait à mettre bout à bout des informations qui paraissaient si simple pour tous les autres. C'était dans ces instants-là qu'il se rendait compte qu'il ne faisait pas partie de leur monde. Mais il voulait continuer d'y vivre. D'en fait partie. D'aimer Queenie…

- Tu peux les trouver ?

- Ils en ont donné certains. Ne jamais accepté ou aimer un Moldu, ou une Moldue, ne pas les épouser. Ne pas avoir d'enfant avec eux…

- Le Premier Ministre de la Magie l'approuverait. Soupira Tina.

- Il voit les Moldus comme des animaux. Il dit aussi que ce qui compte ce que le monde magique s'étende. Que seuls les Sorciers qui veulent que la Magie éclate au grand jour soient acceptés. Il… parle de Magie Noire, de pouvoir, de soumettre les gens à sa volonté. Qu'il connaît la vérité. Pas les autres.

Il eut un nouveau rire mais cette fois-ci, nerveux. Ses membres tremblaient.

- Un discours de secte. Un peu comme cette femme dont Croyance a parlé. Sa mère ?

Tina acquiesça, l'air grave.

- Il me fait aussi penser à quelqu'un d'autre. Souffla-t-elle.

Mais qui ?