Le château de Poudlard regorgeait de salles encore et encore qui n'attendaient qu'à être utilisées par des dizaines d'élèves en effervescence. Croyance se retrouvait pourtant seul. Si ce n'était avec un professeur. Bathseda Babbling marchait devant la classe, faisant des allées et venues alors qu'elle récitait une flopée d'informations qui n'avaient pas de sens pour l'adolescent. Il aurait davantage voulu que ce soit Newt ou Percival qui s'occupent de lui. Qu'est-ce qu'ils faisaient ?

- Ça arrive que des Sorciers ne développent que trop tard. Ils ont l'air d'être des Cracmols mais ils sont en fait capables de magie. Il faut donc leur apprendre tout ce qu'ils n'ont pas pu apprendre. Normalement, les Cracmols côtoient quand même la magie…

Croyance songea que Newt était loin d'être aussi ennuyant quand il racontait quelque chose. Ce professeur avait l'air de lire un texte. Mais non… Juste elle ne prenait pas garde à lui. Juste il devait subir un long monologue en espérant qu'on lui apprendrait à gérer tous ces pouvoirs qui déferlaient de lui.

La porte s'ouvrit, arrêtant une phrase nonchalante du professeur. Un homme s'avança, son crâne presque chauve si ce n'était des petites touffes bruns-gris qui jaillissaient d'un peu partout.

- Bathseda, tu peux regarder ça pour moi ?

L'homme tendit un journal où les images bougeaient.

- J'ai vu. Dit-elle.

Elle alla derrière son bureau pour attraper un journal similaire et un cahier. Croyance se pencha un peu et il vit une tour avec des mots qui apparaissaient et disparaissaient continuellement. Non. Pas des mots.

Des signes.

Les mêmes qui étaient représentés sur le carnet avec une traduction probablement écrite à côté.

- Tu n'es pas le premier. Je suis encore en train de travailler dessus, si tu peux le dire aux autres.

- Je le ferai. Bonjour. Dit-il vers Croyance.

Il fronça les sourcils. Il y avait environ quatre cent élèves à Poudlard et il avait vu tellement de personnes qu'il était incapable de se rappeler cet étudiant. Et il ne se demandait pas plus pourquoi il y avait des cours particuliers. Il y avait peu d'enfants qui étudiants les runes, en fait. C'était même possible qu'il vienne de déranger une heure de cours…

L'adolescent répondit par un sourire gêné puis jeta un œil au journal et au cahier, essayant de voir quelque chose qui serait forcément plus intéressant que ces maudits cours qui n'en étaient pas.

Il n'y avait pas que les runes qui apparaissaient et disparaissaient, de temps en temps, il voyait aussi apparaître un visage dans la tour. Il écarquilla les yeux puis se tourna vers la femme.

- Madame, vous savez où sont Newton Dumbledore et Percival Graves ?

Il était presqu'impressionné d'avoir réussi à dire les deux noms d'une traite et sans trembler.

- Pardon ? Dit Babbling.

- Newton Dumbledore et Percival Graves…

- Oh, je l'ignore.

Dans son regard, on pouvait trouver une lueur de stupeur et de questionnement. De toute évidence, elle ne savait même pas qui ils étaient. Ou au moins un des deux.

Il la remercia rapidement, d'une petite voix, et trempa sa plume dans l'encrier. Le professeur chassa gentiment son collègue et se remit à faire les cent pas pour lui donner ces informations tellement lentes. Si son élève voulait apprendre elle ne lui ferait pas faux bond pour une histoire étrange de tour qui était soudainement devenue si attirante.

µµµ

- Newton ?

Le Sorcier venait de remonter les manches de sa chemise, exhibant ses bras marqués de blessures et il se tourna vers la personne qui venait de l'appeler.

- Madame Bibine.

- Je dois absolument te parler de Percival Graves. C'est ton ami ?

Newt regarda les seaux que Hagrid avait mis au sol et qui étaient remplis d'étranges granulés. Il se frotta la nuque alors que Pickett se blottissait contre son cou.

- En quelques sortes. Répondit-il.

Est-ce qu'il devait se détester de ne jamais dire à quel point il aimait Percival ?

- Ce n'est pas quelqu'un de bien.

- Percival est l'homme le plus adorable et fréquentable que je n'ai jamais rencontré. Répondit Newt, lui jetant un regard, plantant ses yeux dans les siens.

Il les rabaissa toutefois relativement vite.

Elle fronça les sourcils puis s'approcha de lui et saisit son épaule pour le tourner vers elle. Il baissa la tête.

- Je ne sais pas depuis combien de temps tu le connais mais je l'ai connu bien avant toi. J'étais sa petite amie.

- Je sais. Il m'a parlé de toutes les femmes qu'il a aimée et vous faites partie de celles qu'il appelle « fiancée ».

Renée pinça les lèvres.

- C'est bien la preuve que c'est un menteur. Annonça-t-elle.

Ce qui était, aux yeux de Newt de la pure mauvaise foi.

- Il vous estime beaucoup. Vous étiez la première femme à compter. Dit-il. Ce n'est pas un mal de dire que vous êtes sa fiancée.

- Nous avions quinze ans. Répondit-elle.

Encore de la mauvaise foi.

- Je sais. Dit-il.

- Et est-ce que vous savez qu'il a tué quelqu'un ?

Newt pinça les lèvres.

- Il ne vous l'a pas dit. Reprit immédiatement Bibine.

Comment lui dire que ce n'était pas ça ? Lui dire que ce qui le faisait pincer les lèvres c'était qu'il savait qu'il n'avait pas tué un quelqu'un mais plusieurs quelqu'un ! Mais, surtout, que celle dont elle parlait était un mensonge.

S'il en croyait Percival.

Et il n'avait pas à craindre ces mensonges. Pourquoi lui dirait-il que c'était un mensonge tout en reconnaissant les autres meurtres ?

Il tourna la tête vers la porte qui s'ouvrait, libérant Hagrid et Crockdur, lequel vint lui faire la fête en aboyant gaiement.

- Je te le dis, Newton. Il n'est pas fréquentable !

- Qui donc ? S'étonna le demi-géant.

- Tout ce qu'on vous a dit… Commença Newt.

- Il l'a tuée après l'avoir violée !

La femme leva les yeux vers le garde-chasse, le prenant à témoin. Les yeux foncés s'écarquillèrent.

- Qui ? Maintenant ?! Demanda-t-il avec inquiétude.

- Ce sont des mensonges dits par son père. Répondit Newt, ignorant Hagrid.

- Tu n'en sais rien.

- Vous n'en savez pas plus… J'ai toutes les raisons du monde de croire qu'il me dit la vérité. Et de toute façon, je ne tiens pas à débattre sur ça. Vous et moi, nous sommes persuadés d'avoir tous les deux raisons. Vous le savez comme moi. Sauf que je sais de quoi je parle. Répliqua-t-il.

- Je sortais avec lui. Insista-t-elle.

- Et vous l'avez abandonné parce que son père vous a dit des choses que vous avez préférez croire.

- Newt ? Dit Hagrid, inquiet. De qui est-ce que tu parles ? Questionna-t-il d'un ton présent.

Le magizoologiste lui lança un sourire gêné et timide et il se pencha pour caresser Crockdur tout en attrapant un seau.

- J'avais quinze ans. J'ai vécu avec ça jusqu'à présent. À savoir qu'il existait un monstre au monde et que…

- Je comprends que vous ayez été inquiète. Coupa-t-il. Mais je vous jure que ce sont des mensonges.

Elle lui tira sur le bras et Crockdur poussa un aboiement alors qu'Hagrid s'avançait.

- Professeur Bibine, je crois que vous lui faites mal.

- Pourquoi est-ce qu'il a refusé de me voir en ce cas ? Tu as dû remarquer son attitude. Celle d'un homme qui ne veut pas être prit sur le fait.

Il secoua la tête.

- Il ne voulait probablement pas vous faire du mal.

La femme leva à nouveau les yeux vers le demi-géant qui avait tendu la main vers elle. Elle savait qu'il ne lui ferait pas mal mais elle savait aussi qu'il avait une force effroyable et un accident était si vite arrivé…

Elle lâcha Newt qui la remercia en soulevant le sceau pour partir vers la Forêt Interdite.

- Je m'inquiéterais à ta place !

Le Magizoologiste secoua la tête vers elle et il attendit Hagrid uniquement lorsqu'il fut suffisamment éloigne de son ancienne professeur. Crockdur courrait derrière lui, aboyant joyeusement. Newt tourna la tête vers Pickett qui se colla à lui.

Le semi-géant le rejoignit de ses grandes enjambées, trois seaux dans les mains.

- Ça va ?

- Oui.

Newt lui lança un bref sourire.

- De quoi voulait-elle parler ?

- Elle est sortie avec mon amie Percival il y a longtemps et ça s'est mal fini. Son père, à Percival, n'approuvait pas qu'il sorte avec Madame Bibine et il s'est arrangé pour qu'ils rompent. Quoiqu'elle dise, ça ne s'est pas passe comme ça.

Il espéra que son ami le croirait immédiatement et qu'il n'aurait pas à expliquer pourquoi il le croyait autant.

Il vit la stupeur dans les yeux de l'homme mais il finit par laisser tomber ses granulés afin de le serrer dans ses bras.

- Préviens-moi juste si ton ami te fait peur. Chuchota-t-il.

Enfin… Chuchoter. Pas vraiment, étant donné qu'il parlait très fort.

Newt était soulagé que son ami le croit ne fut-ce qu'un peu. Assez pour qu'il pense qu'il aurait le temps de se retourner en cas de soucis.

Il priait pour qu'il ne tente pas d'appeler Azkaban dans son dos… Il se promit de toujours en toucher un mot à Percival. Juste au cas où.

µµµ

Les rues étaient plutôt calmes et Tina pouvait se permettre de se balader librement, jetant de rapides regards aux documents qu'elle avait récupérés grâce à Islander. Ceux qui étaient urgents ou qui demandaient que le Maire lui-même s'en charge avaient été envoyé à Poudlard via Elfe de Maison. Une affaire de minutes. Elle ne doutait pas que Percival s'en chargerait sous peu et c'était tant mieux ! Elle préférait autant qu'il se charge de la plupart des affaires liées à la Mairie.

Mais si elle pouvait aider.

Surtout qu'elle connaissait l'amour de son frère pour la Forêt Interdit et pour Poudlard en général. Il était plus que probable qu'il veuille tout faire découvrir à son petit amie et à leur protégé.

- Mademoiselle ?

Tina passa à côté d'une maison, jetant un autre regard aux mots qui s'étendaient sur ses parchemins.

- Mademoiselle l'adjointe au Maire. Lança la même voix.

Cette fois, elle redressa la tête, enroulant la feuille jaunie. Elle tourna la tête et remarqua un homme appuyé contre une porte. Amycus.

Elle lui décocha un sourire alors qu'elle se doutait que tout ça ne se finirait pas très bien. Que ce soit aprce qu'il venait de trouver un moyen de lui pourrir la vie ou parce qu'il lui parlait tout simplement.

Triste à dire mais cet homme lui mettait les nerfs en ébullition et lui donnait des envies de meurtre.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Je me demandais juste ce que ça faisait de faire tout le travail pour Percival Graves pendant qu'il était parti en vacances ?

Ça y est.

Elle avait déjà envie de lui lancer des remarques bien senties.

- Il travaille, au contraire. Protéger le village ne se fait pas uniquement depuis l'intérieur du village. Lui répondit-elle d'un ton qui se voulait détacher.

- Et qu'est-ce qu'il fait alors ?

Elle haussa les épaules et se remit en marche.

Bon, il y avait peu de temps que ça fonctionne mai qui ne tentait rien n'avait rien, n'est-ce pas ?

Elle entendit des pas derrière elle et glissa sa main sous sa veste, discrètement. Son dos devait tout cacher à Carrow.

- Vous savez que votre cher Maire a tué ma sœur ?

- Il ne l'a pas tuée. Il a libéré son corps après le baiser du Détraqueur.

- Il nous a demandé à tous de venir. Répliqua-t-il avec hargne. S'il ne l'avait pas fait…

- Nous serions peut-être tous mort !

Elle sortit sa baguette et se tourna vers lui, la mettant dans son dos le plus naturellement du monde.

- Vous ne pensez pas que vous aurez exterminé ces foutus Moldus ? Nous aurions dû les tuer. Poursuivit-il d'un ton que trop doucereux.

- Non. Si nous aspirons à être « mieux » que les Moldus, nous ne pouvons pas. Répliqua Tina.

- Mais nous sommes mieux que les Moldus. Il n'y a rien à prouver.

Le sourire qu'il lui offrit donna des sueurs froides à la jeune femme qui eut envie de se retourner et de partir en courant. Mais elle ravala ce sentiment. Elle ne devait pas lui montrer, il ne devait pas être capable d'en prendre partit. Et si elle voyait son regard pétiller d'une façon presque lubrique, elle conservait un sourire qui se voulait poli.

- Je le dirais à Percival. Je suis navrée pour votre perte. C'est affreux. Nous ferons ce que nous pourrons pour…

- Est-ce que vous éradiqueriez tous les Moldus ?

Question piège.

L'homme s'était avancé vers elle.

- Non.

- Alors ce n'est pas « tout ce que vous pourrez ». Répliqua-t-il avec un sourire de glace. Vous vous contentez de faire des promesses.

- Ce ne sont pas des promesses. Nous voulons vraiment faire tout ce que nous pouvons. Mais tuer les Moldus ne fait pas partie de ce que nous pouvons.

Il dressa sa baguette et elle serra la sienne de plus belle.

- Pourtant ce n'est pas dur de faire perdre la vie à quelqu'un. Même pas besoin d'un sortilège impardonnable. Et je me demande si je ne vais pas…

Il sourit.

- Confringo !