La tête blanche s'agita, lançant la crinière d'argent dans les cieux et manqua d'envoyer sa corne torsadée dans Hagrid et dans Newt qui l'avaient pourtant soigné à l'aide de granulés et d'un produit que le magizoologiste avait mis au point à l'aide de plantes et salive curatives. Bien sûr, il avait dû arranger un peu le médicament pour qu'il aille avec le métabolisme de cet étalon et maintenant voilà qu'il caracolait autour d'eux.
La main du jeune Sorcier se tendit et il caressa le museau en souriant. Voir une licorne de près…
- Merci beaucoup. J'ai l'habitude de m'occuper d'animaux pourtant. Dit-il.
- Et tu fais du superbe travail !
- Mais tu as fais des études. Dit Hagrid, avec une petite pointe de jalousie.
Newt ne le regarda pas plus en serrant la tête chevaline contre sa joue. Pickett fixa ce rival potentiel.
- Et toi tu fais bien plus sans étude. Tu es bien plus fantastique. Lui répondit-il.
- Tu es gentil.
Le demi-géant tendit la main et il frotta la joue de Newt. Mais il fallait plutôt dire qu'il pétrissait violemment. Son ami rit néanmoins alors qu'il avait l'impression qu'il devait mettre une tranche de steak sur son visage.
- Merci encore. Et tu peux aller voir ton ami et ton protégé si tu veux. Seulement si tu me promets que tu viens prendre le thé avec moi !
- Je veux ! Je serai là. Promit-il. Et Percival veut bien que je prenne un Crabe de Feu. On va aussi récupérer Fumseck.
Il lui sourit, se retenant de sautiller sur place.
- C'est quelqu'un de bien !
Hagrid lui sourit et il y répondit, se demandant s'il était au courant qu'il y avait plus. Il chassa tout ça, chassa l'inquiétude et le serra dans ses bras.
µµµ
Newt avait passé le manteau de Percival autour de son corps, aimant la sensation de chaleur qui s'en dégageait, le parfum et le fait qu'il avait la sensation d'être protégé.
Il trottina vers la salle de classe qu'on avait assignée à Croyance. Une salle bien trop petite qui ne pouvait pas être utilisé pour les classes bien trop grandes. Il frappa à la porte et la poussa pour la trouver…
Vide.
Il attrapa sa montre à gousset pour voir l'heure. Croyance aurait dû être là.
Il courut pour aller vers les escaliers qui commencèrent à se déplacer, n'en faisant qu'à leur tête. Il grimpa les marches et se précipita le long du couloir vers le bureau du Directeur. Il lança le mot de passe que sa mère lui avait donné et il escalada un nouveau escalier, déboulant dans la salle où sa mère travaillait.
- Maman ?
- On frappe avant d'entrer.
Il ressortit et frappa contre la pierre.
- Oui ?
- Maman !
Il entra à nouveau.
- Est-ce que tu sais où est Croyance ?
- À ses cours particuliers.
- J'en viens. Il n'était pas là.
Sa mère se leva et fit un sort de géolocalisation en pensant très fort à Croyance. Elle tapota un papier vierge et une carte se dessina en noir, avec des points qui ressortaient. Et un gros à la fin, un peu plus mauve.
- Il est hors de Poudlard. Répondit-elle.
µµµ
- Protego !
L'explosion retentit dans l'air. Une épaisse fumée verte et argentée se souleva dans les airs. Tina ne put que tousser. Un nouveau sort franchit l'air et elle doubla l'utilisation de protego tout en se reculant.
Elle devait trouver un moyen de se replier.
Elle savait une chose qu'elle pouvait faire même si elle s'en voulait un peu de faire ça.
- QUEENIE !
Elle bondit en arrière, agitant sa baguette pour envoyer une flopée de sorts. Si ce n'était pas elle qui utilisait les protego, c'était lui qui en usait pour repousser ses sorts.
- ISLANDER ! HUCK ! HOZAILLE !
Son cri résonna dans la ville alors que son hurlement mental continuait.
Son cri flotta et vint jusqu'aux oreilles de chauve-souris des Elfes de Maison de Percival. Son cri parcourut l'air et rejoignit les autres Mangemorts.
En quelques fractions de secondes, seulement, quelques personnes habillées en noir sortirent de différentes ruelles. Elle écarquilla les yeux alors que des sorts fusaient. Une seule solution lui restait : elle bondit sur le sol pour se protéger. Elle roula pour en éviter une autre myriade. Elle jeta des sorts de désarmement, tentant de les stupéfixer, de les faire tomber complètement au sol.
Elle dut en toucher un, peut-être deux, mais pas plus. Et ils réorientaient leurs sorts, les dirigeant directement vers elle et la contraignant à lancer de nouveau protego avec espoir.
- Mademoiselle ! Cria une voix stridente.
Un claquement de doigt et les baguettes volèrent des mains des Mangemorts.
Tina roula sur le sol et bondit sur ses jambes, lesquelles tremblaient sous elle, et elle se précipita vers l'Elfe qui venait de surgir. Deux autres apparurent juste devant elle, prêt à la défendre de la même façon.
- Merci. Souffla-t-elle.
- C'est normal, Mademoiselle Dumbledore.
Hozaille se précipita vers elle et la prit dans ses bras. Elle la serra en retour. Les gens se dressaient pour attaquer mais de nouveaux claquements retentirent et ils furent éjecter avant de tomber brusquement sur le sol.
- Disparaissez ! Dit Huck.
- Des Elfes de Maison ne devraient pas parler comme ça à des Sorciers ! Éclata Avery.
- Nous sommes les Elfes de Maison de votre Maire, nous protégeons Mademoiselle Dumbledore selon ses demandes. Siffla le même Elfe.
- Nous n'hésiterons pas à utiliser la force. Surenchérit Islander.
Pendant un instant, le silence flotta.
Pendant un instant, personne ne bougea.
Puis les Mangemorts s'enfuirent alors que les Elfes de Maison avaient un regard noir. Comme on en voyait rarement chez des créatures aussi douces et soucieuses.
Tina les serra tous les trois dans ses bras, leur frottant leurs têtes toutes fripées. Elle les remerciait parce qu'elle avait vraiment eu peur.
Mais elle devait aller prévenir Queenie qu'elle allait bien à présent ! Si elle avait reçu son appel mental…
µµµ
La bibliothèque était peu utilisée parce que la plupart des élèves étaient dans leurs salles de classes où ils se plongeaient dans leurs révisions. Quelques adolescents étaient bien là car ils n'avaient pas cours, mais peu. Aussi, Percival partageait ce moment de solitude et de recherches avec des personnes bien plus stressées que lui.
Pourtant, il avait entre ses mains le destin de son village et peut-être de tous les Sorciers. Parce que les pratiques de Jedusor ne cessaient de lui rappeler celles de son père. Seulement, il ignorait jusqu'où il allait. Il se mêlait aux Moldus, les utilisaient, leur fournissait de toute évidence de quoi contrôler une forme de magie et n'hésitait pas à détruire les Sorciers qui ne suivaient pas ses pas.
Soit il était plus dangereux que son père, soit il était en avance sur lui mais dans un cas comme dans l'autre, ça ne présageait rien de bon.
Il tourna une page de son livre en soupirant. Un léger soupir parce qu'Irma Pince avait les yeux, et surtout les oreilles, partout. Il ne trouvait pas le moindre indice de quoi que ce soit dans ces ouvrages. Comme s'il pouvait trouver Jedusor là-dedans ?!
Il se sentait débile !
Il passa une autre page et s'immobilisa en voyant une image de son père bouger et le fixer, son sourire étirant ses lèvres et lui laissant un sentiment inconfortable.
« Gellert Grindelwald Graves, un Sorcier qui laisse sa marque
Peu connu, le Sorcier Gellert Grindelwald Graves a fait ses études à Durmstrang, l'école de Bulgarie regroupant la plupart des Sorciers des régions slaves. Les élèves y apprennent les langues pour pouvoir discuter entre eux, mais aussi des sorts qui sont centrés sur la région.
Par exemple, puisque les Sorciers de cette région ont subi beaucoup de désagréments auprès des populations Vampires et des Moldus qui les chassaient, ils sont plus tourner vers des sortes de magies défensives qui peuvent s'apparenter à la Magie Noire.
C'est en cela que Gellert Grindelwald Graves est devenu célèbre. En plus d'être un fervent défenseur de la pratique, il a œuvré pour qu'elle s'instaure dans les autres pays. Il a souvent arpenté les nations dans l'espoir que le cri de Durmstrang soit entendu. D'autant plus lorsque les pratiques, poussant les hommes vers la robustesse et les femmes à se battre comme des louves, mènent les familles à envoyer leurs enfant à Poudlard ou Beauxbâtons, si ce n'est d'autres école.
Il a défendu fièrement la Magie Noire auprès de plusieurs conseils et a étendu la cause vers des zones encore inconnues. Il a montré ce qui était positif, il a prêté sa voix aux gens que les Moldus avaient chez eux et bâti son nom.
Gellert aurait pu devenir Directeur de Durmstrang. Mais il a refusé le travail lorsqu'il a rencontré Natalia Poliakova au cours d'une expédition en Russie. Au lieu de prendre les rênes et d'étendre ses idéaux aux autres écoles, comme il avait dit vouloir le faire, il a décidé de travailler au MACS, le Congrès Magique Slave, où il continue de faire changer les choses pour défendre les Sorciers. D'autant plus que les Moldus commettent des actes contre la Sorcellerie. Certains actes restent dérisoires. D'autres moins.
Natalia Poliakova, alors enceinte, est prise dans un attentat contre la Sorcellerie. Elle en ressort grièvement blessée et affaiblie. Elle ne survivra pas à la naissance de son enfant : Percival.
Gellert grimpe les échelons du MACS pour pouvoir agir, gardant une rancœur contre les Moldus… »
- Percival !
Il sursauta, sortant de sa lecture. Levant les yeux vers Newt, tandis que Pince lui sifflait de se taire en agitant sa baguette, il essuya les larmes qui menacent de sortir. Il savait que sa mère était morte mais pas comment. Et le pire ? C'était cette petite image en bas, celle où il voyait son père serré une femme au physique banal, quelques grains de beauté, un nez crochu, trop petite pour son époux et pour la robe mauve dans laquelle elle se tenait. Ses cheveux noirs étaient tellement bouclés qu'on aurait dit un agréable nid pour oiseau.
C'était la première fois qu'il la voyait.
Mais il y avait Newt, qui se tenait devant lui, sans le regarder, la panique le ravageant.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Questionna-t-il en se redressant.
- Croyance a disparu. Maman dit qu'il a quitté Poudlard.
Il prit un parchemin qu'il déplia pour le montrer à son partenaire. Les limites de Poudlard s'y trouvaient mais n'étaient reconnaissables que par des personnes qui les connaissaient déjà. L'étirant au maximum, il montra où Croyance était la dernière fois qu'ils avaient lancé le sort.
- Où est-ce qu'il part comme ça ?
- Je ne sais pas.
- Il aura peut-être dit quelque chose à quelqu'un. Va voir les professeurs. Dit Percival en fermant le livre que Newt regardait sans regard.
Son compagnon acquiesça. Madame Pince s'approcha d'eux et ils baisèrent d'un ton alors que le plus jeune rangeait le parchemin.
- Et toi ?
- Je vais aller voir cet abruti de…
- James Potter.
- Merci.
Il utilisa sa baguette pour ranger le livre dont le titre attira l'attention de Newt. Il suivit Percival lorsqu'il fallut sortir et remercia Pince aussi bas que possible. Puis il attrapa le bras de son amant pour l'empêcher de partir.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
Les doigts longs effleurèrent le bas de ses yeux puis il posa un baiser sur la joue de son homme, presque sur le coin de ses lèvres.
- Si tu as besoin de parler de quelque chose…
Percival glissa ses doigts sous son menton et le lui effleura avec douceur. S'il regarda son visage, il ne força pas le contact visuel. Il se pencha néanmoins vers lui, le prenant tendrement dans ses bras pour donner l'impression qu'il se contentait de le câliner.
- Je t'aime.
- Moi aussi.
Ils s'obligèrent à se séparer. Surtout parce que plus ils tardaient, plus ils risquaient de perdre la trace de Croyance ! Ils s'empressèrent alors de partir chacun de leur côté. Newt savait qu'il devrait peut-être interrompre des cours mais il savait aussi l'urgence de trouver son protégé. Il était perdu entre deux mondes, il venait de découvrir des pouvoirs qui n'étaient pas traditionnel et qu'il ne savait pas contrôler.
Qui ne s'inquiéterait pas ?
Et, à en croire le parchemin, ce n'était pas vers Pré-au-Lard qu'il était parti bien que Minerva ait envoyé Rusard voir. Ne fut-ce si un garçon était passé par là. Tout indice était bon à prendre.
µµµ
Les cours finit, une foule d'élèves sorti, impatient de prendre quelques instants de repos avant de devoir se lancer à nouveau à corps perdu dans des révisions qui leur promettraient un avenir en or ou tout l'inverse.
Ils riaient déjà, se faisant des promesses d'avenir pour lorsque l'école serait enfin finie, qu'ils pourraient faire autant de magie qu'ils souhaitaient à l'extérieur et transplaner partout.
Leurs rires réchauffaient les cœurs.
Pourtant l'un d'eux fut avorté avec une phrase visant à draguer la jolie rousse qui essayait de traîner son camarade loin d'eux. Pas parce qu'elle lui répondait de chercher à charmer quelqu'un d'autre, ça n'avait pas le moindre effet, mais parce qu'une force magique venait de le coller au mur de la classe. Les yeux écarquillés, il leva le visage vers l'homme qui le surplombait.
- Monsieur ! S'écria la rousse.
- Expelliarmus ! Lança un des garçons qui accompagnait James.
Celui qui avait l'air fougueux. Mais il n'y avait rien à faire jaillir des mains de Percival Graves qui lui lança un regard mauvais avant de revenir à James.
- Où est Croyance ? Qu'est-ce que tu lui as dit ?!
- Monsieur !
Lily se précipita vers eux alors qu'un petit rondouillard filait chercher le professeur.
- Nous n'avons pas vu Croyance depuis ce matin, je vous le jure. Laissez James…
- C'est à toi que je parle James. Où est Croyance ?
Le petit gros revint, suivit par un professeur dans sa robe de sorcier mauve foncée presque noire.
- Monsieur ! Lâchez cet enfant, que se passe-t-il ?!
Elle porta sa main à sa baguette pour la dresser vers Percival. Lequel agita la main pour la désarmer. James tremblait de peur alors que ses amis étaient sidérés de voir tellement de magie sans baguette. De le voir se dresser comme ça…
- Alors ? Tu vas cracher le morceau ?
- Percival !
Il tourna la tête en relâchant James, un léger soupir sortit de ses lèvres. Il vit Newt venir en courant vers lui. Son regard était désapprobateur et il lui tendit la main.
- Tu l'as trouvé ?
- Je suis désolé, Madame Gobeplanche. Mon ami cherche notre protéger : Croyance Bellebosse, le garçon que nous avons confié aux professeurs.
Il regardait les doigts de Percival, attendant qu'il attrape sa main.
- Pourquoi ? Questionna Gobeplanche en ramassant sa baguette.
Tous les élèves se pressèrent autour d'elle, visiblement paniqué.
- Il a quitté Poudlard et on ne sait pas pourquoi. Expliqua Newt.
Graves attrapa son poignet, se retenant de lui prendre la main d'une façon romantique. Il sentit la peau tressauter sous la sienne.
- Bien. Nous ne pouvons pas vous aider mais je peux vous dire que j'irai en parler à ta mère, Newton.
- Je lui expliquerai.
Newt tira sur a main de Percival.
- On va essayer comme ça. Souffla-t-il.
Il avait l'air on ne peut plus mal à l'aise. Il tira un peu plus sur son compagnon qui le suivit et ils partirent rapidement vers les grandes portes puis vers les grilles qui les mèneraient à l'extérieur.
- Pourquoi est-ce qu'il est parti ?
- Je ne sais pas. Répondit Newt. Peut-être qu'on a fait quelque chose de mal ?
- Tu n'as rien fait de mal. Lui dit platement Percival. Il t'adore.
Le plus jeune lui jeta un sourire, revenant au sol qu'il observait avec une sensation de malaise grandissant.
Croyance était parti. Au lieu de passer du temps avec Hagrid, il aurait dû rester avec l'adolescent pour lui prendre la main et le guider. Il aurait dû être avec lui. Percival avait eu ses raisons de se replier, pas lui.
- Tu penses qu'on va le retrouver ? Souffla-t-il néanmoins.
- Bien sûr.
