Se frottant le visage, le corps tremblant, Croyance se dirigea vers un bus. Il agita la main pour que le conducteur s'arrête alors qu'il s'apprêtait tout naturellement à le dépasser. La machine ralentit, les portes s'ouvrirent et l'adolescent se précipita à l'intérieur. Il tendit quelques billets froissés.
Il n'osait pas le regarder et sa voix était instable alors qu'il tentait de lui parler.
- Je peux aller à Harlow ?
- Tu peux aller à la gare et prendre un train. Lui répondit-il.
- J'aimerais bien aller à la gare, alors.
- Deux livres alors.
Le garçon lui donna ce qu'il fallait avant d'attraper son billet puis il partit vers les sièges. Il s'en choisit un et s'y laissa tomber. Il serra les mains sur sa chemise, de plus en plus mal à l'aise.
Il regarda par la fenêtre, les épaules tendues.
Il aurait peut-être dû laisser un mot à Newt et Percival pour les prévenir…
µµµ
Prendre le bus n'avait pas été si difficile qu'il le pensait. Dès qu'ils étaient arrivés à son arrêt, le conducteur l'avait prévenu et il lui avait suffi de rentrer dans la gare. Il l'avait rapidement remercié d'une toute petite voix, cela dit.
Puis il avait été jusqu'au guichet pour prendre son billet et espérer pouvoir rejoindre Harlow rapidement. Sous sa ceinture, il avait accroché la page du journal. Holyfield Lake. C'était près de cet endroit qu'on avait pris en photographie la tour dont les runes ne cessaient d'apparaître et de disparaître. Il fallait qu'il y aille.
Il avait son billet à la main, il était sur le bon quai et il s'installa sur un banc, attendant que ce soit le moment opportun. Il regardait les gens aller et venir. Des gemmes et des hommes marchant aussi vite qu'ils le pouvaient pour attraper leur train. Des wagons qui vomissaient des passagers pendant qu'un autre en dévorait une pléiade.
Croyance ne cessait de relire ce qui était inscrit sur son billet. Il ne disait pas un mot. Il chiffonnait juste les papiers, qu'ils soient cartonnés ou verts…
µµµ
- Tu vas bien ?
Queenie se précipita vers sa sœur alors qu'elle rentrait dans le salon, traversant la pièce pour se laisser tomber à une chaise de la salle à manger. La blonde faisait déjà préparer un thé et l'odeur sucrée se propageait dans la salle.
- J'ai entendu ton appel et j'allais venir. Certifia-t-elle.
Elle vint lui mettre un châle sur les épaules alors que Jacob sortait une pâtisserie du four pour la lui donner.
Depuis qu'il vivait ici, il y avait toujours une douceur qui attendait les demoiselles.
- Mais Huck est apparu pour me dire qu'il n'y avait pas besoin. Expliqua-t-elle.
- Je comprends. Je préfère que tu ne prennes pas de risque, de toute façon. Lui répondit sa sœur.
Elle l'attira vers elle et la prit dans ses bras. Sa cadette lui frotta doucement le dos.
- Tout va bien. Rassura-t-elle.
- Je n'arrive pas à croire que ça se passe comme ça. Rit Queenie. C'est toi qui vient d'être attaquée et tu es en train d'essayer de me remonter le moral.
Tina sourit en lui caressant la joue cette fois-ci.
- C'est parce que je suis ta grande sœur. Mais c'est toi qui me fais ce bon thé. Et toi qui me fais cette bonne pâtisserie, Jacob. Merci à tous les deux.
Elle leur jeta un sourire puis étendit la main pour la fermer sur la hanse de sa tasse, portant la porcelaine à ses lèvres pour faire couler le liquide chaud. Elle se sentait immédiatement rassurée et ça lui faisait énormément de bien.
- Je suis contente. Souffla Queenie. Tu mérites d'aller bien. Oh, Jacob, mon chou, propose donc des pâtisseries à nos petits champions aussi ! Invita-t-elle en lançant un regard vers les Elfes de Maison.
Inutile de le redemander audit chou qui attrapa les pâtes bien chaudes et vint les apporter aux créatures qui le remercia.
- À présent, que s'est-il passé ? Puisqu'il s'agit de la Confrérie du Mal… oh, Mangemorts, pardon, je ne savais pas, tu peux parler à voix haute. Je préfère que Jacob sache.
Elle lança un regard vers son compagnon qui lui répondit par un sourire tendre, s'approchant d'elle pour la prendre dans ses bras.
- Ils voulaient que Percival soit puni parce qu'il avait tué Carrow. J'ai dit qu'il l'avait libérée, ils s'en sont moqués… Mais je crois que c'était juste une excuse. Ils veulent destituer Percival…
- Je ne suis pas surpris. C'est une secte de Jedusor. Ils veulent sans doute que leur chef devienne Maire à la place du Maire !
- Probablement. Dit Tina.
Elle se tourna vers sa sœur qui capta immédiatement ses pensées.
- Je peux les sonder. Je ne pense pas qu'ils soient capables de me cacher leurs pensées. Jedusor n'en est déjà qu'à moitié capable.
Elle eut une légère moue en repensant à leur père, en songeant à Gellert et même à son cher « Percy ».
- De toute façon, pour Jedusor, ça ne sert à rien de se préoccuper.
- Percival a tenté de leur arracher la vérité, aux Mangemorts, mais ils ne savent pas où est Jedusor. Je ne sais pas si ça sert à quelque chose pour toi. Dit Tina.
Hozaille poussa un couinement et il enfourna sa pâtisserie dans sa bouche pour dissimuler cette réaction. Il savait ce que son Maître pouvait faire. L'adjointe savait ce que son Maître pouvait faire. Et les pensées se mêlèrent au point qu'elles sautèrent au visage de Queenie.
Laquelle écarquilla les yeux avant de lâcher un hoquet, un rire presque nerveux.
Si elle pouvait s'imaginer ça…
µµµ
- Comment veux-tu qu'on le trouve ? Soupira Percival.
Newt grimaça pour toute réponse alors qu'il laissait son Botruc jouer avec son doigt, les petits ongles, mais longs et acérés, passant autour de sa chair dans un geste qui paraissait particulièrement doux.
- Je ne sais pas.
L'homme soupira alors que son jeune compagnon reprenait :
- On devrait trouver une potion ou un sort qui fonctionnerait.
- Je peux envoyer les Elfes de Maison le chercher mais il peut être n'importe où. Une fois qu'il a eu rejoint la ville… Pourquoi est-ce qu'on peut contourner le lac ?!
Newt secoua la tête.
- C'est comme ça, on n'est pas en prison… Est-ce qu'à Durmstrang…
- Non. Durmstrang ne nous enfermait pas. Mais on a perdu Croyance !
- Je suis inquiet aussi.
- Je ne dis pas que tu ne l'es pas.
Percival lâcha un soupir, quoiqu'énervé, en observant les environs. Est-ce qu'il pouvait trouver une piste alors qu'ils commençaient à descendre dans la ville ? Il se perdrait dans la foule en un rien de temps. Oui, on pouvait remarquer l'adolescent à cause de sa façon d'être voûtée, avec l'aura qu'il dégageait tellement il était mal à l'aise. Mais d'un autre côté, c'était un garçon aux cheveux noirs et aux yeux noirs, à la peau pâle. Qui portait des vêtements sombres.
- Percival…
Le Maire se tourna vers lui et vit que son amant lui tendait la main. Il s'approcha et la prit, la portant à ses lèvres pour l'embrasser. Newt le tira vers lui et passa son bras autour de lui, ses doigts glissant le long de sa colonne vertébrale. La sensation était douce, délicate.
- Tout va bien. On va le retrouver.
Il remonta sa main le long de son bras et l'arrêta sur sa joue, lui caressa la pommette. Son visage était installé dans le creux de son cou.
- Ça m'importe peu.
- Hm…
Newt tourna la tête pour lui poser un baiser dans le cou.
- Tu n'as pas besoin de le dire. Mais tu n'as pas besoin de le cac…
- Maître ! Cria une voix stridente.
Le châtain poussa un cri, surpris, et s'éloigna d'un violent mouvement, manquant de trébucher sur ses talons.
- Islander ! Fit-il avec un sourire alors qu'il retrouvait son équilibre.
- Très cher Newt. Salua l'Elfe de Maison.
Il revint ensuite vers son Maître qui le fixait sans la moindre émotion.
- Que se passe-t-il ? Demanda-t-il sobrement.
- C'est Mademoiselle Dumbledore, l'aînée, qui m'envoie.
Newt se tourna vers lui, les yeux vibrant d'un mélange d'émotions.
- Pourquoi ? Pressa Maître.
Si seulement ses Elfes de Maison n'étaient pas si bien éduqués et qu'ils n'attendaient pas pour parler.
- Il y a eu une attaque de Mangemorts, c'est comme ça que s'appelle la « Confrérie du Mal ». Ils veulent que vous payez pour le meurtre de la femme Carrow.
- Je ne l'ai pas tuée.
- Elle. Compléta Newt.
Son amant lui jeta un regard.
- Est-ce qu'ils savent pour les autres ?
- Je ne pense pas ! Répondit Islander vers son Maître.
- C'est déjà un bon point. Supposa-t-il.
- Il n'est rien arrivé de mal à Tina ? S'enquit Newt.
- Non, cher Newt. Juste de l'inquiétude. Elle nous a appelé et nous sommes venus.
Les oreilles s'agitèrent, à moins que ce ne fut l'effet du vent.
- C'est très bien. Félicita Percival.
- Nous ne vivons que pour vous servir et assurer la sécurité de vos proches. Roucoula la Créature.
Newt s'accroupit pour être à son niveau quoique ses yeux restaient plus sur les graviers que leurs pieds foulaient et les vêtements en lambeaux de la pauvre petite bête.
- Est-ce que tu sais ce qu'il va se passer ensuite ? Pour ma sœur. Vis-à-vis des Mangemorts ? On doit rentrer ?
- Monsieur le Moldu dit qu'ils sont inquiétants mais pas dangereux. Ils essaient de faire peur mais ils n'ont pas reçu d'ordre direct de Jedusor.
- Que fait-on ? Questionna Newt vers son amant.
- Je vais rentrer au village pour voir ce que je peux faire.
- Est-ce que tu peux passer à la maison pour t'occuper des animaux ?
Percival baissa les yeux vers son Elfe de Maison. Lequel se dressa fièrement.
- Nous nous en sommes très bien occupé.
- Oh je n'en doute pas ! Mais ils connaissent Percival et ça devrait leur faire plaisir.
- Tu vas rester pour attendre la lettre de Séraphine ?
- Oui. Et ce sera plus facile vis-à-vis de Mademoiselle Bibine. Elle sera moins inquiète.
- Et tu n'auras pas à te cacher.
Newt rougit légèrement et serra ses mains sur le col du manteau.
- Tu peux le garder. Je veux juste que tu puisses être à l'aise pendant que tu es avec tes amis. Dit Percival.
Son compagnon lui répondit par un mince sourire et revint vers l'Elfe de Maison qui attendait toujours qu'on le renvoie.
- Nous avons perdu Croyance. Annonça Graves. Lorsque tu m'auras ramené au village de la Forêt de Dean, je veux que tu le cherches et que tu le ramènes à Newt, ici à Poudlard.
- Bien Maître !
L'Elfe de Maison s'approche de l'homme pour pouvoir lui prendre la main.
- On se revoit rapidement. Dit Graves à Newt.
Il lui tendit la main et l'accueillit dans la sienne pour l'aider à se mettre debout.
- J'ai hâte qu'on se revoie. Lui assura le plus jeune avant de poser un furtif baiser sur le coin de ses lèvres.
La main de Graves glissa sur sa nuque, son pouce effleura le bas de son oreille avant qu'il ne se penche sur lui.
- Je t'aime.
- Reviens vite si tu le peux. Répondit Newt.
- Aussi vite que je le pourrais. … Si je suis encore le bienvenu à Poudlard après tout ce qui s'est passé.
- Bien sûr que tu seras le bienvenu. Je demanderais toujours à maman pour être sûr mais je crois qu'il n'y a pas de problème.
Il leva les yeux vers lui brièvement.
- Tu dis ça parce que tu m'aimes. Tu ne le penses pas vraiment.
- Peut-être. Souffla Newt. Peut-être que je ne le pense pas vraiment. Rectifia-t-il doucement. Je sais que je t'aime. Assura-t-il d'un ton doux.
Graves le tira doucement vers lui. Il fit signe à Islander de se retourner puis il fit s'entrechoquer leurs lèvres, toutefois avec douceur.
- À plus tard.
Percival attrapa la main d'Islander et ils disparurent. Newt se retrouva seul et il remonta les côtés du manteau pour couvrir le bas de son visage. Il respirait l'odeur enivrante qui roulait dans ses narines et il resta là. La seule personne lui tenant compagnie était son adorable Pickett qui monta jusqu'à sa main pour s'y blottir.
- On retourna à Poudlard, Pickett ? Promis, je ne te confondrais pas avec les autres.
Le Botruc frotta sa tête contre lui.
Newt se tourna et partit vers les grilles qu'il avait quittées un peu plus tôt. Il devrait y être retourné d'ici une grosse demi-heure. Moins s'il se dépêchait.
