En une fraction de seconde, et sans la désagréable sensation de transplanage, encore plus épouvantable lorsqu'elle était fait par quelqu'un d'autre, Percival se retrouva dans sa ville.
Sa ville.
C'était comique au vu de toutes celles qu'il avait traversées et visiter. Mais finalement, c'était bien celle-ci qui était à lui. Celle-ci qui lui avait apporté plus que toutes les autres.
Il attrapa les colombages et les pierres grises lorsqu'il entendit son nom.
Enfin…
- PERCY !
Il se tourna et sourit en voyant Queenie se précipiter vers lui. Islander avait disparu, déjà parti en quête de Croyance.
- Je ne devrais pas dévoiler mes pensées dès que j'arrive près de toi.
- Tu ne devrais pas !
- Que diras ton fiancé lorsqu'il saura la passion que tu as pour moi.
- Ce n'est pas mon fiancé et il n'a rien à craindre de toi. Et que diras mon adorable petit frère ?
Elle lui tapota le nez.
- Tina va mieux ! Mais on est content que tu sois là. C'est un peu l'horreur ici. Ces Mangemorts… C'est…
- Islander me l'a dit. Interrompit-il gentiment. Je vais voir ce que je peux faire.
Ce n'était pas aussi facile qu'il y paraissait. Ce n'était pas juste la présence de Graves qui ferait tout changer. Le plus simple, ce serait de faire partir tous ceux qui étaient des éléments indésirables pour leur village. Mais ils ne le pouvaient pas. Surtout que Percival préférait autant les garder sous sa coupe, s'assurer qu'ils ne feraient pas de dégâts ailleurs…
- Je vais m'en charger. Je passe à la Mairie. Je suppose que vous avez le bonjour de votre mère. Tout se passe bien. Newt est content d'être là-bas.
- Newt s'est toujours bien senti à Poudlard. Mais ce n'était pas les élèves.
- Non. Je m'en doute. Mais il y a ce semi-géant…
- Le seul à le comprendre. Répondit la blonde.
Percival acquiesça puis se pencha sur elle pour embrasser sa joue.
- Je vais à la Mairie. On se voit plus tard. Je dois passer par la maison, Newt m'a demandé, si vous voulez venir, ta sœur ou toi, faites-moi signe.
Sur ces mots, il s'éloigna vers la Mairie.
- Je la préviendrais ! Passe manger avec nous, Percy !
- Je ne sais pas comment tu fais pour être toujours de bonne humeur, Queenie. Lança-t-il par-dessus son épaule.
- C'est un secret des Dumbledore ! Répondit-elle.
Et il savait que ce n'était pax faux.
Tina aussi se relevait de situation improbable en dressant son sourire comme un étendard. Newt ne prenait jamais rien du mauvais côté. Il était toujours là pour lui. Même quand ça n'allait pas, le magizoologiste tenait la route pour lui. Pour eux. Comme tout à l'heure avec Croyance. Il était clair qu'il devait s'inquiéter, lui aussi, pourtant, il s'inquiétait pour lui.
Il supposait qu'il aurait pu tomber amoureux de n'importe lequel des enfants Dumbledore, Tina avec sa force et sa rigueur ainsi que ses réparties ; Queenie avec sa douceur, son imprévisibilité et la façon de s'immiscer dans les pensées mais il aimait la passion, la délicatesse, la force inestimée et les manies de Newt.
Le garçon.
Il ne put retenir un petit soupir et il tendit la main pour ouvrir la porte de la maison du Maire.
Un peu de bus, beaucoup de train, de la marche…
C'était tout ce qu'avait fait Croyance, ayant dû s'arrêter dans la ville de Harlow pour manger avant de partir. Il avait serpenté sur les sillages pour se rapprocher petit à petit d'une grande tour au bord d'un lac.
La grande tour.
La seule qui comptait à ses yeux. Les runes continuaient d'apparaître et de disparaître. Il n'aurait jamais pu les comprendre. Tout comme il ne connaissait pas les étranges plantes qui poussaient à son pied. Les pétales blancs, les tiges noires.
Il leva les yeux vers la seule ouverture dans la tour. Celle où on avait vu une jeune fille dans la photographie. Et celle d'où se propageaient des miaulements animaux.
- Il y a quelqu'un ? Cria-t-il.
Les miaulements lui répondirent à nouveau.
- Je suis Croyance Bellebosse et je crois… qu'on se connaît.
Quelque chose de doré apparut à la fenêtre alors que les miaulements se propageaient de plus belle. Puis un corps se pencha par-dessus l'appui et il découvrit un visage doux et juvénile. Mais fermé.
- Je crois aussi qu'on se connaît. Comment es-tu arrivé ici ?
- Modestie… Je savais. Quand j'ai vu la photographie !
- Comment es-tu arrivé ici ? Questionna-t-elle.
Modestie se pencha sur l'appui en pierres blanches.
- J'ai pris le bus, puis le train. On te cherche tous, tu sais ! La Fée, Newt, Monsieur Graves.
- La Sorcière…
- Ce n'est pas une Sorcière…
Croyance baissa la tête, les lèvres tressautant.
- En fait si. Monsieur Graves et la Fée sont des Sorciers. Mais ils ne sont pas méchants. Ils ont tout fait pour qu'on te retrouve. Ils voulaient aussi trouver « Jedusor » mais toi aussi ! Ils étaient inquiets.
Modestie fronça les sourcils. Il criait fort et n'importe qui pouvaient les entendre. Aussi, elle se pencha un peu plus et elle attrapa quelque chose de doré qu'elle jeta par la fenêtre. Une longue natte chatoyante qui tomba jusque dans les fleurs et la terre.
- Dépêche-toi. Dit-elle.
Le bruit des chats résonna à nouveau et Croyance déglutit avant de se précipiter vers le mur. Il n'avait jamais fait ça, mais c'était pour sa sœur. Il attrapa le cordage et commença à grimper, faisant autant d'effort qu'il le pouvait.
- D'où est-ce que tu viens ?
- Ils ne m'ont pas dit. C'était secret parce que c'est un endroit secret. Mais je crois que c'était près de l'Écosse. Ou en Écosse.
Il haletait alors qu'il parlait, montant, accrochant ses orteils où il le pouvait. Elle serra les dents, première vraie expression qu'il découvrait vraiment chez elle. Ou qu'il aurait découverte s'il n'avait pas le nez plongé dans les pierres.
- C'est loin. La Sorcière t'a donné de l'argent pour prendre le train ?
Elle aussi, elle haletait.
Il leva les yeux vers elle, surpris.
- Je me suis débrouillé. Assura-t-il.
- Croyance…
Miaulements.
Il fit plus d'effort encore et finit, après cinq longues minutes où il refusait de relâcher, ayant trop peur de tomber. Il posa les genoux sur l'appui et manqua de tomber en rencontrant les yeux bleus foncés de sa sœur.
- Modestie ?
Elle le fixait.
Il fixait ce à quoi la corde était rattachée. Son crâne. C'était des cheveux. Des cheveux magnifiques, soyeux, brillant. Il n'aurait jamais pu croire que c'était ceux de sa sœur. Elle qui les avaient presque platine, rejetait un entremêlement de mèches d'or !
- Comment… Comment est-ce possible ? Questionna-t-il.
Elle lui attrapa le poignet et l'attira à l'intérieur, le faisant tomber sur le plancher où il poussa un grognement. Il redressa la tête et eut la stupeur de rencontrer des dizaines de petits yeux. Des chats !
- Comment toi tu as pu ?! Protesta-t-elle.
Elle partit vers les chats et en prit un blanc et gris qu'elle serra contre elle sans la moindre expression cela dit.
- Je devais te trouver. Je n'étais pas sûr que ce soit toi mais je savais que je devais venir ici.
Il désigna les cheveux.
- Comment ?
- Jedusor a dit qu'il voulait l'utiliser contre… des gens. Peut-être ta « Fée » et ton Sorcier. J'ai attrapé un flacon et je l'ai pu.
- Modestie…
- Je pensais que ça me tuerait sur le coup. Ça a juste fait pousser mes cheveux. Ils sont très résistants. Et très brillants. Ça attire plein de gens… Tout le monde m'appelle sous la tour. « Fais descendre tes peaux cheveux ». Comme si j'étais à leurs ordres ! Plus jamais. Siffla-t-elle avec mépris.
Elle caressa le chat qui miaula joyeusement sous ses mains.
- Modestie, tu dois venir avec nous. La Fée et Monsieur Graves, ils s'occuperont bien de toi, tu sais. Et… Et…
Non.
Ils ne s'occuperaient pas bien d'elle parce qu'ils allaient l'oublietter. Peut-être lui avec elle, pour qu'il ne souffre pas d'être écarté de la magie.
- Si tu viens avec nous, tu verras que tout se passe bien. Assura-t-il. On sera tous heureux et…
Il se tut une nouvelle fois.
- Tu ne sais même pas ce qu'ils feront. Pourquoi tu leurs fait confiance ?
Elle leva les yeux vers lui.
- Depuis quand est-ce que tu les connais ? Deux semaines ? Je croyais pouvoir faire confiance à Tom. Il se moquait de moi.
- La Fée et Monsieur Graves ne sont pas comme ça. À l'école, il y avait quelqu'un de méchant et Monsieur Graves ne voulait pas laisser ça passer. Ils ne sont pas comme maman.
- Je pensais qu'ils voulaient te manger.
Elle baissa les yeux vers sa jambe. Elle réalisait maintenant comme il s'était déplacé facilement. Il n'aurait jamais pu être soigné comme ça en temps normal. Mais après que ses cheveux se soient mis à pousser juste après qu'elle ait bu un liquide amer, elle pouvait tout croire.
Surtout que lesdits cheveux semblaient avoir une sorte d'âme propre, se mettant à pendre par la fenêtre, faisant miroiter des runes magiques…
- Non. La Fée ne mange pas de viande, déjà. Rit Croyance. Elle… Il aime les animaux, les créatures, les gens. Ils sont bien et…
Est-ce qu'il pouvait lui dire ?
- Je fais de la magie, Modestie. Mes parents étaient des Sorciers, c'est Monsieur Graves qui me l'a dit. Ils vont m'apprendre…
- Si je viens avec eux ? Dit Modestie.
- Non. Ils ne sont pas comme ça. Mais c'est mieux que tu nous accompagnes. Je ne veux pas que Jedusor te fasse de mal.
Il lui tendit les bras.
Elle le regarda, le chat ronronnant contre elle.
- Monsieur Graves… ce n'est pas quelqu'un de fréquentable. Dit Modestie.
Croyance resta silencieux quelques instants, ne touchant pas au chat, et sa cadette en profita.
- Ils t'ont laissé venir ici. Te mettre en danger. Faire…
- J'ai fui. Parce que tes cheveux appels tout le monde. Ils sauront faire quelque chose. Je ne t'obligerai pas à venir Modestie. Mais c'est mieux d'être avec eux qu'avec Tom Jedusor, je te le jure.
Modestie le regarda et elle tendit la main pour prendre la sienne.
- Tu parles différemment.
- Juste avec toi. Je veux ton bien. Tu es ma petite sœur et…
Il déglutit difficilement, baissant la tête. Elle resserra ses mains sur les siennes.
- Je t'aime…
- Tu n'es pas envoûté ? Tu ne veux pas seulement les protéger eux ?
- On partira juste toi et moi si tu préfères. J'ai tué maman avec mes pouvoirs. Je peux tuer n'importe qui d'autre qui voudra nous faire du mal. On ne sera pas séparer. On se l'est promis quand on est parti.
Juste eux deux.
Ça semblait impossible. Comment est-ce que ça pouvait être juste eux deux alors qu'il avait les yeux illuminés dès qu'il parlait de la Fée et de « Monsieur Graves ». Et elle savait aussi que ce « Monsieur Graves » était le mal. Que devait-elle faire ?
Elle le lâcha et se leva. Ses cheveux la suivaient dans une longue traîne qui attira d'abord l'attention de son aîné. Puis il revint à sa sœur qui ferma la main sur quelque chose installé sur la coiffeuse. Ça semblait être des glands. Trois glands dorés qu'elle enfourna dans la poche de sa robe blanche. Elle semblait neuve.
- D'accord… Je veux bien que tu m'emmènes auprès d'eux. Mais je te préviens… ni la « Fée », ni Monsieur Graves ne deviendront mes maîtres.
- Ne t'inquiète pas.
Il s'approcha d'elle et la prit dans ses bras.
- Que fait-on ? Dit-elle. Comment on sort d'ici ?
- J'ai une idée… Souffla-t-il.
L'odeur du cataplasme contre les brûlures était épouvantable mais Newt s'en badigeonnait les bras. Il regardait les traces écarlates qui s'étendaient sur sa peau pâle, venant suivre les petites taches brunes qui constellaient son corps.
- Si Percival apprends ça, il sera moins intéressé par l'idée qu'on ait des Crabes de Feu.
- C'en est seulement un. Ils sont un peu timides.
- Je sais ! Répondit-il avec un sourire. Je comprends tout à fait qu'il soit surpris qu'un étranger s'occupe de lui comme ça. Je sais aussi qu'il s'adaptera très vite. Mais Percival est comme ça.
On frappa à la porte alors que Newt continuait de passer le baume épouvantable. Il était graisseux en plus. Crockdur aboya joyeusement et trottina vers l'entrée, agitant la queue dans l'attente de pouvoir asperger le visiteur de bave.
- Oui ? Déclama la voix bourrue du semi-géant.
La porte s'ouvrit sur un élève de Serdaigle.
- Monsieur Dumbledore ! Il y a quelqu'un pour vous aux grilles de l'école.
- Merci. Je reviens, Hagrid.
Il lui lança un sourire puis se leva, Pickett toujours sur l'épaule, avant de quitter la cabane, passant à côté de l'élève en question. Il trottina pour rejoindre les fameuses grilles qui l'attendaient.
Bien sûr.
Et lorsqu'il arriva, son cœur rata un battement.
- Croyance ! Islander te cherchait ! Percival va être si content ! Tu nous as beaucoup inquiétés.
Il marcha vers lui. Il étendit d'abord les bras puis les laissa revenir le long de son corps.
- Je suis désolé. Je suis parti sans rien dire…
Il se frotta la nuque et leva les yeux vers le ciel clair. Dix heures du matin. Il était resté absent vingt-quatre heures…
- Cher Newt…
- Islander ! Je ne t'avais pas vu. Merci beaucoup. Lui dit le magizoologiste.
Puis il baissa les yeux pour regarder Modestie avec ses cheveux trop longs qu'elle tenait dans ses bras, le dévisageant.
- Bonjour, Modestie. Souffla-t-il.
