Disclamer... : L'univers ainsi que les personnages appartiennent à JKR. Seule l'histoire sort de mon imagination :)
Titre de la fiction : Pocket dictionary
Résumé de la fiction :
« Et vous pensez sérieusement que vos vies soient suffisamment passionnantes pour écrire un bouquin ? »
« On est beaux, intellige… »
« Rectification : je suis beau et intelligent. Toi, tu ne sers qu'à procréer. »
Blabla de l'auteur :
Pour ceux qui me connaissent … Non vous ne rêvez pas :D Nous sommes lundi ! Me revoici donc pour la suite ! Et dans les temps ! Qui sait, peut-être qu'en devenant vieille j'ai pris de bonnes habitudes *siffle*
J'ai envie de blablater, mais comme on est confiné, j'ai pas grand-chose à dire en fait. Ah. Si. Ce matin, je me suis cognée le petit orteil contre le pied de mon lit. En vrai ça fait super mal. Ah ? Vous en avez rien à faire ? Bande d'impolis !
Place au chapitre alors ! On se retrouve en bas pour les remerciements !
Tendresse chocolats \o/
Sybou'
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Chapitre 1 : A comme Animagus
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Deuxième année des Maraudeurs – Dortoir de Gryffondor - Poudlard – mars 1973
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- Vous chaviez que la grand-mère de Remuch' est morte pour la chixième fois ?
Peter était installé nonchalamment sur son lit, dégustant une chocogrenouille tout en observant d'un œil distrait son livre de potion.
- Un vrai mystère pour la médicomagie… commenta James absorbé, quant à lui dans un livre de métamorphose.
- Étonnant que Remus ait une santé aussi fragile avec une ancêtre qui arrive à ressusciter autant de fois, ne put s'empêcher d'ajouter Sirius dans un bâillement.
D'un même mouvement, les trois jeunes garçons levèrent la tête et échangèrent un regard. Le même sourire complice venait d'apparaître sur le visage.
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Cela faisait en effet six fois que leur ami leur avait sorti la bonne vieille excuse de la grand-mère décédée.
A trois reprises, il avait prétexté de violentes migraines lui faisant passer plusieurs nuits consécutives à l'infirmerie ; migraines tellement violentes qui lui était impossible de voir ses amis à ce moment-là.
Par deux fois, il avait malencontreusement avalé des noisettes ; étant prétendument allergique, Remus Lupin avait par conséquent frôlé la mort.
Puis, il y avait eu le mariage de son cousin où il était revenu avec une tête affreuse. « Je ne l'aime pas » avait-il seulement dit lorsque Sirius l'avait interrogé inquiet.
Pour rajouter au malheur de ce pauvre Gryffondor, depuis son arrivée à Poudlard, il avait subi trois intoxications alimentaires, une agression sauvage par un hibou – c'est comme ça en tout cas qu'il justifia des griffures sur ses jambes, et une chute dans les escaliers.
Une personne extérieure aurait simplement dit que Remus Lupin était un garçon malchanceux, et un peu maladroit. Mais ses camarades de dortoir n'étaient pas dupes. Depuis leur entrée à Poudlard, leur condisciple s'absentait tous les mois. Les trois jeunes garçons auraient pu ne pas s'en rendre compte. Ils auraient pu ne pas s'en soucier, balayant d'un geste de la main toutes les paroles de ce garçon introverti et taciturne. C'est d'ailleurs ce qu'ils avaient fait dans un premier temps. Mais aujourd'hui, tout était différent. Aujourd'hui, Remus Lupin était devenu leur ami.
Au début, ils n'avaient pas compris. Au début, ils avaient juste cru que Lupin était un menteur, qu'il ne déblatérait ces bêtises que pour se rendre intéressant. Mais pourquoi ce garçon si timide en tant ordinaire aurait cette attitude de m'as-tu- vu ? Ce fut James Potter qui souligna ce point le premier. A sa remarque plus que fondée, les deux autres ne purent que se ranger à son avis. Ils devinrent suspicieux ; cela ne faisait aucun doute : Remus Lupin avait un secret.
La suspicion laissa vite place à l'inquiétude et à la colère. Les trois garçons se rendirent vite compte que quoi que Remus Lupin fît une fois par mois, il ne le faisait pas par plaisir. A chaque fois qu'il partait, il revenait épuisé, couvert de nouvelles cicatrices. Son état était plus que lamentable. Sirius Black fut le seul des trois à ne pas exprimer son appréhension à haute voix. Lui aussi avait du mal à se confier, et il serait mal venu de sa part de critiquer l'attitude de son ami, alors qu'il pouvait avoir des réactions semblables. Mais un soir, lorsqu'il se retrouva seul avec un Remus semblant au bord de l'évanouissement, Sirius posa une main réconfortante sur l'épaule de son camarade. Par ce geste, il essaya de montrer toute l'affection qu'il éprouvait, toute la compassion qu'il ressentait. Il voulait montrer que quoi qu'il arrive, il serait toujours là. Lupin ne répondit rien à ce geste. Pas même un merci. Mais l'éclat dans ses yeux prouvait à quel point il appréciait l'attitude de son ami.
Ce fut Peter Pettigrow qui fut le premier à découvrir le secret de Remus Lupin. Passionné d'Astronomie, il se plongeait régulièrement dans de gros volumes poussiéreux de la bibliothèque. Il avait hâte d'être en troisième année pour commencer à étudier cette matière qui le fascinait. En attendant, il aimait particulièrement les escapades nocturnes avec ses amis, car elles lui permettaient d'observer les astres de la nuit. Pour s'amuser, il s'entraînait parfois à dessiner des cartes. Puis, il comprit. Chaque disparition de Remus Lupin coïncidait. Chaque fois, la lune était pleine.
Ce n'était que des suppositions, alors Peter garda ses doutes pour lui. Il observa Remus Lupin attentivement dès que ce dernier avait le dos tourné. Il n'imaginait pas comment un si gentil garçon pouvait devenir un monstre sanguinaire une fois par mois. Il ne comprenait pas non plus sa propre attitude. On le lui avait pourtant dit. Depuis sa plus tendre enfance, Peter avait été bercé par des histoires de dangereux monstres. Il aurait dû avoir peur. Seulement, il ne parvenait pas à croire que son camarade de chambre pouvait être quelqu'un de mauvais. Alors il alla voir ses deux autres amis, et leur partagea ses soupçons.
C'est ainsi que les trois amis surent : Remus Lupin était un loup-garou.
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- Personne ne gagne cette fois-ci, lança Sirius en observant un carnet noir qu'il venait de sortir de sa table de chevet.
- J'avais dit le grand-père, bougonna Peter. C'est presque pareil…
Sirius lui lança un regard moqueur, un sourire étirant ses lèvres minces. Il n'avait pas besoin de faire de sous-entendus, Peter comprit parfaitement seul en quoi se distinguait un grand-père d'une grand-mère. Il s'empourpra sous les moqueries de James et Sirius.
Depuis qu'ils avaient compris la situation de leur ami, les trois Gryffondors avaient organisé des paris. En attendant que Remus Lupin se sente prêt à leur confier son secret, ils s'amusaient à deviner le prochain alibi du lycanthrope. Peter menait le jeu pour le moment.
Devant les sourires toujours railleurs de ses amis, Pettigrow tenta de changer la direction de leur discussion :
- Vous pensez que ça va prendre encore longtemps avant qu'il ne nous révèle tout ?
Un silence s'installa. Tous semblaient réfléchir sérieusement à la question.
- Peut-être qu'il ne nous fait pas assez confiance pour tout nous raconter, proposa Sirius songeur.
James claqua la langue, visiblement agacé. Il pensait pourtant que la loyauté faisait partie de leur amitié.
- Peut-être qu'on ne lui a pas montré suffisamment notre ouverture d'esprit, renchérit Peter.
Un ricanement sortit de la bouche de Sirius. Il se redressa sur le coude, plaça sa tête sur sa main, et adressa un regard espiègle à Peter. James sut immédiatement que son meilleur ami allait dire une moquerie.
- Pourtant, on t'a bien accueilli parmi nous Peter.
Visiblement, Peter Pettigrow avait également compris les intentions de Sirius, puisqu'avant même que Black ne comprenne ce qui lui arrive, il reçut un oreiller en pleine figure.
Le rire de Peter résonna longtemps dans la petite chambre. L'agressé secoua la tête amusée - il l'avait bien cherché.
- Ça me rend malade de savoir qu'il traverse ça tout seul, souffla James quand les deux autres se furent calmer. Il faudrait faire quelque chose pour l'aider !
- A part se faire mordre, pour qu'on devienne nous aussi des loups et qu'on l'accompagne… répondit Sirius mollement avant de s'interrompre en voyant l'expression déterminée de son meilleur ami.
- …
- Tu n'y songes pas sérieusement James ?
Peter écarquilla les yeux. Oui, il était un Gryffondor. Mais tout de même ! Se faire mordre n'était pas du courage, c'était de l'absurdité.
- Et pourquoi pas ? Répondit le concerné.
James affichait un air de défi. Il avait une expression qui imposait le respect : celui d'un garçon prêt à tout pour ses amis.
Son meilleur ami leva les yeux au ciel et soupira. Il était impressionné par ce que James Potter était capable de faire pour ses proches. Mais parfois, il pouvait vraiment se montrer aussi stupide qu'un billywig.
- Ne sois pas idiot ! Que penserait Remus de tout ça ?
James s'apprêta à répliquer mais Sirius ne lui en laissa pas l'occasion. Sirius ne donna pas son premier argument, à savoir que devenir un loup-garou pour un ami, était sans doute l'alternative la plus saugrenue qu'il n'ait jamais entendu. Il savait que le danger ne ferait que renforcer l'idée de James. Alors, il préféra aborder des questionnements plus émotionnels.
- Remus a l'air de se sentir déjà terriblement mal de nous mentir tous les mois. Il pense qu'il est un fardeau. S'il ne nous révèle pas son secret, c'est sans aucun doute parce qu'il pense qu'il va être rejeté. Alors certes, ton petit stratagème nous permettrait de ne pas le laisser seul. Mais tu as pensé à la culpabilité que Remus ressentirait si on faisait ça pour lui ?
Le silence reprit place dans la chambre. James assimilait les paroles de Sirius. Peter se permit de fermer les yeux quelques secondes en guise de soulagement.
- Il doit bien y avoir un moyen… commença Peter d'une petite voix.
- Il y a un moyen, coupa James. Il faut un moyen !
Il se tut, observant ses amis avec détermination.
- Serment de James Potter, on trouvera !
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Fin de deuxième année des Maraudeurs – Square Grimmaurd – Vacances d'été 1973
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- Maîtresse Black, votre premier fils, maître Sirius a encore disparu, dit Kreattur en s'inclinant profondément devant Walburga Black.
La mère de Sirius grogna. Pourquoi ne semblait-elle pas étonnée ? Ce fils n'était que déception. Elle tourna les talons avec force, songeant aux sévices corporels que méritaient son aîné.
Pourtant, Sirius était non loin de là. Caché sous la cape d'invisibilité de son meilleur ami, il ne put s'empêcher de pousser un soupir de soulagement lorsqu'il vit disparaître sa mère à l'angle du couloir.
Entendant du bruit, l'elfe de maison sursauta. Mais le jeune Black n'en avait que faire. Sa mère était partie. Elle ne le chercherait plus durant de longues heures, et il pouvait ainsi profiter d'un long moment de liberté avant de recevoir un nouveau châtiment.
Il bénissait James de lui avoir prêté sa cape d'invisibilité pour les vacances. Ce n'était qu'un bout de tissu mais il lui permettait de pouvoir s'échapper de l'enfer oppressant de la noble et très ancienne maison des Black. Il chérissait ces brefs moments d'échappatoire. Ils lui étaient vitaux.
Il s'interrogea brièvement sur les options qui s'offraient à lui. Aller voir James ? Impossible. Une importante réunion de famille se déroulait chez les Potter et il se voyait mal débarquer à l'improviste, couvert de bleus, sans alarmer personne. Peter, quant à lui, était actuellement en Egypte. Le veinard. Et pour Remus… C'était un lendemain de pleine lune – il avait vérifié. Remus ne serait pas en état de le recevoir. Il avait dû passer une nuit suffisamment éprouvante, inutile d'aller l'embêter.
Quand il repensa à Remus, un nouveau soupir s'échappa de ses lèvres. Des mois avaient passé et le lycanthrope n'avait toujours rien avoué. Et eux – James, Peter et lui, n'avaient rien trouvé. Ils s'étaient pourtant fait une promesse, la promesse qu'ils trouveraient une solution. Ils avaient passé des heures à la bibliothèque, à étudier des livres, des ouvrages, des parchemins. Sans succès. Tous étaient formels : les loups-garous étaient un trop grand danger pour les humains pour envisager de les approcher.
Il n'était pas question d'abandonner. Dans une démarche assurée, Sirius se dirigea vers un endroit bien précis de la maison. Si la bibliothèque de Poudlard n'avait pas pu lui fournir de réponses adéquates, peut-être que celle de ses parents le pourrait.
Il entra dans une pièce spacieuse, et sombre. Les rideaux vert sombre étaient tirés, plongeant la pièce dans une semi-obscurité. A son entrée, quelques lanternes s'éclairèrent laissant apercevoir de nombreuses étagères toutes remplies de livres.
La bibliothèque des Black n'avait rien à envier à celle de Poudlard. Elle était aussi fournie… Si ce n'est que la plupart des ouvrages se seraient immédiatement retrouvés dans la Réserve, voire, auraient complètement été détruits.
Une grimace de dégoût apparut sur le visage de Sirius lorsqu'il passa devant la section « Magie Noire et Forces du Mal ». On pouvait trouver des ouvrages tels que « Grandeur et Décadence de la Magie Noire » ou « Les forces du mal surpassées ».
Il secoua la tête écœurée. C'était stupide. Il n'aurait jamais dû venir ici. Comment avait-il pu penser que … Ses pensées se stoppèrent nets lorsqu'il aperçu un livre qu'il n'avait jamais vu, mais dont le titre l'intéressa beaucoup : « Loups-garous : comment s'en faire des alliés ».
Sirius pencha la tête sur le côté, songeur. Un dilemme s'imposait à lui. Ce livre se trouvait classé avec les ouvrages des forces obscures. Il allait probablement y trouver des sorts révoltants pour contraindre des loups-garous, ou des moyens de torture épouvantable. Mais s'il y avait la moindre chance d'une solution concrète dans ce livre, ne devait-il pas la saisir ?
Le jeune Gryffondor n'hésita pas une seconde de plus. Il prit le livre, se cacha de nouveau sous la cape d'invisibilité, avant de se rendre dans sa chambre d'un pas précipité. Il avait hâte d'entamer sa lecture.
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Fin de deuxième année des Maraudeurs – Godric's Hollow – Vacances d'été 1973
- C'est fou ce que tu peux ressembler à ton père James Potter.
Un sourire forcé apparut sur le visage du dénommé James, tandis qu'il se laissait malmener par les mains de la grande-tante Olga. Elle lui tirait les joues si fort qu'il se demanda si son visage n'allait pas finir par être déformé.
Un son lui sauva la mise. Quelqu'un au fond de sa poche venait de l'appeler par son prénom.
Il s'excusa auprès de son aïeule, prétextant un devoir à faire, avant de s'éclipser dans la maison le plus rapidement possible.
- Sirius, mon vieux tu ne sais pas à quel point je te bénie en ce moment ! lança-t-il en sortant le miroir à double sens de sa poche.
Le sourire de James Potter disparut en voyant le cocard et les cicatrices toutes fraîches qu'arboraient son meilleur ami.
- Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? demanda-t-il horrifié.
Sirius grommela.
- Est-ce que je te demande pourquoi tu as les joues toutes rouges ?
- Olga la barbare, grimaça James.
Devant les yeux ahuris de Sirius, il ajouta en se malaxant les joues d'une main.
- Je crois qu'elle m'a déboîté la mâchoire.
Sirius pouffa. Puis, sachant pertinemment que James ne le lâcherait pas, il avoua :
- Bellatrix. Je lui ai demandé ce qu'était un Serpentard avec un cerveau. La réponse ne lui a pas plu.
L'ombre d'un sourira passa sur le visage de James.
- Était-ce vraiment le bon moment pour lancer ce genre de blagues stupides ?
- Le moment est toujours propice à insulter un Serpentard. Ne t'en fais pas Jamesie d'amour. Je ne suis pas en sucre. Je m'en remettrais.
Le Jamesie d'amour en question leva les yeux au ciel. Pourquoi fallait-il toujours que son meilleur ami minimise les faits ? Il était sérieusement amoché, et son inquiétude était réelle. Mais comme d'habitude, l'imbécile de Sang-pur qu'était Sirius Black ne s'en souciait guère, préférant se moquer de James et de ses angoisses qu'il qualifiait de « féminines ».
- Mais écoute ce n'est pas pour ça que je te contacte !
James se rapprocha un peu plus du miroir, les yeux légèrement plissés. L'intonation de Sirius était passée de moqueuse à excitée. Il était curieux d'en connaître la raison et n'insista donc pas sur les blessures de son ami.
- J'ai trouvé la solution pour Mumus !
- Tu sais comment te venger pour la branchiflore dans ton jus de citrouille ?
Un sourire nostalgique apparut sur le visage de James, tandis que Sirius secoua la tête dégoûtée. Avoir passé une heure avec des branchies de poisson et des pieds palmés lui avait laissé un souvenir amer.
- Je pensais à de l'alihotsy. Mais après réflexion je me suis dit que c'était plus une plaisanterie à faire aux Serpentards…
Les deux Gryffondors éclatèrent de rire, imaginant le résultat d'une hystérie collective chez les verts et argents.
- Non, je pensais plus à son autre problème… Tu sais ? Son petit problème de fourrure.
C'était le nom de code pour parler de la lycanthropie de leur ami. Un moyen efficace de brouiller les pistes en cas d'oreilles indiscrètes.
Le sourire de James disparut, laissant place à une expression concentrée. Il attendit patiemment que Sirius formule son idée.
- Je te préviens par contre. Ce sera quelque chose de difficile…
James balaya sa remarque d'un geste de la main.
- … d'illégal …
L'intérêt de James ne fut que renforcée.
- … et probablement dangereux.
- Inutile de me convaincre, marmonna le garçon aux lunettes. J'en suis !
Un sourire espiègle apparut sur le visage de Sirius Black. Il se délecta de l'expression de son ami, qui semblait passablement agacé du temps de sa réponse. Puis, dans un murmure, il souffla la réponse au problème : « Animagus ».
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Troisième année des Maraudeurs – Bibliothèque – Octobre 1973
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- Non, mais c'est pas vrai, pesta Peter Pettigrow avec agacement.
Le jeune Gryffondor se trouvait au quatrième étage, installé sur l'une des tables reculées de la bibliothèque.
Lorsqu'il poussa une énième plainte, plusieurs visages se tournèrent vers lui. Si certains semblaient surpris qu'un jeune élève puisse autant s'exaspérer devant un livre, d'autres au contraire ne cachèrent pas leur irritation pour les avoir dérangés en plein travail. Madame Pince, la bibliothécaire, faisait partie de cette dernière catégorie. Elle lui lança du regard un troisième avertissement.
Peter se ratatina sur place devant son air pincé. Mais il n'y pouvait rien. S'il soupirait bruyamment depuis dix bonnes minutes, c'était à cause de sa lecture. A bien y réfléchir, cela ne faisait pas seulement quelques minutes qu'il était à cran. Il l'était depuis bientôt un mois.
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Si au départ, l'idée de Sirius et James l'avait surexcité, il avait bien vite déchanté face à la réalité de cette proposition. Ses deux amis avaient souligné le côté amusant de la chose, la bienveillance d'un tel acte. Jamais, ils n'avaient parlé de danger, d'illégalité ou de migraines carabinées causées par des recherches approfondies.
Parce que oui : devenir un animagus demandait de nombreuses connaissances théoriques.
Alors, depuis plus d'un mois, James, Sirius et lui se rendaient régulièrement à la bibliothèque pour accroître leur culture sur le sujet. Dès que Remus était absent, chacun d'eux profitait de ce temps pour comprendre le processus de métamorphose. Ils avaient même créé un carnet, afin de recenser toutes les informations qui semblaient primordiales. Les pages de ce carnet se retrouvèrent vite noircies : la transformation animale était bien plus complexe que les trois adolescents ne l'avaient imaginé.
Outre les dangers que cela pouvait provoquer – Peter avait été horrifié de voir certaines images de sorciers mutilés – les avis étaient très divergents. Devenir un animagus n'était pas à la portée de tous les sorciers. Les théoriciens tentaient de répondre aux nombreux questionnements que cette transformation soulevait. Cependant, lorsqu'ils parvenaient à y répondre, cela faisait remonter d'autres interrogations, ainsi que de nouveaux maux de tête pour les trois Gryffondors.
Peter avait été surpris. La métamorphose était certes complexe, mais reposait sur un postulat fondamental : la concentration et la visualisation. Il suffisait de se concentrer pour parvenir à changer une allumette en aiguille. Alors, tout bêtement, le garçon avait pensé qu'il fallait penser à un animal en particulier très fortement, pour se transformer en cet animal. Hélas, c'était une erreur !
La transformation animale demandait à la fois une connaissance parfaite des processus élémentaires de métamorphose, mais également la nécessité de faire une introspection poussée de soi-même. Le changement ne pouvait opérer que si l'animal reflétait parfaitement la personnalité de l'individu.
Donc en résumé, il fallait faire le choix d'un animal, sans avoir à choisir.
Complexe.
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Peter bougonna. La tête sur la table, les bras le long du corps, il en avait clairement assez. Il ne comprenait définitivement rien à cette magie.
- Tout va bien Peter ? demanda une voix moqueuse en s'approchant.
Le concerné sursauta. Il rangea en hâte le carnet noir dans son sac, avant de se tourner vers son interlocuteur avec un sourire coupable.
Remus s'approchait en compagnie de James et de Sirius. Devant l'attitude étrange de son camarade, le lycanthrope fronça les sourcils suspicieux, tout en jetant un œil aux parchemins étalés sur la table. Sirius, qui avait suivi le regard de Remus, tenta de sauver les apparences.
- Tu cherches encore à prouver que tu as raison à propos des animagus, se moqua-t-il faussement.
- Euh … Oui, oui, bégaya Peter gêné.
Le loup-garou haussa un sourcil. Devant sa question muette, ce fut James qui répondit :
- Tu te souviens quand ta mère était malade la semaine dernière, et que tu as dû partir pour être à son chevet ?
Remus approuva, légèrement mal à l'aise.
- Un débat acharné s'est engagé entre Sirius et Peter sur les animagus. Peter pense qu'on a juste besoin de choisir la forme de son animagus, alors que Sirius pense le contraire.
- Je … euh… pourquoi vous n'avez pas demandé à McGonagall ?
Les trois autres échangèrent un regard surpris.
- Outre le fait qu'elle soit notre professeur de métamorphose, et qu'elle en sache bien plus que vous à ce sujet, expliqua Remus, c'est aussi un animagus.
- Sérieusement ?
- Comment tu sais ça ?
- En quoi elle se transforme ?
James, Sirius et Peter avaient parlé en même temps. Leur ami eut un léger sourire avant de leur répondre.
- Vous vous rappelez quand Peter a parié que je ne serais pas capable de dessiner une moustache ridicule sur le chevalier du Catogan ? Je croyais que j'étais seul, c'est pour ça que j'ai enlevé la cape d'invisibilité. Pas de bol. McGonagall était là !
Une grimace déforma les traits du lycanthrope au souvenir du sermon de son professeur de métamorphose ainsi que de la retenue qu'il avait écopée pour un simple graffiti. Sa main avait longtemps été engourdie après avoir recopié cent fois qu'il était interdit de détériorer l'enceinte du château.
- Bref, continua-t-il en secouant la tête pour chasser cette mauvaise pensée. C'était un chat !
- Surprenant ! commenta Sirius avec un air de dégoût.
Les trois autres éclatèrent de rire, tandis que Mrs Pince leur adressa un regard courroucé. Sirius n'était pas un grand fan des chats. Ceux-ci lui étaient devenus totalement antipathiques depuis l'arrivée du nouveau concierge et sa petite chatte « Miss Teigne », qui portait de toute évidence bien son nom.
- Dans tous les cas, je pense qu'elle pourra résoudre votre débat.
James, Sirius et Peter échangèrent un regard. Minerva McGonagall était leur meilleure option pour répondre à toutes leurs interrogations. Seulement, voilà. Comment la consulter sans éveiller le moindre soupçon ?
- C'est un professeur, renchérit Remus sans s'apercevoir du malaise de ses amis. Elle est là pour répondre à nos questions.
Le lycanthrope se permit un sourire amusé.
- Et puis ce n'est pas comme ci vous aviez décidé du jour au lendemain, de devenir des animagus non déclarés !
Les trois autres Gryffondors se forcèrent à rire.
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Troisième année des Maraudeurs – Salle de métamorphose – Novembre 1973
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James Potter prit une grande inspiration pour se donner du courage, avant d'entrer dans la salle de classe.
Il avait été désigné par les deux autres pour être celui qui poserait des questions au professeur McGonagall sur les animagus. Bien qu'il eût protester, ses amis ne voulurent rien entendre. James était le plus doué des trois en métamorphose, et par conséquent, le plus apprécié par l'enseignante.
- Professeur ? interrogea-t-il d'une petite voix.
Le professeur McGonagall leva un court instant les yeux vers son interlocuteur, avant de reprendre la correction de ses copies.
-Non Potter, je n'annulerai pas votre retenue parce que vous avez un entraînement de Quidditch au même moment …
James allait protester, mais se souvint qu'il n'était pas venu voir son professeur pour cette raison. Même s'il considérait sa retenue comme exagérée, il devait accepter sa sentence, afin que sa directrice de maison garde un semblant de bonne humeur. Il la laissa donc poursuivre.
- Vous n'en seriez pas là si votre camarade Severus Rogue avait encore des cheveux sur la tête.
Le Gryffondor se força à garder un air impassible. La plaisanterie avait vraiment été hilarante. Mais il était persuadé que si le moindre éclat de rire sortait de sa bouche, son professeur de métamorphose se serait énervée et aurait été peu encline à répondre à ses questions. L'enjeu était trop important.
- Je comprends professeur. Je … J'ai mal agi. Je ne le referai plus.
Sa directrice de maison qui ne lui avait accordé aucun regard, releva la tête méfiante. Il n'était pas dans les habitudes de James Potter de reconnaître ses torts.
L'adolescent de treize ans ne baissa pas les yeux devant le regard inquisiteur de son professeur. Au contraire, il soutint son regard, il ne fallait pas qu'il arbore une expression coupable.
- Que voulez-vous Potter ?
- En fait, je me posais quelques questions sur les animagus et les transformations humaines…
Derrière ses lunettes carrées, le professeur de métamorphose fronça légèrement les sourcils. Elle semblait de plus en plus sceptique.
- … Etant donné que vous êtes notre professeur et un animagus qui plus est !
Il aurait pu rajouter quelques formules bien trouvées, des compliments habilement dissimulés. Mais James Potter connaissait son professeur, et elle n'était pas comme Horace Slughorn. Bien au contraire. S'il avait utilisé cette manière de fonctionner, les soupçons de McGonagall n'en auraient été que renforcés.
- Pourquoi voulez-vous savoir ça ? demanda-t-elle surprise.
- J'avais comme dans l'idée de devenir un animagus non déclaré, répondit l'adolescent malicieusement.
Stupéfaite, le professeur de métamorphose ouvrit de grands yeux, si grands que son élève éclata de rire.
- Vous devriez voir votre tête professeur ! se moqua-t-il.
Une fois remise de ses émotions, McGonagall secoua la tête, exaspérée par l'attitude du Gryffondor. Le sourire toujours aux lèvres, ce dernier ajouta avec arrogance :
- Je sais que je suis intelligent Professeur, mais de là à imaginer que je puisse réaliser cet exploit en troisième année… Vous me flattez !
Les commissures des lèvres de la directrice adjointe tressautèrent légèrement. Elle reprit bien vite contenance en affichant son habituel air strict devant son élève, visiblement réjoui d'avoir été le précurseur d'un sourire chez son professeur.
- Les transformations humaines ne sont abordées qu'en sixième année, informa-t-elle. Pourquoi vous intéressez-vous à un sujet aussi complexe à votre âge ?
- Divergence d'opinions, mentit-il.
Face à l'expression d'incompréhension de McGonagall, il expliqua :
- Lily Evans. Elle est persuadée que pour devenir un animagus, il ne suffit pas de songer à son animal pour se transformer. Je n'ai pas réussi à lui faire entendre raison. C'est fou ce que cette fille peut être bornée.
- Et quelle est votre opinion ? questionna-t-elle à présent curieuse de l'avis de son meilleur élève de troisième année.
- Je pense – et pardonnez-moi si je me trompe – que tout est une question de concentration et de visualisation. Vous nous avez toujours dit que ces deux éléments étaient la clé pour réussir les métamorphoses. Je ne vois pas en quoi la transformation humaine devrait différer. Certes, il ne s'agit pas d'une transmutation provoquée par une baguette, mais c'est bien le sorcier qui l'induit. S'il souhaite donc devenir un cheval, il le peut parce qu'il sait à quoi ressemble un tel animal.
- C'est juste Mr Potter. Mais vous ne me parlez que de connaissances artificielles. Est-ce cela une véritable visualisation ?
- Y'a-t-il une nécessité absolue de connaître l'animal, ses pensées, ses agissements pour se transformer ?
- Qu'est-ce qui rend une métamorphose réussie ? interrogea-t-elle à son tour.
James Potter se mit à faire les cent pas dans sa salle de classe, en proie à d'intenses réflexions. Minerva McGonagall ne put s'empêcher d'esquisser un léger sourire. Au combien cet élève de Gryffondor pouvait être un fauteur de troubles, il était réellement impressionnant lorsqu'il sollicitait son intelligence au service de ses apprentissages.
- Une métamorphose réussie n'est possible qu'avec de la précision.
Elle approuva d'un hochement de tête.
- Mais – pardonnez-moi professeur – il suffirait tout simplement d'observer un animal en particulier et de le choisir pour qu'il devienne sa forme d'animagus.
Cette fois, sa tête fit un mouvement de gauche à droite en signe de dénégation.
- Votre raisonnement est bon James. Cependant, cette transformation animale est plus complexe. S'il ne s'agissait que d'une transmutation avec baguette pour changer n'importe quel sorcier en une durée limitée, alors les possibilités seraient infinies. Vous pourriez devenir un chien, comme un dragon, comme un lapin ou un hippogriffe. Devenir animagus invoque une métamorphose plus particulière, une magie plus profonde puisqu'elle est en lien avec votre personnalité.
- C'est pour ça que tous les bouquins parlent d'introspection de soi, et de toutes ces conneries ? coupa le Gryffondor.
Bien que son visage restât strict, les yeux de Minerva McGonagall trahissaient l'admiration qu'elle éprouvait pour son élève à ce moment précis. Elles connaissaient de nombreux sorciers plus âgés et plus expérimentés que James Potter, et pourtant, ce garçon de treize ans avait bien plus de connaissances en métamorphose que tous les autres.
- Vous pensez qu'il s'agit peut-être de bêtises, répondit-elle après quelques minutes. Mais ce regard sur soi est pourtant essentiel à la réussite de cette transformation animale. Comme je vous l'ai dit, chaque individu peut être transformé en n'importe quel autre être vivant. Un sorcier doué en métamorphose peut accomplir n'importe quel acte de transformation avec une baguette, et transformer qui il veut. La clé restera la visualisation et la concentration.
James Potter approuva. Jusque-là, il comprenait les explications de son professeur.
- Cette métamorphose sera par contre limitée. Elle durera quelques minutes, voire quelques heures pour un très bon métamorphe. Néanmoins, dans le cas des animagus, il s'agit d'une autre forme de magie : le sorcier n'a pas besoin de baguette, il peut le faire à volonté, et pour une durée indéterminée. La forme animale doit donc être liée à son sorcier …
- Afin que la métamorphose fonctionne, il faut que la personnalité de l'individu soit en accord avec l'animal ? proposa James.
Le professeur McGonagall lui accorda un nouveau sourire bienveillant. James Potter était quelqu'un de surprenant.
- Dans les croyances moldus, on parle d'animaux totem. En fonction de la nature de l'individu, sa façon d'être se rapprochera de tel ou tel animal.
- Mais comment se connaître réellement ? On peut se fourvoyer complètement sur notre réelle personnalité, protesta le Gryffondor.
- A votre avis, pourquoi si peu de sorciers deviennent des animagi ? En plus des dangers liés à la métamorphose, très peu se connaissent suffisamment pour réussir cette transformation animale. Ils se contentent alors de métamorphoses basiques.
James fit la moue. Il n'était visiblement pas satisfait de la réponse de son professeur.
- Mais il existe certains moyens pour découvrir notre lien avec la nature. Certains pratiques l'astrologie et la divination …
L'élève de Gryffondor ouvrit de grands yeux. Il connaissait l'aversion de Minerva McGonagall à l'égard de ces disciplines.
- Pour ma part, je me suis concentrée sur les faits objectifs, continua-t-elle en ignorant l'air surpris du jeune homme. J'ai étudié avec minutie la symbolique des animaux. J'ai comparé avec mes propres attitudes. Et au fil du processus, ma forme animale est devenue plus évidente pour moi, et en parfaite symbiose avec ma façon d'être.
Un silence s'installa dans la salle de classe. Les rouages de l'esprit de James semblaient tourner à plein régime. Il comprenait mieux les théories qu'il avait pu lire. Ce processus était beaucoup plus complexe qu'il ne l'avait imaginé. Un sourire apparut sur son visage. Plus difficile certes, mais beaucoup plus excitant !
Il releva la tête croisant le regard de sa directrice de maison qui semblait intriguée par son attitude. Alors son sourire s'élargit, devenant légèrement moqueur :
- Etes-vous mariée professeur ?
La question de son élève la prit totalement au dépourvu, ses joues se colorant légèrement en rouge.
- Non… Parce que vous êtes un chat … Et vous savez …
Les yeux de McGonagall lancèrent des éclairs, tandis qu'un rire s'échappait de la bouche de James Potter. Il déguerpit de la salle de classe en riant, avant que son professeur ne songe à lui lancer un sortilège cuisant face à son affront.
- VINGT POINTS DE MOINS POUR GRYFFONDOR, entendit-il hurler. ET ÇA FERA UNE RETENUE SUPPLEMENTAIRE POTTER !
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Troisième année des Maraudeurs – Salle commune de Gryffondor – Janvier 1974
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Bien que l'heure fut tardive, quatre élèves de Gryffondor se trouvaient dans la salle commune de Gryffondor. Deux d'entre eux, Remus Lupin et Peter Pettigrow, étaient en pleine partie d'échecs version sorcier, un autre, James Potter était plongée dans la cartomancie, fronçant régulièrement les sourcils lorsque les cartes semblaient lui faire passer un message qui ne lui convenait pas. Quant au dernier, Sirius Black, lui, sortait d'une retenue, et il devait terminer un important devoir de Défense Contre les Forces du Mal à rendre pour le lendemain.
- Fluchen exagère, maugréa le Gryffondor à haute voix. Trente centimètres et aussi peu de temps pour le faire !
- Il nous a donné ce devoir il y a plus de trois semaines, rétorqua Remus Lupin, les yeux toujours fixés sur le plateau d'échec devant lui.
Sirius balaya la réponse de son ami d'un revers de la main, et se replongea dans la lecture de son manuel.
Pour la huitième fois depuis qu'il avait commencé à travailler, il bailla. La fatigue commençait à prendre le dessus. Il avait beau se concentrer sur sa lecture, il ne parvenait pas à avancer dans la lecture de « Forces obscures : comment s'en protéger ». A chaque fois qu'il prenait sa plume, il n'arrivait pas à aligner trois mots. Le Gryffondor était totalement exténué, et ce fut cet état d'épuisement qui empêcha son cerveau de formuler la bonne question.
- Dis Mumus, toi qui es un expert. Tu ne veux pas me résumer les différences entre un loup et un loup-garou ?
Il releva la tête rapidement en direction de son ami lorsqu'il entendit un bruit assourdissant. Sous la surprise, Remus Lupin avait lâché sa pièce d'échec. Il arborait à présent un visage à faire pâlir un fantôme, tandis que sa main était toujours suspendue en l'air comme si le temps s'était arrêté.
Peter regardait alternativement ses deux amis, la bouche légèrement entrouverte, s'interrogeant sur la démarche à suivre.
James Potter, quant à lui, s'était figé. Il fixait avec trop d'insistance une carte d'astrologie pour que l'on considère qu'il ne prêtait aucune attention à son environnement.
Au vu de l'ambiance glaciale qui régnait à présent dans la salle commune, ce qui était en train de se jouer était une scène d'une importance capitale. Pourtant, Sirius, toujours aussi épuisé, semblait abasourdi devant l'attitude de ses amis, ne comprenant pas la bévue qu'il venait de faire.
- Euh … Pour… pourquoi tu dis ça ?
La voix de Remus Lupin n'avait jamais paru aussi faible. Sirius n'en fut que plus surpris.
- Quoi ?
Le lycanthrope ferma les yeux quelques instants, comme pour reprendre de l'énergie. Puis, il redemanda d'une voix légèrement plus assurée :
- Pourquoi est-ce que tu penses que je m'y connais en … en loup-garou ?
Sirius fronça les sourcils, tentant de mesurer les paroles de son ami, avant d'écarquiller les yeux et d'ouvrir la bouche. Il ne comprit qu'à l'instant l'énorme maladresse qu'il avait commise.
- Euh… Je… Hum… Parce que tu es doué pour la Défense contre les Forces du Mal… tenta-t-il d'une manière désespérée avec des gestes grandiloquents.
Malheureusement, il avait mis trop de temps à répondre. Et Remus Lupin en prit conscience. Il ferma de nouveau les yeux, partagé entre différentes émotions. Une part de lui voulait s'enfuir, partir le plus loin possible de ses amis pour ne pas avoir à subir leur regard. Mais l'autre partie lui souffla de rester, d'essayer de comprendre la situation. Si ses camarades de chambre étaient réellement au courant de sa situation, pourquoi ne partaient-ils pas en courant ? Après s'être rappelé qu'il était un Gryffondor, il rouvrit lentement ses paupières, craignant de ce qu'il allait voir.
Ses trois amis le regardaient avec insistance, légèrement inquiets. Au vu de la pâleur de leur ami, ils avaient peur que celui-ci ne fasse un malaise.
Cependant, les minutes défilèrent, et rien ne se passa. Alors tout naturellement, les trois autres reprirent le cours de leurs activités. Peter remis à leur place les différentes pièces d'échec, James se réinstalla en tailleur sur le sol, avant de ramasser ses cartes et de les mélanger pour faire un nouveau tirage, et Sirius se replongea dans son manuel.
Devant un tel comportement, Remus se demanda s'il n'était pas en train de rêver. Il se pinça une première fois… Puis une deuxième fois, lorsqu'il s'aperçu que rien n'avait changé.
- Je ne comprends pas, avoua le loup-garou d'une petite voix.
- Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi tu ne veux pas partager tes connaissances avec moi, grommela Sirius. Qu'est-ce qu'il y a mon p'tit loup ? Tu as peur que j'obtienne une meilleure note que toi ?
Peter et James éclatèrent de rire. Lupin était devenu encore plus blême au surnom qu'avait employé son camarade. Le message était clair : ses amis avaient bel et bien découvert son secret. Mais ils ne partaient pas… Pourquoi ? James, qui semblait avoir compris les pensées de son ami, lança un sourire moqueur aux lèvres :
- Tu croyais quoi ? Qu'on allait te rejeter parce que tu manges ta viande un peu plus saignante que nous ?
Remus piqua un fard, ce qui amusa grandement ses amis.
- Personnellement, j'ai toujours rêvé de côtoyer un loup-garou, renchérit Sirius. Rien de plus radical pour contrarier ma mère.
Trois rires retentirent dans la salle commune, mais le principal concerné continuait à garder le silence. Il ne comprenait définitivement pas ce qu'il se passait.
- Et puis, ce n'est pas comme-ci tu voulais nous dévorer comme dans les trois petits cochons, ajouta Peter avec sérieux.
Sirius regarda son ami comme s'il venait de contracter un virus.
- Quelqu'un t'a lancé un sortilège de confusion Pet' ?
- C'est un conte moldu, précisa alors le jeune Gryffondor. Un loup essaye de manger trois petits cochons qui se construisent des maisons en paille, en bois et en brique.
- Est-ce que tu es en train de nous comparer à des petits cochons ? demanda James offusqué.
- Pourquoi est-ce qu'un petit cochon s'amuserait à construire une maison en paille ? s'interrogea sérieusement Sirius Black. Au moindre coup de vent, ça s'envolerait !
James approuva d'un signe de tête évident, et afficha sur son visage une mine encore plus outrée.
- Est-ce que tu es en train de nous comparer à des petits cochons qui sont stupides en plus ?
- En plus, c'est ridicule, les loups-garous ne mangent pas les animaux ! rajouta le brun, toujours avec sérieux.
- Est-ce que tu ne nous as raconté cette histoire de moldu que pour nous insulter de petits cochons stupides ? dramatisa James.
Pettigrow regarda Sirius puis James, avant de souffler bruyamment en se massant les tempes.
- Honnêtement Mumus, tu te transformes peut-être en un être abominable tous les mois, mais tu restes tout de même plus supportable que ces deux imbéciles !
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Quatrième année des Maraudeurs – dortoir des Gryffondor – décembre 1974
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- Je pense que je suis un chien.
Sirius lança sa réflexion à haute voix, rompant le silence qui régnait dans le dortoir. Les lumières avaient été éteintes depuis une bonne demi-heure, et tous étaient confortablement installés dans leur lit, prêts à s'endormir. Un éclat de rire provenant du lit voisin lui répondit.
- Parce que tu es un peu trop collant et que tu baves beaucoup ? Jolie déduction, commenta James d'une voix ensommeillée.
Deux légers rires résonnèrent dans la pièce. Sirius leva les yeux au ciel, lui-même amusé, mais choisit de ne pas répondre à la provocation.
- Non … Et je ne bave pas... Sauf peut être devant une jolie fille...Mais mon animal totem je veux dire. Enfin le truc quoi… L'animal qui me correspond le mieux.
James Potter se redressa d'un bond, parfaitement éveillé tout à coup, et alluma les lumières, surprenant l'ensemble des autres garçons du dortoir.
- Qu'est-ce qui te prends ? Tu es devenu fou ? grogna Peter en cachant sa tête sous son oreiller pour se protéger de la soudaine lumière.
- Je sens que l'on n'est pas près de dormir, murmura Remus pour lui-même en se frottant les yeux.
Mais James Potter les ignora. Sa curiosité avait été piqué, et il observait à présent son meilleur ami, avide d'en savoir plus. Sirius ne répondit pas immédiatement à ses interrogations muettes. Toujours songeur, il réfléchissait au meilleur moyen de leur prouver la véracité de ses paroles.
- Je veux dire… Je ne sais pas. Tout coïncide. Les cartes, la divination, ma personnalité. Tout à l'air de correspondre. Même mon prénom est associé à la constellation du grand chien.
Les trois autres garçons échangèrent un regard, tandis que Sirius était toujours plongé dans ses pensées. Cela faisait bientôt un an qu'ils essayaient – à l'exception de Remus – de trouver leur « animal totem ». Ils n'en parlaient que peu entre eux, préférant réaliser leur introspection seul. Ils s'étaient accordés du temps, pour se découvrir, pour ne pas se tromper, pour ne pas finir comme les sorciers mutilés qui avaient tenté l'expérience trop tôt.
Mais Sirius avait l'air sûr de lui. Il semblait convaincu de cet état de fait. Alors, James pencha la tête sur le côté, réfléchissant sérieusement aux paroles de son ami. Des trois, il était celui qui connaissait le mieux Sirius Black, l'alchimie était passée très rapidement entre eux. Et il devait admettre que Sirius avait certainement raison. Tout comme le chien fidèle à son maître, Sirius était loyal envers ses amis. Il était un compagnon dévoué, et pouvait montrer les crocs pour défendre ceux qu'il aimait. Mais symbole des Enfers, le chien était également associé à la noirceur, à la mort. Cette part d'ombre existait également chez le Gryffondor, de par sa famille, de par ses origines. Oui, le chien correspondait parfaitement à Sirius Black.
Un silence s'était installé dans la chambre. Tous semblaient imaginer leur ami en gros chien. Mais Sirius n'avait posé son regard que sur son meilleur ami, qui après des minutes qui semblèrent interminable, finit par sourire, approuvant son raisonnement.
- Je pense avoir trouvé aussi, souffla James Potter dans un chuchotement.
Alors, il fit part à ses amis de son intuition : le cerf. La confiance aveugle, l'intuition, la confiance en soi et la détermination caractérisaient cet animal, tout comme le changement d'humeur, l'arrogance et la brutalité. Il raconta avec un petit rire amusé que Lily Evans, par ses regards noirs et ses insultes à peine masquées, lui avait fait prendre conscience de ses défauts, alors que bien évidemment, il connaissait parfaitement ses qualités.
Ses trois amis soupirèrent d'exaspération à l'unisson, face à sa présomption. Cependant, leur regard bienveillant les trahissait – ils étaient parfaitement en accord avec le pressentiment de leur camarade de chambre : la forme animale de James Potter ne pouvait être qu'un cerf.
- Et toi Peter ? Tu as trouvé ?
Les joues de l'intéressé virèrent à l'écarlate, surprenant l'ensemble de ses amis.
- Je … Je ne sais pas trop.
- Oh allez Peter ! Tu es celui qui maîtrise le mieux la cartomancie. Tu dois bien avoir une idée de ton animal non ?
Devant l'air insistant de Sirius, Pettigrow sembla se ratatiner un peu plus dans son lit à baldaquin. James se leva alors et s'approcha de son ami, posant une main compatissante sur son épaule.
- Personne ne te jugera Peter. N'aie jamais peur de te confier à tes amis.
Le concerné esquissa un sourire de remerciement.
- Tu es vraiment un cerf, toi alors. Ils sont réputés pour avoir une grande sensibilité ! se permit-il de commenter.
A sa remarque, Sirius éclata d'un grand rire et Remus ne put s'empêcher de pouffer également. James secoua la tête amusé, mais ne dit rien, laissant son ami s'exprimer.
- Je … je crois que je suis un rat.
Le silence reprit place dans la chambre. Les trois garçons écoutèrent leur condisciple avec intérêt.
- Ils… ils sont discrets. Mais ils aiment être entourés des autres, ils ont besoin de sociabilisation, de vivre à plusieurs. Et puis, ce sont des animaux qui sont capables de rire aussi.
- C'est tout toi ça, approuva Sirius avec un sourire appréciateur.
Les joues de Peter s'empourprèrent à nouveau, tandis qu'un léger sourire étirait ses lèvres. Sourire qui disparut rapidement, lorsqu'il termina sa tirade.
- Mais les rats sont aussi des animaux porteurs de maladie, qui détruisent tout sur leur passage et …
- Peut-être que cela fait juste référence à la maladie de ta mère, coupa Sirius avec brusquerie.
- Et on a tous vu à quoi ressemblait l'ouragan Peter, lors de tes innombrables maladresses, se moqua gentiment Lupin.
Les quatre garçons échangèrent un regard empli de malice, de complicité. Il était vrai qu'ils venaient de perdre une bonne heure de sommeil avec ces révélations et confidences. Mais était-ci si important, alors qu'ils venaient de franchir un nouveau cap dans leur amitié ?
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Cinquième année des Maraudeurs – Forêt interdite – Novembre 1975
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- Dépêche-toi Remus, tu vas rater la surprise…
- Quelle surprise ? marmonna le lycanthrope. La retenue que va nous distribuée Flitwick si on sèche encore le cours de sortilèges ?
Sirius claque la langue d'un air agacé. Ce qu'il avait à montrer à son ami était hautement plus important que l'apprentissage du sortilège du mutisme.
- Dois-je te rappeler que je suis désormais préfet, mentionna Lupin en désignant son insigne accroché à sa robe de sorcier.
Sirius s'arrêta net. Il se tourna vers le concerné, une expression mauvaise sur le visage. Il fit semblant de vomir pour montrer son rejet total de l'autorité et reprit sa course effrénée en direction de la forêt interdite. Remus Lupin secoua la tête en riant avant de suivre au pas de course son ami. Le cours de sortilège pouvait bien attendre ; après tout, il maîtrisait déjà parfaitement le « silencio ».
Il franchit la lisière de la forêt, jetant un œil pour vérifier que personne ne les observait, et s'engouffra dans l'impressionnant bois, à la suite de son camarade de chambre.
Quelqu'un de sensé aurait dû être inquiet de pénétrer dans cette obscure forêt, fôret qui comme son nom l'indiquait était interdite. Mais Remus Lupin avait depuis longtemps abandonné l'idée que celle-ci puisse être dangereuse. D'une part, il était, une fois par mois, de loin la créature la plus redoutable. D'autres part, il avait appris de ses meilleurs amis que le danger était quelque chose de plus excitant que déplaisant.
Sirius se stoppa net, rejoignant Peter assis nonchalamment sur un tronc d'arbre déraciné. Tous deux observaient, avec moquerie, un spectacle qui semblait les réjouir.
Curieux, le loup-garou se rapprocha, et fut ébahi face à la scène qui se déroulait devant ses yeux.
Un magnifique animal, imposant et majestueux, se tenait devant lui. Remus aurait pu être impressionné par la carrure et le charisme de ce cervidé massif, s'il n'était pas aussi surpris par la drôle de situation dans lequel se trouvait le cerf.
Il observa la danse du cerf avec surprise pendant encore quelques minutes, avant d'éclater de rire devant l'improbable numéro qui se jouait devant lui. Le rire de Remus déclencha l'hilarité des deux autres Gryffondors.
Le cerf, qui était en train de secouer la tête dans tous les sens pour retirer une branche d'arbre qui était coincée entre ses bois, arrêta de gesticuler, et jeta un regard mauvais à ses observateurs. Les trois adolescents auraient dû se calmer devant le changement d'attitude du cervidé – son expression de colère montrait qu'il était prêt à charger. Cependant, le contraire se passa. Ils ne purent calmer leur fou rire devant le cerf qui à présent levait les yeux au ciel.
- Vous êtes tout simplement jaloux ! répondit James Potter en se retransformant en lui-même.
La branche d'arbre, auparavant inextirpable des ramures du cerf, tomba au sol, et le Gryffondor ne put s'empêcher de donner un coup de pied rageur dedans.
- Jaloux de quoi ? D'avoir un porte-manteau sur la tête ? railla Sirius Black.
James Potter lui répondit par une expression faussement offusquée.
- Je préfère ressembler à un porte-manteau plutôt qu'à un sac à puces !
Peter gloussa. Sirius lui lança un regard exagérément courroucé, prouvant son amusement quant à cette situation.
Les trois Gryffondors éclatèrent d'un même rire. Quant à Remus Lupin, il ne put s'empêcher d'esquisser un sourire heureux. James Potter venait de réaliser un exploit que peu de sorcier pouvait réaliser : il était devenu un animagus. Les deux autres n'y étaient pas encore parvenus, mais ce n'était qu'une question de temps avant leur propre transformation.
Remus Lupin aurait dû les en empêcher. Il aurait dû crier qu'ils étaient stupides et insensés, que ce n'était pas un comportement raisonnable et acceptable. Mais rien de tout cela ne s'était passé. Ce n'était pourtant pas un garçon égoïste, mais il avait laissé faire.
Pour la première fois de sa vie, Remus Lupin avait hâte que la pleine lune arrive. Sa transformation serait probablement douloureuse, comme habituellement. Il aurait cette crainte permanente de se blesser. Mais, il ne serait pas seul. Il n'en croyait pas sa chance ; il avait trouvé de véritables amis prêts à tout pour lui.
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A propos de l'histoire :
Tadaaaaaaa….
En vrai j'ai sincèrement les chocottes de vous présenter un chapitre comme celui-ci.
C'est un passage hyper important dans la vie des maraudeurs – l'un des secrets qui fait le ciment de leur amitié. Et essayer de rendre le tout crédible en un unique chapitre, c'est hyper compliqué.
Alors voilà, j'imagine que c'est un peu quitte ou double '. Soit vous adorez, soit vous détestez ! Mais j'ai sérieusement pris plaisir à l'écrire. J'ai genre fait mille recherches pour essayer d'être crédible. J'ai relu tous les passages de HP qui traitait du sujet pour essayer de ne pas faire d'incohérences. Je me suis même mis à l'astrologie pour les animaux totem, c'est pour dire '
Moi je suis apparemment un renard ou un oiseau. Les différents tests que j'ai fait sur internet n'ont pas réussi à se mettre d'accord xD
Le chapitre est assez long, c'est vrai. Ils ne le seront pas tous autant. Mais je ne pouvais pas réduire pour un passage de leur vie aussi important !
Remerciements :
Merci pour les favoris. Merci pour les followers. Merci pour les reviewers. Merci pour ceux qui ont lu jusqu'au bout
On se retrouve lundi prochain avec la deuxième lettre de l'alphabet : « B comme Black ».
See you soon \o/
Sybou'
PS : je n'aime pas faire ma pénible en réclamant des avis. mais ce sont très souvent vos commentaires qui donnent envie de continuer ;)
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Réponses aux reviews anonymes :
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- Guest : Merci pour ta review. Je suis ravie que ce prologue t'ait plu. Oui c'est vrai, je ne suis pas fana des descriptions. J'aime quand l'histoire avance et les dialogues le permettent davantage selon moi. Mais j'ai essayé de faire un petit effort dans ce chapitre Merci encore pour ton message (pense à mettre un nom à ta review si prochaine fois il y a).
- LoveJandL : Merci pour ce petit mot. Si tu aimes ce début tant mieux ! J'espère qu'il en sera de même avec cette suite.
