À la maison, Jacob était seul. Mais seul était un subjectif lorsqu'on vivait dans un monde de magie. Hozaille faisait tout le travail que Queenie ne faisait pas puisqu'elle était partie et il y avait le Licheur à la maison. C'était lui qui s'occupait de le nourrir, surpris de voir ce cochon famélique engloutir autant et agita la queue de la façon la plus normale qui soit.
Les filles l'avaient laissé ici parce qu'il n'aurait pas pu voir Poudlard de toute façon. Et s'il en mourrait d'envie, il ne pouvait s'arrêter qu'aux images qu'on lui présentait.
Alors, il était ici.
Il avait au moins fait une tarte aux prunes à sa chère et tendre pour son retour.
Le cochon continuait de boire sur ses genoux et il se demandait quand est-ce qu'il en aurait fini lorsqu'un amas de fumée apparut devant lui puis, immédiatement, Tina.
- Jacob !
- Tina ! Tu as failli me donner une crise cardiaque. Moi qui croyais que ce serait à cause de tout ce que je mange comme pâtisserie ! Plaisanta-t-il.
- Je suis contente d'en être la cause. … Ou pas. D'ailleurs, il faut absolument qu'on aille manger une glace à Gloucester toi et moi. Il paraît qu'ils ont ouverts un glacier depuis peu et que c'est délicieux.
Le Moldu lui sourit, emballé par l'idée alors que sa seconde main caressait la peau rose.
- Vous avez fini ?
- Pas vraiment, ça a empiré. Percival est en train de mettre les points sur les I, Newt va interroger la petite et moi je suis venue pour te protéger, au cas où.
Jacob haussa un sourcil.
Au cas où ?
Ce n'était absolument pas rassurant, ça, au cas où…
- Ils ont dit quelque chose ? Tenta-t-il, malgré tout.
- Pas vraiment. On sait seulement que Jedusor en a vraiment après les Moldus et qu'il ferait tout pour atteindre Percival. Donc on a pensé qu'il pourrait s'en prendre à toi. Et je dois faire son travail tant qu'il n'est pas là, alors je suis revenue ! Annonça-t-elle avec un large sourire.
- Je vois. Et Queenie ?
- Elle l'accompagne.
- D'accord. … Tu veux de la tarte ? Proposa-t-il.
Elle lui sourit.
- Voilà que tu sais me parler !
µµµ
- Il est parti ?
Minerva McGonagall se tenait devant son fils qui était assis sur un lit dans l'infirmerie. Sur ses genoux était installé un Hippogriffe que Croyance et Modestie caressaient alors qu'une brosse dénouait l'immense chevelure. L'infirmière ne disait rien, avec maintenant trois élèves à charge, dont un qui avait été frappé par Croyance pour s'être approché de la fillette, mais elle désapprouvait. Ça se voyait dans son nez plissé.
- Oui. Il devait régler quelque chose avec les Fleurs-de-Moly ou je ne sais pas exactement. Il est secret.
- Il y a secret et secret. Lui répondit-elle.
- Nous cherchons à arrêter quelqu'un qui pourrait faire mal à la société magique et au monde des Moldus.
- Ça fait deux fois en trois mois. Marmonna Minerva.
Elle n'aimait pas la façon dont leur monde s'étiolait de la sorte. Il devenait trop… dangereux. Et c'était particulier de penser ça alors qu'ils vivaient dans une partie de l'univers où ils côtoyaient les Dragons et des créatures aux serres et dents effroyables. Où les sorts pouvaient ravir la vie de tellement de façons différentes.
- Je sais. C'est pour ça que Percival essaie de comprendre. Et Tina, et Queenie… et je le dois aussi. J'aimerais voir papa.
- Newton…
- Je sais ce que je fais. Souffla le jeune Sorcier. Je sais que je risque de me faire du mal. Mais je sais aussi qu'il a peut-être une solution à laquelle on a pas encore pensé…
Minerva le regarda avec encore plus de désapprobation.
- Il est à Azkaban.
- Je sais.
- Tu veux vraiment aller là-bas ?
- Je n'ai rien contre les Détraqueurs. Répondit-il.
Sa mère fit claquer sa langue contre ses dents.
- Bien sûr que n'a rien contre. Tu as l'air de croire que ce sont des petits animaux bien sages.
- Non, quand même pas. Je sais qu'ils peuvent être dangereux. Mais ils doivent se nourrir aussi. Il faut juste être prudent.
- Tu les laisserais dévorer tes bons souvenirs… Protesta-t-elle en secouant la tête.
La brosse alla s'installer sur la table à côté du lit et des rubans se mirent en œuvre alors que les cheveux se soulevaient et se déplaçaient pour faire une coiffure abracadabrante. Newt ensorcelait tous les accessoires à l'aide de sa baguette pour se faire. Hank bailla et suivit le mouvement des liens jaunes et noirs.
- Maman, je ne suis pas fou. Je sais où sont mes limites. Je sais ce que je dois faire ou pas. J'irai m'excuser pour Percival. Il pense vraiment ses excuses mais…
- Tu ne t'excuseras pas pour lui. Mais tu peux aller voir ton père.
- Merci. Je vais demander à un Elfe de Maison de m'y emmener.
Il montra le sol pour indiquer qu'il ne ferait pas appel à Islander, Huck ou Hozaille. Ils devaient tous les trois être bien occupés de toute façon !
- Fais. Je suppose que nous devons nous charger de ces deux-là ?
Elle montra les enfants et pendant quelques secondes, Newt eut envie de faire une blague sur le fait qu'elle n'était pas très avenante avec ses « petits-enfants ». Mais il la ravala finalement. Surtout lorsque la main de Croyance se referma sur son poignet, le suppliant muettement de ne pas le laisser.
Normalement, ce n'était pas une bonne chose d'emmener des personnes aussi jeunes et qui ne connaissait rien des Détraqueurs dans un endroit comme Azkaban.
Normalement.
Ces deux-ci étaient bien différents et Newt se retrouva à secouer la tête.
- Je les emmène avec moi. Mais ne t'inquiète pas maman.
- Revenez rapidement. Lui dit-elle.
Son regard était empli de beaucoup de sévérité mais aussi d'une pointe d'inquiète.
- Promis.
Il se leva prudemment et posa Hank, lui faisant signe de ne pas bouger, puis il se tourna vers sa mère. Il ne la prit pas dans ses bras mais il la regarda bien en face, plongeant son regard dans le sien, et lui sourit simplement.
µµµ
Lorsqu'ils arrivèrent près de la tour, Queenie se pencha au-dessus de l'herbe et elle vomit. Percival se tourna en sa direction, ses épais sourcils froncés.
- Ça va ? Demanda-t-il.
Ça faisait longtemps qu'elle devrait être habituée au transplanage pourtant. Quand bien même celui-ci, il était vrai, était plus loin que ne le faisait la majorité des Sorciers et qu'ils avaient dû le faire en deux fois succinctes.
Les muscles de Percival lui faisait mal.
- Oui, oui. Je n'avais jamais vu quelqu'un transplaner comme ça. Dit-elle avec un sourire fatigué.
Elle fit apparaître de l'eau à l'aide d'un aguamanti et se rinça la bouche.
- Pas depuis mon père.
Percival eut un hochement de tête distrait et il s'approcha de la tour.
- Je me demande ce qu'il y a dans ta tête en ce moment, Percy…
- Si tu vas bien, juste de nombreuses interrogations.
- Qu'est-ce qu'il y avait ici ?
Queenie s'approcha. Elle sentait une profonde tristesse en lui. Mais aussi de la colère. Et ça se mêlait dans un tel medley qu'elle avait presque l'impression de pouvoir s'infiltrer dans ses pensées…
- C'était ici que vivait ma dernière fiancée. Je l'ai rencontrée il y a environ deux ans et ça s'est arrêté peu après que je l'aie demandé en mariage.
- C'est la femme un peu enrobée sur les photographies ? Celle qui a l'air d'aimer les fleurs ?
Percival étendit la main pour désigner le parterre de noir et blanc.
- On dirait. Se permit de sourire la blonde. Tu ne m'as jamais dit comment ça s'était terminé. Ni pour elle, ni pour Seraphine Picquery. Et qui est la première ?
- Il semblerait que vous la connaissiez… « Renée Bibine » ?
- Oh ! Oui, Tina a fait ses études avec elle.
- C'est une longue histoire mais en bref, elle était venue voir un match de quidditch en Bulgarie et on s'est rencontré. Puis fréquenté. Après deux mois, principalement de correspondance, elle devait revenir en Bulgarie mais elle a reçu une lettre de mon père qui disait que j'étais un monstre. Que j'avais tué et violé.
Queenie sentit les barrières de Percival s'amenuiser. Il la laissait rentrer, comme pour attester qu'il ne mentait pas…
- C'était faux.
Il acquiesça.
- La seconde était Seraphine Picquery et mon père lui a effacé la mémoire. Et la dernière, Pomona Chourave. Celle qui vivait ici. Et il lui a… ôté la vie ?
Il n'y avait pas d'autres moyens de le dire. Malheureusement…
Et à nouveau, elle pouvait tout entendre. Le fait qu'il avait souffert, haï son père et comme il avait eu peur pour Newt quand il l'avait aimé.
- Je ne sais pas pourquoi mon père s'en prenait à mes compagnes. Mais il le faisait. Et il empirait à chaque fois. Quand il a commencé à s'en prendre à Newt…
- Qu'est-ce qu'il voulait lui faire ? Qu'est-ce qu'il y a de pire que la mort ?
- Des douleurs éternelles ? Souffla Percival. Je me disais qu'il était mort et que c'était enfin fini. Mais le problème…
Il secoua la tête en s'approchant de la tour.
- C'est que Jedusor a dit à ses hommes des choses qu'ils n'auraient jamais dû apprendre. Des choses que seul mon père connaissait.
- C'est pour ça que tu es ici ?
- Oui. Je dois vérifier certaines choses.
Il prit sa baguette et l'agita légèrement. La végétation augmenta de telle sorte que des escaliers de lianes apparurent. Il en profita pour bloquer ses pensées.
- Pendant que tu es là, est-ce que tu peux me dire si tu sens des pensées ?
- Non, pas la moindre. Mais, Percy, tu dois savoir que j'avais du mal avec les pensées de Jedusor. Pas autant qu'avec mon père, le tien ou toi, bien sûr…
- Il ne peut pas entièrement te résister.
Il tendit la main vers lui et elle l'attrapa. Il la guida alors vers les amoncellements de végétation et la soutint en l'emmenant vers le haut de la tour. Lorsque Modestie et Croyance en avaient parlés, ils avaient bien dit qu'il n'y avait qu'une seule entrée.
- Je ne pense pas qu'il y ait ce qu'on cherche ici.
- On ne perd rien à fouiller. Juste voir les cahiers ou quoi que ce soit.
Il soupira.
- D'accord, j'avoue que je n'ai pas de grandes idées.
- Tu penses que ton père a laissé un héritier, en quelques sortes ?
- C'est cela.
- Pourquoi il t'en veut tellement ?
- J'ai toujours pensé que c'était parce que c'était un connard. Qu'il ne tolérait pas que d'autres personnes que lui soient heureuses.
- Possible. Il y a des gens comme ça. Approuva-t-elle avec un frisson d'angoisse qui prouvait qu'elle avait souvent pu entendre ce genre de pensées.
Il l'attira jusqu'en haut et fit s'étendre un peu plus la végétation pour créer une sorte de pallier et permettre à la dame de passer avant lui. Elle le remercia en se glissant à l'intérieur. À première vue, ils n'allaient pas trouver de cahier ou quoi que ce soit ici. Mais ils pouvaient tout de même chercher !
