- Percival !
Celui-ci leva les yeux et il croisa les yeux de Newt quelques secondes avant qu'il ne le voit s'enfuir. De ce qu'il avait attrapé de sa tenue, il comprenait la démarche. Il était un peu chamboulé et c'était peut-être à cause des récents évènements, du ressentiment qu'il avait à l'idée de devoir aller s'excuser à James Potter ou tout simplement parce que Queenie avait encore vomi lorsqu'ils étaient revenus…
- Tu es sûre que tout va bien ? Demanda-t-il en regardant vers les escaliers.
- Oui, ne t'inquiètes pas.
- Tu devrais aller à l'infirmerie. Même si je ne suis pas sûr que ce soit un endroit sûr tant que c'est là que Modestie est.
- C'est une enfant charmante. Lui dit Queenie.
- Je n'en doute pas.
En fait si, un peu. Elle avait un visage horriblement fermé.
- Je devrais plutôt aller faire une jolie tu-sais-quoi pour Newt. Tu dois adorer ça ! Lança-t-elle.
Elle porta son doigt à ses lèvres, réfléchissant.
- Je me demande ce que tu penses de ça.
Et les barrières mentales s'amenuisèrent pour lui permettre d'aller y picorer. Mais avec une certaine réserve tout de même.
- Ooooh ! Souffla-t-elle, les yeux écarquillés. Vraiment ? Eh bien, tu es étonnant, Percy.
- Et toi ? Qu'est-ce que tu as dans la tête ?
Il se tourna vers elle et lui prit l'épaule, mais sans violence.
- Je ne suis pas né de la dernière pluie, Queenie. Et comme tu en as eu un aperçu…
- Mais un aperçu délicat et distingué. Souligna-t-elle.
- … Je sais comment ça se passe. Tu es enceinte, n'est-ce pas ?
Elle sourit et porta son doigt à sa lèvre pour lui faire signe de se taire.
- Mais…
Elle se pencha vers lui, les sourcils froncés. Puis ses lèvres s'étirèrent à nouveau parce qu'il lui laissait explorer certaines de ses pensées.
- Tu le sais à cause des Elfes de Maisons ! Ces Créatures sont prodigieuses, Newt devrait le savoir et toi…
Elle lui tira la joue comme une grand-mère.
- Tu devrais avoir honte de faire semblant que tu as tout compris tout seul.
- Je sais. Désolé ?
- Pardonné. Mais va vite voir Newt. Pas besoin d'être Legillimens pour savoir que tu dois lui manquer. Certifia-t-elle.
Elle lui lança un clin d'œil puis lui tapota la joue, frottant son pouce.
Il la prit dans ses bras quelques secondes puis grimpa les escaliers.
- Repose-toi bien. Et je vais essayer de trouver quelque chose auprès de Modestie. On saura le fin mot de l'histoire. Lui dit-il alors qu'il montait les marches.
- Oui !
Elle agita la main vers lui et partit vers la Grande Salle pour pouvoir manger quelque chose. Elle avait besoin de donner quelque chose à ce petit mi-Sorcier, mi-Moldu qui grandissait dans son ventre…
Même s'il avait du mal à se retrouver dans cette école, Percival se rendit vers sa chambre. Il priait juste pour que les escaliers ne fassent pas trop des siennes et qu'il puisse rejoindre Newt rapidement.
À moins qu'il doive attendre qu'il le rejoigne, allez savoir dans quelle tenue.
Il sortit de la suite des marches et arriva sur le palier. Il se dirigea vers les escaliers qui montaient vers la salle des professeurs et il entendit une voix qui lui semblait insupportable.
Malchance ? Destin biaisé ?
Mais c'était bien la voix de ce James. Et de ses amis. Il se tourna et regarda l'adolescent avec les autres de sa classe. Il inspira profondément et s'en alla vers le groupe.
Dès qu'il arriva, il le vit sursauter et attrapa sa baguette, la brandissant en sa direction avec une certaine agressivité.
Ça n'allait pas être facile…
- Je suis venu pour m'excuser. Je n'aurais pas dû m'en prendre à toi. Je sais où est Croyance maintenant et ce n'était pas de ta faute. Donc… désolé. Ça ne se reproduira pas.
Mais il avait aussi envie de lui dire que ça se reproduirait encore moins s'il arrêtait d'être idiot et arrogant. Il avait plus envie de trouver Madame Gobeplanche pour s'excuser que celui-ci. Mais, au moins, on pouvait dire que c'était chose faite à présent.
Une épine en moins dans son pied.
Il se retourna et partit vers les escaliers qu'il grimpa.
Comme il les escaladait, il entendit du bruit et leva les yeux, voyant Newt venir vers lui.
- Je suis là. Appela-t-il en grimpant les marches.
Il arriva auprès de lui et posa la main sur la rampe.
- Les escaliers en ont trop faits ? Questionna Newt en lui jetant un coup d'œil furtif.
- J'aurais préféré. J'ai vu ce James Potter et je me suis excusé.
- C'est bien.
- C'est ce que ta mère voulait.
- Alors tu n'en pensais pas un mot. Souffla le Magizoologiste.
Il se tourna et taquina Pickett qui avait l'air de boudé. Ce qui lui plaisait chez son amant, c'était aussi qu'il ne le jugeait pas. Surtout lorsqu'il s'agissait d'interaction avec autrui. Il s'en moquait qu'il n'ait pas pensé une seule de ses excuses. Il comprenait qu'il avait déjà du mal à juste les formuler. Et il avait fait l'effort…
Ils remontèrent le couloir puis arrivèrent dans la chambre où Newt le laissa entrer en premier. Hank était tranquillement installé sur le lit. Graves n'oublia pas de s'incliner lorsque les yeux se tournèrent vers lui. C'était trop souvent arriver que son amant doive intervenir pour lui empêcher une attaque car il avait oublié la politesse à laquelle l'animal était maladivement attaché.
Il se tourna ensuite vers son compagnon, se penchant légèrement pour embrasser ses lèvres pâles.
- Je suis allé à Azkaban.
Percival se pencha à quelques centimètres de lui, à deux doigts de s'effondrer sur le sol.
- Pourquoi ?
- Je devais voir mon père. Lui répondit-il.
Il tourna légèrement la tête vers lui, joignant leurs lèvres alors que la main de son aîné se plaçait doucement sur la courbe de sa taille.
- Ton père ?
- Je pensais qu'il connaîtrait peut-être Jedusor. Si tout ça était un plan de ton père, de près ou de loin.
Le Maire lui caressa la joue, n'aimant pas ça.
- Et alors ? Tenta-t-il.
- Ton… père s'est donné la mort pour revenir en fantôme ?
Il venait de dire ça d'un ton presque anodin. Et en même temps, il y avait de l'interrogation dans sa voix. Comme s'il se demandait vraiment comment ils en étaient arrivés à ça.
- Pardon ?
- C'est ce qu'a dit mon père. Et peut-être que c'est logique ? Il s'est bien tué dans l'espoir que je te déteste. Que tu dis.
- Je peux me tromper.
- Je ne crois pas.
Newt appuya sa tête contre son épaule.
- Mais je t'aime, quoi qu'il arrive. Et je te fais confiance.
Il s'éloigna et redressa le visage vers lui.
- Ils disent que Jedusor travaille avec eux et c'est probablement ton père qui lui donne des ordres. En fantôme…
Plus il le répétait et plus ça avait l'air délirant, il n'y avait rien à faire. Ce n'était pas la magie, pas le fait qu'un fantôme soit derrière tout ça qui était dingue. C'était le fait que, comme Albus avant lui, Gellert avait tout préparé. Il avait tout manigancé et les rouages s'étaient tellement bien agencés. C'était irréel, impossible. Et pourtant…
Percival le relâcha et commença à faire les cents pas en soupirant. Newt le regarda faire quelques secondes puis il sembla préférer le plafond.
- Je me demande si on peut seulement faire quelque chose. C'est un fantôme. On ne peut rien faire contre un fantôme. Dit finalement le Maire.
Il se tourna vers lui.
- Pas vrai ?
- Les Fantômes ne sont pas des Animaux Fantastiques alors je ne suis pas sûr mais je dirai… « vrai » ? Souffla Newt.
- Alors quoi ? Comment est-ce qu'on peut l'arrêter ? En arrêtant Jedusor ? Est-ce qu'on doit le tuer ?
Le châtain leva les yeux vers lui avec une moue. Il secoua la tête.
- Je ne suis pas sûr que ce soit la meilleure option. D'en venir au meurtre, je veux dire.
Newt alla vers le lit pour s'y asseoir.
- Un meurtre ne nous sortirait pas de nos problèmes.
- Tu penses que Jedusor serait aussi un problème en Fantôme ? Tu penses que mon père se préoccupe de tous les Mangemorts ?
- Je ne suis pas sûr.
- Et s'il sortait d'Azkaban ?
Newt ne put qu'hausser les épaules puis il tourna la tête vers lui.
- Je comprends ce qui te préoccupe. Je pense tout de même que le meilleur moyen de s'en sortir c'est de prendre des mesures drastiques.
- Et rien ne nous prouve qu'il reviendra en fantôme. Répliqua Percival.
- Je sais.
- Si tu ne veux pas que je le fasse, je ne ferais pas. Lui assura-t-il Si tu penses qu'Azkaban est préférable, très bien. Je te suivrais. Mais je tiens aussi à ce qu'on soit sûrs de ça. Tous les problèmes qu'on a eu dernièrement étaient dû au fait qu'on croyait avoir gagné quand on était les perdant depuis le début. Et je veux que tu puisses avoir une vie sereine. Je veux que tu aies autant d'animaux que tu le veuilles et que tu sois heureux.
Newt leva les yeux vers lui.
- Je ne sais pas si tu le penses vraiment mais c'est très mignon.
Il se redressa, donnant une dernière caresse à Hank, et s'avança vers son aimé qui passa ses bras autour de sa taille.
- Je veux te voir heureux.
- Je suis heureux. Mais je crois qu'on ne peut rien changer. De tout temps, il y a toujours eu des guerres. Qu'est-ce que tu veux qu'on fasse au juste ? Même si on arrête Jedusor, d'une façon ou d'une autre, je pense que ton père trouvera quelqu'un d'autre à corrompre. Je ne sais pas ce qu'on peut faire.
- Il y a forcément quelque chose. Dit-il.
Newt appuya sa tête contre son épaule en réfléchissant.
- Tout ce que je sais c'est qu'on peut les mettre dans un état de catatonie momentané grâce a de puissantes magies.
- Alors qui en est capable ?
Le magizoologiste se mordit la lèvre inférieure. Il abaissa les mains pour prendre celles de Percival et remonta les yeux vers lui.
- Tu le peux, non ? Tu utilises la magie sans baguette. Et peut-être que si tu te fais aider par maman… Fit-il avec enthousiasme.
- Je ne pense pas. Répliqua-t-il avec un ton d'excuse.
- Croyance ? Ses pouvoirs sont…
Il secoua la tête, s'interrompant.
- Il ne se contrôle pas…
- Je pensais la même chose. Et on ne sait même pas demander à Modestie.
Il fronça les sourcils en cherchant une idée. Il devait bien y avoir quelqu'un qui était capable de tant de pouvoirs ! Est-ce qu'ils devaient s'adresser à Séraphine pour qu'elle les oriente vers des personnes puissantes ? Il n'était pas sûr que ce soit une bonne idée.
Ni même que ce soit réalisable. Déjà à l'époque où il sortait avec elle, elle aurait probablement préféré se couper une main que lui venir en aide dans les moments où il en avait le plus besoin…
- Qu'est-ce qu'on cherche au juste ? Demanda Newt.
- Quelqu'un de puissant qui aurait un sort pour entraver un Fantôme ? Je ne suis même pas sûr que Jedusor pourrait quoique ce soit sans mon père.
- Même s'il s'en sort sans lui, il sera toujours temps de l'envoyer à Azkaban à ce moment-là. Ou de faire les deux en même temps pour être sûr.
- Ça semblerait plus logique. Répondit Graves.
Il recommença à marcher en réfléchissant. Pourquoi est-ce que rien ne lui venait ?!
- Je crois savoir… Dit Newt.
Son compagnon se tourna vers lui.
- Oui ?
- La femme qui a fait de Clay ce qu'il est…
- Quoi ? On n'est même pas sûrs qu'elle soit seulement en vie. Dit-il avec un soupir.
- Mais elle l'est peut-être… Et elle a quand même réussi à changer un homme en quelque chose d'autre. Je pense que c'est peut-être notre chance. Insista Newt.
Son compagnon eut un soupir et se passa la main sur le visage.
- Comment veux-tu qu'on la trouve ?
- Je dois voir avec Clay.
- D'accord. Je m'occupe des enfants et j'attendrais la réponse de Séraphine.
Newt s'approcha de lui pour poser un baiser sur sa joue.
- Merci. J'essaierais d'être rapide. Est-ce que tu veux garder Hank avec toi ?
Le Maire se tourna vers l'hippogriffe qui était toujours installé sur le lit, visiblement ravi d'y être installé.
- Je préfère autant que tu le récupères. Lui dit-il.
Le magizoologiste lui répondit par un sourire puis il s'approcha de son ami à quatre pattes. Il le caressa et le prit dans ses bras avant de s'apprêter à partir. Son compagnon suivit le mouvement du regard jusqu'à ce qu'il soit parti. Il se dirigea vers le lit et s'y laissa tomber en songeant à la bague que le Niffler lui avait promis de lui laisser. La même bague qu'il lui avait dérobée et qui était officiellement à lui jusqu'à nouvel ordre.
Foutu Clay.
