- C'est vous !

Hagrid pressa Rusard pour qu'il ouvre les grilles. Percival Graves fronça les sourcils lorsqu'on tira les barrières afin de le laisser passer. Pas tant parce qu'il était le bienvenu que parce qu'il se demandait ce qu'il se passait. Il n'avait pas pu passer en revue toutes les personnes que Croyance et Modestie avaient croisées dans leur vie mais, par contre, il en était venu à la conclusion que Jedusor n'avait probablement rien à voir avec toute cette histoire.

- Newt est toujours au village euh…

- De la Forêt de Dean. Oui. Pourquoi ? Un problème avec les enfants.

Il acquiesça.

- Venez vite.

Percival aurait voulu transplaner pour aller plus vite. Au lieu de ça, il marcha rapidement, arrivant à suivre les enjambées du demi-Géant alors que Rusard trottinait derrière eux.

- L'infirmerie.

On allait finir par croire que c'était là leur chambre et pas ailleurs.

Hagrid guida Percival à travers le château, tentant de contrôler les escaliers pour qu'ils ne perdent pas de temps.

Il sembla pourtant qu'une éternité entière se déroula avant qu'ils n'arrivent devant l'infirmerie. Un champ de protection avait été mis en place et le Maire dut le faire disparaître afin de franchir la porte et de se diriger vers les enfants qui étaient installés sur un lit, les longs cheveux de Modestie s'étalant sur le sol.

- Que se passe-t-il ? Demanda-t-il en s'approchant.

Modestie n'arrivait pas à exprimer ce qu'il se passait exactement. Les mots ne pouvaient soutenir l'horreur. Elle tourna alors l'épaule de son frère, l'obligeant à pivoter. C'est alors que Percival vit le visage de Croyance, ses yeux blancs. Il se rapprocha encore, se posant à côté de lui et lui tournant le menton pour le voir.

- Croyance…

- Monsieur Graves ? C'est bien vous ?

- Tu ne vois rien ?

Il lui frotta la joue en fronçant ses épais sourcils.

- Non.

- Il s'est transformé, en étrange fumée, et il a attaqué tout le monde. Les professeurs l'ont attaqué en retour et c'était comme ça…

- Merci. Répondit Percival en regardant l'enfant.

- J'ai déjà tout essayé. Dit immédiatement l'infirmière. Je ne peux pas lui rendre la vue.

Graves leva les yeux vers elle, sa main proche de sa baguette. Ce n'était pas qu'il ne lui faisait pas confiance mais il aurait tout de même eu envie d'essayer par lui-même.

- Qu'est-ce qu'on fait ? Demanda Modestie. Si la magie ne fonctionne pas, qu'est-ce qu'on fait ?

- On va trouver une solution.

La porte s'ouvrit.

- Maître ! Maître !

- Huck ? Que se passe-t-il avec Newt ?!

L'Elfe de Maison couina et secoua fortement sa tête, faisant claquer ses oreilles.

- Il va bien. Mais c'est lui qui m'envoie. Ils ont peut-être une solution pour votre père.

- Croyance, Modestie, est-ce que vous voulez rester ici ou venir ?

- Le mieux serait que vous les laissiez là. Répondit l'infirmière. Vous attendez un courrier, n'est-ce pas ? Il devrait bientôt arriver et tout le monde reviendra ici. Possiblement.

- Qu'est-ce que je fais, Maître ? Questionna Huck.

Ce qui lui fallut un geste de la main.

L'homme regarda les enfants. Ils étaient laissés seuls. Encore. Mais s'ils arrivaient à en finir avec son père, ce serait peut-être enfin fini. Il pourrait enfin s'occuper d'eux avec Newt. Ou les mettre ailleurs.

Il se demandait si ce n'était pas sa faute… S'il était resté avec eux, ou Newt, il n'y aurait pas eu de problème. Croyance ne serait pas aveugle…

- Huck, rends-lui la vue.

L'Elfe de Maison se tendit. Il secoua la tête et agita sa grosse tête, faisant claquer ses oreilles une nouvelle fois. Il s'approcha sur ses petits membres qui tremblaient. Il avança ses doigts vers le jeune homme puis claqua les doigts.

Rien.

Il claqua encore des doigts.

Toujours rien.

Huck fit alors trois claquements de doigt succins puis il se tourna vers Graves. Il secoua la tête violement.

- Je ne peux pas, Maître. Je ne peux pas. Couina-t-il.

Et sur ces mots, il se précipita vers la fenêtre. L'infirmière poussa un cri, Modestie fronça les sourcils et Croyance trembla de plus belle.

- Faites quelque chose ! Hurla la femme en voyant la pauvre créature foncer vers la fenêtre.

Mais elle ne devait pas très bien connaître ces bêtes. Parce que jamais Huck ne se serait tué, au risque de faire honte à son Maître. Il voulait seulement se fracasser la tête sur les murs de pierre. Juste assez pour souffrir et s'en vouloir. Pas assez pour mourir d'une commotion cérébrale ou quoi que ce soit de pire…

- C'est une magie puissante qui lui a ôté la vue. Dit l'infirmière, la voix inégale.

Mais elle était de toute évidence soulagée.

- Pas celle des professeurs mais celle de l'enfant lui-même…

Percival acquiesça distraitement avant se tourner vers l'Elfe de Maison qui était déjà prêt à se fracasser de nouveau la tête contre le mur.

- Qu'elle est la solution de Newt ?

Il aurait voulu aller le rejoindre mais il supposait tout et il ne voulait pas laisser les enfants seuls. Il ne le pouvait pas. Croyance avait l'air paniqué et il n'était pas sûr des capacités de toutes les personnes de cette école. Il espérait que McGonagall ne lui en voudrait pas pour ses pensées de peu de foi.

- Il vaut exterminer Tom Jedusor.

- Ça ne devrait pas être trop dur. Dit Percival.

Si Modestie opina d'un air détaché, la femme fut choquée.

- On parle de prendre une vie !

- On parle d'en sauver des centaines.

- Vous ne devriez pas apprendre ça à vos petits. Ce n'est pas étonnant qu'ils soient…

- Qu'ils soient ?

Il la regardait en haussant un sourcil alors que Croyance rentrait la tête dans les épaules.

- Eh bien… Ils sont dangereux.

- Ils se défendent. Répliqua Percival. Leurs pouvoirs les dépassent. Vous reprochez ça aux autres enfants qui sont en passe d'apprentissages ?

- Non… Bien sûr que non. Répondit l'infirmière en déglutissant difficilement.

Modestie se mordit la lèvre inférieure, réfléchissant. Elle n'avait aucune affection pour cette femme et elle était plutôt d'humeur à vite partir d'ici mais est-ce que « Monsieur Graves » n'allait pas trop loin ?

- Venez. Dit Percival.

Il prit la main de Croyance et l'aida à se lever.

- Huck. Va dire à Newt que je l'attends ici. J'attends une réponse de Seraphine et je t'appellerais quand elle aura donné sa réponse et tu pourras ramener tout le monde. Préviens-le pour Croyance mais soit délicat. Tu le connais.

- Oui Maître.

Et il disparut sur ses mots. Graves regarda ensuite vers Modestie pour s'assurer qu'elle suivrait. Il la vit avec ses cheveux en mains et il prit sa baguette. Immédiatement, des nœuds apparurent et une coiffure se fit dans la chevelure de la gamine qui put le remercier en marchant plus facilement bien que ses cheveux continuaient de traîner derrière elle. Mais moins.

Heureusement, il semblait que sa chevelure ne pouvait pas prendre la moindre crasse ou poussière dans son sillage…

µµµ

McGonagall savait pertinemment qu'elle n'aurait jamais dû accepter tout ce qu'elle acceptait pour l'instant. Mais il s'agissait de son enfant et il avait besoin de son aide. Elle n'aurait pas pu se détourner de lui.

Malheureusement, ça amenait tellement de problèmes…

Les enfants avaient trop de pouvoirs. Des pouvoirs qu'il aurait fallu pouvoir pleinement gérer. Elle aurait voulu dire qu'il aurait fallu être présent pour ça dès le début mais le plus triste était qu'elle savait que c'était le cas. Les pouvoirs ne s'étaient pas développer depuis longtemps mais seules des personnes aguerries auraient pu les gérer.

Que pouvait-elle faire ?

Elle faisait confiance à son fils mais il reconnaîtrait lui-même que ça le dépassait…

Aussi, lorsqu'elle entendit des coups contre sa vitre, elle ne put s'empêcher de se redresser avec un élan d'espoir.

Un hibou !

Elle s'approcha de la fenêtre et l'ouvrit pour récupérer le message. Il s'agissait bel et bien d'une missive venant du Ministère de la Magie.

µµµ

- Je vais rester chez vous cette nuit si vous le permettez.

Dès qu'Ombrage eut prononcé ces mots, les Dumbledore, et Jacob, se figèrent. Elle leur souriait tranquillement. Elle avait encore du thé au lait devant elle et un petit gâteau et il semblait qu'elle voulait vraiment rester un long moment avec eux.

- Restez… ici ? Demanda Tina.

- Où d'autre ? Vous avez fait appel à moi et je n'ai plus vu Jacob depuis cent ans, n'est-ce pas ?

Elle souriait joyeusement en posant sa cuillère sur la table. Queenie suivit le mouvement.

- Je pense que j'ai le droit d'un peu fréquenter la merveilleuse demoiselle qui a rendu tout ça possible, n'est-ce pas ? Vraiment, chère Newtonia, je ne pensais pas qu'il y aurait quelqu'un d'assez stupide pour l'aimer. Comment se passe le coucher ?

Les yeux de Newt étaient écarquillés. Il avait dormi très tôt avec Percival mais c'était parce que son cœur le réclamait tellement. Et il savait qu'il n'aurait jamais dû faire ça. Il se le reprochait souvent, surtout parce que son amant n'avait pas su directement qu'il était un homme… Il s'en voulait de tant lui avoir menti.

Mais là ?

Il n'allait pas en plus lui faire l'affront de dormir avec quelqu'un d'autre ? Et comment ?

Il avait l'habitude de faire semblant d'être une femme, ne démentant pas les gens qui se trompaient, mais le faire avec Jacob ?

- Eh bien, chère Fée, vous savez bien. Newtonia est une merveille mais nous ne sommes même pas fiancés. Nous ne partageons pas la même couche.

- Nous avons quatre chambres. Dit rapidement Queenie pour noyer le poisson.

Quoique Dolores n'avait rien à protester de ça.

- Je dormirais avec Tina pour vous laisser une chambre. Personne ne veut dormir avec Newt. Elle a bien trop d'animaux.

Ombrage but une gorgée.

- Je comprends. C'est louable de ne pas encore essayer de faire des choses. Dit-elle. Vous pouvez être fiers.

Elle regarda Newt avec les sourcils froncés. Il lui répondit par un léger sourire avant de se remettre à fixer le sol.

- Je comprends. Vous l'aimez bien mais le physique vous a tout de même rebuter.

Newt secoua la tête.

- Nous tenons juste à être marié.

- Je comprends. Dit Ombrage en n'insistant pas.

Elle termina son verre et se leva. Elle leur lançait néanmoins un regard suspicieux.

- J'aurais tout à fait pu aimer Clay pour lui ! Et je suis sûr que l'affection que j'ai pour lui pourrait inverser le sort si on se donnait la peine de vraiment essayer. Mais il est tellement content en tant que Niffler…

Queenie lança un petit « hm-hm » qui aurait presque pu paraître une moquerie envers Dolores puis elle s'approcha de celle-ci pour la prendre par le bras.

- Venez donc ! Vous verrez que vous serez bien installée.

- Merci. Lui répondit la Fée en la suivant.

Newt attendit un moment avant de filer dans le jardin pour voir Clay et, surtout, l'emmener rapidement dans la forêt en transplanant.

- Je pensais qu'il me ferait un câlin. Commenta Jacob, vraiment surpris.

Tina lui lança un sourire.

- Vraiment ? Tu croyais que Newt te ferait un câlin ? Il m'en fait à peine à moi, tu sais ? Pourtant, je suis sa sœur et il m'aime.

- Je suis sûr qu'il m'adore aussi. Dit Jacob.

- Je n'en doute pas. Mais tu n'es plus un Niffler. Taquina-t-elle avec un clin d'œil.

Elle partit vers les escaliers en se posant une question étonnante.

Comment ils en étaient arrivés à mentir, au juste ?